Finlande 2017 : bilan de la saison et perspective

 

Les résultats du championnat finlandais

Le bilan précédent (2016)

 

Après le 14e sacre national du Tappara Tampere, le championnat finlandais 2017-2018 se profile, sans chamboulement. Riku Kallioniemi, le président de la Liiga, a confirmé qu'il n'y aurait aucune expansion de l'élite finlandaise avant l'automne 2018, décision prise après concertation avec les actionnaires. Rappelons que la Liiga, en temps normal circuit fermé, avait exceptionnellement ouvert ses portes sur candidature au Vaasan Sport (2014), au KooKoo Kouvola (2015) et au Mikkelin Jukurit (2016). Des arrivées qui se sont conjuguées au départ des Jokerit en KHL en 2014 et à la dissolution des Blues d'Espoo en 2016.

Sous l'impulsion du propriétaire des Blues Jussi Salonoja désireux de relancer une équipe immédiatement, Espoo United a été créé et aligné en Mestis dès l'exercice 2016-2017. Salonoja n'a donc pas abdiqué. En prenant le contrôle de la Metro Areena d'Espoo via son entreprise, il a pris l'initiative de réinvestir dans le club. "Les années folles dans l'histoire du hockey à Espoo sont finies" disait-il en conférence de presse, souhaitant s'orienter vers un projet à long terme avec des joueurs formés localement et un budget modeste (800 000 euros). Le centre-vedette Kim Hirschovits avait même fait son retour pour devenir à 34 ans le pilier de cette reconstruction qui doit mener le club de la deuxième ville du pays à un retour en élite dans les années à venir.

Et patatras. Par le biais de son équipe junior (une obligation pour obtenir une licence en Mestis), Espoo United a accumulé 100 000 euros de frais impayés, dont des coûts salariaux. Au 8 juillet 2017, les salaires de juin n'étaient pas encore versés. Un comble pour une structure qui ne connaît qu'un an d'existence ! La Metro Areena d'Espoo, dont Jussi Salonoja est devenu gestionnaire, a même connu une coupure d'électricité en raison de factures impayées ! Fort heureusement, l'intervention d'un nouveau partenaire privé a semble-t-il permis d'éviter une nouvelle déconvenue pour le hockey à Espoo.

Les problèmes financiers n'ont pas épargné les clubs de Liiga ces dernières années, mais certains s'en sortent très bien, dont Tappara qui, outre sportivement, a obtenu un succès financier jamais vu jusqu'alors. L'avenir du hockey finlandais n'est donc pas forcément en Russie, et les Jokerit, dont la ferveur s'est tassée et qui ont contracté des dettes lors de leur passage en KHL, auraient de quoi regretter leur exil.

Quatre joueurs français évolueront dans le championnat finlandais élite 2017-2018, Alexandre Texier, Charles Bertrand, Valentin Claireaux et Sebastian Ylönen, dont deux qui joueront d'ailleurs dans le même club, Lukko. Ce club et plusieurs autres souhaiteront se relancer, et contrecarrer la suprématie de Tappara.

 

Tappara Tampere (1er) : le règne d'un maître

TIl ne fait désormais plus aucun doute que le Tappara Tampere est à l'heure actuelle une place forte majeure du hockey en Europe. La "hache" de Tampere a remporté son deuxième titre consécutif après avoir disputé sa cinquième finale de rang dans le championnat finlandais. Il s'agit du dix-septième titre pour Tappara, un record absolu en Liiga, qui devance maintenant d'une unité les Ilves, le rival de la ville. La grande cité du Pirkanmaa a vu se développer une culture de la gagne, désormais ancrée dans le vestiaire, qui a permis un nouveau rayonnement de Tappara. Le crédit vient surtout à Jussi Tapola, qui a entraîné le club depuis 2014 après avoir été assistant-coach depuis 2012. Tapola a créé une identité de jeu bien définie, en accentuant les efforts en zone neutre sans pour autant se contenter d'une trappe classique. Loin de lui l'idée de fermer le jeu, l'offensive a été créative et redoutable. Le luxe d'avoir un effectif dense et haut de gamme a permis à Tappara de mener ce système au succès.

Désormais promu au poste de directeur sportif, Tapola cède son siège d'entraîneur en chef à un visage familier, Jukka Rautakorpi qui a remporté cinq médailles en Liiga derrière le banc de Tappara. Rautakorpi tentera toutefois de redorer son blason après le fiasco au dernier Mondial Junior : le coach de la Finlande s'était fait virer en pleine compétition en raison des résultats catastrophiques des Lionceaux. Mais Rautakorpi retrouve une organisation qu'il connaît très bien et affiche déjà des ambitions claires : perpétuer le succès avec un groupe compétitif, une défense irréprochable et une quatrième ligne comparable aux meilleurs trios de la ligue. Rien que ça.

La tradition des grands marqueurs de Tappara était de toute façon incompatible avec un jeu attentiste, quand on sait que les Jori Lehterä, Olli Palola, Aleksander Barkov et Patrik Laine ont précédemment porté le blason du nouveau club phare de Tampere. Lors de l'exercice 2016-2017, ce sont Veli-Maatti Savinainen (meilleur buteur de Liiga) et Henrik Haapala (meilleur marqueur) qui ont fait la loi. Alors, certes, Haapala a succombé aux sirènes de la NHL. Mais que les fans se rassurent, l'attaque ne perdra pas de son éclat. D'abord, parce que Tomas Záborský, visage familier de la Liiga, craint des équipes adverses et médaillé d'argent en Suède malgré une longue blessure à l'épaule, est supposé le remplacer. Et puis il faut reconnaître que le réservoir est assez conséquent pour alimenter l'offensive en vue de la saison à venir. Kristian Kuusela - revenu après un intermède infructueux en KHL - le jeune Sebastian Repo et le capitaine exemplaire Jukka Peltola seront à surveiller. Et derrière, en dépit de la retraite de Pekka Saravo, la défense demeure polyvalente avec Aleksi Salonen, Aleksi Elorinne, ainsi que Valtteri Kemiläinen et Otso Rantakari, deux jeunes défenseurs qui ont assumé les rôles-clés.

Et que dire du gardien tchèque Dominik Hrachovina (22 ans), en Finlande depuis ses 16 ans, qui a pris une nouvelle dimension en s'emparant avec brio du poste de titulaire. Le Tappara Tampere a les cartes en main pour asseoir sa domination et créer une véritable dynastie, en témoigne son incroyable santé financière. L'organisation a généré un bénéfice record de 834 294 € avec un chiffre d'affaires vertigineux de 8,4 millions d'euros, le meilleur résultat de son histoire.

 

KalPa Kuopio (2e) : le boss toujours proche de la glace

Un carré final qui n'a plus été atteint depuis 2010, on peut parler de surprise de l'année pour KalPa qui a donc défié en finale le Tappara Tampere. Laisser l'adversaire brandir le trophée suprême, le Kanada-malja, chez soi, ce n'est jamais un sentiment agréable, surtout après avoir mené la série finale 2-0. Les supporteurs du Kalevan Pallo ont cru au premier sacre de l'histoire jusqu'au bout, jusqu'à ce que la logique sportive soit implacable. Mais quel parcours ! Quand on sait dans quel état étaient les comptes il y a deux ans ! La situation semble s'être arrangée depuis. Kimmo Timonen, l'autre grande personnalité du club avec Sami Kapanen, a réussi à convaincre son ex-coéquipier Scott Hartnell de prendre des parts. L'organisation savonienne est finalement parvenue à maximiser les ressources limitées pour réaliser ce parcours remarquable. L'idéologie d'une forte possession a fait son chemin et la lenteur de l'attaque a finalement été gommée par un jeu plus soutenu et plus physique.

KalPa a tout de même la chance de pouvoir compter sur un allié de poids. La gloire locale Sami Kapanen, actionnaire majoritaire et propriétaire depuis 2003, est toujours aux petits soins de son club. Il a quitté son piédestal pour assister l'entraîneur Pekka Virta. Et Kapanen s'emparera même de son poste, Virta ayant exercé huit ans de service au Kalevan Pallo (2006-2011 / 2014-2017). Une bonne chose a priori. Sami Kapanen demeure populaire et son attachement au mental et au leadership le crédibilise. Kapanen entend garder les bases mais avec des transitions de zone qu'il souhaite plus rapides. Le coaching-vidéo pourrait l'y aider puisqu'il entend le rendre plus régulier, le retour visuel étant selon lui important pour les nouvelles générations.

La nouvelle génération, elle tient d'ailleurs une place importante à Kuopio, comme en témoigne les neuf espoirs mis sous contrat en juin, dont Leevi Aaltonen, un petit génie offensif de 16 ans, éligible au repêchage NHL 2019 mais qui fait déjà parler de lui. Cette nouvelle génération est particulièrement attendue au tournant car cette fameuse base qui a fait le succès de KalPa s'est largement effritée. Le solide gardien Eero Kilpeläinen, le capitaine Jussi Timonen, le trio qui a mené l'offensive Jaakko Rissanen, Jesse Mankinen et Janne Keränen, les jeunes Niko Mikkola, Joonas Lyytinen et Matias Myttynen qui ont émergé à leurs côtés, KalPa va désormais faire sans ce petit monde. L'assimilation des recrues - dont les deux marqueurs canadiens Mathew Maione et Alex Lavoie et le grand espoir français Alexandre Texier qui a signé un contrat de deux ans - sera particulièrement déterminante, de même le renouvellement de cycle avec les jeunes. Car tenter de faire aussi bien que la médaille d'argent 2017 semble particulièrement compromis, même avec le messie Kapanen derrière le banc.

 

JYP Jyväskylä (3e) : encore un palier à franchir

JYP a régulièrement de hautes aspirations. Mais à l'automne 2016, les supporteurs de Jyväskylä se sont longtemps demandé si leur club favori n'allait pas droit dans le mur puisqu'il se traînait en queue de peloton. Et puis il y a eu un déclic, un soir de décembre, qui a créé une incroyable dynamique, et une improbable remontée au classement. Du 20 décembre 2016 jusqu'à la fin de la saison régulière, soit 29 rencontres, JYP n'a concédé que quatre défaites, lui assurant une quatrième place inespérée en début de saison. Et en playoffs, le club de Finlande-Centrale a poursuivi ses efforts, passant près d'une finale de championnat. Poussant KalPa en sept manches, ce sont malheureusement les erreurs individuelles qui ont enterré les derniers espoirs de JYP à Kuopio. Les hommes de Marko Virtanen se sont toutefois emparés d'une médaille de bronze, la troisième ces cinq dernières années.

Même si l'ambition du titre était affichée, il faut savourer ce résultat car le club est en phase de mutation. Souhaitant éviter toute fragilité économique, l'organisation cherche toujours à se promouvoir, notamment auprès d'une audience qui a déçu par le passé. Le long parcours 2016-2017 a cependant permis de dépasser l'objectif des 120 000 spectateurs à l'année, puisqu'ils ont été 135 172 personnes à se rendre à la Synergia Areena. Charge financière, la JYP-Akatemia a fermé ses portes. L'équipe-réserve de Mestis, dans la même ville que le club phare de Liiga, était un cas unique à haute valeur ajoutée. JYP s'est accommodé d'une entente avec KeuPa HT mais cette autre équipe du second échelon ne sera pas un incubateur de talents exclusif comme a pu l'être Akatemia, KeuPa étant également affilié à Lukko.

Les restrictions budgétaires ont donc obligé le jeune propriétaire Aku Vallenius (32 ans) à prendre certaines dispositions. Pour autant, l'équipe demeure assez compétitive pour lui permettre de franchir l'obstacle des demies qui stoppe net la progression depuis trois ans. Le jeu défensif très étanche, conduit par Mikko Kalteva et Nolan Yonkman, demeure la fierté du coach Virtanen, entraîneur chef depuis 2013. L'élève premier de la classe Sami Niku a pris inéluctablement le chemin de la NHL (Winnipeg) mais la direction est parvenue à convaincre l'expérimenté Mikko Mäenpää de revenir en Finlande-Centrale. La notion de leadership est fondamentale aux yeux de Virtanen. En plus de Kalteva, Mäenpää, Yonkman, ainsi que les inépuisables Juha-Pekka Hytönen et Jani Tuppurainen, JYP bénéficiera de l'expérience de Jarkko Immonen, au sens du devoir toujours aiguisé et grand contributeur du finaliste suisse Zoug. Et avec Joonas Nättinen et Antti Suomela, JYP a en sa possession un cocktail explosif en offensive. Ajoutez à cela le jeune maestro Jerry Turkulainen, qui a obtenu 26 points à 18 ans pour sa première année en Liiga, JYP a amplement les moyens d'atteindre cette fois-ci le seuil de la finale.

 

IFK Helsinki (4e) : des fans très impatients

S'il y a bien une équipe dont la conquête du titre demeure obsessionnelle, c'est bien le HIFK, dont les attentes sont énormes. En remportant la saison régulière et en se hissant jusqu'en finale en 2016, le club de la capitale est passé près de la médaille d'or. Mais les supporteurs, persuadés pour la plupart d'avoir perdu le titre en 2016 à cause des erreurs d'arbitrage, sont impatients. Et l'exercice 2016-2017 ne les a probablement guère convaincus. La saison régulière a été particulièrement chaotique, HIFK héritant d'une décevante neuvième place. Les compétences individuelles ont permis d'écarter Kärpät en play-in, puis le TPS Turku en quart de finale. Mais les défaillances sur différents aspects du jeu ont rendu le duel en demie à sens unique face à Tappara. La simple volonté d'un jeu rapide n'a guère été suffisante et Antti Törmänen, coach depuis trois ans, a été remplacé par l'expérimenté Ari-Pekka Selin. Il serait pourtant particulièrement illusoire de penser que l'entraîneur est seul responsable de cet échec.

Le club d'Helsinki et son directeur général Jukka Valtanen ont eu pour priorité de rendre l'entreprise financièrement saine, négligeant probablement l'aspect sportif qui s'est affaibli. La transition après les départs du gardien Ville Husso, du meilleur défenseur du pays Yohann Auvitu, et des marqueurs Teemu Ramstedt et Tomas Záborský s'est avérée particulièrement douloureuse et le manque de renouvellement a conduit à l'échec, de quoi irriter davantage les fans. Le jeu offensif a été plus particulièrement à la peine, dont un jeu de puissance catastrophique, le pire de la saison régulière. En 2015-2016, Ramstedt portait l'attaque, décisif y compris dans les moments délicats. En 2016-2017, personne n'a été mesure d'avoir un impact significatif sur le rendement de l'équipe. Pas même l'un des sportifs les mieux payés de Finlande. Acheté à prix d'or aux ex-rivaux des Jokerit, Juhamatti Aaltonen a d'abord été performant avant de se faire discret, trop pour un joueur de sa trempe. Il a eu le plaisir de tester les sièges en tribune pendant les playoffs. Les critiques ne se sont d'ailleurs pas tues lors de sa sélection très contestée en équipe de Finlande aux Mondiaux à Paris. Aaltonen a depuis quitté le pays pour rejoindre la Suède.

Alors, le fin tacticien Ari-Pekka Selin saura-t-il guider l'IFK d'Helsinki dans la bonne voie ? Le vétéran Niklas Bäckström et le jeune Kevin Lankinen sont confortés devant le but. En revanche, le déficit de leadership et de soutien sur le jeu offensif en défense a conduit au retour de Teemu Laakso et Ville Varakas. Patrik Carlsson, Juha-Pekka Haataja, Juhani Tyrväinen et Erik Thorell, tous loin d'être maladroits devant le but, auront à charge de redynamiser l'offensive. Si la méthode Selin fonctionne, et que certains cadres tel Lennart Petrell et Mika Partanen retrouvent un rendement plus convaincant, alors les supporteurs du HIFK pourront retrouver leur sourire.

 

TPS Turku (5e) : l'élan freiné

À partir de 2015, le TPS Turku a enclenché un nouveau plan ambitieux, après plusieurs années de vaches maigres et le dernier titre acquis en 2010. Après des débuts prometteurs, sous la houlette d'Ari-Pekka Selin, TPS a poursuivi sa progression d'un ton lors de cet exercice 2016-2017, terminant à la deuxième place de la saison régulière, la meilleure performance en 13 ans. Malheureusement, cet envol a connu un violent coup d'arrêt, le club de Turku se faisant éliminer pour la deuxième année consécutive en quart de finale, contre le HIFK.

Il faut tout de même reconnaître que le Turun Palloseura a essuyé plusieurs revers dans la composition de son équipe. L'attaquant lituanien Tadas Kumeliauskas, projeté comme un centre de premier plan, et le défenseur canadien naturalisé hongrois Jesse Dudás, dont la blessure s'est avérée plus grave que prévu, n'ont disputé aucun match 2016-2017 sous l'uniforme TPS. Le joker Curtis Hamilton, cédé par SaiPa le 15 mars après avoir inscrit 27 points, n'a disputé que deux rencontres. Et surtout, Ari-Pekka Selin a dû se passer des services de son lieutenant Ilkka Pikkarainen, qui s'est blessé à quinze matchs de la fin de la saison régulière, et de Dave Spina, l'un de ses meilleurs attaquants qui aurait probablement perturbé davantage les plans du HIFK. La sensation de voir une équipe déstructurée a été particulièrement saisissante en playoffs.

Kalle Kaskinen, ancien adjoint aux Jokerit et dernièrement entraîneur de la section U20 à Turku, reprend le flambeau de Selin, alors que Saku Koivu intègre la direction en tant que responsable du développement. Malgré la déception en 2017, on souhaite maintenir le même cap, avec pour modèle Frölunda : privilégier une ossature jeune mais compétitive. Le gardien Alexandar Georgiyev, le défenseur Elmeri Eronen et l'attaquant Jasper Lindsten ont déjà réalisé une percée impressionnante. D'autres pourront-ils suivre leur exemple ?

En parlant d'exemple, Tomi Kallio (40 ans), Éric Perrin (41 ans) et Henrik Tallinder (38 ans) ont performé malgré le poids des âges. TPS s'était rapidement entendu avec Perrin et Tallinder pour une prolongation de contrat, mais les négociations ont été plus timides avec Kallio, qui a finalement donné son accord pour un an de plus le 7 juillet. Tomi Kallio a mené les pointeurs du club pour la deuxième année consécutive. Et les nouveaux arrivants sont des valeurs sûres. Avec les ajouts d'Ilari Filppula, Erik Nyström et le Finlandais le plus prolifique de l'histoire en Ligue d'Ontario, le jeune Petrus Palmu, le coach Kalle Kaskinen a en sa possession une puissance de feu redoutable, en plus d'une défense et d'un gardien fiables. De quoi permettre à TPS de tenir le rythme, même en playoffs.

 

HPK Hämeenlinna (6e) : l'ère du renouveau

Un peu perdu ces dernières années, HPK a connu une belle saison 2016-2017 qui ne devrait pas être qu'une simple éclaircie. Car à Hämeenlinna, beaucoup ont foi en Antti Pennanen, coach de 38 ans qui a pris ses fonctions en 2016. Ce dernier n'est pas qu'un simple entraîneur, c'est un penseur du jeu, un tacticien novateur, un communicant mobilisateur. Ce philosophe du puck est un bon client pour les journalistes, et son bilan parle pour lui. Le Hämeenlinna Pallokerho a terminé cinquième de la saison régulière, sans avoir véritablement connu de revers lourd, et il s'en est fallu d'un cheveu pour qu'il accède aux demi-finales, s'inclinant d'un but au septième match face à JYP en quart de finale. En inculquant un discours tactique rodé dans une atmosphère sereine, Pennanen a été la meilleure recrue du HPK.

Le recrutement a été adapté et tous les joueurs, tant les jeunes que les moins jeunes, se sont sentis très impliqués par la nouvelle orientation de Pennanen. Si bien que, début février, 19 joueurs avaient un contrat qui couvrait l'exercice 2017-2018. Parmi eux, les défenseurs Mathias Porseland, Petteri Nikkilä et Joonas Lehtivuori, et l'attaquant Otto Paajanen, qui ont pris une dimension importante dans le jeu, ont été prolongés durant l'exercice. Même avec les départs, dont celui en retraite du capitaine Niko Kapanen, HPK conserve un noyau dense, dont font toujours partie le gardien Emil Larmi (20 ans) et l'ailier Teemu Tuurunen (21 ans), deux pioches gagnantes puisque le premier s'est emparé du poste de titulaire (remarquable en playoffs) et le second a terminé deuxième meilleur marqueur de l'équipe. Et du côté des arrivées 2017, le Hämeenlinna Pallokerho s'est avéré agressif sur le marché des transferts, rapatriant notamment Robert Leino et Kristian Vesäläinen.

Moins de 23 ans de moyenne d'âge, c'est un groupe jeune qui est associé à des ambitions désormais plus élevées. Si les résultats sportifs pouvaient se calquer aux résultats financiers, l'organisation de la province du Kanta-Häme en serait ravie. En 2015, HPK s'est tardivement transformée en société par actions quand la plupart des équipes de Liiga ont entamé cette mutation au début des années 2000. Et voilà que la société HPK Liiga Oy a généré un résultat positif pour la deuxième année consécutive, une performance remarquable par les temps qui courent. Et dans les tribunes, l'ambiance est plus enthousiaste. Ils ont été en moyenne 500 de plus par match à suivre les rencontres du HPK Hämeenlinna, c'est une communauté très forte derrière les joueurs et le coach Antti Pennanen, qui espèrent confirmer leurs bons résultats.

 

Pelicans Lahti (7e) : de lourdes responsabilités pour les jeunes

Les Lahden Pelicans ont entamé un nouveau cycle depuis 2015 avec à la barre Petri Matikainen, entraîneur de caractère mais très écouté. Après avoir jeté les bases du renouveau, Matikainen a conduit une équipe affinée à la sixième place de la saison régulière, le meilleur résultat en cinq ans. La formation de Lahti n'a connu aucune défaillance, ne perdant jamais plus deux matchs de suite, y compris en playoffs. Matikainen a tout de même reconnu la supériorité technique, collective et tactique de KalPa en quart de finale. À ses yeux, l'objectif est atteint.

Mais certains s'attendaient à une résistance plus franche en quart de finale de la part des Pélicans, qui ont totalement lâché prise en fin de série, s'inclinant 2-5 puis 0-6. Si l'ensemble de l'équipe a semblé fatiguée et désarmée face à la vitesse de jeu déroutante de KalPa, les critiques n'ont pas épargné Karri Ramö. Ce dernier avait rejoint durant l'été 2016 une organisation familière afin de se rassurer, lui qui a disputé plus de 150 rencontres en NHL. Le fait est qu'il n'est jamais parvenu à relancer sa carrière, laissant le champ libre au jeune Janne Juvonen, qui a franchi un palier en devenant désormais titulaire indiscutable. Le dossier Rämö légué aux Jokerit, la direction de Lahti s'est empressée à prolonger Juvonen d'un an. Et pour l'exercice à venir, les Lahden Pelicans pourront compter sur l'autre révélation, le petit ailier Iikka Kangasniemi, âgé lui aussi de 22 ans et qui a atteint 39 points, soit 25 de plus que la saison précédente.

Un troisième joueur de 22 ans sera à surveiller : Aleksi Mustonen, en provenance des Ilves, déjà performant et qui pourrait constituer un duo électrique avec Kangasniemi. Les jeunes, largement majoritaires dans cette équipe, auront d'ailleurs l'obligation de tenir leurs responsabilités. Lahti a perdu ses trois meilleurs marqueurs : le capitaine Antti Erkinjuntti, Vili Sopanen et Juhani Tyrväinen ont amassé 130 points à eux trois mais ne défendront plus les couleurs des Pélicans. Espérons que le problème offensif, réglé avec Matikainen, ne refasse pas surface.

 

Ilves Tampere (8e) : une dette qui fragilise les ambitions

Les succès répétés de Tappara tranchent avec la traversée du désert de l'autre club de Tampere, les Ilves, qui a exaspéré ces dernières années les supporteurs des Lynx. Ce qu'il y a de pire pour les fans, c'est que les Tampereen Ilves ne sont plus l'équipe la plus titrée de Finlande et que cette distinction couronne désormais le grand rival. Pourtant, avec leur forechecking agressif, les Lynx ont donné bien des sueurs froides au Tappara en quart de finale. À bien des égards, les Ilves ont joué leur meilleur jeu de ces dernières années en poussant le futur champion jusqu'au septième match, portés par une révolution tactique qui a fait fureur.

Si les Ilves ne sont plus une équipe de fond de classement sans âme, c'est grâce à Karri Kivi, considéré comme l'un des meilleurs techniciens du pays. Le coach Kivi, qui a mené les Ässät au titre en 2013, a pris les commandes d'un navire en perdition en 2016. Il est parvenu à responsabiliser tout le monde, même les plus jeunes, et à forcer un changement d'attitude. Karri Kivi a entrepris de nouvelles fondations, mais aura-t-il les moyens de poursuivre son projet ?

Il y a un an, les Tampereen Ilves frôlaient la faillite. L'exercice 2015-2016 constituait la huitième saison consécutive avec un résultat négatif, une perte d'ailleurs record de 772 000 euros, qui portait la dette au million d'euros. Le match en extérieur en 2016 était programmé de façon à redresser quelque peu la barre, mais l’événement n'a pas engendré un flux de trésorerie satisfaisant. Et pour ne rien arranger, l'organisation a écopé d'une sanction de 100 000 euros de la part de la Liiga pour ne pas avoir respecté les règles de recrutement vis-à-vis du club de KHL des Jokerit. La contribution de la star de Boston Tuukka Rask, un des nouveaux actionnaires du club, a été accueillie à bras ouverts mais la situation demeure particulièrement fragile. Le gardien Antti Lehtonen, les défenseurs Arto Laatikainen et Olli Vainio, les attaquants Teemu Rautiainen, Otto Koivula et Tapio Laakso sont des valeurs sûres et devront porter l'équipe. Un retour en santé de Sami Sandell, par le passé locomotive de l'offensive des Lynx, est également attendu, lui qui n'a disputé que 16 rencontres ces deux dernières années.

 

Ässät Pori (9e) : un léger mieux

Les Porin Ässät ont remporté leur dernier championnat en 2013, mais depuis l'équipe naviguait en eaux troubles. La saison 2015-2016 a d'ailleurs été catastrophique, le nouvel entraîneur Jyrki Aho souhaitait alors insuffler un nouvel élan aux As. Celui-ci y est parvenu, en partie. Il a permis d'améliorer le jeu de manière générale mais les Ässät n'ont pu passer pour autant le cap des play-in. Car ce que l'équipe a gagné en assise défensive, elle l'a perdu en efficacité offensive avec un manque de rythme évident. L'absence récurrente de créativité a trop souvent basculé vers des résultats frustrants.

Charles Bertrand a descendu les 200 kilomètres de Vaasa à Pori sur la côte ouest avec l'étiquette de leader offensif. Avec 12 buts et "seulement" 21 points, le Français a semblé muselé par une tactique privilégiant trop la défensive, plombant son rendement, et par la même occasion sa légitimité en équipe de France. Outre Bertrand, ils n'ont été que trois à passer le seuil des 10 buts, bien trop peu pour faire la différence. Ce qui peut inquiéter, c'est que l'ailier tricolore quitte les Ässät sans être remplacé par un potentiel équivalent.

Certes, le duo de gardiens Andreas Bernard / Ari Ahonen est correct, mais le manque de profondeur risque de limiter encore les chances des As pour la saison à venir. Car on l'a constaté, la longue blessure de Jyri Marttinen en deuxième partie de saison, défenseur capable de jouer 25 minutes par match en playoffs, a laissé un vide si énorme qu'il fut impossible à combler. Les supporteurs des Porin Ässät vont vraisemblablement patienter encore pour voir leurs favoris revenir sur le devant de la scène. Élément de satisfaction qui pourrait les rendre davantage optimistes : l'organisation des Ässät a réalisé un chiffre d'affaires record de 6,5 millions d'euros, générant un bénéfice de 406 823 euros. Et la direction ne veut pas s'arrêter là, souhaitant vendre davantage de billets et capitaliser sur la modernisation de l'Isömaki Arena, dont la rénovation offrira de nouveaux services et de nouvelles expériences au public.

 

Kärpät Oulu (10e) : une jeunesse sollicitée trop vite

Ces dernières années, Oulu est devenu une vraie pépinière de talents, avec comme étendards Sebastian Aho et Jesse Puljujärvi. Après avoir perdu Aho, Ikonen, Niemi, Masuhr et Nuutivaara, un bloc cinq étoiles, les Oulun Kärpät ont persévéré en misant sur leur classe de surdoués... mais ils ont misé beaucoup trop dessus. Ces jeunes joueurs, dont le développement aurait été utile s'ils avaient été suffisamment épaulés, ont été livrés à eux-mêmes. La confiance de ces dernières années a alors disparu et le double champion de Finlande 2014 et 2015, médaillé de bronze en 2016, a connu une lourde désillusion, HIFK se débarrassant des Kärpät en play-in. Le mandat dans le cercle polaire de Kai Suikkanen, déjà viré par TPS la saison précédente, n'aura donc duré qu'une année, il est remplacé par Mikko Manner, adjoint à Oulu de longue date et accessoirement en équipe nationale.

Si Kärpät a souvent péché dans la finition, on ne peut que s'incliner devant les performances de Mika Pyörälä. L'attaquant de 36 ans a atteint le seuil des 55 points, soit dix unités de plus que son record personnel datant d'il y a dix ans. Pyörälä s'est vu attribuer le titre de meilleur joueur de la saison régulière. Exemplaire dans les deux sens de la patinoire et élément déterminant sur le jeu de puissance, Mika Pyörälä a été le phare d'une offensive malheureusement trop contrastée. Jyri Junnila, Nicklas Lasu, Jasse Ikonen, Julius Junttila et bien sûr Charles Bertrand devraient apporter la profondeur nécessaire.

Derrière, peu d'inquiétude à avoir. Jussi Rynnäs demeure une assurance de sécurité devant les filets. Si Kärpät a réussi à gratter des points pour éviter un bilan encore pire, c'est grâce à son gardien numéro 1 âgé de 30 ans. Lasse Kukkonen et Shaun Heshka constituent une des meilleures paires défensives. Le club d'Oulu s'était félicité en mai d'avoir signé Joonas Lyytinen, qui officiait il y a peu au sein de la défense de KalPa avec brio... mais Nashville l'a ensuite soumis à un contrat d'entrée. Lyytinen devrait tout de même faire l'objet d'un prêt et donc renforcer davantage la défensive des hermines qui accueillent également Miika Koivisto. Heshka, Lyytinen et Koivisto sont d'ailleurs d'excellentes rampes de lancement pour le jeu offensif. De quoi permettre aux Oulun Kärpät de retrouver une bonne dynamique et les premiers rangs du classement.

 

Jukurit Mikkeli (11e) : un groupe en façonnage

Avec cinq finales conclues de trois titres entre 2011 et 2016 en Mestis, les Mikkelin Jukurit ont implanté une dynastie dans le second échelon finlandais. Leur arrivée en Liiga, en remplacement des Blues d'Espoo, était très attendue. Et leur première saison en élite s'est avérée plutôt satisfaisante, en dépit d'une certaine amertume. Au quart de la saison, les Jukurit étaient sixièmes au classement avec en apogée une victoire 7-1 face au Lukko Rauma le 19 novembre 2016. Mais le succès est parfois difficile à gérer. Au lendemain de cette démonstration, l'équipe est devenue méconnaissable en chutant au classement. Il y eut un sursaut en fin de saison, mais trop tardif pour espérer accrocher les play-in.

Le manque d'expérience et la cadence de la Liiga, à laquelle peu de joueurs étaient habitués, ont finalement cloué à terre le club de Savonie du Sud. Cette inexpérience, elle s'est ressentie sur plusieurs aspects du jeu. Les configurations en infériorité numérique ont été catastrophiques avec seulement 70% des pénalités tuées. C'est faible et c'est d'autant plus frustrant quand on sait que Mikkeli était l'équipe la moins pénalisée de la Liiga ! Ce talon d'Achille leur a coûté beaucoup de points alors que l'équipe avait déjà une fâcheuse tendance à lâcher prise en troisième période. Mais gardons tout de même en tête que cette première saison en Liiga, loin d'être catastrophique, a forgé l'apprentissage d'un groupe homogène, mené par le gardien Sami Rajaniemi, le défenseur Miika Koivisto, les attaquants Zach Budish, Miika Roine, Teemu Tallberg et Henrik Koivisto. Ce dernier s'est d'ailleurs posé comme un leader absolu, doublant au passage sa production de points par rapport à l'exercice précédent.

La consolidation de ce groupe a poussé la direction à la stabilité puisque l'on ne compte que trois départs, dont deux en retraite. En revanche, l'équipe s'est étoffée avec plusieurs arrivées, dont le retour au bercail du gardien Juhana Aho, remarquable durant son année en Mestis, qui permettra de soulager Rajaniemi, très utilisé. Avec 350 matchs en Liiga, un road-trip en AHL, KHL et SHL, Hannu Pikkarainen sera précieux dans les secteur défensif, surtout après le départ de Miika Koivisto. C'est donc un effectif renforcé dont dispose le staff de renom. Celui-ci est constitué de l'entraîneur Risto Dufva, qui a connu les premières places en Liiga avec JYP et en Mestis avec déjà les Jukurit, et Ville Nieminen, adjoint et ancienne gloire respectée du hockey finlandais. Les Vikings de Mikkeli sont a priori entre de bonnes mains.

 

Lukko Rauma (12e) : deux Français dans une équipe remobilisée

En perte de vitesse, le Rauman Lukko négociait un nouveau virage après le mandat (depuis 2012) de Risto Dufva, parti rejoindre ses chers Jukurit. Malheureusement, le changement de coaching a été catastrophique. Son successeur Juha Vuori a trop cherché à réformer le jeu de l'équipe, il a finalement été limogé en novembre 2016. Souhaitant rendre le jeu plus simple, Kari Heikkilä a eu ensuite un peu plus de réussite, un court instant. Lukko, la serrure, a continué de se faire fracturer match après match, ne parvenant à décoller du fond du classement. Ce sera au tour de Pekka Virta, qui arrive après le summum d'une finale avec KalPa et son trophée de meilleur entraîneur de Finlande, de venir au chevet de Lukko.

Il faut souhaiter à Virta de composer avec un groupe mobilisé. La blessure de Janne Niskala en début de saison a fragilisé la défense et trop mis en danger les jeunes gardiens de Lukko. Niskala est évidemment revenu, mais son apport a déçu, comme celui de Toni Koivisto, d'Aaron Gagnon et du pourtant prometteur Aleksi Saarela. Tout n'est cependant pas noir. À 39 ans, Ville Vahalahti a encore flirté avec les 50 points et demeure exemplaire. Jesse Virtanen, défenseur formé au club, a connu la meilleur saison de sa carrière avec une place prépondérante sur le jeu de puissance, il a terminé deuxième meilleur marqueur du club derrière Vahalahti. Enfin, comment ne pas évoquer le cas de Valentin Claireaux. Le Saint-Pierrais est arrivé avec ses talents de gratteur, parfaitement à l'aise sur la "checking-line", il a fini la saison sur les troisième et deuxième trios. Très apprécié pour son engagement, Claireaux a prolongé d'une année supplémentaire.

Et dans son sillage, c'est un autre Français qui débarque dans le sud-ouest de la Finlande. L'ex-gardien de Bordeaux Sebastian Ylönen a transformé son essai et s'est donc vu le droit de défaire ses valises au pays de son paternel, Petri. Le départ de Zapolski aux Jokerit a vu l'émergence du jeune Kaapo Kähkonen qui sort d'une saison convaincante malgré le mauvais classement de son équipe. Ylönen est le gardien le plus âgé de l'organisation et, même si tout est à faire, il aura une carte à jouer. Surtout que le contexte devrait être meilleur. Jyri Marttinen et Johan Motin vont ajouter de l'intensité en défensive. Le Suédois Joakim Hillding est reconnu en SHL pour ses qualités de leader, il tentera de les conjuguer à la Liiga. Enfin, le coach Pekka Virta n'est pas venu seul puisqu'il a ramené deux flèches dans ses bagages, les dangereux Janne Keränen et Arttu Ilomäki. La saison dernière, le Rauman Lukko n'avait pas d'identité claire et l'équipe ne dépendait que de quelques cartes. Les dernières manœuvres laissent à penser que ce temps révolu, la serrure de Rauma devrait se retrouver au centre de la bataille des playoffs.

 

KooKoo Kouvola (13e) : quand rien ne va...

Le retour en élite finlandaise en 2015, après un quart de siècle d'attente grâce au processus d'expansion de la Liiga, avait été particulièrement satisfaisant pour le KooKoo Kouvola. Malheureusement, des tensions internes liées à un conflit salarial ont gâché l'été 2016, poussant au départ l'entraîneur Juha Juujärvi et plusieurs de ses joueurs. Cet événement n'a été finalement que le début d'une saison cauchemardesque. Dès le mois d'août, Juha Järvenpää, titulaire indiscutable devant la cage après une première année réussie, s'est blessé en amical contre les Ässät, une blessure nécessitant une opération chirurgicale et six mois d'absence. Et la spirale des blessures s'est poursuivie puisque ce sont au total neuf gardiens (!) qui ont endossé le maillot du club durant l'exercice 2016-2017. Le manque de stabilité devant le but, de août à mi-février, a considérablement fragilisé l'équipe et obligé à des dépenses imprévues, l'organisation sortant d'un conflit salarial rappelons-le qui s'est terminé devant les tribunaux.

Il n'y a pas que les gardiens qui ont été exposés aux blessures. On peut notamment évoquer Josh Green, leader en offensive et âme de cette équipe, absent durant l'hiver. Au pire, le KooKoo Kouvola a dû composer avec dix joueurs blessés dans l'effectif. Ajoutez à cela des joueurs trop décevants qui furent incapables de prendre la relève. Les regards se tournent de suite vers Jarkko Immonen, dont le contrat de trois ans était annoncé en fanfare par le club, mais qui n'a marqué que 9 points. Prise dans ce tourbillon, la direction a décidé de remercier à la mi-novembre son entraîneur, Petri Mattilan, dont les relations dans le vestiaire étaient devenues selon les échos exécrables. KooKoo n'avait alors gagné que 6 de ses 21 rencontres. L'arrivée à la barre de Tuomas Tuokkola a fait le plus grand bien, prônant un jeu plus audacieux et une ambiance plus saine dans le vestiaire. Mais l'équipe avait accumulé un retard monstre. Sa nomination n'était-elle pas intervenue trop tard ?

Après l'intérim de Leland Irving et de ses acolytes, le rétabli Juha Järvenpää va retrouver les filets de KooKoo, avec l'espoir d'une réussite similaire à celle de 2015-2016. Les exemplaires Josh Green et Juha-Pekka Haataja partis, le groupe tentera d'avancer sous le leadership de Siim Liivik, Eetu Pöysti et Toni Kähkönen, fraîchement arrivés. Il y a un an, l'équipe était sur le papier prometteuse mais plusieurs coups du sort ont fait dérailler la machine. Un scénario catastrophe tel que l'a enduré le KooKoo Kouvola reste exceptionnel. Les playoffs seront de nouveau à l'ordre du jour, à condition d'éviter le faux départ.

 

Sport Vaasa (14e) : une série noire qui coûte cher

En Liiga depuis 2014, le Vaasan Sport n'a pour le moment pas confirmé ses débuts encourageants en élite finlandaise, exclu cette fois-ci de l’étape des play-in. Au début de la saison 2016-2017, les Aigles ont produit un jeu rythmé et fin janvier 2017, Vaasa était encore à la lutte pour les playoffs. Mais la cadence a déraillé et le mental a été affecté. Entre le 14 février et le 11 mars, le Vaasan Sport a connu une série noire de dix défaites consécutives, des contre-performances qui ont exaspéré les supporteurs - qui l'ont clairement fait savoir - et qui ont totalement annihilé toutes chances de qualification. Les Ilves et les Jukurit ont alors profité de cet invraisemblable effet domino. Le jeu rapide du coach Tomek Valtonen s'est perdu, la faute à un trop grand écart de compétences dans le groupe.

Élément important en offensive, Joonas Komulainen s'est longuement absenté, une absence fortement préjudiciable. À la recherche d'un détonateur, la direction a bien embauché des jokers mais ni Tomas Kubalík ni Joonas Vikho n'ont donné satisfaction. En dépit d'un exercice difficile sur le banc, Tomek Valtonen a conservé son poste d'entraîneur en chef mais la composition du staff a été totalement revue puisque de nouveaux adjoints lui ont été affectés.

Mika Järvinen est confirmé devant les buts de Vaasa, il bénéficiera d'un duo de protection de premier ordre. Joni Tuulola (21 ans et champion du monde U20 en 2016) et Oskari Manninen (26 ans) arrivent tous deux de Hämeenlinna et ne se sont pas seulement côtoyés dans les vestiaires. Ils ont évolué sur la même paire défensive du HPK toute l'année. Qui plus est, une paire défensive fiable, utile sur les unités spéciales et probablement encore loin d'avoir montré son plein potentiel. Le jeune Tuulola a encore une marge importante de progression, de même qu'un autre arrivant, l'attaquant Antti Kalapudas, un espoir formé à Oulu qu'a arraché Vaasa à Kärpät, et capable à court terme d'intégrer les deux premiers trios. Sera-ce néanmoins suffisant pour que le Vaasan Sport puisse enfin rebondir ?

 

Saipa Lappeenranta (15e) : le doyen ne fait plus l'unanimité

Lanterne rouge la quasi totalité de la saison, l'exercice 2016-2017 aura été un calvaire pour le Saimaan Pallo, avec 181 buts encaissés pour seulement 116 marqués. L'entraîneur en chef Ari Santanen, dont le contrat couvrait la saison à venir, a été poussé vers la porte. Lui succède Tero Lehterä, 45 ans et qui a connu du succès ces dernières années derrière le banc de la section junior d'Espoo. Lehterä officiera pour les deux prochaines saisons, avec la ferme intention de changer le visage de SaiPa afin d'éviter un destin similaire à celui de son prédécesseur.

Jusqu'à maintenant, le poste de gardien ne posait pas de problème, les performances de Lappeenranta reposant sur la remarquable longévité de Jussi Markkanen (42 ans), toujours compétitif et dont le contrat était prolongé jusqu'en 2018. Compétitif... jusqu'à la rentrée 2016. En 2015-2016, son pourcentage d'arrêts était de 92,1%. En 2016-2017, il est tombé à 89,8%. Le vent a-t-il tourné pour le doyen de la Liiga ? En tout cas, le contrat de Markkanen jusqu'à sa possible retraite en 2018 n'a pas été remis en cause, il devra épauler Frans Tuohimaa, qui a pris l'ascendant sur la titularisation du poste. Même en incombant du rôle de substitut, Markkanen semble toujours très impliqué au sein club, il est d'ailleurs un des actionnaires de SaiPa après avoir racheté une part des actions à Tuomo Räsänen jusqu'ici actionnaire majoritaire.

Le Saimaan Pallo a inscrit 62 buts de moins que la saison précédente, conséquence du départ du duo infernal Chad Rau / David McIntyre à l'été 2016. Mais la direction de Lappeenranta a fait venir un vrai phénomène pour la saison à venir. Jeune attaquant de 22 ans, le Finlandais d'origine israélienne Jonatan Tanus a, contre toute attente, décroché le record de buts marqués en Mestis avec 40 réalisations. Tanus a totalisé 68 points sur la saison régulière et 13 supplémentaires en playoffs, contribuant largement au premier titre de l'histoire de SapKo. Outre Tanus, SaiPa s'est attaché les services de trois joueurs de JYP, dont le défenseur espoir Urho Vaakanainen, choisi en juin dernier au premier tour de la draft NHL par Boston. Tanus et Vaakanainen vont clairement apporter de la fraîcheur à une équipe qui dépendait trop des prouesses de Markkanen.

 

Nicolas Jacquet

 

 

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