Épinal - Angers (23 décembre 2008)

 

Quart de finale de la Coupe de France.

La "traditionnelle" douleur angevine

Si les Dauphins ne voient plus la vie en rose depuis leur débâcle amiénoise (0-11), ils rêvent toujours de revoir Bercy. Un espoir qu'ils partagent avec les Ducs d'Angers, avec qui ils nourrissent une longue histoire. Ces deux-là ayant notamment dépoussiéré le POPB, un beau jour de février 2007. Mais pas mal d'eau a coulé sous les ponts depuis qu'Angers y a écrit la plus belle page de son histoire...

Les Spinaliens, qui ruminent encore cette défaite, surfent depuis cet automne sur le haut de la vague. Au prix d'un sur-régime qui devait se payer tôt ou tard. Aussi le vent a-t-il tourné en Picardie, les ramenant à la réalité devant des Gothiques soudés comme jamais. Une telle gifle, ça remet forcément les idées en place ! En cela la Coupe de France s'apparente à une relance idéale après une trêve internationale venue à point nommé. Aussi se remet-on côté angevin d'une déculottée (1-7) infligée à la maison par Grenoble, la bête-noire du moment. Les Vosgiens doivent donc prendre de la graine d'un certain match disputé voilà près d'un mois à... Angers, où ils avaient su tirer de l'arrière pour forcer la prolongation (2-3 a.p.).

Sous la férule de Heikki Leime, l'ex-sélectionneur national, ils abordent ce quart de finale avec d'autres idées en tête. Bercy, bien sûr, mais aussi celle de rebondir après leur couac grenoblois. Même s'il va falloir compenser les absences de Julien Albert, du joker défensif Per Braxenholm et, surtout, celle de Tomas Baluch, gêné par une pubalgie affectant son rendement depuis quelques semaines. Et comme Ilpo Salmivirta, blessé au doigt, se voit contraint de ronger son frein pour de longues semaines encore, aucun de ces "renards des surfaces" n'apportera sa dimension physique dans l'enclave.

Du suspense...

Très vite, la vivacité de Jonathan Bellemare donne du fil à retordre à ses contradicteurs. C'est qu'il n'a pas son pareil pour se faufiler dans les espaces en profitant pleinement de son petit gabarit. La première pénalité tombe donc sans tarder (00'53"), accentuant la pression sur une défense locale affaiblie par la suspension de Fabien Leroy et l'absence de dernière minute de John Paulson. Pour autant, l'attaque soutient comme elle peut ce secteur défensif sinistré à l'instar d'un Plch filant en désavantage numérique pour lancer Simko, qui temporise trop devant Koivula (01'56").

Rigoureux à tous les étages, les Ducs maîtrisent le palet au prix d'un effort constant en échec-avant, couplé à un placement rigoureux en zone neutre pour bloquer les sorties de zone. Sur la défensive, les "boys" d'Allard doivent donc une fière chandelle à un Petrik rachetant les approximations éparpillées sous son nez. Eric Fortier peut même s'amener, sans opposition, mais le Slovaque garde la mitaine ferme(02'57"). Idem sur une relance dans l'axe permettant à Vidman de s'essayer à un tir des poignets au ras du glaçon (10'09"). Dans ces conditions, la ligne de parade angevine peut tourner à plein régime, quitte à être sur-utilisée. Véritable poison, Jonathan Bellemare exerce une influence primordiale dans l'orientation du jeu. Les assiégeants sont néanmoins trop brouillons dans la finition et restent frustrés par un cerbère "petrikéen". Comme sur ce frappé court de l'aîné des Lacroix que beaucoup voyaient déjà au fond (16'52")...

Dominés à forces égales, les locaux retrouvent un peu de poil de la bête dans leurs diverses supériorités numériques, même si l'absence de Salmivirta reste évidemment préjudiciable. Privé de point d'ancrage devant la cage adverse, le powerplay bleu ne s'affiche donc pas dans sa configuration optimale. Le gong sauvera toutefois Koivula d'une ouverture du score travaillée d'arrache-pied par Jan Simko et Guillaume Chassard (20'00")...

... mais pas de buts !

Prenant davantage d'initiatives, les locaux contiennent mieux l'activité angevine au retour des vestiaires, mais se montrent "petit bras" à l'image d'un Jan Simko lancé par Stéphane Gervais, mais échouant dans les bottes de Ville Koivula (23'50"). Faute d'efficacité, cette bonne gestion des espaces ne leur permet donc pas de briser la glace. Pas plus qu'un chassé-croisé mettant les unités spéciales à contribution. Si Laprise court-circuite Petrak contre la bande (25'16"), Simko, lui, accroche un Fortier monté aux avant-postes (25'35"), annulant du coup le petit bonus spinalien. Et si Jonathan Bellemare, le commanditaire du powerplay, peine à trouver les solutions face à un box-play regroupé, le décalage trouvé par Simon Lacroix lui offrira une reprise de volée... sur la barre transversale. Les "boys" ont la baraka, d'autant qu'un poteau vient à la rescousse de Petrik sur un essai à bout portant d'Éric Fortier, à la conclusion d'un travail initié en zone neutre par Yven Sadoun (32'30").

Une tension palpable, couplée à un défi physique plus affirmé, hache les derniers instants du tiers médian. Et si le pensum gratté par Bellemare ne donnera rien, celui arraché par Plch mettra en valeur l'abnégation d'un Caicco certes limité, mais volontaire tout au long de la soirée. L'Italo-Canadien, habitué à faire banquette, prenant à cœur son rôle ingrat de bouche-trou aux côtés d'un Alexander Sundqvist pas plus inspiré dans le dernier geste. Un constat qui s'étend volontiers à toute l'attaque, gaspillant même un double avantage numérique en tournant inutilement autour du pot (36e).

L'incapacité des jeux de puissance à exploiter les divers avantages numériques rend l'issue d'autant plus incertaine que les deux cerbères gardent une forte emprise sur le match. C'est dire s'il y a du K-O dans l'air et que le premier à trouver l'ouverture lèverait une belle option pour la qualification. Si les Ducs payent le contrecoup d'un engagement total, ils restent à l'affût des bons coups... et des cadeaux avant l'heure ! Et c'est sur l'un d'entre eux que Juho Jokinen jettera le premier froid de la soirée. Le Finlandais, opportuniste, s'engouffrant dans la brèche après un contrôle raté de Lionel Simon en couverture pour se jouer de Stanislav Petrik (0-1 à 50'17"). Pas de doutes, ça sent le sapin pour les joueurs de la Cité des Images !

Les Finnois jettent un froid

Cherchant à compenser sa petite baisse de régime avec un jeu accrocheur (et donc à risque), Angers se place dans le collimateur arbitral et en paye aussitôt le prix. Kévin Igier y va d'un bâton haut à l'encontre de Stéphane Gervais, alors que ses partenaires tournaient déjà en infériorité numérique. Une pénalité différée du plus mauvais effet puisque Jan Plch, à l'angle gauche de Koivula, poursuit l'œuvre collective en basculant vers un Tarik Chipaux coupant dans le slot (1-1 à 52'00").

Voilà les dés relancés, jusqu'à ce que Benoît Quessandier, parti pour monter la rondelle aux avant-postes, ne se jette dans la gueule du loup. S'enfermant dans le petit côté pour mieux se faire contrer par Vidman, lequel lance aussitôt Metsäranta vers un duel singulier avec Petrik. Le Slovaque était pourtant sur la trajectoire, mais voit l'essai du Finlandais passer par dessus son épaule pour mourir au fond de ses filets (1-2 à 56'42").

Déçus mais pas abattus, les Dauphins sont dos au mur mais confondent vitesse et précipitation malgré l'obtention d'une ultime supériorité numérique (58'44"). Et si un coup de coude de Jean-François Jodoin (sur Jan Plch) passera inaperçu aux yeux du trio zébré (59'20"), un accrocher de Jonathan Bellemare sera en revanche sanctionné (59'50").

Laissant dix petites secondes pour y croire... à condition de glaner la mise au jeu ! En y envoyant Michal Petrak, qui ne brilla pas spécialement dans cet exercice, Shawn Allard abrogeait de lui-même ce baroud d'honneur. Et pourtant, il ne manquait pas grand-chose pour atteindre le dernier carré. Un soupçon de réussite devant un Koivula des grands soirs. Dorénavant, il leur faudra récupérer et digérer la déception. Sous peine de connaître une nouvelle désillusion vendredi face à Villard-de-Lans.

Voilà cinq ans et demi, l'ICE, alors en passe d'être titrée à l'échelon inférieur, avait chuté au même stade de la compétition face à des Angevins poussifs en Super 16 (0-4). Ce soir-là, les Finlandais d'hier (Juho Jokinen, Jani Tuominen et Harri Suvanto) avaient douché les espoirs vosgiens. Bis repetita ce soir avec, dans le rôle des bourreaux, d'autres buteurs venus du froid. Les Matias Metsäranta, Hermanni Vidman et... Juho Jokinen ! Et si n'y a pas de traces de Jonathan Bellemare sur la feuille de pointage, le lutin n'aura pas ménagé sa peine tout au long de la soirée. Quoiqu'il en soit, les joueurs du Maine-et-Loire, plus réalistes, ont pris un peu d'avance dans le déballage des cadeaux.

Compte-rendu signé Jérémie Dubief.

 

Épinal - Angers 1-2 (0-0, 0-0, 1-2)

Mardi 23 décembre 2008 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1234 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Bourreau assisté de Jérémy Rauline et Yann Furet.

Pénalités : Épinal 10' (2', 8', 0') ; Angers 20' (4', 8', 8').

Tirs : Épinal 29 (10, 8, 11) ; Angers 27 (12, 7, 8).

Évolution du score :

0-1 à 50'17" : Jokinen assisté de S. Lacroix

1-1 à 52'00": Chipaux assisté de Plch et Petrak (sup. num.)

1-2 à 56'42": Metsäranta assisté de Vidman

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik [sorti à 59'00"].

Défenseurs : Peter Slovak - Stéphane Gervais (A) ; Benoît Quessandier - Lionel Simon ; Borislav Ilic.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Ryan Caicco - Alexander Sundqvist - Guillaume Chassard (A) ; Guillaume Papelier - Tarik Chipaux - Erwan Agostini.

Remplaçants : Eero Väre (G), Anthony Pernot. Absents : Ilpo Salmivirta (doigt cassé), Fabien Leroy (suspendu), John Paulson (entorse du genou).

Angers

Gardien : Ville Koivula.

Défenseurs : Pierre-Antoine Simonneau - Simon Lacroix ; Jean-François Jodoin (C) - Lauri Lahesalu ; Kévin Igier - Tomas Mihalik.

Attaquants : Pierre-Luc Laprise - Jonathan Bellemare - Éric Fortier ; Juho Jokinen (A) - Matias Metsärantä - Hermanni Vidman ; Yven Sadoun - Martin Lacroix (A) - Rodolphe Bretault.

Remplaçant : Frédéric Gilbert (G). Absents : Julien Albert (blessé), Per Braxenholm (appendicite), Tomas Baluch (pubalgie).

 

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