Nice - Grenoble (27 novembre 2007)

 

Huitième de finale de la Coupe de France.

Dès l'échauffement les travées de Jean Bouin sont pratiquement remplies d'un bout à l'autre et déjà les supporters de chaque camp débutent le match des tribunes. Le coup d'envoi est à peine donné que les voix niçoises se font entendre pour porter les Aigles vers un improbable exploit. La bonne volonté du public et de l'équipe prend rapidement du plomb dans l'aile lorsque Martin Masa ouvre le score dès la troisième minute. Les Niçois jouent sans complexes mais sont trop indisciplinés au regard de Monsieur Colléoni qui ne laisse rien passer, au grand mécontentement du public. Heureusement, les Aigles tiennent bon sur les (trop) nombreuses infériorités numériques qu'ils concèdent. À forces égales, les Niçois tentent d'égaliser mais le repli défensif grenoblois ne laisse que très peu d'occasions aux locaux de mettre en danger Frédéric Dorthe. La première période touche à sa fin lorsque Christophe Tartari exploite un bon rebond pour donner deux unités d'avances aux visiteurs.

Au cours des dix premières minutes de la deuxième période, les Aigles font jeu égal avec leurs prestigieux adversaires mais s'empêtrent dans le rideau défensif mis au point par Mats Lusth, le coach des BDL. Après une période de calme, les Azuréens retombent dans leurs mauvais travers, aussitôt sanctionné par les arbitres qui appliquent le règlement sans faire de sentiment. Damien Fleury ne se pose pas non plus de question pour augmenter l'avance des visiteurs pendant que Dryler et Gillardin sont en prison. Nice vacille mais réagit de plus belle avec de belles percées d'Aurélien Macon ou Anders Karlsson, mais la vivacité de la défense adverse entrave systématiquement les occasions niçoises.

Les Aigles ne baissent toujours pas les bras dans la première partie de l'ultime période, bien soutenus par un public qui espère un but niçois. Nice pousse mais Grenoble résiste assez facilement avant de planter une banderille supplémentaire par Martin Masa, imité trois minutes plus tard par Tyler Scott. Les Niçois, usés par la débauche d'énergie, ne veulent pas quitter la Coupe sans avoir sauvé l'honneur. Anders Karlsson tente sa chance par deux fois, puis Marek Hanes, en vain. Alors que Grenoble a augmenté son avance par Patrik Valcak, Aurélien Macon est à deux doigts de dévier le palet dans la cage de Dorthe. Finalement, Antonin Manavian se charge de sceller définitivement le sort des Aigles à la dernière minute pour une victoire sévère mais logique compte tenu du déroulement du match.

Même s'ils ont subi le jeu durant la majeure partie de la rencontre, les Niçois se sont vaillamment défendus contre un adversaire beaucoup plus fort et auraient mérité de sauver l'honneur au tableau d'affichage. Le temps d'une soirée, Nice a découvert une autre planète : la Ligue Magnus. À présent, il faut revenir sur terre et se tenir prêt pour un déplacement périlleux chez les Scorpions de Mulhouse samedi prochain en championnat pour une revanche sur la seule équipe (hormis Grenoble) à avoir battu les Aigles cette saison.

Compte-rendu signé Pascal Saintier

 

Commentaires d'après-match (sur le site officiel du NHCA)

Pontus Karlsson (défenseur de Nice) : "Contre une très bonne équipe de Grenoble, je pense quand même qu'on a bien joué. Tout s'est bien passé pour le public : c'était sympa de jouer contre une formation comme celle-là. Après, il y a eu des erreurs, trop de pénalités et voilà. Ils sont meilleurs que nous, mais je pense qu'on aurait pu les gêner un peu en prenant moins de prisons. Un tel match n'est pas facile pour un défenseur : en face, ça attaque tout le temps, avec de bons patineurs. Cela dit, c'est vraiment plaisant à jouer. C'est ma première année loin de Suède : c'est très chouette, il y a beaucoup plus de monde ici."

Michael Medioni (président de Nice) : "Il n'y a rien à dire sur le résultat : il est logique et montre bien la différence entre les deux équipes et leurs niveaux. Je regrette qu'on ait peut-être été un peu impressionné par l'équipe d'en face. On avait joué deux équipes de Ligue Magnus les années précédentes, qu'on avait fait douter en tenant le score. Là, c'est sûr qu'en encaissant ce premier but presque immédiatement, c'est plus dur. Je ne crois pas que ce soit un but pour l'honneur, ou encore un but de moins pour eux, qui aurait changé quoi que ce soit. On a surtout passé une bonne soirée et on est très fier des supporters qui sont venus soutenir l'équipe pendant toute la rencontre. Avec ceux de Grenoble, ça s'est très bien passé : c'est une très grande fierté. Ce soir, tout le monde est monté, sauf [le second gardien] Cyrille [Vitis]. Itzhak Levy, lui, a peu joué : il revenait tout juste du mariage de sa sur au Canada. De toute façon, dans l'esprit, on fera toujours jouer les jeunes à un moment ou un autre. Depuis une demi-saison, on a deux lignes de jeunes qui montent régulièrement. On se fait un point d'honneur à ce que tout le monde soit sur la glace."

Baptiste Amar (défenseur de Grenoble) : "Je ne dirais pas que le score est normal, mais il y a deux divisions d'écart. Nice a joué le coup à fond, et au début du match, ce n'était pas évident du tout. J'ai noté la bonne atmosphère, qu'on ne retrouve pas dans toutes les patinoires. C'était sympa. Ce n'est pas facile de s'exprimer sur une glace de cette qualité, mais c'est pareil pour les deux équipes. Plusieurs fois, le palet nous échappait alors qu'il n'y avait aucune raison a priori. Je retiendrai l'enthousiasme de Nice. C'est la première fois que je jouais ici : je découvrais. J'avais un peu entendu parler de l'équipe. Au prochain tour, je crois que c'est déjà joué et qu'on rencontrera Morzine. On les connaît comme finaliste l'année dernière. Ils ont une revanche à prendre et il peut se passer beaucoup de choses sur un seul match. En fait, on avait quatre objectifs en début de saison : la finale de la Coupe continentale, la Coupe de la Ligue, la Coupe de France et le championnat. On en a déjà raté deux sur quatre : la Coupe de France devient donc plus importante."

Patrick Rolland (entraîneur-adjoint de Grenoble) : "Contre nous, une équipe comme Nice n'a vraiment rien à perdre. En Coupe de France, c'est d'ailleurs ce qui fait le charme de la partie. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Nice a commencé en pressant fort, en venant nous chercher assez haut. Le match a mis du temps à se décanter en notre faveur : les Aigles ont fait un beau match. On avait entendu parler des derniers résultats niçois, et notamment de ce 11-0 contre Montpellier. C'est pour ça qu'on était quand même vigilant. On n'est pas venu ici en balade. Il fallait faire la différence le plus tôt possible pour que le match ne soit pas trop difficile à la sortie. Notre gardien ? Fred [Dorthe] est avec nous depuis deux saisons. C'est un joueur franco-suisse qui bosse fort et qui a envie de progresser. Il a fait son match ce soir : ça fait presque deux semaines qu'il a pris la relève d'Eddy [Ferhi]. Il s'en sort très bien. En Coupe d'Europe, contre Aalborg, il rentre avec une pression inimaginable. On mène 2-1, il reste dix minutes et on passe en finale si on en reste là. Il n'a pas joué depuis longtemps, mais fait quelques bons arrêts, avant d'être pris à contre-pied sur le but de l'égalisation. Bref... C'est un bon gardien d'avenir. Maintenant qu'on n'a plus la Coupe de la Ligue, qu'on s'est fait sortir de la Coupe d'Europe, c'est clair qu'on va essayer d'aller le plus loin possible en Coupe de France. Au prochain tour, on s'attend à un match très difficile à Morzine, surtout chez eux sur leur petite glace. Ils vont nous attendre de pied ferme, c'est sûr."

 

Nice - Grenoble 0-7 (0-2, 0-1, 0-4)

Mardi 27 novembre 2007 à 19h30 à la patinoire Jean-Bouin.

Arbitrage de Bruno Colleoni.

Pénalités : Nice 24' (10', 10', 4'), Grenoble 12' (2', 6', 4').

Évolution du score :

0-1 à 02'39" : Masa assisté de Broz et Valcak

0-2 à 15'44" : Tartari assisté de Perez

0-3 à 32'40" : Fleury assisté de Forsander et Amar (double sup. num.)

0-4 à 48'34" : Masa assisté de Valcak

0-5 à 51'21" : Scott assisté de Woods et Montesinos

0-6 à 56'09" : Valcak assisté de Broz (sup. num.)

0-7 à 59'18" : Manavian assisté de Treille

 

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