Fribourg-en-Brisgau - Mulhouse (10 août 2003)

 

Match amical.

Après une prestation un peu tiède la veille en Alsace, les Loups fribourgeois se devaient de montrer un peu plus de crocs, dans leur Eisstadion correctement garni de supporters emmaillotés de vert, rouge et blanc.

D'ailleurs, ils s'approprient rapidement la conduite du premier tiers. Mulhouse comprend vite que ses hôtes ne sont pas là pour batifoler, les Allemands jouent franchement des coudes et des crosses, gênant considérablement la tactique prudente, et un peu gauche, des visiteurs. Les imprécisions alsaciennes sont vite récupérées en action de jeu avec la ferme intention de les envoyer au fond des cages de Gilles Beck, aligné en ce début de match. Aussi, même en supériorité numérique, Mulhouse peine et frôle la correctionnelle quand Leo Stefan part en break, mais Beck s'interpose brillamment (7'40). On arrive à la mi-tiers et Fribourg pousse toujours vers la rouge adverse, avec des lignes offensives particulièrement remuantes et agressives. Les Scorpions commencent cependant à remonter la tête hors de l'eau, sans toutefois être dangereux. La défense, par contre, tient mieux ses positions, hormis durant les supériorités numériques fribourgeoises : Mares, Slivchenko ou Bousquet font bien circuler le palet vers Vasicek l'artilleur, tout en guettant le moindre rebond, mais Beck joue efficacement de la mitaine.

Match donc relativement plus nerveux, plus enlevé que la veille, mais nettement moins en faveur de Mulhouse, qui va devoir trouver des solutions car la partie risque de devenir bien longue autrement.

D'autant que la deuxième période vient à peine de commencer que Juraj Faith, "le traître", vient de marquer, suite à une remontée collective de son alignement. Beck a bien essayé de repousser, mais trop décentré, il n'a pu capter le second essai. Et ce n'est toujours pas la fête pour des alsaciens qui peinent encore, même en supériorité, quand Peter Boon (affublé d'un original n 94.7) part en break, mais Beck n'est pas sur la même longueur d'onde que le junior allemand ! Pire, même en double supériorité, Fribourg trouve le moyen de gêner physiquement son adversaire, hormis sur cet essai de Chassard, où la rondelle vole au ralenti au-dessus de la glace, le long de la ligne de but, mais Segla ne peut pas pousser au fond.

La tournure devient de plus en plus malsaine, avec de nombreuses intimidations des Danner, Bousquet, Steingross ou Faith. S'ensuit alors une longue période hachée de pénalités, qui joue en faveur de Mulhouse, un peu plus discipliné. Khaidarov est sanctionné de 4' pour une charge musclée sur Croz (qui sortira d'ailleurs sur le choc), puis presque aussitôt, Matt Smith se remémore les folles équipées virilement boisées de ses ancêtres bûcherons du Klondike, donnant ainsi 2' de sa glace en prison. Pourtant, la double supériorité mulhousienne s'engage mal, pas de solution, même en faisant confiance aux slaps de Ruokonen, que Haas ne semble pas vouloir autoriser à rentrer. Il reste alors à Bilbao de tournicoter derrière la cage, pour enfin confier la rondelle à Chassard qui, de près, ne laisse aucune chance au Hugo local. Pas de sortie de prison pour autant, il reste encore 2' à Khaidarov, quelques poussières à Smith, le temps pour Ruokonen de s'essayer à un coast-to-coast, qui sera repoussé, trop faiblement pour que Pavol Segla, en bon renard des surfaces, ne laisse passer l'occasion. Attention quand même, un autre renard, Jirí Zelenka, vient de profiter d'une largesse de Ruokonen pour partir à son tour en break, mais Jubien, fraîchement rentré, s'interpose bien. Dans l'ensemble, le premier but alsacien a commencé à faire sérieusement douter les allemands, qui ont sorti la boîte à claques en guise de réponse, comme en cette fin de période, avec une sérieuse échauffourée entre Steve Michou et David Danner.

Les locaux débutent alors l'ultime période tambour battant, mais c'est de nouveau Mulhouse qui score, en supériorité, sur leur premier essai : encore un travail derrière la cage, cette fois-ci de Segla pour Coqueux qui tire à bout portant. Dès lors, les Scorpions vont surtout chercher à tenir le score car en face, les Loups montrent de plus en plus les dents, pas toujours très amicalement. Il reste une petiote dizaine de minutes lorsque Mares profite d'un léger espace devant lui pour allumer Jubien. Il reste encore un but à remonter, et la partie est loin d'être jouée car Mulhouse tient très bien le coup, avec des Scibran, Mille ou Brincko qui se battent comme de beaux diables. Hélas, Dany Bousquet, l'ex-futur Rouennais, relativement décevant jusque là, bénéficie d'une énième remontée de Stefan, et allume la lucarne du portier alsacien. 3-3, le score redevient à peine plus convenable pour les locaux, qui perdent Mares, sanctionné d'une méconduite. Mais qui continuent à pousser, la fin de match devient très pénible pour Mulhouse, qui tient, s'arc-boute devant sa zone, mais ne remonte que très rarement vers Haas. Il reste deux minutes à jouer, un premier essai de près de Smith passe devant la cage alsacienne sans trouver preneur, le palet repart, pas longtemps, Filobok ré-adresse une bonne rondelle à Smith, qui cette fois ne rate pas sa chance.

L'honneur est sauf pour les Loups, qui peuvent remercier le public pour leurs encouragements. Dans l'ensemble, on notera que Fribourg-en-Brisgau n'aura pas forcément eu deux matchs aisés. Pourtant, sur les niveaux quantitatifs, et qualitatifs, l'équipe possède de belles individualités (Stefan, Slivchenko, Zelenka, Mares, Vasicek), les combinaisons sont déjà bien travaillées. Sans doute manquait-il un peu plus de cur à l'ouvrage, comparé à des Mulhousiens sans doute moins forts, mais plus combatifs.

Christer Eriksson semblait satisfait de ces deux premiers matchs, et c'est vrai que la performance est belle car Mulhouse a fait mieux que d'attendre son adversaire. Il reste encore quelques réglages à faire en défense et un peu plus de présence physique à assurer devant, où Coqueux, Chassard et Bilbao n'ont rien perdu de leur combativité. Particulièrement surveillé par les Allemands, sans doute renseignés par un autre marqueur de la dernière édition de l'Extraliga slovaque - en l'occurrence le meilleur, Petr Korínek - Pavol Segla a pu montrer déjà une belle vitesse de déplacement et de maniement de palet.

La suite durant la semaine, avec l'essai de Juho Jokinen et d'un avant suédois, pour étoffer un peu l'attaque. Prochain match, soit le 16 ou 17 août, soit le 20, à domicile pour recevoir le HC Ajoie.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

 

EHC Fribourg-en-Brisgau - HC Mulhouse 4-3 (0-0, 1-2, 3-1)

Dimanche 10 août 2003 à 19h00 à l'Eisstadion de Fribourg-en-Brisgau. 1003 spectateurs.

Pénalités : Fribourg 36' (4', 18', 4'+10'), Mulhouse 22' (8', 12', 2').

Tirs : Fribourg 33 (14, 8, 11), Mulhouse 23 (6, 14, 3).

Évolution du score :

1-0 à 20'54" : Faith assisté de Zelenka et Stefan

1-1 à 35'36" : Chassard assisté de Bilbao (double sup. num.)

1-2 à 37'12" : Segla assisté de Ruokonen (sup. num.)

1-3 à 43'32" : Coqueux assisté de Segla (sup. num.)

2-3 à 50'15" : Mares assisté de Vasicek

3-3 à 53'52" : Bousquet assisté de Stefan

4-3 à 58'24" : Smith assisté de Filobok

 

Mulhouse

Gardien : Gilles Beck puis Benjamin Jubien à 39'12".

Défenseurs : Miikka Ruokonen - Allan Carriou ; Patrick Scriban - Mathieu Mille ; Dusan Brincko - Lilian Prunet.

Attaquants : Guillaume Chassard - Lionel Bilbao - Steve Michou ; Pavol Segla - Olivier Coqueux - Luc Tardif jr ; Vincent Bringuet - Étienne Croz puis Francis Ballet - Maxime Schuchewytsch ; Jérôme Catil.

Absents : Fabrice Lhenry (cheville), Jérémy Bigot.

Fribourg-en-Brisgau

Gardien : Hugo Haas.

Défenseurs : Michael Vasicek - Bastian Steingross ; Rudi Gorgenländer - Sergueï Stas ; David Danner - Matt Smith.

Attaquants : Juraj Faith - Leo Stefan - Jirí Zelenka ; Yuri Khaidarov - Vadim Slivchenko - Dany Bousquet ; Duan Frosch - Petr Mares - Michael Filobok ; Simon Danner - Peter Boon.

Remplaçant : Thomas Jetter. Absents : Petr Korínek (blessé hier), Bedrich Scerban, Anton Bauer.

 

 

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