Rouen - Anglet (23 mars 2001)

 

Premier match de la finale du Championnat de France Élite.

Les Normands, dans une patinoire comble mais sonnant trop souvent creuse, n'ont en rien révolutionné leur jeu pour cette finale. Guy Fournier a remis ses alignements du dernier match de la demi finale, si efficaces. Un tempo et un pressing haletant avant de faire la différence. Puis, une gestion dépouillée du score a permis aux Rouennais de remporter, a priori "facilement", une rencontre face à des Basques cueillis à froid, trop mous (grippés par la fiesta ?) pour se laisser aussi docilement faire dans les prochaines rencontres.

L'arbitre M. Benoist, une fois n'est pas coutume, n'a pas lésiné. Il voulait tenir le match et il a sifflé tout et tout de suite. En quatre minutes, il avait déjà envoyé cinq joueurs sur le banc des prisons. Le message était clair. Il ne laisserait passer aucun acte de violence. L'Hormadi en fut le plus pénalisé. Les Dragons, à la faveur d'arrières solides à la bleue, ont attaqué outrageusement en début de partie. Ils ont ouvert en double supériorité grâce à un but contre leur camp des Angloys. Un défenseur a contré de la crosse vers son but une passe de Guillaume Besse, de nouveau buteur (1-0 à 4'24). Il fallait cela pour tromper l'excellent Éric Raymond, hier soir. Le portier a réalisé des prouesses et des exploits dans ce premier tiers. C'est sans doute un des gardiens de l'élite qui lit le mieux le jeu et qui anticipe parfaitement les lancers adverses. Il fallait être intelligent, hier soir, pour glisser le palet derrière le Canadien. Simon Lacroix le fut, quand il venait déborder depuis son aile droite puis, passer devant la cage. Le Franco-Canadien attendit longuement jusqu'à passer loin au second poteau qu'Éric Raymond se couche. L'ailier droit en profitait pour lever la rondelle dans le haut du filet (2-0 à 14'37). La cassure a été faite quelques minutes après que Baptiste Amar s'était injustement vu refusé un but. Mais l'arbitre, en retard sur le mouvement du bloc de l'arrière international, ne pouvait pas voir le lancer du poignet rebondir à l'intérieur des mailles puis revenir sous la jambière du gardien basque. Les "boys" de Guy Fournier géraient présentement leur avance jusqu'à la fin du tiers.

Les Basques revenaient avec un jeu plus engagé. Mais les boîtes, si elles étaient plus nombreuses, restaient très correctes. Il n'y avait aucune intention de faire mal ni aucune cible particulière à atteindre. C'était un premier match très alerte à défaut de proposer un jeu spectaculaire. Bien évidemment, ce n'était plus aux Rouennais d'aller de l'avant. Les hockeyeurs des sables faisaient ce qu'ils pouvaient dans la mesure de leurs moyens qui s'affaiblissaient puisqu'ils devaient déplorer le retrait de leur buteur, Stanislas Solaux, touché à une jambe. Tantôt, ils résistaient bien aux contres locaux. Tantôt, ils s'approchaient dangereusement des cages de Phil Groeneveld. Le portier rouennais fut toujours concentré sur le jeu et il remédia brillamment aux négligences passagères de sa défense.

Dans le dernier tiers, l'Hormadi, soutenu par une vingtaine de supporters, fut plus incisif encore. Toutefois, ce qu'il gagnait en puissance, il le perdait en précision dans ses lancers au but. Plusieurs fois, il eut des possibilités de faire mieux. Mais sans doute éprouvé par une lutte difficile face à Reims et les festivités qui ont dû suivre, il ne parvenait plus à ajuster ses tirs. Sauf en une occasion où les Rouennais étaient sauvé par un poteau droit salvateur. Le RHE jouait en contre, mais les assauts manquaient de détermination ou souffraient d'une rigueur défensive pour être efficients. Pourtant, sur l'un d'eux, Éric Doucet parvenait à chiper la rondelle pour la placer dans le but adverse... après le coup de sifflet du directeur de jeu. L'arbitre, placé à l'opposé, pensait en effet le caoutchouc injouable à l'abri de l'équipement d'Éric Raymond. Néanmoins, petit à petit, les Angloys prenaient leurs marques sur cette grande glace. Avec culot, Karlos Gordovil sortait son gardien après un temps mort alors qu'il restait encore 1'20" environ à jouer. Si les Basques ne trouvaient pas la solution de Phil Groeneveld, les Rouennais manquaient de lucidité sur un coup pour marquer dans la cage vide. Le score en restera là.

Les Dragons se sont approchés un peu plus du trophée convoité. Leur sobriété rassure sur leurs sens des responsabilités et sur leurs moyens. Maintenant, leur retenue n'a pas anéanti des Basques, abasourdis au premier vingt, entreprenants au troisième, qui devront simplement être plus précis dans leurs tentatives pour aller plus haut.

Thierry Frechon

 

Rouen - Anglet 2-0 (2-0, 0-0, 0-0)
Arbitrage de M. Benoist assisté de MM. Battaillie et Antunes.
Pénalités : Rouen 4' (4', 0', 0'), Anglet 12' (8', 4', 0').

Évolution du score :
1-0 à 04'24" Besse (double sup.num.)
2-0 à 14'37" Lacroix assisté de Doucet et Rhéaume
 

Rouen

Attaquants :
Éric Doucet - Dominic Rhéaume - Simon Lacroix
Guillaume Besse - Juha Jokiharju - Patrick Genest
Thomas Bussat - Franck Pajonkowski - Stephen Dugas

Défenseurs :
Daniel Carlsson - Heikki Riihijärvi
Baptiste Amar - Allan Carriou

Gardien :
Phil Groeneveld

Remplaçant : Christophe Burnet (G). Absent : Miikka Ruokonen (genou).

Anglet

Attaquants :
Stanislas Solaux - Marko Lapinkoski - Iñaki Izaguirre
Édouard Manson - Jean-Michel Larroque - Jérôme Patard
David Dostal - Lionel Bilbao - Antoine Amsellem

Défenseurs :
Denis Perez - Vesa Lahtinen
Roberto Baldris - Olivier Dimet
Nicolas Carry - Aymeric Gillet

Gardien :
Éric Raymond

Remplaçant : Christophe Latxague (G). Absents : Slavomir Vorobel (suspendu), Pierre-Hervé Coulombeix (côtes fracturées).

 

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