Reims - Anglet (13 mars 2001)

 

Première manche des demi-finales du Championnat de France Elite.

Une nouvelle série commençait ce soir à Bocquaine, la demi-finale face à Anglet (qui inaugurait là sa première participation à ce stade de la compétition). Pour ce match, les locaux récupéraient leur attaquant canadien Jean-François Brunelle revenu d’une blessure à l’épaule. Reims se trouvait donc au grand complet contrairement à Anglet qui devait faire avec quelques absents. Lionel Bilbao se tenait aux côtés de son entraîneur le bras en écharpe alors que Vorobel vient d’être suspendu par la fédération après une agression sur Chiasson lors d’un match de championnat datant du 28 octobre 2000. D’ailleurs, cette suspension tardive a provoqué une vive réaction du côté angloy et une opération "crosse en l’air" a même été annoncé par le club basque.

Quelques bruits de couloirs pas très rassurants circulaient aux alentours de la glace avant l’entame du match et se confirmaient dès le coup de sifflet de Benoist. Lapinkoski ne jouait pas la mise en jeu et laissait les Rémois maître du palet. Devant la passivité des Angloys, il ne fallait pas longtemps aux Flammes Bleues pour ouvrir le score, par Aimonetto sur le premier shoot du match (0’12, 1-0). De toute évidence, l’Hormadi lançait là un signe de mécontentement à la fédération concernant la suspension décidée tardivement par la fédération de Vorobel. Le jeu allait-il reprendre ses droits après ce but ?

Segla apportait seul la réponse. Après une incursion en zone offensive, il trouait Latxague (étonnant de voir Raymond resté sur la banc !) sans difficulté (0’32, 2-0). Anglet avait donc décidé de piper le jeu plus longtemps. D’abord surpris de cette aubaine, les Rémois y allaient chacun de leur but, Mortas (0’47, 3-0), Archambault (1’01, 4-0), Brunelle (1’30, 5-0) et Guilhem (1’57, 6-0) avant de trouver le temps long seuls sur la glace. Considérant leur avance suffisante (ne sachant jusque quand cette mascarade allait durer) les Rémois faisaient tourner le palet, faisant même jouer Hätinen sans se soucier de marquer de nouveaux buts.

Le public commençait à grogner et Ribanelli portait le score à 7-0 pour calmer tout le monde (4’32, 7-0). Gordovil demanda alors un temps mort où l’on pouvait penser qu’il demanderait à ses troupes de reprendre le jeu normalement mais sur l’engagement suivant, on pouvait se demander ce qui venait d’être dit. Reims testait l’orgueil basque en inscrivant 4 nouveaux buts : Laflamme (5’43, 8-0), Brodin (6’40, 9-0), Y.Sadoun (7’25, 10-0) et Brunelle (8’53, 11-0) mais rien n’y faisait. Latxague s’amusait à arrêter un tir avant de laisser passer le suivant.

Le seuil des dix minutes était passé, le match (qui n’en était déjà plus un) allait-il enfin commencer ?

Les Angloys laissaient le doute dans les esprits rémois, produisant un semblant de jeu avant de donner le palet à l’adversaire. Dimet était le seul à avoir "tenté sa chance" (11’25) d’un slap de la bleue sans grande puissance et sans précision. Le dernier rempart rémois faisait là son seul arrêt du tiers (mis à part sur les tirs de ses coéquipiers). Reims jouait à la passe à dix et marquait à quelques occasions par Zwikel (12’52, 12-0) puis par L.Sadoun (15’36, 13-0).

Les arbitres allaient accorder le but tout en sanctionnant un cinglage de Mortas. Le jeu était évidemment très propre mais cette situation commençait à énerver. Une ou deux charges venaient réveiller les Angloys lorsqu’ils se trouvaient en possession du palet à proximité de la balustrade. Marcelle y alla même de trop bon cœur selon les arbitres (qui pouvaient se permettre de ne pas trop suivre le jeu tant leurs interventions se limitaient à noter le nom du buteur rémois) et rejoignait son capitaine sur le banc de la prison (16’21).

Cela permettait au tiers de se terminer sur ce score de pétanque sous les huées des spectateurs. Charles Marcelle prenait alors la parole pour donner son avis sur la situation provoquée par les Angloys. "Le club d'Anglet et ses dirigeants ont pris en otage l'équipe rémoise et ses supporters suite à la décision de la commission disciplinaire de la FFSG de suspendre Slavomir Vorobel, joueur angloy. Ce comportement décrédibilise le hockey français. Les dirigeants du club mériteraient d’être virés et le club mériterait de disparaître". Il invita également les spectateurs qui le souhaitaient à se faire rembourser leur place.

On se demandait si la mascarade allait se poursuivre tout au long du match. Laksola devait le penser puisqu’il alignait un bloc très original à l’entame du deuxième tiers (Archambault-Orsolini en défense, Pousset-Zwikel-L.Sadoun en attaque) mais cela ne s’avérait pas très judicieux puisque les Angloys avaient cessé leur bouderie. Il ne leur fallait donc pas longtemps pour tromper Godefroy (qui remplaçait Hätinen dans la cage rémoise). Izaguirre réduisait donc l’écart (20’35, 13-1).

Un match de 40 minutes venait donc de débuter mais la première manche étant déjà acquise à Reims, le jeu devenait sans intérêt et n’apportait pas le spectacle dont le public avait droit. Tout juste une belle action du duo Mortas-Ribanelli dont le tir du second heurtait le poteau (4’50). Archambault égalisait dans ce match dans le match alors que Reims se trouvait en infériorité (9’46, 1-1). Mortas touchait du bois sur un très beau tir du poignet (12’27) avant que Solaux ne donne l’avantage à ses couleurs (16’55, 1-2).

Le jeu permettait tout juste de relever le niveau des gardiens remplaçants. Latxague se montrait relativement rassurant alors que Godefroy montrait là son piètre niveau (lent, mauvais placement, mauvaise vision du jeu…). Il rassurait pleinement Hätinen quant à sa place de titulaire.

La question était maintenant de savoir si les Rémois allaient avoir à cœur de gagner ce match plus court d’un tiers pour donner du spectacle au maigre public resté dans les tribunes.

Carrara avait pris la place de L.Sadoun, resté au vestiaire (???), dans ce dernier tiers.

Après une belle remontée de Bachet et Brodin, Guilhem égalisait (26’26, 2-2). Le junior rémois était près d'inscrire un nouveau but mais il se heurtait à Latxague lors de son breakaway (30’30).

Après quelques dribbles en zone neutre, Aimonetto trouvait la faille et se présenta seul devant le dernier rempart basque et le trompait magnifiquement d’un tir du poignet en pleine lucarne (31’12, 3-2), le tout en infériorité. La minute suivante, Ribanelli portait le score à 4-2 (enfin 17-2 dans le véritable match). Il reprenait un rebond laissé par Latxague sur un double tir de Carrara (32’, 4-2). Aimonetto (34’25) aurait pu encore aggraver le score tout comme Mortas (40’) mais le poteau ou la sirène sauvait les Angloys.

On pouvait se poser la question de ce qu’avait gagné l’Hormadi à saboter ainsi le premier match de ses demi-finales alors qu’ils y participaient pour la première fois. En voulaient-ils à ce point à la fédération pour gâcher ainsi une première chance de victoire (ils savent qu’ils devront remporter un match à Bocquaine s’ils veulent aller en finale) et risquer ainsi des sanctions supplémentaires ? Jugent-ils Charles Marcelle responsable pour provoquer un tel manque à gagner pour le club rémois ?

Beaucoup de questions restent sans réponses à la fin de cette parodie de match dont celle de l’état d’esprit des deux équipes demain. Les Angloys joueront-ils et les Rémois seront-ils capable de se remettre dans le rythme ? Réponse demain 20h à Bocquaine… devant les quelques spectateurs venus se risquer à voir un match de hockey.

Compte-rendu signé Elodie

 

Reims 17-2 Anglet (13-0 ; 1-2 ; 3-0)

Arbitres : M. Benoist assisté de MM. Bourreau et Hauchart.

1300 spectateurs.

Pénalités : Reims 12’ (4’, 6’, 2’), Anglet 4’ (0’, 2’, 2’)

Tirs : Reims 52 (26, 13, 13), Anglet 19 (2, 11, 6).

Evolution du score :

1-0 à 0'12" par Aimonetto assisté de Orsolini.

2-0 à 0'32" par Segla assisté de Orsolini et Pousset.

3-0 à 0'47" par Mortas assisté de Guennelon.

4-0 à 1'01" par Archambault assisté de Zwikel et Brunelle.

5-0 à 1'30" par Brunelle assisté de Zwikel et Archambault.

6-0 à 1'57" par Guilhem.

7-0 à 4'32" par Ribanelli assisté de Bachet.

8-0 à 5'32" par Laflamme assisté de Archambault.

9-0 à 6'40" par Brodin assisté de Bouché.

10-0 à 7'25" par Y.Sadoun assisté de Orsolini et Pousset.

11-0 à 8'53" par Brunelle assisté de Zwikel et Archambault.

12-0 à 12'52" par Brunelle assisté de Archambault et Zwikel.

13-0 à 15'36" par L.Sadoun assisté de Ribanelli.

13-1 à 20'35" par Izaguirre assisté de Solaux et Lahtinen.

14-1 à 29'46" par Archambault (inf.num.) assisté de Zwikel.

14-2 à 36'55" par Solaux assisté de Izaguirre.

15-2 à 46'26" par Guilhem assisté de Brodin et Bachet.

16-2 à 51'12" par Aimonetto (inf.num) assisté de Orsolini.

17-2 à 52'00" par Ribanelli assisté de Carrara.

Reims :

Gardiens : M.Hätinen, M.Godefroy.

Défenseurs : M.Segla - N.Pousset ; V.Bachet - G.Guennelon ; C.Marcelle - D.Laflamme ; M.Bouché.

Attaquants : L.Orsolini - R.Aimonetto - Y.Sadoun ; D.Ribanelli - A.Mortas - L.Sadoun ; J-F.Brunelle - J.Zwikel - F.Archambault ; G.Guilhem - M.Brodin - R.Carrara.

Anglet :

Gardiens : C.Latxague ; E.Raymond.

Défenseurs : V.Lahtinen - D.Perez ; A.Gillet - N.Carry ; R.Baldris - O.Dimet.

Attaquants : I.Izaguirre - M.Lapinkoski - S.Solaux ; A.Amsellem - P-H.Coulombeix - D.Dostal ; J.Patard - J-M.Larroque - E.Manson.

 

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