Briançon - Grenoble (4 mai 1991)
Demi-finale du championnat de France, match 4.
Dans la nouvelle formule mise en place cette année pour les play-offs, Grenoble est la première équipe moins bien classée à avoir profité de la réception des matches 2 et 3 pour prendre l'avantage dans sa série. Mais cela ne suffit pas pour se qualifier. Briançon garde l'avantage de la glace théorique et sera à domicile pour les matches 4 et (éventuellement) 5. Pour annoncer l'ambiance hostile qui les attend dans les Hautes-Alpes, des insultes ont été peintes sur la route à l'attention des hockeyeurs grenoblois tout le long du col du Lautaret. Elles ont surtout pour effet de les motiver encore plus.
Des arbitres suisses ont été appelés pour diriger en toute neutralité ce derby alpin qui s'annonce très chaud. La nervosité se traduit surtout par une certaine crispation des joueurs de part et d'autre, mais deux pénalités sont sifflées en six minutes contre Christophe Ville puis contre Jean-Philippe Lemoine. Le gardien visiteur Jean-Marc Djian doit réaliser plusieurs arrêts pendant ces infériorités numériques, notamment face à Pierre Pousse qui est le joueur le plus dangereux de Briançon dans ce début de match. Mais quand l'Alsacien se retrouve à son tour en prison, les Brûleurs de Loups, eux, concrétisent à 5 contre 4. Karel Svoboda reprend parfaitement dans le slot la passe en retrait de Christian Pouget. Une fois en avance, Grenoble peut se replier et laisser son adversaire construire.
L'estocade suivante est portée par la troisième ligne grenobloise, dès sa première présence dans le deuxième tiers-temps. C'est Éric Lebey qui entre en zone offensive et passe à Christian Bozon pour le slap du 0-2. Grenoble tue encore une pénalité de Séguy et se retrouve bientôt à 5 contre 3 quand Sylvain Beauchamp rejoint un banc des pénalités briançonnais complet. Une situation trop belle, que Philippe Bozon concrétise forcément (0-3). Même si le gardien Corrado Micalef réussit à parer d'un lancer de jambières une échappée de Philippe Bozon, cela ne paraît plus changer le cours du match.
La troisième période ne fait que confirmer le vainqueur. Christian Bozon prend son propre rebond après un tir en entrée de zone que Micalef n'aurait normalement pas dû relâcher. Si même lui craque, il n'y a plus guère d'espoir. À 4 contre 4, Karel Svoboda pénètre la défense et décale Philippe Bozon pour une reprise en plein élan qui clôt la marque (0-5). C'est donc un doublé pour chacun des deux Bozon, qui n'ont rappelons-le aucun lien de parenté.
Annoncés comme les grands rivaux de Rouen, les Briançonnais ont donc subi une cuisante déception et laissent donc Grenoble défier le champion en titre pour une finale en aller-retour.
Commentaires d'après-match (dans l'Équipe) :
Bohuslav Ebermann (entraîneur de Grenoble) : "Sur deux matches, il peut arriver n'importe quoi. Je m'attends à deux rencontres équilibrées, à une finale très ouverte. Par rapport à l'an dernier, mon équipe est plus forte en attaque."

Briançon APH - CSG Grenoble 0-5 (0-1, 0-2, 0-2)
Samedi 4 mai 1991 à la patinoire René-Froger. 3000 spectateurs.
Arbitres : Heini Schmid (SUI) assisté de Sergio Ghiggia (SUI) et Thierry Calamoneri.
Pénalités : Briançon 10' (2', 6', 2') ; Grenoble 10' (4', 4', 2').
Évolution du score :
0-1 à 11'10" : Svoboda assisté de Pouget (sup. num.)
0-2 à 22'10" : C. Bozon assisté de Lebey
0-3 à 32'07" : P. Bozon assisté de Svoboda (double sup. num.)
0-4 à 44'37" : C. Bozon
0-5 à 53'29" : P. Bozon assisté de Svoboda