Bordeaux - Rouen (2 mai 1991)
Demi-finale du championnat de France, match 3.
L'organisation des matches 2 et 3 d'une série par le club le moins bien classé aide celui-ci à assurer au moins deux recettes. Mais les caisses de Mériadeck n'alimenteront pas les finances du Bordeaux Hockey Club. L'avocat des joueurs girondins, Me Bonnet, a en effet fait saisir la recette par un huissier afin qu'elle serve de caution pour verser les salaires impayés. Une situation qui illustre l'état financier actuel des clubs français...
Rouen avait donc tort de redouter une furia des Bordelais dos au mur. Certains joueurs n'ont apparemment plus envie de se battre pour un déplacement vain en Normandie... qu'ils auraient dû payer de leur poche ! Ils ont vite rendu les armes dès le premier quart d'heure. Rouen y a inscrit quatre buts, dont un en infériorité numérique. De quoi désabuser les 2500 spectateurs, mais aussi le malheureux gardien Charles Thillien. Celui-ci sort à la pause et sa doublure Renevot prend sa place. Les Girondins livrent alors une prestation plus digne et réduisent le score par Roger Dubé. Mais cet effort méritoire, bien que tardif, n'est pas suivi d'autre effet car le gardien Petri Ylönen ne laisse plus rien passer. Le champion en titre est donc le premier qualifié pour la finale. Bordeaux s'attend à passer une intersaison bien compliquée...
Commentaires d'après-match (dans Paris Normandie) :
Jean-Claude Ducable (président de Rouen) : "Pendant toute la première phase du prochain championnat, nous devrons jouer... probablement au Havre. Des accords vont être passés avec la SNCF et des sociétés de cars. Nous tiendrons ainsi jusqu'au super tournoi pré-olympique avec lequel nous inaugurerons le nouveau domaine du hockey sur glace à Rouen. [...] Un second titre nous ferait aurant plaisir, mais il aurait l'avantage de nous aider à passer l'obstacle d'un début de saison qui s'annonce compliqué. Avec le problème de la patinoire, ce coup de main supplémentaire serait très apprécié. De toute façon, nous passerons l'obstacle, mais nous le ferions avec plus d'aisance si nous gardions la coupe Magnus. [...] Il est toujours plus facile de garder ce que l'on a... que de partir à l'abordage. De plus, la formule [de la finale] retenue cette année - contre laquelle je m'étais d'ailleurs élévé au CNHG - pénalise l'équipe ayant eu le meilleur comportement dans la saison. Sur deux matchs, il est plus important de jouer le premier chez soi. Évidemment, pour nous, qui avons une équipe solide et expérimentée, la série de cinq matchs était idéale. Cependant, écrivez bien que je fais une confiance totale à Larry Huras et à ses hommes. [...] À Caen [où se jouera la finale retour], malgré tout, nous serons en famille. La mairie et le club ont fait un effort extraordinaire. Et puis, je suis persuadé qu'il y aura beaucoup de Rouennais dans les gradins. L'ambiance de l'Île, nos supporters sont bien capables de la transporter dans le Calvados."
Bordeaux HC - Rouen HC 1-5 (0-4, 1-0, 0-1)
Jeudi 2 mai 1991 à 20h30 à la patinoire Mériadeck. 2300 spectateurs.
Arbitres : Jean-Philippe Ollier assisté de Lionel Ollier et Thierry Calamoneri.
Pénalités : Bordeaux 10' ; Rouen 10'.
Évolution du score :
0-1 à 02'27" : Pajonkowski
0-2 à 05'29" : Fournier
0-3 à 12'43" : Huras assisté de Daley
0-4 à 14'30" : Verret
1-4 à 34'55" : Dubé assisté de Lahiton
1-5 à 54'25" : Laporte assisté de Verret et Babin