Briançon, l’éternel recommencement ?

 

Après deux saisons cataclysmiques, les Diables Rouges ont réalisé un meilleur exercice 2021-2022 avec 32 points récoltés en 44 matches. Toutefois insuffisant pour éviter la dernière place de saison régulière, à 10 pts de l'avant-dernier, et la relégation sportive à l’issue d’une poule de maintien cependant fructueuse (5 victoires en 6 matches et 11 points sur 18).

Une saison compliquée marquée par un défaut de réalisme offensif et un manque de gestion dans les moments importants, comme l’explique Daniel Sedlák. « Le groupe a manqué de maturité dans les moments clés. On a perdu 7 matches dans les deux dernières minutes de jeu… Avec 15 à 20 points de plus, on aurait été dans le coup. Les joueurs ont également connu des périodes de perte de confiance qu’on a eu du mal à gérer sur le plan individuel. Briançon reste également un petit budget. Difficile d’attirer de gros joueurs et de gros leaders ». Mais aussi à cause d'une infirmerie pleine : « La première chose pour moi, c’est qu’on a manqué de profondeur d’équipe parce que nous avons vraiment eu beaucoup de blessés. Malheureusement, 7 fractures nous ont vraiment impactés. On a accéléré à Noël, sauf que, juste après, les blessures ont continué. On a vraiment manqué de profondeur de banc. »

En l’absence de candidat à la montée en Ligue Magnus ayant été au bout de la démarche face aux exigences renforcées, Briançon est à nouveau maintenu dans l’Élite pour le troisième été consécutif.

On prend les mêmes et on recommence

Désireux de passer la main depuis plusieurs saisons, et compte tenu de sa « menace » de démission exprimée au printemps dernier si les résultats ne s’amélioraient pas, le président Guillaume Lebigot était scruté de près. Le patron des Chalets Bayrou a confirmé qu’il partirait proprement quand un successeur se présenterait mais qu'il resterait en place pour le moment.

Cependant, un duo d’actionnaires souhaitant reprendre existait bel et bien avec le tandem Luc Rougny (ex-président du club) – Pierre Roman (actionnaire de longue date et patron du bar le plus connu de Briançon) en apportant dans ses bagages Luciano Basile - rumeur ayant enflammé la Cité Vauban pendant le printemps - dans un rôle de super-conseiller provisoire. La reprise a échoué sur fond de désaccords internes. Déçu par la tournure des événements, Luc Rougny a quitté l’organigramme opérationnel du club et ses fonctions sportives qu’il occupait depuis plusieurs saisons mais reste néanmoins actionnaire des Diables Rouges.

Coté sportif, Daniel Sedlák a été rapidement prolongé. Après avoir consumé 3 entraîneurs en 3 saisons pour des résultats similaires, la direction briançonnaise a changé d’axe de travail en jouant la carte de la stabilité et de la continuité. Les dirigeants ont été satisfaits de l’apport du technicien slovaque en terme de jeu proposé, d’état d’esprit, d’exigence mais aussi d’apport dans le vestiaire comme l’explique le Manager Christophe Lapointe : « Concernant sa prolongation, le club et les actionnaires ont vu en lui le fait que ça a changé beaucoup de choses dans le vestiaire et sur la glace. (…) Malgré les défaites qui sont toujours là, on entend désormais les gens dire "il y a un vrai fond de jeu, ça repart de derrière, ça joue offensif". On s’est aussi rendu compte que changer d’entraîneur tous les ans ne servait pas à grand-chose car ça fait 3 ans qu’on changeait d’entraîneur et 3 ans qu’on finit à la même position. On a voulu qu’il y ait une stabilité. (…) On était satisfait de Daniel Sedlák et le président l’a dit, on a tous fait des erreurs, nous, lui, les actionnaires. Mais on a aussi le droit de donner une seconde chance à quelqu’un qui donne satisfaction sur le travail qu’il a fourni d’une manière générale. »

Après un doute sur sa prolongation, Ramon Sopko (en photo à gauche aux côtés de Sedlák) a finalement été prolongé en tant qu’adjoint de Daniel Sedlák. Il sera également à nouveau en charge de la préparation des gardiens briançonnais.

Malgré la perte de 50 000 euros de subvention municipale, le club annonce un budget et une masse salariale stables, respectivement de 1,18 millions d’euros et 405 000 euros. Briançon a même été validé par la CNSCG sans restriction ni encadrement. Une première depuis de nombreuses saisons.

C’est donc un organigramme et un staff inchangés qui a été chargé de préparer cette quatrième saison en Ligue Magnus avec un budget identique.

S’il y a bien eu une satisfaction cette saison, c’est au poste de gardien. Après respectivement Jiri Blazek puis Patrick Munson, Briançon a trouvé son gardien n°1. Débarqué de République Tchèque, Jan Brož (photo de droite) a réalisé une grande saison devant le filet. Multipliant les parades de grande classe, régulier et solide, le portier tchèque atteint plus de 90% de pourcentage d’arrêts. Le gardien de 25 ans entamera sa deuxième saison dans la cage haut-alpine.

Malgré deux saisons mi-figue mi-raison au poste de gardien n°2 et une volonté de le garder à René-Froger, Olivier Richard a choisi la proposition de Chamonix. Le portier français a réalisé deux saisons très irrégulières avec très peu de coups d’éclats. Une impression mi-figue mi-raisin où il n’a pas su s’imposer comme une solide alternative à Brož. Briançon a dû se mettre en quête d’un nouveau gardien dans un marché extrêmement tendu cet été avec beaucoup de mouvements de portiers. Le départ de certains titulaires et la retraite de Hardy ont « déstabilisé » le marché et fait grimper les prix. Ainsi le marché des back-ups français a été très concurrentiel cette saison car beaucoup sont partis ou ont arrêté. Amiens, Rouen, Anglet (x2), Mulhouse, Nice cherchaient notamment des gardiens. À l’image de la problématique générale sur la difficulté d’attirer des JFL à Briançon, là aussi compliqué d’attirer un bon profil dans les buts, surtout au poste de n°2. Les pistes sont limitées en D1 où les Français ont peu de temps de jeu car la plupart des clubs alignent des gardiens titulaires étrangers.

C’est dans ce contexte que le staff briançonnais a saisi l’opportunité du retour de Hugo Turcotte. Né et formé à Gap, le jeune gardien a quitté la France à 14 ans pour les États-Unis afin de concilier études, hockey et famille. Après une première saison à Cardigan, le fils de Patrick Turcotte (qui a porté le maillot gapençais pendant 7 saisons avant d’être le coach de l'équipe pendant 4 saisons) a ensuite évolué trois ans années à l’Académie de Kymball puis 4 saisons à l’université de St Michaels. Terminant son cursus universitaire à 23 ans, Hugo Turcotte voulait impérativement revenir jouer en France. Il débute dans sa carrière et découvrira le monde professionnel et la Ligue Magnus.

Après trois saisons en tant que troisième gardien, Titouan Davout, 20 ans, rejoint Mont-Blanc en D1 en quête logique de davantage de temps de glace. Issu lui aussi de la formation briançonnaise et natif de la Cité Vauban, Lucas Faure-Brac le remplace.

Le talon d’Achille défensif ?

La défense briançonnaise a été, une nouvelle fois et de loin, la pire du championnat. Avec 193 buts encaissés en 44 matches, l’arrière-garde rouge et blanche a encaissé près de 30 buts de plus que ses devancières.

Le ménage a donc été logiquement fait. Une fois de plus. Censé être le défenseur n°1, Slavomir Tomko n’a été que l’ombre que de lui-même. Très souvent blessé (25 matches joués seulement) et pénalisé, le vétéran slovaque de 38 ans a semblé dépassé. Le défenseur Christián Michalčin n’a pas vraiment convaincu malgré une progression pendant la saison et 19 points inscrits au total. Exit également le jeune défenseur français, Thomas Carminati, qui n’a pas confirmé à l’échelon supérieur et repart logiquement en D1.

Le dernier départ est en revanche non désiré et bien plus embêtant voire frustrant pour les Rouges. Déjà révélation de la saison 2020-2021, Charles Schmitt a réalisé un exercice 2021-2022 remarquable : 27 points (6+21) en 41 matches, soit le 4e pointeur briançonnais et le 9e pointeur défenseur de Ligue Magnus. À seulement 20 ans, il a démontré beaucoup de générosité et de mobilité avec une formidable projection vers l’avant et de belles remontées de glace en possession du palet. Après un essai non concluant en Finlande et malgré une belle offre pour le retenir, Briançon voit son espoir français filer à Anglet.

Il ne reste donc que trois défenseurs du précédent exercice, qui ont globalement répondu aux attentes. Débarqué en cours de saison en remplacement de Martin Lenďák, Kristaps Baževičs a signé une arrivée concluante au sein de l’offensive briançonnaise. Le Letton de 27 ans a rendu une copie propre, sobre et disciplinée avec une bonne qualité de relance. Arrivée à l’été 2019 lors du retour des Diables Rouges en Ligue Magnus, l’inamovible Kevin Igier reste fidèle au poste. Bien que son niveau ne suscite toujours pas l’unanimité dans les tribunes, il conserve la confiance des staffs successifs. Par son expérience, son vécu ainsi que son jeu physique et rude, Igier reste un cadre important sur la glace et dans le vestiaire à 35 ans, ce qui fait de lui le nouveau capitaine. Septième défenseur depuis son arrivée en 2020, Jakub Sedlák, fils du coach Daniel, a profité des nombreuses blessures pour inscrire ses premiers buts et points en Ligue Magnus. Une progression et une impression globale positive qui l’a parfois fait monter dans la hiérarchie en passant devant Carminati. À 20 ans, le jeune Slovaque, mais considéré comme JFL, prend donc de l’importance au sein de la défensive et monte dans la hiérarchie.

Pour remplacer les partants, Daniel Sedlák s’est tourné vers l’Est. Au poste de défenseur n°1, l’entraîneur slovaque a enrôlé Aleksei Ishmametev. Champion de Russie junior (MHL 2010) avec son club formateur Magnitogorsk, il a ensuite rejoint le Kazakhstan où il a été naturalisé pour jouer les Universiades 2013 et 2015, avec deux médailles d'argent à la clé. À 34 ans, le défenseur russe s’annonce comme un taulier inexpérimenté qui a amassé de belles statistiques (0,30 pts par match) sur plus d'une décennie en VHL comme en championnat du Kazahstan. Il a toutefois vu son temps de jeu diminué l'an passé au sein du Beibarys Atyrau, où il a croisé ses compères de l'attaque Kurepanov et Garifullin. À 25 ans, Jakub Burzík s’apprête à vivre sa première expérience hors de son pays natal. Le défenseur slovaque n'a pas un profil si offensif, car ses statistiques ont été obtenues dans un championnat inférieur. Il compte une moyenne de 0,41 points par match sur ses quatre dernières saisons au HK Martin, son club formateur qui évolue en deuxième niveau slovaque et qui est actuellement entraîné par Daniel Babka (ex-entraîneur de Nantes puis adjoint à Nice).

Champion de France de D1 avec les Albatros de Brest, Tony Allouchery aura sa chance en Ligue Magnus à 27 ans après un parcours essentiellement en D2 et D1. Hugo Mezentzeff complétera la défensive en tantque septième défenseur. Formé à Villard-de-Lans avant un court passage au Canada, le jeune Français de 21 ans vient de réaliser une saison pleine, mais compliquée, chez la lanterne rouge de division 1 Clermont-Ferrand. Enfin, le jeune Nathan Faure-Brac, formé au club et déjà aperçu dans l’équipe la saison passée, intègre le groupe pro en tant que huitième défenseur. Ces deux derniers joueurs renforceront la réserve briançonnaise en D3.

La défense constitue la grosse inconnue et inquiétude de l’effectif briançonnais. Une arrière-garde très fragile, manquant à première vue de qualité et avec une très faible profondeur de banc. La plus-value qualitative ne saute pas aux yeux. Cette défense semble manquer de gabarit et d’épaisseur, elle est assez jeune et elle est étonnamment exclusivement constituée de gauchers. Daniel Sedlák se veut néanmoins rassurant : « On ne perdra pas au change avec Burzík qui a été un des deux-trois meilleurs défenseurs de D1 Slovaque. Le Russe Ishmametyev sera notre tour de contrôle. Il a une très grande expérience du haut niveau. Je compte beaucoup sur Igier et Baževičs est très polyvalent. Ma défense est cohérente. »

Une attaque prometteuse

Avec 101 buts marqués, l’attaque briançonnaise s’est classée à l’avant-dernière place. Seul Bordeaux, pourtant huitième, a fait pire avec 98 buts. L’équipe a, une saison de plus, rencontré d’énormes difficultés à l’approche du but adverse, manquant cruellement de réalisme et de tranchant avec de très nombreuses occasions vendangées. Le power-play n’a également pas été décisif avec 17,2%.

Une bonne partie des attaquants étrangers n’ont à nouveau pas été au rendez-vous. Recruté comme une pointure offensive, Lukáš Hvila a été l’ombre de lui-même (1 pt en 14 matches), blessé puis remercié depuis janvier. Cadre du vestiaire depuis trois saisons, Félix Plouffe, lui aussi blessé, n’aura joué que 10 matches avant de jeter définitivement l’éponge en début d’année 2022. Filip Vaško, Filip Hudák et Radovan Cútt n’ont pas eu le rendement escompté (respectivement 12, 11, 10 pts). Sedlák « savait par contre que Hudák ou Cútt n’allaient pas faire basculer les matches mais ils sont venus à des tarifs très nettement inférieurs ». Vasko « a manqué de régularité. C’est vraiment dommage car ce garçon a du potentiel. » De même que Samuel Zahradník, première recrue hivernale débarquée en décembre qui a montré de belles choses mais a été bien trop irrégulier (23 matches, 8 pts). Tous les attaquants étrangers pré-cités ont pris la porte.

Si les Diables Rouges avaient réussi un gros coup l’été dernier en conservant Robin Colomban et Nicolas Ruel une saison supplémentaire, il n’en pas été de même en ce printemps 2022. Revenu dans son club formateur 18 mois auparavant puis nommé capitaine, Robin Colomban a tenu son rang avec 31 points en 36 matches de saison régulière. Des prestations qui lui ont à nouveau ouvert les portes de la Finlande. Désireux d’y retourner, Colomban signe à TuTo Hockey en Mestis. En constante progression depuis son arrivée en 2018 et très en vue lors de l’exercice 2020-2021, Nicolas Ruel a explosé sous le chandail rouge et blanc avec en devenant le deuxième meilleur pointeur du club. À 25 ans, il poursuit son ascension en rejoignant un club du top-5, Amiens, où il retrouvera son ancien coach Éric Medeiros.

La bonne surprise tricolore a été Antoine Torres. Discrètement arrivé de Tours (D1) mais tenant parfaitement son rôle initial en début de saison, il explose début décembre en montant au centre du premier trio pour pallier la blessure de Robin Colomban. Il forme alors avec Huna et Ruel une belle première ligne où Torres se mue en passeur et buteur, avec en point d’orgue le derby contre Gap fin décembre où il inscrit cinq points. Repositionné ensuite en deuxième ligne avec Huna, il finit l’exercice avec 20 points au compteur. Malgré une volonté du club de le garder, Torres s’envole pour Nice.

Au rayon des bonnes nouvelles, Briançon a réussi à conserver ses deux meilleurs attaquants étrangers logiquement sollicités. À vrai dire, ce sont les seuls ayant véritablement été au niveau Magnus l’an passé. Meilleur étranger à pourtant 41 ans, Rudolf Huna a été la grande satisfaction de la saison. Un tel pointeur avait fait défaut ces deux dernières saisons. Briançon a trouvé un buteur (22 buts) avec ce geste du buteur-né, un placement devant la cage et un talent offensif évident. Très régulier, il a malheureusement bien trop souvent porté l’attaque briançonnaise à lui seul.

Dernière touche des ajustements hivernaux, Denis Kurepanov a débarqué en janvier à Briançon. Le Russe est monté progressivement en puissance au point de redynamiser l’attaque. Joueur avec un gros bagage technique doté d’une très bonne lecture du jeu, un bon positionnement et un certain sens du but, il s’est montré très bon offensivement où il apporte un gros plus et déstabilise les défenses adverses. Après une fiche de 12 pts (5+7) en 16 matches, il a explosé en étant le meilleur marqueur d'une poule de maintien sans enjeu (10 points).

Briançon a donc dû reconstruire ses lignes offensives. Colomban et Ruel, partis vers d’autres cieux, ont dû être remplacés. Mais pas évident de remplacer de gros pointeurs de ce calibre-là pour un club comme Briançon. Ainsi, Daniel Sedlák a donc choisi de bâtir un top-6 intégralement composé de joueurs étrangers, s'employant à en recruter d’un autre calibre : « on a changé le process de recrutement car nous avons perdu de gros français. Or, remplacer Ruel, Colomban, Schmitt, Torres n’est pas facile. Nous n’avons pas cette capacité donc nous avons essayé de recruter des étrangers plus costauds. (…) Je ne regarde plus dans les même catégories à l’étranger que l’année dernière car nous avons besoin de recruter des joueurs avec des CV, des joueurs avec plus d’expérience et qui ont touché du plus haut niveau que la Magnus ; du niveau européen. Car nous n’avons pas recruté des joueurs comme cela la saison passée. L’année dernière on avait seulement 3-4 étrangers sur 10 de niveau Magnus. J’ai fait attention et essayé de recruter vraiment des joueurs qui, avant d’arriver à Briançon, évoluaient à plus haut niveau »

Pour épauler Kurepanov, Sedlak a donc cherché son compatriote Artyom Garifulin. Il évoluait au Kazakhstan, au Beibarys Atyrau, et avait pour compère de ligne... Denis Kurepanov. L’attaquant russe de 31 ans a également largement joué en Russie avec 448 matches de VHL et 31 de KHL. Il peut d’ailleurs évoluer au centre ou à l’aile. Judicieux de vouloir reconstituer la doublette qui fonctionnait bien au Kazakhstan : les deux se connaissent bien et ont eu un bon rendement ensemble.

Le plus gros CV qui débarque est le centre slovaque de 35 ans Marek Zagrapan. Le vice-champion du monde des moins de 18 ans en 2003 était un des meilleurs espoirs de sa génération, numéro 13 de la draft NHL. Il attendu trois en AHL sans jamais avoir sa chance en NHL, connu la KHL, un Mondial (2010) et un titre de champion tchèque (2011), la Finlande (SM-liiga), l'Autriche, la Suisse (LNB) et bien sûr la Slovaquie (Extraliga) avec de belles références à chaque passage. Seul bémol, les deux dernières campagnes ont vu sa productivité chuter assez nettement dans l’élite slovaque, passant de 44 points en 2019-2020 à 26 points puis 15 points.

Briançon peut s’appuyer sur quatre gros étrangers, certes largement trentenaires mais dotés d'une belle expérience. Pour compléter les deux premiers trios, le staff s’est tourné vers deux profils plus jeunes. Tout d’abord, le jeune Martin Krasničan. Âgé de 25 ans, l’attaquant slovaque a également voyaée en Europe avec des expériences en Suède, Norvège, Finlande en plus de son pays natals. Un CV bien moins calibré, sans gros championnat, mis à part un passage en Élite Slovaque pas des plus prolifiques (6 points en 48 matches). Son profil, qualifié de polyvalent, probablement davantage travailleur, sera néanmoins utile.

La dernière recrue est bien connue en France. Éric Léger fait le court voyage entre la Haute-Savoie et les Hautes-Alpes pour tenter sa chance en Ligue Magnus. L’ailier canadien de 25 ans est arrivé en France en 2018 à la Roche-sur-Yon avant de prendre rapidement la direction du Mont-Blanc. En quatre saisons chez les Yétis, le natif de Blainville a inscrit 101 pts en 84 matches sous la tunique rouge et verte. Dont une dernière saison remarquable : meilleur buteur du championnat de Division 1 (31 buts), troisième meilleur pointeur (45 points) et logiquement plébiscité dans l’équipe-type de D1. Un recrutement malin et une affaire pour Briançon car le profil de pur buteur a fait défaut par le passé.

Les 3e et 4e lignes, dédiées généralement à des Français de complément et des jeunes locaux, ont à nouveau connu du mouvement. Cette fois épargné par les blessures, Quentin Fauchon a réalisé une saison pleine et rempli son rôle sans démériter. Auteur de 10 points en saison régulière, il a pris du volume en play-down. En dépit d’un rendement limité, il conserve la confiance du staff en tant que solide joueur de troisième ligne et sera de retour pour une quatrième saison consécutive. Avec Kévin Igier, c’est d’ailleurs le seul joueur à être présent depuis le retour en Magnus du club haut-alpin. Il sera accompagné par Benjamin Berard. Auteur d’un bon début de saison où il profite des absents pour évoluer sur les premiers blocs et se montrer décisif (quelques buts sur les premiers matches), l’ex-Angloy rentre dans le rang en se fixant en quatrième ligne. Il y remplit sa mission de joueur et d’énergie, avec une fougue et une intensité appréciables.

Après deux saisons sous le chandail rouge et blanc dans son rôle de travailleur et de centre de la 4e ligne, Quentin Berthon retourne en D1 en s’engageant avec Nantes. L’expérimenté Français de 32 ans est remplacé par un autre « taulier » avec Valère Vrielynck, 34 ans, qui quitte la Côte d’Azur pour les Hautes-Alpes. Avec 145 matches de Magnus et 259 en D1 auréolés de nombreuses saisons de capitanat, l’ex-Niçois apporte un leadership important sur la glace et dans le vestiaire. L’ancien capitaine des Aigles sera notamment chargé d’encadrer la jeune garde française. Revenu dans son club formateur au cours de l’exercice 2020-2021 où il réalise ses premières apparitions en Ligue Magnus à 17 ans, Kais Faure-Brac a disputé 38 matches avec de bons plays-down dont ses premiers buts en Magnus. Le jeune Briançonnais de 18 ans est, cette saison, directement intégré au groupe pro.

En grande difficulté pour attirer de bons JFL, le club n’a eu d’autres choix que, comme lors de saisons précédentes, d’aller piocher en D1. À 22 ans, Sacha Guillemain revient en Ligue Magnus. Après une expérience de six saisons en Amérique du Nord, le Normand est revenu en France à Nice en février 2020 avec de bonnes prestations qui donnaient pleinement satisfaction à Stan Sutor. Après une saison 2020-2021 compliquée sur la Côte d’Azur, le frère de Léo est parti se relancer en D1 à Dunkerque avec 15 points à la clé. Enfin, Thomas Raby revient dans son club formateur à 20 ans. Champion de France D1 2018-2019, le jeune Briançonnais est parti à Marseille emmagasiner du temps de jeu. Il s'y est révélé comme un joueur de sacrifice, notamment en infériorité numérique, et occupera ce rôle dans le dispositif de Daniel Sedlák.

Trois joueurs figurent en « réserve » (au sens propre puisqu'ils peuvent aussi jouer avec la D3) et se destinent à tourner sur la quatrième ligne. On y retrouve Bastien Colomban. Le frère de Robin s’apprête à disputer sa troisième saison au contact du groupe pro et tient parfaitement son rôle après 36 matches en Magnus. Son compère des U20, Yonis Penet, intègre lui aussi le groupe pro à 18 ans. Le jeune Briançonnais a fait six apparitions en Magnus la saison passée. Enfin, Luca Basile, 19 ans et fils du célèbre Luciano Basile, complète l’effectif. Malgré sa double nationalité espagnole et canadienne, le jeune international espagnol est considéré comme JFL du fait de son passage par les jeunes des Rapaces de Gap avant de rejoindre l’Italie. Son arrivée à Briançon s’accompagne d’un double objectif de formation d’abord sportivement avec l’intégration au sein du groupe pro des Diables Rouges mais aussi « scolaire » avec l’obtention du Diplôme Universitaire Gestionnaire des Organisations Sportives qu’il fera en collaboration avec l’université de Lyon et le staff administratif briançonnais.

La quatrième fois sera t-elle la bonne ?

Briançon repart au combat dans sa quête du maintien et affiche des ambitions élevées par la voix de son manager général, Christophe Lapointe : « Il faut aussi qu’on arrête d’être dernier de Ligue Magnus car, je le redis, Briançon reste une terre de hockey et je ne vois pas pourquoi Briançon aurait moins sa place aujourd’hui que d’autres clubs de Magnus. C’est à nous de travailler, de régler les petites choses qui n’ont pas fonctionné l’an passé et l’on va y arriver. Je ne vois pas pourquoi on serait moins intelligent que les autres. Il faut qu’on arrive, avec les moyens qu’on a, à sortir de cette zone qui nous aspire depuis 3 ans. Le but, c’est clairement d’être dans les 8. »

Pour y arriver, l’effectif global semble meilleur mais présente plusieurs disparités. Les étrangers sont de bien meilleur niveau tandis que la qualité du quota JFL semble davantage en retrait. Briançon a gardé une certaine ossature, avec notamment les étrangers qui ont donné le plus de satisfactions, et mise sur des gros étrangers avec des joueurs français qui complètent l'alignement. Une défense moins armée contraste avec une attaque séduisante avec deux bonnes premières lignes. La réussite de cette saison repose principalement sur deux piliers importants : des étrangers à la hauteur de leur CV, mais aussi une équipe épargnée par les blessures car la profondeur de banc reste limitée.

À l’orée du début du championnat, Briançon n’a pas rassuré pendant une préparation marquée par trois défaites et un nul. Les résultats de la récente Riviera Cup à Nice (courte défaite face à Nice puis nul face à Chamonix) font illusion tant les Diables Rouges ont montré de grosses difficultés dans le jeu. Des doutes sur le niveau de jeu collectif et individuel auxquels s’ajoutent déjà de nombreux blessés. L'absence de prolongation face à Chamonix est en effet due à l'évacuation par les pompiers de Krasničan, violemment atteint au visage par un palet.

Fabrice Dufour (photos de Philippe Crouzet et Thierry Frechon)

 

 

Effectif :

Gardiens

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur     Club & Chpt 2021/22  MJ  Min.   Moy.     %
 2 BROŽ Jan              09/04/1997  180  80          (Tchèque)  Briançon     FRA-1   38  2137   3,40   90,1%
30 TURCOTTE Hugo         22/10/1998  184  80  Gap                St Michael's NCAA3    9   525   3,89   89,1%
   FAURE-BRAC Lucas      25/11/2003  165  56  Briançon           Briançon     FRA-1    1     2  67,29    0,0%
                                                                 Briançon 2   FRA-2    7   315   3,05

Défenseurs

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur     Club & Chpt 2021/22  MJ   B   A Pts   +/-  Pén
 5 ALLOUCHERY Tony       01/10/1994  170  78  Dunkerque          Brest        FRA-2   21   1   2   3   +5    8'
 8 IGIER Kévin           04/03/1987  181  85  Rouen              Briançon     FRA-1   35   2   6   8   -16  64'
14 BLANCHARD Timothée    07/11/2004  175  77  Briançon           Briançon     FRA-1    9   0   0   0    0    0'
                                                                 Briançon 2   FRA-2   15   1   3   4         4'
25 ISHMAMETYEV Aleksei   17/06/1988  178  84       (Russe/Kaz.)  Beibarys     KAZ-1   53   0   6   6   +10  20'
28 SEDLÁK Jakub          27/09/2001  183  73  Villard (Slovaque) Briançon     FRA-1   39   2   2   4   -22  26'
36 BAŽEVIČS Kristaps     02/08/1994  189  94           (Letton)  Olimp Riga   LET-1   13   1   4   5        26'
                                                                 Briançon     FRA-1   27   2  10  12   -20   8'
44 BURZÍK Jakub          18/06/1997  182  83         (Slovaque)  Martin       SVK-2   34   1  13  14   +2   16'
86 MEZENTZEFF Hugo       16/05/2001  185  85  Villard            Clermont     FRA-2   32   1   6   7   -42  80'

Attaquants

N° NOM Prénom            Naissance    cm  kg  Club formateur     Club & Chpt 2021/22  MJ   B   A Pts   +/-  Pén
 4 VRIELYNCK Valère      21/12/1987  180  92  Reims              Nice         FRA-1   37   1   5   6   -15   8'
 7 KUREPANOV Denis       30/03/1988  174  79            (Russe)  Beibarys     KAZ-1   19   4   5   9   +6   11'
                                                                 Briançon     FRA-1   22  10  12  22   +8    4'
13 BASILE GONZALEZ Luca  15/07/2002  175  70  JFL    (Espagnol)  Bressanone   ITA-2   12   0   1   1         6'
14 FAUCHON Quentin       28/05/1993  185  85  Viry               Briançon     FRA-1   46   8   7  15   -21  12'
16 BÉRARD Benjamin       24/03/1999  178  80  Grenoble           Briançon     FRA-1   50   1   5   6   -23  29'
17 LÉGER Éric            30/04/1997  178  84         (Canadien)  Mont-Blanc   FRA-2   33  35  17  52   +26 113'
21 HUNA Rudolf           27/05/1980  176  90         (Slovaque)  Briançon     FRA-1   39  22  17  39   -3    6'
29 COLOMBAN Bastien      27/02/2002  189  85  Briançon           Briançon     FRA-1   30   1   1   2   -5    0'
56 FAURE-BRAC Kaïs       11/11/2003  186  89  Briançon           Briançon     FRA-1   38   2   2   4   -11  16'
                                                                 Briançon 2   FRA-2    8   5   4   9         4'
71 RABY Thomas           16/08/2001  180  81  Briançon           Marseille    FRA-2   25   2   3   5   -12   9'
74 GUILLEMAIN Sacha      22/06/1999  183  79  Rouen              Dunkerque    FRA-2   19   3  12  15   +4   15'
76 GARIFULLIN Artyom     09/10/1990  188  91            (Russe)  Beibarys     KAZ-1   43   7  10  17   -1    6'
88 PENET Yonis           28/07/2004  181  84  Briançon           Briançon     FRA-1   11   0   0   0   -1    0'
                                                                 Briançon 2   FRA-2   11   1   4   5         2'
90 ZAGRAPAN Marek        06/12/1986  184  93         (Slovaque)  Prešov       SVK-1   52   6   9  15   -15  18'
91 KRASNIČAN Martin      11/10/1996  180  83         (Slovaque)  Prešov       SVK-1    8   0   1   1   -2    0'
                                                                 Fehérvár 2   HON-1   22   5   9  14   -5   12'

Entraîneur : Daniel Sedlák (SVK, 51 ans), assisté de Ramon Sopko (SVK, 41 ans).

Partis : Olivier Richard (G, 16 MJ à 85,7%, Chamonix), Titouan Davout (G, 1 MJ à 81,4%, Mont-Blanc, FRA-2), Charles Schmitt (D, 6+26, Anglet), Christian Michalcin (D, 2+17, Michalovce, SVK), Slavomir Tomko (D, 2+5, Montpellier, FRA-2), Thomas Carminati (D, 2+5, Caen, FRA-2), Nicolas Ruel (A, 14+24, Amiens), Robin Colomban (A, 11+24, TuTo Turku, FIN-2), Antoine Torres (A, 9+11, Nice), Filip Vaško (A, 4+12, Humenné, SVK-2), Filip Hudák (A, 7+9, Tours, FRA-2), Samuel Zahradník (A, 6+9), Radovan Cútt (A, 6+4, Montpellier, FRA-2), Félix Plouffe (A, 2+0, Nantes, FRA-2), Quentin Berthon (A, 2+5, Nantes, FRA-2).

 

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