Top/Flop : novembre 2006

 

 Yunost Minsk (BLR)

Le Yunost agace pas mal en récupérant quelques-uns des meilleurs expatriés biélorusses juste avant les play-offs pour assurer le titre et accentuer sa domination. Certains étaient donc soulagés de le voir rater son début de saison. Il n'avait remporté qu'une seule victoire à trois points sur les sept premières journées... Mais aujourd'hui, tout en se qualifiant pour la finale de Coupe Continentale, il est revenu en troisième position, à deux points du leader le Keramin, mais avec un match en moins, donc presque leader virtuel au train où il avance à présent. C'est bien simple, le Yunost est invaincu en novembre, malgré un calendrier chargé sur deux fronts.

"Yunost" signifie "jeunesse", mais c'est pourtant grâce à ses vétérans qu'il en est là. Igor Andrushchenko, l'auteur du but décisif en ContiCup, est un vétéran sibérien de 39 ans. Et l'un des leaders de l'équipe est Andrei Kovalev, rentré cet été à 40 ans au Yunost, dont il avait intégré l'école à 14 ans après avoir été formé à Vitebsk. Double champion d'URSS, ex-international, ancien gros marqueur de DEL, Kovalev a passé la dernière saison à Heilbronn, en Oberliga (!), et dans deux mois, il jouera contre des pointures européennes. Le club de Minsk ne partira pas sans ambition car il vient de recruter deux nouveaux attaquants : le Russe Sergueï Salnikov (formé à Oufa) et l'international estonien Andrej Makrov.

 Ingolstadt (ALL)

Vaut-il mieux perdre une fois 10-0 ou dix fois 1-0 ? Oh, je sais ce que vous pensez de cette question toute rhétorique, que c'est le genre de proverbes à la Guy Roux qu'on dit pour se rassurer. Encore faut-il ne perdre effectivement qu'une seule fois 10-0. C'est exactement ce qu'a fait Ingolstadt en octobre. Pour son dernier match du mois à Cologne, le leader a concédé sa plus lourde défaite depuis sa promotion en DEL. Mais dans cet accident de parcours, tout est à oublier, la mauvaise soirée du gardien Jimmy Waite, et la bagarre générale qui s'est formée autour de lui en fin de première période. Si ce match a mis fin à une série de sept victoires consécutives, il ne peut faire oublier celles-ci. Par contre, il pourra peut-être servir à effacer pour de bon la réputation de hockey défensif de la meilleure attaque de DEL.

De toute façon, qui est premier au classement ? Toujours Ingolstadt. Et un nom revient sur toutes les lèvres : celui de Yannic Seidenberg, qui vient de prolonger son contrat jusqu'en 2009. Ceux qui ont apprécié son dévouement et son engagement physique comme "treizième attaquant" de rêve au Mondial d'Amiens ne s'étonneront pas que son jeu de plus en plus direct à la cage fasse exploser ses statistiques : zéro but il y a deux ans, huit la saison dernière, et déjà onze à mi-championnat. Avec la détermination qui caractérise son attitude sur la glace, le frère de Dennis suit une trajectoire qui peut l'amener haut, très haut.

 

 SKA Saint-Pétersbourg (RUS)

L'investissement de plus en plus net de Gazprom devait faire du SKA Saint-Pétersbourg un des nouveau Tsars du championnat russe, qui aurait maté tous ces oligarques des lointaines provinces... Il n'en a rien été. Même avec quelques stars en plus, les Pétersbourgeois n'ont toujours pas d'équipe homogène. Cela a coûté son poste à l'entraîneur Boris Mikhaïlov, qui a certes eu des difficultés avec certains joueurs (Koznev et Drozdetsky envoyés en réserve, le gardien international Sokolov pas titulaire), mais qui avait le soutien d'autres, et notamment du capitaine Dmitri Yushkevich qui l'a défendu jusqu'au bout. Les dirigeants de Gazprom ont quand même eu le dernier mot, et ils étaient présents en tribune pour marquer le coup lors des débuts du nouvel entraîneur Oleg Leonov début novembre contre le CSKA (0-3).

Dans un métier qui en Russie est toujours dominé par la vieille garde, Leonov, 43 ans, se retrouve à commander des anciens coéquipiers à lui, comme Yushkevich ou Sushinsky. Et le jeunot, très agité sur son banc, n'a pas pu améliorer les résultats : un nul, un revers en prolongation et trois lourdes défaites. Ce n'est que lors du dernier match du mois qu'il a enfin obtenu sa première victoire, chez le Dynamo Moscou à cinquante secondes de la fin et après une pléiade d'occasions manquées. Un vrai clin d'œil car, il y a un mois à peine, Leonov n'était encore que l'entraîneur de la réserve du Dynamo ! Le SKA n'est toujours que 14e avec 31 points, à peine la moitié (!) du leader Kazan. Avec seize équipes en play-offs, il peut encore y croire. Et les chambardements ne sont pas finis car il se dit que l'idole locale Maksim Sushinsky pourrait être transféré à la trêve ! Le sélectionneur national Vyacheslav Bykov s'était inquiété récemment au sujet de Sushinsky, en expliquant que les dirigeants du SKA l'avaient dissuadé de se faire opérer alors que son épaule pouvait se démonter de nouveau à tout moment. Plusieurs clubs sont néanmoins sur les rangs...

 Graz (AUT)

Jochen Pildner-Steinburg, le président de Graz, avait été sans concession en licenciant son entraîneur Mike Bullard après une série de six défaites en octobre : "Nous avions déjà vu que Bullard n'avait rien à proposer tactiquement, qu'il ne pouvait pas donner de système à l'équipe. Le powerplay était une plaisanterie. L'équipe était en plein doute et n'était plus derrière son coach." L'adjoint Mike Shea avait ensuite pris un bon relais en obtenant au moins un point à chacune des quatre rencontres qu'il a dirigées. Mais il devait juste assurer l'intérim, et un nouveau coach est donc arrivé à la trêve.

Jim Brithen, l'ancien sélectionneur du Danemark, avait été élu meilleur entraîneur de l'Elitserien en 2002 lorsqu'il était revenu au hockey de clubs avec MODO, mais il est sans équipe depuis deux ans. Et le moins que l'on puisse dire est que son retour aux affaires se passe mal. Brithen a la particularité de mettre un casque pendant les entraînements, car il dit tenir à sa tête, vouloir protéger son crâne chauve du froid et également être exemplaire vis-à-vis des enfants. Mais on se demande s'il ne va pas devoir porter son casque en permanence si ça continue. Avec son nouvel entraîneur casqué, Graz a connu cinq défaites en cinq journées et se retrouve dernier. Et dans cette série noire, le meneur de la première ligne Greg Day a même perdu sa place de meilleur marqueur du championnat, qu'il détenait depuis plus d'un mois.

 

 

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