Grenoble - Strasbourg (4 mars 2009)

 

Ligue Magnus - Quarts-de-finale - Match n°2.

Après leur défaite 1-5 la veille dans la première manche, les Strasbourgeois doivent réagir ce soir s'ils veulent revenir en Alsace avec une victoire dans leur besace. Du côté grenoblois, la victoire est impérative ce soir pour aborder le déplacement à Strasbourg en position de force. Les acteurs sont les mêmes que la veille, arbitres exceptés.

Égalité parfaite

Grenoble démarre fort. Martin Masa allume la première mèche avec un slap de la bleue bien capté par le portier strasbourgeois. La forte pression grenobloise se traduit rapidement par une pénalité de Cruchandeau. La première supériorité numérique est la bonne pour les Brûleurs de Loups puisqu'Anders Nilsson décoche un tir surpuissant qui surprend Hiadlovsky (1-0, 03'00"). Cette fois les locaux semblent prendre la rencontre par le bon bout. Strasbourg a l'occasion de répliquer du tac au tac lorsque Damien Fleury part en prison mais la réussite continue de fuir le jeu de puissance alsacien, guère plus inspiré qu'hier.

Du coup, les hommes de Mats Lusth semblent sereins en ce début de rencontre, au point que l'entraîneur grenoblois lance dans le bain sa quatrième ligne. Après un premier shift relativement correct, Raphaël Papa se débarrasse un peu rapidement du palet avant de quitter la glace. Strasbourg en profite pour lancer un contre, la défense grenobloise peine à se replacer et Teddy Trabichet renvoie le palet sur David Cayer qui fusille Eddy Ferhi d'un tir plein axe en pleine lucarne (1-1, 09'21"). Cette égalisation va curieusement déstabiliser Grenoble et Lusth ne remettra plus sa quatrième ligne sur la glace jusqu'au terme du match.

Il faut dire que les Brûleurs de Loups vont peiner pour reprendre les devants dans cette rencontre. Ils multiplient les approximations dans leur jeu de passe et le déchet technique est bien plus important que la veille. Strasbourg en profite pour attendre les Grenoblois à la ligne bleue et les contrer facilement. Forsander a pourtant l'occasion de faire passer les siens devant dans l'ultime minute : son accélération laisse sur place la défense strasbourgeoise et lui permet de se présenter seul face à Hiadlovsky mais son tir au ras du poteau n'est pas cadré. Les deux équipes se séparent sur une égalité parfaite au niveau des tirs (huit de chaque côté), signe de l'équilibre des débats.

Strasbourg passe à l'attaque

L'impression d'une équipe grenobloise moins à l'aise que la veille se confirme rapidement en deuxième période. Le début de tiers est en effet catastrophique pour Grenoble : Manavian se fait sanctionner d'entrée pour une charge appuyée contre la bande puis les Brûleurs de Loups reculent énormément en infériorité. La pression strasbourgeoise est énorme, d'autant plus qu'Amar rejoint à son tour la prison. Pour la première fois en deux jours, les joueurs de l'Étoile noire installent leur power-play avec efficacité à cinq contre trois. Ils pensent même avoir marqué sur un rebond mais le but est refusé à cause de la présence d'un joueur dans le slot qui gêne Eddy Ferhi. Daniel Bourdages est furieux mais ses joueurs ne désarment pas pour autant. Si la ligne canadienne n'a pas pu forcer une seconde fois le verrou grenoblois, la deuxième ligne va s'en charger : un tir de Lehtisalo est repoussé par Ferhi, Marcos se trouve présent au rebond et reprend le palet du bout de la crosse, suffisant pour qu'il glisse tout doucement au fond de la cage, Ferhi n'ayant pas le temps de se replacer (1-2, 23'20").

Galvanisés par ce but, les Strasbourgeois vont continuer à en faire voir de toutes les couleurs à leurs hôtes. Grenoble passe dix minutes particulièrement difficiles et Ferhi doit réaliser des arrêts importants pour laisser son équipe dans le match. Les rapports de force sont inversés puisque ce sont les Brûleurs de Loups qui jouent les contres à l'image de Tartari qui se présente seul face à Hiadlovsky mais ne cadre pas non plus son tir. Les pénalités pleuvent sur les Grenoblois qui enchaînent une nouvelle double infériorité numérique lorsque Krayzel puis Amar de nouveau sont envoyés en prison. Les locaux sont au bord de la rupture mais Strasbourg n'arrive pas à enfoncer le clou à cinq contre trois, Ferhi multipliant les arrêts clés et Wallin les dégagements avec le grand sang-froid qui le caractérise.

Cette résistance héroïque redonne un peu de confiance aux Grenoblois qui tentent quelques attaques placées mais Strasbourg a visiblement bien préparé cette rencontre en décryptant le jeu grenoblois. En fin de tiers, Ludek Broz parvient pourtant à déjouer la défense strasbourgeoise : il s'échappe côté droit et centre au cordeau pour Ludek Krayzel qui reprend victorieusement à bout portant (2-2, 35'24"). Une pénalité de Hämäläinen dans les deux dernières minutes offre même l'occasion à Grenoble de prendre les devants et réaliser un mini hold-up. C'est ce qu'est tout près de faire Martin Masa mais ce dernier manque le cadre à son tour en excellente position. Grenoble s'en sort sur un score de parité au coup de sirène, presque un miracle.

Et Sivic surgit...

Le dernier tiers commence par des débats relativement équilibrés. Recadrés par Mats Lusth, les Brûleurs de Loups se montrent plus concentrés dès les premières secondes. Mais une pénalité rapide de Krayzel vient semer une nouvelle fois le doute dans les esprits grenoblois. Le killing-play isérois, qui avait souffert lors du deuxième tiers, retrouve ses repères et tue sans trop de problème la pénalité.

Les deux équipes jouent au chat et à la souris pendant plusieurs minutes, aucune des deux ne voulant s'exposer. Dirnbach se fait sanctionner, offrant une supériorité numérique à Grenoble mais celle-ci est écourtée par la troisième pénalité de Krayzel ce soir. À quatre contre quatre, Benoît Martin s'offre une occasion majuscule en face-à-face avec Ferhi mais il lève trop le palet et manque le cadre.

Le K.O. est proche, d'un côté ou de l'autre. Malmenés physiquement depuis le deuxième tiers, les Grenoblois tentent de se ressaisir. Le gros travail de sape de Damien Fleury finit par payer : il intercepte le palet dans une crosse strasbourgeoise à la ligne bleue et sert sur la droite Mitja Sivic arrivé lancé Le Slovène ne se pose pas de questions et envoie un énorme slap dans la lucarne de Hiadlovsky (3-2, 49'41"). Grenoble peut faire un break définitif sur une pénalité de Riendeau quelques minutes plus tard mais malgré un bon power-play, le score ne bouge pas.

À quatre défenseurs (Trabichet et Manavian restant sur le banc), les Brûleurs de Loups se contenteront de tenir leur ligne bleue lors des dix minutes restantes, repoussant les attaques de Strasbourgeois moins tranchants que précédemment. Daniel Bourdages demande un temps mort puis sort son gardien à une minute de la fin... Une option bien près de payer puisqu'une pénalité de Calle Bergström permet à l'Étoile noire d'évoluer à six contre quatre. En vain. Grenoble préserve son petit but d'avance jusqu'au bout.

Strasbourg a beaucoup appris en l'espace d'une journée. La discipline tout d'abord avec un match bien plus maîtrisé que la veille dans ce domaine. Le power-play ensuite, très percutant au second tiers. Cela n'a pas suffi, il a manqué à Strasbourg le petit soupçon de réussite sur les face-à-face avec Ferhi pour faire définitivement la différence au second tiers, largement dominé sur la glace mais pas au tableau d'affichage. Mais si l'Étoile noire continue d'appendre de ses défaites à ce ryhtme, la première victoire dans ce quart de finale n'est pas loin. Les Strasbourgeois n'ont plus le choix s'ils veulent prolonger leur saison.

Grenoble a en revanche frisé la correctionnelle ce soir. Les Brûleurs de Loups sont passés complètement à côté de leur deuxième tiers et le score de 2-2 après quarante minutes est un petit miracle. Ensuite, les Brûleurs de Loups ont eu leur adversaire à l'usure, comme souvent cette saison. Mais ce succès reste bien moins convaincant que celui de la veille... et peut faire naître quelques inquiétudes dans le staff grenoblois. L'indiscipline, incarnée par Krayzel avec trois pénalités, aurait pu coûter plus cher. Heureusement, Mitja Sivic a encore joué son rôle de détonateur, en inscrivant son deuxième but gagnant en deux matchs (trois buts en tout). Grenoble a pu compter également sur un grand Eddy Ferhi ce soir et un Viktor Wallin omniprésent qui a sauvé quelques situations très chaudes devant la cage. Avec deux victoires, les Brûleurs de Loups ont malgré tout rempli leur contrat et peuvent se qualifier pour les demis dès le prochain match à Strasbourg vendredi. Mais il faudra pour cela une prestation bien plus aboutie...

Désignés meilleurs joueurs du match : Eddy Ferhi (Grenoble) et Elie Marcos (Strasbourg)

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Patrick Rolland (entraîneur-adjoint de Grenoble) : "On a fait une bonne entame mais on commet une grosse erreur défensive qui donne à Strasbourg le premier but. On leur a donné de l'énergie pour revenir. Ce n'était pas un match facile, surtout face à une équipe qui simule beaucoup. Heureusement, on a su faire preuve de volonté dans le dernier tiers-temps. Si c'était laborieux ? Non, plutôt embarrassant."

Eddy Ferhi (gardien de Grenoble) : "Est-ce qu'on mérite cette victoire ? Disons qu'elle n'a pas été aussi découpée qu'hier soir. Strasbourg y a cru tout le match et on mérite cette victoire à l'arrachée. Je ne sais pas si on est fatigué, mais on a souvent voulu faire le dribble de trop. Dès qu'on tente des gestes techniques qui ne servent à rien, on se met dans l'embarras. Ce soir, j'ai eu un rôle dans cette équipe et ça me fait plaisir car j'ai souvent l'impression d'être spectateur d'un train lancé à grande vitesse. Parfois, je pourrais jouer à la console sans problème !"

David Cayer (attaquant de Strasbourg) : "C'est décevant de perdre de cette manière car ça pouvait tourner d'un côté comme de l'autre. C'est le deuxième but qui a fait du mal. Après la première rencontre, on s'était dit qu'il fallait changer quelque chose et le mot d'ordre, c'était de profiter de nos powerplays. Maintenant, on est au pied du mur et il va falloir se serrer les coudes."

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "Ce soir, si on est honnête, on aurait pu gagner et je suis fier de mes gars. On va s'imposer vendredi car on commence à voir comment Grenoble joue."

 

Grenoble - Strasbourg 3-2 (1-1, 1-1, 1-0)

Mercredi 4 mars à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3400 spectateurs

Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Cyril Carlin et Geoffrey Barcelo

Pénalités : Grenoble 18' (4', 8', 6'), Strasbourg 20' (2', 4', 4'+10')

Tirs cadrés : Grenoble 29, Strasbourg 30

Engagements gagnés : Grenoble 46, Strasbourg 37

Évolution du score :

1-0 à 03'00" : Nilsson assisté de Sivic et Rouleau (sup. num.)

1-1 à 09'21" : Cayer assisté de Martin

1-2 à 23'20" : Marcos assisté de Lehtisalo et Resetka (sup. num.)

2-2 à 35'24" : Krayzel assisté de Broz et Wallin

3-2 à 49'41" : Sivic assisté de Fleury et Bergström

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Alexandre Rouleau - Teddy Trabichet ; Viktor Wallin - Antonin Manavian ; Baptiste Amar (C) - Calle Bergström.

Attaquants : Martin Masa - Mitja Sivic - Damien Fleury ; Ludek Krayzel - Ludek Broz (A) - Johan Forsander ; Jan Hammar - Christophe Tartari (A) - Anders Nilsson ; Julien Baylacq - Raphaël Papa - Nicolas Arrossamena.

Remplaçants : Lucas Normandon (G), Jason Crossman, Maxime Moisand. Absent : Martin Jansson (genou, saison terminée).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky (sorti de 59'00" à 60'00").

Défenseurs : Michal Cesnek - Steve Pelletier ; Esa Hämäläinen - Milan Dirnbach ; Pavol Resetka - Hugues Cruchandeau.

Attaquants : Yannick Riendeau (A) - Benoît Martin - David Cayer (A) ; Juho Lehtisalo - Élie Marcos - Pierre-Antoine Devin ; Yannick Maillot - Maxime Catelin (C) - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Romain Bonnefond.

 

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