Grenoble - Strasbourg (3 mars 2009)

 

Ligue Magnus - Quarts-de-finale - Match n°1.

Les Brûleurs de Loups, deuxièmes de la saison régulière, reçoivent l'Étoile noire de Strasbourg, septième, qui a écarté de sa route l'équipe de Tours lors du tour préliminaire victoires 4-3 et 3-1). Cette qualification historique pour les quarts est une juste récompense de l'excellente saison réalisée par l'équipe de Daniel Bourdages. Désormais, l'Étoile noire peut aborder sans pression ce rendez-vous face à Grenoble, alors que du côté grenoblois, les play-offs débutent avec l'obligation de victoire dans ce quart-de-finale. Les Brûleurs de Loups ont en effet à peine eu le temps de digérer leur victoire à Bercy en finale de la coupe de France qu'ils doivent se reconcentrer sur un nouvel objectif : la coupe Magnus pour réaliser le "grand chelem" cette saison !

Hiadlovsky fait le spectacle

Le début de rencontre est relativement équilibré. Grenoble tente de porter le danger devant Hiadlovsky mais Strasbourg joue tous les coups à fond et pratique un jeu plus direct vers la cage. Ferhi doit répondre présent à plusieurs reprises, notamment face agrave; la première ligne canadienne de l'Étoile noire qui donne le tournis à la défense grenobloise. Les attaques grenobloises sont timides en début de tiers, puis de plus en plus fréquentes par la suite. Mais Hiadlovsky joue l'acrobate dans sa cage et neutralise les Grenoblois avec des parades parfois très spectaculaires à l'image d'une splendide mitaine sur un slap de Rouleau à bout portant. Les deux premières pénalités sont pour Forsander et Masa mais Strasbourg peine à installer le power-play, ce qui sera une constante pendant toute la rencontre.

Grenoble finit le premier tiers en force grâce à deux pénalités de Dirnbach et Pelletier qui lui offrent une double supériorité numérique. Le palet circule bien dans la zone strasbourgeoise mais Hiadlovsky est infranchissable sur cette séquence avec quelques arrêts "grand écart". Si Grenoble a dominé largement au niveau des tirs, la meilleure occasion du tiers est pourtant strasbourgeoise avec un tir à bout portant de Benoît Martin : le palet semble rentrer puis ressortir avant que le rebond ne soit repris victorieusement. M. Colleoni invalide le but à cause de la présence d'un Strasbourgeois dans le slot lors du rebond, mais le premier tir de Martin semblait pourtant gagnant. Curieusement, personne sur la glace ne l'a signalé. Le 0-0 sur le coup de sirène n'est donc finalement pas une si mauvaise affaire pour Grenoble.

Grenoble fait le trou en dix minutes

L'Étoile noire aurait pu rentrer sur la glace en repensant à son but oublié mais les hommes de Daniel Bourdages semblent avoir laissé leurs doutes au vestiaire. La deuxième ligne strasbourgeoise s'installe dans la zone défensive grenobloise et bénéficie d'une grande liberté de manúuvre. Juho Lehtisalo, en attente derrière le but, centre pour Pierre-Antoine Devin, libre de tout marquage, et ce dernier place le palet en hauteur, hors de portée de Ferhi (0-1, 20'52"). Piqués au vif, les Grenoblois ne vont pas tarder à réagir. À peine plus d'une minute plus tard, Mitja Sivic prend les choses en main et égalise sur un tir flottant depuis la bande qui termine sa course au fond des cages strasbourgeoises, Hiadlovsky étant visiblement masqué sur l'action (1-1, 21'48"). Cette fois, les débats sont définitivement lancés.

Le jeu s'accélère, la tension monte d'un cran aussi lors d'un contact de Fleury sur Hiadlovsky. Maillot vient défendre son gardien, Rouleau et Sivic s'en mêlent et l'arbitre envoie un joueur de chaque côté se calmer en prison. Le jeu à quatre contre quatre ouvre des espaces et les contre-attaques s'enchaînent de part et d'autre. Finalement cette minute folle profite à Grenoble puisque Mitja Sivic décoche un splendide slap croisé en pleine lucarne sans que Hiadlovsky ne puisse esquisser un mouvement (2-1, 24'39"). Grenoble semble avoir repris les commandes de la rencontre.

Alors que Julien Burgert est en prison, David Cayer commet un geste d'énervement sur Broz. Double supériorité numérique pour les Brûleurs de Loups qui ne laissent pas passer leur chance : Ludek Broz se trouve à la réception d'un rebond suite à un tir de Bergström, il tire instantanément et marque dans un angle ultra fermé (3-1, 28'13"). La défense strasbourgeoise n'a plus la même homogénéité qu'au premier tiers, Hiadlovsky est secoué par un nouveau tir puissant de Bergström, l'Étoile noire semble lâcher prise lors de ces dix premières minutes. Mais les hommes de Daniel Bourdages se reprennent bien et sèment la panique pendant près d'une minute dans la zone grenobloise. Wallin supplée même Ferhi sur sa ligne avant de se faire sanctionner pour une intervention un peu trop musclée après le coup de sifflet.

Lusth n'a pas trop apprécié la période de flottement de son équipe et demande une temps mort pour recadrer tout le monde. L'affolement retombe, la pénalité est tuée mais Riendeau trouve tout de même la transversale. Johan Forsander prend alors les choses en main pour remettre Grenoble dans le bon sens : il récupère le palet en zone neutre, déborde sur l'aile droite, repique au centre en contournant le défenseur et parvient à glisser le palet en douceur hors de portée de Hiadlovsky...une action de grande classe (4-1, 36'58"). Une dernière pénalité de Manavian restera sans conséquence et Grenoble peut rentrer au vestiaire avec le sentiment du devoir accompli.

Un tiers-temps de vingt-deux minutes !

Malgré un score qui laisse présager que le match est plié, les Strasbourgeois se montrent entreprenants au début de la troisième période, à l'image de Riendeau qui teste Ferhi d'entrée. Mais l'Étoile noire se découvre défensivement et offre quelques contres à Grenoble. Fleury et Hiadlovsky foncent l'un vers l'autre pour récupérer un palet qui traîne dans la zone défensive strasbourgeoise mais le portier alsacien arrive le premier. Encore une fois, les pénalités vont coûter cher à Strasbourg. Cruchandeau écope d'un 2'+10' pour une charge dans le dos et Dirnbach le suit en prison. Comme lors du deuxième tiers, Grenoble s'installe à cinq contre trois, et sur un puissant tir de Bergström, Hiadlovsky relâche le palet dans la crosse de Forsander qui marque dans la cage ouverte à bout portant (5-1, 44'45"). Ce but donne un aspect définitif au succès grenoblois mais Strasbourg a l'occasion de revenir suite à un cinglage de Rouleau et un palet dégagé directement dans les tribunes par Wallin. Cette fois, la double supériorité numérique est alsacienne, mais le power-play se montre une nouvelle fois complètement inefficace. Il faut dire que la défense agressive de Grenoble, avec notamment Hammar, Fleury ou Nilsson qui pressent très haut, gêne considérablement l'installation du jeu de puissance de Strasbourg.

Le match s'achemine tranquillement vers la fin avec une dernière pénalité de Resetka lorsque, coup de théâtre à trois minutes de la fin : la table de marque appelle M. Colleoni et le jeu s'arrête pendant de longues minutes ce qui donne l'occasion à Vladimir Hiadlovsky de communiquer avec les supporters grenoblois... Finalement le jeu reprend... deux minutes plus tôt ! Le décompte de la pénalité de Resetka n'a pas été fait correctement et le défenseur strasbourgeois est resté plus longtemps qu'il ne l'aurait dû sur le banc des pénalités. Résultat : on remonte le chronomètre au moment de la sortie théorique de Resetka ce qui fait que le troisième tiers aura finalement duré...vingt-deux minutes ! Une originalité qui ne change rien au résultat final puisque rien ne s'est passé durant ces deux minutes supplémentaires, pas plus que dans les trois dernières.

Grenoble s'impose finalement assez largement dans cette première manche, en faisant la différence dans le deuxième tiers-temps. En manque de réussite lors de la première période, les Brûleurs de Loups ont dû encaisser un but pour retrouver tout leur réalisme grâce notamment à deux doublés de Sivic et Forsander qui ont pu étaler leur bagage technique ce soir. On retiendra également l'efficacité du killing play grenoblois qui montre une sérénité assez impressionnante, à l'image de la ligne Hammar-Tartari-Nilsson, absente de la feuille de marque mais très précieuse dans le jeu défensif. Deux doubles supériorités numériques ont été converties en but, reflétant un jeu de puissance relativement fluide. Grenoble s'est imposé sans trop puiser dans ses réserves, de bon augure avant la rencontre de demain.

Strasbourg a tenu un peu plus de vingt minutes avant de baisser pavillon, encaissant trois buts en l'espace dix minutes. Pourtant, à l'issue des vingt-et-une premières minutes, l'Étoile noire aurait pu mener 2-0 si le but de Martin au premier tiers-temps avait été accordé. Pas sûr pour autant que la suite aurait été très différente car la défense strasbourgeoise s'est vite désunie dès que Grenoble a marqué. Sur le plan des satisfactions, on retiendra l'excellent match de Hiadlovsky auteur de parades acrobatiques mais aussi le bon comportement de la deuxième ligne, la seule à marquer ce soir. Après un début canon, la première ligne canadienne s'est en effet éteinte au fil de la rencontre. Parmi les points à améliorer pour espérer ne pas revenir bredouille en Alsace : la discipline qui a coûté deux buts en double infériorité numérique ce soir mais aussi le jeu de puissance complètement stérile. À suivre demain !

Désignés meilleurs joueurs du match : Mitja Sivic (Grenoble) et Steve Pelletier (Strasbourg)

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (d'après le Dauphiné Libéré) :

Patrick Rolland (entraîneur-adjoint de Grenoble) : "Il a fallu tuer le rythme et être patients. Ensuite, ça a été un bon match qu'il faudra confirmer demain soir pour la deuxième manche. Physiquement, on est peut-être un peu au-dessus mais tous les joueurs peuvent toutefois faire un petit peu mieux."

Daniel Bourdages (entraîneur de Strasbourg) : "On avait ouvert le score en première période et on aurait pu tourner à 2-0, ça aurait beaucoup changé. Mais on a été puni plus souvent qu'eux. On a été un peu écoeurés de voir qu'il y avait deux poids, deux mesures. Mais on va tout faire ce soir pour les pousser à rester deux jours en Alsace, il faut au moins ça pour visiter la cathédrale..."

 

Grenoble - Strasbourg 5-1 (0-0, 4-1, 1-0)

Mardi 3 mars 2009 à 20h à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3500 spectateurs

Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Guillaume Gielly et Anne-Sophie Boniface.

Pénalités : Grenoble 14' (4', 6', 4'), Strasbourg 26' (4', 6', 6'+10')

Tirs : Grenoble 47, Strasbourg 31.

Engagements : Grenoble 44, Strasbourg 27.

Évolution du score :

0-1 à 20'52" : Devin assisté de Lehtisalo

1-1 à 21'48" : Sivic assisté de Fleury et Bergström

2-1 à 24'39" : Sivic assisté de Fleury

3-1 à 28'13" : Broz assisté de Bergström et Krayzel (double sup. num.)

4-1 à 36'58" : Forsander

5-1 à 44'45" : Forsander assisté de Bergström et Broz (double sup. num.)

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Alexandre Rouleau - Teddy Trabichet ; Viktor Wallin - Antonin Manavian ; Baptiste Amar (C) - Calle Bergström.

Attaquants : Martin Masa - Mitja Sivic - Damien Fleury ; Ludek Krayzel - Ludek Broz (A) - Johan Forsander ; Jan Hammar - Christophe Tartari (A) - Anders Nilsson.

Remplaçants : Lucas Normandon (G), Jason Crossman, Maxime Moisand, Julien Baylacq, Raphaël Papa, Nicolas Arrossamena. Absent : Martin Jansson (genou, saison terminée).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Michal Cesnek - Steve Pelletier ; Esa Hämäläinen - Milan Dirnbach ; Pavol Resetka - Hugues Cruchandeau.

Attaquants : Yannick Riendeau (A) - Benoît Martin - David Cayer (A) ; Juho Lehtisalo - Élie Marcos - Pierre-Antoine Devin ; Yannick Maillot - Maxime Catelin (C) - Julien Burgert.

Remplaçants : Gilles Beck (G), Romain Bonnefond.

 

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