Épinal - Neuilly-sur-Marne (17 janvier 2009)

 

Ligue Magnus - Vingt-et-unième journée.

Les pieds dans le tapis... mais deux points en poche !

La montagne, ça les gagne ! Venus en Haute-Savoie avec un contingent réduit à peau de chagrin, les Vosgiens s'y sont pourtant relancés. Après que les "seconds-couteaux" avaient pris leurs responsabilités à Saint-Gervais (5-1), les valeurs sûres ont fini par prendre le relais devant Morzine-Avoriaz (4-3 t.a.b.). Si les diverses absences auront contraint Shawn Allard à remanier son alignement, elles n'auront donc pas pesé dans la balance. Les Bisons de Neuilly-sur-Marne restent quant à eux sur une spirale négative et moralement éprouvante. Tout ce que craignait Jérôme Pourtanel à l'aube de leur première aventure en élite. Pour autant, ses hommes viennent d'accrocher (2-3) des Rouennais en pleins préparatifs pour "leur" Super Finale de Coupe Continentale.

Battus trois fois depuis l'automne par les Nocéens, les Spinaliens ont vite compris toute l'importance de Rane Carnegie et T.J. Caig sur la production du néo-promu. S'il est tentant de résumer Neuilly à sa seule ligne de parade, il faut bien reconnaître que ces deux-là assurent l'essentiel du pointage. Toutefois l'absence de Carnegie réduit indéniablement ce potentiel offensif, même s'il reste encore un troisième larron, un Terry Harrison très performant depuis son retour de blessure. Quitte à laisser Julien Figved sur le banc, Jérôme Pourtanel espère donc que Roman Svaty pourra rééditer ses précédentes sorties face aux Dauphins. Histoire de faire barrage à un arsenal complété par les retours de Jan Simko et Ilpo Salmivirta.

Avec les retours de ces deux-là, plus celui de Slovak, les Lorrains retrouvent donc leur configuration habituelle. Déjà une mauvaise nouvelle pour la lanterne-rouge. Et un plus certain pour les automatismes, d'autant que la permutation entre Petrak et Sundqvist s'est avérée très pertinente lors du week-end alpin. La paire Plch-Petrak se reforme pourtant lors du premier avantage numérique nocéen (01'15'") et le Tchèque se voit lancé dans le dos de la défense par son ancien compère. Accroché dans le dernier geste, Petrak rate la cible mais obtient un tir de pénalité en compensation. Une sentence transformée par Stéphane Gervais, celui qui ne tremble jamais dans les moments chauds (dernièrement à Morzine). Le Franco-Ontarien s'élance et parvient à placer la rondelle dans un trou de souris, entre le montant et la botte gauche de Svaty (1-0 à 02'11").

Très vite, l'impact de Caig se fait sentir au travers d'un jeu de puissance réduit à une poignée d'actions individuelles. Avec un Terry Harrison gravitant à ses côtés, il forme une paire à surveiller comme le lait sur le feu. Mais pour l'heure, c'est Roman Svaty qui poursuit son numéro devant Simko, lancé dans l'axe par Sundqvist sur une relance ratée de Boileau (06'11"). Car il est dit que ce match sera placé sous le signe des négligences individuelles. Et avec ce diable de T.J. Caig, le danger n'est jamais bien loin, surtout qu'il efface Peter Slovak pour un lancer repoussé par Stanislav Petrik. Pas de danger a priori, surtout que Borislav Ilic est là en couverture. Sauf que le massif Franco-Serbe ne réagit pas et laisse Milan Vastusko profiter du rebond (1-1 à 07'13").

Épinal est à deux doigts d'en perdre son latin devant des Bisons leur donnant toujours plus de fil à retordre. Reste toutefois cette vitesse d'exécution propre aux gros bras spinaliens. Après s'être frotté à Svaty sur une longue relance de Gervais (11e), Simko croyait tenir le bon bout après avoir servi le café, les croissants et l'addition à une défense prise de vitesse (12'27"). Sauf que Ryan Caicco, qui traînait par là, était préalablement hors-jeu...

Rassérénés par un long siège en supériorité numérique, où Roman Svaty joue les pompiers de service moyennant, parfois, une certaine roublardise, les Spinaliens finissent par doubler la mise sur un tir en pivot d'Ilpo Salmivirta (2-1 à 15'46"). Le Finlandais, qui peinait à reprendre ses marques, retrouvant-là toutes ses sensations. Et comme tout arrive, Caicco finit même par s'appliquer dans une relance lançant Simko en break-away (17'44"). Jusque-là, tout va (à peu près) bien...

"King" Caig

Mais voilà, Neuilly, pourtant pas habitué à évoluer sur une grande glace, va finir par piéger les locaux. À l'affût de chaque espace dans ce match très décousu, les Bisons enchaînent les récupérations en se repliant pour mieux les cueillir en contre-attaques. L'ICE, gênée dans son déploiement, s'enferme donc dans un faux-rythme qui la rend vulnérable. Il fallait s'y attendre, d'autant que la paire Caig-Harrison se retrouve dans tous les bons coups. C'est d'ailleurs bien connu, les bons contres font les bons amis et Caig s'amène une fois encore aux avant-postes pour servir imparablement Harrison au second poteau (2-2 à 33'50").

Intenable, T.J. Caig remet ça en profitant d'une énième récupération de Benjamin Galmiche, qui venait de contrer Stéphane Gervais en zone neutre. Une parfaite rampe de lancement pour le Britanno-Colombien mais Petrik gagne cette fois son duel (35'47") et permet une relance rapide vers l'avant. Aussi Salmivirta remonte-t-il rapidement sur le flanc gauche pour trouver Plch au centre, qui coupe son centre dans le haut du filet (3-2 à 35'54").

Neuilly a du répondant et joue bien le coup en exploitant la moindre approximation, coupant inlassablement les lignes de passe pour s'exporter en zone offensive. À plus forte raison lorsque Michal Petrak rejoint le cachot pour une obstruction (36'16"). Pourtant pris à contre-pied, Petrik repousse avec le bout de son bâton un slap de Kecka (36'49"). Peine perdue puisque l'artilleur slovaque va profiter d'une confusion dans le slot pour égaliser (3-3 à 37'09"). Mal à l'aise dans leur construction collective, imprécis dans leurs séquences, les "boys" d'Allard se sont englués dans le faux-rythme nocéen.

Et il ne sera pas facile de s'en dépêtrer, d'autant qu'ils ne mettent pas plus d'intensité au retour des vestiaires. Aussi les données restent-elles inchangées avec des Franciliens dangereusement opportunistes. Même en désavantage numérique, sur un cinglage de Jani Virtanen (43'19"). À peine le temps de s'installer que le jeu de puissance se fait contrer, par un Terry Harrison jaillissant au devant de Stéphane Gervais. Suivi par l'inévitable Caig, le Canado-Néerlandais lui transmet aussitôt pour un lancer repoussé par Petrik. C'est alors qu'Ilpo Salmivirta, venu au repli, tente d'écarter ce rebond aérien avec le gant. Une bien mauvaise idée puisqu'il l'envoie... au fond de sa cage (3-4 à 43'50"). Invraisemblable !

Malchanceux sur ce coup-là, l'infatigable ailier finlandais se rachète peu après en nettoyant la lucarne sur bon décalage de Guillaume Chassard (4-4 à 45'28"). Si ces rares coups de génie masquent un déchet persistant, la chance va pourtant tourner sur un centre d'Alexander Sundqvist que Laurent Veret dévie dans ses filets (5-4 à 48'05"). De quoi redonner une avance inespérée aux Dauphins, même si leurs contradicteurs sont fermement décidés à ne pas baisser leur garde. Pas abattus par ce coup du sort, ni même par la méconduite de Terry Harrison (48'34"), les coéquipiers de Santeri Immonen gardent donc la maîtrise du palet. Mais voilà, comme Petrik fait toujours bonne garde devant son filet, ces "empêcheurs de tourner en rond" n'y arrivent plus et finissent assommés par un lancer très spontané de Fabien Leroy (6-4 56'28").

Gagner sans convaincre, c'est peut-être aussi la force d'une bonne équipe. Car l'ICE, ce soir, a frisé la correctionnelle face à des Nocéens prompts à frapper en contre-attaques. À la merci d'un T.J. Caig omniprésent et sans cesse sur la brèche, notamment en échec-avant. C'est donc à l'usure que les Dauphins ont eu le dernier mot, poursuivant du coup leur série victorieuse. Un moindre mal, surtout que l'adversaire était coriace. Samedi, Grenoble le sera encore plus à Pôle Sud. Un vrai révélateur des possibilités actuelles d'une formation où Jan Plch peine à retrouver toute son influence.

Compte-rendu signé Jérémie Dubief

 

Commentaires d'après-match (dans Vosges Matin)

Guillaume Chassard (attaquant d'Épinal) : "Il y avait un peu de fatigue et cela s'est senti. Mais on a fait aussi beaucoup d'erreurs. La fatigue, cela ne doit pas être une excuse à tout. À chaque fois contre les équipes du bas de tableau, on a eu du mal. Quand on a été mené 4-3 dans le troisième tiers, on s'est dit que ce n'était pas fini et qu'il fallait y aller, que l'on n'avait plus le choix. Il fallait retrouver notre jeu. On a bien réagi, mais on s'est fait peur."

 

Épinal - Neuilly-sur-Marne 6-4 (2-1, 1-2, 3-1)

Samedi 17 janvier 2009 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 1235 spectateurs.

Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Mathieu Loos et Nicolas Crégut.

Pénalités : Épinal 8' (4', 4', 0') ; Neuilly 24' (4', 4', 6'+10').

Tirs : Épinal 32 (14, 8, 10) ; Neuilly 28 (10, 12, 6).

Évolution du score :

1-0 à 02'11" : Gervais (tir de pénalité)

1-1 à 07'13" : Vastusko assisté de Caig

2-1 à 15'46" : Salmivirta assisté de Chassard et Petrak

2-2 à 33'50" : Harrison assisté de Caig et Paillet

3-2 à 35'54" : Plch assisté de Salmivirta et Gervais (sup. num.)

3-3 à 37'09" : Kecka assisté de Paillet et Galmiche (sup. num.)

3-4 à 43'50" : Caig (inf. num.)

4-4 à 45'28" : Salmivirta assisté de Chassard

5-4 à 48'05" : Sundqvist

6-4 à 56'28" : Leroy assisté de Petrak

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Benoît Quessandier - Stéphane Gervais (A) ; Peter Slovak - Fabien Leroy ; Lionel Simon - Borislav Ilic.

Attaquants : Jan Simko - Alexander Sundqvist - Jan Plch (C) ; Ilpo Salmivirta - Michal Petrak - Guillaume Chassard (A) ; Guillaume Papelier - Tarik Chipaux - Ryan Caicco.

Remplaçants : Eero Väre (G), Anthony Pernot. Absents : Erwan Agostini (blessé), John Paulson (entorse du genou).

Neuilly-sur-Marne

Gardien : Roman Svaty.

Défenseurs : Joshua Boileau - Jani Virtanen ; Santeri Immonen - Jérôme Wagner (C) ; Alexis Birolini - Laurent Veret.

Attaquants : Terry Harrison - Pierre-Charles Hordelalay - Trevor Jon Caig ; Milan Vastusko - Miroslav Kecka - Jérôme Veret (A) ; Benjamin Galmiche (A) - Benoît Paillet - Yvan Fontana ; Grégory Tarlé.

Remplaçants : Julien Figved (G), Ludovic Duranceau. Absents : Rane Carnegie (au Canada auprès de sa mère malade), Tony Delage.

 

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