Rouen - Villard-de-Lans (23 septembre 2008)

 

Ligue Magnus, troisième journée.

Rouen ne décolle pas

Rouen n'aura pas mis longtemps pour tomber de haut dans son antre ! La faute à un Villard combatif, constant, sérieux et emmené par un Cyril Papa au four et au moulin, par un Alexandre Lefebvre fustigeur des ambitions normandes et un Tomi Sykkö, jusque là très discret, qui a enterré les espoirs du RHE dans le dernier tiers, crucifiant les locaux par un but dans un jeu de puissance excellemment maîtrisé à cet instant du match, à moins de sept minutes de la fin de la rencontre. Les visiteurs se sont appuyés sur une défense compacte (Birkeland-Millerioux) où l'on a découvert un Luc Tanésie s'imposant devant un bon Pascal Favarin, qui a mis un point d'honneur, après le but gagnant, à fermer la porte devant Éric Doucet en personne.

Pourtant, tout avait vite et bien commencé pour les champions de France. Éric Doucet a ouvert le score de près (1-0, 01'46). Mais, profitant de l'une des premières et nombreuses mauvaises passes des "noir-et-jaune", Alexandre Lefebvre a égalisé le jour même de ses 23 ans (1-1, 02'53). Moins de trois minutes plus tard, après une accélération du duo Papa-Lefebvre, Barnabas Birkeland trouvait les filets à ras la glace, en frappant la rondelle de la ligne bleue (1-2, 05'47). Sans tranchant, les Normands perdaient à nouveau la rondelle. À quatre-contre-deux, Stéphane Guillot-Diat ne trompait pas Sopko (6'16). Sur le contre, Pascal Favarin déroutait la rondelle envoyée par Desrosiers (6'25). Malheureusement, quelques minutes après, le gardien de Villard ne pouvait rien devant Éric Doucet se saisissant d'un retour de tir du finlandais Jaako Niskavaara (2-2, 09'39).

Ensuite, les Dragons, déjà pâles, se sont montrés bien ternes dans la seconde moitié du premier tiers. Seul une chance de Marc-André Thinel, servi par Peltola, est à porter au crédit des camarades d'Éric Doucet. Le portier des Ours, très solide, stoppa net la tentative de l'ailier droit (12'11). Pendant ce temps, les joueurs de Stéphane Barin se donnaient des chances en s'activant à couper les trajectoires d'un jeu rouennais trop rapidement projeté sur l'avant à cause d'attaquants plantés souvent trop loin du relanceur. Papa stoppé (10'19), Millerioux à coté (10'59), Lefebvre sur le poteau (12'35) et Pepy détourné (14'47) furent autant d'avertissements que les patineurs des bords de Seine n'ont pas pris en considération. C'est donc fort logiquement que Villard a repris l'avantage. Romain Carry dans le trafic parvenait à tromper de près Ramon Sopko (2-3, 14'53).

Jusque là, les Isérois s'était montrés très disciplinés, ce qui les a préservés du jeu de puissance des locaux. Mais finalement, ces derniers ne mettaient pas à profit une supériorité. Mais comment l'auraient-ils pu avec une seule et pauvre installation en zone offensive et un seul tir donné sur la cage adverse (18'30) ?

Au début du deuxième tiers, Rouen a plutôt mieux agi. Mais le réalisme a fait défaut à l'armada rouennaise. Tarantino (23'11), Peltola (24'47) et Niskavaara, s'y reprenant lui en trois fois (25'21), n'ont pas été récompensés, à chaque fois frustrés par un Favarin concentré. Puis, les Dragons sont retombés dans leur travers. Sans imagination, sans création, ils vont donc laisser passer deux power-play, dont 32 secondes à cinq contre trois, sans être dangereux (35'22).

Sans doute passablement énervé du manque de motivation affiché par ses joueurs, à la recherche d'un déclic psychologique, Alain Vogin replacera l'ailier recrue, Sébastien Strozynski, sur la troisième ligne. Cela a eu son effet. Un réalisme nouveau s'est mis au diapason de la réorganisation du coach, Villard n'a pu que constater les dégâts. Mikko Peltola a égalisé en glissant la rondelle sous le gardien (3-3, 36'41). Puis Lionel Tarantino, dans une action pleine de cœur, a repris de plein fouet son propre rebond (4-3, 37'33). Seulement, les deux équipes ne lâcheront rien dans les deux derniers avantages numériques qu'elles se partageront en cette fin de période médiane. Signe que les Ours ne sont pas morts, signe aussi que les Dragons ne disposent plus de leur force de frappe en jeu spécial.

Les débats reprirent de plus belle entre deux équipes. Carl Mallette se réveillait enfin (41'05 & 45'10), mais c'est Cyril Papa qui à bout portant se créait la meilleure occasion (43'30), juste après un lancer de Quentin Pepy, contrarié lui aussi par un Ramon Sopko salvateur (42'25). Pas pour très longtemps, hélas. C'est finalement encore un tir de loin (Millerioux) qui surprenait le gardien slovaque sans doute masqué (4-4, 47'12). Puis, Sébastien Strozynski était sanctionné d'un accroché, ce qui permit à Tomi Sykkö de régler sa mire (48'20). Revanchard, l'ailier rétrogradé sur le 3e trio du RHE manquait une terrible chance. Mais frustré par l'arrêt de Pascal Favarin, le Canado-Polonais enchaînait son action d'un cinglage sur la mitaine du gardien (51'27). S'ensuivait un jeu spécial de folie. Pourtant en infériorité, les Dragons touchaient la barre sur un lancer de Mallette servi par Desrosiers (51'43). Puis, ils défendaient bien sur Alexandre Lefebvre (52'45), avant qu'à leur tour, les Ours ne touchent le cadre (53'08) et que, finalement, Tomi Sykkö enfile le but gagnant (4-5, 53'10).

Nous l'avons vu, ensuite, Pascal Favarin fermera la maison (devant Éric Doucet, 54'03 & 55'54) et mangera la clé. D'abord à cinq contre cinq. Puis, devant six attaquants rouennais lorsque, après un temps mort, Ramon Sopko sera remplacé par un avant supplémentaire, en vain (58'51) !

Les Dragons semblent être tombés dans le piège de trop se satisfaire des victoires, sans jeu, contre Caen et Amiens. Les hommes d'Alain Vogin se sont laissés surprendre à domicile par les pugnaces et vaillants Ours du Vercors. Il faut aux coéquipiers d'Éric Doucet et Carl Mallette désormais prouver, d'abord à Strasbourg chez le troisième du championnat, qu'ils ont les ressources et l'envie de faire des choses ensemble.

Compte-rendu signé Thierry Frechon

 

Rouen - Villard-de-Lans 4-5 (2-3, 2-0, 0-2)

Mardi 23 septembre 2008 à 20h00 au centre sportif Guy Boissière. 2200 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté de Jérémie Rauline et Adrien Ernecq.

Pénalités : Rouen 8' (0', 4', 4') ; Villard-de-Lans 12' (2', 8', 2').

Évolution du score :

1-0 à 01'46" : Doucet assisté de Peltola et Thinel

1-1 à 02'53" : Lefebvre

1-2 à 05'47" : Birkeland assisté de Lefebvre et Papa

2-2 à 09'39" : Doucet assisté de Niskavaara et Peltola

2-3 à 14'53" : Carry assisté de C. Guillot-Diat et Pepy

3-3 à 36'41" : Peltola assisté de Thinel et Doucet

4-3 à 37'33" : Tarantino assisté de Dufournet et Niskavaara

4-4 à 47'12" : Millerioux assisté de Papa et Lefebvre

4-5 à 53'10" : Sykkö assisté de Carry et Pepy (sup. num.)

 

Rouen

Gardien : Ramon Sopko [sorti de 58'51" à 60'00"].

Défenseurs : Daniel Carlsson (A) - Petri Virolainen ; Jaako Niskavaara - Jarkko Glad ; Cédric Custosse.

Attaquants : Sébastien Strozynski [puis Romand à 29'44"] - Carl Mallette - Julien Desrosiers ; Éric Doucet (C) - Mikko Peltola - Marc-André Thinel (A) ; Jérémie Romand [puis Strozynski à 29'44"] - Édouard Dufournet - Lionel Tarantino.

Remplaçant : Ronan Quemener (G), Thomas Baubriau, Loïc Lampérier, Peter Bourgaut. Absent : Jean-François David (cuisse).

Villard-de-Lans

Gardien : Pascal Favarin.

Défenseurs : Martin Millerioux (A) - Barnabas Birkeland ; Stéphane Guillot-Diat - Nicolas Favarin (A) ; Yann Marez - Luc Tanésie.

Attaquants : Cyril Papa - Alexandre Lefebvre - Thibaut Sage-Vallier ; Tomi Sykko - Matthieu Leblond - Tristan Lemoine ; Cédric Guillot-Diat - Romain Carry (C) - Quentin Pepy.

Remplaçants : Romain Farrugia (G), Yann Diafera et Fabien Seebach. Absents : Daniel Sedlak (douleur à la main gauche), Nicolas Antonoff (ligaments du genou).

 

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