Amiens - Rouen (20 septembre 2008)

 

Ligue Magnus, deuxième journée.

La réussite offensive de la Coupe de la Ligue ne doit pas faire oublier aux Amiénois que, face aux voisins rouennais, le rôle de victime leur a plus d'une fois été dévolu ces derniers mois. Pour se donner les meilleures chances, Antoine Richer a ménagé Pierre-Luc Émond, ses joueurs levant le pied en fin de rencontre face à Neuilly-sur-Marne. Dans ce nouveau derby, les cornemuses aident à chauffer l'ambiance, ouvrant le bal à un concert d'applaudissements commun, une fois n'est pas coutume, aux deux travées du Coliseum.

Le positionnement de Jean-Philippe Glaude, sur une passe de Mallette vers le centre, et le repli de Grégory Béron face à Desrosiers augurent de bonnes dispositions, jusqu'à la faute de Julian Marcos. Henri-Corentin Buysse, masqué sur un lancer de Jaako Niskavaara, est mis à mal suite à une faute contestée du revenant Émond sur Éric Doucet. Alain Vogin en profite pour placer cinq attaquants sur la glace : tour à tour Carl Mallette, Marc-André Thinel et Mikko Peltola, posté devant la cage, ne peuvent tromper un portier encore décisif face à Doucet, en relais avec Virolainen. Un dégagement hors limites de Matt Amado n'arrange rien, malgré la révolte sonnée par Vincent Bachet pour un premier arrêt de Sopko. Celui-ci est bien moins à l'oeuvre que son vis-à-vis Buysse, efficace devant Mallette, d'une détente sur la gauche, et sur un face-à-face avec Marc-André Thinel. De retour à égalité, Amado tente de se racheter sur une échappée, annihilée par le gardien slovaque.

Mallette puni, les Gothiques repartent de l'avant et Jean-Philippe Glaude empêche la rondelle de quitter la zone, pour mieux l'expédier en force vers Sopko, avant de rater une cage grande ouverte, trop surpris d'une telle aubaine offerte par une accélération d'Émond. Les blessures subies au cours de la préparation handicapent la cohésion entre les nouveaux attaquants canadiens, toujours en rodage. Le palet circule bien entre les crosses des anciens pensionnaires de la LNAH, mais pas assez vite pour permettre à Martin Paquet de prendre la défense à revers. Toutefois, Jarkko Glad est à son tour envoyé en prison et la nouvelle alerte procurée par Loïc Sadoun, au pressing devant l'enclave, témoigne d'une montée en puissance des joueurs en rose. Les Dragons prouvent néanmoins que les automatismes sont un problème moindre pour eux, sur un 2 contre 1 parfaitement exécuté par les compères Mallette et Desrosiers, devant lesquels Pavel Kowalczyk s'incline (0-1 à 15'49").

Le coup est rude pour les équipiers de Miroslav Pazak, moins en vue et sanctionné pour cinglage. L'échappée vaine d'Amado, suite à un plongeon désespéré de Virolainen, repoussée par Sopko, Rouen peut profiter de son avantage par Marc-André Thinel, à l'origine d'un rebond échu à Mallette et d'une déviation opportune de Doucet (0-2 à 19'12").

La proue des Dragons plie...

Le numéro 71 est moins à son avantage à la reprise. Rappelé au banc de la prison, il laisse le témoin à Ramon Sopko, décisif face à la poussée picarde. D'un bon jeu à la crosse, le portier empêche Martin Paquet de l'ajuster, puis il prend le meilleur sur Anthony Mortas au rebond, et capte du gant le lancer de Loïc Sadoun. Il s'avoue finalement vaincu par Grégory Béron, oublié à la suite de la pénalité, et isolé par son capitaine (1-2 à 23'23"). La période, moins sereine pour Rouen, voit Carl Mallette à son tour sanctionné sous un redoublement des encouragements que ne doit pas renier le président Henno, soucieux de voir les partisans et partenaires unis derrière ses joueurs.

Ambiance refroidie quand Marc-André Thinel parvient à lire le jeu de Pazak et profite d'une interception pour s'en aller offrir le troisième but à Jaako Niskavaara (1-3 à 26'09"). Ramon Sopko se permet alors un léger relâchement devant Grégory Béron, se rattrapant sur un lancer en lucarne du jeune ailier et un missile de Matt Amado, dévié au ras de son poteau. Le manque d'efficacité gothique tranche avec le réalisme adverse, illustré, sur une montée de Kowalczyk, par le quatrième but de Jarkko Glad (1-4 à 35'09"). Le Coliseum peut croire les siens perdus, certaines relances hasardeuses des visiteurs n'étant pas exploitées.

... mais maintient le cap

Le dernier acte a beau être initié par un travail de Julien Desrosiers repris par Carl Mallette et un revers de Doucet, tous deux captés par Buysse, les fautes successives des artificiers normands permettent à Amiens de reprendre le contrôle du jeu. Ramon Sopko brille certes sur un nouveau rebond de Mortas et la reprise de Sadoun, ses interventions ne découragent pas ses assaillants et Matt Amado se rattrape d'une pénalité de méconduite pour forcer la décision au deuxième poteau (2-4 à 47'46"). Les blancs vacillent encore sur une succession de décisions arbitrales les faisant passer d'un 5 contre 4 à un 3 contre 4. Les feintes de Sadoun et Pazak font alors chuter deux défenseurs, et le Slovaque s'amuse pour trouver Pierre-Luc Émond (3-4 à 51'51"). Le temps mort demandé par Alain Vogin ne change pas les apparences car Sébastien Strozynski s'illustre enfin... en commettant une faute pendant que Carl Mallette tente de contourner la cage gothique.

Dans ces moments de tourments, le RHE comprend parfaitement la gravité de la situation. Sous les mauvaises auspices, la fin de rencontre est parfaitement gérée. Après Julien Desrosiers, Marc-André Thinel se crée une occasion de contre en interceptant la passe d'Anthony Mortas à la bleue, et si Buysse ne tombe pas dans la feinte, il attend le retour au complet pour offrir à Peltola le filet libérateur (3-5 à 58'21").

Le couperet n'est pas passé loin pour les Dragons, sauvés notamment par deux buts en infériorité numérique. Expérience et réalisme auront eu raison d'une formation gothique sur la voie de la rédemption, dans un Coliseum par moments conquis. L'éclaircie demande confirmation pour le HCAS, toujours englué en fin de classement. Les clignotants sont au vert chez Alain Vogin : et si, en plus de compter sur une artillerie offensive et un Sopko bien en place, les défenseurs marquent...

Désignés meilleurs joueurs du match : Martin Paquet pour Amiens et Ramon Sopko pour Rouen.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaires d'après-match

Antoine Richer (entraîneur d'Amiens) : "Nous n'avons pas fait jeu égal au premier tiers, car nous aurions pu faire la différence. Il était demandé aux joueurs d'être incisifs pour avoir un score plus serré. Au deuxième, le nombre de shoots est intéressant, à la différence de la réussite. On a joué, sans démériter, avec vitesse et physique, sachant tenir à trois contre cinq. Il y eut des bonnes choses de faites, il faudra être plus présents pour marquer. La réussite sourit aux gens qui travaillent. La volonté collective de performer doit être mise en place. Au-delà du score, le fond de jeu a fonctionné, de façon trop hachée par les prisons. Amiens est une petite machine, et ce match arrivait tôt. Il est douloureux de rencontrer une équipe qui a su trouver la faille, mais Amiens peut rivaliser. Rouen dispose d'une superbe défense, rugueuse et rude, face laquelle il faut arrêter de se poser des questions, à l'image de Grégory Béron, qui prend sa chance sur le premier but."

Martin Paquet (attaquant d'Amiens) : "Nous ne sommes pas récompensés du travail. Le plus important est le score. Il y a du positif à ressortir du match. les doubles infériorités ont fatigué l'effectif, alors que Rouen profite de presque toutes les chances. À égalité numérique, nous avons eu le dessus mais manqué des opportunités. L'équipe est solide, le retour de Pierre-Luc a été bon ; il nous faut créer une alchimie car quand il sera à 100% nous aurons un bon bloc."

'Alain Vogin (entraîneur de Rouen) : "On savait que l'on serait accroché. Les Rouen-Amiens ont repris de la saveur, avec une équipe d'Amiens présente, un Buysse solide et un vrai match de hockey. On arrive à marquer les gros buts lorsque nous en avons besoin. La différence se fait peut-être sur les buts en infériorité. Le premier tiers fut excellent, au deuxième Amiens était fort, le 1-3 nous redonnant confiance. Au troisième l'arbitre a eu une ou deux décisions qui ont fait sortir les joueurs du match, même si l'arbitrage fut correct. Beaucoup auront du mal à venir chercher des points ici."

Carl Mallette (attaquant de Rouen) : "Nous avons été opportunistes ce soir, d'entrée de jeu. Sopko nous a tenu le match en deuxième période. Amiens est supérieur à l'an dernier, ce fut chaud à 3-4. En plus de l'attaque de l'an dernier, nous avons su être concentrés défensivement. En marquant cinq buts nous avons normalement de bonnes chances de gagner. Je ne suis pas surpris par le niveau d'Amiens, du fait de l'ajout des Canadiens. C'est un vrai derby, dont j'ai surtout connu la saveur il y a trois ans en finale. Les partisans et les jeunes du club nous rappellent l'importance de ces matchs, qui sont 'fun' à jouer. Sur la glace, nous nous sommes chambrés entre Québécois, c'est une habitude au Canada. Je connais bien Glaude, on a joué l'un contre l'autre chez les juniors. Le jeu physique promis par nos adversaires ne nous fait pas peur."

 

Amiens - Rouen 3-5 (0-2, 1-2, 2-1)

Samedi 20 septembre 2008 à 20h00 au Coliseum. 2600 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Yann Furet et Pierre Dehaen.

Pénalités : Amiens 32' (8', 6'+10', 8'), Rouen 22' (4', 8', 10').

Tirs : Amiens 42 (10, 20, 12), Rouen 24 (14, 5, 5).

Évolution du score :

0-1 à 15'49" : Desrosiers assisté de Mallette (inf. num.)

0-2 à 19'12" : Doucet assisté de Thinel et Peltola (sup. num.)

1-2 à 23'23" : Béron assisté de Bachet

1-3 à 26'09" : Niskavaara assisté de Doucet et Thinel (inf. num.)

1-4 à 35'09" : Glad assisté de Virolainen (sup. num.)

2-4 à 47'46" : Amado assisté de Émond et Roussel

3-4 à 51'51" : Émond assisté de Pazak et Kowalczyk

3-5 à 58'21" : Peltola assisté de Thinel et Sopko 

 

Amiens

Gardien : Henri-Corentin Buysse.

Défenseurs : Vincent Bachet (C) - Pavel Kowalczyk ; Thomas Roussel (A) - Jean-Philippe Glaude ; Julian Marcos (A) - Romain Bault.

Attaquants : Loïc Sadoun - Anthony Mortas - Miroslav Pazak ; Matt Amado - Pierre-Luc Emond - Martin Paquet ; Grégory Béron - Yannick Offret - Simon Petit.

Remplaçants : Adrien Fénart (G), Maxim Belov, Jonathan Boehrer. Absent : Brian Henderson.

Rouen

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Jaako Niskavaara - Jarkko Glad ; Daniel Carlsson (A) - Petri Virolainen ; Cédric Custosse.

Attaquants : Mikko Peltola - Éric Doucet - Marc-André Thinel (A) ; Sébastien Strozynski - Carl Mallette (C) - Julien Desrosiers ; Jérémie Romand - Édouard Dufournet - Lionel Tarantino.

Remplaçants : Ronan Quemener (G), Thomas Baubriau, Peter Bourgaut. Absent : Jean-François David (déchirure à la cuisse).

 

Retour à la Ligue Magnus