Villard-de-Lans - Grenoble (16 septembre 2008)

 

Coupe de la Ligue - Groupe D - deuxième journée.

Premier "derby" isérois officiel de la saison entre Villard-de-Lans et Grenoble. Les deux équipes s'étaient rencontrées en amical le 15 août et Grenoble l'avait alors remporté assez largement (7-1). Depuis, les Ours de Stéphane Barin sont montés en régime et restent sur une probante victoire à Mont-Blanc en Ligue Magnus. En coupe de la ligue, Villard s'est pourtant incliné assez nettement face à Briançon (0-4) lors de la première journée et une nouvelle défaite à domicile compromettrait sérieusement ses chances de qualification. Grenoble reste pour sa part sur trois succès d'affilée sans pour autant y mettre la manière, à l'image d'un timide succès face à Chamonix samedi.

Comme ce week-end, les Brûleurs de Loups débutent tambour battant. La première minute de jeu ne s'est pas encore écoulée que Martin Jansson, replacé au centre de sa ligne pour l'occasion, récupère un palet errant dans la zone offensive et bat tranquillement Pascal Favarin d'un tir croisé (0-1, 00'50"). Une entrée en matière parfaite pour les visiteurs qui se promènent sur la glace, effectuant un véritable récital. De leur côté, les Ours sont apathiques à l'image d'une défense bien trop passive qui laisse jouer les attaquants adverses. En retard sur tous les palets, les Villardiens laissent Ludek Krayzel faire son numéro autour de la cage de Favarin, couchant tranquillement le portier des Ours avant de lever la rondelle dans la cage grande ouverte (0-2, 05'17").

Le match paraît facile pour Grenoble d'autant plus que les Ours se mettent à la faute. Avec Carry en prison, les Tchèques font circuler le palet comme à l'entraînement et il s'en faut de très peu pour que Masa ne porte le score à 3-0. Villard manque de hargne et de rythme dans cette première période alors que Grenoble déroule, manquant plusieurs fois d'aggraver la marque. Ce n'est qu'une question de temps, puisqu'au terme d'une supériorité numérique longuement disputée dans la zone défensive de Villard, Ludek Broz poursuit son action et sert sur un plateau Martin Masa (0-3, 16'27"). Si la défense villardienne n'est pas dans le coup, on peut en dire autant de Pascal Favarin, guère inspiré dans ce premier vingt. Il s'incline une nouvelle fois quelques secondes plus tard sur un tir de Jansson en très grande forme ce soir (0-4, 17'56"). Tout va mal dans ce tiers pour Villard qui encaisse une dernière pénalité par Pépy. Grenoble semble avoir tué le match après vingt minutes de jeu à sens unique.

La remontée de bretelles a dû être conséquente dans le vestiaire villardien car les Ours montrent un visage bien différent à la reprise. Plus d'envie, plus de hargne et l'entrée de Romain Farruggia à la place de Pascal Favarin, peu en réussite. Le jeune portier villardien se signale d'entrée, rassurant ses coéquipiers avec quelques arrêts de belle facture. Mais les Villardiens ne se contentent pas de défendre et parviennent à inquiéter Eddy Ferhi sur quelques attaques rapidement menées. Le portier grenoblois s'en sort impeccablement, livrant une copie bien plus propre que celle rendue trois jours plus tôt. Les débats sont plus équilibrés et les Brûleurs de Loups semblent se contenter de gérer leur avance. Une pénalité de Nilsson (la première du match côté grenoblois !) pour une grosse mise en échec (pourtant régulière) sur Birkeland signe le début d'un reversement de tendance dans un match qui commençait à sombrer dans la monotonie. M. Bachelet envoie les joueurs grenoblois en prison les uns après les autres et après une première double infériorité neutralisée avec difficulté, la deuxième phase de jeu à trois contre cinq sera fatale. Ferhi s'incline sur un slap de la bleue de Sedlak, non sans avoir réalisé quelques prouesses auparavant (1-4, 34'56"). Un début de renversement de tendance ? Pas vraiment puisque vers la fin du tiers, Villard se retrouve à son tour en double infériorité numérique. Calle Bergström fait apprécier son puissant slap (1-5, 38'42").

Avec ces quatre buts d'avance, les Grenoblois semblent avoir le match bien en mains. On pourrait alors s'attendre à voir Mats Lusth insérer quelques juniors dans l'alignement, histoire de leur donner de la glace et faire reposer ses cadres avant le périlleux déplacement à Tours samedi. Mais il n'en est rien, et au contraire, c'est Stéphane Barin qui fait tourner son effectif en insérant de plus en plus de juniors dans ses différentes lignes. Un choix judicieux car les Ours vont montrer nettement plus de jus que les Brûleurs de Loups au cours de cette troisième période. Ces derniers se mettent à rater des passes faciles, à montrer plus d'approximations dans le dernier geste, alors que Villard joue sans arrière-pensée avec une bonne dose d'envie. Et les efforts locaux finissent par payer. Tomi Sykkö décale sur la droite Alexandre Lefebvre qui fusille Eddy Ferhi d'un puissant tir sous la barre (2-5, 43'45").

Le score se resserre et la partie semble tourner définitivement à l'avantage de Villard. Les deux gardiens font le nécessaire dans leurs cages pendant deux infériorités. Les minutes passent et la fin de match devient difficile pour Grenoble. Les Ours y croient toujours et Quentin Pépy vient marquer un but rageur à deux minutes de la fin en profitant d'une situation confuse devant les buts (3-5, 58'14"). Les Villardiens versent dans l'euphorie, les Grenoblois dans la panique, et le public finit par se prendre au jeu dans un match qui semblait privé de tout suspense depuis longtemps. Les hommes de Stéphane Barin jettent toutes leurs forces dans la bataille et Birkeland expédie un palet sous la barre de Ferhi dans la dernière minute (4-5, 59'25"). La réaction villardienne est tardive mais Barin peut se payer le luxe de sortir son gardien pour jouer le surnombre, une hypothèse qui aurait pu paraître complètement saugrenue vingt minutes plus tôt. La défense grenobloise finit par se dégager non sans mal et préserve un petit but d'avance, synonyme de victoire.

Villard échoue de très peu au terme d'une remontée fantastique qui aurait pu avoir une issue plus heureuse avec quelques minutes de plus. Mais les Ours ont surtout montré deux visages dans ce match étrange : passifs et même inquiétants de nonchalance au premier tiers, combatifs et efficaces à partir du deuxième tiers. Il leur reste surtout à éviter les errances du début de match car partir avec quatre buts de retard relève de la mission impossible à ce niveau. Romain Farruggia a apporté beaucoup de sérénité dans les buts et a assurément marqué des points face à Pascal Favarin ce soir. En attaque, Tomi Sykkö a bien participé à l'animation offensive avec Lefebvre et Papa sur une ligne très remuante. Ses deux assistances viennent le récompenser. On retiendra également le rôle essentiel de Daniel Sedlak, véritable organisateur des lignes arrières et indispensable sur le power-play. Enfin les jeunes n'ont pas démérité, apportant un peu de sang neuf qui a contribué au réveil villardien.

Les jeunes, c'est peut-être ce qui a manqué à Grenoble ce soir. Mats Lusth, en s'entêtant à aligner ses trois lignes du début à la fin du match malgré la large avance initiale, n'a sans doute pas fait le bon choix car ses joueurs ont semble-t-il terminé le match usés physiquement. Impressionnants de facilité au premier tiers, les Brûleurs de Loups étaient partis pour manger tout cru leurs adversaires du jour. Mais ils sont tombés petit à petit dans la facilité et il était temps que le troisième tiers se termine. Au rayon des satisfactions, on retiendra le match sérieux d'Eddy Ferhi pendant deux tiers-temps et la grande forme de Martin Jansson dont le replacement au centre a semble-t-il porté ses fruits avec deux buts. Côté déceptions, une nouvelle fois la défense qui encaisse encore quatre buts ce soir avec une fin de match catastrophique. D'une manière générale, ce qu'il manque encore à Grenoble, c'est de tenir sur le même tempo pendant soixante minutes... Dans ces conditions, le match de samedi à Tours s'annonce comme un véritable test.

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Villard-de-Lans - Grenoble 4-5 (0-4, 1-1, 3-0)

Mardi 16 septembre à 20h30 à la patinoire André-Ravix. 620 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Guillaume Gielly et Anne-Sophie Boniface.

Pénalités : Villard-de-Lans 18' (6', 8', 4'), Grenoble 12' (0', 8', 4').

Évolution du score :

0-1 à 00'50" : Jansson

0-2 à 05'17" : Krayzel assisté de Masa et Amar

0-3 à 16'27" : Masa assisté de Broz

0-4 à 17'56" : Jansson assisté de Nilsson et Bergström

1-4 à 34'56" : Sedlak assisté de Carry et Antonoff (sup. num.)

1-5 à 38'42" : Bergström assisté de Krayzel (double sup. num.)

2-5 à 43'45" : Lefebvre assisté de Sykkö

3-5 à 58'14" : Pepy

4-5 à 59'25" : Birkeland assisté de Sykkö

 

Villard-de-Lans

Gardien : Pascal Favarin puis à 20'00" Romain Farruggia [sorti de 59'25 à 60'00"].

Défenseurs : Barnabas Birkeland - Martin Millerioux (A) ; Daniel Sedlak - Nicolas Antonoff ; Nicolas Favarin (A) - Stéphane Guillot-Diat [puis Luc Tanésie et Yann Marez].

Attaquants : Tomi Sykkö - Alexandre Lefebvre - Cyril Papa ; Thibaut Sage-Vallier [puis Fabien Seebach et César Lefranc] - Romain Carry (C) - Tristan Lemoine ; Quentin Pépy - Matthieu Leblond - Cédric Guillot-Diat [puis Yann Diaferia].

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Alexandre Rouleau - Calle Bergström ; Baptiste Amar (C) - Teddy Trabichet ; Viktor Wallin - Antonin Manavian.

Attaquants : Mitja Sivic - Martin Jansson - Anders Nilsson ; Martin Masa - Ludek Broz (A) - Ludek Krayzel ; Johan Forsander - Christophe Tartari (A) - Damien Fleury.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Maxime Moisand, Jason Crossman, Julien Baylacq, Raphaël Papa, Mathieu Frécon.

 

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