Nice - Cholet (9 avril 2005)

 

Match comptant pour la huitième et dernière journée de la poule finale de division 2.

Inutile de vendre le match pour ce qu'il n'est pas: l'ultime rencontre de la saison de Nice, contre Cholet, n'a pas d'enjeu. Elle a tout juste de la saveur, d'abord parce que les Aigles ont une revanche à prendre, leurs visiteurs les ayant dominés 7-2 à l'aller, et ensuite parce qu'ils peuvent - à la faveur d'une victoire - reprendre place sur la cinquième marche de D2. Ce qui serait, à vrai dire, une belle façon de séduire un public venu d'autant plus nombreux que le club a eu la bonne idée de jouer la carte des "portes ouvertes".

Plus anecdotique, mais sympathique, les Azuréens comptent dans leur rang une recrue inattendue : le vétéran Peter Almasy, venu du haut de ses 44 ans suppléer les très nombreux absents. Pas de quoi rassurer les spectateurs, toutefois. Ces quelques centaines de personnes venues les applaudir, les Niçois vont d'abord les inquiéter. En début de match, ce sont bien les Dogues qui ont le plus de mordant. Exemple : Jan Majercak s'ouvre le chemin des filets, et il faut un petit exploit de Tomas Banas pour éviter le pire. Dans la foulée, Gautier Gustin s'illustre d'une belle frappe à la rouge, avant que Jérôme Davoine et David Lecoublet n'orchestrent un joli une-deux. Seul le réalisme pêche du côté des visiteurs, et c'est heureux pour les Niçois qui, se révoltant, obtiennent rapidement l'ouverture du score. Un petit tour de la cage et Pascal Margerit convertit brillamment le travail de David Zaina et Martin Dubaj (1-0 à 3'48). Nice s'en sort bien. Le jeu s'équilibre alors, même si Josef Janca se fait peur quand le palet, parti derrière son but, trouve un rebond bizarre sur la balustrade et revient vers la cage vide. C'est ensuite aux Aigles de s'offrir un frisson, quand David Lecoublet est en position idéale pour partir en contre. Raté : le jeune attaque tombe sur... l'épaule de Martin Dubaj (8'57). Les deux équipes ont alors du mal à construire le jeu et on se dit qu'une prison permettrait sûrement à l'une d'entre elles de s'offrir de meilleures occasions. Alors, qui va inaugurer le banc des punis ? Hé bien, un ex-international olympique, s'il vous plaît ! Monsieur Peter Almasy qui, surpris en obstruction, se plie sans moufter à l'injonction du corps arbitral (11'28).

C'est quand il est ressorti que Cholet se montre le plus dangereux, avec un bon tir signé Gabriel Cadoret que Patrik Åkerlund parvient à stopper (13'36). À la force répond la finesse, quand Martin Dubaj, décidément au four et au moulin, dirige joliment le palet devant la cage. Pierre Carreton est tout près d'en profiter, mais Janca fait l'arrêt. Idem un peu plus tard quand une partie de billard entre Damien Laplace et le portier choletais tourne à la faveur de ce dernier. C'est Nice qui semble avoir les meilleures velléités, mais ça ne veut pas rentrer, même quand Margerit monte lui-même au créneau. En toute logique, les visiteurs s'enhardissent, estimant que l'égalisation est somme toute possible. Le premier à se manifester est Gautier Gustin, l'entraîneur-joueur, qui virevolte dans la défense locale et prend un tir du revers puissant, stoppé par le gardien niçois. Avertissement sans frais avant un autre "missile", signé cette fois de Zoltan Kubat, qui, lui, parvient à trouver l'ouverture (1-1 à 18'05). Une fois de plus, les Aigles n'ont pas su s'envoler et peuvent regretter leur manque de réalisme. Seulement, cette fois, ils refusent la fatalité et un gros slap rebondit sur le plastron de Josef Janca. Plus de peur que de mal pour le gardien choletais, qui se relève courageusement, tandis que Guillaume Jacob file en prison (19'14). C'est pourtant dans le camp niçois que s'achève la période, camp niçois que dégage Christophe Perez. Buzzer : tout le monde rentre aux vestiaires.

Il reste donc une grosse minute à Nice à jouer en supériorité numérique à l'ouverture de la deuxième période. Les coéquipiers de Pascal Margerit n'en profitent pas, mais ceux de Romain Germond, plutôt sympas sur ce coup-là, leur offrent une deuxième occasion dans la foulée. Un surnombre qui ne change pas grand-chose au scénario et qui laisse encore Cholet développer quelques occasions, par Drozdz ou Majercak par exemple. Peu de tirs mais du jeu bien construit, que Nice va s'échiner à calmer en jouant alors un peu plus physique. Tactique payante : après un rebond laissé par le gardien adverse, David Zaina, en embuscade, redonne l'avantage à ses couleurs (2-1 à 25'48). Joli symbole : le numéro 19 niçois porte ce soir un maillot floqué du 21, en guise d'hommage à son pote Giani Sarcinelli, blessé. Une grosse minute plus tard, un début d'altercation envoie Christophe Perez et Jérôme Davoine en prison. À quatre contre quatre, c'est l'occasion pour chacun de montrer ses qualités de patinage, et à ce petit jeu, Romain Laplace est décidément très fort. Le frère de Damien creuse l'écart, bénéficiant de la complicité du duo slovaque Martin Dubaj - Jozef Hopjak (3-1 à 28'19). Ce but, Nice prend peut-être un peu trop de temps pour le savourer, puisque Gautier Gustin trouve à son tour le chemin des filets juste après (3-2 à 29'08).

La réaction des Aigles est d'abord positive, quand Christophe Perez tente un slap après un bon jeu des jumeaux Laplace. Elle est bien moins enthousiasmante quand Cédric Jalet se retrouve en prison pour dureté. Quarante-sept secondes suffisent à Cholet pour revenir à parité. Soutenu par Gautier Gustin, encore lui, Guillaume Jacob ramène les deux équipes à égalité (3-3 à 31'00). Le tournant du match ? Oui, car à partir de cet instant, on ne verra plus que des Niçois sur la glace de Jean-Bouin. Le premier s'appelle Romain Laplace. Remarquable dans sa conservation de la rondelle, le jeune attaquant réveille avec force ses coéquipiers (4-3 à 31'25). Le coup de massue pour les Choletais, tout près d'offrir une occasion en or à Jozef Hopjak, joliment décalé par Peter Almasy. Coup de sifflet : le Slovaque était finalement hors-jeu. Cholet pousse et a quelques occasions d'égalisation, mais laisse finalement passer sa chance. Les Dogues n'y sont plus. L'illustration parfaite de ce constat vient de leur gardien, Josef Janca, qui laisse tomber une mine de Martin Dubaj. Le palet glisse tranquillement au fond de ses filets, c'est le but "casquette" de la soirée (5-3 à 33'53). Pas étonnant dès lors que Jonathan Arveux fasse son apparition sur le glaçon. Trente secondes après son installation dans les cages, le second gardien des visiteurs encaisse son premier but, par l'insatiable Pascal Margerit (6-3 à 34'48). C'est bien sévère pour Cholet, qui finit par se dire que c'est trop. Romain Germond a l'espace nécessaire pour partir en contre, mais bute sur Dubaj. Gautier Gustin prend un gros shoot, qu'Åkerlund parvient à stopper. Même efficacité du portier local sur Jan Majercak. Nice est tout de même sur des charbons ardents, au point que Damien Laplace file en prison pour charge avec la crosse. Il sera bientôt rejoint par Jozef Hopjak, puni d'une méconduite après un accrochage avec Guillaume Jacob. Un peu de tension avant la pause, mais pas de changement au tableau d'affichage.

À la reprise, les premières banderilles sont niçoises, avec notamment une bonne "chandelle" de Damien Laplace pour son frère Romain, que ce dernier ne peut reprendre. David Zaina décale alors Pierre Carreton, mais le tir du junior niçois ne trouve guère que la mitaine du gardien adverse. "Le dormeur doit se réveiller", clame la sono de la patinoire. C'est vrai que, finalement, ce début de tiers semble moins bien moins intense que la fin de la deuxième période. C'est Pascal Margerit qui secoue le cocotier, avec un gros tir en pivot, sans réussite toutefois (43'48). Cholet est à trois longueurs, mais reste dangereux, avec par exemple un tour de la cage de Guillaume Drozdz (44'55). Objectivement, le jeu n'est plus très collectif, ce qui fait évidemment les affaires de Nice. Il va sans doute falloir un exploit personnel pour décanter tout ça. En la matière, le public va être servi. Le scénario : un changement de ligne choletais. Un défenseur dégage son camp le long de la bande pour laisser son équipe effectuer ses remplacements... La rondelle bute sur le patin d'un joueur, s'immobilise une fraction de seconde, juste avant de s'envoler dans la palette de l'opportuniste Pierre Carreton. Le plus jeune des attaquants azuréens file vers le but, évite un de ses adversaires et se présente seul face à Jonathan Arveux. L'histoire finit sur le premier but senior de "Pierrot", chaleureusement félicité par ses copains (7-3 à 47'59). Nice est désormais en très bonne position pour l'emporter, même si Cédric Jalet peste de s'être arraché pour rien. Il reste dix grosses minutes à jouer et on voit monter Damien Richard, l'habituel défenseur "de réserve", lequel s'offre d'ailleurs deux belles occasions de marquer.

La seule chose qui manque peut-être au public, c'est le hat-trick d'un de ses attaquants... Pascal Margerit ou Romain Laplace en ont-ils encore la force ? Oui et, une fois n'est pas coutume, c'est le cadet qui brûle la politesse à son aîné. À la sortie d'un jeu collectif d'école mené tambour battant avec son frère, le numéro 18 de Nice signe donc le coup du chapeau (8-3 à 51'08). Le public vibre, chante et applaudit ad libitum. L'ambiance baisse d'un cran sur une mauvaise charge de Martin Dubaj, qui envoie au tapis l'infortuné Romain Germond. Le capitaine choletais quitte ses partenaires, d'abord ramené au banc, puis aux vestiaires, appuyé sur Peter Almasy. C'est peut-être ce coup du sort qui donne aux Dogues l'envie de croquer du Niçois une dernière fois. Toujours est-il qu'au moment où Anthony Miramond et Fabien Tanguy se frictionnent, Guillaume Jacob, à l'autre bout de la patinoire, est tout près de tromper Åkerlund (53'58). Un peu plus tard, une mésentente entre Tomas Banas et Christophe Perez manque de profiter à Jérôme Davoine. L'ancien Rémois se rattrape au moment où la speakerine annonce les deux dernières minutes de jeu. Lancé par son entraîneur Gautier Gustin, il signe le dernier but de la saison à Jean-Bouin (8-4 à 58'01). Nice tente en vain d'avoir le dernier mot : Cédric Jalet ne parvient pas à garder l'équilibre, Jozef Hopjak échoue dans son dernier contre et Tomas Banas ne cadre pas son tir. Au vu du score, personne à Nice ne leur en voudra.

Compte-rendu signé Martin de Kerimel

 

Commentaires d'après-match

Stan Sutor (entraîneur de Nice) : "Tout compte fait, la saison a été positive. Dans la douleur, les mecs ont mis du cur et sont parvenus à suppléer les absents. On finit au milieu du tableau de la poule finale, c'est très positif et encourageant. On a fait quelques très grands matchs cette année, et on n'a pas toujours été récompensés, par manque de réalisme. Je pense qu'on a su jouer avec beaucoup de courage, ce qui fait plaisir pour les gens venus nous encourager. Ce soir, la patinoire était bien garnie, c'est la meilleure récompense pour nos joueurs que de voir que des gens s'intéressent."

Pierre Carreton (attaquant de Nice) : "C'est mon premier but avec les seniors, ça fait plaisir. J'espère que ce ne sera pas le dernier. J'attendais ça depuis longtemps. J'ai un peu de chance, un défenseur adverse veut se dégager le long de la bande, le palet est bloqué par un patin sur un changement. Je le prends, je déborde un joueur, je tire en angle fermé et ça rentre. Notre objectif cette année était d'être en phase finale. On a fini avec de nombreux blessés, ça nous a fait un peu mal. J'espère qu'on va faire une bonne fête tous ensemble, maintenant. À l'année prochaine ? Oui, avec plaisir."

Gautier Gustin (entraîneur-joueur de Cholet) : "En comparaison du match aller, il nous manquait de l'effectif : deux blessés, un suspendu et notre Canadien reparti. À chaque fois, ça peut passer comme ça peut casser, on l'a vu ce soir. Revenir à 3-3 nous a brûlé beaucoup d'énergie et le 4-3 vingt secondes plus tard fait mal. Félicitations à Nice qui a joué sans complexe, à deux lignes eux aussi, ils sont les plus méritants. Ce soir, on est déçu par la défaite, mais on reste satisfait de notre saison, plus que positive. Ma mentalité de compétiteur fait que j'espère faire encore mieux l'année prochaine. Annecy m'aura paru au-dessus du lot cette année, même si Viry n'est pas là par hasard. Dommage que Bordeaux ait été disqualifié, ils auraient eu leur mot à dire. Une quatrième place de D2 donne envie d'aller plus loin. À Cholet, on a de belles installations et un public qui nous suit bien, on a fidélisé un bon millier de personnes. J'aimerai viser la montée l'an prochain, mais c'est une question de moyens humains et financiers. Nous sommes en redressement depuis 2000, avec une dette à éponger sur huit ans. Les finances sont stables, le club est bien géré, il faut laisser le temps au temps."

Guillaume Jacob (attaquant de Cholet) : "La saison se termine enfin, c'est bête de la finir comme ça, alors qu'on pouvait monter sur le podium. Au début de la saison, notre objectif était simplement la phase finale pour obtenir le maintien. On a continué sur notre lancée. Ce soir, on a baissé les bras au mauvais moment, c'était ensuite impossible de revenir. La suite dépendra sans doute de nos moyens financiers. On est en pleine formation, et si on monte trop vite, les jeunes partiront. C'est ce qui s'est passé à Nantes une fois. Je crois qu'il ne faut pas avoir de grosses ambitions trop vite, car on est encore plus déçu après."

 

Nice - Cholet 8-4 (1-1, 5-2, 2-1)

Samedi 9 avril 2005 à 19h15 à la patinoire Jean-Bouin.

Arbitrage de Thierry Espigat et Kamel Kattouche.

Pénalités : Nice 20' (2', 6'+10', 2'), Cholet 8' (2', 6', 0').

Évolution du score :

1-0 à 03'48" : Margerit assisté de Zaina et Dubaj

1-1 à 18'05" : Kubat assisté de Maindron

2-1 à 25'48" : Zaina assisté de Dubaj et Banas

3-1 à 28'19" : R. Laplace assisté de Hopjak et Dubaj

3-2 à 29'08" : Gustin assisté d'Arrial et Kubat

3-3 à 31'00" : Jacob assisté de Gustin (sup. num.)

4-3 à 31'23" : R. Laplace

5-3 à 33'53" : Dubaj assisté de Hopjak

6-3 à 34'48" : Margerit assisté de D. Laplace et R. Laplace

7-3 à 47'59" : Carreton

8-3 à 51'08" : R. Laplace assisté de D. Laplace

8-4 à 58'01" : Davoine assisté de Gustin

 

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