Tours - Grenoble (22 mars 2005)

 

Demi-finale de la Ligue Magnus, première manche.

Ils sont décidément surprenants, ces Diables noirs. Après une saison en tout point remarquable, ils viennent de remporter une nette victoire sur Grenoble dans cette première manche. Ce ne fut pas un match facile, on connaît trop la valeur du collectif et des individualités grenobloises. Mais les joueurs de Millette se sont battus avec leurs armes. Du talent, de l'envie et beaucoup de cur. S'appuyant sur un Ramon Sopko toujours aussi efficace, les Diables noirs ont su annihiler toutes les tentatives grenobloises.

Dès l'entame du match, les Grenoblois décident de se montrer très physiques. L'ASGT joue rapidement et pousse à la faute la défense iséroise : d'abord Jeff Bonnard (3'54), puis Roger Jönsson (4'26) et Laurent Meunier (4'51) qui offrent involontairement une double supériorité numérique. Millette lance son unité spéciale : Jo Roy, Rob Millar, Éric Perricone en attaque, et les deux gros artilleurs Lubomir Duda et Philippe Roy en défense. La mise en route ne tarde pas. Après avoir installé le jeu de puissance, un premier tir de Philippe Roy vient s'écraser sur la rambarde derrière le but de Rolland. Le rebond revient directement dans la palette d'Éric Perricone, qui trompe le portier grenoblois (1-0, 6'21).

Les Brûleurs de Loups ne restent pas sans réaction mais la défense tourangelle ou Ramon Sopko en dernier recours conservent l'avantage. Toutefois, sous la pression des visiteurs, les fautes tourangelles s'accumulent et l'ASGT doit faire face à plusieurs infériorités numériques. Antonoff et Podlaha tentent leur chance, en vain. Un brin agacés, les Grenoblois multiplient les mauvais gestes, et l'arbitre de la rencontre, M. Bergamelli, envoie tour à tour Christophe Tartari et Baptiste Amar sur le banc de la prison. L'ASGT se voit donc offrir une deuxième occasion d'aggraver le score. On connaît - presque - la suite : Millar-Perricone-Jo Roy sur la glace, ça tourne autour de la cage, ça multiplie les passes, et l'ouverture est trouvée par l'homme en forme de l'ASGT, Rob Millar, encore intenable ce soir (2-0, 19'17), un but opportun juste avant la pause.

La deuxième période est largement dominée par Grenoble. Les Diables souffrent mais on dirait qu'ils en redemandent ; c'est aussi un système de jeu qui leur convient parfaitement, puisqu'ils peuvent évoluer en contre. Pour jouer à ce petit jeu-là, il faut deux ingrédients : des joueurs parfaitement solidaires et hyper-motivés, et un gardien de but au top. Ce soir, les deux sont réunis. Grenoble s'évertue à lancer et Sopko arrête, détourne, relance. La cage tourangelle semble un bastion imprenable, puisque même l'angle du but de Sopko renvoie la rondelle. Tous les attaquants grenoblois s'y cassent les dents, rien n'y fait. Même les 2'+10' infligées à Poznik n'y changent rien.

On reste sur ce double avantage au score à la reprise du troisième tiers. Les choses s'accélèrent encore. Grenoble pousse toujours, parfois trop. Hämäläinen puis Amar vont se reposer deux minutes, laissant de nouveau leurs partenaires gérer à trois contre cinq. Mais cette fois-ci, les Diables noirs ne trouvent pas la faille. Au contraire, ce sont les Isérois qui reviennent dans la partie. En supériorité numérique, suite à une faute de Perricone, le slap de Pasi Järvinen, qui vient se loger en pleine lucarne, relance une partie qui est encore loin d'avoir livré son verdict (2-1, 53'54). Silence de cathédrale dans les gradins, à peine troublé par la joie de la dizaine de supporters grenoblois venus soutenir leur équipe.

Qu'à cela ne tienne, Millette lance de nouveau ses infatigables travailleurs Millar-Roy-Perricone, et ses Diables parviennent encore à tromper Rolland. Un but somptueux de Jo Roy. Il récupère le palet suite à une première tentative de Rob Millar, sur un rebond laissé par Rolland. Il contourne la cage, repique au poteau et glisse la rondelle au fond des filets pour un "wrap around" qui laisse Rolland pantois, lui qui était à peine remis de la tentative de Millar (3-1, 56'01). C'est aussi ça la force de Tours, cette année. Cette capacité à réagir, à donner un coup de collier supplémentaire au moment où son adversaire s'y attend le moins.

La suite est facile à deviner. Grenoble joue son va-tout, et le coach Gérald Guennelon fait sortir Rolland. La pression iséroise est maximale, d'autant plus que Benoît Paillet écope de deux minutes pour une obstruction (57'59). Jamais un bon moment. Évidemment, ça chauffe dur. L'ASGT est acculée sur son but, Sopko est sur tous les fronts, la rondelle revient sans cesse dans la zone défensive tourangelle. Il reste quelques secondes, Philippe Roy récupère le palet et parvient à l'envoyer derrière la cage vide de Grenoble. Rob Millar vient au pressing sur les deux défenseurs adverses. Amar, sans que l'on comprenne vraiment comment ni pourquoi, perd le contrôle du palet, et Millar n'a plus qu'à le pousser dans la cage déserte (4-1, 58'35). L'ASGT tient sa première victoire dans cette série. Encore une victoire au mérite, au courage.

Compte-rendu signé E. O'Grady

 

Commentaires d'après-match (dans La Nouvelle République)

Bob Millette (entraîneur de Tours) : "Un gros match de mon équipe. Grenoble a joué physique d'entrée, mais on n'a pas cédé. Grenoble a ensuite haussé le rythme, mais on n'a toujours pas cédé. En fait, nous savions que Grenoble mettrait son quatrième bloc dans le deuxième tiers et on y était préparé. Le fait d'ouvrir le score nous a enlevé une grosse charge. Sopko a réalisé les arrêts clés et, avec son calme, a rassuré l'équipe."

Loïc Sadoun (attaquant de Tours) : "On a connu une grande réussite tandis qu'eux n'ont pas concrétisé sur leurs power-plays. Ramon [Sopko] nous fait gagner le match encore une fois. On avait besoin de ça, il nous rassure. Pour ma part, ma mission consistait à ne pas prendre de buts. Je n'étais pas là pour marquer, c'est frustrant, mais il faut savoir mettre ses humeurs de côté et se dévouer pour le bien de l'équipe."

Gérald Guennelon (entraîneur de Grenoble) : "C'est une déception, le score ne reflète pas la physionomie du match. Nous avons montré un peu trop d'agressivité en début de rencontre. On a payé ces excès en prison. Nos infériorités numériques nous ont coûté cher et, par la suite, on a connu des problèmes de réalisme. Nous n'avons pas été suffisamment présents devant les cages de Sopko. On a manqué de percussion. Il nous faut maintenant aller chercher une victoire pour rester dans la course."

Yven Sadoun (attaquant de Grenoble) : "Notre trop grande envie de bien faire nous a coûté cher. On sait que Tours évolue beaucoup en contres et ils ont bien fait. À ce niveau-là, ce n'est plus la technique qui fait la différence mais le moral, l'envie, le courage... On va garder la tête haute car il n'y a pas péril en la demeure. Quant à mon frère, il est toujours très dangereux avec le palet, il prend beaucoup de pénalités sur lui et il a un gros potentiel. Mieux utilisé, il serait encore plus efficace."

 

Tours - Grenoble 4-1 (2-0, 0-0, 2-1)

Mardi 22 mars 2005 à 20h00 à la patinoire municipale de Tours. 1600 spectateurs.

Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Savice Fabre et Benjamin Grémion.

Pénalités : Tours 32' (8', 6'+10', 8'), Grenoble 20' (10', 4', 6').

Évolution du score :

1-0 à 06'21" : Perricone assisté de P. Roy et Duda (double sup. num.)

2-0 à 19'17" : Millar assisté de J. Roy et Perricone (double sup. num.)

2-1 à 53'54" : Järvinen assisté de Podlaha et Lehtonen (sup. num.)

3-1 à 56'01" : J. Roy assisté de Millar et Perricone

4-1 à 58'35" : Millar assisté de P. Roy (inf. num.)

 

Tours

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Radek Stepan - Philippe Roy (A) ; Jan Supuka - Robert Fail ; Lubomir Duda - Anton Poznik.

Attaquants : Rob Millar - Jonathan Roy - Éric Perricone ; Jan Simko - Loïc Sadoun - Peter Bohunicky ; Kent Gillings - Alon Eizenman - Benoît Paillet ; François Gleize (C).

Remplaçants : Vladimir Hiadlovsky (G), Valère Falck, Gaël Cler.

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland.

Défenseurs : Simon Bachelet - Pasi Järvinen ; Baptiste Amar (A) - Tommi Hämäläinen ; Jean-François Bonnard (A) - Nicolas Favarin.

Attaquants : Roger Jönsson - Petri Lehtonen - Josef Podlaha ; Dominic Forget - Laurent Meunier (C) - Nicolas Antonoff ; Kévin Hecquefeuille - Laurent Deschaume - Yven Sadoun ; Cyril Papa - Christophe Tartari - Romain Bachelet.

Remplaçants : Cédric Dietrich (G), Martin Millerioux. Absent : Benoît Bachelet (fracture du péroné).

 

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