Tours - Dunkerque (25 janvier 2005)

 

Match comptant pour la vingt-cinquième journée de Ligue Magnus.

Piètre spectacle que celui proposé par les Diables noirs et les Corsaires. Le fait marquant de la soirée a été le jeu haché par un grand nombre de pénalités, beaucoup d'accrochages, pour finalement une victoire assez facile des Diables noirs mais qui a tardé un peu à se dessiner.

Côté tourangeau, Millette a à peine eu le temps de profiter d'un banc un peu plus garni défensivement que déjà Supuka est à l'infirmerie et que Pulscak est diminué par une blessure au genou. Jan "TGV" Simko, de retour sur le banc depuis deux matches, fait enfin sa grande rentrée sur le glaçon côté attaque.

Les Corsaires ne se posent pas vraiment de question dans ce début de rencontre et ils campent dans le camp tourangeau sans toutefois inquiéter Ramon Sopko. Et, ce qui sera la marque de fabrique de ce match, la distribution de pénalités, commence à donner le ton à cette rencontre : Gillings (1'14 pour obstruction) puis l'équipe de Dunkerque pour surnombre (3'13). Éric Perricone en profite pour s'illustrer le premier (3'20) sans succès.

Les deux équipes pratiquent alors un jeu assez ouvert, avec beaucoup de mouvements mais peu d'occasions, chacun se neutralisant à l'entrée de sa zone défensive respective. Sur la deuxième pénalité dunkerquoise concédée par Tomas Valko (6'06), les Diables noirs parviennent à se mettre en position tout de suite, et le maître-artificier Anton Poznik décoche son premier slap de la soirée et fait mouche (1-0, 6'32). La machine tourangelle est en marche et double la mise une minute après par Benoît Paillet, servi sur un plateau par Loïc Sadoun, placé derrière le but (2-0, 7'33). La réaction timide des Nordistes donne l'occasion à Sopko de faire valoir son calme et sa maîtrise (7'41). Peu après, une interception de Kent Gillings procure à l'attaquant tourangeau une magnifique opportunité de but mais son lancer heurte le montant droit de Landry Macrez (8'20).

Tours semble bien avoir son match en main et continue de dominer Dunkerque. Peter Bohunicky a deux belles chances de scorer mais il manque son dernier geste (10', 12'08) et il faut dire aussi que le portier dunkerquois fait un bon match. Partie remise donc, tandis que Jan Simko prouve au public qu'il n'a rien perdu de sa vitesse de patinage dans un slalom vertigineux, mais il bute sur Macrez (13'20). Les Corsaires peinent à sortir de leur zone et à se procurer des mises en situation favorable. N'Guyen y parvient toutefois mais son lancer ne peut guère inquiéter Sopko (14'12). Le réalisme tourangeau fait plaisir à voir puisque, dans ce match où les occasions nettes ne sont pas légion, Jan Simko est à la conclusion d'un bon travail de Paillet et Sadoun, en reprenant le rebond laissé par le gardien après le tir de Sadoun (3-0). Et l'ASGT de dérouler d'autant plus que Dunkerque continue de se mettre à la faute (Dubois à 16'32 puis Péan à 18'30) : Poznik et Jonathan Roy n'aggraveront pas le score et le tiers se termine sur une occasion de Becuwe.

Dès la reprise, un peu endormis, les Diables noirs encaissent un but après seulement quarante-quatre secondes de jeu (3-1, 20'44) par Karl Dewolf, dans un moment de flottement. Le palet file entre les jambières de Sopko. Du coup, les Corsaires se sentent pousser des ailes et tentent de revenir le plus rapidement possible dans la partie. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Tours ne développe pas non plus un jeu capable de les contrer. Souvent dans un placement approximatif, manquant de très nombreuses passes, l'équipe tourangelle ne donne pas l'impression de s'appliquer.

Le match prend alors une mauvaise tournure. Oh, pas de grosses fautes bien méchantes, mais de petites chicanes, et M. Bergamelli ne laisse pas passer grand chose. Résultat, beaucoup d'agacement et deux bancs de prison bien chauffés. Il serait fastidieux de retranscrire ici toutes ces pénalités. Il suffit juste de noter qu'entre le but de Dunkerque et la première occasion nette pour Tours (Jan Simko), il se sera passé six longues minutes.

Le jeu reprend alors un peu ses droits avec les deux ex-Villardiens. Le lancer de Kent Gillings est arrêté par la mitaine de Macrez (27'42), puis Rob Millar touche du fer sur un magnifique rush (28'41). De son côté, Dunkerque exploite à fond la moindre faille tourangelle ; exemple, ce break de Jean-Charles Charrette, mais le retour de J.Simko est sublime (30'15) et prouve bien l'abnégation de toute l'équipe pour préserver son but.

De nouveau, une belle série de pénalités, entrecoupée trop rarement de phases de jeu intéressantes comme cette occasion de Grégory Dubois. Son lancer oblige Sopko à un arrêt en deux temps assez délicat (35'01). Sans qu'il y ait véritablement de raison à cela, dans un match à l'enjeu relatif pour les deux équipes, les esprits s'échauffent toujours. Benjamin N'Guyen est l'auteur d'une vilaine charge sur Pulscak. Le défenseur de Tours met quelques instants à récupérer (2'+10' pour le Corsaire, 35'25). Éric Perricone vient se mêler à la cohue générale et écope dans un premier temps de 2'+10', puis devant son attitude peu respectueuse envers l'arbitre, il est exclu. Malgré sa supériorité numérique (double même pendant quelques secondes), Dunkerque ne parvient pas à revenir. Plus rien d'intéressant à noter dans ce tiers, qui vaut plus par les interminables palabres que par les occasions et le beau jeu.

Les Diables noirs rendent la monnaie de leur pièce aux Dunkerquois en marquant un but dès la reprise, et encore plus rapidement. Rob Millar se ballade au cur de la défense nordiste, et sans être réellement inquiété, il marque d'un lancer balayé bien placé (4-1, 40'23). Et les Tourangeaux enfoncent le clou davantage encore avec le but d'Alon Eizenman (5-1, 41'42), concluant le bon travail de Benoît Paillet.

Forte de ses quatre buts d'avance, l'ASGT lève le pied, et c'est Dunkerque qui prend le jeu à son compte. Clément Thomas se crée une première occasion (44'18) et les Corsaires sont récompensés quelques minutes plus tard par l'intermédiaire de Karl Dewolf qui négocie victorieusement une échappée, avec son coéquipier Michaël Bardet, suite à un palet perdu par le dernier défenseur tourangeau (5-2, 47'48). Mais il ne fait pas de doute que la supériorité tourangelle est effective. Alors qu'ils évoluent en infériorité numérique, suite à une pénalité concédée par Eizenman (49'33), les attaquants tourangeaux plus rapides inscrivent un nouveau but. Benoît Paillet envoie le palet dans la lucarne du but de Macrez (6-2, 49'59).

Mathieu Becuwe essaye de tirer parti des rares espaces laissés par Tours mais Sopko, bien qu'ayant peu d'occasion de briller, reste bien présent (51'21). Une nouvelle faute d'un Dunkerquois, en l'occurrence Martindale (54'37), donne l'opportunité à Gillings de tester Macrez (54'37), après un magnifique travail d'Eizenman, juste avant que François Gleize, l'emblématique capitaine des Noirs, ne parvienne à trouver le chemin des filets, en déviant un lancer de Philippe Roy (7-2, 55'24). Les Corsaires ont abdiqué, l'ASGT considère son contrat rempli, par conséquent le chrono défile jusqu'à la fin du match, de nouveau perturbé par les pénalités de Paillet et Thomas (59'17).

Dans ce match à la valeur plus que moyenne, l'ASGT continue d'engranger les victoires à domicile. Le coach canadien Millette pourra probablement en tirer des enseignements et trouver des motifs de satisfaction dans la performance de son attaque, le retour gagnant de Jan Simko et sur la solidité défensive de son équipe, un secteur pourtant encore fragile avec les blessures de Supuka et Pulscak. Le gros motif d'insatisfaction pourrait venir de l'indiscipline de ses joueurs (Perricone probablement suspendu pour le déplacement à Dijon) dans des matches qui ne présentent pas non plus un enjeu considérable.

Compte-rendu signé E. O'Grady

 

Commentaires d'après-match (dans La Nouvelle République)

Alon Eizenman (attaquant de Tours) : "Ce soir, c'était à la fois facile et difficile. Facile parce qu'on a mené rapidement, difficile parce que Dunkerque n'arrête pas de piquer avec la crosse. C'est très limite."

Benoît Paillet (attaquant de Tours) : "Je retrouve de bonnes sensations et je me sens à l'aise avec les autres joueurs qui compose mon trio. Sur mon premier but, je bénéficie d'une superbe passe de Sadoun. Tandis que, sur le second, j'arrive dans la zone et je tire en hauteur car je savais que Macrez se mettrait en style papillon. Je le connais bien car j'ai été champion de France cadet et junior, à Amiens, avec lui et plusieurs autres joueurs de leur équipe. Pour moi, c'est, en quelque sorte, la pleine saison car je n'ai repris la compétition que mi-décembre. J'espère continuer de monter en puissance en même temps que l'équipe en vue des play-offs.

Karl Dewolf (entraîneur-joueur de Dunkerque) : "Dans le premier tiers, ça a été difficile de mettre la machine en route. En effet, nous ne disposons que d'un petit effectif : il n'y a que deux lignes vraiment complètes. Par contre, lors du deuxième tiers, nous avions atteint notre plein régime. Nous avons gagné ce tiers et je crois que ça a vexé les Tourangeaux de se faire battre par une équipe comme nous, qui a peu de talent et qui fonctionne au plaisir. Ensuite, Tours a bien répondu lors du troisième tiers en repartant sur les bases du hockey."

 

Tours - Dunkerque 7-2 (3-0, 0-1, 4-0)

Mardi 25 janvier 2005 à 20h00 à la patinoire municipale de Tours. 1400 spectateurs.

Arbitrage de Jimmy Bergamelli assisté de Mathieu Coquet et Savice Fabre.

Pénalités : Tours 73' (2', 12'+10'+20'+25', 4'), Dunkerque 18' (10', 12'+10', 6').

Évolution du score :

1-0 à 06'32" : Poznik assisté de Pulscak et Eizenman (sup. num.)

2-0 à 07'33" : Paillet assisté de Sadoun et Simko

3-0 à 16'03" : Simko assisté de Sadoun et Paillet

3-1 à 20'44" : Dewolf assisté de Saint-Amant et Dubois

4-1 à 40'23" : Millar assisté de P. Roy

5-1 à 41'42" : Eizenman assisté de Paillet et Gillings

5-2 à 47'48" : Dewolf assisté de Bardet

6-2 à 49'59" : Paillet assisté de P. Roy (inf. num.)

7-2 à 55'24" : Gleize assisté de P. Roy et Millar (sup. num.)

 

Tours

Gardien : Ramon Sopko.

Défenseurs : Anton Poznik - Frantisek Pulscak (A) ; Radek Stepan - Philippe Roy (A) ; Robert Fail.

Attaquants : Rob Millar - Jonathan Roy - Éric Perricone ; Loïc Sadoun - Jan Simko - Benoît Paillet ; Kent Gillings - Alon Eizenman - Peter Bohunicky ; François Gleize (C) - Valère Falck.

Remplaçant : Vladimir Hiadlovsky (G).

Dunkerque

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Grégory Dubois - Karl Dewolf ; Ghislain Folcke - Scott Gordon ; Benjamin Louf - Clément Derepper.

Attaquants : Benjamin N'Guyen - Daniel Saint-Amant - Clément Thomas ; Mathieu Becuwe - Mickaël Bardet - Jean-Charles Charette ; Christophe Eichenholc - Tomas Valko - Arnaud Péan.

Remplaçant : Julien Peyre (G).

 

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