Dunkerque - Clermont-Ferrand (22 janvier 2005)

 

Match comptant pour la vingt-quatrième journée de Ligue Magnus.

Hasard du calendrier, les quatre derniers de la Ligue Magnus s'affrontent ce soir. Si Rapaces gapençais et Dauphins spinaliens se cherchent des plumes (ou des nageoires) dans le chef-lieu des Hautes Alpes, les Corsaires de Dunkerque sont revigorés par leurs derniers résultats à l'heure d'accueillir les Sangliers Arvernes. En effet, les dernières performances des maritimes sont encourageantes : à domicile, une victoire face à Villard et une défaite de justesse face à Morzine, avant une performance aussi convaincante que rassurante dans les Vosges. Quant aux Clermontois, toujours privés de Frédéric Brodin, ils restent tout simplement sur un nul arraché dans l'antre des Diables Noirs de Tours.

Dans une patinoire Michel-Raffoux désormais dotée entièrement de sièges et non plus de bancs dans sa tribune, la rencontre s'annonce équilibrée, avec pour enjeu un bol d'air frais pour s'échapper des bas-fonds du classement. Dès la vingt-sixième seconde, Daniel Saint-Amant se retrouve bien placé face à Lukes, avant que le héros du week-end précédent, Mathieu Becuwe, ne rate le palet alors qu'il était bien placé. Ce dernier récidive par un bon débordement sur la gauche, mais Charette bute deux fois sur le portier tchèque (2'46). Les Clermontois pointent enfin le bout du nez quand Mouly tente de reprendre un palet volant devant le but de Macrez (3'40). Suite à un coup de coude de Luc Mazerolle (3'51), qui permet à son auteur d'inaugurer la prison, Dewolf intercepte un palet et lance de la ligne bleue, à la droite du but auvergnat. Clermont ne sera pas plus heureux dans les minutes suivantes, au cours d'un cinq contre trois consécutif aux pénalités infligées coup sur coup à N'Guyen et Bardet. Landry Macrez s'illustre ensuite à forces égales face à Mazerolle et Mouly (8'20).

De l'autre côté, Karl Dewolf rappelle à Radek Lukes qu'il doit garder sa vigilance par un tir puissant dont il a le secret (9'32). Les Corsaires profitent d'ailleurs de l'obstruction sanctionnée de Mouly (11'20) pour porter le danger sur la cage clermontoise, mais Dubois ne trouve que la patin de son coéquipier N'Guyen, avant que Valko puis Saint-Amant ne tentent de s'infiltrer de leur côté. On pense le match bloqué lorsque, revenus à égalité numérique, les Sangliers Arvernes portent le danger sur la cage nordiste, mais Jean-Michel Bortino ne peut reprendre un palet qui file dangereusement devant le but ; ce n'est que partie remise : suite au travail de Gavalda et Jeannette, il se voit proposer une deuxième chance de battre Macrez, qu'il ne laisse pas passer, battant de près l'ancien Rouennais (0-1, 14'23). Comme à leur habitude ces derniers temps, les Corsaires vont bien heureusement se servir de ce coup du sort pour mettre les bouchées doubles dans leurs velléités offensives : la pression se fait sentir devant le but auvergnat, par Saint-Amant et Charrette, sans réussite, mais Clermont est acculé et Dian prend deux minutes pour une charge avec la crosse (14'51). Sur la supériorité numérique, Becuwe trouve le poteau, puis Dubois tire de peu à côté après avoir été bien décalé sur la gauche. Clermont s'en sort encore, comme sur les deux tentatives de Dewolf (16'55) parti à l'abordage. Le tiers se termine par une nouvelle supériorité numérique pour les locaux, mais Lukes est encore vigilant face à Dubois (tir à la bleue) et surtout Saint-Amant bien seul dans l'enclave suite à une bonne mise sur orbite de N'Guyen (19'40).

La deuxièle période voit la fin de l'avantage numérique dunkerquois, sans succès, mais dès le retour à cinq contre cinq, Becuwe trouve bien Jean-Charles Charrette esseulé à droite. Le Canadien ne se fait pas prier pour remettre les pendules à l'heure (1-1, 21'22). Après une bonne intervention de Macrez face à Nilly, son vis-à-vis se met en valeur face à Bardet, suite à un bon travail derrière la cage initié par Charette (23'06), puis devant N'Guyen, et Charette en deux temps (5'49). Ce dernier, non content d'avoir égalisé, est en effet déchaîné. Il profite d'une mauvaise relance adverse pour battre Lukes de près, plaçant la rondelle sur le côté droit du but clermontois (2-1, 26'26). Dubois maintient la pression par un tir à la bleue, imité qu'il sera par Dewolf. Clermont est acculé, poussé à la faute, à l'image de son défenseur américain Carl Michaelson (deux minutes pour retenir) et de deux de ses joueurs qui se percutent involontairement lors d'un changement de ligne. Becuwe n'a que faire de ces figures imposées et combine parfaitement, avant que Saint Amant ne force le gardien auvergnat à s'illustrer à la crosse (8'23).

Les visiteurs se retrouvent au complet pour... une seconde, le temps pour Mouly d'écoper de deux minutes pour crosse haute. Gordon s'illustre alors d'un tir de loin, Charrette tire quant à lui au-dessus (9'51), puis la tentative de Dewolf est bloquée par le portier (10'53). À cinq contre cinq, Nilly (11'35), Jeannette puis Dian (12'27) tentent enfin quelque chose, mais Macrez est tranquille. Clermont sort la tête de l'eau, mais pour mieux replonger dans ses travers et son indiscipline, ce qui permet au navire dunkerquois de repartir de plus belle : un bon travail de Valko et Saint-Amant permet à Lukes de poursuivre sa belle prestation (14'38). Clermont n'est alors dangereux qu'en supériorité : Mrena (16'30) inquiète le dernier rempart des bleus, puis Dian essaie d'y aller tout seul, sans plus de réussite. Après une charge avec la crosse de Kelley sur Valko qui semblait pouvoir s'échapper vers le but, le capitaine Grégory Dubois lance la dernière banderille du tiers, depuis la ligne bleue (18'11).

Le dernier acte commence comme s'est terminé le deuxième, cette fois c'est Ghislain Folcke qui est stoppé dans ses élans. Yann Lecompère riposte par une infiltration, mais son tir n'est pas assez appuyé pour mettre en difficulté Macrez (41'46). Le tac au tac continue par Dewolf, qui part seul et voit son tir repoussé par Lukes (43'26), avant de même s'occuper de remporter une mise au jeu délicate en infériorité dans sa zone défensive... Les visiteurs connaissent une bonne période : François Martin profite d'un bon travail de Mouly et Mazerolle, le premier travaillant derrière la cage avant de faire écran devant le but dunkerquois (45'10). Dunkerque est acculé, la pénalité infligée à Dewolf pour cinglage mettant les Nordistes en difficulté. À cinq contre trois, Lionel Simon tente de rétablir l'égalité, puis Macrez intervient devant Luc Mazerolle, bien décalé par son capitaine Nilly (46'40). Ce même Mazerolle qui ne peut reprendre un palet suite à un tir à la bleue de François Martin, avant que Jeannette n'échoue dans sa tentative de rediriger un palet à la trajectoire hésitante. Les Corsaires profitent de leur retour à égalité numérique pour reprendre leurs velléités offensives : après une bonne infiltration de Folcke, Bardet se retrouve seul devant Lukes, qui mystifie l'ancien Amiénois d'un réflexe dont il a le secret ; dans la continuité, Valko tente alors d'envoyer le palet dans une cage quasi vide (le portier n'est pas sur ses appuis) mais il est trop décalé et son tir n'est pas cadré (48'14). L'alerte est énorme sur la cage auvergnate, elle sera encore de mise dans les deux minutes suivantes, la charge de Jeannette ayant été sanctionnée. N'Guyen (48'37), puis Dewolf (48'59), puis les deux ensemble mettent l'ancien dernier rempart de Gap à l'épreuve... Rien n'y fait, les Corsaires ne marqueront pas en supériorité ce soir, même si ce n'est pas faute d'avoir essayé. Les deux équipes sont à égalité numérique... trois secondes, le temps pour l'ancien entraîneur-joueur dunkerquois et désormais capitaine clermontois Frédéric Nilly d'aller se reposer deux minutes suite au retard de jeu infligé à un Lukes jusque là irréprochable (50'17). Le feu follet Charette envoie de la droite en direction de l'enclave, espérant une reprise, mais personne n'est à l'arrivée, Dubois qui récupère tirant ensuite au-dessus. À la fin de la pénalité, Valko ne pourra concrétiser une bonne occasion à trois contre un. Même si une tentative de William Mouly rappelle aux locaux qu'il n'y a toujours qu'un but d'écart entre les deux formations, Lukes s'illustre encore devant N'Guyen et l'inévitable Charette, puis, suite à une nouvelle faute des blancs (charge incorrecte du jeune Gavalda), il stoppe la tentative de Saint Amant consécutive au travail de Bécuwe. Dewolf (au-dessus) et Gordon (à côté, 14'54) ratent le coche. Dunkerque aurait dû se mettre à l'abri.

Sarliève de loin (56'20) et Roux par une belle infiltration (55'55) tentent de rétablir l'égalité mais Macrez paraît serein. Valko soulage son gardien en gagnant de précieuses secondes, récupérant un palet dans la défense, empêchant ensuite la relance des Sangliers, puis tentant une "Dewolf" (accélération dans la défense adverse et tir puissant). Mais à 58'04, il va involontairement compliquer la tâche des siens, en prenant deux minutes pour cinglage. Autant dire que la fin de match s'annonce délicate. Clermont installe d'entrée son jeu de puissance, mais Dunkerque se dégage une première fois, puis une deuxième par un Karl Dewolf omniprésent. Kelley tente alors de relancer la machine, mais Bécuwe permet à son équipe de souffler en plaçant au fond. Pas de dégagement interdit, infériorité numérique oblige, et Bardet en profite pour pivoter et viser la cage vide, sans toutefois trouver le soulagement définitif. Provisoirement, car Dunkerque emporte finalement deux points mérités qui lui permettent de passer devant son adversaire du soir, et de prendre la douzième place de cette Ligue Magnus.

Compte-rendu signé Mathieu Hernaz

 

Commentaire d'après-match

William Mouly (attaquant de Clermont-Ferrand) : "Comme dans tout match, nous savions qu'il y aurait des situations d'infériorité numérique, mais là c'était encore plus difficile physiquement du fait des fautes commises. Dunkerque a joué sérieusement, même si nous leur avons bien laissé la possibilité de développer leur jeu. Pour cette fin de saison, nous allons comme toujours nous battre, car nous avons une bonne équipe qui peut faire quelque chose de bien."

 

Dunkerque - Clermont-Ferrand 2-1 (0-1, 2-0, 0-0)

Samedi 22 janvier 2005 à 18h45 à la patinoire Michel-Raffoux. 700 spectateurs.

Arbitrage de Thierry Calamoneri assisté de Benjamin Grémion et Yann Ruault.

Pénalités : Dunkerque 16' (6', 4', 6'), Clermont-Ferrand 24' (10', 8', 6').

Évolution du score :

0-1 à 14'23" : Bortino assisté de Jeannette et Gavalda

1-1 à 21'22" : Charette assisté de Bécuwe et Gordon

2-1 à 26'26" : Charette assisté de Guillemot

 

Dunkerque

Gardien : Landry Macrez.

Défenseurs : Karl Dewolf - Grégory Dubois (C) ; Ghislain Folcke - Scott Gordon ; Benjamin Louf - Benoît Guillemot.

Attaquants : Mathieu Becuwe (A) - Mickaël Bardet - Thomas Valko ; Daniel Saint-Amant (A) - Jean-Charles Charette - Benjamin N'Guyen ; Christophe Eichenholc - Clément Thomas - Arnaud Péan.

Remplaçants : Julien Peyre (G), Clément Derepper.

Clermont-Ferrand

Gardien : Radek Lukes (remplacé par Camille Vigier de 27'30 à 27'43)

Défenseurs : Andrej Mrena - Lionel Simon ; François Martin (A) - Carl Michaelson ; David Sarliève - Yann Lecompère.

Attaquants : Michal Dian - Frédéric Nilly (C) - Christophe Roux (A) ; Paul Kelley - Luc Mazerolle - William Mouly ; Cyril Gavalda - Jean-Michel Bortino - Martin Jeannette.

 

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