Nice - Toulon (15 janvier 2005)

 

Match comptant pour la quatorzième journée de la division 2, poule est.

Cette fois, les Niçois n'ont pas le dos au mur, mais presque. À deux matchs de la fin de la première phase de leur championnat, les Aigles ne peuvent plus rien lâcher s'ils veulent se qualifier pour le play-off de D2. Problème : en face, il y a Toulon, un club lui aussi en lice pour l'une des deux dernières places réservées aux équipes de l'Est, et qui a déjà battu Nice cette saison. Dans cette partie pratiquement à quitte ou double, les deux camps savent que la marge d'erreur est désormais très limitée.

À domicile, les hommes de Stan Sutor sont logiquement les premiers à se mettre en action. En moins de cinq minutes, ils font plier à deux reprises leurs adversaires. Leur excellent pressing offensif conduit d'abord à l'ouverture du score, quand un bon jeu collectif offre un palet en or à Christophe Perez. Ni une ni deux, le jeune défenseur contrôle et, d'un maître slap, prend l'infortuné Martin Lopaska de vitesse (1-0 à 1'55). Moins de deux minutes plus tard, le buteur devient passeur pour son capitaine, Pascal Margerit, qui fait lui aussi fructifier son très bon début de partie (2-0 à 3'34). La fête à la maison pour Nice ? Pas vraiment, car, entre ces deux belles réalisations, Tim McLean s'est blessé sur sa première montée. L'attaquant de la troisième ligne doit abandonner ses coéquipiers dès l'entame du match et c'est une sale nouvelle. Une nouvelle fois touché à l'épaule, il comprend bien vite qu'il sera obligé de se faire opérer, ce qui met un terme prématuré à sa saison. Cette déconvenue n'empêche toutefois pas les Aigles de continuer à pousser. Personne ne se contente de ce 2-0 et il faut attendre la sixième minute pour voir les Toulonnais répondre aux incessantes attaques de leurs hôtes. C'est Jozef Drzik qui envoie un premier palet chaud, à droite de la cage de Patrik Åkerlund (5'22). Tout de suite après, les Niçois s'offrent au moins deux occasions franches, par Romain Laplace puis par Anthony Miramond. Le premier est pris de vitesse, le second trop collectif : le score ne bouge pas. Toulon a même un léger regain de forme, mais à l'image de toute une équipe, la défense des locaux joue pour l'heure très bien le coup.

Frisson dans les tribunes de Jean-Bouin : un tout petit relâchement et Julien Rives s'offre un face-à-face avec Patrik Akerlund, contraint de sortir très loin de son slot. Le Boucanier n'a pas la vista suffisante pour conclure, mais le coup est passé très près. Coup de crosse dans l'eau, pourrait-on dire, car les Aigles poursuivent leur domination. Mehdi Belhassen "enrhume" Sylvain Girard et ne peut conclure (9'08). Les visiteurs se rebellent malgré tout, avec un bon shoot du même Girard, précédée d'une frappe à bout portant de son buteur, Nicolas Casini. Le jeu s'équilibre l'espace de quelques minutes, Toulon profitant même d'une supériorité numérique après un "accrocher" sifflé contre Christophe Perez. Même à forces égales, les Boucaniers commencent à avoir de belles occasions. Et le coup de massue tombe au moment où on s'y attend le moins : sur une merveille de contre, Tomas Banas lance Yves Cruz, qui trompe Martin Lopaska (3-0 à 15'24). Le but du KO signé de la troisième ligne ! Tout fier, l'ex-Villardien relève légèrement son maillot et laissant apparaître un T-shirt immaculé : les blancs, comme ils s'appellent entre eux du fait de leur couleur d'entraînement, viennent de frapper un grand coup. Toulon, groggy, peut s'estimer heureux que le score en reste là à la fin de la période. La porte du play-off semble s'ouvrir pour Nice.

Le deuxième tiers commence comme le premier, en tout cas quant à l'évolution du score. Peut-être juste un tout petit peu moins vite, en fait. Toulon n'a pas le temps de profiter de son engagement gagné, ou si peu. Les Varois se créent quelques petites occasions, certes, mais en moins de six minutes, ils vont encore prendre deux gros coups sur le casque. Le premier est signé de Christophe Perez, qui profite d'un énorme travail d'Anthony Miramond, bien relayé par Pierre Carreton, pour trouver une nouvelle fois le chemin des filets (4-0 à 22'16). Richard Brodeur patiente encore un peu et finit par changer son gardien, Johan Merbah entrant en jeu pour suppléer Martin Lopaska (23'37). Un vrai coup dur pour le Slovaque qui s'était montré intraitable au match aller. La nervosité semble alors saisir toute son équipe, à l'image de Jozef Drzik, sanctionné de deux minutes pour dureté. Paradoxalement, c'est d'abord Sylvain Girard qui s'offre une occasion, l'ancien Niçois manquant de peu de profiter d'une petite erreur de Patrik Åkerlund. Mais finalement, le jeu de puissance s'installe vite et sourit aux Aigles, quand Martin Dubaj perce les filets varois (5-0 à 25'21). Toulon a désormais la tête sous l'eau. C'est dur, très dur pour les visiteurs ce soir. Presque logiquement, le jeu se durcit. Les pénalités s'accumulent et, en moins de quatre minutes, un Boucanier et quatre Aigles sont invités à aller se calmer sur le banc de la prison. Alors que Nice joue en infériorité numérique, Åkerlund finit par s'incliner sur une bonne combinaison adverse, conclue par Julien Rives (5-1 à 31'04). Le ton monte encore puisqu'une méconduite punit simultanément Christian Ferland et Christophe Perez avant même que l'engagement soit redonné.

Le derby va-t-il dégénérer ? Les Niçois préféreraient sans doute en rester là. Le meilleur moyen d'y arriver serait évidemment de marquer un nouveau but. C'est ce que croit avoir réussi Pierre Carreton, mais le jeune attaquant est finalement privé de sa première réalisation chez les seniors sur une décision arbitrale. Partie remise ? Pas vraiment. Une fois n'est pas coutume, c'est Pascal Margerit qui perd un palet, et qui offre une occasion franche à Pierre Deruddre. Raté ! Margerit, on va le retrouver sur l'action suivante, beaucoup plus grave pour lui : le capitaine niçois est violemment chargé par Jan Leibnitz, lequel écope finalement de... deux minutes de pénalité (34'43). Acte délibéré ou simple accident, toujours est-il que le numéro 20 des Aigles doit à son tour abandonner ses partenaires, nez cassé et cervicales endolories. Une très mauvaise nouvelle. KO elle aussi, la formation azuréenne donne à présent du gîte. Malgré une bonne percée de Mehdi Belhassen, c'est Toulon qui prend instantanément un petit ascendant, et pas seulement sur le plan psychologique. Julien Rives tente plusieurs fois sa chance et Pierre Carreton ne parvient toujours pas à marquer. C'est finalement le Toulonnais qui a le dernier mot. Il reste moins d'une minute à jouer en deuxième période quand il transperce la défense pour inscrire son second but de la soirée (5-2 à 39'01). Les dernières secondes du tiers-temps se jouent essentiellement en zone varoise, mais les hommes de Richard Brodeur plient sans rompre. Nice, qui avait pourtant le match bien en main, a peut-être bien relancé son rival.

Pour cette troisième et dernière période, les locaux savent donc à quoi s'en tenir : si rien ne change dans vingt minutes, ils seront assurés de disputer le playoff. Sont-ils encore fébriles à cette perspective ? Possible, car ils perdent d'emblée l'engagement, même si le palet échoue finalement dans la crosse de Dubaj. Toulon presse fort et, très vite, Nicolas Casini lance un 2 contre 1 avec Julien Rives, que son buteur de coéquipier ne peut convertir. Les joueurs de Stan Sutor sont sur des charbons ardents et Giani Sarcinelli n'est pas bien loin de commettre une lourde erreur : heureusement, Åkerlund, lui, veille au grain. Ce sont bien les Varois qui ont le contrôle des opérations et on sent que le résultat est finalement bien loin d'être acquis. Les jeunes Aigles, à l'image de Damien Laplace ou Pierre Carreton, ont certes quelques occasions, mais n'arrivent pas à les concrétiser. Le temps joue pour Nice, c'est vrai, mais l'équipe azuréenne bafouille son hockey. En toute logique, elle finit donc par le payer, quand Christian Ferland profite d'un certain faux rythme pour inscrire un joli but (5-3 à 44'12). Presque tout de suite après, Giani Sarcinelli et Romain Laplace sont envoyés en prison, ce qui laisse les Niçois à trois contre cinq. Le tournant du match ? Pas vraiment, en fait. Intelligemment, Stan Sutor lance ses trois compatriotes dans la bagarre : Jozef Hopjak, Tomas Banas et Martin Dubaj parviennent à tuer les deux pénalités. Leur équipe en profite pour s'enhardir et Anthony Miramond négocie un bon palet après un engagement réussi. Giani Sarcinelli et Yves Cruz ont eux aussi une belle occasion, malheureusement vendangée. Il faut toutefois rester vigilant, puisque Nicolas Casini oblige Åkerlund à sortir loin de ses bases, et c'est la vista de Christophe Perez qui préserve la cage des locaux. L'ardeur au combat des Niçois les sauve pour le moment, mais on sent encore bien que le match peut tourner, surtout quand Martin Dubaj va humer l'air du cachot (48'54). Plusieurs occasions franches toulonnaises, par Girard, Drzik ou encore Brodeur ne changent finalement rien au score.

Partie remise ! À la suite d'un dégagement interdit, Toulon obtient le droit d'engager dans la zone défensive niçoise. Il ne faut alors que cinq petites secondes à Mathieu Coulon, bien aidé par Leibnitz, pour tromper la vigilance du portier niçois (5-4 à 51'05). Plus qu'un but d'écart ! Les Niçois sont presque remontés par leurs adversaires. Une vilaine peur saisit alors les travées de la patinoire Jean-Bouin, où le souvenir du piteux match aller est encore bien présent. Les Aigles craqueraient-ils de nouveau ? Au contraire, et enfin, ils se révoltent. Heureusement pour le cur de leurs supporteurs, le dixième but de la soirée est signé Damien Laplace (6-4 à 54'11). Il reste moins de six minutes mais, dans cette partie complètement folle, rien ne semble joué encore. Toulon ne presse pas vraiment, mais Nice, qui a perdu deux combattants ce soir, est fatigué. Dans ces cas-là, on attend beaucoup des leaders offensifs. Gagné ! Muet jusqu'alors, Jozef Hopjak sort de sa léthargie au bon moment et s'offre enfin le but du grand écart (7-4 à 56'03). La sono de la patinoire joue "Thriller" et pourtant, les Niçois sont désormais rassurés. Un peu trop, peut-être. Alors qu'ils multiplient les dégagements interdits, leurs voisins toulonnais décident de ne pas s'en laisser conter et ramènent l'écart à deux buts, par l'intermédiaire de Nicolas Casini (7-5 à 56'47). Quelle fin de match ! C'est désormais Mehdi Belhassen qui décide qu'il faut conclure les débats.. Sur une merveille de jeu collectif, le jeune attaquant niçois plante une nouvelle banderille dans le dos de Johan Merbah (8-5 à 57'20). Christophe Perez, plein axe, est tout près de corser encore l'adition. De l'autre côté, Sylvain Girard, lui, manque de peu de l'adoucir. Le jeu se délie, les collectifs se disloquent mais le score est définitif. Au bout de l'effort, Nice est qualifié.

Compte-rendu signé Martin de Kerimel

 

Commentaires d'après-match

Michael Medioni (président de Nice) : "C'était un match difficile, car les deux équipes sont très proches. Les joueurs méritent leur qualification, ils sont allés chercher cette victoire avec le cur et ont montré que cette équipe avait une âme. Les sorties de Tim et de Pascal ont handicapé l'effectif mais cette victoire est d'autant plus belle que ce sont les jeunes qui sont allés la chercher. Quoiqu'il puisse nous arriver par la suite, l'année aura été belle. Aujourd'hui, il est prématuré de se fixer des objectifs plus ambitieux. L'objectif principal est atteint, maintenant, c'est que du bonheur. Il faut que les jeunes continuent à progresser et à se faire plaisir. Je suis ce soir un président heureux et fier de son groupe."

Giani Sarcinelli (défenseur de Nice) : "Oui, ça a été un beau match. À chaque fois qu'on marquait, ils marquaient eux aussi. C'est sur des matchs comme ça que l'équipe va progresser. On va resserrer nos liens. Je pense qu'on était chez nous, qu'on a toujours été devant et qu'il n'y avait pas à stresser. On a su montrer qu'on avait de la volonté. Les changements de ligne ? A cause des blessés, j'ai dû pour ma part jouer en attaque et en défense. C'était donc un match particulier, mais ça s'est bien passé. J'espère qu'il va nous servir de tremplin. Contre Viry la semaine prochaine, je pense donc qu'on peut créer la surprise."

Richard Brodeur (entraîneur-joueur de Toulon) : "Nice mérite de gagner ce soir, on a mis trop longtemps à entrer dans le match. On aurait dû calmer le jeu à 5-4, tourner plus, mais il n'y a rien à dire. On avait alors changé de tactique et ça nous a porté chance, on les attirait pour les prendre en contre. Mais au premier tiers, on a été dominé de A à Z. Vous savez, on est des joueurs amateurs, on paye notre matériel et nos repas lors des déplacements. Le problème est qu'on n'a pas non plus de gardien d'expérience. Martin est un ancien joueur, je l'ai laissé au départ car il avait fait un bon match à l'aller. Quant à Yohan, il a fait son match. Je souhaite bonne chance à Nice. On va désormais aller jouer à Chambéry sans pression et c'est sûr qu'on aura un peu plus les crocs. Si on les bat, tant mieux. Sinon, on devrait partir avec huit points pour jouer le maintien. On va être bien."

 

Nice - Toulon 8-5 (3-0, 2-2, 3-3)

Samedi 15 janvier 2005 à 19h15 à la patinoire Jean-Bouin.

Arbitrage de Thierry Espigat et Kamel Kattouche.

Pénalités : Nice 28' (4', 8'+10', 6'), Toulon 22' (4', 8'+10', 0').

Évolution du score :

1-0 à 01'55" : Pérez assisté de Belhassen et Miramond

2-0 à 03'34" : Margerit assisté de Pérez

3-0 à 15'24" : Cruz assisté de Banas

4-0 à 22'16" : Pérez assisté de Carreton et Miramond

5-0 à 25'21" : Dubaj assisté de R. Laplace et Banas (sup. num.)

5-1 à 31'04" : Rives assisté de Ferland (sup. num.)

5-2 à 39'01" : Rives assisté de Girard et Drzik

5-3 à 44'12" : Ferland assisté de Drzik

5-4 à 51'05" : Coulon assisté de Leibnitz

6-4 à 54'11" : Banas assisté de R. Laplace et Jalet

7-4 à 56'03" : Hopjak assisté de Belhassen et Cruz

7-5 à 56'47" : Casini assisté de Rives et Ferland

8-5 à 57'20" : Belhassen assisté de Hopjak et Miramond

 

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