Bordeaux - Cholet (18 décembre 2004)

 

Match comptant pour la douzième journée de la division 2, poule ouest.

Tous les amateurs de hockey à Bordeaux avaient marqué d'une croix rouge depuis longtemps cette date du 18 décembre 2004, jour des retrouvailles entre les Boxers et leur antre de Mériadeck. Et ils n'ont pas été déçus du spectacle : une patinoire surchauffée avec la présence de plus de 3000 spectateurs, un duel au sommet contre le leader Cholet et pour conclure une large victoire après un match mené de main de maître par des Boxers euphoriques, qui leur permet de se replacer dans la course aux play off. Récit d'un soir de gala à Bordeaux...

Les Boxers se devaient de ne pas rater leur début de match pour ne pas avoir à subir une pression trop importante. Dés les premières minutes du match, ils s'installaient dans le camp choletais grâce à un pressing haut. Et leurs efforts allaient être très rapidement récompensés puisqu'ils ouvraient le score dès la deuxième minute grâce à un rebond pris par leur capitaine Sylvain Humeau. Les Bordelais ne relâchaient pas leur pression, et deux minutes plus tard, ils doublaient la mise : Tartari décalé sur le côté droit du but faisait une passe latérale forte qui passait devant le but et le palet était repris victorieusement par Mario Poularas en embuscade. Moins de cinq minutes de jeu et le break était déjà fait. Les Boxers asphyxiaient littéralement des Dogues totalement incapables de réagir et se procuraient un nombre invraisemblable d'occasions de but : breakaway de Decock et tir au-dessus de Tartari idéalement servi par une passe en retrait de Szabados. Le tir de pénalité choletais de la huitième minute, que le Daniel Spasic s'offrait le luxe de bloquer de la mitaine, n'était qu'un accident, et Bordeaux continuait de dominer outrageusement ce premier tiers, une pression de tous les instants qui portait ses fruits sur une superbe action collective : lancé face au but, Jérôme Patard donnait le palet à Guillaume Herraiz qui lui remettait dans la course sans contrôle entre le dernier défenseur et le gardien. Il n'avait donc plus qu'à pousser la rondelle dans les filets. Les bordelais complètement survoltés ne comptaient pas en rester là, et quelques secondes plus tard, Stéphane Tartari profitait de l'apathie des défenseurs de Cholet pour inscrire le quatrième but de son équipe grâce à un bon tir à mi-distance. 4 à 0 à la fin du premier tiers face au leader, personne à Bordeaux n'aurait osé l'espérer. Et pourtant, l'addition aurait pu être encore plus lourde à l'issue de ces vingt premières minutes de jeu...

Le deuxième tiers allait être beaucoup moins riche en buts. En effet, les Dogues, sans doute vexés par cette démonstration bordelaise, durcissaient le jeu et essayaient d'imposer leur physique. Et force est de reconnaître qu'à ce petit jeu, les visiteurs se montraient redoutables. Les pénalités s'accumulaient pour les deux équipes, mais ce sont les Boxers qui, contre toute attente, subissaient le plus sévèrement les foudres des arbitres (une pénalité majeure assortie d'une méconduite de match à Poularas pour un piquage, dix minutes de pénalité pour méconduite à Patard et Duollé et quatre pénalités mineures). Plus souvent en infériorité numérique, les Bordelais serraient les lignes et parvenaient à maîtriser leur adversaire grâce à une combativité et une solidarité sans faille. Mieux, à la vingt-cinquième minute, Tartari inscrivait un but après un dribble superbe sur le portier visiteur : malheureusement, les arbitres le refusaient parce que la cage avait bougé, ce qui n'était vrai qu'après que le palet eut franchi la ligne. Dix minutes plus tard, ce sont les visiteurs qui se voyaient refuser un but, mais c'était cette fois tout à fait justifié puisque l'attaquant des Dogues avait poussé le palet du patin dans le but vide. Aucun but marqué, une avalanche de pénalités, ce deuxième tiers n'avait pas atteint des sommets de qualité.

La troisième période allait nous faire oublier ce tiers un peu décevant. Les Bordelais reprenaient le jeu en double supériorité numérique (Kubat avait notamment pris une pénalité de match pour un coup de tête) et s'installaient comme lors du début de match dans le camp adverse. La domination était totale, et c'est sur une phase à cinq contre quatre, après une prison de Kotze pour faire trébucher, que les Boxers réussissaient enfin à inscrire leur cinquième but de la soirée : le jeu de puissance mis en place, Guillaume Arnould héritait d'un palet à la ligne bleue, et d'un puissant lancer axial il trompait le gardien choletais, coupable au passage d'une petite erreur de main. Toujours aussi motivés, les Bordelais continuaient leur démonstration et c'est Arnould qui réussissait le doublé grâce encore à un énorme slap de loin en supériorité numérique. Dans les buts, Spasic enrayait efficacement les quelques timides offensives choletaises. Une action collective superbe pour finir : Humeau donnait le palet à Szabados, ce dernier, dos au but, faisait sans amorti une passe en retrait à Patard, qui reprenait de volée la rondelle et nettoyait la lucarne du gardien de Cholet ! Vraiment du très beau hockey...

À 56'40", les deux points de la victoire enfin dans la poche, Stéphane Tartari décidait de faire participer à la fête le deuxième gardien bordelais Tommy Fiévet. Mais en guise de cadeau, c'est un cauchemar que devait vivre le jeune remplaçant : deux attaques visiteuses pour autant de buts en moins d'une minute, d'abord par Nicolas Maindron en breakaway puis par Guillaume Drozdz qui poussait dans le but un palet envoyé sur le poteau par Fiévet. Les derniers instants permettaient néanmoins à ce dernier de se ressaisir en réussissant deux arrêts. Et aux Boxers de savourer cette magnifique victoire avec une ola lancée dans les travées d'une patinoire Mériadeck conquise...

Les Boxers devaient absolument gagner ce match, d'abord pour rester en lice pour la qualification, et pour envisager aborder dans des conditions favorables l'éventuelle ultime phase de la course à la D1 (en effet, Bordeaux n'avait pris que peu de points face aux outsiders de cette poule, ce qui risquait de constituer un handicap trop important en phase finale). Mais aussi pour espérer reconquérir, grâce à une opération de gala parfaitement organisée et promue dans les média, un public qui avait déserté depuis longtemps les gradins de Mériadeck. Et ils ont été à la hauteur, au-delà de ce que nous pouvions espérer, en dominant outrageusement les leaders de la poule ouest de D2. Grâce à cette grande performance, ils se replacent dans la course à la montée.

Côté bordelais, il est très difficile de dégager des individualités, tant l'ensemble de l'équipe a su parfaitement élever son niveau de jeu : d'abord grâce à un jeu collectif impressionnant, et dans les moments plus difficiles du deuxième tiers, grâce à une solidarité et une détermination exceptionnelles. Néanmoins, quelques joueurs ont réalisé des prestations à souligner : d'abord, et c'est une habitude, Stéphane Tartari, véritable meneur et moteur de cette équipe, et Daniel Spasic, toujours aussi serein et rassurant dans ses interventions (un tir de pénalité stoppé et 22 arrêts). Ensuite, Igor Szabados, qui commence à montrer l'étendue de son potentiel, avec un patinage très efficace et une volonté évidente de faire jouer ses partenaires. Et enfin, un défenseur, Guillaume Arnould, très efficace en défense et précieux offensivement grâce à son lancer très puissant, et une recrue de qualité, Jérôme Patard, qui a évolué en élite avec l'Hormadi d'Anglet.

Côté choletais, beaucoup de déceptions. Si le match aller avait permis de découvrir une équipe très solide, celui de samedi soir a montré les limites évidentes de cet effectif, en particulier au niveau défensif. Amorphes tout le long de la rencontre, ils n'ont été que les fantômes d'eux-mêmes, incapables de réagir et de sortir la tête de l'eau. Seul leur gardien, Josef Janca, en dépit des sept buts encaissés, a réussi à peu près à tirer son épingle du jeu et à surnager au milieu de ce naufrage collectif...

Compte-rendu signé Jean-Philippe Métayet

 

Bordeaux - Cholet 7-2 (4-0, 0-0, 3-2)

Samedi 18 décembre 2004 à 18h00 à Mériadeck. 3000 spectateurs.

Arbitrage de Guillaume Cisneros et Guillaume Barthe.

Pénalités : Bordeaux 84' (2', 8'+10'+10'+5'+20', 4'+25'), Cholet 68' (2', 8'+25', 8'+5'+20').

Évolution du score :

1-0 à 02'12" : Humeau assisté de Tartari

2-0 à 04'19" : Poularas assisté de Tartari et Szabados

3-0 à 18'41" : Patard assisté de Szabados et Herraiz

4-0 à 19'19" : Tartari

5-0 à 43'58" : Arnould assisté de Szabados et Patard (sup. num.)

6-0 à 47'00" : Arnould assisté de Tartari et Humeau (sup. num.)

7-0 à 56'40" : Patard assisté de Szabados et Humeau (sup. num.)

7-1 à 57'03" : Maindron assisté de Lecoublet

7-2 à 57'49" : Drozdz assisté de Davoine

 

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