Grenoble - Anglet (27 novembre 2004)

 

Match comptant pour la seizième journée de la Ligue Magnus.

Après l'intermède de la coupe de France qui a vu les deux équipes se qualifier, Grenoble et Anglet retrouvent les joutes de la Ligue Magnus pour le compte de la première journée des matches retour. Les Angloys, peu à l'aise en déplacement, viennent pourtant de connaître leur première victoire sur la route à Clermont, une première suivie d'une grosse désillusion sous la forme d'une défaite concédée à domicile contre la lanterne rouge Dunkerque. Une réaction est donc espérée du côté basque, mais la tâche s'annonce difficile face aux Brûleurs de Loups, une équipe qui leur réussit guère puisqu'il ne l'ont pas battue en championnat depuis décembre 2000.

Les Grenoblois, entreprenants dès le début de la rencontre, montraient un visage plus conquérant que celui affiché face à Chamonix mardi en coupe. Si les intentions étaient là, la réussite l'était beaucoup moins. Jean-Ian Filiatrault était mis régulièrement à contribution sur des tirs lointains mais les Brûleurs de Loups ne parvenaient pas à se saisir des nombreux rebonds laissés par le portier basque. Au cours d'une supériorité numérique (la seule du tiers), le jeu de puissance grenoblois faisait merveille dans la conservation du palet mais les tirs de Lehtonen et Podlaha notamment, ne permettaient pas de faire la différence. Le pressing grenoblois allait finalement être récompensé : après une première tentative repoussée par la défense basque, Nicolas Favarin récupérait le palet à la ligne bleue et servait Kévin Hecquefeuille démarqué côté gauche dont le tir quasi instantané finissait au fond des filets d'Anglet (1-0, 08'15"). Une avance méritée au vu des premières minutes mais que les Grenoblois avaient de la peine à accroître malgré une énorme occasion sur un 3 contre 1 de la première ligne gâché par un excès d'altruisme. Rolland devait même rester vigilant sur quelques contres angloys afin de préserver cet avantage minimal à la pause.

La deuxième période débutait sur un scénario similaire : Grenoble qui pousse, Anglet qui résiste, et un tableau d'affichage qui n'évolue pas. À la différence près cette fois que les Basques ne sortaient quasiment plus de leur zone. M. Mendlowictz ressortait son sifflet de sa poche en sanctionnant trois joueurs (un Grenoblois et deux Angloys) en un peu plus d'une minute. Une situation de jeu qui libérait forcément des espaces et accélérait le rythme de la partie. Les Brûleurs de Loups bénéficiaient même d'une double supériorité numérique pendant une poignée de secondes lorsque Slavomir Vorobel regagnait à son tour la prison. Mais ils ne parvenait pas à se créer de situation de tir vraiment dangereuse. Mais qu'à cela ne tienne, s'ils n'avaient pas obtenu la réussite escomptée en double supériorité numérique, ils parvenaient enfin à se donner un peu d'air à cinq contre quatre sur un lancer excentré de Meunier dévié imparablement devant la cage par Amar (2-0, 31'11"). Un but qui libérait enfin les Grenoblois pour le plus grand malheur des Angloys qui accusaient le coup. Ainsi, à peine trente secondes après le deuxième but, Podlaha récupérait le palet derrière la cage suite à un slap d'Hämäläinen, s'offrait le tour de la cage et glissait le palet dans un trou de souris au grand étonnement de Filiatrault qui avait mal fermé l'angle (3-0, 31'45"). Et comme tout réussissait aux Grenoblois en cette fin de tiers, une nouvelle supériorité numérique concédée par Daramy était concrétisée par un tir de Lehtonen que Filiatrault repoussait dans un premier temps, mais le palet s'élevait en l'air... pour retomber derrière le portier basque (4-0, 37'28") ! Visiblement ébranlé par ce coup du sort et par la tournure des événements, le gardien d'Anglet n'avait plus toute sa concentration sur un tir plein axe de Cyril Papa dont il jugeait mal la trajectoire (5-0, 38'04"). Dès lors, son remplacement par Gabriel Bounoure quelques minutes plus tard paraissait inéluctable. Grenoble terminait le tiers en infériorité numérique mais avec le sentiment du devoir accompli.

Avec un tel écart au score après quarante minutes de jeu, on ne pouvait espérer grand chose de la dernière période. Chaque entraîneur en profitait alors pour faire rentrer ses remplaçants : Pousset, Cantos et Maréchal du côté d'Anglet, Dietrich, Antonoff, Millerioux et R. Bachelet du côté de Grenoble. S'ensuivait forcément un certain manque de cohésion du côté grenoblois. Après une charge appuyée de Hecquefeuille sur Wiart, les Angloys bénéficiaient d'une supériorité numérique qui était concrétisée à onze secondes du terme par Xavier Daramy d'un tir de bleue qui ne pouvait capter Dietrich, masqué (5-1, 44'11"). Le même Daramy profitait du relâchement de la défense grenobloise quelques minutes plus tard pour glisser le palet sous la jambière de Dietrich après un bon travail de Larrieu derrière les cages (5-2, 46'20"). Un début de tiers très moyen donc pour les joueurs de Guennelon qui ont eu du mal à digérer le coaching et leur large avantage au score. Mais l'hémorragie allait s'arrêter là et la défense grenobloise parvenait à resserrer les rangs pour ne plus prendre de buts jusqu'à la fin de la rencontre. Comme souvent cette saison, c'est encore Laurent Meunier qui remettait ses coéquipiers dans le droit chemin, d'abord sur une superbe action individuelle au terme de laquelle il ne parvenait pas à redresser suffisamment la rondelle pour cadrer son tir. Mais ce n'était que partie remise puisque Meunier parachevait finalement le succès grenoblois en inscrivant le sixième but du match "à la gnac" en récupérant le palet derrière les cages angloyes, en résistant à son défenseur pour finalement marquer du revers suite à un poke-check raté de Bounoure (6-2, 56'18"). Chapeau l'artiste !

Au final, victoire facile de Grenoble sur une équipe d'Anglet toujours aussi hésitante à l'extérieur. Jean-Ian Filiatrault a tenu la baraque au premier tiers mais a concédé beaucoup de rebonds et n'est pas irréprochable sur l'avalanche de buts encaissés en deuxième période. Les Basques, d'ordinaire plutôt physiques et engagés, ont été très discrets dans ce secteur, souffrant peut-être de l'absence de Jean-Benoît Deschamps en défense. En attaque, Xavier Daramy a pu une nouvelle fois prouver tout son talent.

Du côté grenoblois, cette victoire qu'on pourra qualifier de "facile", est bonne pour la confiance. Sur le plan individuel, une nouvelle fois Laurent Meunier s'est montré à son avantage, et on notera également les progrès de Josef Podlaha même s'il est encore loin de son meilleur niveau. La revue d'effectif n'aura pas été inutile car les Brûleurs auront besoin du plein de confiance et d'énergie avant les trois rencontres très difficiles qui les attendent au mois de décembre : déplacements à Briançon et Rouen, séparés par la réception de Mulhouse. Sacré programme qui aura valeur de test pour l'effectif grenoblois...

Désignés meilleurs joueurs du match : Petri Lehtonen (Grenoble) et Xavier Daramy (Anglet)

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Commentaires d'après-match (dans Le Dauphiné Libéré) :

Kévin Hecquefeuille (attaquant de Grenoble) : "On pensait qu'Anglet allait attaquer plus fort et serait mieux en place. Mais nous avons joué notre jeu et pris les deux points, grâce notamment à un super deuxième tiers. Personnellement, ça faisait longtemps que je n'avais pas marqué et ça fait plaisir, surtout que notre ligne a bien marché avec Cyril qui a marqué lui aussi. Maintenant il faut essayer de rester dans le peloton de tête. On a repris un point sur Angers, même si Rouen et Mulhouse ont gagné."

Gérald Guennelon (entraîneur de Grenoble) : "C'était pour moi le match piège par excellence, face à une équipe d'Anglet à la recherche de points. Même s'il y a eu un petit manque de concentration au troisième tiers lorsque j'ai remplacé Rolland par Dietrich dans notre cage, je suis très satisfait de mon équipe. On a vu que lorsque notre machine se mettait en route, on devenait très difficile à manúuvrer."

Karlos Gordovil (entraîneur d'Anglet) : "Nous ne travaillons pas suffisamment ensemble pour espérer mieux. Mais Grenoble a effectué un gros deuxième tiers, et je les place désormais au même niveau que Mulhouse et Rouen pour le titre, car je ne crois pas que Tours se maintiendra à ce niveau."

 

Grenoble - Anglet 6-2 (1-0, 4-0, 1-2)

Samedi 27 novembre à 20h15 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2938 spectateurs.

Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Cyril Carlin et Grégory Vericel.

Pénalités : Grenoble 6' (0', 4', 2'), Anglet 10' (2', 8', 0').

Évolution du score :

1-0 à 08'15" : Hecquefeuille assisté de Favarin

2-0 à 31'11" : Amar assisté de Meunier (sup. num.)

3-0 à 31'45" : Podlaha assisté de Hämäläinen et Lehtonen

4-0 à 37'28" : Lehtonen (sup. num.)

5-0 à 38'04" : Papa assisté de Deschaume

5-1 à 44'11" : Daramy assisté de Dostal et Marakhovsky (sup. num.)

5-2 à 46'20" : Daramy assisté de Larrieu

6-2 à 56'18" : Meunier assisté de Y. Sadoun et B. Bachelet

 

Grenoble

Gardiens : Patrick Rolland puis Cédric Dietrich à 40'00".

Défenseurs : Tommi Hämäläinen - Pasi Järvinen ; Baptiste Amar (A) [puis Martin Millerioux] - Simon Bachelet ; Jean-François Bonnard (A) - Nicolas Favarin ; Timo Bayon.

Attaquants : Roger Jönsson - Petri Lehtonen - Josef Podlaha ; Yven Sadoun - Laurent Meunier - Benoît Bachelet (C) ; Cyril Papa - Laurent Deschaume - Kévin Hecquefeuille ; Nicolas Antonoff - Romain Bachelet.

Absent : Christophe Tartari (tête du péroné).

Anglet

Gardiens : Jean-Ian Filiatrault puis Gabriel Bounoure à 39'25".

Défenseurs : Julien Hitze - Daniel Sedlak ; Slavomir Vorobel - Roman Marakhovsky ; Mickaël Wiart - Lubomir Duda ; Christophe Cantos.

Attaquants : Pavel Zdrahal - Michal Garbocz (A) - Stanislas Solaux ; David Dostal - Xavier Daramy (C) - Raphäel Larrieu ; Nicolas Courally - Julien Aubry - Xavier Lasalle ; Julien Pousset - Géraud Maréchal (A).

Absents : Jean-Benoît Deschamps (tendinite au genou), Antoine Amsellem.

 

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