Angers - Rouen (17 novembre 2004)

 

Match comptant pour la quatorzième journée de Ligue Magnus.

La venue de Rouen à Angers attire chaque année une grosse foule de spectateurs, souvent plus pour admirer l'effectif rouennais que pour supporter le collectif angevin. Au début de saison, la cinglante victoire rouennaise ici même en amical par 8 à 0 confirmait cette idée. Depuis, trois mois se sont écoulés, et le temps a changé. Rouen reste toujours une solide équipe et un véritable favori pour le titre, comme en témoigne sa deuxième place actuelle à quatre points du leader tourangeau vainqueur hier. Angers est de son côté installé dans une surprenante et confortable cinquième place, avec toujours un point d'avance sur son plus proche poursuivant Briançon qui a pourtant gagné hier. Aussi la pression est-elle plutôt sur les épaules rouennaises qui ne peuvent se permettre de laisser partir Tours voire Mulhouse, à l'inverse Angers conservera sa place quelle que soit l'issue du match.

Les clés de ce match demeurent toutefois dans les crosses angevines. Leur habilité à défendre et sortir le palet proprement face à l'effrayante et efficace armada rouennaise ainsi que leur gestion des fautes et pénalités seront primordiales. En face, la gestion du retour des internationaux est le point le plus délicat à gérer pour le staff rouennais. Un staff qui a, par ailleurs, préparé cette rencontre de façon très professionnelle puisque Guy Fournier était venu lui-même superviser les Ducs d'Angers lors de leur dernière rencontre à domicile face à Briançon (8-1).

À l'occasion de ce match le coup d'envoi est donné par une "célébrité", Olivier Quint, pour les connaisseurs il s'agit du milieu remplaçant du Football Club Nantes Atlantique... Une tentative de promotion du hockey sur glace auprès des supporters de foot peut-être... Heureusement, le choc, lui, n'a pas accouché d'un faux match.

Dès le début de la rencontre, Rouen affiche sa suprématie et prend rapidement le contrôle du match comme en témoigne la première action de Pierre-Édouard Bellemare qui adresse une passe en retrait à Kimmo Salminen qui met en danger le portier angevin Julien Figved. Les vagues rouennaises se succèdent et Besse, Doucet, Broz s'essayent en chur sur Figved sans succès. Rouen domine et les Angevins semblent incapables de vraiment renverser le cours de la rencontre, ils donnent l'impression de ne pas savoir comment faire pour prendre le jeu à leur compte. Ils s'obligent à faire des fautes et Piotrowski est sanctionné d'un 2'+10' dès la première pénalité du match, Monsieur Bachelet voulant affirmer son autorité. La supériorité rouennaise affiche de bonnes combinaisons mais les tirs ne sont pas cadrés, ou alors ils sont contrés par des défenseurs angevins. À la fin de la pénalité, Rouen demeure en zone offensive et, sur un tir repoussé par Figved à hauteur d'épaule, Besse devant la cage monte sa crosse et envoie le palet au fond des filets. Le but est accordé malgré les réclamations angevines pour cette crosse haute non sanctionnées (0-1 à 08'31"). Ce but atteint le moral des Angevins qui mettent véritablement dix minutes à s'en relever. Côté rouennais, on continue sur le même rythme, mais les attaques manquent de soutien de la part des défenseurs et Figved peut ainsi garder ce score jusqu'à la fin du tiers. Le score reflète totalement la domination rouennaise et le jeu défensif angevin, malgré cela les fautes et arrêts de jeu ont été rares et les deux équipes ont déployé un très beau jeu.

Le deuxième tiers-temps débute sur un réveil de la part des Angevins, plus percutants et plus agressifs sur le palet et le joueur adverse, sans doute une demande du coach François Dusseau à la pause. Néanmoins, l'agressivité de certains ne plaît pas à tous, et surtout à l'arbitre qui sort son sifflet pour sanctionner beaucoup plus souvent les fautes angevines que les fautes rouennaises identiques. Angers se retrouve en infériorité numérique et moins d'une minute plus tard Jonas Elofsson adresse une passe parfaite depuis sa ligne bleue à Jean-Philippe Paré situé au milieu de la défense angevine. Le Canadien part seul au but sur la gauche de Figved, ce dernier se met à genoux rapidement et Paré n'a plus qu'à lever son palet au-dessus de sa jambière (0-2 à 23'05"). Angers se révolte suite à ce but et prend enfin le contrôle de la partie, mais les dernières passes sont approximatives et les phases de jeu intéressantes sont souvent suivies de déchets. Angers manque de régularité, n'arrive pas à s'imposer dans la continuité et retombe vite dans ses mauvais travers, c'est-à-dire les pénalités. À l'inverse, les Rouennais ont su gérer ce deuxième but et semblent être prêts à attendre les Angevins pour les prendre en contre : Paré et Broz ont plusieurs fois la possibilité d'aller affronter Figved mais ils sont repris au dernier moment par une défense angevine bien en place.

C'est au tour de Rouen de commettre des fautes, Broz puis Karjalainen étant sanctionnés pour des pénalités inutiles. Angers se retrouve en double supériorité numérique et met rapidement son jeu de puissance en place : Martin Lacroix situé sur la droite de la cage reçoit une passe de son frère, il tente une passe-shoot qui passe sous les patins de Raymond resté debout et rentre dans le coin opposé (1-2 à 30'45"). Ce but un brin chanceux relance les Angevins qui sont encore à cinq contre quatre. Simon Lacroix récupère un dégagement rouennais et relance sur Jonathan Bellemare situé à la moitié de la patinoire. Le centre canadien remonte par la droite la défense rouennaise qui ne l'attaque pas et en profite pour arriver presque sans encombre sur le côté gauche de Raymond. Bellemare réalise un double contact de sa palette du revers avant, toujours du revers, de lever le palet sous la barre et de battre à nouveau le gardien rouennais (2-2 à 31'56").

Tout est à refaire pour les Rouennais qui semblent sonnés par ce but, et Angers rate par deux l'occasion d'aggraver le score par Mysicka et Pihant (32'47 et 33'15). Angers conserve la possession du palet avant que Simon Lacroix, la pierre angulaire de la défense angevine voire du jeu angevin, ne soit sanctionné de 2'+10' pour une charge dans le dos. Sa sortie se remarque et Rouen en profite pour reprendre l'ascendant et finir ce tiers en trombe à l'image d'un festival de Doucet derrière la cage angevine avant de revenir devant et d'adresser un tir du revers qui heurte le poteau, Figved étant complètement dépassé. Doucet tente de reprendre le rebond mais son tir est couvert par un défenseur angevin qui s'est jeté pour boucher la cage angevine et déplace cette dernière en même temps pour éviter le but (37'06"). Cette action est la dernière du tiers, le reste consistant en deux nouvelles pénalités appelées contre les Angevins.

Ce deuxième tiers a donc vu le réveil des Angevins, notamment dans l'engagement, et il est clair que cet engagement n'était pas du goût de l'arbitre qui les a repris trop souvent. Les Rouennais ayant mal exploité ces possibilités de marquer, l'égalisation angevine a lieu surtout grâce à l'effet du premier but. Un score de parité sévère pour les Rouennais et chanceux pour les Angevins.

Le troisième tiers-temps débute sur une supériorité numérique rouennaise, mais les Normands mettent beaucoup trop de temps à s'installer en zone offensive pour pouvoir mettre en danger Figved. Néanmoins, un pressing fait le long de la bande permet à Daniel Carlsson de transmettre à Ludek Broz qui sans contrôle passe à Guillaume Besse seul au milieu de la zone défensive angevine. Le revenant en équipe de France s'avance devant Figved et attend que celui-ci fasse le premier geste pour adresser un tir du revers rapide entre les jambières.(2-3 à 44'48"). Score plus logique au vu des deux premiers tiers, mais Angers s'attache à refaire son petit retard et croit vraiment en l'exploit. Rouen n'attaque plus et se dégage pendant plus de dix minutes par des palets en cloche qui heurtent quelquefois les luminaires ou qui finissent en dégagement interdit. Angers presse, Rouen craque et les pénalités tombent (Lefebvre 45'22", Carlsson 53'30", Salminen 55'36"). Les deux premières pénalités sont mal exploitées mais la troisième l'est beaucoup mieux. Le retour de Simon Lacroix qui a purgé ses dix minutes de prison se sent, et sur un contrôle raté derrière sa cage, Carlsson permet à Martin Lacroix de reprendre la palet et de transmettre tout de suite à Bellemare seul devant la cage, la reprise de ce dernier à nouveau sous la transversale sanctionnant logiquement l'erreur défensive rouennaise (3-3 à 56'12").

Angers obtient tout de suite une mise en jeu en zone rouennaise. Jonathan Bellemare la gagne en direction de Martin Lacroix qui remet tout de suite à son frère Simon situé à la ligne bleue, celui-ci adresse un slap pur et efficace qui s'en va dans la lucarne gauche de Raymond.(4-3 à 56'25").

Rouen est sonné et est sanctionné au score par son refus de continuer à jouer après avoir repris l'avantage. La fin de match est entachée d'une erreur d'arbitrage anodine, Raymond sort de sa cage au moment où un Angevin lance pour un dégagement interdit, qui est annulé par l'arbitre au grand regret des visiteurs qui iront se plaindre à la fin du match. Le capitaine rouennais Éric Doucet refusera de serrer la main au corps arbitral en les applaudissant à la place.

Néanmoins, cette image semble refléter le match lui-même : les Rouennais ne pourront s'en prendre qu'à eux-mêmes pour cette défaite, et ils ne pourront pas se cacher derrière un arbitrage qui leur a été très favorable malgré tout. Ils ont produit du beau jeu et ont marqué logiquement, mais une fois le but inscrit ils se sont relâchés ou du moins ils ont préféré attendre les Angevins, qui ont montré encore une fois leur hargne et volonté. Leur retour est logique car ils ont toujours cru pouvoir gagner, ou du moins Rouen les a laissés croire. Cette victoire semble ainsi méritée, bien qu'un nul eût été plus logique. Et les frères Lacroix semblaient vraiment vouloir se rappeler au bon souvenir des dirigeants rouennais (trois points chacun).

Compte-rendu signé Damien B.

 

Commentaire d'après-match (dans Ouest France)

François Dusseau (entraîneur d'Angers) : "La victoire est allée à ceux qui en voulaient le plus. Rouen nous a certes dominés dans le premier tiers, mais nous sommes revenus dans le deuxième et le dernier nous a souri. Les deux équipes ont joué très très vite, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un tel rythme dans une rencontre. Ce qui est bien, c'est que le spectacle a été au rendez-vous pour le public venu nombreux."

 

Angers - Rouen 4-3 (0-1, 2-1, 2-1)

Mercredi 17 novembre 2004 à 20h00 à la patinoire du Haras. 900 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Savice Fabre et Yann Ruault.

Pénalités : Angers 38' (4'+10', 10'+10', 4'), Rouen 14' (2', 4', 8').

Tirs : Angers 27 (7, 12, 8), Rouen 42 (10, 17, 15).

Évolution du score :

0-1 à 08'31" : Besse

0-2 à 23'05" : Paré assisté d'Elofsson (sup. num.)

1-2 à 30'45" : M. Lacroix assisté de S. Lacroix (double sup. num.)

2-2 à 31'56" : Bellemare assisté de S. Lacroix (sup. num.)

2-3 à 44'48" : Besse assisté de Broz et Carlsson

3-3 à 56'12" : Bellemare assisté de M. Lacroix (sup. num.)

4-3 à 56'41" : S. Lacroix assisté de M. Lacroix et Bellemare (sup. num.)

 

Angers

Gardien : Julien Figved.

Défenseurs : Simon Lacroix - Michael Irani ; Sébastien Rousselin - Patrik Bärgman ; Patrice Bellier (A).

Attaquants : Guillaume Rodrigue - Jonathan Bellemare - Martin Lacroix ; Claude Devèze (C) - Radek Hovora - Benjamin Mocquard ; Tomas Mysicka - Michal Piotrowski - Julien Pihant ; Julien Albert (de 06'11" à 12'00").

Remplaçants : Frédéric Gilbert (G), Benjamin Tijou. Absents : Pierre-Antoine Simonneau, Joan Montesinos.

Rouen

Gardien : Éric Raymond (sorti de sa cage à 58'41").

Défenseurs : Daniel Carlsson - Arnaud Briand ; Stéphane Robitaille - Benoît Quessandier ; Nicolas Besch - Jonas Elofsson.

Attaquants : Éric Doucet - Ludek Broz - Guillaume Besse ; Kimmo Salminen - Sami Karjalainen - Pierre-Édouard Bellemare ; Alexandre Lefebvre - Jean-Philippe Paré - Tristan Lemoine.

Remplaçants : Stéphane Burnet (G), Benoît Pourtanel, Simon Doreille, Adrien Dufournet.

 

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