Clermont-Ferrand - Morzine (23 octobre 2004)

 

Match comptant pour la neuvième journée de Ligue Magnus.

Les deux saisons de Super 16 ont créé des rivalités durables, pas seulement entre les équipes de haut de tableau mais aussi dans le ventre mou du classement, grâce au système de la Poule Nationale. Les Clermontois se souviennent encore de ces Diables noirs qui leur avaient refusé le titre de Nationale en 2002-2003, et ont encore dans la bouche le goût amer de la "finale" perdue en pays tourangeau (la poule Nationale se disputait alors en matchs aller-retour entre six clubs, et Tours avait écrasé Clermont lors du match décisif pour la première place). De plus, Tours vient de prendre la tête de la poule Magnus et se montre capable de battre n'importe quelle équipe, y compris celles qui composent le Carré Magique du hockey français. Par conséquent, il y a foule en cette fin octobre - ce qui est exceptionnel cette saison - à la Patinoire Clermont-Communauté. Les supporteurs clermontois donnent de la voix, et ne se laissent pas intimider par le contingent de partisans tourangeaux (une vingtaine) ayant effectué le déplacement.

Depuis le début de la saison, Clermont essaie de bouger chaque équipe adverse avec ses moyens limités. Mais la troupe de Bob Millette, au complet ce soir, ne se laisse pas inquiéter par les frêles assauts clermontois. L'assistant Christophe Roux étant sorti sur blessure dans les dix premières minutes de jeu, Clermont perd l'un de ses atouts les plus probants. La faiblesse des Sangliers arvernes est patente sur les supériorités numériques, toujours aussi mal négociées : alors que le quart d'heure de jeu n'a pas encore été atteint, le jeu de puissance clermontois connaît des ratés, et Poznik, extrêmement vif, apporte la dernière touche à un contre rapide de Philippe Roy. Durant les quatre dernières minutes du premier tiers, Clermont, en infériorité, parvient à ne pas laisser filer les Tourangeaux au tableau d'affichage, mais la maîtrise des Diables noirs est telle, que l'on ose difficilement imaginer un retour clermontois lors de la deuxième période.

Heureusement pour la qualité du match, Clermont ne s'avoue jamais vaincu, même lors d'une infériorité à trois contre cinq, qui voit la nouvelle recrue slovaque Michal Dian, alignée sur la deuxième ligne avec Frédéric Nilly et William Mouly (qui est monté d'un bloc pour pallier la blessure de Roux), montrer beaucoup de culot mais peu de réussite, avec un tir magnifique sur lequel le gardien tourangeau doit s'employer. En tout cas, la soirée du gardien Hiadlovksy ne fut pas toujours aussi tranquille que le staff tourangeau l'escomptait.

Le milieu du match fut aussi son tournant. Clermont joue alors sur des accélérations individuelles, cherchant le contre, mais Tours refuse obstinément, et opportunément, de prendre le jeu à son compte. Les Diables noirs préfèrent fonctionner sur le même schéma que leurs adversaires, par contres rapides. La différence est nette : là où un seul Clermontois parvient à percer la défense adverse pour prendre une occasion, sans que ses coéquipiers ne puissent suivre en soutien, Tours peut aligner trois attaquants évoluant harmonieusement et se présentant sans difficulté devant Lukes. À la trente-deuxième minute de jeu, la troisième ligne tourangelle, s'appuyant sur un Loïc Sadoun décidément magistral, et qui aurait peut-être sa place en équipe de France, fait voler en éclat la résistance clermontoise. À 2-0, le match semble plié, mais on attend quand même une réaction d'orgueil clermontoise. De l'orgueil, les Sangliers en ont, mais l'orgueil sans puissance confine parfois à la pitié. Dans le dernier tiers, Luc Mazerolle se met soudainement plus en évidence, tentant des slaloms ou des raids dans la défense tourangelle, sans grand succès. Ses compagnons de ligne Paul Kelley et Alexis Billard semblent apathiques, et c'est davantage la troisième ligne clermontoise qui mène quelques attaques structurées. Cependant, les Tourangeaux demeurent de loin les plus dangereux, procédant par contres. C'est à nouveau le duo de la troisième ligne Sadoun-Simko, soutenu par le rigoureux et imperturbable Frantisek Pulcsak, l'un des meilleurs défenseurs de la Ligue Magnus, qui trouve l'ouverture en milieu de tiers.

La fin du match est assez quelconque, les Clermontois se trouvant frustrés dans tous leurs déploiements offensifs, et incapables de mettre en danger le gardien tourangeau sur les supériorités numériques dont ils bénéficient.

De ce match, retenons la polyvalence d'Anton Poznik, ainsi que la dimension surprenante de l'ex-Brestois Loïc Sadoun, qui parvient à rayonner dans un effectif riche en renforts étrangers de qualité. Sans affirmer que la réputation de son frère Yven était usurpée, il est permis de s'étonner que Loïc ait si longtemps été bien moins considéré. La saison dernière avec les Albatros, Loïc Sadoun avait déjà réalisé une saison remarquable, et il semble confirmer un potentiel au-delà de toute espérance cette année. Le blanchissage de Hiadlovsky récompense avant tout les efforts des deux lignes défensives tourangelles et surtout de Pulscak et Stepan, toujours aussi sûrs.

Côté clermontois, la première ligne Mazerolle-Kelley-Billard s'est trop facilement laissée éteindre par l'imposante défense tourangelle. On attend toujours que Paul Kelley montre un peu plus d'engagement pour soulager Mazerolle de sa lourde charge d'unique buteur du club. D'Alexis Billard, monté sur la première ligne depuis une poignée de matchs seulement, on ne peut pas exiger autant. La blessure de Roux a rapidement désorganisé la deuxième ligne. C'est dommage, parce que Michal Dian disputait sa première rencontre à Clermont ce soir, et son besoin de repères s'est fait largement sentir. La jeune recrue slovaque reste quand même l'auteur de la plus belle occasion clermontoise du match. La troisième ligne a pris un temps de glace non négligeable, sans toutefois parvenir à secouer la défense tourangelle. La défense clermontoise fit correctement son travail toute la soirée, et peut se vanter de n'avoir encaissé que trois buts contre une attaque quand même sacrément bien fournie. Bon match dans l'ensemble des Clermontois, même si l'équipe n'a réussi à marquer en tout et pour tout qu'un seul petit but face aux trois premières équipes du championnat (Rouen, Mulhouse et Tours). Triste réalité d'une impuissance clermontoise dès que se dressent les premiers obstacles.

Compte-rendu signé Jocelyn

 

Clermont-Ferrand - Tours 0-3 (0-1, 0-1, 0-1)

Samedi 23 octobre 2004 à 20h00 à la patinoire de Clermont-Communauté. 815 spectateurs.

Arbitrage de Frédéric Bachelet assisté de Fabrice Coquet et Savice Fabre.

Pénalités : Clermont 22' (6'+10', 2', 4'), Tours 30' (8', 4', 8'+10').

Évolution du score :

0-1 à 12'33" : Poznik assisté de P. Roy (inf. num.)

0-2 à 31'15" : Sadoun assisté de Poznik et Simko

0-3 à 47'37" : Simko assisté de Pulscak et Sadoun

 

Clermont-Ferrand

Gardien : Radek Lukes.

Défenseurs : Lionel Simon - Andrej Mrena ; Carl Michaelson - François Martin ; Yann Lecompère - David Sarliève.

Attaquants : Alexis Billard - Paul Kelley - Luc Mazerolle ; Fréderic Nilly (C) - Michal Dian - Christophe Roux (A) puis William Mouly ; Cyril Gavalda - Martin Jeannette - Jean-Michel Bortino ; Paul Mottet.

Remplaçants : Fabien Chardon (G), Cyrille Gaby, Laurent Ballet. Absent : Frédéric Brodin (entorse, indisponible pour la saison).

Tours

Gardien : Vladimir Hiadlovsky.

Défenseurs : Radek Stepan - Philippe Roy (A) ; Anton Poznik - František Pulscak (A) ; Robert Fail.

Attaquants : Éric Perricone - Jonathan Roy - Rob Millar ; Peter Bohunicky - Alon Eizenman - Kent Gillings ; Jan Simko - François Gleize (C) - Loïc Sadoun.

Remplaçants : Ramon Sopko (G), Valère Falck. Absents : Marcel Simak (entorse du poignet), Benoît Paillet (blessé).

 

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