Mulhouse - Grenoble (25 septembre 2004)

 

Match comptant pour la quatrième journée de Ligue Magnus.

C'était ce soir un double événement en Alsace : tout d'abord le "choc" entre deux prétendants au titre, tous deux sûrement impatients d'en découdre afin de juger de leurs réelles capacités après des matches relativement mitigés face aux mal classés, à l'image d'un Olivier Coqueux qui piaffait d'impatience avant le coup d'envoi. C'était aussi le grand jour pour voir "l'attraction" de la soirée, Steve Montador, premier joueur de NHL à venir glisser sur le glaçon mulhousien. Et bien, malgré ces réjouissances, l'Illberg a mis du temps à se remplir, un peu de la même façon que les locaux auront abordé le match.

Car il faut bien dire qu'on a eu du mal à reconnaître les Scorpions dans le début de partie. Grenoble manque par deux fois d'ouvrir le score en prenant de vitesse la défense alsacienne. Bien que les deux équipes semblent se craindre, les Isérois sont plus percutants en attaque, et Mulhouse donne le sentiment désagréable de les regarder jouer sans trop pouvoir riposter. Leur première grosse occasion se produit en supériorité quand Hermanni Vidman reprend de volée une transversale de Jani Kiviharju (12'), mais les Alsaciens mettent encore de longues minutes à enchaîner correctement leurs passes, et si l'on ajoute aussi de grossiers oublis défensifs, mêlés à des changements de ligne "olé-olé", on comprend que Christer Eriksson ressorte la tenue de hurleur sur son banc.

Et ce n'est pas cette réalisation grenobloise qui va le calmer : il reste une poignée de secondes à jouer, Mulhouse semble commencer à peser sur la partie, mais Kevin Hecquefeuille "bricole" derrière la cage de Fabrice Lhenry. Le junior attire la défense mulhousienne qui se découvre devant la cage, le temps de passer à Lehtonen qui attend juste devant le but et ne se gêne pas pour allumer tranquillement le portier local (0-1 à 19'49").

Et que dire de ce début de second tiers, où Mulhouse frôle la correctionnelle, successivement sur un mauvais ricochet du palet sur la crosse de Jukka Hakkarainen, puis dans les instants suivants, sur un nouveau changement de ligne pour le moins hasardeux, occasionnant un deux-contre-un grenoblois heureusement sans conséquences. Les Scorpions sont bien trop imprécis et gâchent nombre d'actions par des passes pas assez appuyées et des placements approximatifs. C'est sur une remontée collective, la première "vraie", qu'ils remontent au score, quand Greg Day adresse une transversale impeccable pour Olivier Coqueux qui avait bruyamment fait un appel de la crosse (1-1 à 26'13"). Dès lors, le match revêt une toute autre allure, Mulhouse est libéré et presse bien plus efficacement Grenoble qui est obligé de s'employer physiquement pour freiner les ardeurs locales. C'est d'ailleurs sur une pénalité signalée, dont Mulhouse profite qu'elle n'est pas encore sifflée pour sortir Lhenry, que le palet reste de longues secondes à tournoyer autour de la cage alpine avant que Pavol Segla derrière la cage ne temporise pour ensuite envoyer à la bleue à Hakkarainen qui shoote. Coqueux dévie de près dans la cage (2-1 à 29'08") et confirme l'emprise des Haut-Rhinois sur la partie. Les Grenoblois répondent dans la foulée, et héritent même d'une double supériorité pendant laquelle rien ne sera marqué, la "faute" à une relative lenteur de transmission de palet. Mulhouse reprend ensuite le commandement du match, et Coqueux vendange de près ce qui aurait pu être son hat-trick de la soirée (34'), mais Grenoble, par l'intermédiaire de Meunier pourtant à bout portant (35'08") n'est pas en reste. Le rythme baisse quelque peu et les locaux retombent un peu dans leurs travers défensifs, laissant un peu d'initiative à Grenoble, comme lorsque Hämälainen fait un peu ce qu'il veut derrière la cage locale, avant de remonter adresser un essai impeccable pour Lehtonen, encore lui, qui allume une deuxième fois le portier local (2-2 à 39'27").

C'est rageant de se faire avoir ainsi deux fois de suite, mais promis, les Scorpions semblent avoir compris la leçon, car durant cette dernière période, Grenoble subit singulièrement la loi alsacienne : bien aidés par une première supériorité, les locaux investissent la plupart du temps le terrain isérois et laisseront peu d'espaces aux contres. Beaucoup d'essais certes, mais il manque encore la finition, malgré ce tir en aveugle de Segla (53'04") ou Vidman qui allume carrément Rolland (54'45"). Attention cependant aux Grenoblois qui profitent des imprécisions alsaciennes pour jeter le trouble en frappant le poteau alors qu'ils sont pourtant en infériorité (56'). "Momo" Rozenthal échoue de près (58'39"), et sur le break qui suit, c'est le capitaine alpin Benoît Bachelet qui manque de peu la rupture (58'54"). La fin de match est crispée car Mulhouse pousse de plus en plus hardiment, à l'image de cette dernière montée de Montador qui gère mal son slalom, laissant un espace découvert où les Isérois s'engouffrent, et Lhenry est bien aidé pour la circonstance par un ricochet sortant de son défenseur.

Durant la prolongation, pourtant débutée à trois contre quatre par Mulhouse suite à un mauvais geste de Ruokonen sur Favarin, les Scorpions impriment encore leur rythme. En jouant à quatre contre quatre, les espaces se libèrent, mais mes défenses restent concentrées, même si celle de Grenoble est bien chanceuse sur ce poteau de Bilbao (66'04") ou encore ce palet qui échoue à si peu du fond de la cage de Rolland bien battu pour la circonstance.

Le match fut donc long à se libérer. Grenoble a surtout cherché à préserver son résultat très tôt dans le match, mais a su faire douter les Scorpions. En effet, à partir du 1-1, les deux équipes se sont livrées à une grosse partie se donnant coup sur coup, Grenoble faisait le dos rond à 2-1 pour ensuite patiemment attendre la moindre baisse de rythme adverse, avant de se "contenter" de contenir lors du dernier tiers. C'est un hockey rapide qu'ils proposent, mais ils semblent éprouver du mal à pénétrer la zone adverse et à construire durablement le jeu, hormis à la rigueur en supériorité. Un peu de déception donc vis-à-vis des Brûleurs de Loups un peu trop prudents à mon goût.

Légère déception aussi vis-à-vis des Scorpions. Décidément, on a du mal à entrer dans la partie chez les Alsaciens, avant de trouver encore le déclic par un but. Mais ensuite, on déroule bien plus aisément. Offensivement, le match est devenu bien plus intéressant à regarder, mais défensivement, il y a encore du travail. En fait, il faut encore plus de cohésion pour éviter ces actions gâchées parce que la passe n'était pas assez appuyée, par exemple, ou ses deux absences de fin de tiers qui coûtent deux buts. Le "petit" nouveau Montador nécessite encore quelques réglages pour mieux trouver son placement vis-à-vis de ses partenaires, mais s'est déjà bien mis au diapason offensif de l'équipe.

Reste que la partie fut quand même très plaisante à regarder, avec un rythme très soutenu, le choc a donc tenu ses promesses. Suite des évènements dans dix jours avec la réception d'Anglet pour une confirmation des possibilités entrevues ce soir.

Récompensés à la fin du match : Kevin Hecquefeuille pour Grenoble et Olivier Coqueux pour Mulhouse.

Compte-rendu signé Stéphane Rault

 

Mulhouse - Grenoble 2-2 a.p. (0-1, 2-1, 0-0, 0-0)

Samedi 25 septembre 2004 à 17h40 à la patinoire de l'Illberg. 1253 spectateurs.

Arbitrage de Marc Mendlowictz assisté de Benjamin Grémion et Damien Velay.

Tirs : Mulhouse 40 (10, 9, 14, 7), Grenoble 32 (8, 13, 7, 4).

Pénalités : Mulhouse 22' (4', 4', 4'+10', 0'), Grenoble 12' (2', 2', 8', 0').

Évolution du score :

0-1 à 19'49" : Lehtonen assisté de Hecquefeuille

1-1 à 26'13" : Coqueux assisté de Day et Montador

2-1 à 29'08" : Coqueux assisté de Hakkarainen et Segla (sup. num.)

2-2 à 39'27" : Lehtonen assisté de Hämälainen

 

Mulhouse

Gardien : Fabrice Lhenry.

Défenseurs : Lilian Prunet (A) - Allan Carriou ; Francis Ballet - Jukka Hakkarainen ; Miikka Ruokonen (A) - Steve Montador.

Attaquants : Jani Kiviharju - Olivier Coqueux - Hermanni Vidman ; [Kiviharju ou Coqueux ou Bilbao] - Greg Day - Ryan Christie ; Maurice Rozenthal - Lionel Bilbao (C) - Steve Michou ; Jérémie Bigot [puis Rozenthal à 40'00"] - Milos Palovcik - Pavol Segla.

Remplaçants : Tom Charton (G), Jérôme Catil. Absent : Juho Jokinen (blessé au pouce).

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland.

Défenseurs : Tommi Hämälainen - Nicolas Favarin ; Baptiste Amar (A) - Simon Bachelet ; Pasi Järvinen - Jean-François Bonnard (A).

Attaquants : Roger Jönsson - Petri Lehtonen - Kevin Hecquefeuille ; Benoît Bachelet (C) - Laurent Meunier - Josef Podlaha ; Christophe Tartari - Laurent Deschaume - Romain Bachelet.

Remplaçants : Cédric Dietrich (G), Nicolas Antonoff, Cyril Papa. Absents : Timo Bayon, Yven Sadoun.

 

Retour à la Ligue Magnus