Grenoble - Briançon (21 septembre 2004)

 

Match comptant pour la troisième journée de la ligue Magnus.

Première rencontre officielle de la saison dans un Pôle Sud qui sonne le creux, le public ne s'étant pas déplacé en nombre pour assister à ce derby dauphinois. Match en semaine, tarifs en hausse, concurrence avec le foot, les raisons sont sans doute multiples pour expliquer la désaffection - toute relative - du public grenoblois. La première d'entre elle est peut-être tout simplement le manque de considération pour une équipe de Briançon loin de faire partie des cadors du championnat ces dernières saisons, tandis que les sommets face à Rouen et Amiens se profilent à l'horizon du calendrier. Pourtant les Diables Rouges n'ont rien de la proie facile supposée après deux victoires 7-0 face à Dunkerque et Gap. À noter le premier match sous les couleurs haut-alpines du remplaçant de Dino Grossi (suspendu pour un an après le geste sur Gachet dans cette même patinoire il y a six mois), l'international slovène Edo Terglav.

Dès le coup d'envoi, on se rendit vite compte que le public grenoblois n'était peut-être pas le seul à avoir sous-estimé l'adversaire du jour. Face à des Diables Rouges motivés et tout de suite dans le match, les Brûleurs de Loups faisaient preuve d'un attentisme suspect. Un manque d'énergie couplé à un replacement défensif douteux qui se payait rapidement : Yannick Maillot déboulait côté droit sans opposition et centrait au cordeau pour Frédéric Borgnet qui ouvrait le score avec facilité (0-1, 02'14"). La réaction grenobloise ne se fit pas attendre, facilitée par une première supériorité numérique. Mais si les Brûleurs installaient le jeu de puissance, le tout manquait de conviction et à chaque fois une petite erreur individuelle venait rapidement désorganiser la belle machine iséroise. Un scénario qui se répétait à quatre reprises durant ce tiers : quatre situations de supériorité numérique gâchées par un ensemble grenoblois beaucoup trop approximatif. Benoît Bachelet avait pourtant profité habilement d'un changement de ligne briançonnais pour marquer, mais le but était refusé pour hors-jeu d'un de ses coéquipiers qui n'avait pas évacué la zone d'attaque grenobloise. Tout un symbole. Si l'attaque grenobloise se montrait peu inspirée, la défense ne donnait pas beaucoup de garanties non plus. Les mauvais contrôles de palet en zone d'attaque donnaient l'occasion aux Diables Rouges de placer des contres à tout va et Rolland devait s'employer pour éviter le naufrage. Bref, Grenoble n'était tout simplement pas rentré dans son match après vingt minutes.

À la reprise, les intentions étaient forcément meilleures du côté grenoblois, à vrai dire cela ne pouvait guère être pire. Sous l'impulsion de la quatrième ligne qu'on n'attendait pas forcément, les Brûleurs de Loups parvenaient à remettre les compteurs à égalité : Cyril Papa profitait d'un écran de Josef Podlaha pour adresser un tir placé qui surprenait Beaubien (1-1, 23'05"). On pouvait pousser un ouf de soulagement sur le banc grenoblois mais les joueurs de Gérald Guennelon n'étaient pas encore tirés d'affaire. Les errements de la première période refirent surface tandis que les Diables Rouges restaient tout aussi concentrés malgré l'égalisation. Sous l'impulsion d'une première ligne énergique à l'image du duo Terglav-Filip omniprésent, Briançon faisait bien mieux que résister. Les minutes passaient et Grenoble continuait à douter. On était loin de la victoire facile annoncée. La défense grenobloise, plus rigoureuse, parvenait à se rassurer dans ce tiers. Mais l'attaque restait désespérément aux abonnés absents. Notons au passage que Grenoble a vendangé sa cinquième supériorité numérique de la rencontre.

La dernière période commence par une indiscipline de Podlaha qui a eu le malheur de répondre à une provocation de Gelinas. Les Diables Rouges en profitent pour donner une leçon de jeu de puissance à Grenoble. Vingt-quatre secondes suffisent à Edo Terglav pour marquer son premier but dans la ligue Magnus (1-2, 41'43"). Un nouvel avertissement qui cette fois mettait (enfin !) les Grenoblois dans le sens de la marche. Une supériorité numérique prise à bras le corps avec un palet qui passe de crosse en crosse sans tergiversation pour finir dans celle de Hämäläinen dont la reprise de volée magnifique ne laisse aucune chance à Beaubien (2-2, 45'04"). Les partenaires de Bachelet montrent enfin de l'allant dans cette partie, les spectateurs peuvent sortir de leur torpeur. Et encore une fois la quatrième ligne se distingue : Cyril Papa s'impose énergiquement dans la zone d'attaque briançonnaise, passe en retrait de derrière la cage à Laurent Deschaume qui conclut le mouvement (3-2, 48'11"). Pour la première fois de la rencontre, Grenoble mène au score et semble enfin en mesure de s'imposer. Mais les Diables Rouges qu'on croit abattus à cet instant du match n'ont pas abandonné et s'accrochent tant bien que mal aux assauts de plus en plus tranchants de leurs adversaires. Mais Grenoble, bien que dominateur à cet instant du match, reste sous la menace briançonnaise avec cet avantage minimum. Les Brûleurs se font même peur sur une infériorité concédée par Amar. Sans dommage pour cette fois. La rencontre est sur le point de basculer sur un contre d'Hecquefeuille, seul en break, mais le néo-Grenoblois butte sur Beaubien. Une occasion que les Brûleurs vont regretter longtemps. Car la suite du scénario est assez prévisible finalement : Tartari prend une mauvaise pénalité à deux minutes de la fin, Briançon installe le power-play puis sort Beaubien pour jouer à six contre quatre. La défense grenobloise trop statique et en double infériorité finit par céder... et Terglav, encore lui, arrache l'égalisation (3-3, 59'02"). Comme l'an dernier...

Place donc aux prolongations, fatales aux Briançonnais l'an passé sur un but controversé. Cette fois il n'y eut pas de but et pourtant chaque équipe eut son lot d'occasions : le jeu à quatre contre quatre favorisait les Brûleurs de Loups qui dominèrent les débats avec même un tir de Favarin sur le poteau. Mais dans la dernière minute, Briançon aurait pu arracher la victoire à deux reprises sans deux arrêts clés de Rolland. La rencontre se termine sur un match nul aux airs de victoire pour Briançon et de défaite pour Grenoble. Un score on ne peut plus logique sur l'ensemble de la rencontre. Les Diables Rouges repartent de l'Isère avec un point largement mérité au vu de leur prestation : volontaires et sérieux en défense, ils ont mené la vie dure à des Grenoblois un peu faciles. Leurs leaders offensifs, Edo Terglav en tête (une sacrée recrue !), ont su prendre leurs responsabilités quand il le fallait. De très bon augure pour la suite de la Ligue Magnus car les joueurs de Luciano Basile ont les moyens d'être les trouble-fête de ce championnat.

Du côté grenoblois en revanche, c'est la soupe à la grimace. On ne s'attendait pas à un début à domicile aussi laborieux après une préparation aussi réussie. Manque de concentration, adversaire pris peut-être un peu par dessus la jambe, toujours est-il que les Brûleurs ont énormément peiné pendant plus de quarante minutes. Festival de mauvaises passes, de contrôles manqués : le spectacle proposé par la formation grenobloise était bien loin des ambitions affichées. À ranger du côté des déceptions, un Bonnard pas dans le coup du début à la fin, un Podlaha de plus en plus lent et mou, et des nouveaux étrangers bien ternes (à l'exception de Hämäläinen lors de son but). Seul Rolland solide dans les buts, l'étonnant Cyril Papa et un Laurent Deschaume retrouvé parviennent à ressortir du lot. La combativité de Meunier, Hecquefeuille et Benoît Bachelet n'a pas suffi. Avec un peu plus de rigueur individuelle, les Grenoblois devraient pouvoir facilement redresser le tir. Mais avec ce premier raté de la saison, ils se sont mis la pression tout seuls. Il leur reste à se racheter et prouver que ce match raté n'était qu'un accident de parcours : ça tombe bien, trois de leur quatre prochains adversaires se nomment Mulhouse, Rouen et Amiens. On va en savoir rapidement un peu plus sur les ambitions qu'ils peuvent nourrir cette saison...

Compte-rendu signé Christophe Laparra

 

Grenoble - Briançon 3-3 après prolongation (0-1, 1-0, 2-2, 0-0)

Mardi 21 septembre à 20h15 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 2137 spectateurs.

Arbitrage de Julien Avavian assisté de Damien Velay et Thierry Sécheresse.

Pénalités : Grenoble 12' (0', 4', 8', 0'), Briançon 16' (8', 4', 4', 0').

Évolution du score :

0-1 à 02'14" : Borgnet assisté de Maillot et Jodoin

1-1 à 23'05" : Papa assisté de Deschaume

1-2 à 41'43" : Terglav assisté de Filip (sup. num.)

2-2 à 45'04" : Hämäläinen assisté de Favarin (sup. num.)

3-2 à 48'11" : Deschaume assisté de Papa et Podlaha

3-3 à 59'02" : Terglav assisté de Desrosiers et Divisek (sup. num.)

 

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland.

Défenseurs : Tommi Hämäläinen - Nicolas Favarin ; Baptiste Amar - Simon Bachelet ; Pasi Järvinen - Jean-François Bonnard.

Attaquants : Kévin Hecquefeuille - Roger Jönsson - Yven Sadoun ; Benoît Bachelet - Laurent Meunier - Josef Podlaha ; Christophe Tartari - Petri Lehtonen - Romain Bachelet ; Cyril Papa - Laurent Deschaume.

Remplaçant : Cédric Dietrich (G). Absents : Timo Bayon (tendinite), Martin Millerioux (épaule) et Nicolas Antonoff (convalescent).

Briançon

Gardien : Frédérik Beaubien.

Défenseurs : Michal Divisek - Tomas Kramny ; Jean-François Jodoin - Jasmin Gelinas ; Nicolas Pousset - Gary Levêque.

Attaquants : Cyril Trabichet - Martin Filip - Edo Terglav ; Cédric Boldron - Julien Desrosiers - Eric Blais ; Arnaud Blanchard - Frédérick Borgnet - Yannick Maillot ; Sébastien Rohat.

Remplaçants : Sébastien Muret (G), Olivier Vandecandelaere. Absents : Emmanuel Giusti, Lionel Orsolini, Jonas Lund (blessés).

 

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