Anglet - Grenoble (17 septembre 2004)

 

Match comptant pour la deuxième journée de Ligue Magnus.

Le temps des cerises

À force de voir l'Hormadi s'incliner chaque année face aux Brûleurs de Loups (la dernière victoire en championnat remonte au 5 décembre 2000 sur le score de 7-4), le plus rationnel des supporters va finir par devenir superstitieux. Même si les hommes de Gérald Guennelon ont douté pendant deux tiers-temps, mais la meilleure des deux équipes a fini par l'emporter.

La rentrée de l'Hormadi dans son antre fut plus studieuse administrativement parlant, en effet après la rocambolesque affaire des licences à Gap les locaux étaient au complet pour affronter les Isérois. Les pensionnaires du pôle Sud, exempts lors de la première journée, effectuaient leur rentrée avec comme seules absences celles de l'avant Nicolas Antonoff et du défenseur Timo Bayon.

La rencontre est avancée pour ne pas souffrir du derby en rugby Biarritz-Bayonne qui se dispute le lendemain, l'équipe de Grenoble sportivement a accepté de se déplacer le vendredi plutôt que le samedi.

Acte 1 - Et gai rossignol et merle moqueur / Seront tous en fête

Le nouveau défenseur québécois de l'Hormadi Jean-Benoît Deschamps affiche un bien beau gabarit et une réputation de joueur rugueux, c'est un doux euphémisme car après vingt-trois secondes de jeu le n4 angloy se rend coupable d'une charge un peu haute. Appliquant paraît-il une consigne fédérale de sanctionner par une pénalité de 2'+10' toute charge un peu haute, Monsieur Calamoneri (quel coup de sifflet) ouvre le bal et le Québécois prend ses marques en prison.

Mais les Brûleurs de Loups peinent un peu à s'installer durablement en zone d'attaque, il faut attendre la première minute de jeu pour voir Pasi Järvinen expédier un lancer (01'02), au passage je tiens à remercier le fournisseur de maillots de l'équipe grenobloise car c'est un calvaire pour lire le nom des hockeyeurs (une couleur de police claire sur la flamme qui orne le dos des joueurs n'est pas vraiment bienvenue) depuis les tribunes. Mais revenons-en à la rencontre, sur la fin de la pénalité le néo-Grenoblois Kevin Hecquefeuille oublié par la brigade défensive angloye adresse un tir du revers à bout portant sur Filiatrault qui est à la parade (02'33).

Après ces quelques frayeurs, l'Hormadi se rassurer quand son néo-capitaine Xavier Daramy fait une superbe entrée de zone sur la droite de la glace. Il se fend d'une magnifique passe en direction de Stanislas Solaux démarqué sur la gauche, mais comble de malchance, la reprise du n75 fait sonner la transversale de Patrick Rolland (02'54). Une 2'+10' contre les grenoblois, je répète, une 2'+10' contre les Grenoblois, et hop aussi tôt pensé aussi tôt sifflé, M. Calamoneri expédie Pasi Järvinen en prison. Il ne reste pas seul bien longtemps, moins de quinze secondes plus tard Yven Sadoun pour une obstruction bien gentille (il faut dire que Michal Garbocz a un peu amplifié sa chute) nous permet d'entendre le son mélodieux d'un sifflet.

Profitant de cette situation de supériorité numérique, Daniel Sedlak a l'occasion de rappeler aux supporters angloys qu'il possède un sacré slap. Sur le premier coup de semonce, le TGV polonais (Garbocz) effleure de la crosse le palet qui passe à côté (04'33). Sur le deuxième coup de semonce, Rolland à la peine lâche un rebond, re-TGV et re rebond et re-re-TGV, mais le portier Isérois à le dernier mot (06'15).

Enthousiastes comme à l'accoutumée, les Basques se ruent en zone offensive, petite demi-permutation Wiart (hé oui car personne ne prend sa place) monte gratter un palet, enfin presque, car le défenseur perd inévitablement le palet. Son binôme Roman Makharovski se retrouve tout seul face au duo Laurent Meunier - Benoît Bachelet bien lancé par Simon Bachelet (ah les fratries). L'aîné trompe facilement Jean-Ian Filiatrault (0-1 à 06'48).

Les salières fers à cheval et autre grigris commencent à sortir des poches, d'autant plus que les Isérois prennent le dessus dans une rencontre jusque là équilibrée. Un Bachelet en cachant un autre (désolé), c'est au défenseur de s'illustrer. Son missile est dévié de justesse sur la transversale par la crosse du cerbère angloy (08'23), le grand Josef jusque là bien discret en remet une couche sur un contre Filiatrault et doit s'y employer à deux fois pour geler le palet (12'33).

La troisième ligne angloye très vaillante ce soir accomplit bien son travail de sape, Géraud Maréchal gratte un palet et au milieu d'une forêt de joueurs inconnus (cf ci-dessus) sème la panique, Patrick Rolland sauve les siens sur un arrêt bien laborieux (15'34). C'est pas tout ça mais nous n'avons pas entendu le doux chant du gai rossignol. En effet, hop hop, une 2'+10' pour le n11 de Grenoble Cyril Papa, merci la feuille de match (18'31). La dernière occasion de cette période sera malgré tout angloye, Daniel Sedlak fait sonner le poteau de Patrick Rolland (19'02).

Acte 2 - Et gai rossignol et merle moqueur / Seront tous en fête (bis)

À défaut d'avoir un score fleuve (on ne va pas se plaindre), ce fut la saison des pénalités. 20 minutes contre Anglet et 34 minutes pour Grenoble, on en viendrait presque à regretter monsieur Bocquet. Un peu plus de deux minutes de jeu et les deux équipes sont au complet (si si), le duo Solaux-Daramy se remet en évidence sur un joli contre, le 75 angloy fait une passe (re si si) que Xavier Daramy reprends du revers mais Patrick Rolland veille (22'27). Sur une action derrière les buts angloys, la crosse de Roman Marakhovski est relevée malgré lui et heurte le visage de Josef Podlaha, l'arbitre siffle une pénalité un peu dure (2'+10' à 28'32).

Le hockey sur glace avec douze joueurs, ça fait beaucoup, en plus on ne peut même pas lire le nom des Brûleurs de Loups, mais M. Calamoneri veille et deux Grenoblois (31'22 Jarvinen et 31'38 Hamalaïnen) suivi d'un Angloy (31'51 Sedlak) vont amortir l'achat de nouveaux bancs en prison. Les Basques profitent de cette situation de quatre contre trois, et sur une action très confuse devant les buts isérois Géraud Maréchal trouve le chemin des filets (1-1 à 33'10).

Un peu plus de deux minutes après l'égalisation, Xavier Daramy récupère un palet derrière ses buts sort de sa zone, puis au milieu de trois joueurs grenoblois trouve le moyen de jouer au passe-muraille et trompe Patrick Rolland (2-1 à 33'29), un but de grande classe. Malgré cette situation de jeu, les Grenoblois quelques peu échaudés se montrent prudents, et il n'y a quasiment pas d'actions de jeu. Le dernier mot revient au très lent avant tchèque Pavol Zdrahal qui, malgré deux défenseurs grenoblois sur le dos et un faire trébucher, tire du revers et trouve le poteau sur sa trajectoire (37'09).

Acte 3 - Grenoble accélère

Le retour au score ne trompe personne car les Angloys pratiquent un jeu confus et s'en remettent essentiellement à des exploits individuels (le but de Daramy), ou à des actions opportunistes (le but égalisateur). Les relances ne sont pas franchement géniales et une fois la ligne médiane franchie, le mur défensif isérois se dresse devant les attaquants. Par contre, du côté grenoblois, on joue sobrement et on pose le jeu, les relances sont efficaces et il n'y a pas d'erreurs en zone défensive, même si le secteur offensif souffre encore de quelques déchets.

Comme dirait l'autre, ce qui devait arriver arriva, en effet les Brûleurs de Loups tuent la rencontre en marquant trois buts en moins de cinq minutes. Sur engagement en zone offensive, Benoît Bachelet récupère le palet transmis immédiatement à Josef Podlaha, le Tchèque d'un tir à ras de glace trompe Jean-Ian Filiatrault (2-2 à 43'04). Sur une situation de jeu à quatre contre quatre, le jeune et prometteur Christophe Tartari d'un tir limpide trompe le portier angloy (2-3 à 46'06), il est vrai masqué par une forêt de joueurs. Bis repetita pour simplifier le travail de la table de marque, le même trio offre le break aux visiteurs. Christophe Tartari s'offre un doublé sur assistances de Lehtonen et Bonnard (2-4 à 47'22). Sur ce coup-là, Jean-Ian Filiatrault un peu abandonné par sa défense n'est pas exempt de tout reproche.

Les Angloys sont alors dominés dans tous les secteurs de jeu, seules la hargne et la fougue de certains évitent le pire aux locaux. Jean-Benoît Deschamps, jusque là correct et sobre, s'énerve un peu. Alors que le jeu continue, il va brasser un Grenoblois (qu'il avait fait tomber sur son gardien précédemment) qui rentrait sur le banc. Un peu plus tard dans le jeu, Deschamps écope d'une seconde 2'+10' qui se transforme logiquement en méconduite pour le match, quand même bien sévère (51'35). Les Grenoblois ne sont pas en reste car Laurent Meunier a droit à une 2'+10' qui fait hurler l'attaquant et fait bondir de son banc le pourtant très calme Gérald Guennelon (55'34). Malgré tout, David Dostal se crée la dernière action de son équipe sur un palet gratté contre la bande, mais son tir passe au-dessus (52'39). Le coach angloy tente un coup de poker bien tardif en sortant le gardien à 59'37, ce qui permet à Simon Bachelet d'inscrire un dernier but en cage vide (2-5 à 59'58).

Compte-rendu signé Thierry Duvignau

 

Anglet - Grenoble 2-5 (0-1, 2-0, 0-4)

Vendredi 17 septembre 2004 à 20h30 à la patinoire de La Barre. 850 spectateurs.

Arbitrage de Thierry Calamoneri assisté de Laurent Antunes et Marie Picavet.

Pénalités : Anglet 68' (10'+10', 12'+10', 6'+20'), Grenoble 60' (14'+10'+10', 6', 10'+10').

Évolution du score :

0-1 à 06'48" : B. Bachelet assisté de Meunier et S. Bachelet

1-1 à 33'10" : Maréchal assisté de Courally et Deschamps (sup. num.)

2-1 à 33'29" : Daramy

2-2 à 43'04" : Podlaha assisté de B. Bachelet

2-3 à 46'06" : Tartari assisté de Lehtonen et Bonnard (sup. num.)

2-4 à 47'22" : Tartari assisté de Lehtonen et Bonnard (sup. num.)

2-5 à 59'58" : S. Bachelet (cage vide)

 

Anglet

Gardien : Jean-Ian Filiatrault (sorti de sa cage de 59'37" à 59'58").

Défenseurs : Radek Duda - Daniel Sedlak ; Jean-Benoît Deschamps - Julien Hitze ; Roman Marakhovski - Mickaël Wiart.

Attaquants : David Dostal - Michal Garbocz (A) - Pavol Zdrahal ; Stanislas Solaux - Xavier Daramy (C) - Raphaël Larrieu ; Géraud Maréchal (A) - Julien Aubry - Nicolas Courally.

Remplaçants : Gabriel Bounoure (G), Thomas Decock, Thomas Molia, Julien Pousset, Xavier Idiart.

Grenoble

Gardien : Patrick Rolland.

Défenseurs : Tommi Hämäläinen - Nicolas Favarin ; Baptiste Amar (A) - Simon Bachelet ; Jean-François Bonnard (A) - Pasi Järvinen (ou Martin Millerioux).

Attaquants : Benoît Bachelet (C) - Laurent Meunier (ou Christophe Tartari) - Josef Podlaha ; Kévin Hecquefeuille - Roger Jönsson - Yven Sadoun ; Petri Lehtonen - Romain Bachelet - Laurent Deschaumes (ou Cyril Papa).

Remplaçant : Cédric Dietrich (G). Absents : Nicolas Antonoff (convalescent) et Timo Bayon (tendinite).

 

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