Interview de Ludovic Garreau

 

Ce défenseur formé à Villard-de-Lans et passé par Anglet et Nice était cette saison le capitaine de l'équipe espoir de Gap. Il est le prototype du joueur au petit gabarit mais au gros cur. Il vient de signer pour le club d'Asplöven en division 1 suédoise (troisième niveau), et sera suivi dans cette aventure par son coéquipier Benjamin Arnaud.

- Comment l'opportunité de partir à Asplöven s'est-elle présentée ?

En fait, je me suis vraiment bien entendu cette saison avec le gardien suédois Martin Forslund, et de fil en aiguille je lui ai expliqué que j'aimerais bien partir jouer en Suède. Il m'a mis en relation avec son agent Bjarne Lundh de Hockey Player Agency, avec qui par la suite j'ai signé. Au début j'ai eu des propositions pour jouer en division 2 suédoise, et au moment où j'allais prendre ma décision Bjarne Lundh m'a appelé pour me dire que Asplöven en division 1 suédoise était très intéressé donc je n'ai pas hésité.

- Jouer à l'étranger, était-ce un rêve que vous poursuiviez depuis longtemps ?

Oui, et c'était quelque chose que j'envisageais de plus en plus. En France, il y a une grande instabilité dans le hockey, d'une année sur l'autre il y a tout le temps des clubs qui sont incertains à l'intersaison. Ce que j'espère le plus, c'est de pouvoir y rester, et aller dans un pays dont le hockey fait partie de la culture, ça fait rêver.

- Pensez-vous qu'une expérience à l'étranger soit indispensable pour un hockeyeur français ?

Oui et non. C'est sûr que ça fait une bonne expérience de partir, on a beaucoup à apprendre des pays scandinaves ou nord-américains. Mais je pense qu'il y a des clubs français qui sont très bon en terme de formation.

- La Suède était-elle un pays qui vous attirait particulièrement ? Vous intéressiez-vous au hockey suédois ?

J'ai toujours été attiré par les pays scandinaves, je n'y suis jamais allé, mais j'ai toujours eu de très bon rapport avec les Suédois que j'ai pu rencontrer. Sinon, je ne m'intéressais pas spécialement au hockey suédois.

- Le fait d'avoir eu un entraîneur suédois cette saison a-t-il été déterminant dans votre choix ?

Henrik Alfredsson m'a juste conforté dans mon choix, et j'ai bien aimé ses méthodes de travail et la vision qu'il a du hockey et d'une équipe.

- Dans quels domaines pensez-vous le plus progresser là-bas ?

Sans hésiter, la technique individuelle et collective.

- Le fait de découvrir une autre culture est-il aussi important pour vous que l'intérêt sportif ?

C'est clair, et puis c'est une chance que cette opportunité se présente aussi vite car je n'ai pas encore d'attaches. Si je ne le fais pas maintenant, ça m'étonnerait que je le fasse plus tard. Et puis, qui sait, peut-être que cette culture me plaira assez pour que j'y reste.

- Le hockey suédois développe des joueurs bien plus grands et physiques qu'en France. Ne craignez-vous que votre gabarit modeste vous rende la tâche encore plus difficile ?

C'est une évidence, mais en France c'est la même chose contre les équipes comme Mulhouse ou Tours. Je joue avec ma vivacité et mon envie, et ça marche pas mal. Et en Suède, j'aurai les dents longues donc je vais tout faire pour y arriver. Et puis c'est une revanche sur les gens qui disaient que j'étais trop petit pour réussir dans le hockey.

- Avez-vous pris conseil auprès de joueurs français ayant déjà tenté leur chance à l'étranger ?

Non, mais mon ancien coach Laurent Perroton, qui lui est parti tenter sa chance en Suisse à Lausanne, m'a fortement conseillé d'y aller, et de toute façon tout le monde m'encourage dans mon choix.

- Quel bilan tirez-vous de vos deux saisons de Ligue Magnus à Gap ?

C'est un très bon bilan, j'ai pris beaucoup de temps de jeu en sénior, ce qui m'a permis de prendre confiance en moi et surtout dans mon jeu, et cette année j'ai beaucoup appris en jouant avec un Andreï Kozyrev dans mon équipe. En tout cas, je suis très reconnaissant envers Gap.

- Pensez-vous que Gap soit sur la bonne voie pour s'établir sur le long terme en Ligue Magnus ?

Ils ont une très bonne politique en donnant la chance à de jeunes joueurs de jouer en ligue Magnus, mais le gros problème à Gap est le manque de moyens et le manque de structures, ça les handicape fortement et les contraint même à ne pas pouvoir viser très haut en Ligue Magnus.

Propos recueillis le 21 mai 2005 par Marc Branchu

 

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