Interview de Marc Fornaguera

 

Le président du Montpellier Agglomération Hockey Club a souhaité participer au groupe de travail chargé de réfléchir à la question des joueurs étrangers dans le championnat de France.

- Pourquoi avoir souhaité vous investir dans ce débat ?

Participer, tout au plus... ! Lors d'une réunion du Comité Directeur de la FFHG, un problème a été posé en des termes très clairs par le DTN. "Je ne dispose plus d'assez de joueurs dans les postes clés qui puissent initier une concurrence en équipe de France". Et de renvoyer au nombre et à l'utilisation dans le jeu des effectifs étrangers en Ligue Magnus.

Luc Tardif avait déjà demandé à ce qu'un groupe de travail soit constitué sur la problématique des étrangers dans le hockey. C'est parce que le débat a rapidement évolué sur la présence de joueurs étrangers dans les autres divisions que j'ai souhaité m'associer à la réflexion devant être entamée, comme Richard Golaz [NDLR : président d'Annecy] qui, lui, s'est proposé pour la conduire.

Montpellier a toute sa place dans le débat. Si le plan patinoires fonctionne et si le hockey émerge encore plus au plan national, des clubs naîtront ou se structureront avec des ambitions nouvelles et seront confrontés aux mêmes problèmes de recrutement que connaissent Montpellier et d'autres. Je me suis associé à ce groupe de travail pour expliquer ces difficultés et faire connaître notre réalité aux autres membres du Comité Directeur.

Un des défis du hockey en France, c'est la formation des jeunes, avec les difficultés de concevoir des filières vers le haut niveau, le maillage du territoire, le contenu et la cohérence des programmes de formation, les heures de glace disponibles. À mon humble avis, le nombre d'étrangers, joueurs et entraîneurs, c'est l'arbre qui cache la forêt. Si notre sport veut s'épanouir, y compris à l'international, c'est en mieux formant les jeunes que par le passé, avec la FFSG. Luc Tardif, le Bureau Directeur et la DTN le savent, ils y travaillent, mais il va falloir du temps pour en voir les effets. La chance que nous avons aujourd'hui, c'est d'être devant nos responsabilités avec des moyens financiers et réglementaires que nous maîtrisons et avec des dirigeants anciens joueurs et un technicien, le DTN Gérald Guennelon, qui savent la complexité de notre sport.

En terme de formation, on peut se référer aux chiffres de l'IIHF. La France est au neuvième rang mondial pour le nombre de licenciés "juniors" (environ 10000). Nos résultats U20 et U18 nous placent environ au vingtième rang dans la hiérarchie mondiale.

En attendant que le travail de la DTN porte ses fruits, les joueurs et entraîneurs étrangers remplissent un besoin essentiel au développement du hockey. Ils participent à rendre nos championnats plus attractifs sur le plan du spectacle, car le spectateur est avant tout demandeur d'un "niveau" de jeu et ce, dans toutes les divisions. Il n'existe pas un "public" de Ligue Magnus et un "public" de Division 1 ou 2 ou 3. Tous veulent voir le meilleur hockey possible, sans préoccupation de passeports.

Si résoudre les problèmes de l'équipe de France à court terme passe par une prise de conscience en Ligue Magnus de la distribution des rôles de joueurs, à plus long terme, par contre, la formation de joueurs et entraîneurs d'un niveau suffisant est l'évolution naturelle qui, seule, conduira à une réduction progressive des effectifs, joueurs et entraîneurs étrangers, dans toutes les divisions.

C'est le raisonnement que je défendrai, lorsque le groupe de travail sera vraiment opérationnel.

- Votre position de président d'un club qui emploie beaucoup de hockeyeurs étrangers ne risque-t-elle de susciter la méfiance ?

Il faut dépasser cela. Ce n'est pas en diabolisant les uns et en angélisant les autres que l'on va faire avancer les choses.

Un club fait des choix en fonction de l'environnement dans lequel il évolue. Le tissu du hockey français est très hétérogène. Juger un club sur sa politique sportive et économique, sans en connaître les tenants et les aboutissants, me paraît particulièrement présomptueux.

Je comprends la méfiance que l'on peut éprouver aujourd'hui vis-à-vis d'un club comme Montpellier. Il y a l'histoire des clubs de hockey en France, l'histoire de ce sport jalonné de présidents météorites, de dépôts de bilans, de légions étrangères envolées. Cela ne doit pas empêcher de regarder certaines réalités en face.

Ça fait six ans qu'on bosse. Le club de Montpellier n'a jamais prétendu avoir la science infuse. Il tente d'avancer dans un univers pas toujours simple à appréhender. On s'est sûrement trompé quelquefois, on aurait sans doute pu faire mieux ou autrement. L'essentiel n'est pas là. Il s'agit de donner au hockey français une autre place forte, Végapolis. Les dirigeants passent, les polémiques s'oublient, mais les clubs restent. Si le socle bâti est solide, il est toujours temps d'adapter les politiques sportives.

- Dans le cas concret de Montpellier, qu'est-ce qui pousse un club comme celui-ci à recourir à tant d'étrangers ?

L'émergence des Vipers n'a tenu qu'à la construction de Végapolis par l'Agglomération de Montpellier, à la confiance de cette collectivité donnée au hockey et, naturellement, à la volonté de passionnés qui y ont cru. Le hockey a alors réellement existé dans cette ville, au milieu de "tant" de sports de haut niveau. C'est d'abord passé par les résultats d'une équipe première, c'était notre choix, compte tenu de l'outil dont nous disposions.

Les joueurs et entraîneurs étrangers sont ou ont été là pour obtenir ces résultats, parce que nous ne sommes pas situés en plein cur d'un bassin de clubs suffisant pour drainer joueurs et entraîneurs du niveau requis aux ambitions de Montpellier. Venir ici ne se fait pas d'un coup de volant ou par le RER.

Quant à fournir la recette miracle qui permet en cinq ans de former des joueurs de haut niveau "in situ", sans qu'il n'y ait jamais rien eu de fait par d'anciennes structures sur ce plan-là, cela relèverait de l'impossible n'importe où.

Donc, restait à panacher. Nous le faisons, avec toujours le souci d'une priorité donnée aux joueurs nationaux d'où qu'ils viennent, en attendant d'intégrer nos propres jeunes, à partir du moment où les joueurs adhèrent au projet sportif et sont d'accord pour l'associer à un projet professionnel ou études en dehors. Il y a ensuite un critère de niveau sportif et économique.

Lionel Bilbao, l'entraîneur du club, français, a souscrit lui-même à ces principes lors de sa venue. Dans le groupe de direction de l'équipe première, siège un ancien international français [NDLR : Franck Saunier], qui s'occupe aussi du hockey mineur. Le choix d'avoir "tant" d'étrangers dans l'équipe est toujours un choix par défaut. De nombreux joueurs français sont contactés ou nous contactent chaque saison, c'est leur choix de venir ou pas. Les joueurs qui sont restés savent que nous avons toujours tenu nos engagements vis-à-vis de ceux qui se sont investis dans la logique que nous soutenons.

- Cette situation est-elle atypique ou concerne-t-elle beaucoup de clubs français ?

Elle concerne majoritairement les clubs de Ligue Magnus, mais aussi des clubs de division 1 et 2, si l'on veut bien considérer qu'il est aussi "symptomatique" d'avoir 10 ou 8 étrangers dans des "régions denses" de hockey que 12 dans un des "déserts hockeyistiques" français, le Languedoc-Roussillon.

On peut mettre le curseur où vous voudrez quant au nombre "acceptable" de joueurs et d'entraîneurs étrangers par équipes et par division, vous ne pourrez jamais répondre uniformément aux besoins des clubs, avec une telle quantité de variables à gérer. Situations financières, situations géographiques, environnement sportif, antériorité de la pratique, compétence des formateurs, ambitions sportives, il y a tant de paramètres à considérer.

Même les clubs "formateurs" sont touchés. Il n'y a qu'à regarder en division 1 où les clubs disposant d'équipes U18 Elite et/ou Espoirs Élite font elles aussi appel à des effectifs étrangers nombreux. C'est bien qu'il y a un problème avec le niveau de formation.

Ce qu'il faut éviter à tout prix, c'est l'arbitraire de décisions et de restrictions drastiques sans en avoir bien pesé les conséquences. L'équilibre actuel reste fragile. Ne pas conduire les clubs à des impasses par des volte-face ou des décisions qui seront contestées ou inapplicables juridiquement, car le législateur prime sur le décideur sportif.

Développer l'audience et la pratique de ce sport, c'est peut-être ne pas entraver toute concurrence, prévoir que le rayonnement national sera efficacement complétée par des équipes premières locomotives dans chaque patinoire et non pas en rendant impossible l'ascenseur sportif. C'est un des plus sûrs moyens d'attirer des jeunes à la pratique, de résoudre notre décrue de licenciés en hockey mineur et les problèmes multiples qui en découlent.

- Quel doit être selon vous le rôle du hockeyeur étranger en Ligue Magnus ? Et dans les divisions inférieures ?

Je me contenterai de rester factuel. Il existe une DTN pour donner des orientations et un Comité Directeur pour les valider ou pas.

Chaque époque a eu "ses" étrangers. Les années 50 et 60 avec les Laliberté, Gélinas... Des missionnaires sur un territoire en friche. Puis ce furent les naturalisés canadiens et les échappés du rideau de fer des années 80, 90 qui amenèrent les mémorables résultats de l'équipe de France (Poudrier, Woodburn, Laporte, Almasy) et dont le pic fut Albertville. On a même eu Bob Gainey qui débarquait à Épinal en 1990. Tout ça est bien loin.

Aujourd'hui, c'est la mondialisation, la libre circulation, l'Europe à 27, l'arrêt Bosman, les agents sur Internet, le monde à portée de main. Le rideau de fer est tombé. Les ligues professionnelles ont fleuri partout. Il reste à la France les joueurs étrangers qu'elle a les moyens de se payer, le talent s'est dilué. Les Québécois hors NHL sont en LNAH et dans les ligues mineures américaines ou encore dans les ligues seniors AAA, AA, et ils y restent. Les Russes, les Tchèques, les Suédois, les Finlandais ont des championnats florissants, comme bientôt les Slovaques.

Pourquoi les meilleurs viendraient-ils en France ?

Le "rôle" d'un hockeyeur étranger dans le championnat français est maintenant différent. Il fait nombre. C'est un fait, le fameux principe de la pyramide s'est inversé, le sommet est maintenant plus fourni que la base.

Si l'économie du hockey en reste là au plan des salaires, les étrangers qui viendront en France suppléer notre formation dans l'avenir seront peut-être d'un niveau encore inférieur. Former au plan national devient de plus en plus vital.

- Qu'est-ce qu'un hockeyeur français peut raisonnablement espérer en faisant carrière dans le hockey ?

Si on parle d'argent, pas énormément, y compris pour la plupart des étrangers de Ligue Magnus, je ne parle même pas des autres divisions. C'est à la mesure des sommes brassées par ce sport et des nécessaires limitations de masse salariale. Seule la création d'une ligue professionnelle correctement financée pourra changer cet état de fait.

Il y a 13 ans périclitaient la Ligue Professionnelle en France puis la Ligue Élite. Pendant ce temps, le hockey allemand parvenait à impliquer de vrais investisseurs et sortait de son organisation traditionnelle avec l'essor de la DEL. On sait ce qu'il en est advenu. Certes, la DEL a été initiée avec un gros contingent étranger, mais les Allemands qui évoluent aujourd'hui dans cette ligue ont sûrement de meilleures perspectives que ceux qui les ont précédés. De nouvelles patinoires se sont construites, avec à la clé un niveau d'investissement garant d'une certaine crédibilité à l'échelle européenne. Même si tout est loin d'être encore parfait, l'équipe nationale tient de nouveau le dixième rang ainsi que les U18 et les U20, qui se sont baladés dans l'autre poule de division I, alors que nous luttions pour le maintien contre la Grande Bretagne. Ils ont absorbé les démembrements de l'ex-URSS et de l'ex-Tchécoslovaquie qui ont fait reculer au classement mondial les nations de l'ouest européen.

- Le manque de débouchés n'incite-t-il pas les cadets et juniors à abandonner le hockey ?

Même si, dans une organisation pyramidale normale, la base doit être plus nombreuse que le sommet, il est certain que sans un renouvellement régulier des effectifs seniors, les jeunes qui ont le talent et la volonté de poursuivre un parcours sportif de compétition vont se décourager. Lorsqu'un jeune quitte son équipe cadet ou junior, il ne fait pas qu'arrêter lui-même, il rend moins dense le tissu sportif qui permet l'émergence de nouveaux talents pour les équipes premières et les équipes nationales.

Mais il y a les deux aspects du problème.

D'un côté, on ne peut pas demander à une équipe première engagée en Ligue Magnus, en Division 1 ou 2 de jouer le rôle d'une ligue de développement, qui n'est pas le sien. Ou alors, il faut le faire à travers une organisation fédérale solide, pensée et traitant les clubs de façon égalitaire.

De l'autre, on ne peut pas dire à un jeune que, parce qu'il est insuffisamment développé, il n'aura jamais accès à une équipe première.

Il y a clairement un chaînon manquant. C'est peut être celui d'un véritable développement du jeune U18 et U20, à travers un championnat adapté à son âge, qui permette de l'évaluer au milieu de ses pairs avec un suivi fédéral et un cursus lisible qui va lui permettre de saisir la chance d'aboutir dans un club, le sien formateur, ou un autre.

C'est aux commissions de la FFHG qui sont chargées de réfléchir aux championnats jeunes et à la DTN de nous dire comment articuler ce développement de façon harmonieuse et régulée, sur tout le territoire. Encore faut-il que ce schéma soit choisi et pas un autre qui s'appuierait sur les équipes premières des clubs pour compléter la formation et développer les jeunes. Allier les deux est ce qui se fait, plus ou moins, à l'heure actuelle. Le débat s'ouvrira forcément sur ce plan-là aussi.

J'ai aussi entendu dire qu'il n'y a qu'à pousser les joueurs étrangers dehors et intégrer les jeunes en équipes premières pour qu'ils s'y épanouissent (!). J'ai une opinion là-dessus, elle n'engage que moi.

Si une véritable ligue de développement existait, les jeunes trouveraient leurs places naturellement, dans un processus maîtrisé qui concernerait tous les clubs engagés dans les championnats nationaux. Intégrer n'importe qui, n'importe comment, n'importe quand, sous prétexte qu'il est jeune, ou que c'est intéressant économiquement, n'est pas forcément la solution. Il y a plus de chances de lui brûler les ailes que de le développer convenablement. Les exemples foisonnent, y compris cette saison.

- Il n'y a aucun championnat "espoir excellence" dans le sud-est. Est-il envisageable qu'on puisse en recréer un dans quelques années pour ne pas laisser un vide à cette période charnière ?

Ce n'est pas forcément à moi de répondre, mais aux responsables de la COS nationale. Je ne peux constater que ce qui se passe dans certains clubs "primo formateurs" et livrer l'analyse que je fais du phénomène.

Tous les clubs produisent des jeunes plus ou moins doués, qui rêvent d'arriver en haut, et tous les dirigeants des clubs espèrent les y amener. En l'absence de filières, de règles de mutation cohérentes (la mesure des 5 mutations annuelles est un progrès bien timide et insuffisant), de championnats structurés, y compris par regroupements régionaux, bref, d'une mise à plat du système, que se passe-t-il le plus souvent ?

Les parents sont contactés, les jeunes aussi, lors des regroupements régionaux des plans de détection ou de développement ou lors de tournois, c'est un petit monde. On leur explique qu'il est préférable de jouer dans des championnats plus huppés que celui que leur destine leur club formateur, un peu excentré ou n'ayant pas eu la chance d'évoluer dans la bonne ligue, à l'époque. C'est le "wild west" de la formation.

Le jeune un peu plus doué quitte le club d'origine, seul ou avec le bon copain qui tirait lui aussi l'équipe pour rejoindre le club qui l'aidera à jouer plus haut. Ils laissent des coéquipiers moins concernés, des dirigeants désabusés, et les choses se délitent doucement, inexorablement. Les clubs se sentent floués, sont moins investis dans des catégories déjà difficiles à gérer. Le tissu se désagrège. Là aussi les exemples foisonnent.

La mise en place un système fédéral qui régule les mouvements et les objectifs dans l'ensemble du hockey mineur pourrait mettre fin à ces impasses. Une évolution sur le plan des mentalités et des structures, et donc, du temps, seraient alors nécessaires.

Je comprends les "pôles" qui attirent les meilleurs agglutinés à leurs portes, les "sports études" qui recrutent, les parents qui espèrent le meilleur pour leurs enfants et qui font des sacrifices, les jeunes qui y croient. Mais est-ce que tout ça fonctionne ? Des difficultés de recrutement pour les clubs. Les U18 en Division II (vingtièmes mondiaux), les U20 sauvés in extremis en Division I (dix-neuvièmes mondiaux)...

- Le championnat "espoir" est-il (encore) réformable ? Quelle valeur accorder aux espoirs élite comme filière de formation ?

La aussi, je suis mal placé pour donner autre chose que mon sentiment, et encore faut-il le pondérer car les données ne sont certainement pas si simples. Je ne peux qu'émettre une impression et des vux, c'est la période.

Ce qui se passe en U18 ou en "Espoirs" n'est qu'une conséquence, un effet de la situation dans tout le Hockey mineur, pas une cause.

Le développement U20, U18, est un chantier urgent, et le temps pour le mener nous est compté, c'est du court terme. La volonté fédérale existe, les outils fédéraux (DTN) existent, même les tenants du système s'aperçoivent de ses limites.

L'Espoir élite, une filière ? Mélanger quatre années (18 à 21 ans), des scores "abondants", une maigre quantité de matchs, opposer des joueurs titulaires en Ligue Magnus à d'autres qui ne le sont pas en Division 1 ou 2, coachés souvent par un coéquipier de l'équipe première. Vu de loin, ça ne ressemble pas du tout à une Ligue de développement.

Encore une fois, on ne peut juger qu'aux résultats : sommes-nous satisfaits ?

Existe-t-il d'autres voies ? Filières entre clubs "formateurs" de divisions différentes avec quotas et équipes "primo formatrices" affiliées, équipes U20 de COS en Division 1 et 2, équipe nationale U20 en Magnus ou en D1 ? Je ne suis pas spécialiste, je me contente d'écouter ce qui se dit, à droite à gauche.

Le développement du jeune est l'aboutissement de la formation. C'est un enjeu qui dépasse la compétence d'un entraîneur mais implique tout le système du hockey français. Il est le reflet de nos capacités.

- Quels sont les avantages et les limites des centres de formation ?

Déjà, il n'est pas facile de se repérer dans les terminologies "Pôles France ou Espoir, Centres de formation, Sport études", chacune porte sa logique, même s'il s'agit toujours de rassembler les meilleurs, dans une perspective pyramidale, pour leur donner des moyens accrus. Bien adaptés aux sports collectifs de masse qui souhaitent créer des filières d'accès au haut niveau, est ce que la formule convient au Hockey ?

L'organisation actuelle a indéniablement contribué à amoindrir la densité des effectifs juniors et cadets sur le plan national, en réduisant à l'extrême le champ des compétitions.

Le Centre de Formation correspondrait mieux dans le sens où il est adossé sur une structure club professionnelle et financé par elle. Les clubs de hockey de Ligue Magnus et Division 1 se sont vus proposer une convention avant la création de la FFHG. Peu de clubs pouvaient répondre au cahier des charges, surtout au plan de la structure juridique, plutôt adaptée au sport professionnel. L'idée de créer une structure intermédiaire (site fédéral) adossée à des clubs se fait jour, même si l'articulation générale n'est pas encore complètement formalisée. Les avantages et les limites découleront directement du nombre de sites, de la finalité du système et du programme sportif qui sera mis en place.

Sans vouloir intervenir dans l'élaboration d'un projet où je n'ai pas mandat fédéral, je laisse le président de club que je suis émettre quelques souhaits.

- établir un cahier des charges transparent et exhaustif pour le choix des sites (garantie de pérennité, équité)

- élargir le plus possible le nombre de ces "sites", afin qu'ils concernent le plus de clubs possibles (proximité, principe de pyramide)

- organiser les mouvements des jeunes en formation entre les clubs et les divisions (optimiser les parcours sportifs, satisfaire les besoins en effectifs)

- élaborer des systèmes de compensation financière ou sportive pour les clubs primo-formateurs (principe de reconnaissance, d'incitation et de redistribution)

Propos recueillis le 17 janvier 2008 par Marc Branchu

 

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