Mannheimer ERC

Chapitre V - Pêche fructueuse au Canada

 

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Pour son retour en Bundesliga, Mannheim cherche clairement à construire une grosse équipe, et les renforts de deux internationaux comme Klaus Mangold (Berliner SC) et Helmut Guggemos (Krefeld) vont tout à fait dans ce sens. Mais l'argent manque pour recruter plus, et l'entraîneur Heinz Weisenbach cherche alors à exploiter une faille encore inexplorée, un réservoir de joueurs "allemands" resté vierge.

Prospection au Canada

Il se souvient en effet de la vague d'émigration allemande vers le Canada au milieu des années 50 et part pour Toronto où commence une pérégrination de six semaines. Il fait le tour des différentes ligues mineures, épluchant statistiques et feuilles de match. Son but ? Retrouver des joueurs d'ascendance germanique, dont les parents auraient émigré après la guerre. Ils auraient ainsi été formés au Canada mais possèderaient encore un passeport allemand dont ils ne soupçonnent pas la valeur. Tout ce qui sonne plus ou moins teuton attire l'œil sagace de Weisenbach. Ici, un Wolf, là un Bosecke... Il se renseigne sur ces joueurs et découvre que certains n'ont pas d'allemand que le nom.

Weisenbach passe également des petites annonces dans les journaux : "recherche hockeyeurs allemands". Harold Kreis, joueur de junior majeur aux Calgary Wranglers en WHL, ouvre le journal à la bonne page, Weisenbach vient expliquer sa proposition au jeune joueur de dix-neuf ans et à sa famille. Kreis deviendra un des piliers du MERC des années 80.

Weisenbach emmène avec lui dans l'avion du retour une dizaine de Germano-Canadiens qui sont conviés à suivre la préparation physique à Füssen en juillet. Parmi eux, certains ne seront pas conservés, comme Dieter Wolf, les gardiens Gregor Bosecke et Klaus Verleih ou l'attaquant Gerd Peckart. Il y a aussi ceux que Weisenbach a repérés mais qui sont encore trop jeunes ou pas prêts à franchir le pas, comme Karl Friesen ou Ralph Krueger. Pour eux, ce n'est qu'une question d'années avant que d'autres clubs allemands fassent appel à eux.

Mais Daryll Maggs, Brent Meeke, Harold Kreis, Dan Djakalovic, Manfred Wolf, Roy Roedger et Peter Ascherl intègrent l'équipe de Mannheim qui prend alors évidemment un autre accent et une autre stature avec ses joueurs canadiens ravis de l'aubaine, engagés comme professionnels dans un monde d'amateurs. Cette tournée canadienne de Heinz Weisenbach s'apprête ainsi à changer la face de la Bundesliga. D'une part parce qu'elle amènera Mannheim à son premier titre, d'autre part parce qu'elle plongera à terme le hockey allemand dans une série de scandales.

L'affaire Weishaupt

Mais le prochain scandale, auquel Mannheim sera directement confronté, n'aura rien à voir avec les Canadiens, et il ne sera pas du fait du MERC : il aura pour objet Erich Weishaupt, le meilleur gardien allemand, qui jouait au Berliner SC et qui est recruté à la mi-août. Tout le monde paraît s'est mis d'accord sur le transfert, Mannheim s'est acquitté de ses droits et ne semble rencontrer aucun problème quand Weishaupt évolue pour la première fois avec sa nouvelle équipe, devant quatre mille personnes, dans une patinoire rénovée par la ville en guise de soutien à l'accession du club à la Bundesliga. Weishaupt est impérial dans ce match amical, Mannheim écrase le champion en titre Riessersee 8-1, on n'en demandait pas tant, et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes... À un détail près. Le nouveau président berlinois Wilfried Schacht ne veut pas céder la licence du gardien international et engage le bras de fer.

Avec une autorisation donnée par la fédération régionale du Bade-Wurtemberg, qui soutient son club, Weishaupt est quand même présent sur la glace lors du premier match de championnat contre Bad Nauheim, mais il ne se trouve évidemment pas dans une situation psychologique idéale, et il craque, remplacé par Matthias Hoppe après avoir encaissé six buts, dans un match finalement perdu 2-10, un revers dont Mannheim se remettra très vite. Le Berliner SC envoie finalement la licence, expliquant pour justifier son retard que son ancien gardien n'avait pas rendu son équipement au club.

Mais ce n'est qu'un sursis. Le feuilleton n'est pas fini, et Berlin dépose un recours. Comme les licences ont été obtenues après la date légale de clôture des transferts (le 31 août), Rosenheim et Mannheim sont menacés de perdre sur tapis vert tous les matches dans lesquels Scharf et Weishaupt ont joué, soit la plupart pour ce qui est de ce dernier, même si Matthias Hoppe a aussi été titularisé et a notamment réalisé un blanchissage contre Füssen (1-0). L'épée de Damoclès qui pend au-dessus de leur tête semble paradoxalement avoir un effet bénéfique sur les Mannheimois, puisqu'ils terminent la première phase à la troisième place, et se qualifient donc pour la poule finale à six.

Mais la commission d'arbitrage puis la commission d'appel de la fédération rendent le même verdict, retirant tous ses points à Mannheim puisque la licence d'Erich Weishaupt n'avait pas été confirmée. "Nous avons fait tout ce que nous avons pu", commente le président de la fédération Otto Wanner. Apparent le MERC peut encore plus : il fait appel à l'avocat munichois Rolf Bossi qui se porte devant une chambre civile de Munich, laquelle rend un arrêt qui ordonne à la fédération d'annuler sa décision jusqu'à un verdict final sur le fond soit rendu, compte tenu des circonstances particulières qui ont entouré l'obtention de ces licences, et ce sous peine d'une amende de 500 000 marks. L'argument financier semble porter, puisqu'en quelques jours la fédération enterre promptement toute l'affaire.

Lorsque Mannheim reçoit Berlin pour la deuxième phase, on doit refuser du monde car le duel passionne les foules. En raison du contentieux qui s'est créé, certains journaux à scandale prédisent même un bain de sang sur la glace. Mais les joueurs ne rentrent pas dans ce petit jeu, le match se déroule tout à fait normalement, et les deux équipes se séparent sur le score de 2-2, frustrant pour Mannheim. Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, et le MERC aura l'occasion de battre Berlin à deux reprises. Avec quatre victoires et deux nuls, le bilan contre le club de la capitale est tout à fait satisfaisant.

Malheureusement, le bilan général l'est moins, car Mannheim termine la poule finale à la sixième et dernière place, n'arrivant pas à retrouver l'allant de son début de saison, où les menaces sur la licence de Weishaupt avaient bizarrement plus amélioré les résultats que semé le doute ou la zizanie.

La revanche de Matthias Hoppe (et de Berlin)

Le MERC décide néanmoins qu'il n'a pas fait tout ça pour rien, et prolonge donc le contrat d'Erich Weishaupt de trois ans. Qui plus est, il se consacrera entièrement à son club, puisqu'aux championnats du monde, il perd sa place de titulaire en équipe d'Allemagne et décide de mettre un terme à sa carrière internationale. Il en est un qui n'est évidemment pas content de la nouvelle du maintien de Weishaupt, c'est Matthias Hoppe, dont toutes les perspectives de carrière sont bouchées. Il décide pour avoir un peu de temps de glace de partir au... Berliner SC (hé oui !), qui recherche forcément un bon gardien pour pallier la défection de qui vous savez.

Hoppe n'est pas le seul ancien à devoir faire ses bagages : on n'a plus de place non plus pour Münch, Meister, Hassan et Guggemos. Par contre, un joueur formé au club, et pas le moindre, puisqu'il s'agit de l'international de 23 ans Marcus Kühl, fait son grand retour cinq ans après avoir quitté Mannheim (il a empoché deux titres de champion au passage avec Cologne). Il vient ouvrir un magasin de vêtements dans la ville et bien entendu revenir jouer avec le MERC. Mais son cas fait un temps l'objet d'une controverse entre Cologne et Mannheim pour savoir s'il s'agit d'un prêt ou d'un transfert définitif. Comme le joueur, content d'être rentré chez lui, fait savoir qu'il n'a pas l'intention de retourner au KEC, les choses sont claires et les deux clubs parviennent à s'entendre. On n'aura donc pas de nouveau litige... Ouf ! D'autant que Kuhl, l'homme de la "passe qui tue", est le produit d'une époque où un joueur pouvait mettre pleinement à l'œuvre l'éventail de sa technique. Bien appuyé par des joueurs plus physiques dans cette équipe à l'accent canadien, il sera un des grands bonhommes de la saison.

Ce sont des doubles retrouvailles que "fête" le MERC pour son dernier match de préparation de la saison 1979/80, puisqu'il rencontre... le Berliner SC (si, si, en amical !), et que les buts de ce dernier sont gardés par Matthias Hoppe, qui souhaite donner des regrets à ses anciens dirigeants et y parvient avec l'art et la manière. Il blanchit l'attaque de Mannheim, qui s'est pourtant considérablement renforcée avec le centre canadien Ron Andruff et l'international allemand Holger Meitinger, un ailier droit dont les tirs côté mitaine sont redoutables de technique et de timing.

Mannheim relancé par la formule

Le MERC, qui perd ce match 0-3, n'aborde donc pas le championnat en position de favori, statut que se partagent Düsseldorf et Riessersee. Mais, au cours des premières journées, Mannheim domine superbement le club de Garmisch-Partenkirchen (7-3) et réussit à s'imposer à Düsseldorf (6-3) en jouant magnifiquement le contre, de quoi faire douter des valeurs établies. Mais Riessersee sait les faire respecter et cavale en tête, surtout après sa grandiose revanche à domicile contre Mannheim, sur un 6-0 sans appel. Mannheim reste à bonne distance, et termine la première phase avec six points de retard.

Pas un si gros handicap quand on sait que la fédération a inventé une nouvelle nouvelle formule de championnat, pour le moins alambiquée, en trois groupes de quatre. Le premier rencontre les clubs classés quatrième, septième et dixième, le deuxième affronte les clubs classés cinquième, huitième et onzième, et le troisième a pour adversaires les clubs classés sixième, neuvième et douzième. Avec cette répartition pas du tout équitable, Riessersee doit se coltiner des rivaux plus forts que les deux clubs qui ont terminé derrière lui, Mannheim et Düsseldorf. Cela ne signifie pas juste que la qualification sera un peu plus difficile, c'est beaucoup plus important que ça puisque les points acquis dans ces groupes déséquilibrés seront également conservés pour la phase finale.

Le MERC a un petit peu de chance lors de cette phase : son premier déplacement à Berlin, l'adversaire le plus difficile, a lieu alors que trois attaquants de la capitale (Jaworowski, Slanina et le buteur Martin Hinterstocker) sont blessés. Il passe même à un cheveu de la catastophe à domicile contre la lanterne rouge Fribourg-en-Brisgau, car la défaite n'est évitée que dans les trois dernières minutes. Mais le résultat est là : Mannheim n'est plus qu'à un point du leader. Le suspense est à son comble, c'était ce que recherchait la fédération, même si on peut douter de la méthode.

Pour Riessersee, le pire est à venir. Il ne s'agit plus de deux ou trois faux-pas, mais d'une crise profonde. Le favori a perdu son hockey et commence la phase finale par deux défaites. Le MERC, de son côté, sauve un point contre Landshut après être passé de 3-2 à 3-4 dans les deux dernières minutes : l'égalisation providentielle est signée Holger Meitinger, qui démontre enfin ses talents de buteur. Le MERC se retrouve tout étonné en tête, et il comprend vite la chance qui s'offre à lui. Après un mois d'arrêt pendant la trêve olympique, il faut aller gagner un match capital à Garmisch-Partenkirchen. Meitinger et Andruff donnent la victoire à Mannheim dans les dernières minutes et pavent la voie du titre.

Le MERC est en position de force à l'heure du match retour contre Düsseldorf, et s'impose 7-5. Sans Meeke qui s'est coincé un nerf, les derniers points sont les plus difficiles à prendre : après un 5-4 arraché contre Riessersee et un 8-8 miraculeux à Füssen qui menait 7-2, Mannheim doit effectuer à l'avant-dernière journée un périlleux voyage à Berlin, là même où Düsseldorf a été laminé 7-1. Mais le MERC prend très largement le dessus par sept buts à deux et empoche le titre avant même le dernier match.

Weisenbach, objectif atteint

Weisenbach a réussi son pari : emmener Mannheim au titre de champion d'Allemagne ! Il peut donc se fixer de nouveaux défis à Cologne. Il y trimbale avec lui le statut de favori et la pression de celui qui est attendu comme l'homme à battre.

L'identité de son successeur surprend. L'ancien international tchèque Ladislav Olejnik a remporté deux Coupes d'Europe comme joueur avec son club formateur, le ZKL Brno, mais dans sa carrière d'entraîneur, à Bad Tölz et Bad Nauheim, il s'est surtout fait un nom dans son travail auprès des jeunes, y compris au sein de la fédération allemande. On ne sait donc pas trop comment il s'adaptera à une équipe de culture canadienne, qui a été conservée telle quelle hormis le départ du capitaine Klaus Mangold et l'intégration de l'international junior de Rosenheim, Rainer Blum.

En prélude au championnat, Mannheim dispute un tournoi à Arosa et mène 6-1 en finale face à l'équipe locale, mais le match doit être interrompu après une bagarre générale provoquée par une agression sur Jorns. Décidément, la saison commence bien mal pour le MERC, non pas à cause des résultats, mais parce qu'à la fin du deuxième match de Bundesliga contre Bad Nauheim, Harold Kreis se prend le plexiglas de face et se casse le nez et la mâchoire supérieure, ce qui nécessitera une opération. Le public crie au scandale et se répand en invectives envers l'arbitre, mais il s'avère en fait qu'aucun adversaire n'ait été fautif dans l'accident.

Avec seulement quatre défenseurs restants, le champion en titre parvient quand même à s'accrocher au groupe de tête, mené par le Cologne de Weisenbach. Il est néanmoins trop juste pour son grand baptême du feu en Coupe d'Europe, où il est logiquement éliminé (3-6 et 4-5) par les Suédois de Brynäs Gävle. Lorsque Kreis revient au jeu en décembre, on croit que les malheurs sont terminés. C'est loin d'être le cas, puisque le gardien Erich Weishaupt se blesse à son tour. Pour Joachim Casper, joueur formé au club et resté dans l'ombre depuis trois ans et demi, la tâche de remplacer un tel titulaire est difficile. Malgré l'introduction des play-offs, on ne veut pas se permettre de perdre le moindre point. C'est pourquoi Weishaupt précipite sa rentrée contre Füssen... et sa blessure se réouvre. Il reviendra finalement au bout d'un mois d'indisponibilité au total.

Vrais et faux passeports

A posteriori, cet empressement à faire revenir un joueur blessé paraîtra d'autant plus vain que la place obtenue au classement ne voudra plus dire grand-chose. En effet, suite à la success story de Mannheim, la chasse au Canadien d'origine allemande est devenue la grande mode, mais le filon s'était quelque peu épuisé après le passage de Weisenbach. On continue la prospection, mais il est rare que les joueurs trouvés possèdent un passeport allemand. Qu'importe, après tout, du moment que leurs noms ont une consonance germanique. Alors que d'autres équipes s'arment à leur tour de Germano-Canadiens, des doutes sur l'authenticité de leurs passeports commencent à se faire jour. Dès le printemps précédent, la fédération a été alertée par le consulat d'Allemagne à Edmonton qui a le premier eu vent du trafic. Elle a donc exigé des documents prouvant la nationalité de tous les joueurs débarqués d'outre-Atlantique. Mannheim effectue alors des démarches au Canada et rapatrie les documents demandés, mais tout le monde ne parvient pas - et pour cause - à prouver sa bonne foi.

Duisburg, qui a quelque peu abusé des faux passeports, se voit retirer dix-sept points, et l'ordre du classement s'en trouve tout chamboulé. Mannheim, qui aurait dû jouer contre Rosenheim, se retrouve ainsi à affronter Berlin. Il proteste, mais se qualifie pour les demi-finales (6-3 et 8-3). Du moins le croit-il... Car un coup de théâtre intervient : après les "petits" Duisburg et Essen, c'est carrément le leader Cologne, le nouveau club de Heinz Weisenbach, qui est épinglé. Le classement est donc une nouvelle fois modifié après la disqualification du KEC. On refait donc jouer les quarts de finale avec les nouveaux appariements. Mannheim se retrouve finalement contre Rosenheim, et la qualification est beaucoup plus difficile - il faut pour cela un but de Ron Andruff à la prolongation du premier match et une belle réaction d'orgueil lors de la belle, alors que les Bavarois menaient au score.

Enfin, on peut tranquillement procéder aux demi-finales. Tranquillement ? Pas vraiment, en tout cas pas à Mannheim... Pour protester contre une décision arbitrale, les joueurs de Mannheim rentrent prématurément au vestiaire à huit minutes de la fin du match contre Düsseldorf. Pas consulté, l'entraîneur Ladislav Olejnik se montre très déçu du comportement de ces joueurs qu'il ne cautionne pas. Leur réaction à domicile est plus saine, et c'est cette fois sur la glace qu'ils s'expriment : 6-2. Retour à Düsseldorf, où le DEG et le MERC livrent un grand match, sans le moindre accroc, où Mannheim ne s'incline finalement qu'en prolongation. Düsseldorf sera ensuite battu en finale. Ce sera finalement le SC Riessersee, si mésestimé en début de saison parce que son effectif faisait figure de parent pauvre avec tant de joueurs formés au club, qui deviendra un champion mérité mais malheureusement occulté par la résonance du scandale.

Même si l'affaire des faux passeports n'est pas encore close judiciairement et si Weisenbach continuera d'officier à Cologne, on peut à cette date considérer que "l'ère Weisenbach", en tant qu'acteur majeur du hockey allemand, vient de s'achever, et on peut donc en dresser un bilan. Il s'avère bien vite que Mannheim est en quelque sorte le grand gagnant de ce chapitre qui s'est ouvert avec un innocent voyage au Canada. Le MERC a en effet eu les avantages sans les inconvénients. D'une part, il a bénéficié de l'apport des Germano-Canadiens pour gagner son premier titre et s'installer au sommet du hockey allemand, et d'autre part, il n'a pas été éclaboussé par les scandales qui en ont découlé, et qui n'ont pas frappé l'instigateur de la mode, mais les copieurs - et faussaires.

Chapitre suivant (Les années de purgatoire)

 

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