HC Lugano

 

Localisation : ville du Tessin (partie italianophone de la Suisse), bordant le Lac de Lugano (entre le Lac Majeur et le Lac de Côme), située à 70 km au nord de Milan.

Nom du club : Hockey Club Lugano.

Fondation du club : 1941.

Couleurs : Blanc, noir et jaune.

Palmarès :

- Champion de Suisse 1986/87, 1987/88, 1989/90, 1998/99, 2002/03, 2005/06.

- Vice-champion 1985/86, 1988/89, 1990/91, 1999/2000, 2000/01, 2003/04.

- 4e de la Coupe d'Europe 1986/87 ; 4e de l'EHL 1999/2000.

 

Le club de Lugano est fondé le 11 février 1941 au restaurant Apollo, où Alfonso Weber est nommé comme premier président. Parmi les autres membres originels, les frères Arrigo, Antonio Caslani, Ivo Badaracco, Livio Balmelli, Ezio Bemasconi, Dino Bernardoni, Renato Crivelli, Guido Keller, Ivo Molina, Renato Paganetti, Pepi Paulon, Bruno Soldini, Bobo Trachsel, Kurt Tritten et Tullio Visani. Appelé tout d'abord Eishockey Club Lugano, puis Disco Ghiaccio Lugano, le club ne prendra le nom de Hockey Club Lugano que plus tard, après son déménagement à Loreto.

Celui-ci a lieu en 1948. Auparavant, Lugano évoluait sur le petit lac de Muzzano. Mais le club n'est toujours pas soutenu par les autorités et est expulsé de Loreto. En 1955, il doit ainsi disputer quelques rencontres sur un terrain de tennis reconverti pour l'hiver, à la pâtisserie Mtinger. Les joueurs vont même parfois s'entraîner à Milan, sur la glace du Pinaresi. Heureusement, la patinoire naturelle de Noranco, inaugurée le 19 novembre 1954, leur tend les bras. Au lieu du maillot jaune à col noir des origines, les joueurs arborent alors un maillot à rayures horizontales blanches et noires, comme le club local de football, qui était alors le sport majeur de la ville.

Un foyer, la Resega

Le HCL entre alors dans une nouvelle ère en engageant sa première recrue : Beat Ruedi, ancien international, originaire des Grisons, ayant évolué à Davos et Ambrì. Il est chargé de faire du HCL une équipe compétitive. Il y parvient, puisque Lugano est promu en série A, le plus haut niveau régional, équivalent de l'actuelle 1è ligue. Pour la saison 1956/57, le club se renforce ainsi de son premier étranger, le défenseur canadien Bob Mitchell.

Mais un autre défi d'importance se présente à Ruedi : faire construire une piste artificielle à Lugano. Il se démène pour convaincre les autorités, son projet finit par éveiller de l'intérêt, et la Resega est inaugurée le 1er décembre 1957 à Porza, par un match amical entre la Suisse et l'Italie. Le club du président Luigi Bellasi a enfin trouvé un domicile stable.

En 1958 et 1959, Lugano, mené par l'entraîneur-joueur Gene Miller, termine deux fois en tête du championnat, mais échoue dans les barrages de promotion. La LNB semble se refuser au HCL, abonné les saisons suivantes à la deuxième place, malgré les arrivées du gardien Rigolet et de l'entraîneur canadien Larry Kwong, le premier hockeyeur d'origine asiatique de l'histoire de la NHL, qui avait d'abord porté les couleurs du rival tessinois Ambrì-Piotta à sa première saison en Suisse.

Un gardien prodige de 15 ans fait monter le HCL

En 1964, on s'attend à une saison de transition, mais un époustouflant jeune gardien d'à peine quinze ans, Alfio Molina, va provoquer le déclic. Le HCL s'impose 5-4 contre Petit-Huningue et 5-2 à Rapperswil, dans le match décisif pour la promotion tant attendue en Ligue Nationale B, le 29 février. Cerise sur le gâteau, Lugano atteint les demi-finales de la Coupe.

Pour fêter la promotion en LNB, les joueurs vont à Milan chez un important fabricant de maillots. On leur confectionne alors un nouveau maillot noir, jaune et blanc, qui comporte une petite coquille. La lettre "k", qui n'existe pas en italien, a été remplacée par un "h", et les tenues portent donc la mention "Hochey Club Lugano".

Ces saisons d'apprentissage de la LNB sont aussi celle des premiers derbys contre Ambrì-Piotta. La rivalité se fait sentir dès 1965/66, où Lugano termine deuxième derrière Ambrì. Les deux formations tessinoises sont donc favorites de la zone est en 1966/67, mais les Luganais entraînés par Bibi Torriani échouent au dernier match et laissent leurs rivaux seuls en poule de promotion. Peu à peu, on glisse de nouveau vers la zone dangereuse. 1969 est une année noire : une bagarre contre Saint-Moritz, des problèmes internes au club, et le HCL n'arrache son maintien qu'à la toute dernière journée à la différence de buts.

En 1970, le nouveau président Borioli engage l'entraîneur canadien Reynald Lacroix pour faire repartir l'équipe du bon pied. C'est gagné dès l'année suivante. Trouvant avec l'attaquant canadien Bernard Côté (arrivé d'Afrique du Sud) une pièce maîtresse, à qui on adjoint le Tchécoslovaque Karel Blazek ainsi qu'Arturo Baldi et Marzio Agustoni. Lugano compte également sur huit joueurs du cru : Molina, bien sûr, mais aussi Bernardoni, Bernasconi, Brambilla, Cereghetti, Corti, Giudici et Rezzonico. Dans son groupe de promotion, le HCL réussit à battre son principal adversaire, Lausanne, par trois buts à un, devant 6000 spectateurs. Mais ce n'est pas fini pour autant, il faut encore remporter le dernier match le 27 février contre une équipe de Fribourg hors course mais toujours accrocheuse : concédant le nul 2-2 après deux tiers-temps, Lugano ne se détache qu'en dernière période en marquant quatre buts. La montée est assurée.

Pour sa première saison parmi l'élite, Lugano est dans un état euphorique. Mené par le défenseur international Peter Aeschlimann, venu de Langnau, le HCL termine la première phase à la deuxième place derrière La Chaux-de-Fonds, avant de finir la saison à une superbe quatrième place. Déjà les derbys face à Ambrì, dont le match aller comme le match retour sont disputés devant plus de huit mille personnes, enflamment le Tessin.

Mais on dit souvent que la deuxième saison est la plus difficile : Lugano en fait l'amère expérience. Miné par les blessures, Lugano voit sa patinoire suspendue après un derby contre Ambrì de sinistre mémoire. Au bout du chemin, la relégation. Le HCL apprend ainsi peu à peu la patience. Après avoir vu la promotion s'envoler en 1973/74 lors du dernier match de la saison, perdu 3-0 à Villars, Lugano tente la saison suivante de forcer le destin et recrute à tout va. Les résultats sont bien loin des attentes : le HCL est cinquième de la poule de qualification et est contraint de disputer une poule de maintien, où il déçoit encore plus en ne terminant que quatrième.

L'épisode Mezzovico

En 1976, le HCL déménage à Mezzovico et attire une recrue remarquée : le Finlandais Juha Pekka Rantasila, 116 sélections en équipe nationale. Mais le renfort en question souffre du genou et ne peut jamais s'exprimer à son meilleur potentiel. Il sera remplacé par son compatriote Henry Leppä l'année suivante, mais Lugano termine ces deux saisons aux sixième et quatrième rangs.

La parenthèse du Mezzovico s'achève sans regret, et le HCL retrouve sa Resega, qui a été entre-temps couvert. C'est alors que Geo Mantegazza, un ingénieur qui avait effectué des calculs de structure à la construction de la Resega, accède à la présidence du club où il succède à Ronchetti. Il prend en mains un club classé huitième en 1977/78 et il le porte peu à peu vers les sommets.

En 1979, l'entraîneur tchécoslovaque devenu citoyen suisse Jim Kren, réfugié à Ambrì à 25 ans et joueur légendaire dans la vallée de la Léventine, arrive avec le buteur canadien Jim Koleff. Lugano fait la course en tête avant de rétrograder à la cinquième place. L'année suivante, Jean Cusson, qui avait fait de Langnau un champion suisse, remplace Kren, retourné dans le village d'Ambrì. L'apothéose de la saison 1979/80 serait justement la première victoire de l'histoire de Lugano chez ses rivaux, à la Valascia d'Ambrì (5-2, le 27 octobre 1979). Cette forteresse enfin tombée, il reste maintenant à trouver les clefs de la LNA. Lugano est jusqu'au bout en course pour les deux premières places (qualificatives pour le tour de promotion), mais termine troisième, bien que Jim Koleff termine meilleur marqueur de LNB.

Pour la saison 1980/81, Lugano engage deux des héros du "Miracle sur glace" de Salt Lake City, les champions olympiques américains Mark Pavelich et John Harrington, mais ceux-ci seront relativement décevants. Cusson claque la porte en milieu de saison, et Lugano doit encore se contenter du strapontin, derrière Ambrì et Zurich. La victoire en "Coupe B" n'est qu'une bien maigre consolation. Club "riche" s'il en est, le HCL fait figure d'éternel frustré.

Remontée triomphale

Mais Lugano compte déjà un premier succès, celui de bénéficier d'un soutien populaire sans cesse croissant. 8000 spectateurs se pressent pour assister aux rencontres de la Resega, et ils en seront récompensés en 1981/82. Le président Mantegazza fait venir le capitaine de l'équipe nationale suisse, Aldo Zehnäusern, pour diriger la défense, et engage Réal Vincent, dont le statut d'entraîneur-joueur faisait déjà débat à Lausanne. Il faut toute la conviction des dirigeants du club pour que le Canadien se décide à raccrocher les patins et à se consacrer au coaching. Il peut ainsi aligner deux compatriotes, d'une part Bernard Gagnon pour mener la ligne offensive Gagnon-Lörtscher-Gaggini qui marque les trois quarts des buts, d'autre part Robert Sirois, ancien abonné de l'infirmerie lausannoise qui réalise un travail de sape utile en deuxième ligne. Lugano termine invaincu et décroche son billet... en compagnie d'Ambrì.

Lugano enregistre les arrivées des internationaux Daniel Blaser et Giovanni Conte, de l'expérimenté Jean-Claude Courvoisier et de l'espoir Jörg Eberle. Le HCL du capitaine Fabio Gaggini conclut sa première saison dans l'élite au sixième rang après quelques dissensions internes. Une ère s'achève, celle d'Alfio Molina, le légendaire gardien, qui dispute sa dernière saison complète. Une autre commence, marquée par le professionnalisme d'un mémorable trio suédois.

Pour empêcher le syndrome de la deuxième saison, Mantegazza fait en effet signer pas moins de dix nouveaux joueurs en 1983/84, dont deux Suédois, l'excellent buteur Kenta Johansson mais aussi l'entraîneur John Sletvoll. Celui-ci, qui donne le ton et appâte les supporters en leur promettant le titre en trois ans, va poser sa patte non seulement sur Lugano, mais sur l'ensemble du hockey suisse. Ses méthodes, dures mais efficaces, feront tache d'huile et sa mentalité de vainqueur forgera les succès internationaux du hockey helvétique par l'intermédiaire des joueurs passés sous sa coupe.

Après une première saison conclue à la quatrième place, le HCL se renforce avec deux joueurs suisses de premier plan, Fredy Lüthi et Beat Eggimann, mais aussi avec Mats Waltin, longtemps capitaine de l'équipe nationale suédoise. Le trio scandinave évoqué plus haut est alors complet, et la saison 1984/85 est éclaboussée par le talent de Kenta Johansson, auteur de la bagatelle de 56 buts en 38 matches. Certes, Davos tient encore la corde, mais plus pour longtemps.

Grande Lugano

Les dernières places du puzzle se mettent en place en 1985/86, avec les arrivées de Sandro Bertaggia, d'Andy Ton, de Riccardo Fuhrer, de Roberto Triulzi, de Markus Graf, et surtout de Jörg Eberle, de retour de Davos alors que beaucoup de clubs le courtisaient. John Sletvoll a tenu parole : on en est à la troisième année de son mandat et plus personne ne peut s'interposer contre le HCL, qui remporte la saison régulière avec cinq points d'avance sur Davos et dix-sept sur le troisième, Kloten. Mais cela ne suffit pas, car pour la première fois le titre de champion ne sera attribué qu'à l'issue de play-offs. Lugano élimine en demi-finale le quatrième, le surprenant néo-promu Sierre, et retrouve Davos pour un choc au sommet. C'est sur la glace adverse que Lugano ira chercher son premier titre, le 1er mars 1986. Menés 5-4 à 2'30" de la fin, les Tessinois inscrivent trois buts, deux d'un Kenta Johansson magistral (qui avait déjà remonté un retard de deux buts plus tôt dans le match), et un dernier de Jörg Eberle dans la cage vide pour la bonne bouche. Le "Grande Lugano" est né.

Le "Grande Lugano", c'est un club qui non seulement domine le hockey suisse, mais se fait également connaître sur le plan européen. Jamais une équipe helvétique n'avait atteint la poule finale de la Coupe d'Europe : Lugano y parvient en éliminant successivement les deux champions d'Allemagne, celui de RDA, le Dynamo Berlin (5-2 et 1-1), et surtout celui de RFA, le Cologne de Hardy Nilsson (4-2 et 4-5), grâce à trois buts dans les dix dernières minutes de Johansson, Domeniconi et Lüthi, alors que les Allemands menaient 4-1 au match retour chez eux et que tout semblait perdu.

Au niveau suisse, personne ne peut se permettre de contester la domination du HCL. Vainqueur de la saison régulière 1986/87, il élimine Ambrì en demi-finale et Kloten en finale, à chaque fois en trois manches sèches. Kenta Johansson est souverain dans ces phases finales et inscrit huit buts dans ces six matches.

Le trio suédois est alors cassé puisque Mats Waltin s'en va, mais Lugano trouve un remplaçant de valeur en la personne de Kari Eloranta. L'équipe est rajeunie, Triulzi et l'excellent centre défensif Lörtscher cèdent leur place. Le recrutement est surtout axé sur des internationaux confirmés comme Peter Jaks, mais il comprend aussi de jeunes joueurs comme Raymond Walder, Didier Massy et même Thomas Vrabec, qui n'a que 21 ans à son arrivée même s'il est déjà considéré comme un grand talent qui a tout ce qu'il faut pour être un joueur dominant offensivement comme défensivement.

Finale européenne à Lugano

Lugano a obtenu l'organisation du tournoi final européen, qui ne se déroule qu'en septembre 1987, à l'orée de la nouvelle saison, et qui est l'occasion d'une grande fête dans le Tessin. Un petit évènement s'y produit : le CSKA Moscou, qui avait gagné tous ses matches de Coupe d'Europe depuis dix ans, est accroché par les Suédois de Färjestad (4-4). Cela n'empêche toutefois pas les Soviétiques, vainqueurs de toutes les Coupes d'Europe auxquels ils ont participé, de s'imposer. C'est un certain Vyacheslav Bykov qui est élu meilleur joueur du tournoi. Pas de miracle en revanche pour Lugano, battu par le CSKA (10-2), Kosice (5-4) et Färjestad (7-3).

La campagne européenne suivante ne commence que deux mois plus tard, avec un groupe co-organisé avec Varèse, mais elle est cette fois moins fructueuse (défaite contre Pardubice et nul contre l'équipe lombarde). Le championnat 1987/88 ressemble comme une goutte d'eau au précédent, si ce n'est une rencontre cédée à Davos en demi-finale. Kloten est balayé en finale, et Johansson est encore époustouflant en play-offs (8 buts et 7 assists en 7 matches). Au cours de la saison régulière achevée quatre points devant Kloten et loin devant les autres, Lugano avait signé une impressionnante série d'invincibilité de 27 matches. Ce "Grande Lugano" n'a qu'un seul point faible apparent, ses gardiens Urs Räber et Thierry Andrey qui ne sont pas reconnus comme des spécialistes de top niveau. Mais en pratique, ce talon d'Achille n'en est pas un, grâce à la qualité de la cuirasse défensive qui les protège.

L'équipe reste inchangée l'année suivante et conserve les mêmes objectifs. Mais Lugano voit les portes de la finale européenne barrées par une équipe de Cologne revancharde, qui se qualifie à deux minutes de la fin grâce à un but de Didi Hegen.

Lugano tombe sur un os : Berne

Reste le championnat, où Lugano est à nouveau dominateur, et arrive en finale invaincu et favori. Mais il trouve sur sa route une équipe de Berne particulièrement affûtée. Cette finale 1988/89 ne ressemble en rien aux précédentes, trop vite pliées, et tient ses promesses : Berne prend l'avantage en venant s'imposer 4-3 à la Resega dans la troisième rencontre. Mais la façon avec laquelle Lugano vient gagner aisément dans la capitale (5-1 avec un triplé de Thomas Vrabec) semble montrer que la cinquième manche à domicile ne devrait être qu'une formalité. Lugano domine nettement mais se heurtent au gardien Renato Tosio et se trouve mené 0-2. L'entraîneur John Slettvoll tente le tout pour le tout et il tourne à deux lignes jusqu'à l'égalisation, avant qu'un contre d'Alan Haworth ne vienne crucifier Lugano et mettre fin à son règne. Avec les ours bernois, on a trouvé un rival de taille, pour loongtemps.

Le départ de Johansson, qui ne s'entend plus avec Slettvoll, marque la fin d'une époque. La lutte entre les deux nouveaux rivaux est à son comble la saison suivante, en 1989/90. Lugano et Berne sont au coude à coude, et les premiers nommés ne prennent l'avantage au classement qu'à la différence de buts. C'est la cinquième fois consécutive que Lugano termine en tête de la saison régulière, un championnat qui ne fut pourtant pas de tout repos, avec notamment la blessure à l'il de l'Américain Lane McDonald. Son remplaçant, le Tchécoslovaque Dusan Pasek, est disqualifié pour deux matches après un violent coup de poing sur Keith Fair lors du deuxième match des quarts de finale. Les dirigeants cherchent un remplaçant en catastrophe et trouvent Steve Tsujiura, un Nippo-Canadien qui arrive du championnat italien. Beaucoup froncent les sourcils, mais le petit et rapide attaquant donne de l'énergie à toute l'équipe. Le HCL arrive sans encombres en finale, alors que Berne souffre contre Fribourg et Bienne. Signe avant-coureur ? Toujours est-il que Lugano est étincelant à la Resega et empêche Berne de renouveler son exploit. La vengeance est parfaite quand Lugano vient à son tour chercher son titre à l'extérieur, sur la glace de l'Allmend. 28 buts sur les 36 inscrits par Lugano en demi-finale et en finale le sont par la ligne de Bruno Rogger, Sandro Bertaggia, Jörg Eberle, l'inattendu Steve Tsujiura et Andy Ton, auteur de six buts et six assistances sur les quatre manches de la finale ! Cette finale, Thomas Vrabec la suit depuis la tribune, puni parce qu'il a déjà signé un contrat avec Berne pour la saison suivante. C'est tout le "clan grison" qui est dans le collimateur de Slettvoll : Vrabec mais aussi Ritsch, Rieffel et le gardien Räber.

Lugano retrouve aisément la finale de Coupe d'Europe à Düsseldorf, mais gâche une belle occasion en se faisant dépasser par le TPS Turku après avoir mené 4-1. Slettvoll ne se montre pas déçu, et assure que ses joueurs ont disputé leur meilleur match depuis sept ans qu'il est à la tête de l'équipe. Lugano, battu le lendemain par l'équipe locale, achève donc son parcours à la sixième place. Le championnat 1990/91 n'apporte pas plus de satisfactions : Berne reprend le flambeau et met fin à la dynastie de Lugano en remportant la saison régulière. L'équipe de la capitale confirme en play-offs et s'empare du titre en quatre manches sur un but en prolongation de Vrabec.

Années de transition

Au début de la saison 1991/92, Geo Mantegazza laisse les rênes du club à Fabio Gaggini. Les premières années lui donneront moins l'occasion de briller, malgré la richesse du club. Lugano ne conquiert que des lauriers de prestige en atteignant la finale de la Coupe Spengler, où il n'est battu en finale que par le CSKA Moscou. Deuxième du championnat derrière le Fribourg-Gottéron de Bykov et Khomutov, le HCL est sorti dès les quarts de finale par Zurich, en quatre manches, dont deux aux tirs au but, alors que la seule victoire de Lugano est conclue sur le score de 10-0 ! Après ce coup d'arrêt brutal, le contrat de Slettvoll n'est pas reconduit et le dernier représentant du trio suédois originel quitte le club.

Lugano voit grand : Mark Astley, bon défenseur et ancien de NHL, Sven Leunberger, le meilleur défenseur suisse, Petr Rosol, champion du monde 1985 avec la Tchécoslovaquie, et surtout Igor Larionov, le légendaire centre de la ligne KLM. Le nouvel entraîneur est le Canadien Andy Murray, dont la gentillesse est reconnue de tous. Ce n'est malheureusement pas la qualité première pour réussir dans l'impitoyable championnat suisse, et l'expérience Murray fait long feu. Après trois défaites consécutives (c'est la première fois que cela arrive à Lugano depuis huit ans en championnat) en décembre, Murray est licencié. John Slettvoll est alors rappelé à la rescousse, seulement six mois après son départ sur fond de polémique ! Le légendaire entraîneur a formé l'équipe à son image, et il est du coup le mieux à même à la reprendre en mains. Mais il ne détient pas pour autant la solution-miracle. Le très coûteux Igor Larionov n'a pas le rendement que lui confère son statut de star internationale : au retour de deux mois d'absence (pubalgie), il n'évolue plus au même niveau. Comme d'autres renforts étrangers avant lui, il finit par se disputer avec Slettvoll, campé sur son système et qui laisse peu s'épanouir les joueurs d'exception, et s'en va avant les play-offs. Malgré deux buteurs particulièrement efficaces, Jörg Eberle et le Canadien Brian Propp, la saison 1992/93 se conclut par une quatrième place et une élimination en demi-finale par Kloten.

Le grand chantier s'ouvre l'été suivant : non seulement celui de l'effectif passablement bouleversé (12 départs et 11 arrivées), mais celui de la reconstruction de la Resega. Le temps de retrouver une patinoire flambant neuve, Lugano doit passer deux ans dans une enceinte temporaire, la Reseghina. Excédé par les dures critiques à son encontre à l'issue de la relégation de la Suisse au Mondial de Munich, John Slettvoll, qu'on avait accusé d'avoir mal digéré l'inversion des rôles dans le duo (il était devenu adjoint et Bill Gilligan entraîneur principal), quitte le poste d'entraîneur national et se consacre exclusivement à Lugano. Lors du championnat 1993/94, cela suffit pour remporter le derby tessinois en quart de finale. Mais le scénario a un air de déjà vu : troisième rang et élimination par Kloten en demi-finales.

A l'abord de la saison 1994/95, Slettvoll passe directeur sportif, et cède son poste au Finlandais Lahtinen, adepte d'un hockey offensif et spectaculaire qui séduit le public. Andy Ton revient de Zurich tandis que les jeunes Suisses commencent à faire leur trou : après André Rötheli, c'est au tour de Marcel Jenni et de Lars Weibel. Deuxième gardien à Bienne, celui-ci se révèle dans le Tessin. La deuxième place à un point seulement du premier, Zoug, laisse entrevoir de beaux play-offs, mais Kloten fait de nouveau office de bête noire, cette fois dès les quarts de finale !

Drame pour Schafhauser

Lugano s'installe dans sa nouvelle Resega le 25 septembre 1995, engage un joueur venu de NHL, Stéphane Lebeau, qui sera le meilleur buteur du club. Rick Tschumi et Keith Fair arrivent des voisins d'Ambrì-Piotta. L'objectif est annoncé : le titre. On en sera très loin. Après six journées, Lugano n'est que huitième et Lahtinen est limogé. Et à qui fait-on appel pour redresser la situation ? À Slettvoll, bien sûr ! Mais il était dit que la saison 1995/96 serait noire. Lugano finit septième, et Kloten, pour changer, l'élimine en quarts de finale. C'est accessoire, car le drame est ailleurs : le 5 décembre à Davos, le défenseur Pat Schafhauser heurte violemment la balustrade. Il demeurera tétraplégique. Pour lui rendre hommage, son n4 sera retiré à jamais par le club.

Slettvoll part (cette fois définitivement), mais Lugano n'arrive pas à couper le cordon avec son trio suédois. Mats Waltin (qui avait été l'entraîneur national de la Suisse) fait ainsi son retour pour prendre en charge l'équipe et renforce la présence suédoise : à l'excellent défenseur Tommy Sjödin, on adjoint l'international Michael Nylander, fort de son expérience en NHL, très talentueux mais malheureusement irrégulier. L'international suisse Gian Marco Crameri arrive de Davos. La saison régulière 1996/97 est moyenne, mais Lugano vainc le signe indien en quarts de finale contre Kloten, avant de s'incliner en demi-finale contre le futur champion, Berne.

Lugano commence la saison 1997/98 par cinq défaites, ce qui coûte sa place à Waltin. Jim Koleff, initialement engagé comme directeur sportif, prend en charge l'équipe qu'il redresse petit à petit jusqu'à la sixième place. Le meilleur buteur est le Canadien de NHL Todd Elik... qui totalise aussi 234 minutes de pénalité. Il divise déjà les opinions, et lorsqu'il est sifflé par la Curva, il lui tend son majeur. Il sera détesté ` jamais à Lugano, autant qu'adulé dans son club suivant Langnau.

Le titre après la disette

Ayant les pleins pouvoirs, Koleff décide de faire confiance à des joueurs expérimentés : l'Italo-Canadien Gaetano Orlando, le Russe Igor Fedulov, les Suisses Misko Antisin et Régis Fuchs ainsi que le défenseur Gaétan Voisard. Il engage par ailleurs le jeune Cristobal Huet, champion de France avec Grenoble. Donné comme un des favoris, Lugano termine troisième de la saison régulière 1998/99, assez loin d'Ambrì-Piotta. Les grands rivaux sortent en effet d'une année impériale, où ils ont également remporté la Coupe Continentale. Mais Lugano prend sa revanche sur Davos en quart et écarte facilement Zoug en demi-finale : pour la première fois, la finale donne alors lieu à un grand derby, Lugano contre Ambrì.

C'est l'heure du choix cornélien pour Jim Koleff. Le règlement n'autorisant que trois étrangers, il doit en laisser un au repos. Cristobal Huet était souvent celui-là en saison régulière, car Lars Weibel retrouvait sa meilleure forme. Mais le Français avait gagné sa place en demi-finale, et Fedulov en ferait les frais. Koleff n'aurait pas à regretter sa décision. Ambrì domine en effet le premier match, mais fait face à un excellent Cristobal Huet, jusque dans la séance de tirs au but, où il laisse les attaquants adverses à sec, ce qui permet à Peter Andersson d'inscrire le penalty de la victoire. Après qu'Ambrì-Piotta a pris sa revanche en gagnant à la Resega, Cristo est de nouveau décisif en maintenant Lugano dans le match à la troisième rencontre. Le HCL revient ainsi et pousse Ambrì à la prolongation. Au bout de dix-sept minutes de suspense, Orlando marque le but vainqueur. Lugano prend l'avantage et gagne les deux matches suivants, retrouvant le titre après neuf ans d'attente. Quel beau cadeau d'adieu pour Gaetano Orlando, qui a annoncé en début de saison qu'il prendrait sa retraite.

Final Four européen

Pour le remplacer, Koleff embauche Philippe Bozon, triple champion d'Allemagne avec Mannheim et seul Français à avoir joué en NHL, ainsi que l'excellent centre canado-suisse Christian Dubé, formant une équipe de grande qualité. Avec une tel effectif, Lugano peut rivaliser à l'échelle européenne. Ce ne sont pas des paroles en l'air, puisque l'EHL se déroulera longtemps comme dans un rêve : le HCL élimine le double finaliste, le Dinamo de Moscou, en poule, puis domine le Slovan Bratislava en quarts de finale, et se voit confier l'organisation du tournoi final. A domicile, Lugano rêve d'imiter les Autrichiens de Feldkirch et de devenir le premier club suisse champion d'Europe. Mais l'aventure se termine dans la prolongation de la demi-finale contre le Sparta de Prague. Le TPS Turku est trop fort pour la troisième place, et Lugano termine au pied du podium.

Sur le plan national, Lugano est dominateur et termine le championnat 1999/2000 avec neuf points d'avance sur Zurich. Fribourg et Ambrì sont facilement éliminés, mais les Lions zurichois sont autrement plus coriaces en finale. Andersson est grippé, Bozon écope d'une pénalité de match et est suspendu pour le troisième match décisif à la Resega (et finalement perdu). A contrario, Lugano ne parvient pas à s'imposer à l'extérieur, et s'incline donc finalement dans la dernière minute du sixième match sur un but de Plavsic.

La Coupe Continentale réserve encore une frustration à Lugano : après un premier tour passé face à Milan, à Villach et au Sokol Kiev, le HCL se casse les dents sur les gardiens de Munich (Boris Rousson) et Ambrí (Gianluca Mona, habituel deuxième gardien) et, avec ces deux matches nuls, se retrouve éliminé. D'autant plus rageant que c'est le rival national, Zurich, qui remportera le titre...

Auparavant, Lugano avait déjà fort mal entamé le championnat 2000/01, mais il enchaîne ensuite les succès, reste invaincu pendant deux mois et s'empare de la tête. Malgré une baisse de régime de ses leaders, Christian Dubé (qui ne marque pas pendant 15 rencontres) et Philippe Bozon, il conserve deux points d'avance sur Zurich. Mais entre une équipe en petite forme et un huitième du championnat, Fribourg-Gottéron, en pleine bourre et décomplexé, le quart de finale s'avère plus ardu que prévu. L'expérience prévaut toutefois à l'heure d'aborder la prolongation ou les tirs au but, et Lugano retrouve Berne en demi-finale. Le héros s'appellera Jean-Jacques Aeschlimann, à qui reviendra l'honneur de mettre fin à la carrière du légendaire gardien du SCB, Renato Tosio, en marquant deux tirs au but dans la même séance pour qualifier son équipe en six manches.

De nouveau, les deux meilleures équipes du moment s'affrontent en finale. À la faveur de la suspension du défenseur suédois Peter Andersson, Philippe Bozon, qui est réclamé par les supporters mais qui n'a pas convaincu dans ces play-offs et est relégué dans les tribunes comme quatrième étranger, fait une rentrée tonitruante avec un quadruplé, puis un doublé, qui permettent à Lugano de mener 3 manches à 1 et de n'être qu'à un pas du titre. La cinquième manche devait être celle de l'apothéose, elle sera celle du désastre. Une faillite collective sans précédent, y compris du gardien Cristobal Huet, jusque là un des meilleurs joueurs de ces play-offs, aboutit à une gifle douloureuse (3-6). Koleff est critiqué pour avoir changé une équipe qui gagnait en remettant le capitaine Andersson dans l'effectif à la place de Lindberg. Le vent a tourné, et Zurich vient fêter un nouveau titre à la Resega grâce à un but de Samuelsson dans la prolongation du septième match. Comme si cela ne suffisait pas, Lugano s'attire la honte par la faute de quelques imbéciles qui jettent des objets divers sur les joueurs zurichois. Cette saison, qui a vu la jeune ligne Flavien Conne - Geoffrey Vauclair - Ian Cadieux s'affirmer au plus haut niveau et le jeune joueur formé au club Raffaele Sannitz être drafté par la NHL, aurait mérité un meilleur dénouement.

La fin de l'ère Koleff

L'histoire se répète saison après saison, et 2001/02 ne déroge pas à la règle. Après la douloureuse séparation avec Philippe Bozon (à qui il reprochait notamment sa nervosité qui lui a fait prendre des pénalités dommageables en play-offs), Jim Koleff, très contesté par les supporters, prend du recul quelques mois pour ne plus s'occuper que du poste de directeur sportif. Mais la greffe d'un entraîneur russe, Zinetulla Bilyaetdinov, ne prend pas. Les Suisses ne le comprennent pas, mais la réciproque est tout aussi vraie : "Je suis resté déçu, explique-t-il. Des tâches qu'il fallait accomplir, des idées que je voulais apporter, rien ne pouvait être mis en pratique. Les Suisses ont une psychologie complètement différente... Il faut aller là-bas quand vous avez soixante ans, mais tant que vous êtes jeune, travaillez dans un autre hockey." Koleff est rappelé avec une aura renforcée... tout du moins jusqu'au nouvel échec en play-offs.

Pourtant, Lugano était encore parmi les favoris et avait un effectif de haut rang, avec par exemple Petteri Nummelin, le meilleur défenseur des précédents championnats du monde. Mais l'arrière finlandais qui avait tant de joie de jouer lors de ses trois saisons à Davos, est désormais éteint, et c'est toute l'équipe qui paraît manquer de créativité.

La révolution est proche, mais elle ne concerne dans un premier temps que les pièces maîtresses de l'effectif. Le Canadien au passeport suisse Christian Dubé est le meilleur joueur à licence helvétique du championnat... mais aussi le plus cher. Le pivot de l'attaque luganaise depuis plusieurs saisons part donc à Berne, et on pense pouvoir pallier ce départ avec l'arrivée d'Adrian Wichser, le jeune attaquant de Kloten. Le choix doit être payant à long terme même si Dubé risque de manquer dans un premier temps.

Par contre, le départ de Cristobal Huet n'est pas aussi facilement oublié que les dirigeants le pensaient. Le gardien français voulait tenter sa chance outre-Atlantique, et Lugano a donc décidé d'anticiper son départ en embauchant Ronnie Rüeger. Pour prouver que celui-ci peut être un gardien titulaire, Huet passe les play-offs 2002 dans les tribunes. Mais Rüeger n'a pas la constance de son prédécesseur sur une saison entière, et Lugano s'en rend vite compte.

Les premiers mois de la saison 2002/03 sont rudes et coûtent finalement leur place à Jim Koleff. Celui qui devait incarner le futur du club est donc détrôné à la fois de sa fonctions d'entraîneur et de celle de directeur sportif. Avec son départ, une page de l'histoire du club se tourne. Koleff est une personnalité controversée. Il est extrêmement charismatique, et des joueurs comme Jean-Jacques Aeschlimann le vénèrent. Mais ceux qui ne sont pas ses chouchous voient en lui une personne distante, au comportement incorrect, voire franchement inhumain quand quelqu'un n'entrait plus dans ses plans. Ainsi, de nombreux joueurs très respectés (Philippe Bozon, Misko Antisin...) ont été forcés de quitter le club à cause de Koleff, souvent au grand regret des supporters. Ceux-ci avaient accumulé beaucoup de griefs envers Koleff et surtout envers ses choix souvent critiqués en play-offs, et la Curva Nord par exemple ne cachait pas son hostilité envers lui.

Larry "Potter" Huras

La deuxième surprise de l'automne 2002 vient de l'identité du remplaçant de Jim Koleff : il s'agit de Larry Huras, un entraîneur entré dans la légende des clubs de Rouen, mais aussi d'Ambrì-Piotta, le grand rival tessinois. Il a mené les biancoblù à deux Coupes Continentales de suite, et en a remporté une troisième avec Zurich, club qu'il a dû quitter deux fois à cause de virulentes campagnes de la presse populaire. Il a donc l'habitude de la pression et se sent comme dans ses petits souliers à Lugano où il commence son mandat par une série de victoires.

Huras ne réussit pas d'autre exploit européen mais Lugano boucle la phase finale de la Coupe Continentale à un très honorable troisième rang. Le HCL ne connaît qu'une seule défaite, somme toute assez logique, face aux champions russes du Lokomotiv Yaroslavl.

En quart de finale des playoffs, Lugano se débarrasse assez facilement de Kloten par quatre manches à une. Et pour changer, le HCL croise la route des ZSC Lions. Mais cette fois-ci, les choses tournent à l'avantage des bianconeri. Ils s'imposent finalement en cinq manches et se retrouvent donc en finale face au HC Davos, tombeur du SCB de Christian Dubé. La série commence plutôt mal pour les Tessinois, battu deux fois. Lugano a des ressources et profiter de la fatigue des Davosiens, suite à leur série-marathon face à Berne, pour s'imposer quatre victoires à deux. Ronnie Rüeger, très critiqué lors des deux premières rencontres, est un des héros avec deux blanchissages lors du cinquième et du sixième match. Autre héros, Sandro Bertaggia qui met un terme à sa carrière après 18 ans de bons et loyaux services au sein du HCL.

À l'abord de la saison 2003/04, Lugano réalise le plus gros coup sur le marché des transferts en recrutant Ville Peltonen, le héros de l'unique titre mondial finlandais de 1995. Avec Petteri Nummelin et Mike Maneluk, ils forment le trio d'étrangers le plus percutant de la ligue. À eux trois, ils totalisent la bagatelle de 261 points durant la saison. Avec cet extraordinaire potentiel offensif, Lugano remporte avec une relative facilité la saison régulière, devant Berne, avec un record à la clé : 74 points en 48 rencontres !

En début d'année, Lugano s'envole pour la Biélorussie afin de disputer le tour final de la Coupe Continentale. Nouvelle déception pour les bianconeri qui terminent au troisième rang. Après un large succès face aux Français de Rouen, Lugano se casse les dents sur une surprenante équipe de Gomel avant de remporter la petite finale face aux vice-champions russes du Severstal Cherepovets.

Le 22 février se déroule à la Resega une cérémonie en l'honneur d'Alfio Molina, Sandro Bertaggia et Pat Schafhauser. À cette occasion, leurs maillots, frappés des numéros 1, 2 et 4 respectivement, sont officiellement retirés.

Lugano se retrouve face aux ZSC Lions en demi-finale. Les bianconeri remportent facilement le premier match mais s'inclinent lors des trois rencontres suivantes, dont une aux tirs au buts et une en prolongation. Dos au mur, les bianconeri alignent alors trois victoires pour finalement s'adjuger la série 4-3.

Aberration de la ligue, la finale se joue au meilleur des cinq matches, au lieu de sept pour les tours précédents. Berne remporte les deux premières manches, et une nouvelle fois, Lugano n'a plus le droit à l'erreur. Mais les Tessinois ont encore des ressources et parviennent à revenir à la hauteur des Bernois. Le titre se joue donc à la Resega dans une patinoire comble. Menés 3-2 à quelques secondes de la sirène finale, les bianconeri égalisent par l'intermédiaire de Mike Maneluk. Tout se joue donc dans la prolongation. Et à ce jeu là, les Bernois font la différence grâce à un but de Marc Weber à la 74e minute.

Cuisant échec

La saison 2004/05 restera dans les annales comme une des saisons les plus passionnantes pour le hockey suisse mais une des plus curieuses pour le HC Lugano. Dans un premier temps en raison du lockout de la NHL, lequel provoque un exil massif des meilleurs joueurs de la planète vers les différents championnats européens dont la Suisse, et dans un second temps en raison de l'élimination surprise du HC Lugano dès le stade des quarts de finale.

À l'intersaison et alors qu'aucun manager en Suisse ne prend encore au sérieux la possibilité d'une grève de longue durée en NHL, Davos crée la sensation en engageant avant même l'officialisation du lock-out les stars Thornton, Nash et Hagman. Un pari risqué mais qui se révélera payant. Lugano, qui se refuse à recruter un joueur de NHL qui ne peut s'engager pour la saison complète, est contraint à revoir sa politique en raison de l'intervention chirurgicale que doit subir Mike Maneluk en début de saison. Puisqu'il y a un blessé, pourquoi ne pas éventuellement recruter un pigiste de luxe ? C'est le jeune Alex Tanguay des Colorado Avalanche qui a été choisi. Auparavant, Lugano avait déjà recruté un joueur de NHL, le gardien suisse David Aebischer. C'est la première fois depuis le départ de Huet que Rüeger retrouve un concurrent sérieux dans les cages. Alex Tanguay, initialement engagé pour toute la durée du lockout, n'effectuera malheureusement que six matches à cause d'un problème aux articulations de la hanche, réminiscence d'une ancienne blessure.

La saison régulière se déroule sans encombres pour Lugano malgré les nombreuses blessures qui n'épargnent pas l'effectif de Larry Huras. Flavien Conne, Petteri Nummelin ou encore Benoît Gratton pour ne citer qu'eux. Gratton, recruté en début de saison pour apporter plus de poids à l'attaque, ne sera finalement pas à la hauteur des espoirs mis en lui. Durant la saison régulière, la Resega voit évoluer deux autres joueurs de la NHL, à savoir Kimmo Timonen et Jason Blake. Ceux-ci ne feront cependant qu'une brève apparition sous le maillot luganais.

Lugano, dominateur, s'adjuge la saison régulière avec sept points d'avance sur Davos et quinze sur les ZSC Lions ! Les deux meilleures formations du moment devraient, en toute logique et au vu de leurs dominations, s'affronter en finale. Mais la tâche s'annonce ardue pour Lugano d'autant plus que son premier adversaire se nomme Berne. Le champion sortant, auteur d'une décevante saison régulière, retrouve tout son mordant en playoffs. Lugano en fera les frais.

Malgré l'apport de Martin Gelinas (Calgary Flames) et de Paul Di Pietro fraîchement naturalisé suisse, l'attaque luganaise reste étrangement muette. Les Bernois, plus inspirés, remportent finalement la série en cinq petites manches. Le vainqueur de la saison régulière est donc éliminé dès le premier tour des playoffs : une première dans le hockey helvétique. Cette saison 2004/05 sera également la dernière pour Jean-Jacques Aeschlimann sous le maillot bianconero. Après 14 saisons passées à la Resega, "JJ" quitte Lugano pour Lausanne.

Marc Branchu

 

 

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