Esa Tikkanen

 

C'est le seul hockeyeur à être entré dans l'histoire pour avoir inventé un langage qui n'appartenait qu'à lui. Un babil incessant que personne ne pouvait comprendre et qui tapait sur les nerfs de ses adversaires. Esa Tikkanen a mis en place une méthode sans égal, une méthode même pas répréhensible. La liberté d'expression n'est-elle pas sacrée ? Aucun règlement n'interdit de parler sans arrêt, tant qu'on s'abstient de propos insultants ou déplacés. Aucun risque que cela arrive avec Tikkanen puisque personne ne le comprend ! Wayne Gretzky, qui a pourtant été suivi au corps par tout ce que la NHL compte d'étrangleurs et d'étouffeurs, reconnaîtra qu'aucun n'était aussi agaçant comme adversaire que Tikkanen. Même si le délit de harcèlement vocal par le seul débit de parole n'a pas encore été inventé, chacun peut concevoir combien cette nuisance sonore peut être extrêmement irritante pour le système nerveux humain.

Résumer Tikkanen à cette réputation de "roquet", comme un adversaire l'a qualifié pour réduire son importance, serait toutefois injuste envers un hockeyeur aux multiples qualités. S'il a été très performant en play-offs NHL pendant de nombreuses années, c'était parce qu'il mobilisait avec une implication sans faille tous ses membres et pas seulement ses cordes vocales : décisif quand il le fallait (son nombre de buts par match en play-offs NHL était supérieur de 40% à son rendement en saison régulière !), toujours bien placé défensivement, il était le prototype de l'élément indispensable dans les deux sens de la glace.

Cela demande un certain talent de passer - aussi bien auprès de ses adversaires que de ses propres coéquipiers - pour un cinglé, pour un homme sans retenue, un individu que rien n'effraie. Assurément, Tikkanen est une des personnalités les plus atypiques du monde du hockey sur glace. Une histoire incroyable aussi : celle du porteur de crosse du meilleur joueur du monde Wayne Gretzky... devenu trois ans plus tard son compagnon de ligne en débutant en NHL en pleine finale de Coupe Stanley !

 

La mascotte des Jokerit

Esa Tikkanen, né le 25 janvier 1965, est le fils du premier responsable de la glace de la principale patinoire de Helsinki (la Helsingin jäähalli), ouverte en 1966. Dans un pays de hockey comme la Finlande, la tâche est appréciée à sa juste valeur : le père prend grand soin de la surface de jeu, de son maintien en bon état et à la bonne température. Le fils fait naturellement ses premiers pas sur la glace en 1969 à seulement 4 ans. Il est déjà intégré au club des Jokerit, mais prend aussi beaucoup de plaisir à patiner seul, en dehors des heures officielles, en profitant de sa présence quotidienne à la patinoire pour accompagner son père.

Hormis cette opportunité de bénéficier d'une glace parfois presque privée, Esa Tikkanen ne ressent aucune pression paternelle. Il fait aussi de l'athlétisme (notamment sur 1000 mètres) et du football. Il essaie un peu tous les sports, et choisit le hockey sans contrainte de son père. La devise de celui-ci est "joue tant que tu prends du plaisir". Dans les équipes de jeunes, Esa joue souvent avec des enfants de trois ans plus âgés, bien plus grands que lui, mais qui patinent moins bien que lui car il peut s'y exercer tous les jours avec son père. Avec cet accès privilégié à la glace, il va même patiner avec l'équipe première des Jokerit quand ils s'entraînent. Lorsqu'ils remportent leur premier titre de champion de Finlande en 1973, Tikkanen est la mascotte de l'équipe, il est présent avec eux près du banc à chaque match à domicile. C'est comme s'il avait été livré avec la patinoire : il fait partie des meubles !

Le travail de son père lui donne naturellement des contacts dans le milieu du hockey. Surclassé très tôt, il est encore beaucoup trop jeune pour jouer en équipe première, mais il y a un autre moyen de développement accéléré : se frotter au jeu canadien le plus rugueux qui soit. Il part alors une année à Regina, dans le Saskatchewan, en SJHL (junior A), mais avec quelques piges en junior majeur. Lui, benjamin de l'équipe à 16 ans, pèse alors 68 kilos tout mouillé mais se lance au combat sans crainte des représailles. Son entraîneur Bill LaForge gardera un souvenir inoubliable de ce joueur qui n'a joué que deux matches à l'extérieur dans son équipe, qui emploie sa crosse "comme Zorro utilise son épée" et qui fait en sorte en un soir que "chaque joueur de l'équipe adverse et tout le monde dans les tribunes veuille le tuer." Tikkanen lui-même sera marqué par la brève rencontre avec Laforge, entraîneur canadien très controversé qui prônait un jeu extrêmement physique. Les tours de glace interminables, qui servaient de punition en cas de défaite, sont restés dans la mémoire du gamin finlandais, qui s'est jugé endurci par cette année au Canada.

De porteur de crosse à champion NHL en trois ans

Esa Tikkanen rentre au pays en avril 1982, au moment où les championnats du monde 1982 sont organisés à Helsinki, dans "sa" patinoire. Les organisateurs choisissent alors des juniors finlandais comme bénévoles auprès des vedettes. La mascotte des lieux est naturellement dépêché auprès de la plus grande vedette possible, un phénomène de l'histoire du hockey qui est déjà le meilleur joueur du monde. Tikkanen est le porteur de crosse de Wayne Gretzky... Il ne sait pas alors qu'il jouera sur la même ligne que lui dans trois ans à peine.

Personne n'aurait pu parier là-dessus à cet instant. Tikkanen n'a encore pas joué un seul match de hockey avec des adultes. Son père sent qu'il a peu de chances de faire son trou dans l'équipe première des Jokerit : il signe dans l'autre équipe qui occupe la "patinoire-maison", le HIFK. Il passe la saison chez les juniors, avant d'intégrer l'équipe première en finale... lorsqu'elle remonte deux manches de retard contre les Jokerit pour devenir championne ! Arriver comme un cheveu la soupe en finale pour être champion, cela deviendra une spécialité...

Le cas se reproduira deux ans plus tard en 1985. Tikkanen est maintenant un international finlandais et un joueur majeur du HIFK. Ses performances offensives et défensives lui ont valu le trophée Keinonen de meilleure fiche +/- de la SM-liiga finlandaise. Juste après le championnat du monde 1985 à Prague, il rentre à la maison sous le coup de 19 heures. À 21 heures son père lui dit qu'il a reçu un coup de téléphone étrange d'un homme qui ne parlait qu'anglais. Une blague, croit Esa de prime abord... L'interlocuteur est en fait Glen Sather, entraîneur/manager des Oilers d'Edmonton, qui l'ont drafté deux ans plus tôt au quatrième tour. Sather cherche à le joindre et l'invite à traverser immédiatement l'Atlantique, ce qu'il fait après avoir passé une nuit à l'escale de Zurich pour obtenir le visa qui lui manque.

Tikkanen débarque à Chicago où il assiste à la victoire des Oilers qui se qualifient pour la finale de Coupe Stanley contre Philadephie. Il regarde depuis les tribunes le premier match de la série, perdu. Juste après, l'entraîneur Glen Sather lui demande s'il est prêt à monter lui aussi sur la glace. Le débutant est placé directement en première ligne avec son compatriote Jari Kurri, qui lui sert de mentor, et avec Gretzky, qui a reconnu son ancien porteur de crosse devenu son protecteur attitré sur la glace ! Ce débarquement tardif d'un renfort à la fin de saison européenne est depuis illégal en NHL, mais il est autorisé à cette époque.

L'adaptation tactique est simple, Sather dit à Tikkanen de jouer comme il sait le faire. La ligne de Gretzky ne suit pas de système particulier, sa seule consigne est de marquer des buts. Tikkanen y va à l'instinct. Dès sa première présence sur la glace, il rentre dans le lard de Dave Brown, alors le deuxième joueur le plus dur et craint de la NHL (derrière Dave Semenko des Oilers). Mais Tikkanen n'en sait rien ! Ses coéquipiers le prennent pour un fou.

Tikkanen joue les manches 2, 3, 4 de la finale de NHL 1985. Il porte alors le numéro 14, pas le 10 qui le rendra célèbre à Edmonton. Il vient à peine d'arriver en NHL, et déjà il aura son nom gravé su la Coupe Stanley. Rien ne l'arrête ! Peter Pocklington, le propriétaire des Oilers, est interviewé à la télé. Soudain, Tikkanen surgit derrière lui et lui renverse une canette de bière sur la tête. Autour de la scène, tout le monde est médusé. Ce type est en NHL depuis quinze jours et inonde de bière le patron ! Décidément, il est fou, se disent ses coéquipiers. Non, simplement inconscient...

Le don de se faire détester

Esa Tikkanen partage avec son nouveau coach Sather la particularité de détester perdre. Il n'est pas surpris des 45 minutes de patinage forcé sans palet imposées les lendemains de défaite : il avait déjà connu ces punitions en junior. Sa première saison NHL en 1985/86, pas vraiment pleine car interrompue en décembre/janvier par une fracture du pied droit, est donc une rude déception. Mais la saison suivante, il est replacé de manière définitive à l'aile gauche de Gretzky et Kurri. La litanie de ceux qui se sont essayés aux côtés des deux inséparables est très longue (Callighen, Semenko, Lumley, Anderson, Messier, Pouzar, Hunter, Summanen, Krushelnyski). Il n'est pas facile d'être le troisième homme, car Gretzky jouait préférentiellement sur Kurri si possible tant complémentarité entre les deux était exceptionnelle. Mais Tikkanen s'adepte rapidement là où tant d'autres ont échoué. Sa hargne et sa présence défensive en font le complément idéal des deux meilleurs marqueurs de la ligue. Il cumule aussi bien les points que les minutes de pénalité, une constante dans sa carrière.

Esa Tikkanen se forge rapidement sa réputation, celle du moulin à paroles qui porte sur les nerfs de l'adversaire, même si personne ne prête attention à ce qu'il dit au juste ni ne sait dans quelle langue il parle. Mais ce débit exaspère aussi ses propres équipiers ! Un jour, au grand soulagement de tous les autres joueurs sur le banc, Kurri lui met une claque pour le faire taire, ce que lui seul peut se permettre de faire sans doute. Kurri se souvient : "Si on ne lui faisait pas une passe alors que selon Esa on aurait dû, il vous le faisait savoir de la façon la plus claire possible. Et il continuait sur le banc jusqu'à ce qu'on lui dise de la fermer." Avec la presse aussi, Tikkanen parle trop. Glen Sather, le manager général des Oilers, le menace de le bannir de la première ligne s'il continue à s'exprimer sans retenue dans les colonnes des journaux.

L'endroit où Tikkanen est le plus détesté, c'est évidemment à Calgary, chez le grand rival d'Edmonton. Il est le prototype même du joueur haï de l'équipe adverse. Et ce, quels que soient les joueurs en face... Si Tikkanen a pris pied en NHL en tant que partenaire de Wayne Gretzky, il va encore plus s'affirmer en tant qu'adversaire. En 1990, les Oilers remportent en effet la dernière Coupe Stanley de leur dynastie sans le fameux numéro 99, envoyé à Los Angeles dans "l'échange du siècle". En finale de division, Tikkanen neutralise Gretzky avec son positionnement sûr et son engagement physique total. Le plus grand marqueur de l'histoire de la ligue n'inscrit qu'un point dans la série. Lors de la finale, c'est Craig Janney, la clé de voûte du jeu de Boston, l'homme qui prépare les buts pour Cam Neely, qui "subit" Tikkanen et en ressort vidé. Un soir, il se rend même à l'hôpital, se plaignant de déshydratation. La "grande bouche" Tikkanen, lui, plaisante de son rôle de harcèlement sur Janney : "Je lui ai dit qu'il n'a pas à avoir peur. Je brosse mes dents tous les jours. Le Finlandais termine deuxième à l'élection du trophée Conn-Smythe de meilleur joueur des play-offs derrière le gardien Bill Ranford.

Ce marquage à la culotte est insupportable même pour les hockeyeurs les plus habitués. Un jour que Los Angeles rencontre Edmonton, Gretzky en a tellement marre d'avoir Tikkanen sur le dos qu'il lui donne tout simplement le palet, histoire d'avoir enfin le beau rôle et de pouvoir lui aussi harceler son ancien coéquipier ! En 1990/91, après avoir reçu une mise en échec de son ex-collègue, Tikkanen ose l'impensable et s'exclame : "P... de Gretzky ! Tu pense être quelqu'un de spécial ?". Qu'on ne s'y trompe pas à cause de cette anecdote : il existe une vraie amitié durable entre les deux hommes. Esa appellera encore Wayne tous les mois à la fin de sa carrière...

Cinq bagues mais aucun trophée individuel

En 1991, Esa Tikkanen réussit contre les Kings de Los Angeles ce qu'on peut qualifier de série parfaite : en plus d'empêcher Gretzky de marquer comme à chaque fois qu'il croise sa route en play-offs, il est décisif dans deux prolongations avec un tir dévié par Klima et un but personnel, et il signe encore l'égalisation au dernier match. Il vit pour ces moments. Il a connu la victoire avec Edmonton, il la connaît aussi en 1994 avec les New York Rangers. La finale de Conférence contre les Devils a marqué les mémoires : elle s'est achevée en deuxième prolongation du match 7, quand un forechecking de Tikkanen sur Slava Fetisov a abouti au but gagnant de Stéphane Matteau. Les Rangers remportent la Coupe Stanley 54 ans après leur dernier succès. À New York, tout est plus grand, et on aime les vainqueurs. Il y a deux millions de personnes pour la parade dans les rues de Manhattan. La soif de succès de Tikkanen est inextinguible.

Si Esa Tikkanen, toujours en quête de titres collectifs, a désormais cinq bagues de Coupe Stanley, il ne recevra en revanche jamais aucun trophée individuel de NHL, et n'a jamais semblé y prêter grande attention. Il termine pourtant trois fois deuxième à l'élection du trophée Selke du meilleur attaquant défensif (derrière Guy Carbonneau en 1989, Dirk Graham en 1991 et Ron Francis en 1995). Dans l'histoire de la ligue, aucun autre joueur n'a jamais terminé ne serait-ce que deux fois deuxième à ce trophée sans avoir eu l'honneur de le gagner par ailleurs. C'est particulièrement injuste que ce trophée se soit refusé à lui car, au-delà de la caricature de la peste parfaite, il en incarnait parfaitement les qualités primordiales : un positionnement défensif très sûr, des pertes de palet extrêmement rares, et une polyvalence à tous les postes de l'attaque et dans toutes les situations de jeu, que ce soit en supériorité - y compris à la ligne bleue avec son lancer puissant - ou en infériorité numérique.

La carrière de Tikkanen commence à décliner en 1995/96 à cause d'un genou douloureux qu'il doit enserrer dans un appareil orthopédique. On les dit finis, lui et son genou gauche. Il est échangé trois fois en l'espace de deux saisons, jusqu'à revenir aux Rangers où joue désormais un certain Wayne Gretzky. Arrivent les play-offs : ce Tikkanen qu'on disait peu concerné y met 9 buts avec son tir de classe mondiale. Il cherche alors à rejoindre les Florida Panthers, l'équipe qu'il a éliminés au premier tour par deux buts en prolongation. Ceux-ci refusent que le vétéran devienne leur joueur le plus payé, mais conçoivent un contrat avec options et bonus pour contourner cet écueil. Tikkanen dirige le trio-clé aligné face aux meilleures lignes adverses... pendant un mois. Il se casse le péroné gauche, et quand il revient au jeu, les Panthers sont déjà hors course pour les play-offs.

Démotivé, hors de forme, Esa Tikkanen revit lors des Jeux olympiques de Nagano. Plus que jamais avec une "gueule" - un il au beurre noir dû à la crosse de Nylander - il tient un rôle défensif avec Kurri et enlève la médaille de bronze à son vieux complice Wayne Gretzky. Après ce podium olympique, Tikkanen revit. Il est échangé dans une équipe destinée à jouer les séries, les Capitals de Washington. Revenu en mode "play-offs", il met sous l'éteignoir les meilleurs joueurs adverses (Jason Allison de Boston et Aleksei Yashin d'Ottawa). À la fin du match 2 de la finale contre Detroit, alors que son équipe mène 4-3, il arrive seul face au gardien Chris Osgood, le met dans le vent d'une feinte de lancer parfaite et n'a plus qu'à conclure dans la cage vide, à deux mètres de distance, sur son coup droit : l'immanquable... manqué ! Le palet glisse sur sa crosse et part à côté, dans une action qui sera décrite comme le tournant de la finale. Les Red Wings retournent le score juste après et balaient Washington.

La vaine quête des émotions d'antan

Ce triste raté sera malheureusement le dernière action saillante que l'on gardera en mémoire de la carrière d'un grand champion. Il tente de retourner une fois de plus à New York, pour une demi-saison de calvaire avec un genou toujours douloureux. Il se repose quelques mois et a la possibilité de retourner à Edmonton, mais ce contrat ne l'attire pas autant que la perspective de rentrer en Finlande. Il refusera désormais toute proposition de NHL. Il dit que l'évolution de la ligue vers l'individualisme et l'argent le déçoit, qu'il a perdu la camaraderie et le plaisir.

Il revient aux Jokerit Helsinki car il souhaite travailler avec l'entraîneur Raimo Summanen (encore un ancien coéquipier aux Oilers), et surtout reprendre goût au hockey : "Je ne me souviens vraiment pas de la dernière fois où je me suis si bien avec mon patinage et mon jeu." L'équipe initialement en reconstruction, mais avec 3 vétérans arrivés en cours de saison, les Jokerit atteignent la finale. Ce sera la seule saison qu'il aura jouée en sénior pour son club d'enfance, et pourtant celui-ci soulèvera son maillot numéro 5 sous le toit de la Hartwall Arena un an plus tard, une décision qui fera controverse. Mais celui qui avait été acclamé par le public du temps où il était la mascotte dans le pull tricoté par sa grand-mère n'est pas lié aux Jojkerit que par cette seule saison...

Esa Tikkanen remporte sa première médaille (en bronze) aux championnats du monde 2000, ses cinquièmes Mondiaux dont il affirme que ce ne seront pas ses derniers. Mais pour les observateurs, il refuse l'évidence : il ne suit plus le rythme. Divorcé de sa première femme suédoise (dont il a eu deux filles) après dix-sept ans de mariage, Tikkanen signe chez les Moskitos Essen, club de bas de tableau de DEL qui réalise un beau coup médiatique en faisant venir la star. En arrivant, il n'a pas froid aux yeux et déclare qu'il veut être le leader qui mène l'équipe vers le haut, peut-être même vers le titre de champion. Des paroles qui vont se retourner contre lui quand Essen terminera bon dernier... Lui qui ne vit que pour les sacres traîne son âme en peine et raccroche les patins.

Après trois années sabbatiques sans hockey, et avec une nouvelle épouse (dont il aura trois autres enfants), Esa Tikkanen réapparaît en 2004... en Corée du sud ! Son arrivée dans la toute récente Ligue Asiatique est un évènement, mais elle résulte d'abord d'un malentendu. Il voulait être embauché comme coach, il est finalement joueur et entraîneur-adjoint. Il s'économise, surtout dans les fins de match quand le score est déjà acquis. Il s'autorise aussi des vacances en Thaïlande - prévues dans son contrat - en plein milieu du championnat. Sa vision du jeu, sa qualité de tir et bien sûr aussi sa langue sont intactes, mais Tikkanen n'a plus la vitesse d'antan. C'est un joueur retraité, et il en a la condition physique. La saison suivante, il signe en Norvège, à Frisk Asker, pour être uniquement sur le banc, mais le style de coaching très rude qu'il appris dans sa jeunesse passe très mal auprès des joueurs.

La carrière d'entraîneur n'est sûrement pas faite pour lui, malgré une dernière tentative aux Jokipojat en 2010/11 : taper sur les nerfs des gens et parler un langage qui n'est compris de personne ne sont sans doute pas des dispositions très adaptées à ce métier ! Mais cette reconversion manquée qui a un peu écorné la légende ne saurait faire oublier une carrière de joueur qui reste unique en son genre.

Marc Branchu

 

 

Statistiques

                                                    (saison régulière)           (play-offs)
                                                  MJ    B   A  Pts   Pén     MJ    B   A  Pts   Pén
1981/82 Regina Blues                  SJHL        59   38  37   75  216'
        Regina Pats                   WHL          2    0   0    0    0'
1982    Finlande 18 ans           Euro junior      5    3   2    5    2'
1982/83 HIFK Helsinki 20 ans      FIN juniors     30   34  31   65  104'      4    4   3    7   10'
        HIFK Helsinki              SM-liiga                                   1    0   0    0    2'
1982/83 Finlande 20 ans         Mondial juniors    7    2   3    5    5'
1983    Finlande 18 ans           Euro junior      5    2   1    3   14'
1983/84 HIFK Helsinki 20 ans      FIN juniors      6    5   9   14   13'      4    4   3    7    8'
        HIFK Helsinki              SM-liiga       36   19  11   30   30'      2    0   0    0    0'
1983/84 Finlande 20 ans         Mondial juniors    7    8   4   12   12'
1984/85 HIFK Helsinki              SM-liiga       36   21  33   54   42'
1984/85 Finlande 20 ans         Mondial juniors    7    7  12   19   10'
1985    Finlande                Champ. du monde   10    4   5    9   12'
1985    Edmonton Oilers               NHL                                     3    0   0    0    2'
1985/86 Edmonton Oilers               NHL         35    7   6   13   28'      8    3   2    5    7'
1986/87 Edmonton Oilers               NHL         76   34  44   78  120'     21    7   2    9   22'
1987    Finlande                 Coupe Canada      5    0   1    1    6'
1987/88 Edmonton Oilers               NHL         80   23  51   74  153'     19   10  17   27   72'
1988/89 Edmonton Oilers               NHL         67   31  47   78   92'      7    1   3    4   12'
1989    Finlande                Champ. du monde    8    4   4    8   14'
1989/90 Edmonton Oilers               NHL         79   30  33   63  161'     22   13  11   24   26'
1990/91 Edmonton Oilers               NHL         79   27  42   69   85'     18   12   8   20   24'
1991    Finlande                 Coupe Canada      6    2   2    4    6'
1991/92 Edmonton Oilers               NHL         40   12  16   28   44'     16    5   3    8    8'
1992/93 Edmonton Oilers               NHL         66   14  19   33   76' 
        New York Rangers              NHL         15    2   5    7   18'
1993    Finlande                Champ. du monde    6    0   0    0    2'
1993/94 New York Rangers              NHL         83   22  32   54  114'     23    4   4    8   34'
1994/95 HIFK Helsinki              SM-liiga       19    2  11   13   16'
1994/95 Saint Louis Blues             NHL         43   12  23   35   22'      7    2   2    4   20'
1995/96 Saint Louis Blues             NHL         11    1   4    5   18'
        New Jersey Devils             NHL          9    0   2    2    4'
        Vancouver Canucks             NHL         38   13  24   37   14'      6    3   2    5    2'
1996    Finlande                Champ. du monde    1    0   0    0    0'
1996/97 Vancouver Canucks             NHL         62   12  15   27   66'
        New York Rangers              NHL         14    1   2    3    6'     15    9   3   12   26'
1997/98 Florida Panthers              NHL         28    1   8    9   16'
1998    Finlande                Jeux olympiques    6    1   1    2    0'
1998    Washington Capitals           NHL         20    2  10   12    2'     21    3   3    6   20'
1998/99 New York Rangers              NHL         32    0   3    3   38'
1999/00 Jokerit Helsinki           SM-liiga       43   10  13   23   85'     11    1   6    7   10'
2000    Finlande                Champ. du monde    9    2   1    3   10'
2000/01 Moskitos Essen                DEL         46    8  21   29   81'
2004/05 Anyang Halla Winia      Ligue Asiatique   30    8  17   25   58'
Totaux NHL                                       877  244 386  630 1077'     186   72  60  132  275'
Totaux SM-liiga                                  135   52  68  120  173'      14    1   6    7   12'
Totaux en équipe nationale de Finlande            81   18  21   39

 

Palmarès

- Coupe Stanley 1985, 1987, 1988, 1990, 1994

- Champion de Finlande 1983

- Médaillé de bronze olympique 1998

- Médaillé de bronze mondial 2000

 

 

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