Teemu Selänne

 

À 44 ans, le lion finlandais n'a plus d'envie. Mais Teemu Selänne n'a pas désempli au cours d'une carrière électrisante, par un moment titubante. Car dix ans plus tôt, ils furent nombreux à croire que l'artiste s'était perdu, proche de s'éteindre comme hockeyeur à 34 ans, à cause de performances nouées par le doute et un genou capricieux. Avant de se relever et de rentrer davantage dans l'histoire, adressant ses adieux aux glaces nord-américaines carrément une décennie plus tard sous une acclamation respectueuse, reconnaissante et passionnée.

 

Enfance et environnement familial

Le 3 juillet 1970, Ilmari et Liisa Selänne, quatre ans après la naissance de Panu, devinrent parents une seconde... et troisième fois. Teemu vit en effet le jour en compagnie de son frère jumeau Paavo. La naissance eut lieu à Helsinki mais la famille a résidé à Rauma puis Espoo. En Finlande, l'appel de la glace ne met pas longtemps à se faire sentir, il est même naturel. Et c'est tout logiquement que Teemu commença à patiner à l'âge de 4 ans.

Le profond lien qui unit jumeaux est bien connu, Teemu et Paavo ne le contrediront pas. Inséparables, notamment lorsqu'il s'agit de jouer au football ou au hockey sur glace. Et à chaque fois, quel que soit le sport, Paavo prend place dans les buts en défiant son jumeau, déjà rapide et très agile. S'il suivit Teemu pour quelques années de hockey mineur en tant que gardien, bien sûr, Paavo lâcha prise, avouant ne pas avoir la même passion et la même obstination sur la glace que son double de frère. Paavo connut tout de même quelques brillantes années en tant que hockeyeur sur gazon... devant les buts, bien sûr ! Plusieurs fois champion de Finlande et même d'Europe, il connaît désormais une vie bien rangée en tant que professeur des écoles.

Cela dit, tout n'a pas été rose dans la famille Selänne dont l'atmosphère fut plutôt stricte. Ilmari et Liisa divorcèrent à la fin des années 80 et l'aîné de la fratrie, Panu, n'a pas eu une vie de tout repos. Celui-ci plongea dans la drogue et l’alcoolisme, sombra dans la petite délinquance, le menant inéluctablement à la case prison. Un mouton noir, comme le définit Teemu qui n'hésitera toutefois pas à lui venir en aide. Ce dernier avouera des années après qu'il était parvenu à lui transmettre de l'argent en contrebande. Les vieux démons semblent cependant faire partie du passé puisque Teemu assure que son grand frère est clean depuis les années 2000.

Et pendant ce temps, le petit Teemu s'éprend du hockey qui devient sa grande passion, même en dehors de la glace. Il n'est d'ailleurs guère surprenant de le voir poser pour une photo de classe avec, sur le dos, le maillot des Oilers d'Edmonton, floqué au nom de son idole, devenu l'exemple à suivre en Finlande, Jari Kurri. Sa motivation ne fait aucun doute et il devient un des joueurs les plus en vue à l'EPS : Espoon Palloseuran, le centre de formation d'Espoo qu'il intègre à l'âge de 10 ans. Il n'a aucun mal à passer à l'étape suivante, sa rapidité, son efficacité, ainsi que quelques connaissances, lui permettent de débuter sa carrière professionnelle aux Jokerit de Helsinki, le club de Kurri qui lui ouvre ses portes.

Naissance d'une gloire aux Jokerit

En 1986, Teemu Selänne débarque dans la capitale à 16 ans mais, précoce, il est d'abord testé dans la section U20. Il finira enfin la saison avec les play-offs U18 avec 10 buts en 7 matches, malheureusement sans pouvoir obtenir une quelconque médaille. Elle ne tardera pas, la plus belle qui plus est, il est champion de Finlande junior aux côtés de futures stars du club Keijo Säilynoja, Mika Strömberg, Waltteri Immonen ou Ari Sulander. Ses statistiques exceptionnelles - 79 points en 40 parties - favorisent son entrée chez les grands à 17 ans où il marque son premier but en Division 1.

Cette saison 1987/88 se finit en apothéose. En avril 1988, Selänne représente pour la première fois son pays à l'occasion du Championnat d'Europe des moins de 18 ans en Tchécoslovaquie. Teemu et sa sélection impressionnent la galerie dès le premier tour : 11-1 contre la Suisse, 18-0 face à la Roumanie et 7-3 aux dépens de la Suède. Malgré deux succès contre la Norvège (7-1) et l'U.R.S.S. de Pavel Bure (3-2), les Lionceaux trébuchent face aux hôtes tchèques (3-5). Avec 16 points, cet ailier finlandais percutant devient toutefois le meilleur pointeur de la compétition. Enfin, le 11 juin 1988, le succès incontesté et incontestable de Teemu Selänne en junior sera reconnu au-delà de l'Atlantique.

Mike Modano... Trevor Linden... Jeremy Roenick... Rod Brind'Amour... Le nom de l'ailier finlandais est finalement prononcé en dixième position par les Jets de Winnipeg, à l'occasion du repêchage NHL de 1988. Dès ses 18 ans, la franchise du Manitoba l'invite à son camp d'entraînement au cours duquel il ne laisse pas indifférent. Si Teemu Selänne se donne à son maximum pour rassurer sa future équipe, loin de lui l'idée de se presser à batailler sur le célèbre circuit nord-américain, malgré les avances poussées de Winnipeg, particulièrement durant l'été 1991. Impassible, il préfère rester quatre années supplémentaires aux Jokerit, profitant pour effectuer son service militaire mais aussi pour travailler, parallèlement à sa carrière sportive. Plutôt à l'aise avec les enfants, il officie temporairement en école maternelle. Monsieur Selänne n'est pas un maître sévère, loin de là, plutôt cool à vrai dire, proposant toujours de nombreuses activités parmi lesquelles beaucoup de sport, évidemment.

La fusée Selänne définitivement lancée, il est logiquement titularisé en équipe première. Et là encore, les promesses se confirment. Les Jokerit, alors en Division 1, remontent en élite finlandaise en 1989 après deux ans de purgatoire, portés par leur surdoué : 36 buts en 35 joutes pour sa première année complète chez les seniors, et 7 de plus dans les cinq manches du barrage de promotion contre les Kärpät.

À l'aube d'une nouvelle expérience en élite, l'excitation est donc réelle, en Finlande, à l'idée de voir cette pépite évoluer pour la première fois au plus haut niveau national. Une excitation qui s'éteint rapidement puisque la saison 1989/90 se termine rapidement pour Teemu Selänne. En raison d'une jambe fragilisée par des douleurs au tibia et au péroné, il n'évoluera que le temps de 11 rencontres, toutefois ponctuées de 12 points. La saison suivante marque un nouveau départ, pour Teemu, rétabli, mais aussi pour l'organisation Jokerit qui entame une révolution vers la modernité. En 1990, le club est repris par l'homme d'affaires Harry "Hjallis" Harkimo, les problèmes financiers ne sont plus d’actualité et l'équipe va s'installer davantage dans le paysage du hockey finlandais.

Certes, en 1991, les Jokerit ne parviennent pas à se qualifier pour les play-offs pour une deuxième année consécutive, mais Teemu Selänne effectue véritablement cette saison-là ses débuts en SM-Liiga. 33 buts et 58 points en 42 matches lui assurent le titre de joueur de l'année, élu par ses pairs. Mais l'année suivante, c'est toute l'équipe qui effectue un bond de géant. Lors de l’ultime journée de la saison régulière, les Jokerit cèdent la première place du classement au JYP de Jyväskylä mais réussissent à l'emporter en finale aux dépens... du JYP ! Teemu Selänne devient champion de Finlande à 21 ans, auteur du but gagnant du titre, meilleur buteur en saison régulière avec 39 réalisations, meilleur marqueur des séries, assurant un rendement de 79 points sur l'année. Il soulève donc le Kanada-malja, le trophée suprême en Finlande, aux côtés de son précieux comparse de ligne Otakar Janecký, ses complices du junior Säilynoja, Strömberg, Immonen, Sulander et Ketterer, ainsi que Mojmir Bozik, futur défenseur de Reims et Anglet.

Teemu Selänne n'est plus un lionceau mais un lion puisque le sélectionneur national de l'époque, Pentti Matikainen, l'appelle pour trois grandes compétitions avant son départ pour l'Amérique du Nord : les Championnats du monde et la Coupe Canada en 1991, les Jeux olympiques de 1992. L'attente est élevée en mai 1991 en Finlande car la sélection suomi n'a obtenu jusqu'à maintenant aucune médaille mondiale. Teemu réalise alors un rêve : jouer aux côtés de son idole, Jari Kurri, à la tête des Leijonat. Kurri avait quitté temporairement la NHL, en délicatesse avec les Oilers d'Edmonton, pour Milan avec justement l'idée de jouer ce Mondial à domicile. Mais malgré les statistiques flatteuses de l'un et l'autre - 23 points pour le duo Kurri / Selänne - la Finlande rate la qualification dans le dernier carré, à la défaveur d'une courte défaite lors du dernier match contre les Américains. 1992 marque ses premières expériences olympiques. Selänne est présent aux J.O. d'Albertville et régale le public de la patinoire de Méribel avec 11 points au compteur dont 7 buts, un sommet. Mais nouvelle déception pour les Lions finlandais qui se feront balayer par la CEI 6-1 en quart de finale.

Un éclair dans le ciel des Jets

Après quatre années d'attente, Winnipeg voit donc arriver un espoir qui a eu le temps de montrer son plein potentiel. Le jeune homme est hébergé temporairement par le défenseur et compatriote Teppo Numminen, né également un 3 juillet mais deux plus tôt, tandis que sa mère, Liisa, passe beaucoup de temps avec lui. Et pourtant, c'est à croire qu'il n'a besoin d'aucune phase d'adaptation. Son arrivée en NHL est un séisme. Tardive, elle n'a fait qu'étendre sa faim. Le 6 octobre 1992, Teemu Selänne effectue ses débuts sous l'uniforme des Jets face aux Red Wings de Détroit, il est crédité de deux assistances. Deux jours plus tard, il inscrit son premier but contre les Sharks de San José.

La cadence ne fléchit pas, ses accélérations - imbattable sur les premiers mètres - et son efficacité ne cessent de fasciner. Entouré de nombreux talents offensifs dont le petit défenseur maestro Phil Housley - 79 aides lors de la première année de Selänne - la machine ne vacille pas. Le 2 mars 1993, en battant Stéphane Fiset, gardien des Nordiques de Québec, il efface la performance de Mike Bossy pour le plus grand nombre de buts marqués par un joueur débutant avec une 54e unité. Et nous sommes à peine en mars...

Ses premiers résultats en NHL sont historiques. 76 buts, il pulvérise donc le record de Bossy et égale même le meilleur total de la saison régulière d'Aleksandr Mogilny. Selänne et Mogilny se joignent d'ailleurs à un cercle très restreint de joueurs ayant accumulé plus de 70 buts en une année puisqu'ils partagent cet exploit avec Wayne Gretzky, Brett Hull, Mario Lemieux, Phil Esposito, Bernie Nicholls et... Jari Kurri. 132 points, une performance surréaliste, le jeune lion ne sera que le cinquième joueur à dépasser le cap des 100 points lors d'une première saison. Quatre fois élu recrue du mois, le trophée Calder, remis au meilleur débutant, lui est logiquement attribué. L'élimination de Winnipeg dès le premier tour par les Canucks de Vancouver semble alors secondaire. Le phénomène n'est plus seulement finlandais, c'est également toute une ville canadienne de 600 000 habitants qui tombe sous le charme de son nouveau protégé. Ken Campbell, journaliste au Winnipeg Free Press, principal quotidien de la cité, parla alors de "Finnish Flash" ("l'éclair finlandais"). Un surnom qui restera.

Les deux exercices suivants sont quelque peu frustrants. Difficile de réitérer de telles statistiques mais les performances, demeurant largement respectables, seront limitées par une blessure au talon d'Achille malgré une "Olympic line" enthousiasmante au sein d'un trio complété par Aleksei Zhamnov et Keith Tkachuk, présents également à Albertville. La saison 1994/95 est ensuite rétrécie par la grève NHL mais le lock-out permet à Teemu Selänne de rejoindre les Jokerit et Helsinki où a également posé ses valises un certain Jari Kurri. Entre le valeureux centre polyvalent, force tranquille, et le dynamiteur de l'aile droite, le duo fait cette fois-ci des ravages sur le continent via la Coupe d'Europe. Survolant leur groupe, les "jokers" ne se laissent pas importuner en finale (4-2) contre les Russes du Lada Togliatti. Meilleurs marqueurs de la phase finale, la légende et son disciple deviennent champions d'Europe, ensemble.

Lors de la saison 1995/1996, la NHL retrouve un Teemu Selänne au sommet de son art avec 40 buts et 68 assistances. Cependant, deux coups du sort vont bousculer l'avenir du joueur. À cette époque, les équipes canadiennes survivent tant bien que mal en Ligue Nationale : monnaie défavorable, coûts d'exploitation élevés, volonté de la ligue d'expansion vers le sud, tandis que la Winnipeg Arena, certes régulièrement remplie, est vieillissante. Après Québec, l'exode vers les États-Unis fait donc une nouvelle victime, les Jets de Winnipeg disparaissent en plein vol (avant un retour qui interviendra seulement quinze ans plus tard). Teemu Selänne s'attend donc à changer d'adresse. La ville de Phoenix, nouvel hôte de cette franchise, se dessine mais le déménagement a finalement lieu ailleurs et plus tôt, au plus mauvais moment.

Amerrissage dans la mare pour un tandem mémorable

Le 7 février 1996, ce qui semble une pure manœuvre financière pour réduire les coûts avant le déménagement crée la stupeur : Selänne est transféré aux Mighty Ducks d'Anaheim. Le choc est d'autant plus brutal pour Teemu que sa fiancée, Sirpa, est à... neuf mois de grossesse. C'est donc un passage délicat que le couple affronte à deux. Malgré tout, en dépit des périodes d'éloignement et des appréhensions, 1996 demeure une grande année. Teemu devient papa, pour la première fois, d'un petit Eemil. Il se marie le 19 juillet avec Sirpa, une connaissance de bac à sable - la mère de Teemu était nourrice - alors que les deux amoureux se sont retrouvés des années après, ne se quittant plus depuis une soirée d'étudiants. Sportivement enfin, il découvre une équipe qu'il va adorer.

Sous l'uniforme de la franchise alors possédée par Disney, Teemu Selänne se découvre un partenaire de choix. Paul Kariya a quelques années de moins et est en voie d'explosion. Ensemble, ils vont alors constituer le "Dynamic Duo", l'une des paires offensives les plus marquantes et spectaculaires des années 90. Selänne et Kariya enchaînent les combinaisons étourdissantes, leurs prouesses influent considérablement sur le rendement de l'équipe. Par ailleurs, Teemu évolue une dernière fois sous le même uniforme que son idole Jari Kurri, devenu un canard le temps d'une année (photo de gauche). Cependant, le nouveau tandem de choc Selänne / Kariya est la plupart du temps complété par le bosseur Steve Rucchin. La franchise de Mickey, habituée à la figuration depuis sa création en 1993, est davantage prise au sérieux. Pour la première fois, Anaheim accède aux play-offs en 1997, atteignant même le second tour après avoir éliminé Phoenix en sept manches, avant de céder logiquement face aux futurs champions, les Red Wings de Détroit.

Outre sa fantastique performance de 1993, Teemu Selänne termine deux fois de plus en tête des meilleurs buteurs de la NHL. Il s'en est fallu de peu en 1997 lorsque son ancien coéquipier Keith Tkachuk le devance d'un seul but. En 1998, il est à égalité avec Peter Bondra (52 buts) et devient seulement le quatrième joueur de l'histoire à inscrire plus de 25% des buts de son équipe. En 1999, pour la première fois, un prix est décerné au meilleur buteur de la NHL, Teemu Selänne s'approprie le tout premier trophée Maurice Richard. Devenu une des grandes vedettes du circuit, il est régulièrement appelé à disputer le Match des étoiles, auquel il prendra part dix fois dans sa carrière. Lors du All-Star Game 1998 à Vancouver, il réalise même un triplé et devient le premier joueur européen à être nommé meilleur joueur de cette partie d'exhibition.

Sous les couleurs d'Anaheim, Teemu Selänne continue d'être une arme redoutable. On comprend alors la déception des fans des "valeureux canards" ce 5 mars 2001. "Eight-ball" se voit transférer à San José contre Jeff Friesen, Steve Shields et des considérations futures. Une issue à laquelle Selänne réagit avec philosophie : il demeure en Californie et s'associe à une équipe qui possède à cet instant bien plus de chance de gagner la Coupe Stanley. Anaheim, peu homogène, ne vivait surtout que par un duo Selänne/Kariya qui faisait le spectacle.

Un déclin qui semble se dessiner

Et pour fêter cela avec ses nouveaux coéquipiers, le fameux numéro 8 ne trouva rien de mieux que de marquer son 18e coup du chapeau - il en totalisera 22 au final - au cours de sa première semaine lors d'une partie contre... Anaheim. Malgré tout, plusieurs semaines plus tard, les Blues de Saint Louis du capitaine Chris Pronger mirent fin à l'aventure des "requins" dès le premier tour. Malheureusement, Selänne ne réussit pas à combler les attentes de San José. Les Sharks se qualifient pour le deuxième tour en 2002 mais ne peuvent accéder aux play-offs l'exercice suivant. De son côté, Teemu Selänne n'arrive plus à marquer 30 buts en saison régulière et beaucoup voient en lui un joueur en déclin.

Pour la première fois de sa carrière, Selänne a été promu capitaine de la Finlande aux J.O. de Salt Lake City de 2002. Après un mauvais départ contre les Américains, la sélection suomi brille par la suite avant de jouer de malchance en tombant en quart de finale contre le Canada. Les Leijonat s'inclinent de peu face au futur champion olympique. Un an plus tard, la Finlande espère obtenir son deuxième sacre mondial, après le triomphe de 1995 en Suède, en organisant les Championnats du monde à Helsinki avec la participation de son exilé californien. Après un premier tour sans grande étincelle, le grand match est toutefois attendu en quart de finale dans une Hartwall Areena bouillante face à... la Suède. Malgré l'ouverture rapide du score par Mats Sundin, la Finlande et Selänne nagent en plein rêve. L'éclair finlandais égalise puis plante deux autres buts, ceux du 2-1 et du... 5-1 à la 27e minute, les Lions ont un pied et demi dans le dernier carré. Mais les duels entre Finlandais et Suédois ne se passent jamais, jamais comme prévu. La Suède réalise l'un des plus renversants retournements de situation de l'histoire des championnats du monde, égalisant à 5-5 par Peter Forsberg à la 49e, Per-Johan Axelsson offrant le but gagnant à 5 minutes de la fin. C'est alors l'une des plus grandes déconvenues du hockey finlandais et donc de la carrière de Teemu Selänne.

Quelques mois après, évitant un transfert dans le New Jersey et souhaitant quitter les Sharks, Selänne consulte longuement Paul Kariya, devenu un grand ami, avec qui il souhaite rejouer et ainsi recréer le "duo dynamique". Kariya n'a en effet trouvé aucun accord avec Anaheim alors que son contrat pèse 10 millions de dollars. Le critère pour établir leur choix est clair : jouer pour une équipe susceptible de gagner la Coupe Stanley. L'Avalanche du Colorado, crainte de tous depuis son départ du Québec et qui vient de s'adjuger le record de victoires consécutives de division, remplit les conditions, sachant que la retraite de Patrick Roy a allégé la masse salariale. Mais pour ne pas mettre la franchise de Denver dans le rouge, Selänne signe une entente à 5,8 millions de dollars, Kariya acceptant une baisse de... 8,8 millions, obtenant donc un contrat de 1,2 millions mais en s'assurant de devenir agent libre la saison suivante. Sûr de son gros coup et de voir des retrouvailles explosives, le Directeur général Pierre Lacroix en salive d'avance.

Pourtant, ces retrouvailles, qui paraissaient d'emblée excitantes, tournent au fiasco. Ils sont associés dans un premier temps avec Joe Sakic, mais les blessures à répétition de Kariya - plusieurs fois au poignet ainsi qu'à la cheville - sabordent littéralement le trio et nuisent aux performances, alors catastrophiques, de Selänne. L'éclair finlandais, 33 ans, ne surprend plus grand monde et réalise son pire rendement - 32 points - alors que le Colorado, pourtant encore un des favoris à l'ouest, est terrassé dès le deuxième tour des séries face à... San José. La carrière du n°8 est en chute libre alors qu'il avait inscrit 452 buts jusqu'à maintenant en saison régulière, seul Jaromír Jágr le devançant sur ce laps de temps avec 478.

Malgré les portes grandes ouvertes des Jokerit, Selänne reste inactif pendant une année alors que la saison NHL 2004-2005 est paralysée par une nouvelle grève. Son année sabbatique a une explication. Depuis quelques temps, Teemu a des douleurs persistantes au genou gauche. La Coupe du monde durant l'été 2004 est peut-être une réussite collective avec la Finlande. Les meilleurs sont là et les Lions déjouent, une fois de plus, les pronostics, invaincus jusqu'à une finale au cours de laquelle le Canada trouvera difficilement la solution (3-2). Selänne retrouve certes le plaisir de la glace aux côtés de Saku Koivu, mais cette fameuse douleur au genou limite de plus en plus ses déplacements. La vitesse, l'accélération, qui ont fait sa renommée, ont disparu. L'opération chirurgicale est alors devenue obligatoire.

La réplique du lion, le retour du canard

Ces dernières années, ces derniers mois, les critiques, souvent dures, n'ont pas épargné un joueur que beaucoup considèrent proche de la fin de carrière. Pourtant, seul face à lui-même, le Finnish Flash se remet en question, travaille dur, s'acharne durant dix mois de rééducation à retrouver son meilleur niveau. Agent libre durant l'été 2005, il émet le souhait de revenir à Anaheim, son premier choix pour sa vie familiale et pour tenter un ultime sursaut dans sa carrière. Brian Burke, devenu Directeur général des Ducks, accepte mais en lui accordant un modeste contrat de 1 million de dollars pour une seule année en guise d'essai. Tant de critiques, si peu d'attente autour de lui. Qu'il va effacer d'un revers de la main grâce à une incroyable réaction d'orgueil.

Au sein d'une équipe relativement jeune - dont Corey Perry et Ryan Getzlaf - et sous les ordres de Randy Carlyle, Teemu Selänne redevient ce joueur de franchise, cet élément qui détermine le parcours d'une équipe, cet éclair finlandais. Il est rapidement aligné avec Andy McDonald et Chris Kunitz, une ligne diablement efficace. 40 buts, 50 passes, 90 points, il s'agit de sa meilleure performance en sept ans avec 14 points supplémentaires en séries éliminatoires. Contre toute attente, les Ducks d'Anaheim parviennent en finale de conférence. L'aventure se termine face à Edmonton mais elle est porteuse d'espoir. Très symboliquement, Teemu Selänne se voit attribuer en 2006 le trophée Bill Masterton, remis au joueur le plus persévérant et dévoué à l'équipe. Sans aucun doute, un prix immensément lourd de sens et d'émotion.

La résurrection est également frappante à l'occasion des Jeux olympiques de Turin, en 2006. Dès le premier tour, Teemu Selänne marque 6 buts, aux côtés de ses habituels larrons de sélection, Saku Koivu et Jere Lehtinen, la Finlande terminant en tête du groupe. Et ce n'est pas l'Américain Derian Hatcher, en lui faisant tomber trois dents en quart de finale, qui jugulera cette course effrénée et enthousiasmante. Après avoir éliminé les États-Unis et la Russie, les Lions s'inclinent en finale, d'un but, face aux éternels rivaux suédois. Avec une médaille d'argent olympique, 11 points, le titre de meilleur attaquant du tournoi, l'éclair finlandais accomplit un sommet à l'international, Teemu est définitivement de retour.

L'exercice 2006/2007 le hisse davantage dans la légende. Anaheim est devenu une valeur sûre à l'ouest et finit à la deuxième place de la conférence, derrière Détroit. Pour sa part, Selänne termine la saison régulière avec 48 buts, plus vieux joueur à atteindre un tel total. Il devient, par la même occasion, le premier joueur âgé de plus de 35 ans à obtenir au moins deux saisons consécutives à plus de 40 buts. Les exploits continuent de s'empiler mais le rêve demeure. Celui de la Coupe Stanley. Le gardien Jean-Sébastien Giguère, exceptionnel en 2003, réitère ses exploits, Teemu Selänne réalise un sommet personnel en play-offs NHL avec 15 points et les Ducks éliminèrent successivement le Minnesota, Vancouver puis Détroit. Opposés à Ottawa en finale, les canards californiens triomphent à domicile, dans la "mare", après cinq manches. Le 6 juin 2007, Teemu Selänne soulève alors la Coupe Stanley après 15 années et 1127 parties disputées en Ligue Nationale. Le rêve, devenu inimaginable il y a encore quelques années, devient enfin réalité. L'émotion est bien difficile à contenir à Anaheim mais aussi à Helsinki, place de la gare, où plus de 10 000 personnes fêtent le trophée enfin capturé par leur grand champion.

Une retraite retardée par la course aux statistiques

Partir quand on est au sommet, c'est la tentation de tout sportif vétéran. C'est alors la décision de Teemu Selänne, profitant du retrait de Scott Niedermayer pour l'imiter. Mais pendant plusieurs mois, l'appel de la glace demeure persistant. Après quelques manœuvres qui n'ont pas suffi à assurer la transition délicate d'une grande victoire, le grand patron Brian Burke réussit, en décembre 2007, à convaincre Niedermayer de revenir. Sans doute un tournant, pour Selänne. Un mois plus tard, ce dernier cède, rechaussant les patins le 28 janvier 2008 à l'occasion d'un entraînement avec l'équipe. Cependant, depuis, l'idée de la retraite ne cessera de germer dans la tête de Selänne, laissant ses nombreux fans suspendus, chaque été, à un suspense inévitable.

À l'issue des Championnats du monde 2008 et une médaille de bronze, il laisse entendre qu'il s'agit de sa dernière apparition en sélection. Pourtant, il rempile, en NHL mais aussi sous l'uniforme national en participant aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, y glanant également le bronze. De plus, avec 20 buts et 17 assistances en 31 parties, l'ailier finlandais devient le meilleur marqueur de l'histoire du hockey olympique, surpassant des légendes comme le Soviétique Valeri Kharlamov.

En NHL, les performances historiques continuent également de s'amonceler, l'âge défiant les lois de la statistique. Le 21 mars 2010, il signe son 600e but contre le Colorado, alors le 18e joueur de l'histoire et le 3e Européen à réaliser cet exploit. Deux semaines plus tard, avec 602, il devint le meilleur buteur finlandais de l'histoire NHL, dépassant Jari Kurri. Le 8 octobre 2011, avec 2 buts et 2 assistances contre Washington, il devint le plus vieux joueur à collecter 4 points lors d'un match depuis Tim Horton en 1972. Le 19 février 2012, face à la Floride, il devint le plus vieux joueur à obtenir au moins 20 buts en une saison depuis Johnny Bucyk en 1976/77. Le 12 mars 2012, il obtient 1399 points en carrière face au Colorado, l'élève surpasse ainsi, et définitivement, le maître Kurri.

Mais les chiffres n'ont jamais entamé sa modestie quand il s'agit d'évoquer le plus grand des hockeyeurs finlandais. Malgré sa vitesse et son efficacité, Teemu Selänne reconnaît avoir beaucoup appris sous l'aile de Jari Kurri. Beaucoup, sauf son jeu défensif qu'il reconnaît perfectible. "Vous savez quoi ? J'ai dû oublier cette partie !" Sa carrière à succès dans le hockey, Selänne l'explique par beaucoup de chance, de travail et de grands joueurs parmi ses coéquipiers. Mais aussi un talent brut rare, pourrait-t-on ajouter.

Depuis le titre de 2007, Anaheim éprouve davantage de difficulté à faire autorité dans la Division Pacifique, entre les coups d'éclat en saison régulière de Vancouver et San José ainsi que l'avènement de la machine à Kings de Los Angeles. Néanmoins, Teemu reste fidèle à une organisation qu'il aura côtoyé pendant près de quinze ans. En 2011, Winnipeg, de retour en NHL, tente bien de le ramener là où l'éclair avait embrasé pour la première fois la Ligue Nationale. En vain. Bons joueurs et nostalgiques, les fans des Jets ont cependant réservé une ovation le 17 décembre 2011 à leur ancienne gloire, de retour dans le Manitoba depuis la nouvelle création d'une équipe à Winnipeg, le saluant d'un bourdonnement général à chacune de ses possessions du palet. Ce jour là, les Jets sont défaits par les Ducks, sans rancune aucune.

Derniers efforts, dernière décision

Nous sommes à l'été 2013 et Teemu Selänne fait, encore et longuement, planer le doute quant à la suite de sa carrière. Finalement, l'annonce se fera par l'intermédiaire d'une vidéo Youtube, hilarante, qui le met en scène. On le voit accumuler les bourdes au golf et enfin passer un coup de fil à Bob Murray, successeur de Burke à la tête de l'organisation, lui annonçant qu'il continue, pour une dernière. Force est de constater qu'il aura tenu parole. La retraite n'a jamais été aussi proche et un documentaire biographique, nommé Sel8nne, est même projeté dans les salles de cinéma finlandaises en septembre 2013.

Depuis l'introduction des joueurs NHL aux Jeux Olympiques en 1998 au tournoi masculin, la Finlande aura été, contre toute attente, le pays le plus médaillé avec quatre breloques, une en argent, trois de bronze. Une quatrième donc, une dernière en 2014 pour capitaine Selänne, olympien pour la sixième fois, aux J.O. de Sotchi. Face à la Norvège, il devient même le plus vieux buteur de l'histoire du hockey olympique, à 43 ans et 226 jours. Les Leijonat offrent une catastrophe nationale aux hôtes russes en quart de finale avant de plier d'un rien, de nouveau face aux Suédois. Le Finnish Flash sera élu meilleur joueur du tournoi olympique, amassant un point par match dont un doublé lors d'une démonstration pour la troisième place face aux États-Unis (5-0). Mobilisateur après une déception en demi-finale, il devient le hockeyeur médaillé le plus vieux des J.O. après être passé devant Igor Larionov. Ce match pour le bronze, 26 ans après ses débuts en sélection, constitue ses adieux aux Lions de la Finlande. Car devant le micro du très populaire commentateur Kaj Kunnas à l'interview, les mots, l'émotion, l'accolade ne laissent aucune ambiguïté.

La performance olympique n'a pas laissé indifférent son grand ami Paul Kariya qui mesure le chemin parcouru auprès de ESPN : "C'est incroyable. Il s'agit de l'une des plus grandes histoires du sport de tous les temps. Jouer au hockey à son niveau et le faire à son âge, je pense notamment au titre de meilleur joueur aux JO 2014 à 43 ans, c'est exceptionnel."

Reste donc une dernière saison en NHL à négocier. Pour un quarantenaire, jouer dans une ligue aussi exigeante est déjà une performance en soi. Mais pour Teemu Selänne, vivre dans l'ombre est difficile. L'entraîneur Bruce Boudreau privilégie les jeunes aux rôles-clés, et le vieux lion Selänne ne joue qu'une fonction secondaire au sein de l'équipe avec moins de 15 minutes de présence par match et des apparitions sur les jeux de puissance. Selänne se sent comme ligoté par une confiance qui s'est altérée. Boudreau ne le voit plus comme un cadre majeur. La tension monte entre les deux hommes. Teemu se voit même écarté, y compris au début des play-offs. Durant le premier tour contre Dallas, Boudreau l'évince de l'effectif, le remplaçant par le jeune Emerson Etem. Teemu encaisse mais son fils Eemil ne manque pas de faire part du malaise général avec un tweet vengeur et ironique : "Transfert, Bruce Boudreau est envoyé aux Admirals de Norfolk (AHL)". Teemu demande alors au fiston de supprimer ce message, se préparant à appuyer une meilleure réponse, sur la glace. Selänne revient, délivre deux assistances dans le match 6, Anaheim élimine Dallas 4 victoires à 2. Le vétéran a encore de la ressource et parvient à marquer deux buts en début de série face à Los Angeles, Anaheim menant 3 gains à 2 cette demi-finale de conférence. Avant de voir ses adversaires, nouveaux patrons à l'ouest, remettre les pendules à l'heure, futurs vainqueurs de la Coupe Stanley une deuxième fois en trois ans.

Le 16 mai 2014, après la victoire lors du dernier match décisif de la série des Kings, son public, ses partenaires, ses adversaires de "LA" l'acclament comme jamais. Outre la Finlande, c'est un peu la Californie du hockey qui est devenue orpheline ce jour-là. Si le transfert de la légende Wayne Gretzky d'Edmonton à Los Angeles à la fin des années 80 avait permis de populariser le hockey dans cette région ensoleillée des États-Unis, Selänne a sans aucun doute participé à sa consolidation. Il termine sa carrière NHL à la 15e place des meilleurs marqueurs en saison régulière avec 1457 points, dont 684 buts qui le classent 11e dans ce registre, en 1451 parties. Il a amassé 255 buts en jeu de puissance en carrière - le troisième meilleur total de l'histoire. Et pour saluer davantage le génie, à l'occasion d'une visite des Jets de Winnipeg, Anaheim immortalise le 11 janvier 2015 son maillot, une première pour la franchise, en hissant son numéro 8 tout en haut du Honda Center, ce qui demeure, aux yeux des fans, la mare de Teemu.

L'idylle entre la Ligue Nationale et Teemu Selänne a donc pris fin, définitivement. Pour l'éclair finlandais, les dernières tensions l'ont épuisé, n'hésitant pas à pointer du doigt Boudreau comme motif de retraite NHL. Mais est-ce pour autant la fin de sa carrière ? Les Jokerit de Helsinki, devenus mastodontes du hockey finlandais dans les années 90, se sont mis à la conquête de l'Eurasie avec une entrée en KHL, la ligue russe qui ne cesse de s'étendre, dès septembre 2014. Déjà bien étoffé, son casting pourrait ajouter une guest star populaire aux yeux des supporteurs des jokers. Dix millions de dollars à l'année, cinq millions pour uniquement les matches à domicile, la rumeur circule rapidement mais l'organisation nie cette proposition à Teemu Selänne. Mais que ces chiffres soient réels ou pas, l'idée de jouer une dernière fois dans la capitale finlandaise le fera longuement hésiter.

Une décision délicate est à prendre, même pour une année. Sa femme Sirpa a hâte d'une vie en toute tranquillité, rangée et unie. Hormis Eemil, la tribu Selänne s'est en effet agrandie avec deux autres garçons, Eetu et Leevi, ainsi que la petite dernière, Veera. Le comté d'Orange et leur résidence à Coto de Caza hébergent toute la famille depuis de nombreuses années. Les enfants sont scolarisés en Californie, les trois frères y jouent au hockey, alors qu'Eemil entrera à l'université l'année prochaine. Teemu Selänne possède un restaurant à Laguna Beach alors qu'il en détenait quelques-uns en Finlande. Autant de facteurs qui freinent une décision qu'il jugerait égoïste.

Le 11 août 2014, lors d'une conférence de presse au cours de laquelle beaucoup voient l'entente de l'explosif ailier avec les Jokerit, Teemu Selänne dévoile cependant un autre projet qui lui tient à cœur : l'académie Teemu Selänne. Alors que la Finlande n'a plus rien à prouver au poste de gardien, cette académie aura pour but de former et préparer de futurs attaquants, du pays ou d'ailleurs, dans l'optique d'intégrer le très haut niveau. Ce centre sera situé dans un complexe à Kirkkonummi, à l'ouest de Helsinki, et le visuel a été conçu par Teemu et sa femme Sirpa. Abritant deux patinoires, cette académie, dont le projet est soutenu par un des propriétaires des Jokerit, Roman Rotenberg, ouvrira ses portes en 2017.

Retraite définitive ou ultime défi, c'est l'éternel refrain de Teemu Selänne ces dernières années, la dernière strophe d'un ténor de cette discipline qui a marqué plusieurs générations de joueurs et d'adorateurs de hockey, d'un artiste spectaculaire de la glace. L'histoire d'un éclair finlandais.

Nicolas Jacquet

 

 

Statistiques

                                                   (saison régulière)            (play-offs)
                                                 MJ    B   A  Pts   Pén     MJ    B   A  Pts   Pén
1986/87  Jokerit Helsinki       Finlande U20     33   10  12   22    8'
         Jokerit Helsinki       Finlande U18      0    0   0    0    0'      7   10   3   13    2'
1987/88  Jokerit Helsinki       Finlande U20     33   43  23   66   18'      5    4   3    7    2'
         Jokerit Helsinki       Division 1        5    1   1    2    0'
         Finlande 18 ans        Euro 18 ans       6    7   9   16    8'
1988/89  Jokerit Helsinki       Finlande U20      3    8   8   16    4'
         Jokerit Helsinki       Division 1       35   36  33   69   14'      5    7   3   10    4'
         Finlande U20           Mondial 20 ans    7    5   5   10   10'
1989/90  Jokerit Helsinki       SM-liiga         11    4   8   12    0'
1990/91  Jokerit Helsinki       Finlande U20      1    0   0    0    0'      3    3   2    5   10'
         Jokerit Helsinki       SM-liiga         42   33  25   58   12'
         Finlande               Mondial          10    6   5   11    2'
         Finlande               Coupe Canada      6    1   1    2    2'
1991/92  Jokerit Helsinki       SM-liiga         44   39  23   62   20'     10   10   7   17   18'
         Finlande               Jeux olympiques   8    7   4   11    6'
1992/93  Winnipeg Jets          NHL              84   76  56  132   45'      6    4   2    6    2'
1993/94  Winnipeg Jets          NHL              51   25  29   54   22'
1994/95  Jokerit Helsinki       SM-liiga         20    7  12   19    6'
         Jokerit Helsinki       Coupe d'Europe    4    4   3    7    0'
         Winnipeg Jets          NHL              45   22  26   48    2'
1995/96  Winnipeg Jets          NHL              51   24  48   72   18'
         Anaheim Ducks          NHL              28   16  20   36    4'
         Finlande               Mondial           6    5   3    8    0'
         Finlande               Coupe du monde    4    3   2    5    0'
1996/97  Anaheim Ducks          NHL              78   51  58  109   34'     11    7   3   10    4'
1997/98  Anaheim Ducks          NHL              73   52  34   86   30'
         Finlande               Jeux olympiques   5    4   6   10    8'
1998/99  Anaheim Ducks          NHL              75   47  60  107   30'      4    2   2    4    2'
         Finlande               Mondial          11    3   8   11    2'
1999/00  Anaheim Ducks          NHL              79   33  52   85   12'
2000/01  Anaheim Ducks          NHL              61   26  33   59   36'
         San José Sharks        NHL              12    7   6   13    0'      6    0   2    2    2'
2001/02  San José Sharks        NHL              82   29  25   54   40'     12    5   3    8    2'
         Finlande               Jeux olympiques   4    3   0    3    2'
2002/03  San José Sharks        NHL              82   28  36   64   30'
         Finlande               Mondial           7    8   3   11    2'
2003/04  Colorado Avalanche     NHL              78   16  16   32   32'     10    0   3    3    2'
         Finlande               Coupe du monde    6    1   3    4    4'
2005/06  Anaheim Ducks          NHL              80   40  50   90   44'     16    6   8   14    6'
         Finlande               Jeux olympiques   8    6   5   11    4'
2006/07  Anaheim Ducks          NHL              82   48  46   94   82'     21    5  10   15   10'
2007/08  Anaheim Ducks          NHL              26   12  11   23    8'      6    2   2    4    6'
         Finlande               Mondial           9    3   4    7   12'
2008/09  Anaheim Ducks          NHL              65   27  27   54   36'     13    4   2    6    4'
2009/10  Anaheim Ducks          NHL              54   27  21   48   16'
         Finlande               Jeux olympiques   6    0   2    2    0'
2010/11  Anaheim Ducks          NHL              73   31  49   80   49'      6    6   1    7   12'
2011/12  Anaheim Ducks          NHL              82   26  40   66   50'
2012/13  Anaheim Ducks          NHL              46   12  12   24   28'      7    1   2    3    6'
2013/14  Anaheim Ducks          NHL              64    9  18   27   12'     12    2   4    6    4'
         Finlande               Jeux olympiques   6    4   2    6    4'
Totaux NHL                                     1451  684 773 1457  660'    130   44  44   88   62'
Totaux SM-Liiga                                 117   83  68  151   38'     10   10   7   17   18'
Totaux en équipe nationale de Finlande           96   54  48  102   48'

 

Palmarès

- Champion de Finlande junior 1988

- Champion de Finlande 1992

- Coupe d'Europe 1995

- Coupe Stanley 2007

- Médaillé d'argent olympique 2006

- Médaillé de bronze olympique 1998, 2010, 2014

Honneurs individuels

- Membre de l'équipe-type du Championnat d'Europe U18 1988

- Membre de l'équipe-type du championnat finlandais 1991, 1992

- Kultainen kypärä ("casque d'or") remis au meilleur joueur du championnat finlandais 1991

- Trophée Calder remis à la meilleure recrue NHL 1993

- Membre de la première équipe-type NHL 1993, 1997

- Membre de la deuxième équipe-type NHL 1998, 1999

- Meilleur buteur NHL 1998 et 1999 (premier trophée Maurice Richard)

- Membre de l'équipe-type de la Coupe d'Europe 1995

- Meilleur joueur des Championnats du monde 1999

- Membre de l'équipe-type des Championnats du monde 1999

- Membre de l'équipe-type des Jeux olympiques 2006, 2014

- Meilleur attaquant des Jeux olympiques 2006

- Meilleur joueur des Jeux olympiques 2014

 

 

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