Allemagne 2015/16 : présentation

 

Il aura suffi que les acteurs concernés apprennent à se faire confiance et à travailler ensemble, et l'épineuse question de la promotion/relégation, en laquelle les amateurs de hockey n'osaient plus espérer, a été réglée en quelques réunions. Les montées et descentes rependront entre la DEL et la DEL2 à partir de 2018, à condition qu'au moins six équipes de l'étage inférieur remplissent des clauses minimales, en 2016 puis en 2017, pour "activer" l'ascenseur.

Ces clauses sont doubles : d'une part, un confort minimale à atteindre dans les patinoires, en nombre minimal de places assises, de loges, etc ; d'autre part, une garantie bancaire à hauteur de 900 000 euros, soit le droit d'entrée qu'ont historiquement payé tous les clubs de DEL. À l'unanimité moins une voix, les clubs de DEL2 ont rapidement accepté cette proposition. Cela traduit à la fois leur impatience de retrouver une perspective de développement et leur confiance à atteindre lesdits objectifs. Beaucoup de salles modernes ont ouvert en DEL2 (Bietigheim-Bissingen, Bremerhaven) et les infrastructures permettent aujourd'hui à ces clubs d'aborder avec envie cette réouverture de la logique sportive.

 

 

La DEL

 

Maintenant qu'ils sont enfin redevenus champions, les Adler de Mannheim n'abordent plus la saison suivante uniquement en tant que plus gros budget, mais aussi en tant que favoris incontestables et incontestés. Nantis de 7300 abonnés - nouveau record en DEL - l'équipe à abattre pourrait presque arborer avec insouciance la cible placée dans son dos par ses adversaires... si seulement l'entraîneur champion Geoff Ward n'avait pas préféré retourner en NHL en juin.

Mannheim a d'abord cherché un profil équivalent, bénéficiant du même "label NHL". Mais ceux qui veulent y faire carrière sur les bancs n'ont rien à gagner en s'éloignant dans "l'exotique" DEL. Quand le principal candidat Craig Berube s'est désisté, les Adler se sont rabattus sur Greg Ireland. Certes, lui aussi a été entraîneur-chef en AHL, mais jamais assistant-coach dans la ligue majeure, il n'a donc pas les trois initiales magiques sur son CV. Depuis sa brève expérience européenne (un sauvetage en fin de saison avec Lugano en 2011, le temps de 4 victoires en play-out), Ireland entraîne "seulement" en OHL, même si le junior majeur n'occupe pas une place accessoire dans le paysage nord-américain.

Si on parle autant de l'entraîneur, c'est que l'effectif ne suscite pas le moindre doute. Mannheim a l'équipe la plus stable parmi les favoris. Là encore, le départ de Matthias Plachta en NHL était imprévu, fin mai, à une époque où il n'y avait (alors...) plus de joueur allemand sur le marché. Une licence étrangère supplémentaire a été dépensée, et pas pour n'importe qui : Ryan McMurchy, deuxième marqueur de l'adversaire en finale Ingolstadt.

Il a donc fallu "sacrifier" un étranger en défense, en se séparant de Kurtis Foster et Bobby Raymond (malgré leurs progrès en fin de saison) pour la seule arrivée de Mathieu Carle (ex-KHL). Mais cela n'affaiblit guère les lignes arrières : cela signifie simplement que Christopher Fischer, qui a besoin de pratique pour retrouver son meilleur niveau depuis sa grave blessure en 2012/13, redevient septième défenseur et potentiel titulaire.

Nouveau coach ou pas, il reprend de toute façon un ensemble qui marche : il devra tout de même s'assurer que la motivation demeure... y compris chez les remplaçants frustrés. Un challenge encore plus ardu après la signature pour 5 ans d'un petit joker de rien du tout, Marcel Goc, qui a attendu début septembre sans obtenir de proposition assez convaincante en NHL. Cela fait 15 attaquants qui ont tous plus de 25 ans et ont passé l'âge d'attendre leur tour ! Comme Ireland a édicté comme principe qu'aucun joueur ne resterait deux semaines de suite en tribune, il faudra des trésors de diplomatie, car tout le monde risque de se retrouver à un moment parmi les trois réservistes.

 

Le coup du super-joker qui débarque alors que l'équipe était déjà complète, Hambourg l'avait déjà fait ! Le départ vers la Suisse du meilleur buteur de DEL Kevin Clark avait été rapidement compensé par les recrutements de Marcel Müller (Krefeld) et Michael Davies (Düsseldorf), qui restent chacun sur une saison à plus d'un point par match.

C'est en plein milieu de l'été qu'est arrivée la grande nouvelle : David Wolf est de retour ! Après une bonne saison en AHL ponctuée de 4 matches en NHL qui en annonçaient d'autres, il a pourtant décidé de ne pas poursuivre l'aventure avec Calgary, estimant que c'est à Hambourg qu'il se sent le mieux. Une affection partagée par les supporters : ce retour du fils prodigue a dopé la campagne d'abonnements et créé une véritable euphorie dans la ville hanséatique.

On voit mal ce qui pourrait troubler cette euphorie, à part Wolf lui-même. Avant son départ d'Allemagne, il avait beaucoup polarisé le débat autour de sa personne et de son jeu très dur. Il faudrait néanmoins que son fort caractère ne sème la zizanie que chez les autres et pas en interne.

Sur le papier en tout cas, les Freezers se sont encore renforcés. Le manque de mobilité en défense doit avoir été gommé par le recrutement de deux joueurs d'Iserlohn, Jonas Liwing (ex-Rouen) et Sean Sullivan. La première finale est-elle pour 2016 ? Cela passe forcément par le soin du repli défensif, qui fait trop souvent défaut.

 

Niklas Sundblad a désormais carte blanche. Entraîneur de Cologne depuis novembre, le Suédois peut mettre en place ab initio sa préparation physique très exigeante, et l'imposer à un effectif qu'il a choisi. Il a ainsi recruté une demi-douzaine de compatriotes.

Devant le grand gardien suédois aux grands réflexes Gustaf Wesslau, on ne retrouve que des têtes connues en DEL. Les recrues Fredrik Eriksson (Nuremberg) et Shawn Lalonde (ex-Berlin, mais arrivé de Färjestad en Suède) sont des défenseurs offensifs qui ont largement fait leurs preuves sur les glaces allemandes. Tous trois sous contrat jusqu'en 2019, le technique Alexander Sulzer, le physique Torsten Ankert et le nouveau capitaine Moritz Müller forment le socle d'un club qui a toujours récompensé la fidélité. Une vertu incarnée par l'inamovible Mirko Lüdemann, qui aura 42 ans en décembre et n'a jamais changé de club depuis qu'il a quitté l'âge junior. Pascal Zerressen se développe comme septième défenseur.

Le questionnement qui taraude les Kölner Haie concerne plutôt l'attaque, qui manque depuis deux ans d'un véritable scoreur. L'ex-vainqueur de la Coupe Stanley, Jason Williams, et le talentueux mais inconstant Dragan Umicevic - les deux profils offensifs tirant de la droite que cherchait le coach - peuvent-ils être les meneurs offensifs tant attendus ? Per Åslund et le centre international allemand Patrick Hager sont plutôt des joueurs complets, reconnus pour leur travail défensif. Complexité supplémentaire : malgré sa grand-mère allemande, la fusée sur patins Johannes Salomonsson n'a pas obtenu son passeport et débutera donc en tant que suédois. Avec 10 étrangers pour 9 places, Sundblad devra en envoyer un en tribune.

 

Comme les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions de Red Bull, Munich a procédé pour le troisième été consécutif à un grand chambardement. Tous les départs ne découlent cependant pas de la volonté du club : le meilleur marqueur Garret Roe a utilisé sa clause de sortie et le gardien Niklas Treutle veut tenter l'aventure NHL - via la case probable AHL - en signant pour les très germanophiles Arizona Coyotes.

Initialement, le gardien Danny aus den Birken, qui a préféré quitter Cologne plutôt que de se retrouver en concurrence avec Wesslau, devait se substituer à Florian Hardy et défendre sa place de numéro 1 face au plus jeune Treutle. Il se trouve encore plus conforté comme titulaire par ce départ, même si Lukas Lang (libéré par la chute de Landshut) a été embauché provisoirement.

La défense est le secteur le plus stable puisqu'il ne compte que deux recrues, mais celles-ci ont de beaux CV. L'ex-international finlandais de 37 ans Toni Söderholm était depuis 6 ans le capitaine du HIFK. Frédéric Saint-Denis est plus jeune - 29 ans - et a encore été aperçu la saison passée en NHL avec Columbus, il a un profil plus offensif. Avec 5 étrangers et 1 naturalisé (Daryl Boyle), ces lignes arrières ne comptent qu'un seul Allemand, Florian Kettemer, qui a pris 8 kilos à l'intersaison pour répondre au nouveau mot d'ordre donné à l'équipe : jouer plus physique.

Dans une attaque où il ne reste qu'un joueur étranger de l'an passé (le Danois Mads Christensen), cette exigence physique se traduit par l'arrivée de quatre Nord-Américains passés par la NHL et gros pointeurs en AHL. Le plus fameux est Keith Aucoin, qui totalise 940 points en 900 parties de Ligue Américaine mais marquait à un rythme moins élevé l'an passé en Suisse. Les supporters munichois restent prudents, car ils se souviennent de 2013/14 et savent donc que les bilans AHL ne garantissent en rien le succès en DEL. En plus, dans le cas du rugueux Steve Pinizzotto, doté d'un passeport allemand et qui a joué 18 matches avec Edmonton en NHL la saison dernière, il faudra aussi qu'il s'adapte à l'arbitrage.

 

Après deux années ratées, les Eisbären de Berlin, ancienne équipe dynastique, ne font plus peur. Ils n'ont pas eu les moyens et/ou la volonté de rompre les contrats en cours, et l'effectif n'a connu que des changements ponctuels. Le directeur sportif Stefan Ustorf maintient qu'il n'y avait pas besoin de plus, mais l'entraîneur depuis l'automne, Uwe Krupp, n'était pas tout à fait du même avis.

Ce qui ne fait aucun doute, c'est que la défense sera plus solide. Les deux défenseurs canadiens Jimmy Sharrow (parti à Wolfsburg) et Casey Borer (retourné à Nuremberg), n'avaient pas beaucoup de partisans, et leurs remplaçants semblent d'un tout autre calibre. Deux fois champion à la grande époque, Micki DuPont n'a laissé que de bons souvenirs à Berlin, même si à 35 ans il a évidemment un peu vieilli et vient de perdre son poste d'étranger de LNA suisse à Kloten. Il enrichira en tout cas le powerplay, de même que Bruno Gervais (30 ans), qui a passé sept saisons comme titulaire en NHL, était dernièrement capitaine en AHL, et a vite fait admirer son slap surpuissant.

L'attaque pose toutefois question : Spencer Machacek, seule recrue de pointe, arrivera-t-il à communiquer sa combativité permanente à des coéquipiers qui se sont relâchés, et notamment au duo Olver-Tallackson qui devra se réveiller pour sa dernière année de contrat ? L'autre recrue est une curiosité : Shuhei Kuji est le premier Asiatique en DEL. Malgré son déclin, Berlin est toujours le seul club à se permettre de dépenser une licence d'étranger, presque superflue, pour un joueur de quatrième ligne. Malgré un net handicap physique, l'international japonais au patinage enthousiaste a convaincu le staff lors de son essai pendant la pré-saison, à la grande surprise des clubs concurrents.

 

Deux finales de suite ont placé Ingolstadt parmi les clubs qui comptent dans le hockey sur glace allemand. Mais une menace se profile puisque les footballeurs locaux viennent de monter en Bundesliga pour la première fois de leur histoire. Deux clubs à soutenir au plus haut niveau, n'est-ce pas trop pour une ville moyenne de 125 000 habitants ? Et dans ces cas-là, c'est le foot qui prend toute la place : il suffit de voir Wolfsburg, ville de population identique où le hockey n'est jamais resté qu'un sport de niche...

L'équipe Ingolstadt n'a donc d'autre choix que de continuer à être performante pour capter l'attention. Le changement d'entraîneur ne doit pas y faire obstacle, car l'ex-adjoint Manny Viveiros a promis de très peu modifier les systèmes de Larry Huras.

La défense s'appuie sur des joueurs allemands qui ont démontré leur fiabilité, renforcés par deux Nord-Américains. Le plus alléchant devait être Brian Salcido, meilleur pointeur chez les défenseurs de Liiga finlandaise, mais il sera longtemps absent en raison d'une blessure au tendon d'Achille. Les jeunes Stephan Kronthaler et Fabio Wagner devraient du coup avoir le temps de jeu pour se développer, qu'ils ont vainement guetté la saison dernière.

La puissance offensive de McMurchy doit être remplacée par l'Austro-Canadien Brian Lebler, buteur redouté sur les glaces autrichiennes. Mais l'équipe a surtout perdu cet été ses joueurs-clés en infériorité numérique, les Hager, Gawlik et Boucher. Il ne sera pas si simple de remplacer ces travailleurs, même si on a fait appel pour cela à la fibre fraternelle : Thomas Pielmeier rejoint son frérot Timo le gardien, et le centre expérimenté Alexander Barta est réuni à son aîné Björn.

 

Pour intégrer Nuremberg cet été, il y avait une condition impérative : avoir joué en NHL, et si possible longtemps. Sans la moindre déclaration préalable, et donc sans faire de bruit, le propriétaire Thomas Sabo, a très certainement sorti son carnet de chèques, car le recrutement est assez impressionnant.

Il fallait bien l'imposante silhouette de Kurtis Foster (195 cm, 106 kilos) pour faire oublier Fredrik Eriksson, et sa puissance de tir sera surtout attendue en supériorité numérique. Venu de Mannheim et âgé de 33 ans, Foster a 400 parties de NHL au compteur, ce qui est aussi le cas de deux centres évoluant dernièrement en AHL : David Steckel (33 ans) et Colin Fraser (30 ans et double vainqueur de la Coupe Stanley). Des joueurs travailleurs dans les deux sens de la glace, qui peuvent parfaitement animer la deuxième et la troisième ligne, aux côtés de l'ailier Brandon Segal, un ailier physique qui compte "seulement" une centaine de rencontres de NHL et évoluait dernièrement à Zagreb en KHL.

Rappelons en effet que Nuremberg cherchait "juste" à densifier ses lignes offensives derrière l'excellent trio Yasin Ehliz - Steven Reinprecht - Patrick Reimer, parfaitement fonctionnel mais un peu trop isolé. Il n'était pas question de toucher à ce trio complémentaire... mais le sort s'en est chargé puisque Reinprecht manquera les premières semaines de compétition après une opération de la main. À la blessure de leur meneur de jeu, les Ice Tigers ont réagi vite, sans doute trop vite. Son remplaçant Matt Murley "coûte" en effet la dixième licence d'étranger. Outre que tous ne pourront pas jouer quand Reinprecht reviendra, l'autre problème est qu'il ne reste plus qu'une licence en réserve en cas de pépin. Or, il y a eu un très gros pépin : le gardien Jochen Reimer, que l'on sait fréquemment blessé, doit être opéré de la hanche et en a pour six mois de convalescence. Andreas Jenike a l'habitude de le substituer, mais peut-il assurer une saison entière dans les cages ? En tout cas, il tiendra jusqu'en novembre, car le club ne veut pas dépenser sa dernière licence d'ici là...

Pas d'autre recrue, donc ? Oh que si ! Mais un "Allemand"... du moins un joueur né en Allemagne de mère allemande. Dany Heatley, l'ancienne star de NHL, l'homme aux 39 buts en compétitions internationales pour le Team Canada. Fin août, une image publicitaire pour internet du jeu vidéo NHL 2016 d'EA Sports était parue montrant un maillot des Ice Tigers floqué de Heatley. À l'époque, même si des supporters de Nuremberg avaient relayé la photo sur les réseaux sociaux, personne n'avait pris ça au sérieux. Le choix du maillot était pourtant une requête du joueur qui pouvait choisir n'importe quelle équipe... Trois semaines avant l'officialisation du transfert-surprise, il était déjà en contact avec le club allemand, via Reinprecht qui l'avait côtoyé à sa dernière année d'université et était devenu champion du monde avec lui en 2003.

Alors que Nuremberg venait d'être doublé par Mannheim au "classement" de l'expérience NHL après l'arrivée de Goc, les Ice Tigers sont donc repassés devant avec près de 3200 matchs de NHL cumulés dans l'effectif. Mais ce qui compte, bien sûr, c'est la performance des joueurs dans la saison à venir. Ayant connu un déclin étonnamment rapide après la trentaine, Heatley n'a mis que 8 buts l'an passé en AHL et n'est plus que l'ombre de la jeune superstar d'autrefois. C'est sa dernière chance de prouver qu'il n'est pas fini.

 

Le club à la plus faible affluence de DEL (2500 spectateurs à peine), Wolfsburg, a embauché pour la première fois un responsable du marketing à plein temps, Marcel Porsche, venu du EHC Red Bull Munich. Celui-ci s'est vite interrogé sur l'identité particulière du club : ce "Grizzly Adams", un héros de série télévisée américaine de la fin des années 70, avait donné son nom à ce qui était à l'origine un fan-club, mais qui avait ensuite refondé un club de hockey à Wolfsburg quand le précédent avait fait faillite.

Les supporters sont attachés à cette histoire unique, mais le diplômé en commerce a jugé cette image invendable et a persuadé les dirigeants de rebaptiser l'équipe d'un plus passe-partout "Grizzlys Wolfsburg". Cela aurait peut-être pu susciter l'enthousiasme... si le nouveau logo - à gauche - n'était pas aussi raté par rapport à l'ancien ! Le changement d'image a donc été accueilli froidement par les supporters. Et au moment où le championnat commençait, surprise : Marcel Porsche démissionnait pour raisons personnelles ! Le club a néanmoins affirmé sa volonté de le remplacer.

Il faudra rentabiliser cette nouvelle fonction, car jusqu'ici, Wolfsburg se distinguait en mettant tout son argent dans les salaires de ses hockeyeurs, parvenant ainsi à rivaliser avec les grosses écuries. Pour l'instant, l'équipe n'a pas perdu au change. La défense a gagné en expérience, avec l'arrivée de Jimmy Sharrow, qui vient de passer 5 ans à Berlin et y a remporté 3 championnats, et le retour d'André Reiß qui a connu le club en deuxième division.

L'attaque s'est certes séparé de ses meneurs habituels Milley et Dzieduszycki, mais le nouvel ailier suédois Daniel Widing claironne partout qu'il atteindra les 20 buts. Wolfsburg a continué de densifier son banc avec l'espoir de 20 ans Fabio Pfohl et avec Lubor Dibelka : le manager "Charly" Fliegauf espère que le Tchèque, gros marqueur des divisions inférieurs, aura moins de pression pour cette seconde chance en DEL car il a un passeport allemand tout chaud. Il ne serait pas là en tant qu'étranger, car Wolfsburg en a déjà 10 pour 9 places.

 

Après deux années passées à la dernière place au bord du gouffre financier, Düsseldorf est revenu dans le haut du tableau comme si de rien n'était. Le club inspire à nouveau confiance, il décroche de nouveaux sponsors, et renoue avec l'ambition. Le temps des bancs réduits à peau de chagrin est de l'histoire ancienne, puisque le club compte 17 attaquants sous contrat. Pas forcément un luxe puisque l'attaquant défensif Christoph Gawlik, une des recrues importantes de l'intersaison, s'est rompu les ligaments croisés dès le premier match amical !

Le temps des jeunes est lui aussi révolu, même si nombre d'espoirs continuent de se développer. Le recrutement s'est en effet orienté vers des vieux loups. Le technique Norm Milley (370 points en 402 matches de DEL) a 35 ans et n'a pas été reconduit à Wolfsburg. Chris Minard a bientôt 34 ans et a aussi manifesté des signes de déclin, même s'il reste une grande force dans le slot. Difficile de jauger Eduard Lewandowski (35 ans), de retour dans le pays dont il a représenté l'équipe nationale après sept années dans son pays natal, la Russie : il aura connu la période financièrement la plus faste de la KHL, et l'a logiquement quittée après la crise économique russe. Avec Minard et Lewandowski, la DEG continue en tout cas de recruter des anciens joueurs du grand rival Cologne !

La cage constitue un point d'interrogation après le retour en Amérique du "gardien de l'année" Tyler Beskorowany. Après un an de convalescence à cause de sa hanche, Bobby Goepfert peut-il retrouver son niveau antérieur dans une équipe qui a changé de calibre et donc d'exigences ? Le gardien formé au club Matthias Niederberger a été rappelé de son prêt à Berlin pour lui prêter main forte, car il a besoin à 22 ans de jouer plus souvent.

 

On peut se demander jusqu'à quand Iserlohn pourra continuer avec son équipe de doubles passeports. Non pas que la volonté manque : le club aurait tort de se gêner après sa saison réussie, même si l'afflux de naturalisations est devenu le grand débat de l'été en DEL (certains demandent au moins que seuls les joueurs sélectionnables en équipe nationale, donc ayant passé deux ans dans le pays, puissent jouer en tant qu'allemands). Simplement, les néo-Allemands ainsi découverts prennent de la valeur et sont captés par les grands clubs.

Brent Raedeke, l'ailier d'origine canadienne qui a justement intégré l'équipe l'Allemagne, a ainsi été recruté par Mannheim. Néanmoins, Iserlohn a encore déniché un "passeport allemand" qui servait de joueur physique en AHL et de marqueur en ECHL, Bradley Ross. Cette quête est sans fin, même pour le second gardien. Daniar Dschunussow a connu une saison difficile ; parti à Cologne, il sera remplacé par Chet Pickard, qui évoluait au Danemark. Cet ancien international junior du Canada - et premier tour de draft NHL ! - servira de numéro 1b dans les cages derrière l'international autrichien Mathias Lange et dispose lui aussi d'un passeport allemand.

Après la retraite de l'icône Collin Danielsmeier, le bilan s'est donc encore dégradé : des joueurs nés et formés en Allemagne, Iserlohn n'en compte que deux (!), le défenseur local Dieter Orendorz et l'attaquant Marko Friedrich. Allez, trois en comptant large, mais Marcel Kahle, formé au club, n'est que treizième attaquant et pas titulaire.

Maintenant que tout le monde imite Iserlohn avec les naturalisés, les Roosters auront des arguments pour dévier les critiques. Et sportivement, ils ont toujours de bons arguments. Si les défenseurs "officiellement" étrangers ont tous trois changé, ils connaissent tous la DEL et présentent une faible part de risque : Michel Périard entame sa onzième saison en Allemagne, le physique Jean-Philippe Côté y a joué avant de retourner en AHL (incluant 19 parties de NHL à Tampa Bay en 2013/14) et Bobby Raymond rentre à la maison à Iserlohn après un an à Mannheim.

En attaque, deux lignes fonctionnaient déjà très bien la saison passée (Wruck-York-Petersen et Connolly-Bassen-Blank). Il s'agit simplement d'intégrer la vitesse de Louie Caporusso (Augsbourg) et l'expérience de Jason Jaspers (Nuremberg), deux joueurs qui ont inscrit 38 points la saison passée. Autant dire qu'Iserlohn escompte tout naturellement une troisième participation de suite aux play-offs.

 

Malgré sa présence fréquente dans le haut du tableau, Krefeld reste un petit club, dont les actionnaires ont bouché le déficit cet été. L'enveloppe allouée au recrutement était donc clairement limitée. En défense, Josh Meyers n'a même pas été remplacé. Le club part du principe que les jeunes Steve Hanusch, Thomas Supis et Oliver Mebus continueront de se développer et sont des titulaires fiables dans les tâches défensives. Et en cas de besoin, on pourra faire appel à Mike Schmitz, un joueur de 20 ans formé au club qui a démontré de belles capacités offensives.

En attaque, le joker Marcel Müller, qui a tout renversé sur son passage en quelques mois, était irremplaçable, et Krefeld n'avait pas de quoi rivaliser avec le salaire proposé par Hambourg. Le trio canadien Long-Perrault-Beechey n'est en revanche pas regretté. Les choix effectués pour les remplacer traduisent le recrutement malin d'un club obligé de se tourner vers des championnats moins cotés. La pêche en DEL2 avait pas mal fonctionné l'an passé, il était logique d'en appeler le meilleur attaquant Mike Collins. Henrik Eriksson était quant à lui le meilleur buteur au Danemark. Enfin, Jeffrey Szwez, au chômage, est arrivé comme joker en septembre.

S'il a fallu si vite prendre un joker, c'est que la participation à la Ligue des Champions, où Krefeld a sans doute présumé de ses forces en achetant sa place comme club fondateur, a été chèrement payée. Seul club allemand éliminé cette fois, il a perdu en plus quelques joueurs sur blessure pendant la compétition, dont le gardien tchèque Tomas Duba, blessé à la hanche. Voilà qui résout indirectement le sort de la doublure Patrick Klein, contraint à ronger son frein comme tous ses prédécesseurs : le conseiller sportif Rüdiger Noack avait déclaré que l'ex-international junior devrait effectuer de 10 à 15 parties, mais on n'était pas sûr que l'entraîneur canadien Rick Adduono, toujours réticent aux rotations, eût compris le message. Avec l'absence forcée de Duba, Klein sera tout seul pendant le premier mois de championnat et aura l'occasion de montrer son talent.

 

En grande difficulté à l'automne dernier, Straubing a vite retrouvé confiance dans son avenir en DEL après l'embauche de l'entraîneur Larry Mitchell. Le Canadien répond en effet tout seul à la problématique du recrutement. Et il n'a même pas eu beaucoup à activer ses réseaux, puisque quatre joueurs d'Augsbourg ont fini par le suivre. Six au total, même, si on ajoute le rapide Connor James et l'émotif Sean O'Connor, qui sont venus à cause de Mitchell, parce qu'ils avaient passé leurs meilleures saisons sous ses ordres. Il y a donc peu de risque, par rapport aux recrutements usuels de Mitchell, puisque la plupart des joueurs connaissent déjà le championnat.

La première ligne offensive bénéficie ainsi de Ryan Bayda et Chris Connolly, les deux joueurs dont les blessures précoces ont sans doute ruiné la dernière saison d'Augsbourg. Ils sont en pleine forme, et à leurs côtés, on retrouve le "cadeau" de Mannheim, le grand espoir Mirko Höfflin, qui aurait encore très peu joué chez le champion et qui a donc été prêté pour se développer. Même s'il n'est pas aligné en supériorité numérique (parce qu'il y a embouteillage de joueurs tirant de la gauche), Höfflin bénéficie d'une place idéale à 5 contre 5 et à 4 contre 5 pour progresser.

Les rôles sont clairement répartis en défense : sur chaque paire, il y a un Nord-Américain impliqué dans l'impulsion offensive, et un Allemand qui doit protéger avant tout son camp. Or, ces "protecteurs" (Sebastian Osterloh, Florian Ondruschka et Alexander Dotzler), s'ils sont tous volontaires dans les duels et habitués à ce rôle, ont des gabarits normaux pour des défenseurs mais pas titanesques non plus. À vrai dire, le nouveau gardien canadien Matt Climie, qui mesure 1m91, est plus grand que tous ses arrières et occupe une bonne place dans la cage. L'efficacité du portier est essentiel à la réussite de Straubing, et son prédécesseur Bacashihua ne l'avait plus.

 

Comme quand Mitchell était arrivé à l'origine, Augsbourg a engagé un entraîneur qui a fait ses preuves en division inférieure, Mike Stewart. Comme son prédécesseur, il a eu son mot à dire sur l'équipe, même si la décision financière revient au président. Avec une réputation de coach autoritaire, Stewart veut des joueurs adeptes du hockey physique et agressif qu'il prône.

Avec un petit budget, le recrutement est obligé de tenir compte d'un risque calculé, en embauchant des joueurs moins recherchés pour différentes raisons. La principale recrue défensive Evan Oberg est connue comme un bon relanceur mais représente un risque parce qu'il était blessé à la jambe depuis février. Les deux centres majeurs Jonathan Matsumoto et Drew LeBlanc doivent rattraper une dernière saison ratée : le premier a déçu à Schwenningen où il devait être le joueur majeur, et le second a perdu sa place de titulaire en AHL alors que deux ans plus tôt il avait été élu joueur universitaire de l'année et appelé dans l'équipe des États-Unis.

L'enjeu majeur est le poste de gardien, pas au niveau attendu depuis deux ans. Le vétéran de NHL Chris Mason, qui vient de prendre sa retraite, n'a pas été le renfort espéré l'an passé. Son successeur Jeff Deslauriers a connu la NHL, avec une mémorable saison comme titulaire inattendu à Edmonton (2009/10) après la blessure de Khabibulin. Il a maintenu des stats correctes (90,1%) chez une équipe connaissant une saison noire en fin de contrat, mais e n'était pas assez pour faire carrière dans la ligue. Depuis, il a bourlingué, et lassé des camps d'entraînement sans perspective, il a essayé vainement de s'imposer en KHL. Là encore, un parcours récent qui n'attire pas forcément les recruteurs. Gardien de grand gabarit qui bouche bien les angles, Deslauriers est néanmoins encore jeune, à 31 ans.

 

Après une saison complètement ratée, Schwenningen a fait table rase. Hormis quelques jeunes apparus de temps en temps, il ne reste en tout et pour tout que l'équivalent d'une ligne : le gardien Dmitri Pätzold, les défenseurs Sascha Goc et Rob Brown, les attaquants Ashton Rome, Philipp Schlager et Simon Danner.

Le choix de l'entraîneur a clairement donné le ton de la nouvelle politique sportive : Helmut de Raaf a en effet longtemps entraîné les juniors de Mannheim, où il s'est occupé des meilleurs talents du pays, avant d'être adjoint à Munich. Le credo est clair, place aux jeunes à qui le club de la Forêt-Noire est en mesure de proposer des conditions idéales de développement avec du temps de jeu, ce qui est de plus en plus rare en DEL. L'ex-espoir de déjà 25 ans Toni Ritter n'allait pas passer sa vie sur la quatrième ligne de Munich, De Raaf s'était déjà occupé de lui à Mannheim, tout comme l'ailier de 21 ans Marcel Kurth et le défenseur de 20 ans Tim Bender ; à 23 ans, Daniel Schmölz a dépassé le point par match en DEL2 l'an dernier avec Kassel et est également mûr.

De Raaf s'est entouré de deux adjoints finlandais, et ce sont clairement les réseaux nordiques qui ont été activés pour trouver les renforts étrangers. Même l'international français Damien Fleury et l'ex-international américain Yan Stastny étaient dernièrement en Suède. Le nouveau meneur offensif devait être Jukka Voutilainen, qui a étonné en expliquant avoir fait le voyage en voiture avec sa compagne depuis la Finlande jusqu'au sud de l'Allemagne, en s'accordant des escales touristiques. Malheureusement, Voutilainen est reparti pour raisons personnelles juste avant le début du championnat, et la date de son retour est encore inconnue.

Le résultat du recrutement est en tout cas une équipe "multiculturelle" aux 8 nationalités (en comptant le défenseur international italien Alex Trivellato qui vient d'obtenir son passeport allemand), pas vraiment la norme en DEL où les Nord-Américains se recrutent souvent entre eux. Les Canadiens sont absents de l'encadrement, et rares sur la glace : outre Rome, seuls deux d'entre eux arrivent d'AHL, le défenseur de 194 cm et 105 kilos Matt Pelech pour faire le ménage derrière, et le vétéran Joey MacDonald dans les cages aux côtés de Pätzold : De Raaf veut en effet deux gardiens en concurrence pour que le meilleur joue à chaque match.

 

 

La DEL 2

 

Le tenant du titre Bietigheim-Bissingen reste favori de la DEL2 avec une équipe presque inchangée. Le finaliste Bremerhaven a encore accru son talent individuel, mais tente un pari dans l'inconnu en faisant venir du Canada un entraîneur débutant en pro, l'ex-international allemand Benoît Doucet. Francfort a annoncé sa volonté de jouer le titre et ni les blessures en préparation ni les défaites "qui remettent à sa place" face aux équipes de DEL (surtout le 0-7 contre le rival de toujours Mannheim) ne viennent altérer ce moral conquérant.

Les principaux concurrents de ce trio sont à chercher du côté de Rosenheim, qui a recruté le jeune défenseur Peter Lindlbauer (en mal de temps de jeu en DEL) et peut ainsi aligner ses quatre étrangers en attaque, et de Dresde, qui a réuni un duo offensif qui avait fait fureur voici deux saisons chez le voisin Crimmitschau : Harrison Reed et Max Campbell.

La terrible blessure du buteur Austin Smith, qui a eu le biceps déchiré par un patin lors d'un match de pré-saison en Italie, mine l'autre outsider Ravensburg, alors que Kassel doit croiser les doigts pour que Markus Keller (ex-Augsbourg), venu chercher une place de gardien titulaire, puisse faire oublier le joker et chouchou Mika Järvinen, joueur de l'année la saison dernière.

Cela fait déjà sept clubs cités, pour six places directes en quart de finale et quatre strapontins... Malgré sa défense très jeune, Bad Nauheim ne s'imagine pas manquer une troisième fois de suite les play-offs. Riessersee a pour sa part des arguments pour y rester même si l'équipe a été reconstruite.

La qualification risque d'être tangente pour les équipes de l'Est. Crimmitschau, qui dépend toujours énormément de ses renforts étrangers, a tout de même réussi un gros coup en embauchant un naturalisé, l'ex-international allemand John Tripp et son immense présence devant la cage. Weißwasser a été contraint à une cure d'économies et adopte un profil modeste et dubitatif face à la course aux armements de la division.

Après une saison de galère, Kaufbeuren se verrait bien remonter au classement, à condition que le gardien Stefan Vajs ne se blesse plus. L'ancien meilleur espoir du championnat Jannik Woidtke est revenu, n'ayant pu faire décoller sa carrière à Düsseldorf.

Le promu Fribourg-en-Brisgau s'attend à un challenge difficile : il arrive là avec une équipe jeune et inexpérimentée, mais à l'avantage de la cohésion car ces joueurs ont presque tous été formés au club et ont progressé ensemble. Repêché tardivement par l'exclusion de Landshut (voir ci-dessous), l'ex-relégué Heilbronn a dû quant à lui se préparer en urgence. Il a même perdu au passage son partenariat d'usage avec le voisin Mannheim : comme les clubs de DEL sont obligés de signer un accord avec un - et un seul - club de DEL2, les Adler s'étaient déjà entendus, par défaut, avec Kassel. Au jeu des chaises musicales, il ne restait plus de disponible que Cologne (ex-partenaire de Kassel...) pour Heilbronn. Pour s'en sortir avec la longue blessure de Louis Heinis, un pur défenseur physique, les Falken ont recruté comme ultime renfort le plus offensif Aziz Baazi après un essai concluant : un poste d'étranger est une belle mais lourde responsabilité pour le jeune Français. La défense est en tout cas la priorité affiché par le coach "Mannix" Wolf.

 

 

 

Oberliga

 

Il y a quatre ans (voir bilan 2011/12), Rainer Beck avait énormément fait parler de lui en prenant le contrôle de Landshut : l'agent immobilier allait tout révolutionner, montrer comment on dirige un club, exiger de changer les structures, etc. Il aura fallu moins de quatre ans pour conclure que c'était du vent ; il a donc rejoint la liste des je-sais-tout-et-je-vais-vous-apprendre-la-vie qu'un sport minoritaire comme le hockey sur glace est condamné à voir débarquer de temps en temps. En fait, la société sportive qu'il voulait conduire au plus haut niveau ne payait plus ses factures, et s'est fait recaler au contrôle de gestion : les recettes ont certes augmenté au fil des ans, mais les dépenses ont explosé ! Toujours propriétaire, Beck avait entre-temps délégué la gestion à Christian Donbeck et a donc rejeté la faute sur ce dernier. Les supporters, eux, ont tiré les conclusions, et l'ont fait savoir : ils n'ont plus confiance ni en l'un ni en l'autre. Beck a été invité à rendre le club en comblant les dettes pour laisser au moins une situation propre, Donbeck a été "poussé" vers la sortie. L'ancien gardien-culte Bernie Engelbrecht est arrivé comme directeur sportif juste avant le début de saison, et il a dénoncé des contrats bien trop élevés, surtout pour l'Oberliga.

On a craint le pire pour un des meilleurs clubs formateurs d'Allemagne (d'où vient notamment le nouveau responsable de l'équipe nationale Marco Sturm), mais en annonçant son rattrapage en Oberliga avant même que la situation ne soit totalement éclaircie, la fédération a fait preuve d'une certaine mansuétude. Faut-il remonter tout de suite avec une équipe qui en a les moyens, ou attendre un peu ? Quoi qu'il en soit, ce n'est pas Landshut qui est dans la situation la plus triste. Bien pire est le sort de Füssen, où Jürg Tiedge, président depuis un quart de siècle, cherchait en vain un successeur depuis des années. Le déficit qu'il a laissé a renvoyé le club au plus bas niveau, et pour ce club 16 fois champion d'Allemagne, plus personne n'a semblé se mobiliser... L'Oberliga Sud ne compte donc que 11 clubs.

L'Oberliga Nord, elle, est pléthorique avec 18 clubs (dont l'invité néerlandais Tilburg) : les anciennes zones Nord et Est étaient en effet en telle difficulté que la fédération a avancé d'un an la fusion prévue pour n'avoir que deux zones. Ce fut difficile car la fédération régionale de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (dont le président est Wolfgang Sorge), voulait toujours organiser l'Oberliga West et s'opposait au départ de "ses" clubs. Trois courageux, Duisburg, Essen et Herne ont souhaité quand même rejoindre la troisième division nationale, malgré la menace d'exclusion de toutes leurs équipes de jeunes en dehors des championnats régionaux ! Face au "diktat" de Sorge, les clubs concernés veulent maintenant riposter et fonder une fédération régionale concurrente ! L'explication de ce capharnaüm : en poste depuis des décennies et indéboulonnable, le très controversé Sorge représente "l'ancien pouvoir" qui a tout fait pour s'opposer à l'élection de Franz Reindl et résiste encore aux changements nécessaires à la fédération nationale... Il voulait même continuer d'appeler son propre championnat "Oberliga West" (en dessous de la vraie Oberliga...). Elle sera finalement nommée "1. Liga West", ce qui n'est pas plus clair.

Les 18 clubs au Nord sont de niveau très disparate, puisque, en raison d'un bras de fer politique, il y a moins de clubs de la zone la plus forte (l'ouest) et tous les clubs des zones moins fortes (nord et est). Duisburg ne cache donc pas ses ambitions de montée. La présence imprévue de Landshut pourrait néanmoins constituer un obstacle de taille pour celui qui se voyait jusque là favori...

 

Marc Branchu

 

 

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