Bilan de la saison NHL 2010/11

 

La page de la saison NHL 2010/11

 

Boston Bruins (1er)

La ville de Boston a connu ces dix dernières années un champion dans chaque sport majeur nord-américain (basket, baseball et football américain) sauf pour le hockey. En fait, Boston, qui fait partie des 6 équipes originales de la ligue, n'avait pas remporté la coupe Stanley depuis 1972.

L'un des grands artisans de la victoire de Boston a été sans conteste Tim Thomas. Après une saison 2009/10 passée en concurrence avec Tuukka Rask et où il a failli être transféré, Thomas est revenu en force en signant le record de la ligue de pourcentage d'arrêts avec 93,8% puis il a été élu MVP des playoffs avant d'être élu, sans surprise, meilleur gardien de la ligue cette saison. La performance de l'Américain de 37 ans a permis à l'équipe des Bruins de terminer comme deuxième meilleure défense de la ligue malgré 32 tirs cadrés reçus en moyenne par match, l'équipe étant avant-dernière de la ligue dans ce domaine. Si Thomas n'a pas semblé gêné par la porosité de sa défense, cela n'a pas été le cas de Tuukka Rask, moins en réussite. Comme Thomas ne devrait pas marcher sur l'eau éternellement, Rask reste quand même sans doute le gardien de l'avenir.

La défense a été menée par le capitaine Zdeno Chara, l'autre membre indispensable de cette équipe. Si la saison du géant slovaque a comme bémol la charge sur Max Pacioretty face à Montréal en saison régulière, le reste fut impressionnant. Chara termine premier de la ligue avec un différentiel de +33 bien qu'il ait affronté les meilleures lignes adverses et qu'il ait été le défenseur de son équipe le plus aligné lors des mises au jeu en zone défensive. En finale, Chara n'est pas étranger à la disparition quasi-totale des frères Sedin. Lorsque le Slovaque était absent, comme lors du deuxième match de playoffs face à Montréal, les Bruins ont souffert. Dennis Seidenberg a semblé très à l'aise aux côtés de Chara mais nettement plus en difficulté avec un autre partenaire. Le défenseur allemand s'est toutefois illustré comme l'un des défenseurs les plus solides lors des phases d'infériorité numérique.

La deuxième paire était composée du tandem Andrew Ference - Johnny Boychuk. Si le duo n'a pas toujours brillé par sa solidité, le vétéran Ference a apporté du leadership à l'équipe et marqué un but décisif lors du match 3 de la série face à Montréal. Quant au jeune Boychuk, il a été moins à l'aise que lors de sa saison rookie mais sa présence physique était toutefois bienvenue. Arrivé à la deadline pour un investissement considérable (un prospect prometteur, Joe Colborne, et un choix de premier tour de draft) en provenance de Toronto, Tomas Kaberle devait apporter de l'offensive depuis la ligne bleue. Le Tchèque a rapidement pâti du powerplay incroyablement mauvais des Bruins, qu'il était censé améliorer, et sa cote est descendue en flèche auprès des fans.

En attaque, il est de bon ton de remarquer que les Bruins ont remporté le titre sans joueur offensif majeur, puisque Milan Lucic et David Krejci ont obtenu seulement 62 points. Cela peut s'expliquer par la stratégie défensive du coach Claude Julien mais également par l'homogénéité de l'attaque. Aucun joueur de Boston ne figure parmi les trente meilleurs marqueurs de saison régulière mais l'attaque des Bruins a terminé cinquième de la ligue. Après une saison 2009/10 décevante, Milan Lucic s'était fixé pour objectif d'atteindre la barre des 20 buts. Le power forward de Boston a largement dépassé cet objectif avec 30 réalisations tout en maintenant son jeu physique (167 mises en échec). Lucic a ralenti au niveau offensif lors des playoffs (5 buts pour 12 points en 25 matchs) mais il a poursuivi son travail physique.

Sur l'aile droite, Nathan Horton était arrivé en provenance de Floride à l'intersaison avec la réputation d'être un joueur douteux sur le plan de la détermination et de l'éthique de travail. Le changement d'équipe a été profitable pour Horton, qui a semblé atteindre le potentiel entrevu ponctuellement lors de ses saisons avec les Panthers. Il s'est fait remarquer par son implication dans des bagarres et son bon différentiel (+30, troisième de l'équipe), mais c'est surtout lors des playoffs qu'il s'est distingue avec ses buts décisifs au septième match face à Montréal (ce qui a sans doute sauvé la tête de Claude Julien) puis face à Tampa. Mais Horton a été fauché par Aaron Rome dès l'entame du troisième match face à Vancouver et il est resté plusieurs minutes allongé sur la glace. Il n'a pas fini la saison, mais sa commotion cérébrale a remobilisé son équipe et les fans pour la fin des playoffs.

Marc Savard devait occuper le poste de centre numéro un mais la série de commotions qu'il a subi ces deux dernières années ont coupé court à sa saison. Il ne jouera pas en 2011/12, mettant peut-être un terme à sa carrière professionnelle. C'est David Krejci qui était chargé le remplacer aux côtés de Lucic et Horton. Auteur d'une saison régulière passable et d'un premier tour discret face à Montréal (1 point), le Tchèque a ensuite révélé son véritable potentiel lors de la fin des playoffs. Dès le deuxième tour face à Philadelphie, il marque trois buts victorieux qui permettent aux Bruins d'écarter rapidement les Flyers. Il marque alors 22 points en 18 matchs, pour terminer sans faire de bruit meilleur marqueur des playoffs. Krejci signe 12 buts lors de la conquête de la coupe Stanley, soit seulement un de moins que lors de la saison régulière, preuve qu'il sous-estime l'efficacité de son tir.

La deuxième ligne était menée par Patrice Bergeron, dont la stature de centre défensif de premier plan s'affirme avec les années. La production offensive du Québécois de 26 ans a diminué au fil du temps mais il est l'un des joueurs de la ligue les plus dominants au niveau des mises au jeu et du travail défensif, devenant une figure de proue du système de Claude Julien. Bergeron peut aussi se montrer décisif offensivement, comme lors des playoffs où il a inscrit 20 points, signant notamment un doublé lors de l'ultime match face à Vancouver. Sur sa gauche, Brad Marchand a lui aussi signé un doublé lors de ce match. Si Bergeron incarne l'éthique de travail défensive de l'équipe, le remuant Marchand est lui le symbole de la capacité des "Big Bad Bruins" de jouer dans le domaine physique. À 22 ans et pour sa première saison complète avec Boston, il signe 19 points lors des playoffs. Sur leur droite, Mark Recchi a terminé sa carrière de futur "hall of famer" de la meilleure des manières : une troisième coupe Stanley. S'il n'a porté les couleurs des Bruins que deux ans et demi, Recchi a toutefois laissé sa marque sur l'équipe. Sur les 14 buts qu'il a marqué en saison régulière, 6 étaient des buts victorieux, preuves de la capacité du vétéran de 42 ans à être encore décisif. Il finit même meilleur marqueur de la série finale avec 7 points. Sa capacité de leadership a notamment guidé Marchand et fait oublier qu'il a autrefois porté les couleurs de l'ennemi juré, Montréal.

 

Vancouver Canucks (2e)

Après plusieurs décennies de hauts et de bas, Vancouver semblait cette année être prêt à endosser le rôle du favori. Les Canucks ont ainsi effectué une saison régulière parfaite avec le meilleur total de points, la meilleure attaque et la meilleure défense de la ligue. De plus, les transferts effectués par Mike Gillis tout au long de la saison semblaient combler les besoins de son équipe en vue de la coupe Stanley. Ainsi, la signature de Dan Hamhuis en juillet 2010 a apporté à l'effectif un solide défenseur de première paire et l'arrivée de Maxim Lapierre et de Christopher Higgins a donné une solide et remuante troisième ligne pour les playoffs, les deux anciens Canadiens étant associés à Raffi Torres, lui aussi signé à l'été 2010.

Les playoffs n'eurent toutefois pas le résultat espéré par les fans des Canucks. Opposés dès le premier tour à leur bête noire de ces dernières années, les Blackhawks de Chicago, Vancouver a fait preuve de fébrilité pour clore la série, ne se qualifiant que lors des prolongations du septième match alors qu'ils avaient mené la série trois matchs à zéro. Les séries face à Nashville puis San José ont été moins agitées mais la finale face à Boston a tourné à l'avantage des Bruins. Plus physique et déterminé, Boston a mieux maîtrisé le hockey rugueux typique des playoffs NHL pour coiffer Vancouver au match 7.

Parmi les joueurs qui ont souffert dans cette finale, il y a le gardien Roberto Luongo. Objet de critiques venant des fans des Canucks eux-mêmes depuis plusieurs saisons, celui qui est l'un des portiers les mieux rémunérés de la ligue était attendu au tournant dans cette finale pour justifier son statut. Si Luongo a signé des playoffs corrects (91,4% d'arrêts, 4 blanchissages), la finale a été très pénible pour lui, face à un Tim Thomas en état de grâce. Ses déclarations parfois maladroites lors de cette finale risquent de coller à la peau du Québécois pour un bon moment. En remplaçant, Cory Schneider a parfaitement tenu son rôle même si le portier de 25 ans espère sans doute jouer les premiers rôles un jour, à Vancouver ou ailleurs. L'entraîneur Alain Vigneault avait choisi de le faire démarrer lors du sixième match de la série face à Chicago lors d'un passage à vide de Luongo, mais Schneider n'a pas pu profiter de l'occasion pour s'imposer. Auteur de 17 arrêts sur 20 tirs, il s'est finalement blessé lors d'un tir de pénalité de Michael Frolik. Schneider ne reviendra ensuite plus que remplacer Luongo lors des matchs face à Boston où il était en grande difficulté.

L'escouade défensive a dû une nouvelle fois se passer de Sami Salo pendant une grande partie de la saison à cause des blessures mais le Finlandais de 37 ans a pu participer aux playoffs. En son absence, c'est Kevin Bieksa qui a tenu la boutique avec Dan Hamhuis à ses côtés. Bieksa avait été il y a deux ans une des têtes de turc du public, qui espérait pour une partie son départ. Sa solide saison a contribué à son retour en grâce car il a formé avec Hamhuis une paire efficace. La discrète contribution d'Hamhuis a pu se voir après sa blessure lors du premier match face à Boston, lors d'une mise en échec sur Milan Lucic. Privé d'un des meilleurs arrières de l'équipe, l'escouade défensive a ensuite largement souffert.

La deuxième ligne se composait d'Alexander Edler et Christian Ehrhoff. Le duo a été prolifique offensivement, Edler terminant avec 33 points en 51 matchs et Ehrhoff 50 points en 79 matchs. À 25 ans, Edler s'impose peu à peu comme un futur défenseur numéro 1 et Ehrhoff a confirmé ses dispositions offensives en playoffs avec 12 points... et un différentiel de -13. Arrivé de Floride à l'intersaison 2010 pour occuper un rôle de top-4 sur la ligne bleue, Keith Ballard n'a pas convaincu et a alterné entre la troisième paire défensive et la tribune de presse.

En attaque, le titre de meilleur de marqueur de la ligue a été cette année une affaire de famille. Le centre Henrik Sedin avait été sacré en 2010 avec 112 points, son frère jumeau Daniel a remporté cette distinction cette année avec 104 points. Les deux Suédois ont donc été une nouvelle fois la principale force offensive des Canucks, même si leur moyenne dépassant le point par match n'a pas résisté lors des playoffs : 20 points pour Daniel et 22 pour Henrik en 25 matchs, preuve de la difficulté pour les jumeaux de jouer à leur meilleur niveau au moment crucial de la saison. À leurs côtés, Alexandre Burrows a apporté son agitation habituelle et a dépassé la barre des 20 buts pour la troisième saison consécutive. Bien qu'il ait toujours une tendance à prendre des pénalités inutiles, Burrows a significativement baissé son temps de prison cette année.

Sur la deuxième ligne, Ryan Kesler a été consacré comme le meilleur attaquant défensif de la ligue en recevant le trophée Selke. Il a également signé une très bonne saison offensivement avec 41 buts inscrits, lui dont le meilleur total de buts de sa carrière était précédemment à 26. Kesler a lui aussi souffert lors de la finale (un seul point) mais il a été décisif lors de la série face à Nashville (11 points). Mason Raymond a lui apporté de la vitesse à la ligne mais il n'a pas retrouvé sa production de 2009/10, où il avait passé la barre des 20 buts et des 50 points, il termine cette année avec 15 buts pour 39 points. Sur l'aile droite, Mikael Samuelsson n'a pas pu apporter en playoffs son expérience des deux finales disputées avec Detroit en 2008 et 2009 à cause d'une blessure à la jambe gauche face à Nashville.

 

San José Sharks (3e)

Si la réputation de losers en playoffs de San José commence peu à peu à s'effacer grâce à cette deuxième finale de conférence d'affilée, la tendance n'est pas forcément favorable pour les Sharks. Ainsi, les cadres de l'équipe sont maintenant résolument entrés dans la trentaine (35 ans pour Dan Boyle, 32 pour Patrick Marleau et Joe Thornton) et le fenêtre de tir pour remporter la coupe Stanley commence à se refermer. C'est la raison pour laquelle le manager Doug Wilson a procédé à plusieurs transactions après la saison, principalement avec Minnesota : Dany Heatley et Devin Setoguchi ont ainsi rejoint le Wild contre Martin Havlat et Brent Burns. Malgré une fin de saison plutôt bonne, les Sharks ont connu quelques difficultés. Ils étaient par exemple, à la mi-janvier, à la douzième place de la conférence, une position plutôt inhabituelle. Le réveil a toutefois été énergique avec les meilleures performances de la ligue pour le reste de la saison (26 victoires en 36 matchs).

Ce réveil est dû en partie à Antti Niemi dans les buts. Le portier finlandais avait remporté le titre avec Chicago il y a deux ans mais il a été victime de la purge de l'été 2010. Niemi avait alors été signé par San José, même si l'équipe disposait déjà d'un duo de gardiens avec Antero Niittymäki et Thomas Greiss. Après un départ difficile, Niemi a fini par définitivement prendre le rôle de titulaire après la blessure de Niittymäki à la mi-saison et il termine avec un bon pourcentage d'arrêts en saison régulière (92%). Antero Niittymäki, son compatriote, avait été signé comme agent libre dès le premier juillet et il a signé de moins bonnes performances (89,6% d'arrêts). Toutefois, il a été un des rares joueurs à tenir son rang en début de saison, avec un pourcentage d'arrêts de 93% en moyenne sur ses 11 premiers matchs, alors que l'équipe peinait à bien figurer.

La défense de San José a souffert en fin de saison d'un manque de vitesse, la plupart des défenseurs étant dépassés par l'agilité des attaquants de Vancouver, comme il y a deux ans face à Chicago. Cela n'a pas été le cas de Dan Boyle qui, à 35 ans, a joué en moyenne 26 minutes (deuxième de la ligue dans le domaine), ce qui lui a permis d'accrocher une nouvelle fois la barre des 50 points avec Douglas Murray à ses côtés. Alignés ensemble, Marc-Edouard Vlasic, 24 ans, et Jason Demers, 23 ans, incarnent la relève dans cette escouade défensive.

Il y a deux ans, la première ligne des Sharks dominait l'offensive mais, cette année, elle a été un peu plus en retrait. Marleau, Thornton et Heatley ont ainsi moins marqué, mais cela n'a pas empêché l'équipe d'avoir la sixième attaque de la ligue. Même si Patrick Marleau a été critiqué par son ancien coéquipier reconverti comme commentateur télé Jeremy Roenick lors des playoffs pour un manque d'engagement, ses 7 buts et 6 assists en 18 matchs de playoffs ont été décisifs pour l'équipe. Joe Thornton est lui passé sous la barre du point par match pour la première fois depuis bien longtemps. L'âge du capitaine est sans doute un facteur dans cette baisse, mais il y a également le fait que Thornton joue de plus en plus dans un registre défensif, terminant premier de la ligue pour les interceptions de palet. Il a retrouvé lors des playoffs son habituel rôle de passeur décisif avec pas moins de 14 assistances. De son côté, Dany Heatley a déçu, ce qui a ouvert la porte à son transfert au Minnesota. Le sniper canadien termine avec son plus faible nombre du buts depuis sa saison rookie (26) et sa réputation de disparaître lors des playoffs n'a pas été démentie par ses 3 petits buts. S'il s'est ensuite avéré que Heatley a joué une partie de la fin de saison avec la main gauche cassée, le total reste décevant et il a vu ses minutes sur les supériorités numériques baisser.

Si les Sharks sont restés dangereux offensivement, ils le doivent en partie au jeune Logan Couture. À 22 ans, le centre jouait sa première saison complète avec le grand club après une saison 2009/10 probante, principalement avec Worcester en AHL mais également avec San José en fin de saison. Couture a parfaitement saisi sa chance avec pas moins de 32 buts en saison régulière et 7 buts en playoffs, ce qui lui a permis d'être nominé pour le titre de rookie de l'année. Il a été aligné le plus souvent avec le vétéran Ryane Clowe, dont les 62 points constituent le meilleur résultat de sa carrière. Joe Pavelski a lui confirmé ses bons playoffs 2010 au cours de la saison régulière, même s'il a été moins décisifs lors de ces nouveaux playoffs. Quant à Devin Setoguchi, il a été resigné pour plusieurs saisons après une saison à 22 buts un peu en deçà des attentes... avant d'être transféré le lendemain au Minnesota.

 

Tampa Bay Lightning (4e)

Le bilan de la première année du légendaire Steve Yzerman comme manager général du Lightning de Tampa et de Guy Boucher comme entraîneur est sans surprise positif. L'équipe de Tampa est ainsi passée des tréfonds du classement de la conférence Est en 2008 et 2009 à la finale de la conférence cette année pour leur première participation aux playoffs depuis 2007. La conjonction d'une bonne attaque et d'une défense parfois insuffisante a donné aux fans de Tampa quelques matchs épiques, comme un rencontre à 15 buts face à Philadelphie en novembre. Le Lightning avait alors été mené trois fois par deux buts d'avance par les Flyers, mais l'équipe était à chaque fois revenue au score, notamment grâce à un coup du chapeau de Steven Stamkos, pour égaliser à sept partout au début de la troisième période. Un but de Nate Thompson avait alors offert la victoire à Tampa.

L'équipe aurait même pu finir en tête de la conférence mais, en mars, une série de 2 victoires en 12 matchs a douché les espoirs de Tampa et ouvert la porte à Washington pour s'adjuger la division Sud-Est. Pour autant, le Lightning a terminé la saison régulière en trombe avec une bonne série de 7 victoires en 8 matchs pour enchaîner sur les playoffs. Après avoir écarté des Penguins de Pittsburgh privés d'une grande partie de leur force offensive, le Lightning a sèchement éliminé son rival de division, Washington. Face aux Bruins, en finale de conférence, Tampa a tenu la dragée haute aux futurs vainqueurs mais c'est bien l'équipe la plus complète qui a remporté la série.

La précarité défensive est en partie venue des gardiens. Le duo Dan Ellis - Mike Smith a rapidement montré ses limites en début de saison. Ellis a finalement été échangé à Anaheim en février tandis que Smith est parti cet été à Phoenix comme agent libre. Arrivé de Dallas en 2008 pour être le gardien numéro 1 de Tampa, Smith n'a jamais vraiment récupéré d'une commotion cérébrale peu après son arrivée en Floride. Yzerman a alors transféré le vétéran Dwayne Roloson des Islanders de New York pour terminer la saison. Le gardien de 41 ans a parfaitement assumé la charge de travail en démarrant 34 des 42 derniers matchs de saison régulière tout en étant plus fiable que le duo Ellis - Smith. Mais c'est lors des playoffs que Roloson a vraiment impressionné les fans avec sa solidité (92,4% d'arrêts) pour devenir l'un des joueurs les plus appréciés. Il a également convaincu Yzerman, qui l'a resigné pour un an.

En défense, l'arrivée d'Eric Brewer en cours de saison a permis de renforcer une escouade défensive qui manquait de physique et d'expérience. La présence de l'ancien capitaine de St. Louis s'est notamment ressentie lors des playoffs, où il a formé avec Mattias Öhlund une première ligne défensive solide et expérimentée. Lorsqu'on parle d'un jeune joueur de talent à Tampa, on parle souvent de l'inévitable Steven Stamkos, mais Victor Hedman, 20 ans, poursuit son apprentissage de la NHL sur la ligne bleue du Lightning. Pour sa deuxième saison, Hedman a été utilisé plus de 21 minutes par match en moyenne avec 26 points marqués. Brett Clark a lui autant apporté sur le plan offensif (9 buts pour 31 points) que sur le plan défensif avec de nombreuses mises en échec et beaucoup de tirs contrés.

En attaque, le duo Martin St. Louis - Steven Stamkos a fait des ravages, comme l'année précédente. St. Louis reste le meilleur joueur de l'équipe année après année, autant sur le plan offensif que défensif. Le petit ailier de 36 ans termine avec un total de 99 points, bon pour la deuxième place des marqueurs de la ligue. Il s'est également montré à son avantage lors des playoffs avec 10 buts pour 20 points. À ses côtés, Steven Stamkos a également réalisé une bonne saison. Certes, les fans ont espéré qu'il atteigne la barre des 50 buts en 50 matchs en début de saison après 19 réalisations en autant de matchs mais le centre de 21 ans a ralenti la cadence en deuxième partie de saison.

Les fans ont toutefois été nettement plus crispés en fin de saison car Stamkos renégociait son contrat avec Yzerman. Le jeune centre était un agent libre restreint. Même si les deux parties en présence ont fait part de leur optimisme quant à la resignature de la jeune star, la rumeur courait que Philadelphie et Toronto courtisaient le Canadien. La tension était telle que certains fans ont pris pour argent comptant une photo grossièrement retouchée sur Photoshop montrant Stamkos serrant la main de Brian Burke, un maillot des Maple Leafs dans l'autre main. Finalement, l'attente fut longue mais Stamkos a resigné pour 5 ans.

Steve Downie avait complété le trio il y a deux ans en apportant de l'agitation et du physique mais également un bon apport offensif avec 22 buts pour 46 points. Cette saison, plusieurs blessures et une suspension ont limité le rugueux ailier à 57 matchs de saison régulière mais il termine néanmoins avec 32 points. Finalement, Downie a trouvé une autre place lors des playoffs, sur la troisième ligne avec Sean Bergenheim et Dominik Moore. Cette ligne opportuniste a été très efficace pour Tampa, Bergenheim terminant avec 9 buts en 16 matchs, aidé par Downie (12 assistances) et Moore (8 assistances).

Sur la deuxième ligne, Simon Gagné avait été signé pour apporter un soutien à Vincent Lecavalier mais, comme avec Alex Tanguay il y a deux ans, la greffe "French Connection" n'a pas prise. À la décharge de Gagné, la saison a très mal commencée avec une blessure au cou dès le premier match. L'ailier québécois revient, sans vraiment convaincre. Pourtant, à la mi-saison, il annonce qu'il va rebondir. Gagné ne se trompe pas et ses 12 points en playoffs ont aidé Tampa à parvenir en finale de conférence. Lecavalier a lui aussi quelque peu déçu les fans avec ses 54 points en 65 matchs, mais Guy Boucher a souligné tout au long de la saison l'apport du capitaine pour le leadership dans l'équipe.

 

Washington Capitals (5e)

Cela commence à devenir une mauvaise habitude pour Washington : faire une saison régulière solide avant d'être rapidement éliminé en playoffs. La saison régulière n'a pourtant pas été une sinécure pour les hommes de Bruce Boudreau, qui ont connu une grosse baisse de régime à l'approche du Winter Classic face à Pittsburgh, alors qu'ils étaient filmés par HBO. Le programme de télé a alors pu capter l'embarras de tout l'effectif après la défaite 7-0 face aux Rangers de New York le 12 décembre. Cette déconvenue a poussé Boudreau à abandonner sa philosophie offensive pour mettre en avant le travail défensif. Les Capitals ont ainsi cessé de se baser principalement sur la vitesse de leur jeu offensif pour se concentrer sur le dégagement du puck en zone neutre.

Après quelques semaines de mise en route, la tactique s'est avérée payante et les Caps ont remporté 16 de leurs 20 derniers matchs pour emporter la conférence, comme l'an passé. Comme le dicton veut que ce soit les défenses qui remportent les titres (on ne peut pas dire que Boston déroge à la règle), beaucoup voyaient Washington enfin prêt pour briguer la coupe Stanley, d'autant plus que le manager général, George McPhee, a apporté plusieurs vétérans à la deadline pour compléter l'effectif. En vain même si, à la décharge des Caps, après un premier tour sans problème face aux Rangers, Tampa a remporté les deux premiers matchs de la série contre le cours du jeu. Cela a complètement déstabilisé l'équipe de Washington qui a ensuite perdu les deux derniers matchs.

N'ayant pas resigné José Théodore à l'intersaison 2010, McPhee a fait confiance dans les buts aux deux jeunes gardiens Varlamov et Neuvirth, âgés tous les deux de 23 ans. Semion Varlamov apparaissait comme le titulaire désigné en début de saison mais il s'est vu limité à peu de matchs à cause de plusieurs blessures, principalement à l'aine, comme cela a été le cas pour les deux précédentes saisons passées en Amérique du Nord. Mais, s'il n'a joué que 27 fois, le Russe a été plutôt convaincant, terminant avec le quatrième pourcentage d'arrêts de la ligue derrière les trois nominés pour le titre de meilleur gardien. Comme Varlamov était absent, c'est Michal Neuvirth qui a été chargé de démarrer la saison. Le Tchèque a rapidement fait ses preuves en étant élu meilleur rookie du mois d'octobre. Il a fini par devenir le gardien numéro 1 et a disputé les playoffs. Neuvirth a pourtant connu une période difficile en milieu de saison, comme le reste de l'équipe, mais il s'est également bien rattrapé sur la fin. L'inconstance du Tchèque a persisté lors des playoffs, la solidité face aux Rangers (94,6% d'arrêts) n'a pas été confirmée face au Lightning (86,7%). Les blessures de Varlamov ont ouvert la porte à Braden Holtby, 21 ans, dont les 14 apparitions probantes avec les Capitals ont permis au gardien de l'équipe AHL de prétendre à un avenir en NHL.

En défense, Mike Green a été plus discret que les deux dernières saisons où il était un véritable quatrième attaquant (73 puis 76 points) du fait du changement de stratégie et d'une blessure à la tête qui l'a fait manquer beaucoup de matchs. Il n'a donc pas été nominé pour le trophée de meilleur défenseur de la ligue et n'a amassé que 24 points mais son travail défensif a été remarqué et il a été invité au all-star game pour la première fois de sa carrière. Revenu pour les playoffs, Green a été plus offensif avec 6 points en 8 matchs. Son camarade de ligne, Jeff Schultz a lui eu une saison plus difficile, même s'il a été efficace en infériorité numérique et peu pénalisé. Mais face à Tampa, Schultz n'a pas brillé et était sur la glace lors de six buts adverses en quatre matchs.

La paire la plus utilisée par Boudreau a été le jeune duo Karl Azner - John Carlson face aux meilleures lignes adverses. Après un premier essai en NHL en 2009 puis 21 matchs pas assez probants en 2010, Azner, 23 ans, s'est cette fois établi comme le défenseur physique numéro 1 de l'équipe. S'il n'a pas brillé dans le domaine offensif (12 points) malgré un bon potentiel, il s'est illustré sur les tirs bloqués et le temps de jeu. Toutefois, Alzner n'a pas toujours été efficace en infériorité numérique même s'il a été beaucoup sollicité dans ce domaine, mais le jeune arrière a encore une marge de progression dans ce secteur du jeu. À ses côtés, John Carlson avait signé des playoffs 2010 intéressants et inattendus, créant une attente. L'offensif défenseur de 21 ans n'a pas déçu pour sa première saison complète avec ses 37 points (record de la franchise pour un défenseur rookie). Il a été moins efficace lors des playoffs, après une blessure lors du premier match face à Tampa.

Arrivés à la deadline pour apporter de l'expérience, Scott Hannan et Dennis Wideman ont finalement peu pesé. Hannan est en fait arrivé dès la fin novembre en l'échange de Tomas Fleischmann, parti au Colorado. Le vétéran de 31 ans a été plutôt solide en saison régulière, notamment en infériorité numérique, mais la série face à Tampa a été compliquée. Hannan a ainsi souffert face à la vitesse des attaquants floridiens, autant par sa lenteur que par sa sur-utilisation. Il a toutefois apporté du leadership à une équipe en avait alors besoin. Wideman était arrivé pour remplacer Green, blessé, sur le powerplay moribond des Caps mais il s'est lui aussi rapidement blessé après 14 matchs solides. Il aura plus d'occasions de se mettre en avant l'an prochain car il lui reste encore un an de contrat.

L'orientation plus défensive de l'équipe a vu fondre les statistiques offensives de beaucoup de joueurs des Capitals. On a ainsi beaucoup glosé sur les performances en baisse d'Aleksandr Ovechkin, mais même si ses 32 buts peuvent sembler loin de son total habituel (65, 56 et 50 ces dernières saisons), il termine néanmoins avec 85 points (7e de la ligue). Ovechkin a également été critiqué pour les performances en playoffs de son équipe et son leadership. Après les deux défaites à domicile lors du deuxième tour, le capitaine s'est avancé en annonçant que Washington gagnerait les deux rencontres à Tampa. Peine perdue. Ovechkin et son équipe ont rejoint les courts de golf plus tôt que prévu. Niklas Bäckström, au centre de la première ligne, a terminé deuxième marqueur de l'équipe, mais très loin derrière Ovechkin. C'est une déception pour celui qui avait dépassé les 100 points l'an passé, d'autant plus qu'il avait commencé la saison avec 30 points sur les 26 premiers matchs. Bäckström a ensuite enchaîné avec 35 points en 51 matchs et une blessure au pouce en janvier. Si le centre suédois est rapidement revenu au jeu, il s'est blessé à nouveau au pouce lors du premier tour des playoffs et son rendement s'en ressenti, autant au niveau offensif (2 points) que sur le plan des mises au jeu. Sur l'aile droite, Mike Knuble a encore été chargé de faire des écrans devant le gardien, même s'il est limité au niveau du registre de jeu.

Outre Ovechkin et Knuble, l'autre joueur à dépasser les 20 buts cette saison a été Aleksandr Semin, mais l'ailier gauche russe n'a toujours pas réussi à dissiper les doutes sur son cas, qui concernent principalement son éthique de travail et sa motivation. Ainsi, après avoir démarré la saison en trombe avec 25 points lors des 19 premiers matchs, il n'inscrit ensuite que 29 points en 46 matchs. L'orientation défensive de l'équipe ne l'a pas aidé, pas plus que la succession de centres sur la deuxième ligne, mais il faut remarquer que les défenseurs adverses savent parfaitement à quoi s'attendre avec l'ailier russe. Peu physique, Semin devient moins efficace quand il est repoussé loin du but car il peine à prendre le dessus sur ses adverses dans un espace restreint. Cette tendance a été notamment perceptible face à Tampa, alors que Semin avait bien commencé les playoffs face aux Rangers.

Au centre de cette deuxième ligne, Mathieu Perrault et Marcus Johansson se sont partagé la tâche au cours de la saison. Comme Perrault n'a pas été très constant, ayant une tendance à rapidement baisser de régime après avoir été rappelé d'AHL, il a souvent fait l'aller retour entre Washington et Hershey. De son côté, Johansson, 20 ans, a démarré lentement la saison mais il a fini par trouver ses marques et termine avec 27 points. Arrivé aux playoffs, Johansson a été un des meilleurs joueurs de l'équipe avec ses 6 points. Le jeune Suédois a toutefois quelques lacunes en matière de jeu défensif et de mises en jeu qui font qu'il n'est pas encore prêt à assumer pleinement le rôle de centre de deuxième ligne.

Afin d'assurer ce rôle pour ces playoffs, McPhee est allé chercher Jason Arnott au New Jersey, chargé également d'apporter du leadership et l'expérience de la victoire en coupe Stanley. Le centre de 36 ans a rapidement fait entendre sa voix dans les vestiaires et a parfaitement tenu son rôle sur la glace, mais cela n'a pas été suffisant. Sur l'aile gauche de la ligne, Brooks Laich a fait preuve de sa ténacité habituelle en jouant tous les matchs de la saison bien qu'il ait contré beaucoup de tirs adverses et effectué beaucoup de mises en échec. Il s'est également mis en valeur en infériorité numérique mais, sur le plan offensif, Laich signe sa première saison en dessous de la barre des 20 buts même s'il se classe pour la première fois de sa carrière parmi les quatre meilleurs marqueurs des Capitals.

 

Philadelphia Flyers (6e)

Pour faire le bilan de la saison de Philadelphie, il valait mieux ne pas s'y prendre trop tôt car l'équipe a connu un grand changement avec les échanges du 23 juin, qui ont vu le départ de Jeff Carter et Mike Richards. Cette manuvre du manager général Paul Holmgren était motivée par le besoin de dégager de la place dans la masse salariale pour s'adjoindre les services d'un nouveau gardien mais elle vient surtout conclure une saison marquée par des tensions. Pourtant, la saison régulière avait parfaitement commencé pour les Flyers et, au début février, ils menaient le classement de la ligue avec une série en cours de 13 victoires en 16 matchs. La question des gardiens, au centre des craintes des fans après les playoffs 2010, semblait alors réglée puisque Sergei Bobrovsky avait remporté 8 de ces 13 matchs et Brian Boucher les cinq autres.

La roue a tourné après le 26 février et une défaite poussive 4-1 face à Ottawa, alors déjà loin au classement. Holmgren a critiqué la performance des joueurs et l'entraîneur Peter Laviolette a alors choisi de renforcer l'entraînement de l'équipe lors de trois jours d'affilée. Cette décision n'a pas eu l'effet attendu et Philadelphie ne parviendra plus à retrouver son efficacité, en remportant seulement 7 des 21 derniers matchs. En playoffs, les Flyers dominent Buffalo mais ne parviennent pas à inquiéter les Bruins de Boston, qui prennent leur revanche de leur élimination sèche de 2009.

Laviolette avait eu lors de la saison 2009/10 une gestion des gardiens plutôt réussie, parvenant à surmonter l'absence de numéro 1 et la blessure de Ray Emery en faisant venir Michael Leighton. Resigné à l'intersaison, Leighton était présenté comme le titulaire du poste, ce qui était une première pour un joueur qui n'avait jusqu'alors jamais réussi à percer en NHL. Sans surprise, cette saison a été nettement plus difficile pour lui avec plusieurs blessures et un seul match joué, peu probant, avant d'être envoyé en AHL. Il fera une nouvelle apparition dans les buts des Flyers lors du grand carrousel de gardiens en playoffs où il est clairement apparu comme le maillon faible de la triplette qu'il formait avec Brian Boucher et Sergei Bobrovsky. Le gardien russe est la bonne surprise de la saison car le rookie de 22 ans s'est rapidement imposé comme le titulaire et il termine avec un pourcentage d'arrêts de 91,5%. Toutefois, le jeune joueur n'a pas été habitué à de longues saisons avec la KHL, où son équipe de Novokuznetsk se faisait éliminer dès février, et il a souffert de fatigue en fin de saison. Bobrovsky a alors vu ses performances décliner et Laviolette l'a fait démarrer les playoffs sans grande confiance et le carrousel a rapidement commencé.

Chris Pronger, leader dans le vestiaire et qui a logiquement hérité du grade de capitaine avec le départ de Mike Richards, devait mener l'escouade défensive. Mais le joueur de 36 ans a subi plusieurs blessures qui ne lui ont permis de disputer que 50 matchs. Cette absence a obligé le duo Kimmo Timonen - Braydon Coburn à prendre la charge de premier duo défensif. Sans Pronger, Carle a parfois semblé un peu perdu, positionné le plus souvent aux côtés d'Andrej Meszaros, mais il termine finalement avec une bonne saison défensivement, même s'il a souffert lors des playoffs, et un bon total de 39 assistances.

Si Holmgren a choisi de transférer Carter et Richards, cela tient sans doute en partie à l'émergence rapide de Giroux et Van Riemsdyk. Après une bonne prestation lors des playoffs 2010, Claude Giroux, 23 ans, termine premier marqueur de son équipe et a été sélectionné pour le "all-star game". Il a confirmé sa bonne saison lors des playoffs avec 12 points. Jusqu'à présent, James Van Riemsdyk, 22 ans, avait fait les frais de l'effectif bien fourni en attaque, et s'il a fini par être appelé par le club, c'était principalement pour jouer sur la troisième ligne avec Mike Richards et Nödl ou Versteeg. Mais il a vu sa cote monter, non pas en saison régulière (40 points) mais lors des playoffs. Aligné avec Claude Giroux, Van Riemsdyk inscrit 7 buts en 11 matchs et montre le potentiel qui l'avait conduit à être drafté en deuxième position en 2007.

La ligne Scott Hartnell - Daniel Brière - Ville Leino, formée l'an passé, a constituée une des forces principales de l'attaque des Flyers, les trois hommes continuant toujours aussi bien à s'entendre. Ville Leino a réussi une bonne saison régulière à 53 points. À 33 ans, Brière a réalisé le meilleur total de buts de toute sa carrière avec ses 34 réalisations. Scott Hartnell a lui aussi rejoint le club des Flyers ayant dépassé la barre des 20 buts (ils sont en tout sept) mais il reste toujours assez critiqué pour son patinage et sa capacité à prendre des pénalités (142 minutes, dépassant assez largement des habitués comme l'enforcer Jody Shelley et l'agitateur Daniel Carcillo). Cette ligne a toutefois été démantelée lors de cette intersaison à cause du départ de Leino vers Buffalo, avec une forte augmentation de salaire à la clé.

Les autres lignes ont subi beaucoup de changement mais Peter Laviolette a pu compter sur son centre numéro un, Jeff Carter. Il a une nouvelle fois été un des fers de lance de l'attaque avec ses 36 buts, mais il a également été beaucoup sollicité en défense. Laviolette l'a ainsi souvent aligné lors des actions en zone défensive du fait notamment de ses bonnes performances lors des mises au jeu. Comme il y a deux ans les playoffs ont été plus compliqués à cause des blessures et c'est un choc sur le genou face à Buffalo qui l'a écarté de la compétition au bout de six matchs où il n'a pas vraiment brillé (2 points).

La troisième ligne d'attaque des Flyers s'est composée en début de saison de James Van Riemsdyk et Andreas Nödl autour de Mike Richards avant la promotion du premier vers le top-6. La paire Nödl - Richards a affronté les meilleures lignes adverses avec une bonne efficacité défensive mais l'ailier autrichien de 24 ans a un peu déçu au niveau de la production offensive avec ses 22 points en 67 matchs, alors que Richards a profité de sa participation au jeu de puissance pour terminer avec 66 points. Pour renforcer cette troisième ligne à la deadline, Holmgren a fait venir Kris Versteeg de Toronto au prix fort (un choix de premier et de troisième tour de draft). Holmgren a voulu apporter la dernière pierre à une équipe qui aurait pu prétendre au titre car Versteeg s'était beaucoup mis en avant quand il avait remporté la coupe avec les Blackhawks en 2010, notamment face à ces mêmes Flyers en finale. Si les fans de Philadelphie avaient alors gardé en mémoire un Versteeg virevoltant, toujours prêt à se bagarrer pour aller gratter un palet ou marquer un but décisif, ils ont été largement déçus par sa prestation dans ces playoffs 2011. En effet, il s'est surtout fait remarquer en perdant beaucoup de palets et en étant peu impliqué physiquement, quand il n'était pas tout simplement invisible. C'est sans doute en partie dû à une blessure abdominale soignée après les playoffs et qui le handicapait peut-être depuis un moment. Versteeg a été transféré à l'intersaison en Floride où il tentera de se relancer.

Autre déception, l'énigmatique Nikolai Zherdev avait été signé à l'intersaison 2010 pour un an après un exil en KHL de plusieurs saisons. Zherdev n'a pas convaincu Laviolette malgré ses 16 buts et il a envoyé le rapide ailier sur la quatrième ligne. Même Jody Shelley était alors plus utilisé que lui et il a fini par être mis sur les waivers, même si personne ne l'a récupéré. Non resigné cet été, Zherdev repartira vers la KHL et l'Atlant Mytichtchi, où il avait joué en 2009/10.

 

Detroit Red Wings (7e)

Avec un début de saison en grande forme, les Wings ont rapidement balayé les habituelles réserves quant à l'âge de l'effectif. En comparaison, la saison mi-figue mi-raisin de Chicago a permis à leurs rivaux historiques de Detroit de remporter le 14e titre de division lors des 19 dernières saisons, parvenant aux playoffs pour la vingtième saison d'affilée. Detroit a malgré tout piétiné en fin de saison, ne gagnant que 5 de leurs 14 matchs de mars. Les Red Wings ont ensuite rapidement disposé des faibles Coyotes en playoffs avant de perdre face aux Sharks de San José, comme il y a deux ans. L'effectif n'allant pas en se rajeunissant, Detroit verra cet été le départ à la retraite de trois de ses cadres : Brian Rafalski, Chris Osgood et Kris Draper.

Dans les buts, Jimmy Howard a prouvé qu'il méritait son statut de titulaire même si son pourcentage d'arrêts a nettement descendu (de 92,4% en 2009/10 à 90,8%). Lors des playoffs, il a encaissé près de trois buts par match en moyenne, mais cela est dû en grande partie aux difficultés défensives en face de lui car il a joué avec beaucoup de détermination face à San José. Chris Osgood espérait jouer plus, il a joué encore moins en étant limité à 11 matchs, ce qui lui a quand même permis d'accrocher la 400e victoire de sa carrière en NHL avant de prendre sa retraite. C'est finalement Joey MacDonald, prévu pour être le titulaire de l'équipe AHL des Wings, les Griffins de Grand Rapids, qui a donc assumé le rôle de remplaçant d'Howard. Il s'est plutôt bien acquitté de sa tâche malgré 7 buts encaissés lors d'un match face à St. Louis.

En défense, Nicklas Lidström reste à 41 ans le mètre étalon des arrières de NHL et a remporté le trophée du meilleur défenseur pour la sixième fois de sa carrière. La blessure de Brian Rafalski a rapidement obligé l'entraîneur Mike Babcock à revoir ses lignes, même si l'offensif arrière est vite revenu et a signé une saison probante à 48 points en 63 matchs. Si le tandem physique Nicklas Kronwall - Brad Stuart avait donné satisfaction il y a deux ans, Stuart a été aligné avec Lidström tandis que Kronwall a souvent joué aux côtés de Ruslan Salei.

Le physique Biélorusse a permis à Kronwall de montrer une facette plus offensive de son jeu, récoltant 37 points. Quant à Salei, il a réussi à éviter les blessures qui ont souvent émaillé sa carrière et termine juste derrière Brad Stuart pour les mises en échec et les tirs bloqués. Il a toutefois baissé de régime en fin de saison, finissant par se retrouver en difficulté lors de la série face à San José. Jonathan Ericsson et Jakub Kindl ont complété l'escouade défensive. Si les fans n'ont pas été convaincus par Ericsson, lui reprochant notamment de ne pas assez utiliser sa grande taille alors qu'il est le plus grand parmi les défenseurs, mais le manager général Ken Holland a choisi de le resigner pour un salaire sans doute supérieur à celui qu'il aurait trouvé sur le marché. Quant à Kindl, il a déçu sur le plan offensif avec seulement 4 points en 48 matchs mais le jeune défenseur tchèque de 24 ans est toujours en période d'apprentissage et il a failli évincer Salei en fin de saison tant il a progressé dans le travail défensif.

Au niveau offensif, le duo Pavel Datsyuk - Henrik Zetterberg a une nouvelle fois affolé les défenses adverses, toujours accompagné à l'aile droite par le colosse Tomas Holmström. Datsyuk, sans surprise, s'est mis en valeur dans tous les secteurs du jeu, étant à la fois l'un des joueurs de la ligue les plus habiles avec le palet et un des meilleurs attaquants défensifs. Toutefois, le centre russe a été limité à 56 matchs à cause de plusieurs blessures dont une fracture de la main droite. Cela ne l'a pas empêché de terminer dans les dix meilleurs intercepteurs de la ligue et avec plus d'un point par match (59 points). De plus, son retour lors des playoffs a été bénéfique pour l'équipe car il a été le meilleur joueur de l'effectif avec ses 15 points. Henrik Zetterberg n'a pas souffert de l'absence de Datsyuk, marquant en moyenne un point par match autant avec lui que sans lui, le plus souvent face aux meilleures lignes adverses et en assumant sa part du travail défensif. S'il a manqué le premier tour des playoffs, il est ensuite revenu fort avec 8 points en 7 matchs face à San José. Tomas Holmström a comme d'habitude servi d'écran face aux gardiens adverses, à cinq contre cinq comme en supériorité numérique. Pour une fois, il n'a pas été blessé à cause des cinglages des défenseurs ou des gardiens mais il a manqué 9 matchs à cause d'un slap reçu sur le poignet. Holmström a toutefois toujours une tendance à prendre des mauvaises pénalités et il termine avec 62 minutes en prison, le troisième total de son équipe.

Sur le deuxième trio, Johan Franzen espérait faire une saison complète après une saison quasi-blanche. Bien qu'il termine premier de l'équipe dans le registre des buts avec ses 28 réalisations, il est resté en deçà des espoirs des fans qui le voyaient passer cette année la barre des 40 buts. Franzen a été souvent inconstant, parvenant à inscrire 5 buts en un match face à Ottawa (devenant le premier Red Wing à le faire depuis 15 ans) puis à ne plus trouver le fond des filets lors des 14 matchs suivants. Il a également déçu par un apparent manque d'implication, peut-être dû aux effets d'une commotion cérébrale subie face à Dallas. Franzen a aussi été blessé à la cheville lors des playoffs face à Phoenix et, lors du deuxième tour, il n'a pas pu jouer à 100%. Au centre de la ligne, si Valtteri Filppula a terminé avec un point de moins que son meilleur résultat de carrière (39 points), il a renforcé sa position au sein du top-6 grâce à une bonne implication défensive. De plus, s'il n'a inscrit que 16 buts, 5 ont été synonyme de victoire pour Detroit. De même, lors des playoffs, il termine avec 8 points dont deux buts victorieux. Après avoir profité des passes de Datsyuk il y a deux ans, Todd Bertuzzi a été replacé dans un rôle de passeur pour Franzen, ce qui a fait qu'il a nettement moins tiré et qu'il ne termine qu'avec 16 buts.

Sur la troisième ligne, Mike Modano a manqué la moitié de la saison à cause d'une blessure au poignet droit. De plus, le vétéran de 40 ans n'a pas vraiment convaincu avec ses 14 points et il a laissé entendre dans une interview qu'il pourrait prendre sa retraite. Modano n'a pas réussi à trouver à trouver une alchimie avec ses camarades de ligne, Danny Cleary et Jiri Hudler. Cela n'a pas empêché Cleary de marquer 26 buts grâce à sa présence face aux portiers adverses. Quant à Jiri Hudler, il revenait à Detroit après un passage de deux ans en KHL. L'ailier tchèque restait sur un total de 57 points en 2008/09 mais il a déçu avec ses 37 points. Hudler a le mieux marché lorsqu'il a été aligné avec Pavel Datsyuk lors du mois de février, mais le reste du temps, il a été quasiment invisible.

 

Nashville Predators (8e)

Nashville parvient au deuxième tour des playoffs pour la première fois de son histoire mais cela n'annonce pas forcément des lendemains qui chantent. Ainsi, après une saison solide et l'élimination face à Vancouver, les yeux des fans se sont tournés vers la resignature du capitaine, Shea Weber. En tant qu'agent libre restreint (RFA), il apparaissait peu probable que Weber ne resigne pas mais il fallait encore s'entendre sur les termes. Le manager David Poile cherchait à éviter un contrat à court terme en prévision des négociations l'été prochain pour d'autres cadres de l'équipe, dont Pekka Rinne et Ryan Suter. En l'absence d'accord, l'affaire s'est réglée devant un arbitre qui a accordé à Weber un contrat d'un an et 7,5 millions de dollars, faisant du joueur de 26 ans le défenseur le mieux payé de la ligue en terme de poids sur le salary cap. Derrière les tractations d'usage, il y a à Nashville un problème au niveau de l'ambition. Une des raisons pour lesquelles Weber n'a pas signé sur le long terme est qu'il souhaite remporter la coupe Stanley, ce qui semble difficile pour une équipe limitée en budget comme les Predators. Poile aura donc beaucoup de travail l'été prochain pour s'assurer que son trio défensif Rinne-Weber-Suter restera ces prochaines années à Nashville.

Dans les buts, Pekka Rinne a justifié la confiance que Poile a placé en lui à l'été 2010, quand il l'avait resigné pour deux ans et laissé partir Dan Ellis, avec une saison très solide. Ainsi, son pourcentage d'arrêts de 93% n'est devancé que par Tim Thomas, ce qui lui a valu une nomination pour le trophée du meilleur gardien de la ligue. Il a été un des artisans de la bonne saison de Nashville, remportant 8 de ses 11 derniers matchs de saison régulière pour assurer aux Predators une place en playoffs et en étant décisif face à deux équipes très offensives lors des playoffs. Pour soutenir le Finlandais de 28 ans lors des rares matchs où il ne jouerait pas, l'entraîneur Barry Trotz comptait sur Anders Lindbäck. Si Rinne est connu pour son gabarit impressionnant (1m96), il a en la personne du Suédois de 23 ans un remplaçant qui occupe lui aussi bien le filet avec son 1m98. Si Lindbäck était peu connu des fans car il n'est pas passé par l'équipe AHL des Admirals de Milwaukee mais il avait déjà évolué deux ans en Elitserien, dans son pays natal. Toutefois, du fait d'une blessure de Rinne dès le premier match, le Suédois a rapidement pu se mettre en valeur. Il n'aura joué en tout que 22 matchs mais il termine avec un pourcentage d'arrêts convaincant de 91,5%.

Avant de faire trembler les fans avec les inquiétudes sur son avenir avec l'équipe, Shea Weber a signé une saison probante, utilisant au maximum son impact physique et son tir à la bleue létal. Il a de plus fait preuve d'un leadership important dans les vestiaires et en étant le joueur le plus utilisé par Barry Trotz et il est devenu au fil des saisons le visage de la franchise depuis son arrivée dans la ligue en 2006. Weber a parfois été mis en difficulté lors l'absence de son partenaire de ligne, Ryan Suter. La blessure au genou du défenseur américain de 26 ans a pesé car s'il est plus discret que Weber, il est tout aussi efficace défensivement. De fait, il a joué 25 minutes de moyenne par match face aux meilleures lignes en terminant avec un différentiel de +20 et surtout avec seulement 54 minutes de pénalités, ce qui est une preuve de son positionnement défensif sûr. Il a également été plus actif que l'an passé sur le registre des mises en échec, même si elles sont moins spectaculaires que celles de Weber, et Trotz a régulièrement fait appel à lui lors des infériorités numériques.

Sur le deuxième duo, Kevin Klein était associé à Francis Bouillon. Klein est parfois une des têtes de turc du public de Nashville mais il assume néanmoins ses responsabilités défensives à 5 contre 5 et en infériorité numérique, aidant l'équipe spéciale à être une des meilleures de la ligue. Offensivement, il n'a inscrit que 2 buts pour 18 points malgré de nombreux tirs tentés. Bouillon restait sur une saison solide aux côtés de Dan Hamhuis mais il a connu quelques difficultés en étant aligné avec Klein. Il a ainsi eu plus de responsabilités à tenir et quelques problèmes de coordination avec Klein ont conduit le duo à quelques mésaventures. À la mi-saison, Bouillon s'est blessé et Trotz a dû faire appel à un des prospects les plus prometteurs de l'organisation, Jonathon Blum. Le défenseur de 22 ans n'était pas sensé être appelé par le grand club aussi vite et il semblait avoir quelques difficultés avec l'équipe de Milwaukee en AHL face à des attaquants plus physiques et rapides que lui. Pourtant, Blum n'a pas déçu pour ce premier test : il a trouvé une bonne alchimie avec Klein et s'est retrouvé sur la deuxième escouade de supériorité numérique.

Sur la troisième ligne, Trotz a aligné Cody Franson avec Shane O'Brien. Chargé d'apporter de l'offensive même s'il n'a joué que 15 minutes par match en moyenne, Franson termine avec un total intéressant de 29 points en saison régulière mais surtout 6 points en 12 matchs de playoffs. Le défenseur de 23 ans, en constante amélioration, a toutefois été transféré à Toronto cette intersaison. Chargé du secteur physique de la défense, O'Brien a été l'invité surprise du début de saison. Alors qu'il semblait que la place sur le troisième trio était dévolue à Ryan Parent, tout juste revenu de Philadelphie, Poile l'a envoyé à Vancouver contre O'Brien, en rupture de ban avec Alain Vigneault et le staff des Canucks. Le risque a été payant puisque il a signé une bonne saison même s'il a parfois lutté face à de vieux démons comme les pénalités inutiles, comme lors du premier tour face à Anaheim (7 pénalités). Du fait du budget serré des Predators, O'Brien n'a pas été resigné et il est parti au Colorado.

En attaque, le meilleur marqueur de l'équipe a été de manière inattendue Sergei Kostitsyn. Arrivé de Montréal à l'intersaison en échange de quasiment rien, l'ailier biélorusse était un des points d'interrogation de l'équipe. Malgré son talent, Kostitsyn n'a laissé à Montréal qu'une image de joueur ne travaillant pas assez, ce qui avait conduit à sa mise à l'écart par Jacques Martin. Il s'est finalement bien adapté au style défensif de l'équipe de Barry Trotz et il a apporté une contribution offensive bienvenue, d'abord sur une ligne 100% européenne avec Martin Erat et Marcel Goc puis, en fin de saison, avec Mike Fisher et Patric Hornqvist. Kostitsyn devrait toutefois avoir des difficultés à réitérer ce type de performances car il n'est pas un vrai attaquant de premier trio, ce qui s'est vérifié lors des playoffs où il a peiné pour avoir un impact. Son total de buts a ainsi été gonflé par un pourcentage de tirs très flatteur (24,7%, loin des 10% de moyenne) mais il peut sans doute trouver sa place sur la deuxième ligne dans l'avenir. Après une saison où il avait accroché la barre des 30 buts, Patric Hornqvist a plutôt déçu les fans en n'inscrivant que 21 buts. La baisse n'est pas forcément très forte (surtout en terme de points) mais les fans et le staff espéraient que l'ailier droit suédois franchisse un palier à la hauteur de son nouveau salaire. Au centre, la moisson de blessures a obligé David Poile à faire venir Mike Fisher d'Ottawa contre un premier tour de draft. Le joueur de 31 ans a commencé fort avec 3 points lors des ses 4 premiers matchs avec les Predators mais le mois de février fut plus compliqué avec seulement un but et une assistance. Fisher a néanmoins été précieux lors des playoffs face à Anaheim, inscrivant 2 buts et 1 assistance dès le premier match et terminant la série avec 3 points mais il a été plus discret face à Vancouver.

Martin Erat a évolué sur la première ligne pendant une partie de la saison mais plusieurs blessures l'ont finalement contraint à jouer sur un trio plus défensif avec Legwand et Joel Ward. Il termine néanmoins avec le même nombre de points que Kostitsyn tout en ayant joué seulement 64 matchs. David Legwand s'est mis en avant avec son travail défensif mais il a aussi terminé une fois de plus meilleur marqueur de son équipe en play-offs avec 13 points. Seul Joel Ward a réussi à faire aussi bien lors des playoffs, ce qui a rattrapé sa plus mauvaise saison régulière sous les couleurs de Nashville avec 10 buts pour 29 points. Au niveau des déceptions, Steve Sullivan a démarré la saison en trombe mais s'est vite blessé et termine avec 22 points en 44 matchs. Quant à J.P. Dumont, il a signé une saison décevante où il a rapidement été écarté par Trotz avant de voir son coûteux contrat racheté par l'équipe cet été.

 

Pittsburgh Penguins (9e)

Difficile d'espérer jouer le titre quand vos deux meilleurs joueurs offensifs manquent à l'appel. Ainsi, Pittsburgh a réussi à se hisser en haut de la conférence Est malgré l'absence du meilleur joueur nord-américain de sa génération, Sidney Crosby (41 matchs joués), et du meilleur marqueur de la saison 2008/09, Evgeni Malkin (43 matchs joués). Le manque d'attaque s'est logiquement ressenti lors des playoffs face à Tampa Bay et le siège infructueux du but gardé par Dwayne Roloson, qui a conduit à une élimination prématurée des Penguins.

Dans les buts, Marc-André Fleury a signé une saison convaincante (91,8% d'arrêts) malgré des débuts très compliqués, culminant au début novembre à Phoenix où il est remplacé au bout de sept minutes de jeu et 2 buts encaissés en 5 tirs. L'entraîneur Dan Bylsma choisit alors de titulariser le remplaçant vétéran Brent Johnson, à ce moment-là en grande forme. Même si une frange des fans des Penguins a largement critiqué le portier québécois, Bylsma n'a pas modifié sa hiérarchie de gardiens et il en a été récompensé. Revenu en meilleure forme à la mi-novembre, Fleury a aligné 14 victoires en 16 matchs jusqu'à la fin décembre, se relançant ainsi complètement, et a été décisif en remportant 8 des 10 séances de tirs au but auxquelles il a participé.

En défense, le duo Brooks Orpik - Kris Letang a constitué une première ligne efficace. Orpik est toujours un roc tandis que Letang s'affirme en prenant de plus en plus de temps de jeu. Ray Shero, le manager général, était allé chercher Zbynek Michalek et Paul Martin sur le marché des agents libres pour remplacer Sergei Gonchar. La doublette à 9 millions de dollars par an s'est révélée efficace et leur bonne complémentarité dans le jeu (physique pour Michalek et offensif pour Martin) a permis leur bonne alchimie. Ce solide top-4 a évincé l'offensif Alex Goligoski, qui est parti rejoindre Dallas en cours de saison.

En attaque, les yeux de tous les observateurs étaient rivés une fois de plus sur Sidney Crosby, tout du moins pendant la moitié de la saison. En effet, le prodige canadien a connu une blessure grave qui l'a écarté de la glace pendant la deuxième partie de la saison. Le Canadien de 23 ans a subi une commotion cérébrale à la suite d'un choc avec David Steckel lors du Winter Classic face à Washington le 1er janvier, aggravé par un autre choc le match suivant face à Tampa Bay sur une charge contre la bande de Victor Hedman le 5 janvier. Crosby était alors un des joueurs qui monopolisaient l'attention car il signait une des meilleures saisons de sa carrière avec 66 points en 41 matchs, une moyenne qui l'aurait amené à une saison à 132 points, et il était au sommet de sa production. Ainsi, il venait d'inscrire 50 de ses points sur les 25 derniers matchs, marquant au moins un point à chaque fois, entre le 5 novembre et le 29 décembre. Même en ne jouant plus par la suite, il est resté trois semaines supplémentaires premier au classement des marqueurs de la ligue... Après le match contre Tampa, le staff des Penguins a annoncé que Crosby serait absent une semaine. Son retour a ensuite été indéfiniment repoussé. Si l'on a pu croire pendant un moment que la carrière de Crosby pouvait être terminée, il a été annoncé qu'il avait repris l'entraînement cet été chez lui, en Nouvelle-Écosse.

Si Pittsburgh possède avec Sidney Crosby et Evgeni Malkin l'un des meilleurs duos de centres de la ligue, Malkin semble toujours en deçà de son potentiel depuis la saison 2008/09 où il avait grandement contribué au titre de Pittsburgh avec un titre personnel de meilleur marqueur de la ligue (avec 113 points) et celui de MVP des playoffs. Après un total de 77 points en 67 matchs en 2010, il a cette fois été limité à 37 points en 43 matchs à cause d'une blessure au genou droit. Si Malkin a continué cette saison à empiler les points à un rythme proche du point par match, il n'a pas semblé aussi dominant que les précédentes années et parfois en proie à un manque de constance et de concentration. La prochaine saison devrait être déterminante pour lui et il s'entraîne actuellement en Russie en compagnie de Sergei Gonchar pour être en forme en octobre.

Les stars de l'effectif n'ont pas été les seules à souffrir des blessures. Mike Comrie avait été signé par Ray Shero à l'été 2010. L'ailier avait été signé à peu de frais à cause de ses antécédents de blessures et il a rapidement rejoint l'infirmerie avec toujours des problèmes avec sa hanche, après 21 matchs et 6 points. L'offensive a donc été assurée par d'autres joueurs comme l'ailier gauche Chris Kunitz. Bien qu'il ait lui aussi manqué plusieurs matchs à cause d'une blessure, il a été moins absent que ces dernières saisons et termine avec 48 points en 66 matchs.

Le vide au centre de l'attaque a été comblé par Jordan Staal en fin de saison. Le benjamin des Staal a été absent au début de la saison à cause d'une blessure au pied datant de mai 2010, puis d'une fracture à la main, mais son retour au début janvier a été important pour l'équipe. Propulsé en première ligne, le centre défensif a cumulé 30 points en 42 matchs. A contrario de nombre de ses coéquipiers, Tyler Kennedy a pour une fois connu une saison complète en signant son meilleur total de points de sa carrière et en travaillant efficacement dans le domaine défensif. Cela lui a permis de négocier son nouveau contrat avec le club au mieux et son salaire a plus que doublé. Autre joueur défensif à avoir échappé aux blessures, Pascal Dupuis a terminé la saison avec son rendement habituel d'une trentaine de points.

Quant à Matt Cooke, sa réputation controversée l'a rapidement rattrapé. Bien qu'il ait eu une production offensive correcte par rapport aux attentes (30 points en 67 matchs), il a manqué des matchs non à cause des blessures mais des suspensions. Outre une charge sur Marc Savard qui a conclu prématurément la saison du centre canadien à la fin janvier, il s'est également faire remarquer et punir pour des charges sur Fedor Tyutin (Columbus) et Ryan McDonaugh (Rangers), sans oublier une tendance à prendre des pénalités inutiles. Recadré par Ray Shero, Cooke devrait revenir en octobre prochain en essayant de se faire remarquer le moins possible. Pour renforcer son attaque à la deadline, Shero a fait venir James Neal de Dallas mais ce transfert n'a pas les effets escomptés. Neal n'a signé que 2 buts et il a manqué quelques occasions nettes en playoffs. À sa décharge, il n'a pas encore eu l'occasion de jouer avec Crosby ou Malkin, qui auraient sans doute épaulé le buteur de 23 ans, et il a fourni un travail défensif satisfaisant.

 

Anaheim Ducks (10e)

Anaheim espérait rebondir. Le vétéran Teemu Selänne avait d'ailleurs prévenu qu'il n'accepterait de resigner avec les Ducks que s'ils visaient les playoffs. La présence de l'ailier droit finlandais a donc été perçue comme une preuve de l'ambition du club mais le début de saison est plutôt poussif avec 17 victoires en 34 matchs à la mi-décembre, avant d'enchaîner sur une série de déplacements catastrophiques avec 4 défaites en 5 matchs. La situation a poussé l'entraîneur Randy Carlyle à s'entretenir en face-à-face avec chaque joueur de l'effectif pour déterminer ce qui pourrait être amélioré et prévenir que des changements pourraient avoir lieu. La mise au point a marché puisque les Ducks ont terminé en trombe avec 29 victoires lors des 43 derniers matchs. Toutefois, lors des playoffs, la solide formation des Predators de Nashville s'est révélée trop coriace pour Anaheim et la série a tourné à l'avantage des joueurs du Tennessee.

Dans les buts, Jonas Hiller a joué sa première saison complète comme titulaire après le départ de Jean-Sébastien Giguère en 2010. Le début de saison fut difficile pour le Suisse à cause d'une défense assez désorganisée devant lui mais il a rapidement repris le dessus pour être nommé au "all-star game" en janvier. Ses ennuis commencent en février et, après un match face à San José où il est sorti avec trois buts encaissés en onze minutes, il reconnaît qu'il ne se sentait pas bien. Souffrant de vertiges, le gardien suisse de 29 ans ne jouera plus avant le 24 mars. Son retour n'est pas probant car il encaisse 3 buts en 12 minutes face à Nashville. S'il a ensuite continué à s'entraîner, il n'a pas joué avec les Ducks la fin de saison. Confronté à l'incapacité de son gardien numéro 1, Murray a préféré ne pas compter sur le remplaçant Curtis McElhinney, alors en difficulté, et il a signé le revenant Ray Emery puis transféré Dan Ellis.

Si Emery a été signé avant l'arrivée d' Ellis de Tampa, c'est ce dernier qui a démarré en premier dans les buts d'Anaheim car Emery a d'abord retrouvé des sensations en jouant avec le Crunch de Syracuse en AHL. Ellis, signé à l'intersaison 2010 au Lightning, n'a pas convaincu en Floride mais il apporté de la stabilité à Anaheim. Il a également amélioré ses statistiques, passant d'un pourcentage d'arrêts de 88,9% en 31 matchs avec Tampa à 91,7% en 13 matchs avec les Ducks. S'il a permis à l'équipe d'accrocher la quatrième place de la conférence sur le fil grâce à une belle prestation lors du dernier match de la saison régulière (43 arrêts face à Los Angeles), les playoffs vont s'arrêter prématurément pour lui à cause d'un mauvais premier match (4 buts encaissés en 24 tirs). Le fantasque Emery a connu une carrière mouvementée depuis son passage à Ottawa, passant par la Russie puis Philadelphie. Pour une fois, ce n'est pas son caractère orageux qui a remis en cause son retour en Amérique du Nord en 2009/10 mais une blessure avec une nécrose grave au niveau de la hanche. Signé par Anaheim en février, il retrouve rapidement un bon niveau en AHL et démarre bien avec les Ducks en mars avec une série de 6 victoires d'affilée. Les playoffs seront plus compliqués avec au moins 3 buts encaissés à chaque match.

Au niveau de l'escouade défensive, les nombreux changements à l'intersaison ont donné un caractère parfois improbable aux lignes, mais avec finalement de bonnes surprises. C'est le cas de Toni Lydman, signé comme agent libre à l'été 2010. La signature est passée quelque peu inaperçue mais elle s'annonçait cruciale pour une ligne bleue des Ducks en manque d'expérience. La saison débute pourtant mal pour le Finlandais, qui a contracté pendant le camp d'entraînement de septembre un cas aigu de double vision, ce qui a poussé Murray à réfléchir à une solution de repli en envisageant de signer un autre agent libre. Mais si le défenseur de 33 ans n'a pas disputé de match de préparation et qu'il a manqué la première semaine de la saison, il a apporté dès son retour une bonne capacité de positionnement, associée à une habileté à jouer justement même sous la pression. Lydman a souvent joué plus de 25 minutes avant que l'amélioration des autres lignes permette à Carlyle de le ménager avec un peu moins de 22 minutes par match à la fin de la saison. Le Finlandais termine également avec le deuxième meilleur différentiel de la ligue (+32), juste derrière Zdeno Chara. Ce bon résultat provient de l'appui offensif de Lubomir Visnovsky. Le vétéran slovaque de 34 ans a réussi la meilleure saison offensive de sa carrière avec 50 assistances pour 68 points, terminant meilleur marqueur de la ligue chez les défenseurs.

La bonne surprise chez les défenseurs est venue de Cam Fowler. Le rookie de 19 ans a dû attendre plus longtemps que prévu lors de la draft 2010 pour être choisi mais il s'est rapidement mis en avant dans la ligue avant que d'autres joueurs draftés avant lui ne jouent chez les pros. Le manque de profondeur de la ligne bleue des Ducks a ainsi contraint Carlyle à faire confiance à Fowler pour mener une des unités de powerplay et jouer plus de 20 minutes de jeu par match. Si l'offensif défenseur a commis les erreurs que font tous les rookies qui découvrent le haut niveau, qu'il doit encore se renforcer physiquement et travailler son jeu de défense à la crosse, Fowler a signé une saison prometteuse avec 40 points. Il a joué le plus souvent sur la deuxième ligne mais les exigences de la longue saison a incité Carlyle à le remplacer par Luca Sbisa, lui aussi auteur d'une saison pleine de promesses. Fowler n'a toutefois pas sombré en fin de saison, en étant sans doute le meilleur défenseur de son équipe face à Nashville en playoffs.

Cherchant à renforcer sa défense à l'approche des playoffs avec un élément physique d'expérience, Bob Murray a fait venir de Toronto à la deadline François Beauchemin. Murray a dû se séparer de Joffrey Lupul, un ailier droit buteur, et de Jake Gardiner, un des meilleurs prospects défensifs des Ducks, pour faire revenir celui qui a joué avec les Ducks entre 2005 et 2009, remportant la coupe Stanley en 2007. Beauchemin n'a pas été aussi convaincant lors de ce deuxième tour de piste avec Anaheim. Il a d'abord dû essayer plusieurs partenaires avant de se fixer avec Luca Sbisa mais Carlyle s'est plaint à plusieurs reprises que Beauchemin cherchait trop à jouer à l'arrêt et qu'il devait patiner plus avec le palet. De plus, le Québécois de 31 ans n'a pas beaucoup utilisé son tir pourtant puissant. Les fans n'ont donc pas retrouvé le Beauchemin qui avait passé plus de trois saisons aux côtés de Scott Niedermayer sur la ligne bleue d'Anaheim.

En attaque, les nouvelles de l'intersaison concernaient principalement Bobby Ryan, pour la reconduction marathon de son contrat, et Ryan Getzlaf, pour sa nomination comme capitaine, mais c'est finalement le troisième larron de la première ligne, Corey Perry, qui a fait le plus de bruit lors de cette saison 2010/11. Avec une saison où il a été le seul de la ligue à atteindre les 50 buts, Perry a été élu MVP de la saison régulière. Si cela a pu faire grincer quelques dents, car le bouillant ailier droit n'est pas vraiment apprécié parmi les adversaires des Ducks, cette distinction est méritée car Daniel Sedin, son principal concurrent, n'a sans doute pas été aussi décisif pour son équipe que Perry. Sans lui et ses 98 points, Anaheim n'aurait sans doute pas réussi à accrocher les playoffs.

L'impact de Perry a notamment permis à l'équipe de survivre à l'absence du capitaine Ryan Getzlaf en janvier, victime d'un tir dans le visage qui lui a fait manquer 14 matchs à cause d'une fracture du sinus. Sa blessure l'a frappé alors qu'il était en passe de réussir la meilleure saison de sa carrière. Toutefois, son retour a été positif pour son équipe, alors qu'elle se battait pour atteindre les playoffs. Les 39 points marqués après son retour le 9 février constituent le deuxième meilleur total de la ligue. Getzlaf, qui s'est affirmé comme le quatrième passeur de la ligue malgré sa période d'absence, profite des deux snipers sur ses ailes, Perry et Bobby Ryan. Ce dernier a entretenu le suspense sur sa resignature à l'été 2010 car il semble qu'il ne souhaitait pas vouloir s'engager sur le long terme avec le club californien. Finalement, l'ailier de 24 ans a signé pour 5 ans et 5,1 millions par an, et il n'a pas déçu avec 34 buts.

Sur la deuxième ligne, Teemu Selanne a prouvé qu'il était encore un joueur dangereux, même s'il a passé 40 ans. Ses 31 buts pour 41 points ont forgé sa meilleure saison depuis le titre de 2007. Comme tous les étés, le "Finnish Flash" songe à se retirer et, s'il a fait savoir que l'offre de contrat que lui a fait Anaheim était intéressante, il a également déclaré qu'il attendrait septembre pour donner sa réponse, le temps de voir s'il récupère parfaitement d'une opération au genou gauche. Au centre de sa ligne, son compatriote Saku Koivu a connu une saison mi-figue mi-raisin. Comme d'habitude, le centre de 36 ans n'a pas connu une saison complète à cause d'une blessure, cette fois à l'aine, mais ses 45 points en 75 matchs marquent une baisse dans sa production offensive. Toutefois, le vétéran a été présent lors des moments décisifs avec son habileté dans les mises au jeu ou lors des infériorités numériques. À l'aile gauche, Jason Blake était arrivé de Toronto en échange de Giguere et il a trouvé sa place sur la deuxième ligne grâce à sa vitesse et sa ténacité dans les entrées de zone pour épauler ses deux coéquipiers finlandais. Ses 32 points sont pourtant assez décevants et il est devenu un des joueurs les plus critiqués par les fans, notamment pour une tendance supposée à tirer continuellement dans le plastron du gardien.

 

Phoenix Coyotes (11e)

La rumeur voulait que la franchise des Coyotes vive sa dernière saison en Arizona en 2010/11 du fait du retrait du seul repreneur crédible. Néanmoins, la ville de Glendale a voté une enveloppe de 25 millions de dollars pour couvrir les pertes de l'équipe l'an prochain. Si les Coyotes joueront bien à Phoenix en 2011/12 et que ce sont finalement les Thrashers qui sont partis à Winnipeg, ce n'est qu'une solution de court terme et les rumeurs de relocalisation ne devraient pas tarder à reprendre. Sportivement, le bilan des Coyotes est bon même si le manque d'argent commence à se faire sentir dans l'ambition de l'équipe. Cette fois, l'équipe de l'Arizona n'a pas fait le poids contre les Red Wings de Detroit en playoffs, rapidement écartée en 4 matchs.

Dans les buts, Ilya Bryzgalov a été un des principaux artisans de la bonne saison de Phoenix, comme il y a deux ans, terminant à nouveau avec un pourcentage d'arrêts de 92,1%. Le Russe a été moins impressionnant lors des playoffs mais son départ reste une grande perte pour la franchise. Ainsi, le gardien de 30 ans, en fin de contrat avec les Coyotes, a vu ses droits transférés à Philadelphie, qui l'a rapidement signé pour un contrat à long terme. Étant donné que Jason LaBarbera, le remplaçant de Bryzgalov cette année, ne serait sans doute pas une solution pour le poste de titulaire, Don Maloney, le manager général de l'équipe, est allé chercher un agent libre, Mike Smith. Une solution à moindre coût puisque Smith reste sur une expérience de plusieurs saisons peu probantes à Tampa.

En défense, Maloney a réussi un bon coup en resignant Keith Yandle pour 5 ans. En constante progression, le défenseur de 24 ans a réussi une brillante saison à 59 points. Ses efforts, notamment sur le powerplay, lui ont ainsi permis de finir comme troisième meilleur marqueur de la ligue chez les défenseurs. D'autres jeunes joueurs composent cette escouade défensive : Oliver Ekman-Larsson, 20 ans, n'a pas disputé toute la saison avec Phoenix mais il a déjà montré qu'il avait le potentiel pour bien figurer dans cette ligue. Quant à David Schlemko, 24 ans, il a essayé de suivre l'exemple de Yandle pour se joindre au jeu offensif mais il a parfois été pris hors de position et il a souffert d'une commotion cérébrale pendant quelques matchs à cause d'un choc. Au niveau des vétérans, Derek Morris a connu une saison difficile avec quelques erreurs défensives tandis que Michal Rozsival, Adrian Aucoin et Rostislav Klesla, arrivé en cours de saison, ont été plutôt solides.

En attaque, pas vraiment de grand nom, restriction budgétaire oblige. La star offensive de l'équipe est le vétéran Shane Doan, présent depuis l'arrivée de la franchise dans le désert de l'Arizona. À 34 ans, il est à nouveau en haut du tableau des marqueurs de Phoenix même si son rendement a baissé ces deux dernières années. Toutefois, contrairement à l'an passé, il a réussi à accrocher la barre des 20 buts malgré plusieurs matchs manqués à cause d'une suspension puis d'une blessure. Arrivé opportunément d'une équipe de Caroline également en restriction budgétaire, Ray Whitney a démarré la saison lentement mais il termine avec un total probant de 40 assistances.

Lee Stempniak avait connu une fin de saison 2009/10 avec Phoenix excellente, marquant 14 buts en 18 matchs après son transfert de Toronto. Il a cette fois été plus discret avec 19 buts pour 38 points sur toute la saison, et il a de nouveau disparu en playoffs face à Detroit. Radim Vrbata (48 points) et Lauri Korpikoski (40 points) ont été parmi les principaux contributeurs offensifs de l'équipe. Le poste de centre a été un des points faible de l'équipe suite au départ de Matthew Lombardi : Eric Belanger n'a pas réussi à convaincre, le style de jeu défensif de Martin Hanzal le destine plus à la deuxième ligne qu'à la première, et Kyle Turris, 21 ans, sans doute destiné à jouer un jour sur la première ligne, a surtout évolué sur la quatrième ligne.

 

Los Angeles Kings (12e)

Le jeune effectif de Los Angeles est parvenu aux playoffs pour la deuxième année consécutive, mais avec le même résultat : une élimination prématurée, cette fois face à un des rivaux locaux, San José. Cet échec n'a pas surpris du fait de la relative inexpérience des playoffs de la plupart des cadres de l'équipe et de la grave blessure de l'indispensable Anze Kopitar à quelques jours du début de la série. Les Kings avaient parfaitement commencé la saison avec une série de 12 victoires en 15 matchs. Ce capital va être érodé par une série plus compliquée de 10 défaites en 12 matchs en janvier, mais l'équipe parviendra toutefois à assurer sa place parmi les qualifiés avec une meilleure série en février.

Chez les gardiens, beaucoup d'observateurs prédisaient que Jonathan Bernier prendrait la place de titulaire de Jonathan Quick, même si ce dernier avait signé plusieurs records de franchise en 2009/10 (nombre de matchs joués avec 72 et nombre de victoires avec 39). Cette concurrence a poussé à Quick, 25 ans, à se présenter au camp d'entraînement de septembre en grande forme. Il a été un élément important du bon début de saison des Kings, ce qui a rapidement fait taire les spéculations sur l'identité du titulaire. Il a toutefois eu quelques moments de creux, comme pendant la mauvaise série de janvier ou lors de la série face à San José où il a encaissé 20 buts en 6 matchs, même si cela est dû en partie à la piètre performance des défenseurs devant lui. Après avoir été élu meilleur gardien d'AHL avec les Monarchs de Manchester en 2009/10, Jonathan Bernier, 22 ans, a fait le grand saut dans l'équipe première. Néanmoins, de même qu'il lui avait fallu une saison d'adaptation à Manchester, la première saison de Bernier avec les Kings est mitigée. Le départ a été difficile (89,3% d'arrêts sur ses 14 premiers matchs) mais, après la coupure du match des All-Star en janvier, Bernier a montré ce dont il était capable avec 93,9% d'arrêts en 11 matchs et aucune défaite dans le temps réglementaire. Après l'élimination des Kings, Il a rejoint l'équipe du Canada au championnat du monde, en remplaçant James Reimer au poste de titulaire.

L'escouade défensive des Kings s'est articulée autour du quatuor Scuderi, Johnson, Mitchell et Doughty. Depuis son arrivée de Pittsburgh il y a deux ans, Rob Scuderi a apporté du leadership et une présence physique. Il travaille toujours dur pour contrer les tirs ou tuer les pénalités mais sa lenteur au patinage le met parfois en danger sur des pertes de palet. Bien qu'il ait parfois été aligné avec Doughty, Scuderi a passé la majorité de la saison avec Jack Johnson. Ce dernier a signé un record personnel de 42 points, principalement grâce au jeu de puissance où il a amassé 3 buts et 25 assistances. Le bilan est moins brillant au niveau du différentiel où son -21 (de loin le plus mauvais des six défenseurs régulièrement alignés) est sans doute dû à quelques erreurs dans sa zone ou au niveau de la bleue. Toutefois, Johnson n'a que 24 ans et, étant signé jusqu'en 2018, il a de l'avenir parmi les Kings.

Idem pour Drew Doughty. Le jeune défenseur de 21 ans avait fait tourner les têtes en 2009/10 grâce à une prestation probante lors des Jeux Olympiques et une saison NHL brillante qui lui avait permis d'être nominé pour le trophée Norris de meilleur défenseur de la ligue. Fatalement, la saison 2010/11 a été plus difficile : les problèmes ont commencé dès le camp d'entraînement où le staff s'est plaint de son état de forme, puis une commotion cérébrale lui a fait manquer 6 matchs en début de saison. À cela s'ajoute une baisse dans la production offensive et quelques erreurs avec le palet qui l'ont vite écarté des pronostics pour le trophée Norris. Néanmoins, il s'est souvent bien acquitté de son travail défensif et il termine avec un total correct de 40 points (19 de moins qu'il y a un an). Sans doute que l'effet de surprise n'a plus joué cette année en faveur de Doughty, marqué de près par ses adversaires et pressé dans le jeu de puissance. Il lui faudra donc s'adapter l'an prochain. Quand Dean Lombardi a signé Willie Mitchell pour deux ans à l'été 2010, beaucoup de questions se posaient sur l'état de forme du défenseur physique de 34 ans. En effet, il restait sur une commotion cérébrale. S'il a manqué cette saison 25 matchs à cause de blessures, il s'est révélé un soutien important pour les deux jeunes défenseurs avec qui il a été aligné (Johnson et Doughty), un pilier en infériorité numérique et son jeu avec la crosse lui a permis de contrer de nombreuses offensives adverses.

Pour la troisième ligne, Terry Murray s'est appuyé sur le duo Alec Martinez - Matt Greene. Martinez est l'invité surprise de l'escouade défensive : alors qu'il n'avait pas été spécialement remarqué dans le camp d'entraînement où de nombreux prospects défensifs se sont retrouvés, le défenseur de 23 ans a saisi sa chance quand il a été appelé à la fin novembre en remplacement de Jake Muzzin. Il avait alors signé un début de saison solide à Manchester et a tout de suite paru très à l'aise dans un rôle de renfort offensif de troisième ligne et est resté jusqu'à la fin de la saison. Comme tous les rookies défensifs, il a parfois eu quelques difficultés défensives mais il termine avec 5 buts pour 16 points. De son côté, Greene a mis en avant son impact physique et a constitué une des voix les plus importantes dans le vestiaire. Compétent pour un rôle de troisième ligne, les blessures dans l'effectif ont parfois contraint Terry Murray à l'employer dans le top 4, où il a été en difficulté.

À l'avant, le joueur principal a été comme souvent Anze Kopitar. Si le Slovène de 23 ans est devenu le meilleur attaquant défensif de son équipe, il a gardé son impact offensif avec un point par match en moyenne. Cette versatilité a permis à Murray d'aligner Kopitar dans toutes les situations, en supériorité comme en infériorité numérique. Néanmoins, alors que le discret centre commençait à se faire remarquer parmi les meilleurs à ce poste dans la conférence ouest, vers la fin décembre, il a justement traversé une période de creux qui a duré 20 matchs et où il n'a marqué qu'un but. Le tournant de sa saison a évidemment été sa blessure à la cheville à la fin de la saison régulière. Ironiquement, Kopitar avait justement battu cette saison le record du club de matchs consécutifs joués. Cette absence inhabituelle a beaucoup compté dans l'élimination rapide en playoffs de l'équipe. Sur la première ligne, Kopitar a souvent été aligné avec Justin Williams à sa droite. Souvent blessé, l'ailier n'avait plus joué de saison complète depuis 2006/07. Cette année, il a réussi 22 buts et il a beaucoup travaillé en zone offensive. Malheureusement pour lui, il n'a toujours pas réalisé une saison complète à cause d'une épaule disloquée au 73e match qui lui a fait rater la fin de la saison.

Trouver un ailier gauche pour cette ligne n'a pas été simple. Lombardi ayant échoué à signer Ilya Kovalchuk à l'été 2010 pour remplacer Aleksandr Frolov, il s'était rabattu sur Aleksei Ponikarovsky pour compléter son top 6. En fait, plusieurs blessures en début de saison ont empêché l'ailier russe de montrer son meilleur niveau et il a terminé sur la troisième ligne avec Michal Handzus, où sa grande taille a été utile, mais ses 5 buts sont loin des 20 que le staff espérait de lui. Ryan Smyth a souvent été aligné sur la première ligne et s'il n'a plus à 35 ans son rendement d'il y a quelques années, il a signé une nouvelle saison à plus de 20 buts. Son manque de vitesse a parfois été problématique mais il s'est beaucoup employé devant et derrière le filet grâce à sa volonté. Malgré une saison plutôt probante même s'il n'a plus la production pour être sur une première ligne, "Captain Canada" a choisi de retourner à son club d'origine, Edmonton, et a sollicité pendant la draft un transfert.

Afin de booster son équipe pour les playoffs et enfin trouver un ailier gauche pour la première ligne, Lombardi a fait venir à la deadline Dustin Penner d'Edmonton, envoyant Smyth sur le deuxième trio. Le prix fut élevé (un prospect défensif et un choix de premier tour) mais la perspective de l'aligner avec Kopitar et Williams était intéressante. De fait, les débuts du trio sont bons et Penner signe 6 points dans ses 7 premiers matchs avec les Kings. Et puis plus rien : aucun point lors des 12 derniers matchs de la saison régulière et un réalignement sur le quatrième trio lors des playoffs. À la décharge de Penner, il a dû composer avec les blessures conjuguées de Kopitar et Williams, mais il est surtout apparu trop apathique et hésitant pour convaincre. Lombardi et Murray ont noté que Penner aurait besoin d'être en meilleure forme pour la reprise et, de fait, le prochain début de saison sera crucial pour lui.

Outre Smyth, la deuxième ligne a pu compter sur Jarret Stoll et le capitaine Dustin Brown. Murray attendait que Stoll élève sa production offensive et le centre de 29 ans a répondu aux attentes avec 43 points, grâce à une utilisation plus importante de son tir puissant. Ce poste devrait être occupé par Mike Richards l'an prochain, mais Stoll peut se révéler un bon centre de troisième ligne, notamment grâce à son habilité lors des mises au jeu. Brown n'a pas progressé au niveau des points mais il a montré une capacité à porter son équipe sur ses épaules rarement vue les autres saisons, même si l'énergique capitaine a toujours mené par l'exemple. À la fin de la saison régulière, alors que Williams et Kopitar étaient blessés et que la concurrence faisait rage pour les dernières places pour les playoffs, il a inscrit 9 points lors des 9 derniers matchs. Une des déceptions au niveau de l'attaque a été Wayne Simmonds : après deux saisons de travail intensif au pressing offensif, les fans espéraient qu'il atteigne la barre des 20 buts. Au contraire, Simmonds ne s'est pas mis en évidence lors de nombreux matchs et a semblé moins efficace au forecheck et son efficace tir du poignet ne lui a permis d'amasser que 14 buts. Son transfert à Philadelphie pourrait relancer la carrière de cet ailier de 22 ans.

 

Chicago Blackhawks (13e)

Le champion sortant a connu une année difficile, faite de hauts et de bas, parfaitement symbolisée par la série face à Vancouver en playoffs. Après avoir concédé les trois premières rencontres, les Blackhawks se sont rappelés au bon souvenir de leur bête noire en recollant au score, pour ne s'incliner qu'en prolongation du septième match face aux futurs finalistes. On pourrait mettre cette saison mi-figue mi-raisin sur le compte des départs forcés pour cause de gestion de la masse salariale. Pourtant, le manager général Stan Bowman avait réussi à garder les principaux cadres. La principale raison des difficultés de l'équipe semble avoir été un manque de motivation quasi général, renforcé par un manque de présence physique.

L'été 2010 a vu un changement du duo de gardiens, avec le départ de Antti Niemi pour San José et celui de Cristobal Huet pour la Suisse. Bowman a signé le vétéran Marty Turco, qui restait sur une saison plutôt difficile avec Dallas mais qui avait l'avantage de se contenter d'un salaire d'1,3 million pour un an. L'entraîneur, Joël Quenneville, espérait que son jeu à la crosse dynamiserait la relance du palet mais cela n'a pas été le cas. Les performances de Turco n'ont pas non plus été flamboyantes avec un pourcentage d'arrêts de 89,7% pour ses 29 matchs. La défense devant lui était largement inexistante en début de saison, ce qui a précipité son déclin et son remplacement par Crawford. Turco ne s'est ensuite mis en valeur que lorsqu'il a participé à un pari avec un fan des Canadiens pendant un match contre Montréal et en démarrant sa reconversion comme analyste sur les antennes du site de la ligue. Corey Crawford, considéré depuis sa sélection dans la draft 2003 comme le gardien du futur de la franchise, était censé avoir une première saison complète comme remplaçant avant de devenir titulaire l'an prochain, mais il a finalement dû assumer cette fonction dès le mois de novembre. Il a été plutôt convaincant et il est une des principales raisons pour lesquelles Chicago a accroché les playoffs. Il a montré qu'il pouvait assurer la charge de travail d'un titulaire, même s'il a semblé fatigué en février et mars car il était beaucoup utilisé par Quenneville.

Un des meilleurs joueurs de l'équipe championne de 2010 était sans aucun doute Duncan Keith, qui a connu une saison complète enchaînant une médaille d'or aux Jeux Olympiques de Vancouver, la coupe Stanley et le trophée de meilleur défenseur de la ligue, ce qui l'a conduit à être resigné jusqu'en 2023. Il ne pouvait aller plus haut mais les fans ne s'attendaient sans doute pas à une chute aussi brutale. Si Keith a connu une inévitable baisse dans sa production offensive (passant de 69 points à 55), il a surtout tenté trop de tirs, finissant parmi les joueurs les plus contrés de la ligue, et ses passes parfois forcées vers la zone offensive ont souvent été interceptées. Une partie de cette difficulté provient sans doute de ses longues présences (26 minutes par match) qui ont érodé ses capacités physiques et mentales. Si Keith a ouvertement critiqué ses coéquipiers après un match à Calgary en pointant du doigt l'inefficacité des attaquants, il a fini par confier à la presse lors des playoffs qu'il a eu des difficultés de concentration pendant la saison. Il ne fait aucun doute que Keith connaîtra de bien meilleures saisons sous le maillot des Hawks. Son camarade de ligne, Brent Seabrook, a lui aussi connu un début de saison difficile mais il a réussi à remonter la pente, notamment après avoir signé une extension de 5 ans. Alors qu'on l'attendait surtout dans un rôle physique, Seabrook s'est mis en valeur sur le plan offensif avec ses 48 points, ses 39 assistances lui permettant d'être onzième de la ligue dans ce domaine. Toutefois, il a subi une commotion cérébrale après une charge de Raffi Torres. Cela pourrait devenir inquiétant pour le défenseur de 26 ans, car c'est la troisième commotion importante en trois ans.

Sur la deuxième ligne, Brian Campbell et son mirifique contrat de 7 millions de dollars par an ont fini par être envoyé en Floride par Bowman cet été. Si cela a ravi de nombreux fans qui estiment que Campbell était surpayé, c'est une perte importante pour l'escouade défensive de Chicago. Ainsi, Campbell a été un des seuls joueurs de l'effectif, avec Jonathan Toews, à rapidement penser que Chicago pouvait manquer les playoffs sans un rapide coup de collier. Il a démarré la saison blessé. Son retour en forme a toutefois été bénéfique et, si Campbell n'a inscrit que 27 points, c'est largement dû au fait qu'il était plus concentré sur le travail défensif que offensif, étant même rétrogradé sur la deuxième escouade en supériorité numérique. Cette motivation l'a conduit a être le joueur le plus utilisé en infériorité numérique et à terminer les matchs serrés sur la glace en compagnie de Seabrook. Niklas Hjalmarsson est une déception : après une bonne saison l'an passé dans un rôle défensif avec Campbell, Bowman avait dû casser sa tirelire pour conserver le défenseur suédois à cause d'une lucrative offre de San José. Cela semblait alors logique pour Bowman de conserver un de ses meilleurs défenseurs, bien que son augmentation de salaire ait sans doute poussé vers la sortie Antti Niemi et Andrew Ladd. Un an après, le bilan est mitigé, car le défenseur a semblé perdu sans Campbell en début de saison. S'il s'est ensuite repris, il n'a pas fait preuve pendant cette saison de la même patience que l'an passé, pour les dégagements notamment. Ainsi, ses renvois expéditifs ont souvent été anticipés par l'adversaire qui a pu les intercepter.

La difficulté en défense a été exacerbée par le manque de profondeur en réserve sur ce poste. Ainsi, Quenneville et Bowman avaient signé John Scott pour assurer le rôle d'enforcer mais également pour jouer sur la troisième ligne de défense. Or, il est rapidement apparu que Scott se battait nettement mieux qu'il ne jouait en défense. Quant à Jordan Hendry, il s'est rapidement blessé et n'a été employé le plus souvent que comme attaquant d'appoint sur la quatrième ligne d'attaque. Nick Boynton et Nick Leddy n'ont pas donné des gages de sûreté, ce qui a conduit Bowman à aller chercher Chris Campoli à Ottawa. Il a parfaitement assuré son rôle même si il a malheureusement précipité la fin des Hawks en playoffs à cause d'un mauvais dégagement en prolongations du match 7 face à Vancouver, qui a terminé dans la crosse d'Alexandre Burrows pour le but décisif.

En attaque, Jonathan Toews n'a pas semblé concerné par la gueule de bois de l'après coupe Stanley. Là où beaucoup de ses coéquipiers ont vu une baisse de performance, le capitaine de Chicago termine la saison avec un record personnel de points. Il a notamment répondu présent quand la course aux playoffs devenait serrée, en marquant 38 points en 27 matchs du début janvier à la fin mars. S'il n'a pas démérité dans le leadership par l'exemple, Toews n'a peut-être pas assez tapé du poing sur la table pour réveiller ses camarades. Par exemple, il a allumé ses coéquipiers dans le vestiaire après une première période poussive des Hawks à St. Louis en février où ils étaient menés par deux buts. Le message est passé cinq sur cinq et Chicago a marqué quatre fois lors de la deuxième période, ouvrant la voie à une série de huit victoires d'affilée. La saison de Toews peut être symbolisée par son but lors du match 7 face à Vancouver : alors que les Hawks étaient menés dans les dernières secondes du match, leur capitaine de 23 ans s'est arraché pour reprendre de volée un rebond alors qu'il était allongé sur la glace. Son tir a trompé Luongo et offert un sursis à son équipe.

Peut-on dire d'un joueur qui a atteint la barre des 70 points pour la quatrième fois de suite qu'il a eu une mauvaise saison ? Difficile. Pourtant, Patrick Kane a eu une saison mouvementée, même si le fait d'être parfois en délicatesse avec sa cheville ne l'a pas empêché d'avoir une moyenne d'un point par match. Aux difficultés dans le travail défensif s'est ajouté une étonnante réserve dans l'utilisation de son tir, pourtant dévastateur. Il termine ainsi avec son plus faible total (et de loin) de tirs cadrés de ses trois dernières années et, conséquence directe, ses 5 buts en avantage numérique sont le plus mauvais résultat de sa carrière. À 22 ans, Kane va sûrement rebondir l'an prochain, lui qui a sans doute le plus gros potentiel offensif de la franchise.

Outre Hjalmarsson, Stan Bowman a réussi à conserver dans l'effectif Patrick Sharp. Le choix de ne pas le transférer s'est révélé payant en début de saison où Sharp était la principale menace offensive du club, marquant par exemple 10 buts lors du seul mois d'octobre. La présence de Sharp avec le duo Toews - Kane a donné à Chicago une des lignes les plus efficaces de la ligue, ce qui lui a permis d'accumuler le meilleur total de points de sa carrière et de connaître sa première sélection au "all-star game". Il s'est également montré polyvalent, jouant aussi bien au centre de la deuxième ligne que sur l'aile gauche. Si Sharp a amélioré sa production offensive, cela a été au détriment de son travail défensif, moins important que lors des précédentes saisons et qui ne lui a pas évité un passage à vide offensif lors du sprint pour les playoffs (un seul but marqué après la fin février). Marian Hossa a été l'autre joueur des Hawks à bien démarrer la saison avec ses 7 buts en 7 matchs. Toutefois, après cette brillante série, il a aligné 4 matchs sans marquer de point avant de se blesser, ce qui résume plutôt bien sa saison. Tantôt une force offensive impressionnante, tantôt invisible, le Slovaque n'a pas toujours convaincu les fans même si il a connu une nouvelle bonne série lors du mois de mars (20 points en 16 matchs) et lors des playoffs (6 points en 7 matchs). De plus, il n'a pas été épargné par les blessures depuis sa signature avec les Hawks à l'été 2009.

Quenneville a procédé à de nombreuses variations de personnel autour de ces quatre principaux joueurs pour compléter son top 6. Tomas Kopecky a terminé avec le meilleur total de points de sa carrière en profitant de son accointance avec son compatriote Hossa et du fait qu'il était un des seuls de l'effectif à pouvoir jouer posté devant le but adverse. Son manque de niveau de jeu l'a empêché de se stabiliser sans le top 6 et il n'a pas non plus trouvé de place dans le bottom 6, ne défendant pas très bien et se révélant médiocre aux mises au jeu les rares fois où il était aligné comme centre. Finalement, il termine sur la quatrième ligne avec Viktor Stalberg et Ryan Johnson et il a signé cet été en Floride. Troy Brouwer a lui apporté au top 6 une dimension physique qui a largement manqué à l'effectif, terminant cinquième de la ligue au niveau des mises en échec. Au niveau offensif, il n'a pas réussi à vraiment s'affirmer comme un power forward pouvant passer la barre des 20 buts, comme il l'avait fait en 2009/10. Brouwer a terminé la saison avec seulement trois assistances en 29 matchs (en comptant les playoffs), à cause notamment d'une blessure à l'épaule. Sa valeur d'échange semblait limitée à cause de cette saison pas vraiment convaincante mais Bowman l'a tout de même envoyé à Washington contre un choix de premier tour.

À la deadline, Bowman a fait venir Michael Frolik de Floride pour renforcer le top 6. Cette arrivée a surpris les fans qui pensaient que Bowman chercherait plutôt un centre de deuxième ligne car Sharp, qui avait officié à ce poste une partie de la saison était alors sur l'aile gauche de Toews. Curieusement présenté comme pouvant jouer au centre, l'ailier droit tchèque a été ballotté dans les lignes un moment avant de trouver sa place aux côtés de Dave Bolland, même si cette nouvelle alchimie n'a pas eu beaucoup de temps pour se développer. Bolland, généralement le centre de la troisième ligne, a commencé l'année difficilement en marquant peu (5 points en deux mois) et en semblant invisible. La tendance s'est toutefois inversée et il a réussi à marquer 33 points lors des 39 derniers matchs, tout en continuant d'affronter les meilleures lignes adverses.

 

Canadiens de Montréal (14e)

Montréal restait sur une finale de conférence inespérée, mais l'aventure s'est cette fois arrêtée dès le premier tour face aux rivaux historiques de Boston. Si les Canadiens peuvent mettre en avant le fait qu'ils ont poussé les Bruins jusqu'à un septième match, il n'en reste pas moins que Montréal était en dessous des futurs vainqueurs.

Pierre Gauthier, le manager de l'équipe, avait fait un coup de poker important à son arrivée en transférant le héros des playoffs Jaroslav Halak. Le mouvement avait été très mal accueilli par les fans, mais il manifestait un soutien important à Carey Price, vu alors par l'organisation de Montréal comme le gardien de la franchise pour les prochaines années. C'était un coup risqué car Price n'avait jusqu'alors jamais semblé pouvoir supporter la pression, mais finalement il a payé. Halak, moins protégé par sa défense à St. Louis qu'à Montréal, a été moins dominant que l'an passé et surtout moins que Price. Le gardien de Montréal termine avec un des meilleurs pourcentages d'arrêts de la ligue (92,3%) alors qu'il est le deuxième de la ligue au niveau des matchs joués, ne laissant que 12 matchs à son remplaçant Alex Auld. Price a donc été l'un des principaux artisans de l'accession de Montréal aux playoffs.

En défense, Andrei Markov a une nouvelle fois connu une saison émaillée de blessures. Il n'a disputé que 7 rencontres à cause d'une blessure au genou droit en novembre. Afin de le remplacer à la manuvre du powerplay, Gauthier est allé chercher James Wisniewski des Islanders. Pas toujours fiable défensivement et moins en verve que sur Long Island, le défenseur de 27 ans a tout de même apporté un impact offensif qui lui a permis de terminer cinquième marqueur chez les défenseurs de la ligue avec 51 points en 75 matchs. Une performance qui lui permettra... de signer un énorme contrat de 5,5 millions par an pendant 6 ans avec Columbus. En l'absence de Markov, c'est Roman Hamrlik qui a pris en main l'escouade défensive. Si l'ancien premier choix de draft d'il y a presque vingt ans n'a plus l'impact offensif et la vitesse d'autrefois, il lui reste une présence physique sur la glace et une dimension de tutorat pour les jeunes joueurs, tout comme Hal Gill, l'autre pilier physique de cette escouade défensive.

Parmi ces espoirs défensifs, il y a évidemment P.K. Subban. Révélé lors des playoffs 2010, le fougueux défenseur de 22 ans n'a pas déçu avec ses 38 points et en étant sans doute le meilleur de l'escouade défensive. Son caractère bien trempé a fait de lui un des joueurs préférés des fans, et il sera sans doute la colonne vertébrale de l'équipe avec Price pour les prochaines années chez les Habs. Le bilan est moins positif pour Jaroslav Spacek. Le vétéran devait apporter un appui offensif mais ses 16 points sont un total assez faible. À sa décharge, le gaucher a souvent dû jouer sur le côté droit, ce qui ne l'a pas aidé pour les relances. Ainsi, Montréal a également été obligé de se passer longtemps de Josh Gorges à cause d'une blessure au genou droit.

Sans surprise, comme les lignes offensives n'ont pas beaucoup évolué et que l'entraîneur Jacques Martin compte toujours sur une stratégie défensive, les Habs n'ont pas brillé par leur attaque, 22e de la ligue. Le bilan n'est pas pour autant mauvais pour tout le monde. Sur la première ligne, Tomas Plekanec a vu son total de points baisser de 13 unités (de 70 à 57) mais il a eu à jouer un rôle défensif important en affrontant les meilleures lignes adverses et en étant aligné dans les situations cruciales. De son côté, si Michael Cammalleri a déçu, c'est principalement car il n'a pas réitéré ses exploits des playoffs 2010. Idem pour Andrei Kostitsyn, même s'il est parvenu à atteindre les 20 buts.

Sur la deuxième ligne, le duo Scott Gomez - Brian Gionta a eu des difficultés à trouver une alchimie avec un troisième coéquipier. Ils ont démarré la saison avec Benoît Pouliot mais sans retrouver l'alchimie de 2009/10. Martin leur a ensuite adjoint Andrei Kostisyn puis Travis Moen, sans plus de résultat. Finalement c'est Max Pacioretty, rappelé d'Hamilton, qui s'est le mieux entendu avec l'ancien duo du New Jersey. Malheureusement, la saison de l'ailier de 22 ans s'est brutalement arrêtée après une charge dangereuse de Zdeno Chara lors d'un match face aux Bruins, alors qu'il avait inscrit 14 buts pour 24 points en 37 matchs. Ces changements n'ont pas aidé un Scott Gomez en difficulté cette saison. Si l'âge est sans doute un facteur de la baisse de régime du centre vétéran, il semblerait également qu'il n'ait jamais vraiment récupéré d'une blessure importante à la jambe en novembre 2008, alors qu'il jouait avec les Rangers de New York. Alors que la vitesse était un des atouts majeurs de Gomez, il n'a depuis plus fait preuve de cette capacité à accélérer le jeu qui le rendait dangereux. Cela l'a forcé à changer son style de jeu, ce qui fait qu'il provoque moins les défenseurs adverses et qu'il utilise moins son tir du poignet. Ses 38 points semblent bien peu pour justifier son salaire, l'un des plus élevés de la ligue.

Cette mauvaise saison de Gomez a affecté son compère Brian Gionta, qui étrennait cette année son capitanat. Cela n'est pas dû à un manque d'engagement car il a souvent bataillé avec les défenseurs pour récupérer les palets à la bande et n'a pas hésité à se poster devant le filet malgré son petit gabarit. De plus, il termine meilleur buteur de l'équipe avec ses 29 réalisations. La méforme de Gomez ne l'a pas aidé car Gionta a réalisé ses meilleures performances quand Martin l'a aligné avec Plekanec et Kostitsyn. Arrivé du Minnesota l'an passé, Benoît Pouliot avait eu une fin de saison intéressante. Malgré de bonnes aptitudes pour le jeu, il n'a pas réussi à convaincre cette année avec seulement 30 points. Finalement relégué sur la troisième ligne où il n'a pas non plus brillé par son travail défensif, il n'a pas été resigné par les Habs et va tenter de se relancer avec un contrat d'un an avec Boston.

 

Buffalo Sabres (15e)

Buffalo a connu des années parfois difficiles, mais la roue est en train de tourner. Les Sabres avaient dû se séparer de leurs cadres en 2007 à cause du manque de moyens financiers, mais l'arrivée du milliardaire Terry Pegula cette année devrait changer la philosophie de l'équipe. Avant même d'avoir un effet sur le recrutement, Pegula a eu un impact psychologique sur l'équipe. La rumeur de son arrivée a couru alors que les Sabres stagnaient dans le classement et, après son introduction à la presse en février, l'équipe a connu une embellie qui lui a permis d'accrocher les playoffs, où elle a été éliminée par une équipe de Philadelphie supérieure.

Dans les buts de Buffalo, on retrouve l'inoxydable Ryan Miller. Moins en vue que l'an passé où il avait remporté le titre de meilleur gardien de la ligue, il a toutefois été un des moteurs de son équipe pour la deuxième partie de la saison. Ses statistiques ayant chuté, certains fans ont pu trouver qu'il était un peu en deçà des performances que l'on peut attendre de son salaire mais il reste le solide titulaire du poste. Derrière lui, le jeune Jhonas Enroth, 23 ans, a joué sa première vraie saison en NHL après avoir assuré le poste à Portland en AHL pendant deux ans et ses débuts sont plutôt prometteurs.

Tyler Myers avait été la révélation défensive de la saison 2009/10, empochant le titre de rookie de l'année. Sans surprise, le défenseur géant a connu une année plus difficile, sans toutefois être catastrophique. Son partenaire de ligne, Henrik Tallinder, étant parti au New Jersey, Myers a été aligné en début de saison avec Shaone Morrisonn. Les deux joueurs n'ont donné des gages de sécurité mais Myers a fini par remonter la pente et ses 37 points sont loin d'être négligeables, surtout quand 5 de ses 10 buts ont offert la victoire à son équipe. Enfin, il a été convaincant lors de la série face à Philadelphie, où le jeune joueur de 21 ans ne s'est pas laissé impressionner par les Flyers en distribuant les mises en échec, tout en jouant plus de 24 minutes par match. Morrisonn a pour sa part été rétrogradé sur le troisième trio, laissant la place à de jeunes défenseurs comme Andrej Sekera, Mike Weber et Chris Butler. Finalement, c'est ce dernier qui va le mieux s'accorder avec Myers pour la fin de saison. Autre bonne surprise de la fin de saison : Marc-André Gragnani. Appelé de dernière minute des Pirates de Portland en AHL (où il a brillé avec le prix de meilleur défenseur de la ligue) pour les playoffs, il n'a pas déçu Ruff en étant l'un des défenseurs jouant le plus grâce à son impact offensif. En effet, s'il a parfois pris des risques en défense, il termine meilleur marqueur de la série pour son équipe avec 7 points.

L'autre ligne de défense principalement utilisée par Lindy Ruff a été la solide paire d'expérience Steve Montador - Jordan Leopold. Montador s'est beaucoup mis en valeur sur les deux premiers mois et il termine avec un différentiel intéressant de +16 tout en apportant du caractère à l'escouade. Néanmoins, au fur et à mesure de la saison, il a pu retrouver quelques mauvais réflexes comme une imprécision dans les passes ou un trop grand nombre de tirs tentés. Toutefois, ses 26 points sont le meilleur total de sa carrière et il a mené l'équipe dans le domaine des tirs contrés (138). Si Leopold a plus tiré au but que Montador, il a également été nettement plus précis et termine avec 35 points, bien qu'une fracture de la main l'ait éloigné de la glace pour une dizaine de matchs. Pour sa première année avec les Sabres, Leopold a donc apporté un soutien offensif intéressant. Il a toutefois été parfois un peu emprunté dans sa propre zone, ce qui fait qu'il termine avec beaucoup de pertes de palet et un différentiel de -11. Si Montador a quitté l'effectif en étant envoyé à Chicago juste avant le terme de son contrat, Leopold pourrait logiquement être aligné l'an prochain avec Robyn Regehr, transféré à la draft en provenance de Calgary. En effet, les deux hommes ont joué ensemble à Calgary entre 2002 et 2006, participant notamment au parcours des Flames en finale de la coupe Stanley de 2004.

L'équipe de Lindy Ruff n'est pas toujours réputée pour son offensive, mais les Sabres ont réussi à terminer neuvième attaque de la ligue. L'un des attaquants les plus en vue a sans doute été Derek Roy, en tout cas au début de la saison. En effet, alors que son équipe était en difficulté, Roy empilait 35 points en 35 matchs, confirmant ses ambitions de s'affirmer comme un centre numéro un. Malheureusement pour lui, il a déchiré ses quadriceps à la fin décembre et il a été absent jusqu'à la fin de la saison. Ironiquement, Roy est revenu après 4 mois d'absence juste à temps pour le dernier match face à Philadelphie. Il a été remplacé au pied levé par Tim Connolly qui, pour une fois, n'a pas trop été blessé. Toutefois, ses 42 points sont loin des valeurs usuelles. À 30 ans, Connolly n'est pas suffisamment vieux pour parler d'un déclin offensif mais les blessures à répétition ont sans doute pesé.

La principale figure de proue des Sabres cette saison a été Thomas Vanek, qui a dépassé les autres marqueurs de l'équipe de plus de 20 points. L'Autrichien reste le buteur le plus constant de la franchise depuis ses débuts après le lockout de 2005. Il a également été l'attaquant le plus en vue de Buffalo lors des playoffs avec 5 buts. Au contraire, Drew Stafford a déçu lors de la série face à Philadelphie avec 1 but et 2 assistances. L'ailier droit avait souvent été critiqué lors de ses cinq saisons avec Buffalo pour son manque de constance. Dans la dernière saison de son contrat, il a montré l'étendue de son potentiel offensif avec pas moins de 31 buts en 62 matchs. Sa saison a été limitée par plusieurs blessures, le plus souvent à l'épaule. Il a été un des facteurs importants du retour en force des Sabres à partir de janvier, en signant un de ses 4 coups du chapeau de l'année le premier janvier pour marquer 21 de ses 31 buts jusqu'à avril. Malgré une chute de production dans les playoffs à cause d'un pourcentage de tir anémique, il a été resigné pour quatre ans.

La bonne prestation offensive des Sabres est également à mettre au crédit de deux jeunes joueurs au petit gabarit mais au rendement intéressant : Tyler Ennis (1m75) et Nathan Gerbe (1m63, le plus petit joueur de la ligue). Ennis, 21 ans, aurait pu être nominé pour le trophée Calder du meilleur rookie sur la foi de sa saison à 20 buts et 49 points. Il signe le meilleur total de points pour un rookie de la franchise depuis Derek Plante en 1994, après avoir déjà montré son potentiel en amassant alors 9 points lors des dix matchs où il a été appelé en 2009/10. Il a parfaitement utilisé sa vitesse pour mettre en difficulté les défenseurs adverses ou faciliter l'entrée de zone lors du powerplay. Sa capacité à trouver facilement une alchimie avec de nouveaux coéquipiers a de plus été appréciée du fait des nombreux changements dans les lignes. Il s'est également mis en avant dans le travail défensif cher à Lindy Ruff, terminant premier intercepteur de son équipe. S'il semble parvenir à éviter les mauvais coups (il n'a jamais manqué le moindre match de sa carrière, autant chez les juniors que chez les pros), il lui faudra sans doute se muscler un peu pour éviter d'être mis en échec trop facilement quand il n'est pas en mouvement. Si Gerbe, 23 ans, n'avait été choisi qu'au cinquième tour de la draft 2005, c'est sans nul doute à cause de sa petite taille. Pourtant, après deux saisons intéressantes avec Portland en AHL et plusieurs piges avec les Sabres, il a montré qu'il avait sa place en NHL avec 16 buts pour 31 points en 64 matchs. Cet ailier peut jouer aussi bien à droite qu'à gauche en utilisant sa grande vitesse pour se tirer des situations périlleuses. Mais il n'hésite pas pour autant à jouer le palet dans les coins, avec une ténacité qui a rapidement fait de lui un des joueurs préférés des fans. Évidemment, sa taille le met en danger d'être blessé par une charge adverse et il a encore des efforts à faire sur le plan défensif, mais le potentiel offensif est là.

Jason Pominville a lui encore vu sa production chuter (52 points), notamment à cause d'un manque de précision dans le tir. Pominville a également souffert d'une commotion cérébrale en début de saison qui lui a fait manquer neuf matchs. Il reste toutefois un des travailleurs de l'équipe, officiant lors des supériorités et infériorités numériques,et il termine avec seulement 15 minutes de pénalité. Jochen Hecht, son camarade de ligne, a lui aussi beaucoup travaillé en défense et les deux ont bien combiné en attaque. L'Allemand a mis plus d'un mois à trouver le chemin des filets, mais est revenu fort avant de se blesser avant les playoffs. Afin de renforcer le secteur offensif à, le manager général Darcy Regier a choisi de faire venir Brad Boyes de St. Louis. Ces dernières années, les Sabres n'ont jamais eu de bons résultats avec les joueurs arrivés à la deadline, que ce soit Dainius Zubrus, Dominic Moore ou Raffi Torres, ces joueurs ayant du mal à s'intégrer à la stratégie d'équipe déjà bien rodée. L'arrivée de Boyes a été plutôt intéressante avec 14 points en 21 matchs et un bon impact sur le powerplay, même s'il semble loin du joueur qui avait marqué 43 buts il y a quelques années. Finalement, il n'a pas réussi à tenir la longueur et son manque d'impact offensif couplé à une capacité défensive limitée a conduit Lindy Ruff à le faire évoluer sur la quatrième ligne avec Mike Grier et Cody McCormick. Il reste à Boyes un an de contrat pour se montrer sous son meilleur jour.

 

New York Rangers (16e)

Les Rangers avaient manqué les playoffs 2010 au dernier match, ils se trouvaient dans une position similaire mais ont cette fois obtenu une victoire 5-2 face au New Jersey. Ils ont été éliminés dès le premier tour par Washington, comme il y a deux ans, mais la série fut plus serrée que ce que le score final suggère, avec deux des quatre défaites concédées en prolongation.

Dans les buts, le patron a été une nouvelle fois Henrik Lundqvist. Si certains gardiens peuvent parfois décevoir d'une année à l'autre, "King Henrik" a été d'une impressionnante constance depuis le lockout de 2005 où il est devenu le titulaire du poste. Il termine avec le meilleur pourcentage d'arrêts de sa carrière (92,3%) et ses 11 blanchissages sont également un record personnel. Si les Rangers ont été écartés au premier tour des playoffs, ce n'est pas à mettre sur le compte de Lundqvist (91,7%). Martin Biron, signé à l'été, a été un remplaçant convaincant, mais une fracture de la clavicule l'a écarté de la glace pour la fin de la saison.

La ligne bleue de New York a été dominée par le duo Marc Staal - Dan Girardi, confronté aux meilleurs joueurs adverses chaque soir. Le seul des quatre frères Staal à ne pas être attaquant a été, comme l'an passé, un roc défensif avec beaucoup de mises en échec (140). L'entraîneur John Tortorella espérait que Staal prenne plus d'importance dans le registre offensif, l'enjoignant à monter pour aider ses attaquants et à tirer plus. Il n'a guère augmenté sa production (29 points), mais a été aligné en supériorité numérique, ce qui était assez rare lors de ses 3 premières saisons chez les Blueshirts. Il n'a pas déçu dans ce domaine car 4 de ses 7 buts ont été inscrit en powerplay. Il a été aligné en moyenne 27 minutes lors de chaque match et la fatigue a fini par peser en fin de saison. Dan Girardi arrivait à la fin de son contrat, mais le manager général Glen Sather avait choisi de lui faire confiance pour 4 ans supplémentaires. Confiance récompensée car il a parfaitement rebondi cette année, dépassant les 30 points et baissant son total de pénalités. Girardi ne serait sans doute pas sur la première ligne si l'effectif était plus fourni, et il a parfois forcé des passes qui ont abouti à des interceptions. Toutefois, il a fait preuve de volonté et d'abnégation, avec en point d'orgue les 26 tirs qu'il a contrés lors des 5 matchs de la série contre Washington.

Si cette première paire ne brille pas outre mesure par son impact offensif, les fans espéraient que ce domaine aurait été exploité par Michael Del Zotto. Il avait réussi à 19 ans une brillante saison 2009/10 avec 37 points, qui compensait un travail défensif parfois insuffisant. Un retour de bâton était attendu pour sa deuxième saison, mais la confiance de Sather était notamment perceptible dans le fait que, dans la draft 2010, le manager des Blueshirts aurait pu prendre l'offensif Cam Fowler avec son dixième choix et il a préféré choisir le physique Dylan McIlrath. Le "sophomore slump" a bien eu lieu mais il a dépassé toutes les craintes : Del Zotto a traversé une saison cauchemardesque, il n'a pas réussir à produire offensivement ce que Tortorella attendait de lui (11 points en 47 matchs) et il semblait parfois perdu sur la glace. Le jeune défenseur en mal de confiance a alors été rapidement envoyé en AHL début janvier et a fini par faire des allers-retours avant de finalement se blesser en mai. Del Zotto aura l'occasion de revenir dans le grand club lors du camp d'entraînement de septembre.

La deuxième ligne de défense a été la paire inattendue Michael Sauer - Ryan McDonaugh, les deux joueurs profitant de la méforme de Del Zotto et du transfert de Michal Rozsival à Phoenix. Sauer, 23 ans, n'entrait pas forcément dans les plans initiaux de Tortorella mais il a rapidement apporté du caractère (il n'a pas hésité à se battre). McDonaugh, 22 ans, a rejoint les Rangers lors du transfert de Scott Gomez mais n'a pas été gardé dans l'équipe première à l'issue du camp d'entraînement. Il a finalement été appelé en janvier et il a suffisamment progressé pour rester avec les Rangers. Il a alors développé une bonne alchimie avec Sauer pour former une deuxième ligne défensive efficace. Parmi les autres défenseurs, Steve Eminger s'est révélé solide alors que Matt Gilroy n'a pas réussi à convaincre et ne sera pas cinservé. Bryan McCabe est venu épauler le powerplay à la deadline et s'est plutôt bien acquitté de sa tâche.

Au niveau offensif, la déception est venue de Marian Gaborik. Après avoir signé une première saison fulgurante sous leurs couleurs des Rangers avec 42 buts, le sniper slovaque a manqué 20 matchs à cause d'une blessure à l'épaule. Si ses 22 buts sont toujours les bienvenus, il en a inscrit la moitié en seulement 4 matchs, ce qui fait qu'il a souvent été absent du tableau de marque. Il a sans doute manqué d'un centre créateur de jeu pour l'épauler. Erik Christensen avait trouvé une bonne alchimie avec le Slovaque l'an passé mais il est également passé à côté de sa saison. L'arrivée programmée de Brad Richards devrait aider Gaborik dans ce domaine, mais le problème vient également du style de jeu prôné par Tortorella. L'énergique entraîneur des Blueshirts cherche depuis son arrivée que ses joueurs mettent la pression sur les bandes et l'arrière du filet. Philosophie assez loin d'un Gaborik plus à l'aise avec la possession du palet dans le slot, qui lui permet d'utiliser au mieux la rapidité de son tir.

Le reste de l'escouade offensive s'est mieux débrouillée que le Slovaque, menée par le duo Brandon Dubinsky - Ryan Callahan. Les deux joueurs terminent en haut du classement des marqueurs de l'équipe (54 et 48 points) et leur travail sur la glace est devenu le symbole du système Tortorella à New York. Ils ont trouvé une bonne alchimie avec Artem Anisimov, qui est passé de 28 à 44 points pour sa deuxième saison. Le jeune Derek Stepan a lui aussi apporté satisfaction en démarrant sa carrière NHL avec un coup du chapeau lors du premier match. Il termine la saison avec 45 points, comme cinquième meilleur marqueur de la ligue chez les rookies. Brian Boyle, sur la troisième ligne, a également dépassé les attentes. Le centre géant a travaillé sur de nombreux aspects pendant l'été 2010, notamment son patinage. Cela a payé avec 21 buts mais surtout avec un travail de pressing sur les meilleures lignes adverses avec Brandon Prust.

 

Dallas Stars (17e)

Après deux saisons sans playoffs (une rareté pour Dallas), les Stars cherchaient à rebondir, avec la nouvelle garde. Au revoir Mike Modano, Marty Turco et Jere Lehtinen ! Les trois piliers des dernières années étaient laissés libres à la fin de leurs contrats, Lehtinen prenant même sa retraite après trois trophées Selke de meilleur attaquant défensif.

La saison débute bien : 4 victoires de rang, puis 21 victoires en 34 matchs jusqu'à Noël. Brad Richards est au sommet (57 points en 50 matchs) et ses compères Loui Eriksson et Mike Ribeiro affolent les défenses.

Et patatras : la mécanique se casse, avec une seule piteuse victoire en février. Le manager général Joe Nieuwendyk fait le ménage à la date limite des transferts avec une transaction douteuse : exit le sniper James Neal et l'arrière Matt Niskanen, contre le seul Alex Goligoski. Certes, Dallas y gagne un défenseur offensif de qualité contre un autre pris en grippe par le staff, mais perd un buteur pur.

En revanche, les Stars gardent Brad Richards, malgré la fin de son contrat au 1er juillet, et ajoutent un ancien de la boutique, Jamie Langenbrunner, plus ou moins en disgrâce chez les Devils. Cela ne suffit pas et Dallas ne parvient pas à passer Chicago sur la fin de saison, échouant à deux points des playoffs.

L'équipe a su éviter globalement les blessures mais a sans doute manqué de profondeur offensive, et surtout défensive. Stéphane Robidas et Trevor Daley ont eu un gros temps de jeu, mais ont manqué de soutien du reste de la brigade défensive. Kari Lehtonen a connu une saison correcte dans les cages mais était un peu seul et a dû jouer 69 des 82 matches. Les Stars ne sont pas passés loin mais ont sans doute manqué le bon wagon : le départ de l'agent libre Richards, inéluctable, et un système assez vide en gros espoirs risquent de pénaliser les Texans la saison prochaine.

 

Calgary Flames (18e)

L'attaque anémique de Calgary était la grande responsable des playoffs manqués pour 5 points en 2009-2010. Pour cette nouvelle saison, les Flames rendaient tout le monde perplexe en rappelant Olli Jokinen et Alex Tanguay, jetés les saisons précédentes pour production insuffisante. Pour la profondeur, débarquaient Ian White, Craig Conroy et les teigneux Tim Jackman et Raitis Ivanans. Calgary semble avoir trouvé la bonne formule, gagnant 7 matchs sur 7 en pré-saison.

Mais les nouvelles sont rapidement mauvaises : Daymond Langkow ne se remet pas d'une commotion, Matt Stajan et David Moss se blessent à l'épaule et Ales Kotalik au genou. Brendan Morrison est rappelé à l'essai et signé pour boucher le trou.

La saison débute bien : 6 victoires, 3 défaites, Mark Giordano prolongé cinq ans, et... tout s'écroule. 2 victoires sur les 12 matchs suivants, Brett Sutter pris dans une bagarre avec un chauffeur de taxi et banni par son père, le manager général Darryl Sutter, qui l'envoie en Caroline avec Ian White. Ce transfert, avec l'arrivée d'Anton Babchuk, ne sert à rien et, à Noël, Calgary est avant-dernier à l'ouest... forçant Darryl Sutter à démissionner, remplacé par Jay Feaster, ancien architecte du succès de Tampa Bay.

2011 commence de la meilleure manière possible. Jarome Iginla, Tanguay et Giordano portent l'équipe, les Flames brûlent tout sur leur passage, y compris Montréal lors de l'Heritage Classic en plein air au McMahon Stadium (4-0). La fin de saison est un peu plus poussive et, malgré un respectable total de 94 points, Calgary rate les playoffs, son vaillant effort de seconde partie lui ayant au moins assuré le respect de son public. Une saison durant laquelle Iginla aura allumé nombre de mèches, avec 43 buts, contribuant aux renaissances de Tanguay, Jokinen et René Bourque, proches de leurs records personnels. Les performances de Giordano et Babchuk à l'arrière furent excellentes.

Le reste en revanche, a déçu, à l'image de Stajan, Nicklas Hagman ou Jay Bouwmeester, ainsi que Miikka Kiprusoff, très inconstant dans les cages, capable de matchs hallucinants ou complètement ratés. La saison est donc à peu près à oublier, et quand on perd son ancien premier choix, le défenseur suédois Tim Erixon, qui ne veut pas signer pour vous, c'est que vraiment, rien ne va.

 

Carolina Hurricanes (19e)

Onzièmes de leur conférence en 2009-2010, les Hurricanes de Carolina cherchaient à retrouver leurs couleurs. Pour cela, les arrivées des défenseurs offensifs Anton Babchuk et Joe Corvo avaient pour but de renforcer le jeu de transition, complétant Joni Pitkänen. On espérait aussi une saison sans blessure pour deux cadres, le gardien Cam Ward et le capitaine Eric Staal.

Le début de saison est poussif, et mi-novembre l'équipe décide de changer de stratégie, échangeant notamment Babchuk contre White. Changement payant, les Hurricanes emportant tout sur leur passage en décembre-janvier. Le All-Star game, accueilli en février, permet à quatre joueurs d'être célébrés par leur public : Eric Staal, Cam Ward et les rookies Jeff Skinner et Jamie McBain. Carolina reste dans le coup jusqu'au bout. Jim Rutherford, le manager général, alimente la date limite des transferts en se séparant de futurs agents libres (Ian White, Sergei Samsonov), et en récupérant de l'expérience (Bryan Allen, Cory Stillman). Mars et avril sont un véritable sprint pour Carolina, qui gagne 11 des 17 derniers matchs... mais perd le dernier, décisif, contre Tampa Bay : les playoffs sont encore manqués.

Carolina aura bénéficié d'un bon Cam Ward cette saison (92,3% d'arrêts), d'un Eric Staal solide et accompagné par la révélation : Jeff Skinner, 18 ans. Le n7 de la dernière draft, parfois jugé trop petit, a effacé les doutes en s'imposant au camp d'entraînement pour terminer la saison avec un trophée Calder de meilleur débutant. Il aura fortement contribué à la féminisation du public et à son rajeunissement, attirant de nombreuses jeunes filles avec son look de Justin Bieber...

Malheureusement, outre Staal, Skinner, Tuomo Ruutu et Erik Cole, le reste de l'équipe a peiné offensivement. Brandon Sutter n'a pas su confirmer sa bonne saison précédente, Jiri Tlusty a été invisible et les jeunes attendus (Zac Dalpe, Drayson Bowman) n'étaient absolument pas prêts. L'équipe semble manquer de profondeur et s'en est bien sortie surtout en évitant les blessures (9 joueurs à plus de 80 matchs). Pas sûr que cela suffise la saison prochaine.

 

Saint-Louis Blues (20e)

La renaissance des Saint-Louis Blues paraissait être bien partie autour de joueurs comme Patrik Berglund, Alex Pietrangelo, David Perron ou Erik Johnson. L'acquisition du gardien de Montréal Jaroslav Halak semblait être la dernière pièce du puzzle, et le début de saison encourageant (6 victoires en 9 matchs) le confirmait.

Malheureusement, les blessures commençaient à miner l'équipe. David Perron, Andy MacDonald et T.J. Oshie puis les arrières Carlo Colaiacovo, Barret Jackman et Roman Polak devaient être remplacés par des joueurs venus d'AHL, au niveau variable. Les Blues ont alors fonctionné sur courant alternatif, avec un bon mois d'octobre, un médiocre novembre, un brillant décembre, un calamiteux janvier, et un moyen février qui engluaient l'équipe au milieu de tableau, pas loin des playoffs mais tout de même à six points.

Doug Armstrong, le manager général, décidait alors de faire le ménage, expédiant Eric Brewer à Tampa Bay, puis surprenant son monde en échangeant l'ancien n1 de draft Erik Johnson contre le puissant buteur Chris Stewart, le rookie Kevin Shattenkirk, un défenseur offensif, et un choix de draft. Dividendes immédiats puisque Stewart marquait 15 buts et 23 points en 26 matchs, et Shattenkirk 17 points. Puis, Brad Boyes était envoyé à Buffalo, et Brad Winchester à Anaheim. L'effectif a donc été remodelé et vise l'avenir.

Parmi les bonnes pièces, David Backes a marqué 31 buts, s'installant comme le meneur offensif. Patrik Berglund a progressé (22 buts), et plusieurs contributeurs inattendus ont émergé : Alex Steen, Matt D'Agostini et Vladimir Sobotka ont battu leurs records personnels. La star à l'arrière fut le jeune Alex Pietrangelo, qui a probablement rendu Erik Johnson transférable avec 22 minutes par match, 11 buts et 43 points, et un étonnant ratio de +18. Si Jaroslav Halak, qui, après avoir démarré en feu, s'est par la suite éteint, retrouve un niveau constant au delà de 50 matchs par saison, les Blues devraient vite remonter au classement.

 

Minnesota Wild (21e)

Le Wild de Minnesota visait les playoffs, comme tout le monde. Mais le public était réaliste et n'avait pas des attentes démesurées. Difficile d'espérer quand Pierre-Marc Bouchard se ressent encore d'une commotion, que Guillaume Latendresse arrive au camp hors de forme, que James Sheppard se blesse dans un accident de quad... Le coach Todd Richards a dû faire avec et s'est appuyé sur son capitaine, Mikko Koivu, prolongé pour 7 ans. Dans les cages, Niklas Backström recevait l'aide de José Théodore en fin de camp.

Au retour d'Europe, après deux défaites face aux Hurricanes, Minnesota perd Antti Miettinen et Marek Zidlicky. Pire, la série de 383 matchs à guichets fermés à domicile s'interrompt brutalement dès le 2e match ! Le coach pousse ses joueurs dans des entraînements brutaux, Latendresse se blesse et Martin Havlat, via son agent, se plaint de son temps de jeu. Malgré cela, l'équipe reste dans le coup. Les deux tournants arrivent fin novembre (1 victoire en 8 matchs, 33 buts encaissés), et en mars avec 8 défaites de rang qui condamnent le Wild... et l'entraîneur.

La saison a donc été difficile, mais pas complètement noire. Les anciens commotionnés se portent mieux : Brent Burns a réussi la saison de sa carrière avec 46 points, Bouchard est parvenu à revenir à son tour et a disputé 59 parties avec un bilan honnête de 38 points. Malgré tout, l'équipe a manqué de talent "exceptionnel", avec une attaque globalement anémique. Les vétérans, comme Andrew Brunette, John Madden ou Matt Cullen, arrivent en bout de course.

Avec 37 joueurs utilisés, Minnesota s'est un peu cherché toute la saison, testant quantité de joueurs au potentiel plus ou moins marquant. Les arrières comme Justin Falk ou Mario Scandella apparaissent comme les seules satisfactions de cette saison complexe... avant un renouvellement majeur de l'effectif à l'intersaison : départ de Burns et Havlat, arrivée de Dany Heatley et Devin Setoguchi. Enfin des stars au Wild ?

 

Toronto Maple Leafs (22e)

Toronto a encore manqué les playoffs. Cinq ans sans phases finales, cela commence à faire tâche pour une franchise légendaire, autant aimée par ses supporters que détestée par une bonne partie de la ligue, qui s'amuse de l'absence de titre depuis 1967.

L'arrivée de Brian Burke au poste de manager général avait pourtant permis à l'équipe de repartir sur de nouvelles bases. Les arrivées de Kris Versteeg et Colby Armstrong avaient donné beaucoup d'espoir, de même que les fins de saison 2009-2010 de Tyler Bozak et Carl Gunnarsson, et même de Dion Phaneuf, promu capitaine.

Les Leafs partent bien : quatre victoires de rang. Malheureusement, ils enchaînent par huit défaites et poursuivront cette inconstance toute l'année. Les motifs de l'échec sont nombreux. Dans les cages, Jonas Gustavsson est loin d'être le "Monster" annoncé, et Jean-Sébastien Giguère n'a pas fait mieux. La défense a souffert, à l'instar de Mike Komisarek. François Beauchemin n'a pas convaincu et a fini par être échangé. Quant au pilier Tomas Kaberle, il a été pris en grippe par le staff avant d'être échangé à Boston.

Offensivement, la première ligne a été plus intéressante, surtout en fin de saison. Mikhaïl Grabovski et Clarke MacArthur ont été meilleurs que prévu, aux côtés de Nikolai Kulemin. Auteur de sa 3e saison de suite à 30 buts, Phil Kessel a plutôt bien joué, ce qui n'a pas été le cas de Bozak, très décevant, ou Versteeg, finalement échangé.

Toronto a repris des couleurs en finissant bien l'année, porté par la nouvelle idole des supporters : James Reimer. Le jeune gardien, dont pas grand monde ne parlait dans le système, termine avec plus de 92% d'arrêts et s'est montré décisif dans les dernières semaines, au point de rapprocher Toronto à quelques points des play-offs. L'équipe, sérieusement rajeunie, est prête à rebondir : elle a déjà trouvé un roc derrière en la personne du jeune Luke Schenn, probablement le meilleur joueur de l'équipe cette saison.

 

New Jersey Devils (23e)

C'est l'histoire d'une double saison. L'été 2010 fut mouvementé et marqué par le feuilleton Ilya Kovalchuk. Après une longue négociation, le Russe signait un contrat record de 100 millions de dollars et 17 ans... refusé par la ligue, qui finissait par accepter un contrat de 15 ans tout en pénalisant le club pour avoir contourné le plafond salarial en échelonnant la somme sur la durée. Ajoutons à cela les débuts d'un coach débutant, l'ancien scoreur de l'équipe John MacLean, et on ne peut pas dire que le camp d'entraînement débutait sereinement. Il fallait en effet faire de la place dans la masse salariale. Tendus, les joueurs s'attendaient à partir... Ils sont finalement "sauvés" par la commotion de Bryce Salvador en pré-saison. L'arrière ne jouera pas un match de l'année.

Cependant, les Devils entament la saison en effectif réduit, jouant même à 15 hommes lors de leur première victoire, 1-0 sur les Sabres. La saison tourne court : la ligne Parisé-Zajac-Kovalchuk, prometteuse sur le papier, peine. Zach Parisé finit par arrêter sa saison, gêné par une douleur au genou, et ne reviendra que pour un match en avril. Kovalchuk est mis dans les tribunes par MacLean.

Les Devils perdent joueur sur joueur : Anton Volchenkov, Rolston, touchés lors d'une déroute 7-2 contre Washington, puis l'arrière débutant Matt Taormina, seul point positif du début de saison. L'équipe AHL fournit nombre de joueurs au potentiel limité. Kovalchuk à la peine, à l'image d'un tir au but contre les Sabres où il perd son palet avant même de tirer, c'est toute l'équipe qui coule. Le gardien légendaire Martin Brodeur se blesse aussi, et à Noël, les Devils ont le pire bilan de leur histoire : 9 victoires, 22 défaites, derniers de la ligue, pire attaque.

Lou Lamoriello finit par virer son entraîneur, et rappelle le retraité Jacques Lemaire... Puis, c'est le capitaine Jamie Langenbrunner qui est échangé. Là où d'autres auraient lâché la saison, les Devils, eux, se battent. Et, sous l'impulsion de Lemaire, toute l'équipe se remet sur les rails, à l'image de Brian Rolston, transparent au début de saison mais qui revit ensuite. La seconde moitié de saison commence, et elle est aussi forte que la première moitié était pitoyable. Une seule défaite fin janvier, une seule en février, et les Devils remontent. Ils quittent la 30e place, remportent match sur match, au couteau, d'un but, en prolongation...

Tout le monde du hockey se prend à croire en l'improbable, les playoffs. L'attaque anémique peine mais la défense rassure, avec un Brodeur monstrueux et une révélation : Mark Fayne, sorti de NCAA l'été précédent et incroyable de calme. New Jersey se rapproche à seulement 6 points des playoffs, porté par Kovalchuk ou Patrik Elias, le plus régulier de la saison, mais manque de jus : malgré les progrès de jeunes comme Nick Palmieri ou les Suédois Matthias Tedenby et Jacob Josefson, l'équipe n'a plus rien dans le réservoir et manque les playoffs pour la première fois depuis 1996. Mais n'a rien lâché... Gagner la loterie pour drafter en numéro 4 un autre talent suédois, le prometteur défenseur Adam Larsson, apparaît alors comme une récompense.

 

Columbus Blue Jackets (24e)

Les Blue Jackets rêvent de 2008-2009, la seule saison où ils ont connu les playoffs. Pour les revivre, Scott Arniel est lancé dans le grand bain au poste d'entraîneur. Les deux premiers mois sont intéressants avec une 4e place de conférence.

Malheureusement, cela ne dure pas : un bilan terrible en décembre-janvier plombe l'équipe à l'avant-dernière place à l'ouest. Le bon mois de février arrive trop tard et la rechute est brutale : 3 victoires sur les 21 derniers matchs, pour la 10e saison sous les 50% de victoires en 11 ans d'existence ! La fin de saison aura donc vu le départ de Rostislav Klesla, joueur historique de la franchise, échangé à Phoenix contre Scottie Upshall et Sami Lepistö. Les deux joueurs n'ont pas démérité mais ne seront pourtant pas conservés à la fin de saison.

Pour le reste, l'équipe a encore dépendu de Rick Nash (32 buts, 66 points) et a profité des contributions de R.J. Umberger (57 points, record personnel) ou Derrick Brassard (47 points), aux progrès très lents. Le rookie Matt Calvert, apparu en fin de saison, aura aussi éveillé l'intérêt. À côté, le reste à déçu, le gardien Steve Mason étant loin de sa saison de rookie. Kristian Huselius n'a joué que 39 matchs à cause d'une opération de la hanche. La défense n'a rien apporté offensivement, avec les seuls Fedor Tyutin (27 points) et Kris Russell (23 points) vaguement présents sur l'un des pires jeu de puissance de la ligue. Mike Commodore était lui envoyé au ballottage, pour avoir trop exprimé son mécontentement sur son temps de jeu.

Columbus aura donc connu une saison navrante, payant des drafts aussi mauvaises les unes que les autres depuis 10 ans. Échanger son 1er choix et Jakub Voracek contre Jeff Carter apparaît ainsi comme une riche idée... Vraiment, la seule bonne nouvelle de la saison 2010-2011 des Blue Jackets, c'est l'arrivée de l'espoir Ryan Johansen, étincelant en junior comme en U20. Mais confirmera-t-il ?

 

Atlanta Thrashers (25e)

Une seule participation en playoffs depuis la création de l'équipe en 1999 : le bilan de la franchise géorgienne est plus que décevant. L'arrivée de Rick Dudley en manager général devait relancer la franchise. Il récupère plusieurs joueurs de Chicago, tout juste champions, pour libérer la masse salariale des Hawks. Dustin Byfuglien, Brent Sopel, Ben Eager, Akim Aliu débarquent, de même qu'Andrew Ladd. Craig Ramsay est nommé entraîneur, et les Thrashers y croient.

La première moitié est d'ailleurs convaincante. Dustin Byfuglien et Tobias Enström enquillent les points : 41 en 50 matchs pour le Suédois, 40 pour Byfuglien, qui compensent une ligne d'attaque homogène mais peu marquante. Fin décembre, alors qu'Atlanta mène la division sud-est, Enström se blesse et toute l'équipe se dérègle. Byfuglien ne tient pas le rythme avec seulement 13 points en seconde partie de saison. Le bilan de 19 victoires, 13 défaites s'inverse et les Thrashers finissent avec 15 victoires pour 30 défaites...

Une saison à oublier donc, avec bien peu de réussites. Andrew Ladd, promu capitaine, a plutôt bien progressé. Hormis Byfuglien et Enström, le reste est assez triste. Bryan Little, Blake Wheeler, Evander Kane ont alterné le bon et le moins bon. Certains se sont un peu relancés, à l'image d'Anthony Stewart, ancien premier choix 2003 enfin intégré à la ligue (14 buts, 39 points) ou l'ancien premier choix Robbie Schremp, 26 points, mais défensivement à la rue. Aucun des deux ne sera conservé. La seule satisfaction ? Aleksandr Burmistrov, 18 ans, auteur de 20 points et qui aura donné par moments l'espoir de grandes choses à venir. Quant au gardien tchèque Ondrej Pavelec, il aura souffert pour sa première saison en tant que titulaire.

Les rumeurs s'intensifiaient en fin de saison : 130 millions de dollars de perte sur 6 ans, franchise à vendre... Personne ne s'investit pour garder l'équipe à Atlanta et le groupe True North Sports and Entertainment s'empare de sa proie : après avoir lorgné les Coyotes, il récupère les Thrashers et les déménage à Winnipeg, pour faire renaître les Jets. La patinoire y sera comble à chaque match, contrairement à Atlanta...

 

Ottawa Senators (26e)

Que de chemin parcours depuis la finale de coupe Stanley, perdue contre Anaheim, en 2007... Les Ottawa Senators auront vécu un chemin de croix pour cette édition 2010-2011, avec leur pire bilan depuis 1997. Comme tous les ans, les Sens entamaient par les rumeurs du transfert de Jason Spezza, continuellement démenties.

La franchise canadienne espérait beaucoup du lourd contrat du vétéran Sergei Gonchar : raté. L'ancien artilleur de Washington n'aura joué que 67 matchs pour un bilan très loin des attentes (7 buts, 27 points, -15) et le départ du physique Anton Volchenkov aux Devils accentuait le problème. Et malheureusement, ses coéquipiers n'ont pas été plus en verve. Daniel Alfredsson n'aura jamais pu porter l'équipe et a manqué le dernier tiers de la saison en raison d'une blessure au dos. Pas mieux pour Jason Spezza : le grand pivot, gêné par ses adducteurs puis par son épaule droite, a démarré doucement mais mieux fini, terminant meilleur marqueur. Nick Foligno s'est bien installé malgré ses limitations offensives, alors que Peter Regin, intéressant en playoffs l'an dernier, peinait lui à confirmer. Quant à l'énigmatique Alex Kovalev... sa saison est à oublier.

En fait, Ottawa a commencé à bien jouer une fois le dégraissage lancé par Bryan Murray, suite à 11 défaites de rang en février : dehors, les Chris Campoli, Jarkko Ruutu, Brian Elliott, Mike Fisher, Chris Kelly, Alex Kovalev. Place à Bobby Butler et Colin Greening. Les deux anciens universitaires ont sérieusement animé la fin de saison et permis aux Senators d'y croire. Ils s'appuient aussi sur la saison difficile d'Erik Karlsson : le jeune arrière a marqué 45 points et joué le All-Star game, tout en signant une piteuse fiche de -30. Avec un seul marqueur de vingt buts (Spezza), Ottawa a ramé toute la saison et n'a pu vraiment s'appuyer sur ses gardiens. Le carrousel a vu se succéder Brian Elliott, Pascal Leclaire, Mike Brodeur, Robin Lehner, avant de se stabiliser à la deadline en relançant Craig Anderson. L'ancien portier de Colorado a fini la saison en feu et rapidement signé à long terme.

L'avenir est plutôt rose chez les Senators : l'acquisition du défenseur offensif suédois David Rundblad, et le titre de l'équipe AHL de Binghamton avec une performance mémorable de Robin Lehner dans les cages laissent présager un rajeunissement de l'équipe et une remontée au classement. À voir si Stéphane Da Costa, devenu lors de cette fin de saison le troisième Français à jouer en NHL, réussira à s'imposer dans une attaque en reconstruction, mais avec une grosse concurrence, accrue par trois premiers choix à la draft pour trois attaquants, Mike Zibanejad, Stefan Noesen et Matt Puempel.

 

New York Islanders (27e)

La saison des Islanders de New York était quasiment finie avant même d'avoir commencée. Il est vrai qu'en perdant le défenseur n1, Mark Streit, dès le camp d'entraînement et pour toute la saison (épaule), ainsi que l'ailier n1 Kyle Okposo pour plusieurs mois, ce n'est pas évident de démarrer.

La principale bonne nouvelle fut donc la réussite de l'Autrichien Michael Grabner, recruté au ballottage après avoir été jeté par les Panthers. Grabner a éclaboussé la ligue de son talent, faisant parler sa vitesse pour marquer 34 buts et faire partie de la All-Rookie Team.

Insuffisant au début de saison : Scott Gordon était viré après 10 défaites de rang dès mi-novembre. Jack Capuano, coach de l'équipe AHL, était promu et ne parvenait qu'à mettre fin à 15 défaites de suite... mais au 15 décembre, les Islanders ne comptaient que 5 victoires et 15 points en 28 matchs !

La coupure de Noël a fait du bien. Le manager Garth Snow a expédié James Wisniewski à Montréal et le gardien Dwayne Roloson à Tampa Bay. Plusieurs joueurs relançaient leur carrière : l'ancien premier choix Alvaro Montoya profitait des blessures pour finir la saison en feu dans les cages, après un interlude prometteur de Kevin Poulin. Okposo, revenu de blessure, finissait bien, et Josh Bailey redémarrait un peu. Mieux, Pierre-Alexandre Parenteau, ancien scoreur junior et AHL qui n'avait jamais réussi à percer, signait 53 points, soit le 2e total derrière l'excellent John Tavares, en progrès pour sa 2e saison NHL (67 points). En défense, Andrew McDonald confirmait et le jeune Travis Hamonic était lancé dans le grand bain.

En somme, une fin de saison moins nuageuse pour les Islanders, qui ont pu décoller un peu de la dernière place. Une fois les blessures guéries, New York devrait être un peu plus compétitif ; les quelques matchs du Suisse Nino Niederreiter en début de saison devraient aussi lui servir à s'installer dès la saison prochaine.

 

Florida Panthers (28e)

Privés de playoffs depuis 2000, les supporters des Panthers de Floride ont continué la série avec une 10e saison sans phase finale. L'équipe a entamé une énième reconstruction, sous les ordres de Dale Tallon, l'architecte du succès de Chicago. Après les premiers mouvements, dont le départ de Nathan Horton, Tallon a malheureusement laissé partir Michael Grabner : l'Autrichien n'avait pas convaincu au camp d'entraînement et a été recruté par les Islanders au ballottage, au point de dépasser les 30 buts ! Une belle erreur...

Le camp débutait donc mal, d'autant que, faute de parvenir à un accord sur un contrat, le n3 de la dernière draft, Erik Gudbranson, était renvoyé en junior alors qu'il avait gagné sa place ! Florida aura obtenu un bilan équilibré jusqu'à la mi-janvier. L'équipe s'est alors complètement écroulée, incapable de gagner deux matchs de suite. L'entraîneur Peter DeBoer limogé, Tallon décidait de porter la reconstruction à un stade extrême, en disant au revoir à Bryan McCabe, Cory Stillman, Bryan Allen, Radek Dvorak, Chris Higgins, Dennis Wideman et même Michael Frolik, le jeune Tchèque étant échangé contre un Jack Skille particulièrement décevant mais au jeu plus physique. Rajeunis, les Panthers finissaient donc la saison avec une moyenne d'âge de moins de 25 ans et bien peu d'espoirs.

La révélation d'Evgeny Dadonov, seul représentant de l'équipe au week-end all-star dans la catégorie rookie, et les progrès des défenseurs Dimitri Kulikov, Keaton Ellerby et Jason Garrison figurent parmi les rares motifs de satisfaction avec la réussite de Mike Santorelli, laissé pour compte à Nashville mais qui termine avec ses 41 points deuxième marqueur derrière l'habituel Stephen Weiss (49 points).

Après avoir drafté une quinzaine de jeunes en 2010, Tallon aura accumulé les choix pour récupérer une dizaine de joueurs en juin : comme à Chicago, il espère ainsi trouver ses futurs cadres en interne, renforcés par des agents libres attirés par une masse salariale minimaliste. Le travail ne fait que débuter en Floride et le public s'attend à une 11e saison sans playoffs...

 

Colorado Avalanche (29e)

Qualifiée en playoffs malgré un effectif parmi les plus jeunes de la ligue, l'Avalanche pensait bien continuer sur sa lancée en 2010-2011. Les ambitions étaient en hausse, et le début d'année ne démentait pas les progrès de Steve Duchesne et sa troupe. À Noël, l'équipe est 6e de la conférence Ouest et tout va pour le mieux.

Le passage à 2011 fait très mal. En février, l'équipe ne gagne qu'un match sur treize, et en mars deux sur treize. De quoi la précipiter dans les tréfonds du classement. Comment expliquer une telle déconfiture ? La légende Peter Stastny, ancien Nordique et père de l'attaquant vedette Paul (57 points), n'a pas tardé à blâmer la gestion des transferts.

Il est vrai que les choix ont de quoi surprendre. La signature de Peter Forsberg, éternel blessé, n'aura servi à rien, "Foppa" ne jouant que deux soirs avant de prendre une retraite définitive. Pire, le staff échange Chris Stewart et Kevin Shattenkirk, soit un excellent buteur et la révélation en défense, pour obtenir l'ancien n1 de draft Erik Johnson et le 3e ligne Jay McClement, dans une transaction incompréhensible. Il y a aussi les blessures : Tomas Fleischmann, limité à une moitié de saison, et une défense handicapée par les absences de Kyle Cumiskey ou Adam Foote.

En points positifs, la contribution solide de Matt Duchene, qui confirmait pour sa 2e saison (67 points), l'éternel Milan Hejduk (56 points), la révélation David Jones (45 points dont 27 buts) ou encore la bonne contribution de John-Michael Liles à l'arrière (46 points).

La clé de l'échec de l'Avalanche repose surtout sur le gardien : Craig Anderson, décisif en 2009-2010, ne confirmait pas, traînant sa misère jusqu'à être échangé à Ottawa où il retrouvait des couleurs. Ses remplaçants, Peter Budaj puis Brian Elliott, ne faisaient pas mieux : c'est le poste majeur à travailler pour Colorado, dont la jeunesse assure une marge de progression indéniable. Et l'arrivée d'un meneur d'hommes comme Gabriel Landeskog fera assurément du bien.

 

Edmonton Oilers (30e)

L'arrivée de Taylor Hall, numéro 1 de la dernière draft, sonnait le coup d'envoi de l'offensive médiatique des Edmonton Oilers. La jeune star, entourée de Jordan Eberle et Magnus Pääjärvi, incarnait la nouvelle garde de la mythique franchise. Malheureusement, les jeunes ne sont pas encore prêts et le ballon s'est dégonflé rapidement. La saison, malgré des matchs de préparation encourageants, devient ainsi une longue descente vers le bas de tableau.

Si Eberle inscrit quelques buts spectaculaires et termine meilleur marqueur (43 points), Pääjärvi peine à trouver son rythme. Taylor Hall met quelques matchs à inscrire son premier but et réalise une saison intéressante, terminée prématurément sur blessure : il finit meilleur buteur de l'équipe (22 buts).

Le reste de l'équipe est à l'avenant. Des contributions correctes de joueurs comme Ryan Jones (18 buts), mais surtout des blessures : Ales Hemsky, Shawn Horcoff et Gilbert Brulé ne jouent que la moitié des rencontres. Sam Gagner ou Andrew Cogliano plafonnent. Le public lui, répond présent, accueillant avec enthousiasme à mi-saison le fantasque Linus Omark, qui marque quelques buts spectaculaires autant que rares.

Dans une équipe aussi jeune, il aura manqué des cadres. La blessure de Ryan Whitney à l'arrière a pesé car il partait sur des bases solides (ratio de +13), et les progrès de Theo Peckham ou Tom Gilbert n'ont pas suffi. Il aura fallu lancer Jeff Petry et Alex Plante, encore tendres. D'autant que dans les cages, Nikolai Khabibulin aura, encore, joué les intermittents (47 matchs), laissant Devan Dubnyk bien seul.

La saison 2010-2011 qui n'aura donc été qu'un feu de paille, laissant les fans sur leur faim. Les nombreux rookies lancés cette saison ont appris, beaucoup. Mais avec ce nouveau premier choix, utilisé pour Ryan Nugent-Hopkins, la reconstruction est terminée : il va falloir passer un cap.

 

Mathieu Salaün et Nicolas Leborgne

 

 

Retour à la rubrique articles