Bilan de la D2 française 2009/10

 

Premier : Anglet. Et dire qu'il y a tout juste un an, l'Hormadi ne comptait aucun titre à son palmarès malgré une histoire riche en exploits. Et voilà qu'en treize mois, Anglet peut s'enorgueillir d'avoir aligné deux titres consécutifs. Si celui de la saison passée en D3 était largement prévisible, celui-ci était plus inattendu. On ne donnait pas cher d'un groupe, certes talentueux et expérimenté, mais qui avait perdu le rythme de la compétition en participant durant deux saisons au dernier échelon des championnats français. La première journée confirmait cette inquiétude avec une lourde défaite (6-1) face à un des outsiders, le Hogly. Mais ensuite, le groupe a su très vite se retrouver dans le haut du tableau. Histoire de montrer qu'il faudra compter avec eux, les Angloys se permettent, mi-janvier, d'être la seule équipe à faire mordre la poussière au leader choletais, avec la manière qui plus est ! Finalement, la saison régulière s'est terminée comme elle avait commencé, avec une défaite face à La Roche, empêchant les Basques de terminer à la deuxième place de leur poule.

Néanmoins, l'objectif est atteint, les Angloys jouent les play-offs. Dès le premier tour, ils se retrouvent face à une formation rouennaise joueuse et qui patine vite, style de jeu qui ne leur convient guère. Si les Basques parviennent à arracher le nul sur l'Île Lacroix, les voilà éliminés à l'issue de la prolongation du match retour ! Sorti dès le premier tour, voilà qui n'était quand même pas prévu, mais les Angloys se retirent de la glace, non sans adresser une ovation à Laurent Cazenave qui jouait là le dernier match de sa carrière.

La retraite ? Elle durera quinze jours ! En quart de finale, Lyon dépose un recours contre la réserve rouennaise pour avoir aligné des joueurs non-qualifiés. La fédération donne donc match perdu aux petits Dragons, mais en relisant la feuille de match d'Anglet-Rouen, elle se rend compte que les Rouennais avaient déjà fauté contre les Angloys ! Retour dans le futur, le match retour du huitième de finale est commué en victoire angloye 5-0 ! Voilà les joueurs de Patrice Bellier en quarts ! Oui mais comment ? Les joueurs sont déjà en vacances et ont commencé à investir la plage ! Qu'à cela ne tienne, la patinoire n'est qu'à vingt mètres du bord de mer, on retourne donc chausser les patins. Et c'est là que la belle histoire prend forme...

En manque de rythme, les Orques s'inclinent lors de la première manche, à domicile, contre les Lyonnais (1-2). Mais avec les tripes qu'on lui connaît et le caractère qui le caractérise, l'Hormadi se relève une nouvelle fois et s'impose dans la Capitale des Gaules (2-4 après prolongation). Tiens donc... Et s'ils allaient jusqu'au bout ? En attendant, il ne leur reste qu'une marche avant la D1. Et celle-ci est franchie, en venant à bout facilement d'un autre promu, les Français Volants de Paris... Anglet s'offrent en bonus un second titre consécutif...

Cette équipe quasiment bénévole, y compris l'entraîneur-joueur Pat Bellier qui est employé par la société de Jean-Michel Larroque (vétéran précieux en infériorité), a une nouvelle fois fait parler son cur. Elle a su ne pas se résumer à la ligne Rousselin-Daramy-Maréchal. Après un temps d'adaptation, Aurélien Frasier s'est révélé un solide gratteur de palets, et les jeunes comme le défenseur Ferrez ont connu une belle progression. De quoi permettre à Laurent Cazenave de repartir à la retraite avec des larmes plein les yeux !

 

Deuxième : Toulouse-Blagnac. En remportant l'Oscar de "la meilleure proposition de reconversion professionnelle", Les Bélougas avaient pu s'offrir les services de Maurice Rozenthal et ainsi revoir leurs ambitions à la hausse. Pourtant, la vie n'a pas été tous les jours rose dans une ville qui l'est pourtant... Les blessures se sont succédé durant la saison régulière, touchant tous les postes : la défense avec l'accident de scooter de Harold Ten Braak, les ligaments de la main de Terry Prunier, mais aussi l'attaque avec le coup de crosse reçu dans l'il par Tommy Flinck, les adducteurs de Guillaume Solvès ou encore le genou du capitaine Christophe Ribanelli. Et pour couronner le tout, il y a eu celle de Maurice Rozenthal, victime d'un accident de la route et qui manquera trois matchs. Néanmoins, les Toulousains avaient assuré l'essentiel, la qualification pour les séries finales.

Le premier tour face à Évry fut finalement plus aisé que prévu, permettant aux Haut-Garonnais d'affronter l'ogre tourangeau en quarts de finale. Et là, c'est la grosse surprise ! Les Bélougas se surpassent et grâce à une bonne gestion des supériorités, ils l'emportent de trois buts dans un match tendu... Tellement tendu, qu'à la fin, tout explosera, entraînant une mêlée générale et une pluie pénalités des deux côtés. Au retour, sans leurs coachs respectifs, tous deux suspendus, les deux équipes s'accrochent mais les Toulousains sortent vainqueurs d'un duel pour lequel l'arbitrage aura été longuement commenté par les Tourangeaux...

Et en demi-finale contre La Roche, rebelote, les Bélougas l'emportent à l'issue d'un match retour houleux où l'arbitrage aura été, là aussi, vivement contesté ! Selon leurs détracteurs, la présence de deux anciens internationaux - Maurice Rozenthal et l'entraîneur-joueur Benoît Pourtanel - intimiderait les arbitres. Toujours est-il que Toulouse-Blagnac touche au but, la promotion en D1. Même s'ils ne parviennent pas à arracher le titre aux dépens d'Anglet, les Bélougas ont déjà mis en marche la modernisation avec, notamment, la création d'une billetterie électronique, permettant ainsi aux supporters d'acheter leur billet directement depuis chez eux et d'éviter les files d'attente devant la patinoire.

 

Troisièmes : Français Volants de Paris. Fraîchement promus en D2, après un repêchage administratif relatif à l'arrêt de Font-Romeu, les Français Volants ont dévoilé tard leur effectif, peu changé par rapport à la D3. Deux joueurs de champ suédois - en plus du gardien Johan Bäckö - et un Canadien arrivaient pour tirer l'équipe vers le haut. Le premier coup de théâtre fut le départ d'un des deux Scandinaves, Linus Eriksson, qui rentrait au pays après deux petites rencontres disputés. L'équipe était emmenée alors offensivement par les deux renforts restants Einar Engström et Kyle Roulston.

Avec six victoires au cours des sept premières journées, les Volants se maintiennent dans le haut du tableau, notamment grâce à leur solide défense et leur gardien Backö. Mais petit à petit, cette défense est moins imperméable et les défaites sont moins rares. Au cours des sept derniers matches, les protégés de Fred Brodin ne gagnent que deux rencontres et les défaites face aux concurrent directs que sont Évry et Anglet les font chuter à la cinquième place, qui leur promet de rencontrer un adversaire coriace : les Corsaires de Dunkerque de François Rozenthal.

Une victoire (8-5) et un match nul (6-6) plus tard, les joueurs de la capitale se retrouvent en quarts de finale face au favori désigné du championnat, Cholet. Les Volants restaient sur deux cuisantes défaites en poule face aux Dogs et tout le monde s'attendait à une double opposition à sens unique. Les deux rencontres furent très serrées, se soldant sur la marque de six buts à cinq. Et après avoir marqué trois buts au match aller, Kyle Roulston a offert la victoire aux Parisiens en prolongation. Les retrouvailles avec Anglet, après le carré final de D3, ont tourné à l'avantage des Basques et la saison s'est conclue face à une équipe de La Roche sur Yon qui n'a plus la tête à la compétition. Les Français Volants terminent finalement troisièmes.

Cette première saison fut donc surprenante, même si les bons parcours de promus en D2 ne sont pas rares comme vu avec Anglet ou Mulhouse. En gagnant en régularité au cours de la saison régulière, les Volants pourraient devenir une des grosses équipes du championnat, renforcés par quelques joueurs étrangers bien choisis. Si leur défense à longtemps été un point fort, l'attaque a su prendre le relais lorsque la défense marquait le pas. Autre point noir, la discipline pour cette équipe qui a été la deuxième plus pénalisée de D2 en phase de poules.

 

Quatrième : La Roche-sur-Yon. L'objectif en début d'année était clair, il fallait faire mieux que la saison précédente (élimination en quart de finale contre Brest) avec un effectif renforcé à l'intersaison. Dès l'entame du championnat, le Hogly est à l'image de ce championnat : un peu fou ! Si les Yonnais s'imposent à La Barre, ils perdent des points à Évry puis s'inclinent face à des Chambériens qui n'avaient rien gagné jusque là. Ils se sont remis en ordre de marche, mais ont continué à subir quelques revers surprenants et même à recevoir une leçon de hockey, chez eux, face à Cholet (1-12). Olivier Richard, excellent arrière s'il ne subissait pas si souvent les foudres arbitrales, et ses coéquipiers auront pourtant la deuxième défense de la poule. Les Yonnais restent en course pour la deuxième place, qu'ils conquièrent de haute lutte en inscrivant trois buts en quatre minutes dans le dernier tiers à Anglet (2-4).

En huitièmes de finale, ils commencent par se faire peur en s'inclinant à Vanoise en encaissant six buts, tous en infériorité numérique. Un défaut qu'ils gommeront au match retour où ils s'imposent 7-2 avec un doublé d'un Marcel Budos qui, au même titre que Peter Himler, retrouve son vrai niveau durant ces play-offs. Le schéma sera réédité en quarts de finale. Lors du match aller, à Asnières, les Aigles sont proches de la correction lorsque menés 3-0 puis 4-1 à cinq minutes de la fin, ils s'arrachent une nouvelle fois en toute fin de partie pour repartir d'Île-de-France avec une défait concédée sur la plus petite des marges. C'est une fois de plus au retour qu'ils feront la différence en s'imposant de deux buts.

Reste maintenant la demi-finale contre Toulouse-Blagnac, demi-finale de championnat mais surtout finale pour la montée en D1. Le match nul à l'aller est prometteur mais la déception est énorme lorsque les Bélougas viennent s'imposer à l'Arago, laissant les Yonnais aux portes de la promotion. Accusant le coup d'un match qu'ils estiment s'être fait volés, le Hogly sera fantomatique lors de la petite finale qu'il laissera filer au profit des Volants.

 

Cinquième : Tours. Les Diables Noirs auront passé une bonne partie de l'année sur le terrain juridique, gagnant tour à tour le droit d'évoluer en D2 puis de participer aux play-offs. Sur la glace, les hommes de Bob Millette ont assuré sans défaillir de bout en bout. Même lors de la première journée, alors que les étrangers (autant dire la grande majorité de l'effectif) n'ont pas encore reçu leurs licences, le staff tourangeau s'arrange pour monter une équipe de bric et de broc (Bob Millette de retour sur la glace, Yohan Therre passant de gardien à défenseur, etc...) et pour ramener une victoire de Champigny (avec en prime une assistance du "Grand" Bob). Ils se permettent même d'offrir un joli cadeau d'anniversaire à un glorieux ancien, Pascal del Monaco, en le faisant participer à la rencontre contre Champigny où lui aussi ira de sa petite assistance. Bilan à la fin de la saison régulière : un nul concédé face à Rouen, la meilleure défense de la division et près de cent buts inscrits.

Mais si la justice va parfois à l'encontre de l'éthique sportive (en accordant à Tours le privilège de participer aux play-offs), on sait aussi que des fois, le sport rattrape la justice et redonne tout son sens à l'éthique. L'ASGT avait forcé le passage pour les play-offs, mais la glace lui a finalement claqué la porte au nez. Si Meudon a été vite avalé, les Bélougas se sont rebellés et ont mis fin à sa saison. Une fin frustrante pour les Tourangeaux qui ont eu le sentiment que toute la France du hockey, des clubs adverses aux arbitres en passant par la fédération, s'était liguée contre eux.

En interne, en revanche, la saison a été beaucoup plus apaisée. Après l'ambiance pourrie de la dernière année de Magnus, le public a pris plaisir à voir des jeunes joueurs locaux prendre enfin des responsabilités dans l'équipe. L'espoir d'un avenir tourangeau renaissait enfin... Las, derrière cette illusion, le club se fissurait. Le président Rémi Delmas avouait une situation financière très difficile et se désolidarisait publiquement de Bob Millette, en annonçait une nécessaire cure d'austérité. Mais comment préparer une équipe avec moins d'étrangers alors que dans le même temps les jeunes du cru partaient les uns après les autres, sans que Millette fasse quoi que ce soit pour les retenir, bien au contraire ? Et comment donner priorité à la sagesse de gestion avec un entraîneur sous contrat réputé gourmand financièrement ?

Nul n'aura à réfléchir à ces dilemmes. Le président Delmas se retirait du jeu. Bob Millette tentait de rassembler ses derniers appuis pour essayer d'empêcher ses "opposants" issus du hockey mineur d'arriver à la tête du club, en vain. Une nouvelle équipe dirigeante se formait, et découvrait alors un gouffre, un abîme. Les comptes ne laissaient plus la place au moindre débat : nulle autre solution que le dépôt de bilan.

Tours repartira vraiment de zéro, après toutes ces années perdues à ne jamais vraiment assainir la situation malgré les atouts d'une vraie ville de hockey, et évidemment sans Bob Millette. Le "gourou" controversé était-il le catalyseur des passions, l'aimant à sponsors, l'incarnation charismatique du club ? Ou bien l'employé ingérable, l'homme qui dilapidait à lui seul le budget, le principal obstacle à la bonne gestion de Tours ? C'est maintenant qu'on le saura.

 

Sixième : Cholet. Remporter la saison régulière, c'est une bonne chose. Remporter les play-offs, c'est mieux ! Enfin, c'eût été mieux, peuvent se dire les Dogs qui échouent une nouvelle fois dans leur objectif de monter en division 1.

Avec 149 buts inscrits en dix-huit journées, les Choletais n'ont souvent laissé que des miettes à leurs adversaires. Pourtant deux équipes avaient montré que tout n'était pas gagné d'avance. Ce sont tout d'abord les Jets de Viry qui ont arraché le nul à Glisséo avec une défense des grands jours, puis ce fut au tour d'Anglet de mettre un grain de sable dans la belle mécanique, en s'imposant 5-3 à La Barre.

Néanmoins, les Dogs pouvaient aborder les play-offs sereinement avec deux gardiens capables d'alterner, la meilleure défense du groupe et une attaque prolifique, menée par le meilleur pointeur de la division, Pierre-Yves Albert, auteur de 68 points dont 37 buts, accompagné de son entraîneur Julien Pihant, Joonas Parviainen ou Romain Germond, tous présents dans le top 10 des pointeurs de la poule.

Le premier tour face à Clermont-Ferrand, huitième de l'autre groupe, ne devait être qu'une formalité pour des Choletais qui entraient enfin dans le vif du sujet. Et pourtant les Dogs se sont fait accrocher : tout d'abord au match aller où il leur faut attendre les ultimes minutes pour se détacher (victoire 2-4) puis ensuite au match retour où ils mettent du temps à prendre la mesure de leur adversaire avant de dérouler dans la dernière période (victoire 13-4).

Cela aurait dû mettre la puce à l'oreille des Dogs. Dans le quart de finale aller, à Paris, ils mènent de deux buts dans la dernière période avant de se faire rejoindre puis dépasser par les Volants (6-5). Le match retour est tout aussi tendu... Les Choletais parviennent bien à refaire leur retard mais se font surprendre en prolongation, mettant ainsi un terme au plan prévu qui devait déboucher cette saison sur l'accession à la division supérieure.

 

Septième : Lyon. La saison 2009/2010 était un petit peu celle du renouveau dans la capitale des Gaules. Nouvelle structure, nouveau président, nouvel entraîneur et effectif remanié de manière non négligeable. Éternels favoris à la montée, cette saison n'a pas dérogé à la règle pour les Lions. Mais un os se dressait sur leur route avant même la reprise avec la rétrogradation de Tours, directement parachuté dans la même poule.

Un premier duel perdu lors de la troisième journée contre les Diables Noiurs laisse déjà filer la première place de la poule. Si les Lyonnais ont réalisé un parcours presque impeccable à l'extérieur avec une seule défaite, à Tours bien sûr, leurs prestations à domicile laissent un goût d'inachevé. Seulement quatre victoires, trois nuls et deux défaites, un bilan un peu léger pour un favori à l'accession en D1.

Pourtant, les deux chouchous de Charlemagne étaient de retour cette saison. Alex et Robert Olsson ont à nouveau pu faire souffrir les défenses de D2. Avec respectivement 47 et 46 points, ils complètent le podium des pointeurs sur lequel trône également François Rozenthal. Cette saison a surtout vu exploser le jeune Baptiste Frioux, qui a su profiter de sa présence aux côtés des deux Suédois pour terminer meilleur buteur. Il a notamment réalisé un quintuplé lors de la folle remontée à Asnières (de 5-1 à 6-9). Côté recrutement, c'est plutôt en défense que le bât blesse. Les deux renforts nord-américains ont été très loin du niveau que l'on pouvait attendre d'eux et ont déjà pris un billet en aller simple au départ de Lyon.

À l'aube des playoffs, tout le monde regardait déjà vers les demi-finales et l'éventuelle confrontation au sommet avec Cholet. C'était sans imaginer le scénario inimaginable qu'allaient produire les deux premiers tours de ces séries finales. Après avoir facilement disposé de Wasquehal, les Lions affrontèrent Rouen en quarts, tombeurs d'Anglet. Mais voilà, lors du premier match (remporté par les Lions) Rouen aligne des joueurs non qualifiés, le club décide alors de poser un recours auprès de la fédé. Sans surprise, Rouen est alors mis hors compétition, mais Sébastien Berthet ne pouvait sans doute pas imaginer que son équipe allait devoir affronter Anglet. Sortis de leurs vacances après dix jours sans glace, les joueurs de l'Hormadi font prendre aux Lions une véritable douche froide, et les laissent à quai en quarts au bout d'une cruelle mort subite à Charlemagne.

La fin de saison est brutale et inattendue, la route semblait ouverte après l'élimination de Cholet. Même si l'objectif initial n'était pas la montée, celui des demi-finales n'est pas atteint. La confiance est cependant renouvelée pour Pascal Margerit qui a signé une prolongation de deux ans, avec cette fois sans doute pour objectif de monter à terme.

 

Huitième : Asnières. Les Castors ont connu un début de saison agité. L'effectif avait mis en place par l'ancien manager, démissionnaire, ce qui n'a pas été sans poser certains problèmes. Car l'effectif asniérois est semi-professionnel et il faut donc trouver un emploi pour les nouveaux venus. Or, si leur bagage sportif était adapté au projet, leur CV professionnel laissait plus à désirer.

La recherche d'emploi, déjà pas évidente actuellement, est plus compliquée avec des Canadiens anglophones qui n'ont pas le vocabulaire requis pour enseigner l'anglais à des cadres comme leurs prédécesseurs, ou avec des Suédois qui n'ont pas le permis de conduire. Le club a assumé financièrement le minimum vital à ses joueurs dans leurs périodes sans emploi, mais a dépensé plus que prévu. De plus, l'absence d'emploi n'a pas plu à Carl Holmberg, qui est retourné en Suède, déséquilibrant ainsi la défense, lui qui devait être le pendant défensif du très offensif Canado-Maltais Andrew Bonello (second pointeur de l'équipe).

Sept victoires, deux nuls, deux défaites ; tel est le bilan d'un départ en fanfare, couronné par trois premiers matchs à plus de dix buts inscrits. C'est finalement une fois que tout le monde fut stabilisé que les mauvais résultats s'accumulèrent, une spirale descendante heureusement enraillé lors de la dernière journée et une victoire sur Toulouse.

Les play-offs étaient entamés de belle manière avec une double victoire sur Viry et un nouveau festival du duo Bonello/Mellander. Le quart de finale les opposant aux Yonnais paraissait le plus équilibré, et cela se démontrera dans la première rencontre où les Castors s'envolent 4-1 avant de concéder deux buts en fin de rencontre. Ils ont cependant été obligés de disputer le match retour sans leur meilleur joueur Andrew Bonello, placé en garde à vue après une altercation dans une discothèque. Asnières lâcha prise malgré les bonnes performances de l'international junior letton Roland Vigners et du Canadien Jason Zylkie. Le recrutement aura donc amené des satisfactions sur le plan sportif, mais aussi des déceptions sur le plan humain.

 

Neuvième : Dunkerque. Comme à Toulouse-Blagnac, l'arrivée d'un Rozenthal à Dunkerque (François ce coup-ci) laissait augurer des ambitions à la hausse pour les Nordistes. Et dès l'entame du championnat, les Corsaires démontraient qu'il faudrait compter avec eux en arrachant le nul à Lyon puis d'aligner deux victoires avant de chuter chez le leader tourangeau. Par la suite, les Dunkerquois restaient en lice pour la troisième marche du podium jusqu'à la fin de la saison régulière.

C'est finalement quelques jours avant le déplacement à Vanoise, qui comptait pour la 16e journée de championnat, que le microcosme nordiste était secoué par une sordide affaire. En début de saison, le club avait prévenu les joueurs que des contrôles anti-dopage pourraient être effectués en interne. Lors de ce test inopiné, cinq joueurs se sont fait prendre par la patrouille pour avoir consommé du cannabis. Le président Vanwormhoudt aurait pu passer cet incident sous silence mais préféra, ce qui lui rend honneur, jouer la carte de l'honnêteté en sanctionnant les coupables d'une suspension d'un mois. Le président nordiste regrettait d'autant plus cette attitude qu'elle mettait en danger toute l'équipe car en cas de contrôle officiel, et à partir de trois cas simultanés, la fédération aurait pu suspendre l'équipe de toute compétition !

La principale "victime" de cette suspension fut le gardien Arthur Legrand. Celui-ci avait su marquer des points importants durant la blessure du portier numéro un, Bram Debacker, mais cette affaire allait plonger le petit gardien belge dans le doute. Ce dernier mois de compétition fut délicat pour les Corsaires : après la défaite à Vanoise, c'est l'humiliation que connaissait la bande à Dewolf lors de la réception de Champigny. Certes, la période du Carnaval est souvent synonyme de matchs difficiles pour les Corsaires, de là à perdre 9-0, sur ses terres, face à la lanterne rouge de la poule, les supporters locaux n'ont que très peu apprécié cette déroute.

Après avoir atteint les demi-finales en 2008, puis les quarts de finale en 2009, les Dunkerquois reculaient encore d'un cran en s'inclinant ce coup-ci dès les huitièmes de finale. Battu de trois buts chez les Volants, les Nordistes renverseront bien la tendance au retour, en menant de trois buts à un quart d'heure du terme, mais ils se feront rattraper progressivement par les Parisiens, mettant ainsi un terme à une saison décevante sur de nombreux points.

 

Dixième : Évry. Pour les Peaux Rouges, il y avait deux objectifs annoncés pour cette saison : tout d'aborder accéder aux play-offs dans une position plus intéressante que celle de la saison précédente (huitième), et ensuite, prendre le dessus dans le derby essonnien les opposant aux Jets de Viry.

Le premier objectif fut aisément atteint. S'ils ne purent jamais se mêler à la course au podium, les Peaux Rouges se sont appliqués à terminer en tête du wagon des poursuivants. Le duo Romain Danton / Kévin Ledoux retrouva très vite ses automatismes de toujours au point de prendre le pas sur les renforts québécois Mickaël Beaudet et Yannick d'Aoust. Si l'attaque s'est montrée rassurante en franchissant la barre des cent buts, la défense, elle, n'a pas montré les mêmes assurances.

Il faut dire que traditionnellement, Évry offre un turnover important dans les buts. Cette saison n'a pas dérogée à la règle. Les quatre gardiens se sont répartis les rôles (de 120 à 400 minutes) avec des réussites diverses. Si Vincent Vancayseele s'est montré le plus régulier, si l'équipe a pu compter sur un Benjamin Roullier efficace mais inconstant, Évry peut en revanche se montrer déçu par le faible rendement de Nicolas Husarek malgré son indéniable expérience en NCAA. Les lignes défensives avaient dû se passer tardivement des services d'Yvan Kerneis, finalement resté à Viry, et le renfort du Tchèque Ivan Kucera n'a pu compenser le manque de profondeur du banc. Avec la longue blessure de Benjamin de Avelar, la défense se retrouvait le plus souvent réduite à sa plus simple expression.

Pour le second objectif, il fallait attendre la quatrième journée pour voir la première manche du derby essonnien, à Évry. Beaucoup craignaient que ce derby ne se transforme en bataille rangée, mais les protagonistes ont su offrir un beau match, sans gestes inutiles. Les Peaux Rouges prirent le dessus dans cette première manche, 6-2, avec notamment un doublé de Kévin Ledoux face à ses anciens coéquipiers. Le match retour apparaissait plus équilibré puisque les deux équipes attaquaient la dernière ligne droite sur un score de parité. Mais en l'espace de dix minutes, les Jets allaient marquer par quatre fois pour une victoire 9-5. Quatre buts d'écart à l'aller, quatre au retour, voilà que les deux équipe essonniennes se retrouvaient dos-à-dos !

Il ne restait plus aux Peaux Rouges qu'à effectuer de bons play-offs. En débutant à Toulouse, Évry espérait réaliser une bonne opération. Ils y crurent encore plus lorsqu'ils menaient 1-0 à la fin de la première période. Las, l'avalanche des Bélougas emporta tout sur son passage dans les deux autres périodes et au final, avec sept buts de retard, Évry ne pouvait plus espérer grand-chose pour le match retour, remporté pour l'anecdote 5-2.

 

Onzième : Viry. Quand on vous dit que les deux clubs essonniens ne se sont pas quittés d'un pouce de la saison, cela se reflète même dans le classement final de la division. Et pourtant, au début de la saison, on n'aurait pas parié lourd sur une telle résistance. Ayant perdu bon nombre de cadres suite à leur chute en division 2, les Jets ne pouvaient pas s'appuyer sur des recrues de premier plan. Néanmoins, la force du club réside dans sa capacité à former des jeunes de qualité.

La réadaptation à la division 2 a été difficile. Alors que la défense était courte en personnel et l'attaque bien plus large, Viry ne s'attendait pas à une telle disette offensive. Zdenko Sarnovsky n'était pas le buteur espéré et se désolait lui-même de ne pas pouvoir contribuer plus. Les Jets constituaient l'attaque la moins efficace de D2, avec l'autre recrue, le défenseur slovaque Stanislav Mistrik, en meilleur marqueur.

Inutile d'identifier un responsable à ce problème de finition, c'est l'équipe toute entière qui devait chercher le déclic. Ce fut fait après la nouvelle année lors du derby contre Évry (9-5). Les Virois se mettaient alors à marquer huit ou neuf buts régulièrement, alors qu'ils ne l'avaient jamais fait. Les lignes semblaient enfin se trouver, perturbées qu'elles étaient en début de saison par les absences des juniors Giovanni Lelièvre (adducteurs) et Hugo Vinatier (convocations en équipe de France U20).

Après une série de 5 victoires en 7 journées, Viry pouvait aborder les play-offs en confiance. Malheureusement, le gardien Geoffroy Marcon choisissait très mal son moment pour connaître son "jour sans" en encaissant quatre buts dès le premier tiers contre Asnières (0-4). Pourtant, sa performance et celle de ses équipiers au match retour (1-1) prouvaient que les Jets auraient pu rivaliser avec cet adversaire. On ne le saura jamais tout à fait.

 

Douzième : Rouen II. L'avantage quand on est l'équipe réserve d'un des clubs qui compte le plus de licenciés en France, c'est que cela permet d'avoir un réservoir de joueurs conséquents. Et Rouen ne s'en est pas privé : 38 joueurs utilisés, c'est le plus gros total parmi les équipes séniors devant Champigny et ses 34 joueurs. La contrepartie d'être une équipe réserve est qu'il faut regarder de très près les règlements. Mais cela, les jeunes Dragons ne le découvriront qu'en play-offs...

Il a d'abord fallu jouer la saison régulière, avec un départ des plus difficiles. À l'issue de la cinquième journée, les Rouennais fermaient la marche sans avoir glané le moindre point. Leur premier réveil eut lieu à Blagnac où ils parvinrent à gagner contre les Bélougas. Ensuite, ce sera une alternance victoire/défaite, tout en tenant tête aux principaux leaders de la poule. Début janvier, la jeune troupe reçut le renfort d'un convalescent, mais pas n'importe lequel : Fabrice Lhenry ! Avoir dans ses rangs un international en activité est assez rare pour une équipe du troisième échelon français. Si Rouen ne remporta qu'un seul des quatre matchs où Lhenry officiait, ils se sont tout de même permis d'accrocher un point contre Tours, et ce seront les seuls à le faire durant la saison régulière. Ils finirent la saison sur une victoire sur Champigny qui leur permettait de chiper la place de Vanoise et ainsi de défier Anglet au premier tour des play-offs.

Loin d'être favoris, les jeunes Rouennais s'offrent le scalp des Basques, accédant ainsi aux quarts contre Lyon. Las, les dirigeants lyonnais se rendent compte que ni Anthony Rech (2 matchs), ni Lionel Tarantino (0 match) n'était qualifié pour les séries (6 matchs de saison régulière étant nécessaires). Du coup, la FFHG accède à la requête des Lions et Rouen se retrouve exclu de la fin de saison. Une situation qui nécessitera un communiqué de l'entraîneur Julien Guimard pour s'excuser de son erreur.

 

Treizième : Wasquehal. L'arrivée des deux anciens Gothiques Mickaël Bardet et Lionel Wiotte a permis à Wasquehal de franchir un nouveau cap, pour cette troisième saison en Division 2. Forte de deux armes supplémentaires, l'attaque a également bénéficié des débuts réussis d'Axel Canaguier, rapidement intégré par son mentor Frédéric Nilly et appelé en sélection nationale U18. Toutefois, le seul étranger de l'équipe, Miroslav Hantak, au dos récalcitrant, a connu un second exercice plus difficile.

À l'image de la défense nordiste, peu épargnée par les coups durs. La défection de Guerra et les blessures du vétéran Fabien Tanguy et de l'expérimenté Alexis Thomas, limité à un match, ont le plus souvent contraint à faire appel à l'expérimentation. Si la polyvalence de Nicolas Hamoudi et l'apport de Hugo Picard furent appréciables, le départ en cours de saison de Tristan Leclère, attaquant reconverti du fait des circonstances, a un peu plus handicapé Wasquehal.

Cette combinaison d'une attaque confortée et d'une défense en perpétuel chantier a permis au public d'assister à des rencontres spectaculaires, au scénario décousu. Incapable de préserver un avantage à la marque sur sa glace, le club présente la rare particularité de n'avoir remporté aucune rencontre à domicile. Heureusement, le parcours à l'extérieur est plus que satisfaisant, contribuant à rééquilibrer la balance face à des adversaires directs (Meudon, Français Volants, Viry), sans toutefois éviter de croiser la route d'autres Lions à l'appétit plus féroce, venus de Lyon. La saison s'achève une fois encore en huitièmes de finale.

 

Quatorzième : Val Vanoise. Finalement, les Bouquetins seront les seuls promus à ne pas avoir brillé cette saison. Est-ce pour autant que l'on doit dire que leur saison fut ratée ? Non, loin de là. L'objectif premier des trois stations alpines était le maintien. Et pourtant, la mission n'était pas aisée. Les blessures se succédèrent en défense, obligeant le coach Pierre Rossat-Mignod à revenir au jeu avant de se blesser lui-même. En attaque, le principal souci fut qu'il fallut se passer des services de Mathieu Cyr durant les quatre premières rencontres.

À son retour, l'épine dorsale suédo-cyrienne se mit en place et fit feu de tout bois. La première ligne (Björnberg, Lundberg, Broström, Kraucuk et Cyr) se promenait sur la glace inscrivant près de 80% des points de l'équipe. Le problème résidait donc dans le manque de profondeur du banc vanoisien : si Jonathan Pastore parvenait à assurer son quota de points, ce ne fut pas le cas des autres, notamment des jeunes. Une fois de plus, les blessures et différentes absences ont pesé lourd dans la rentabilité des avants. Anthony Baetz repart avec quatre points alors que Romain Dupont - qui s'était mis en valeur lors du carré final de D3 la saison précédente - ne joua que deux matchs. Quant au vétéran belge Chris Cools, unique survivant de l'aventure d'Albertville, il n'a pas inscrit le moindre point.

Pour autant, la première ligne, accompagnée du gardien Rickard Olsson, a permis à l'équipe de se maintenir dans la bonne partie du tableau, assurant sa qualification pour les séries finales. Avec une septième place dans leur groupe, les Bouquetins ne pouvaient qu'affronter une bonne équipe. La hiérarchie leur désigna La Roche-sur-Yon comme premier adversaire. Lors du match aller, les deux équipes prenaient successivement la tête durant les deux premiers tiers temps avant qu'une double supériorité à l'entame du dernier vingt permettent à Vanoise de terminer cette première manche avec un but d'avance. Sans surprise, la première ligne s'accapare tous les points de la partie. Il ne restait "plus qu'à" aller défier les Yonnais dans leur antre d'Arago. Si le premier tiers se finit sur un score de parité, les Bouquetins prennent l'eau dans le deuxième tiers, scellant là leurs espoirs de passer un tour. Mais comme prévu, l'essentiel était déjà assuré.

 

Quinzième : Meudon. Le MHC était le dernier club de la division sans surnom, mais il ne l'est plus. C'est la personne en recherche des sponsors qui a ressenti le besoin d'une identité plus vendeuse que le "Meudon Hockey Club". Ainsi sont nées les Comètes. Ce nom peu à peu introduit au cours de la saison fait évidemment allusion à l'Observatoire implanté dans la ville.

Le club ne se contente cependant pas d'une position d'observateur en division 2, il veut en être un acteur à part entière. Cette équipe qui s'était toujours appuyée sur un collectif homogène a accueilli sa première grande individualité avec le chasseur de buts Olivier Bélanger. Mais on est peut-être passé d'un extrême à l'autre car le Canadien, redoutable buteur, a aussi péché par un excès d'individualisme et une absence d'implication défensive.

Les Meudonnais ont accédé aux play-offs, mais cherchent encore un meilleur équilibre. Ils compteront à l'avenir sur le retour de leur grand espoir défensif Thomas Lebailly. Blessé au genou lors du premier match du championnat junior, il est revenu au jeu seulement pour les finales U22 excellence et ne ré-endossera donc le maillot de la division 2 que l'an prochain.

 

Seizième : Clermont-Ferrand. L'entraîneur-joueur Tuomo Määttä s'est parfaitement intégré chez les Sangliers Arvernes. Important sur la glace par son expérience, il l'a aussi été comme incarnation du club auprès des médias auvergnats qui s'intéressent de nouveau au hockey.

Le Finlandais ne pouvait cependant pas compenser à lui seul la pause prise par les deux meilleurs attaquants du club. Léo Rivon et Cyril Gavalda ont en effet pris une année sabbatique. Clermont-Ferrand, déjà avant-dernière attaque de D2 un an plus tôt, a pourtant réussi à marquer plus de buts en leur absence. Le problème, c'est que les Auvergnats en ont aussi encaissé beaucoup plus. 26 buts en deux rencontres face à Asnières, par exemple. Mais surtout 8 chez la lanterne rouge Champigny ou contre l'adversaire direct Nantes, au cur d'une série de sept défaites qui a failli tout remettre en cause.

Clermont en poule de relégation ? Il y avait le feu dans la maison auvergnate. Le déplacement à Vanoise, qui restait sur trois victoires consécutives à domicile, s'annonçait très compliqué. Alors, on a rappelé en urgence Cyril Gavalda. Il avait raccroché les patins pour s'occuper des travaux dans sa maison. "Zorro" est arrivé, sans s'être entraîné, et pourtant il était encore le meilleur sur la glace ! Six minutes à peine pour marquer un premier but. Suivi de deux autres pour enfoncer le clou. En un match, Gavalda a sauvé la saison de son équipe et assuré le maintien. On a besoin de lui plus régulièrement pour viser plus haut.

 

Dix-septième : Chambéry. Les Savoyards avaient affiché des objectifs élevés avant que la saison ne commence : le top-6 selon le président Escolier, les demi-finales selon les entraîneurs-joueurs Benoît Sarzier et Renaud van den Abbeele ! Autant dire qu'il y a eu un gouffre entre les ambitions et la réalité.

Pourtant, cette équipe était théoriquement meilleure que sa devancière. Le précédent entraîneur-joueur Rémy Enselme, parti pour un an en Nouvelle-Zélande, avait recommandé son successeur en défense, le robuste Kévin Grabit. Et en attaque, l'arrêt de Franck Billieras avait été a priori compensé par les arrivées de Jérémy Bigot, Mickaël Bouvier et Anthony Schieste.

Alors, est-ce la faute aux nouveaux si Chambéry a raté les play-offs ? Sûrement pas. Bigot a fait parler sa vitesse et est devenu meilleur marqueur de l'équipe. Bouvier a occupé un rôle important après s'être fait une frayeur en sortant sur civière à la troisième journée avec une blessure au genou heureusement moins grave que prévu. Schieste, volontaire mais malchanceux, a longtemps touché des poteaux et n'a marqué qu'une seule fois... avant de signer deux buts importants en poule de maintien. Malgré ces réussites des recrues, le rendement des joueurs restés au club a décru en parallèle, à l'instar du vif Pierrick Bazin dont la production a chuté de 27 à 11 points. Chambéry a donc fini avec la moins bonne attaque de D2.

L'an passé, la défense tenait encore, mais cette année, Stéphane Burnet a été moins soutenu. Son collègue Mathieu Delachaume n'a pu alterner avec lui en raison de problèmes de genou qui le contraindront finalement à arrêter sa carrière.

Chambéry a donc échoué en poule de relégation, où son incapacité à mettre ses occasions au fond à encore failli lui jouer des tours. Après trois points à l'extérieur, les Éléphants ont déchanté à domicile contre Champigny (2-4) avant de battre une équipe de Nantes déjà tranquille (7-2) pour sauver in extremis, fin avril, leur place en division 2.

Satisfaction dans cette saison à oublier : le jeune César Joffre, avec 6 points à ses 7 premières apparitions, semble immunisé contre cette inefficacité chronique.

 

Dix-huitième : Nantes. Finalement, les années se suivent et se ressemblent sur les bords de l'Atlantique. Les Corsaires partaient bien à l'assaut de cette nouvelle saison avec des ambitions revues à la hausse mais ils sont de nouveau tombés de haut. Pour cela, on avait pas lésiné sur les changements au point d'obtenir une petite révolution dans le microcosme du hockey nantais : nouveau président (Philippe Ranger, l'ex-gardien international), nomination d'un assistant coach aux côté de Dany Fortin (Éric Schnackenbourg), nouveau logo, nouvelles couleurs, nouveau maillot et surtout nouveaux joueurs avec dix recrues dont Jérémy Paradis et Tomas Kukucka, enrôlés pour suppléer le départ de Nelson Vargas-Dias.

Seulement, le changement semble avoir été brutal et tout a été de travers durant la saison. Si l'année avait débuté par une victoire sur la réserve rouennaise, il ne fallait pas être pressé pour en voir d'autres. Certes les Corsaires ne connaissaient pas souvent de correction mais ils ne parvenaient pas à s'arracher suffisamment pour accrocher la victoire.

Comme l'an dernier, ils se sont donc échoués en poule de maintien. Une seconde contre-performance fatale à l'entraîneur-joueur franco-canadien Dany Fortin, celui que l'on pensait indéboulonnable après 14 ans au club. Maintenant que le président était un ancien joueur, Philippe Ranger, il pouvait se permettre de trancher dans le domaine sportif. Et son arbitrage a été rendu en faveur de Claude Devèze, le vétéran promu entraîneur. Le désaveu ne pouvait être plus sévère pour Fortin, qui n'avait jamais apprécié ce rival d'expérience en interne.

Devèze a conduit l'équipe à deux victoires contre Champigny, synonymes de maintien, et aura carte blanche la saison prochaine avec une équipe totalement reconstruite, sans le moindre opposant. Fortin a en effet décliné la proposition de continuer en tant que joueur et a donc quitté Nantes, lui qui aura incarné la moitié de l'histoire du club. Et tous ses appuis du vestiaire s'en vont eux aussi. Ce n'est pas qu'une page qui se tourne au NAHG, c'est un chapitre, voire un livre entier.

 

Dix-neuvième : Champigny-sur-Marne. La division 2 a fait la part belle à la formation française cette saison puisque les deux finalistes n'avaient qu'un seul renfort formé à l'étranger. Mais dans le même temps, les deux équipes entièrement tricolores se sont retrouvées en poule de maintien. Chambéry s'en est sorti, condamnant Champigny-sur-Marne à la relégation.

Un dénouement qui a longtemps paru prévisible, puisque les Élans ont aligné dix défaites de rang en début de saison. Ils n'en méritaient pourtant pas tant, étant souvent battus de peu. Pour leur dernier match de l'année, ils ont alors défait Toulouse et ouvert ainsi la voie à une fin de saison très digne où ils ont remporté 11 points sur 24. Ils se sont dès lors montrés parfaitement au niveau de la D2, mais ont dû se résigner à la descente. Ce n'est pas tant dû à une contre-performance de leur part qu'à la concurrence qui s'est relevée.

Champigny-sur-Marne a bénéficé par moments de son alliance avec Neuilly-sur-Marne. Elle est effective dans le hockey mineur, avec une alliance à trois clubs (avec Fontenay) nommée "Paris Grand Est". Elle s'est aussi traduite en senior par les prêts en "licence bleue" de deux joueurs de Magnus, le défenseur Hugo Delecour et même l'attaquant Pierre-Chales Hordelalay, qui a marqué trois buts et une assistance le temps d'un match à Dunkerque remporté 0-9. Mais les canaux peuvent fonctionner dans les deux sens : à l'intersaison, avec le retour en D3 qui se profilait, trois joueurs dont le gardien Landry Labat sont partis chez le voisin.

Deux autres se sont engagés à Viry, et un à Meudon. L'aventure en D2 a donné envie d'y rester, et la division 3 n'attire personne. Le sort de Tours, acté début juillet, a certes repêché Champigny, mais maintenant que les cadres sont partis, il sera encore plus difficile d'y rester !

 

Vingtième : Cherbourg. À quoi bon lutter ? C'est sans doute la question qui a sauté à l'esprit des dirigeants et joueurs cherbourgeois lorsqu'ils ont appris, au début de l'année 2010, que leur patinoire devait être fermée dix-huit mois à des fins de rénovation. Les Vikings avaient longtemps lutté pour accéder à la D2, et avaient été repêchés à leur seconde saison. Cette fois, les Vikings, avec leurs moyens, espéraient échapper à la relégation.

Avec quelques renforts venus du roller ou du loisir, en plus du jeune slovaque Vladimir Mikula et du gardien Damien Angella, l'équipe du Nord-Cotentin abordait le championnat sans autre ambition que celle de bien figurer. L'entame de championnat fut délicate : au soir de la quatrième journée, les Vikings ne comptaient qu'un petit point. Néanmoins, la chance semblait leur sourire lors de la journée suivante. À Wasquehal, le match est serré et les Cherbourgeois peuvent espérer ramener un point du nord. Le score est de parité lorsqu'ils encaissent un but. Malheureusement, sur le coup, le gardien Damien Angella se blesse à l'épaule. Et comme le second gardien Aurik Lebuhotel est absent pour raisons professionnelles, c'est Benjamin Favé, un défenseur (auteur d'un but un peu plus tôt), qui va se loger dans les buts. Il ne tiendra qu'une minute avant d'encaisser un but, mais le miracle aura bien lieu : en moins de deux minutes, l'Estonien Dmitry Lavrov inscrit trois buts et offre la victoire aux siens. Seulement, cette victoire n'en appellera pas beaucoup d'autres... Une seule, lors de la quinzième journée, pour la réception de Chambéry.

Finalement, les Vikings devaient se retrouver en poule de relégation, mais compte tenu du fait qu'ils sont certains de ne pas repartir la saison prochaine, et afin de ne pas dilapider inutilement leur maigre capital, les Cherbourgeois feront l'impasse sur cette phase de maintien, ce qui n'a pas été du goût de la Fédération. Néanmoins, il y aura finalement une éclaircie dans le ciel gris de Cherbourg puisque les travaux de la patinoire ne dureront qu'un an, ce qui permet d'espérer ne pas assister à un enterrement en grandes pompes du hockey cherbourgeois.

 

Alex Mondin, Marc Branchu, Philippe Biller et Mathieu Hernaz

 

Retour à la rubrique articles