Bilan de la saison NHL 2008/09

 

Premier : Pittsburgh Penguins. Il peut paraître étrange de parler de sensation en évoquant la coupe Stanley remportée par les Pittsburgh Penguins aux dépens des Red Wings de Detroit. La formation de Mario Lemieux se présentait en effet en début de saison comme l'un des principaux favoris à la conquête du titre suprême, sortant tout juste d'une finale perdue face à ces mêmes Wings, et étant toujours emmenée par ses deux étoiles, Sidney Crosby et Evgeni Malkin. Pourtant, une première partie d'exercice cataclysmique les voyait à la mi-février végéter à la dixième place de la conférence Est. Ils remerciaient leur entraîneur Michel Therrien, remplacé par l'anonyme Dan Bylsma, issu des ligues mineures et novice à ce niveau de la compétition. Plus personne ne faisait alors d'eux, à raison, un prétendant à la victoire finale. Les Pens ont pourtant su se remobiliser, et trouver les ressources nécessaires à la réalisation d'un authentique exploit. Retour sur ce fabuleux voyage qui a emmené Crosby et cie sur le toit de la planète hockey.

Le 15 février 2009 est une date à marquer d'une pierre blanche dans l'incroyable saison des Penguins. Ce jour-là, le manager général Ray Shero décide de confier les rênes de l'équipe à Dan Bylsma, initiative qui va créer un véritable électrochoc dans le vestiaire : en quelques semaines, Pittsburgh trouve un second souffle, finit la saison en trombe et décroche le précieux sésame pour les séries. En vue des play-offs, Shero procède à quelques modifications dans son effectif, signant avant la date limite des transferts le vétéran Bill Guérin (38 ans), englué dans les bas-fonds du classement avec les New York Islanders, Chris Kunitz d'Anaheim, et Craig Adams de Chicago, trois joueurs ayant déjà soulevé la coupe Stanley. Un soupçon d'expérience destiné à encadrer ses jeunes loups aux crocs acérés, et qui replace Pittsburgh comme un outsider sérieux dans une Conférence Est particulièrement homogène et indécise.

Au premier tour des séries se présentent devant eux les redoutables Flyers de Philadelphie, avec qui ils ont terminé à égalité de points, pour un derby pennsylvanien qui sent la poudre. Les Pens se détachent rapidement 3-1, et malgré une belle réaction d'orgueil de leurs adversaires, ils concluent la série à l'extérieur, sans avoir réellement tremblé. Ils sont opposés au tour suivant les Washington Capitals du MVP Alex Ovechkin, dans un duel entre deux escouades en plein renouveau, qui voient s'affronter sur la glace les trois meilleurs marqueurs de la saison régulière, et a fortiori les trois joueurs les plus doués de la nouvelle génération. Le combat est âpre, intense, frénétique par moments. Les deux belligérants se rendent coup pour coup, et un jeune gardien russe de tout juste 21 ans, du nom de Semion Varlamov, exécute des prouesses devant son filet, et fait tourner les têtes de l'armada offensive de Pittsburgh. N'ayant pu se départager au terme des six premières rencontres, les équipes jouent leur saison lors d'un septième match décisif, sur la glace des Caps. Donnés favoris, les locaux implosent pourtant rapidement devant la vista, la puissance et le rythme imposés par leurs adversaires, qui ont déjà plié la partie à mi-match en menant 5-0. Les hommes de Bylsma l'emportent finalement 6-2, et gagnent le droit de défendre leur titre à l'Est, face aux surprenants Carolina Hurricanes. La machine est désormais bien lancée, et les joueurs de Raleigh sont littéralement surclassés par leurs homologues (20-9 sur le total de la série), n'effleurant jamais l'espoir de remporter ne serait-ce qu'une manche, et ne donnant simplement pas l'impression d'évoluer dans la même cour que les Pens.

La finale donne lieu à un remake de la saison précédente. Véritable opposition de style entre la juvénile garde des Pens et les expérimentés Wings (la formation ayant la moyenne d'âge la plus élevée de la ligue), les faveurs des pronostics vont, avant le coup d'envoi, tout naturellement vers les tenants du titre. Habitués à évoluer à ce niveau de la compétition, Detroit est assurément l'équipe de la décennie, visant un cinquième titre en douze ans, et autant de finales. À l'issue des deux premières rencontres remportées dans son antre par une formation des Wings tout en contrôle, la tendance prend encore plus d'ampleur. Crosby est éteint par l'admirable travail défensif de Zetterberg, et les Pens sont déjà au pied du mur avant de recevoir à deux reprises à la Mellon Arena. Menés au score au cours des deux matchs, les favoris de Mario Lemieux font pourtant preuve de ressources mentales insoupçonnées pour égaliser dans la série et relancer les débats. Lors du match 5, Detroit enregistre le retour de sa star Pavel Datsyuk, et profite de son aide providentielle pour reprendre l'avantage, en étrillant ses adversaires 5-0, transparents ce soir-là. Ce succès écrasant procure aux Wings un avantage psychologique certain, et les rapproche encore un peu plus du Graal. Mais il était dit que dans cet affrontement au sommet, le facteur de la glace serait déterminant. Et les Pens en font leur adage en emportant la sixième manche sur le score de 2-1, forçant ainsi un match décisif dans le Michigan, emmenant la série aux confins du suspense.

À l'aube de l'ultime bataille, les chiffres ne pèsent manifestement pas en faveur de Pittsburgh. Aucune équipe ne s'est imposée à l'extérieur dans un septième match en finale depuis les Canadiens de Montréal en 1971, et la domination des Wings dans leur enceinte est telle que rien ne semble pouvoir leur arriver. Le 12 juin, c'est dans une Joe Louis Arena volcanique, sous les yeux du légendaire Muhammad Ali, que Detroit s'apprête à sceller son triomphe. Après une première période menée sur un rythme effréné, le score reste pourtant nul et vierge. C'est au retour des vestiaires que le joueur de l'ombre par excellence, l'archétype de l'anti-héros Maxime Talbot, décide de faire parler la poudre. En l'espace de dix minutes, il signe un doublé qui propulse les siens en tête, alors que Marc-André Fleury multiplie les exploits devant sa ligne, bien aidé par une défense qui résiste tant bien que mal. Au cours du dernier tiers, la patinoire retient son souffle, fixant le chronomètre et voyant les secondes défiler, inexorablement. Crosby, blessé lors d'un contact avec Franzen, est contraint de regarder ses coéquipiers faire front du banc de touche. À six minutes du terme, Ericsson, d'un magnifique slapshot en lucarne, redonne espoir à tout le peuple rouge. Hockeytown entre en ébullition, et pousse derrière ses protégés, qui lâchent leurs dernières forces dans ce qui s'apparente désormais à un véritable attaque-défense. Osgood a déserté sa cage, il reste moins de dix secondes à jouer, et le but des Penguins ressemble de plus en plus à Fort Alamo. Un dernier engagement remporté par Zetterberg, le palet échoit dans la palette du capitaine Lidström, qui prend le tir... La trajectoire semble idéale... Fleury s'étend de tout son long... et parvient à sortir la rondelle de l'épaule ! La trompe retentit, et c'est dans un silence de cathédrale que les Pens laissent exploser leur joie.

Ils l'ont fait : au terme d'un match insoutenable sur le plan émotionnel, la bande à Crosby vient de déjouer les avis de tous les spécialistes, et de remporter la Coupe Stanley. La performance est de taille, exploit amplifié par le parcours de l'équipe, qui revient de très loin, et est parvenue a conclure chacune de ses séries à l'extérieur. Malkin, à qui l'on avait reproché son manque de constance lors des play-offs la saison passée, reçoit le trophée Conn-Smythe (MVP des play-offs), et Sidney Crosby est le plus jeune capitaine de l'histoire à soulever le prestigieux trophée, à l'âge de 21 ans. C'est un premier accomplissement pour celui qui est attendu, depuis son arrivée sur les patinoires de la Ligue, comme le successeur de Wayne Gretzky, et un rêve qui devient réalité.

Mais le triomphe de Pittsburgh est avant tout celui d'un collectif, qui a su se sublimer sous la pression. Chaque joueur a su prendre ses responsabilités à un moment donné, et sans les Staal, Talbot, Guerin, Fedotenko, Hil, Letang, Gonchar, Scuderi (exceptionnel d'abnégation en défense), et autre Fleury, qui a fait taire les mauvaises langues en prouvant qu'il était bel et bien un cerbère de tout premier rang, cette fabuleuse épopée n'aurait pu se concrétiser. C'est également une grande victoire pour Mario Lemieux et sa philosophie, lui qui a racheté son équipe de cur au bord du coma en 1999, et l'a reconstruite petit à petit, année après année, pour la ramener vers les sommets, dix-sept ans après.

Avec un effectif jeune et bourré de talent, les Penguins pourraient bien être l'équipe à battre lors de la décennie à venir. Mais rappelez-vous, on disait la même chose de la formation emmenée par Mario Lemieux et Jaromir Jagr au début des années 90, lorsqu'ils remportèrent consécutivement deux coupes Stanley. Par la suite, ils n'ont jamais réussi à atteindre de nouveau la finale. Dans l'inextricable monde du hockey, les vents sont bien souvent changeants, et les candidats affamés de victoires nombreux. C'est aussi cela, sans doute, qui fait la beauté de ce sport.

 

Deuxièmes : Detroit Red Wings. Guère étonnant de retrouver les Red Wings à ce niveau de la compétition. L'équipe la plus flamboyante des années 2000 est une machine de guerre qui écrase à peu près tout se qui se présente sur son passage, en témoigne son attaque et ses 295 buts inscrits en saison régulière. Concentré de talent et d'expérience, portés par des étoiles comme Niklas Lidström, Henrik Zetterberg ou Pavel Datsyuk, on ne voyait pas trop ce qui pouvait empêcher Detroit de réaliser le doublé cette saison.

Les protégés de Mike Babcock ont parfaitement maîtrisé leurs play-offs, et l'entraîneur a réussi à insuffler dans son effectif une touche de jouvence, incarnée notamment par Darren Helm ou Justin Abdelkader, décisifs lorsque leur est donnée l'occasion de fouler la glace. Favoris logiques avant la finale face à Pittsburgh, ils semblent maîtres de leur sujet, avant de s'effondrer et de craquer lors du dernier match joué à la Joe Louis Arena. Une déception légitime pour tous les fans des Rouges, qui compteront sur leurs protégés pour remettre les pendules à l'heure en entamant la nouvelle décennie avec un nouveau sacre.

 

Troisièmes : Chicago Blackhawks. Les efforts de reconstruction entamés il y a quelques années commencent à porter leurs fruits du côté de Chicago. La jeune garde de loups aux crocs acérés, emmenée par Patrick Kane, Jonathan Toews et Duncan Keith, redonne des couleurs à la franchise historique des Hawks, et le sourire au public du United Center, qui n'avait pas été convié à pareille fête depuis bien longtemps.

Équipe homogène, brillante en attaque et très solide défensivement, les Blackhawks atteignent la finale de la conférence Ouest, où ils ne peuvent rien face à l'expérience des Red Wings. Au final, une saison plus qu'encourageante pour Chicago, qui sera sans nul doute une des franchises à suivre de très près dans un futur proche.

 

Quatrièmes : Carolina Hurricanes. Un ouragan s'est abattu sur les play-offs en cette saison 2009. Il trouve son origine du côté de Carolina, LA surprise de ces séries. Elle avait alors démarré la saison sans bruit, mais un très bon mois de mars (10 victoires en 13 matchs) lui avait permis d'accrocher les playoffs à la sixième place de la conférence.

Personne ne se méfiait de la bande à Eric Staal et Cam Ward ; ils ont pourtant réalisé deux exploits coup sur coup, en sortant New Jersey et Boston, les deux formations les plus en verve en fin de saison sur la côte Atlantique, au bout de deux confrontations suffocantes terminées en sept manches, au bout du suspense. En finale de conférence, ils retombent sur terre, sévèrement balayés par les Penguins de Pittsburgh. Formation toujours difficile à cerner, on ne sait pas vraiment quoi attendre des Canes la saison prochaine...

 

Cinquièmes : Boston Bruins. Comme pour San José, on attendait énormément des Bruins en play-offs, et ils ont encore une fois déçus. Dominateurs à l'Est, meilleure défense de la Ligue, portés par un trio de centres de haut niveau (Savard, Krejci, Kessel), avec dans ses rangs les récipiendaires des trophées Vezina (Tim Thomas) et Norris (Zdeno Chara), Boston pouvait nourrir des ambitions légitimes à l'approche des séries.

La machine semblait lancée après le sweep infligé au Canadien de Montréal lors du premier tour. C'était sans compter sur la désillusion qui attendait les pensionnaires de la Nouvelle-Angleterre au tournant, une cruelle élimination face à Carolina, lors du septième match au Garden. Une vraie déception pour cette formation qui possédait indéniablement les armes pour aller en finale.

 

Sixièmes : Washington Capitals. Les Capitals possèdent la puissance de feu la plus impressionnante de la Ligue. Avec en chef de fil le tsar Alexander Ovechkin, épaulé par Niklas Bäckström, Alexander Semin et le meilleur arrière offensif de la Ligue, Mike Green, Washington a les armes pour faire céder n'importe quelle défense.

Après une excellente saison régulière, ils sont sortis par les futurs champions, Pittsburgh, lors d'un septième match décisif qu'ils jouaient pourtant à la maison. Ce n'est que partie remise, car avec un tel potentiel, il y a fort à parier que l'on entendra de nouveau parler des Caps très prochainement...

 

Septièmes : Vancouver Canucks. La formation emmenée par son gardien et capitaine Roberto Luongo a réalisé une belle saison 2009, conforme à ses attentes. Les Canucks, emmenés en attaque par les jumeaux Sedin (82 points chacun), bien secondés par des joueurs comme Ryan Kesler, Alexandre Burrows ou les vétérans Pavol Demitra et Mats Sundin, et pouvant se reposer sur une défensive solide, auraient même pu espérer mieux en séries.

Après un premier tour aux allures de formalité face aux Blues de Saint Louis, ils tombent en demi-finale de conférence en six matchs face à la jeune garde des Blackhawks. Il se murmure qu'ils préparent déjà leur revanche pour la saison prochaine...

 

Huitièmes : Anaheim Ducks. Après une saison régulière quelque peu laborieuse, les champions 2007 ont fini en trombe pour s'adjuger une place en play-offs, et réaliser la sensation en sortant les San José Sharks au premier tour.

Il faut dire que, sur le papier, l'effectif des Ducks est des plus intéressants : une attaque menée par Ryan Getzlaf, Corey Perry, Bobby Ryan et Teemu Selanne, une arrière-garde comprenant les futurs hall-of-famers Chris Pronger et Scott Niedermayer, et un filet défendu par la révélation suisse Jonas Hiller, qui a réussi à prendre la place de numéro à Jean-Sébastien Giguere. En demi-finale de conférence, il ne leur a pas manqué grand-chose pour réaliser un nouvel exploit, en poussant les Detroit Red Wings, tenants de la coupe Stanley, au septième match.

 

Neuvièmes : San José Sharks. Le fiasco des séries ! Après avoir apposé leur domination sur la NHL durant la saison régulière, remportant le trophée du Président, les Sharks ont repris leurs mauvaises habitudes, en cédant sous la pression dès le premier tour des séries, éclipsés en six manches par les Ducks d'Anaheim.

Pourtant, ils avaient résolument tout pour gagner, avec neuf joueurs à plus de 40 unités et une défensive des plus robustes. Un sacré gâchis, qu'il conviendra de rattraper dès la saison prochaine, au cours de laquelle San José sera évidemment attendu au tournant. La réputation de losers en play-offs commence en effet à coller à la peau de Joe Thornton et de ses coéquipiers.

 

Dixièmes : New Jersey Devils. Fidèles à eux-mêmes, les Devils ont réalisé une nouvelle saison régulière d'envergure, en terminant à la troisième place de la conférence Est. L'effectif a fait preuve d'homogénéité, et s'est révélé particulièrement inspiré, avec cinq joueurs à plus de 60 points (Parise, Elias, Langenbrunner, Zajac, Gionta).

Le gardien-vedette Martin Brodeur, blessé, a été contraint de manquer les deux tiers de la saison, mais a été superbement suppléé par Scott Clemmensen. New Jersey avait les moyens d'aller loin en séries, mais ils sont tombés sur un os dès le premier tour, battus en sept manches par la surprenante équipe de Carolina.

 

Onzièmes : Philadelphia Flyers. Après une saison régulière solide et une élimination loin d'être honteuse face à Pittsburgh au premier tour, on peut dire que les Flyers finissent la saison à leur place.

Le potentiel de l'équipe est impressionnant, avec Jeff Carter, Mike Richards et Simon Gagné en fers de lance, et une profondeur de banc des plus intéressantes. Il manque désormais à Philadelphie un peu plus de régularité, et un homme fort devant son filet, pour espérer voir plus haut.

 

Douzièmes : Calgary Flames. Les Flames n'ont pas été à la hauteur de leurs ambitions en ne parvenant pas à franchir le premier tour des séries, sortis par les Blackhawks de Chicago.

Pourtant, l'effectif est impressionnant sur le papier : un gardien de tout premier plan en la personne de Miikka Kiprusoff, une défensive rugueuse emmenée par Dion Phaneuf, et une attaque explosive composée de scoreurs comme Iginla, Cammaleri, Jokinen ou Bertuzzi. Il faudra pour Calgary rebondir dès la saison prochaine, car cette équipe a indéniablement le potentiel pour faire mieux.

 

Treizièmes : New York Rangers. Année contrastée du côté de New York. Après un départ en fanfare (10 victoires en 13 rencontres en octobre), les Rangers s'effondrent peu à peu. L'offensive est en berne, et il faut un grand Henrik Lundqvist devant son filet pour maintenir l'équipe en vie.

Le coach Tom Renney est remplacé en cours de saison par John Tortorella, ancien vainqueur de la coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay. L'impact de son arrivée se fait vite sentir, et ce sont des Rangers revigorés qui abordent les play-offs. Ils sont éliminés au septième match du premier tour, passant tout près de créer la sensation en sortant les Capitals de Washington, après avoir mené 3-1 dans la série.

 

Quatorzièmes : Canadiens de Montréal. Pour l'année de son centenaire, le mythique Canadien faisait figure d'épouvantail dans cette conférence Est. Plusieurs observateurs faisaient même de la franchise leur favori avant le coup d'envoi de la saison. Le moins que l'on puisse dire est que celle-ci fut laborieuse, et, en définitive, très décevante.

Carey Price n'a pas été toujours irréprochable devant sa ligne, Alexei Kovalev a alterné, à l'image de l'équipe, le bon et le moins bon, l'entraîneur Guy Carbonneau a été remercié, pour au final, une qualification à l'arrachée, et un balayage logique face aux Bruins au premier tour des séries. En bref, une saison qui ne restera pas dans les mémoires...

 

Quinzièmes : Saint-Louis Blues. Formation jeune et en pleine reconstruction dont on n'attendait pas forcément grand-chose, les Blues ont réussi à tirer leur épingle du jeu, en obtenant leur qualification pour les séries. Ce malgré des blessures handicapantes, comme celles du jeune défenseur Erik Johnson ou du vétéran Paul Kariya.

Brad Boyes a prouvé qu'il était un centre de tout premier plan, et le mélange entre jeunes loups comme T.J. Oshie ou David Backes et vieille garde incarnée par le vétéran Keith Tkachuk a bien fonctionné. Le sweep concédé au premier tour face à Vancouver ne saurait ternir un exercice des plus encourageants pour la suite.

 

Seizièmes : Columbus Blue Jackets. Une saison à marquer d'une pierre blanche du côté de Colombus, qui accède aux séries pour la première fois de leur existence. À la dérive depuis leur arrivée dans la ligue en 2000-2001, les Blue Jackets ont su redresser la barre, portés par leur gardien débutant, Steve Mason, auteur de performances étourdissantes devant sa ligne et de dix blanchissages.

Malgré une élimination des plus logiques face aux Red Wings au premier tour des play-offs (4-0), l'exercice 2009 restera gravé dans l'histoire de la franchise. Aux hommes de Ken Hitchcock de s'appuyer sur cette performance et de poursuivre leur belle progression l'année prochaine.

 

Dix-septièmes : Florida Panthers. En progrès constant depuis quelques temps, Florida aura cette année lutter jusqu'au bout pour la qualification en séries, échouant dans sa quête sur le fil. Le duo Tomas Vokoun - Craig Anderson a réalisé une saison solide dans les cages, Jay Bouwmeester s'est affirmé comme l'un des tout meilleurs arrières de la Ligue, et des éléments comme Stephen Weiss, David Booth et Nathan Horton ont prouvé qu'ils pouvaient porter une attaque orpheline d'Olli Jokinen, et incarner l'avenir de la franchise floridienne.

 

Dix-huitièmes : Buffalo Sabres. Grosse déception du côté des Sabres, qui ambitionnaient une place en play-offs, et même beaucoup mieux. Avec une offensive emmenée par Thomas Vanek (40 buts), Derek Roy, Jason Pominville et Tim Connolly, une profondeur de banc intéressante, et un cerbère de la trempe de Ryan Miller, on attendait légitimement mieux de la part de Buffalo cette saison. Il leur reste désormais à oublier cet exercice décevant, et à se focaliser sur une saison 2010 où ils seront de nouveau attendus au tournant.

 

Dix-neuvièmes : Minnesota Wild. La deuxième meilleure défense de la Ligue échoue aux portes des séries. Un sacré paradoxe, et de quoi avoir beaucoup de regrets. Niklas Bäckström, avec 37 succès, a réalisé un exercice de haute volée devant son filet, mais l'attaque a péché, privée il faut le dire de la star de l'équipe, Marian Gaborik, encore blessé durant la majeure partie de l'année. Avec leur franchise player en bonne santé, qui sait jusqu'où aurait pu aller le Wild cette saison ?

 

Vingtièmes : Nashville Predators. Après trois participations consécutives aux play-offs (pour trois éliminations au premier tour), les Predators n'ont pu réitérer pareille performance cette saison, même s'il s'en est fallu de peu.

Nashville reste une formation délicate à jouer, possédant une défense solide, articulée autour de Shea Weber et Ryan Sutter, et de la bonne surprise entre les poteaux, le Finlandais Pekka Rinne, auteur de sept blanchissages pour sa première saison en NHL. Il leur reste désormais à densifier une offensive encore un peu tendre pour espérer voir plus haut, mais il ne fait aucun doute que ces Predators auront une belle carte à jouer dans un futur proche.

 

Vingt-et-unièmes : Edmonton Oilers. Un effectif jeune et en reconstruction n'aura pas suffi aux Oilers, qui échouent dans leur quête de play-offs. Ales Hemsky reste le meilleur pointeur de sa formation, mais bien que ses coéquipiers fassent preuve d'homogénéité au compteur, il manque un (voire deux) leaders offensifs à Edmonton.

Dans les cages, Dwayne Roloson a éprouvé des difficultés à tenir la baraque : l'arrivée de Nikolaï Khabibulin devrait permettre de stabiliser le poste, et pourrait offrir de nouvelles perspectives aux Oilers dans les années à venir.

 

Vingt-deuxièmes : Ottawa Senators. Le manque de profondeur de l'équipe, ainsi que le poste de gardien, posaient beaucoup de questions en début d'année du côté des Sens. Les réponses n'ont pas tardé à arriver, et la franchise conclut sa saison sur un bilan bien décevant, avec une peu reluisante onzième place à l'Est.

Si le trio de stars Alfredsson-Spezza-Heatley a fait ce qu'il a pu pour tenir l'équipe à bout de bras, il est apparu trop esseulé, le quatrième meilleur pointeur, le centre défensif Mike Fisher, n'inscrivant que 32 points. L'équipe dirigeante devra s'atteler à régler ce problème d'homogénéité, sans quoi les Senators, finalistes en 2007, courent au devant de lourdes déconvenues...

 

Vingt-troisièmes : Dallas Stars. Révélation des play-offs la saison passée, Dallas affichait de sérieuses ambitions en début d'exercice. Les Texans sont pourtant passés totalement à côté de leur sujet, enregistrant leur pire bilan des années 2000.

La blessure du capitaine Brendan Morrow n'a pas aidé un secteur offensif en berne, où seuls Mike Ribeiro, le jeune buteur suédois Loui Eriksson et Brad Richards ont évolué à leur niveau. Derrière, Marty Turco est retombé dans ses travers en faisant preuve d'irrégularité devant sa ligne. Les Stars devront rapidement oublier cette saison qui ressemble à un accident de parcours, plus qu'à une crise endémique. Ils ont en tout cas les armes et le profil d'un outsider sérieux dans la conférence Ouest.

 

Vingt-quatrièmes : Toronto Maple Leafs. Une page s'est tournée à Toronto avec le départ de l'emblématique capitaine Mats Sundin. Les Leafs abordent une phase de reconstruction, et n'attendaient pas grand-chose de cette saison. La défense a pris l'eau (293 buts encaissés, plus mauvais total de la Ligue), et laissé le pauvre gardien finlandais Vesa Toskala à l'abandon.

Offensivement, le bilan est un peu meilleur, avec quatre joueurs à plus de vingt réalisations (Blake, Ponikarovsky, Grabovski et Hagman), mais toutefois largement insuffisant pour espérer voir plus haut. L'équipe phare de l'Ontario devra sans doute attendre un bon moment avant de goûter à nouveau aux joies des séries.

 

Vingt-cinquièmes : Phoenix Coyotes. En début d'année, la franchise entraînée par le mythique Wayne Gretzky apparaissait comme un potentiel outsider à l'ouest. Avec une défense emmenée par le gardien russe Ilya Bryzgalov, un front offensif conduit par Doan et Jokinen, et un subtil mariage entre vétérans (Jovanovski, Reinprecht) et jeunes talents (Mueller, Yandle), les Coyotes ne manquaient assurément pas d'arguments.

Ils semblaient même bien partis pour répondre au-delà des attentes placées en eux, lorsqu'à la mi-saison, ils se trouvaient parmi les huit meilleures équipes de la conférence, et donc provisoirement en séries. Une seconde partie d'exercice tout simplement catastrophique, avec le pire bilan de la Ligue, marquée par le transfert d'Olli Jokinen à Calgary, aura cependant raison de leurs ambitions. Depuis leur arrivée dans le désert en 1995, les Yotes n'y arrivent pas, et ne parviennent pas à soulever l'enthousiasme des foules.

Le déplacement de la franchise n'a jamais été autant d'actualité, même si le milliardaire canadien Jim Balsillie, qui fond sur chaque proie potentielle pour créer la franchise dont il rêve à Hamilton dans l'Ontario, doit faire face une fois de plus à l'hostilité de la ligue face à ses plans de rachat et à son comportement jugé agressif.

 

Vingt-sixièmes : Los Angeles Kings. Les Kings n'ont pas participé aux play-offs depuis 2002, et restent cette année abonnés aux bas-fonds du classement à l'ouest. Toutefois, le processus de restructuration de l'équipe entamée les saisons passées commence à porter ses fruits. L'effectif est jeune, et possède en Kopitar, Frolov, Brown et la révélation défensive Drew Doughty des individualités à fort potentiel, capables de faire passer un palier à la franchise californienne dans un avenir proche.

Le fougueux Dustin Brown, réputé pour son enthousiasme débordant et ses mises en échec salvatrices, propulsé capitaine à l'aube de ses vingt-quatre ans, incarne le renouveau de ces Kings, qui pourraient très bientôt tirer leur épingle du jeu. D'autant plus qu'ils possèdent une marge confortable au niveau du plafond salarial, ce qui devrait leur permettre d'attirer des recrues de choix en vue de la prochaine saison.

 

Vingt-septièmes : Atlanta Thrashers. Les saisons se suivent et se ressemblent du côté d'Atlanta. Depuis leur intégration à la NHL en 1999-2000, les Trashers n'ont participé qu'une seule fois aux séries (balayés au premier tour face aux Rangers en 2007).

Ils n'ont jamais su se défaire d'une Kovalchuk-dépendance, qui les empêche de voir plus haut. Le prodige russe a été fidèle à lui-même en réalisant un nouvel exercice de haute-volée (91 points), mais il n'a guère été soutenu par une défensive trop perméable, et apparaît bien esseulé au sein d'un effectif encore léger pour espérer décrocher l'un des précieux sésames ouvrant la porte aux play-offs.

La bonne tenue de l'équipe en fin d'année, ainsi que les solides prestations de jeunes éléments comme le centre Bryan Little, laissent cependant augurer des jours meilleurs du côté de la Géorgie.

 

Vingt-huitième : Colorado Avalanche. L'Avalanche vieillissante n'avait guère d'ambition à l'aube de cette saison. Les blessures du futur Hall-of-famer Joe Sakic et de Paul Statsny ont rapidement annihilé leurs derniers espoirs. Le front offensif de l'équipe insipide, porté à bout de bras par les seuls Milan Hejduk et Ryan Smyth, n'a pu atteindre les 200 buts inscrits, alors que dans le même temps, la défense prenait l'eau, confrontée à de gros problèmes au poste de gardien, Peter Budaj et Andrew Raycroft étant loin de répondre aux attentes.

La franchise a enregistré son pire exercice depuis son arrivée dans le Colorado en 1995 (en provenance de Québec), et le big boss du club Pierre Lacroix a déjà entamé un grand ménage estival qui s'avère plus que nécessaire : le directeur général François Giguère a été démis de ses fonctions, avant que l'entraîneur Tony Granato ne connaisse le même sort. La rumeur envoyant le légendaire Patrick Roy derrière le banc de l'Avalanche enfle de plus en plus dans les Rocheuses.

 

Vingt-neuvièmes : Tampa Bay Lightning. Une nouvelle saison à oublier pour les champions 2005. Après un exercice 2007/08 catastrophique, il y avait pourtant des raisons légitimes de croire à un redressement de la franchise floridienne cette année. Toujours emmené par leurs fers de lance Martin St Louis et Vincent Lecavalier, renforcé par des joueurs comme Ryan Malone ou le rookie Steven Stamkos, le Lightning se présentait comme un candidat sérieux aux play-offs.

Pourtant, après deux petits mois de compétition, les espoirs des fans étaient déjà consumés, et le sort de l'entraîneur Barry Melrose scellé, remplacé par Rich Tocchet. N'ayant pas réussi à trouver leur rythme de croisière, faisant preuve d'une instabilité chronique en défense (21 arrières utilisés durant la saison, soit le plus fort total de la Ligue), s'effondrant régulièrement dans les moments décisifs, les Floridiens sont une nouvelle fois passés à côté de leur sujet. Et ils s'apprêtent à vivre une intersaison mouvementée, avec le feuilleton Lecavalier, qui a de nouveau fait part de ses envies de changer d'air...

 

Trentièmes : New York Islanders. La tâche s'annonçait ardue du côté de Long Island à l'aube de cette nouvelle saison. Et le moins que l'on puisse dire est que cet exercice 2008-2009 s'est révélé être un véritable chemin de croix pour les Islanders, qui finissent à une peu reluisante dernière place, avec 61 petits points. La blessure au genou de leur cerbère Rick Di Pietro, qui l'a tenu éloigné des patinoires durant toute l'année, n'a pas arrangé les affaires d'une défense poreuse, peu soutenue par une offensive en manque cruel d'inspiration.

À plusieurs reprises, les Isles ont donné l'impression de n'être qu'une formation de Ligue mineure, en particulier ce 7 avril, lorsqu'ils se font étriller 9-0 sur la glace de Carolina. Seules satisfactions, les bonnes performances du défenseur suisse Mark Streit, meilleur pointeur de l'équipe (56 points), et du jeune ailier droit américain Kyle Okposo (39 points en 65 matchs), ainsi que l'obtention du premier choix de draft, qui a permis à la franchise new-yorkaise de sélectionner le prodige John Tavares, et d'envisager une restructuration de l'équipe autour de lui.

 

Alexandre Pengloan

 

 

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