Allemagne 2008/09 : présentation

 

Nous y voilà. Ils sont 16 en DEL, ce chiffre maximal fixé par les statuts et dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est trop important. La mesure déséquilibrée faisant mine de contenter tout le monde (montée autorisée, pas de descente) a abouti à ce point de non-retour. Les gros clubs se plaignent de rencontres trop nombreuses et pas toujours intéressantes. Ils expliquent qu'il faudrait être douze, mais leur manque de tact vexe les petits. Ceux-ci aimeraient certes avoir le maintien comme objectif pour lequel se battre, mais pas être expulsés tous d'un coup par une réduction brutale du nombre d'équipes. À force de repousser le problème, la DEL prend comme prévu le retour de bâton.

Les avocats de la réduction ont donné de la voix cet été en se rendant compte que la nouvelle concurrence venue de Russie réduit la quantité d'étrangers disponibles sur le marché, ce qui rend obligatoires la diminution des imports pour ne pas récolter que les restes et l'effort de formation pour créer ses propres vedettes allemandes.

Réduire, mais quand ? Comment ? En ce qui concerne les clubs, il aurait fallu commencer par ne pas élargir. En ce qui concerne les étrangers, le chiffre de 10 a enfin été atteint, avec deux ans de retard sur les échéances promises. Le nombre de joueurs sur la feuille de match a en effet été réduit d'une unité. Stabilité en revanche pour le nombre de licences étrangères (12) accordées par équipe de DEL sur une saison.

En attendant, pour caser le calendrier, avec la Ligue des Champions en plus, il a fallu faire des inventer des formules bancales. Au lieu de se rencontrer tous quatre fois, les clubs de DEL ont été répartis entre quatre groupes d'après leur classement... de la saison régulière 2006/07. Groupe A : Mannheim (1), Francfort (8), Berlin (9), Kassel (16). Groupe B : Düsseldorf (2), Hambourg (7), Krefeld (10), Wolfsburg (15). Groupe C : Nuremberg (3), Hanovre Scorpions (6), Iserlohn (11), Duisburg (14). Groupe D : Ingolstadt (4), Cologne (5), Straubing (12), Augsbourg (13).

Pour qu'il y ait huit matches de moins, les équipes d'un groupe ne rencontreront que deux fois (au lieu de quatre) les quatre équipes d'un autre groupe apparié, A contre D ou B contre C (limpide, n'est-il pas ?). Le derby de Basse-Saxe entre Wolfsburg et Hanovre a ainsi lieu deux fois moins, tandis que Mannheim ou Berlin ne viendront qu'une fois à la Kölnarena, mais on a échappé à la suppression d'affiches plus grosses.

Pour décaler un tour de coupe avant le championnat, on a aussi accouché d'une formule à la noix : deux équipes de division inférieure reçoivent alternativement deux équipes de DEL le même week-end, et la meilleure des quatre au classement passe, sans que les formations d'une même division se rencontrent ! Ce changement fait râler les joueurs, puisqu'une équipe peut gagner tous ses matches et être éliminée à la différence de buts...

Les équipes de 2e Bundesliga ont fait bonne figure dans cette compétition. Il faut dire que la Coupe d'Allemagne reste leur seule occasion de côtoyer l'élite, puisque l'avènement d'un barrage de promotion/relégation a été annulé par absence d'accord sur la formule à adopter. La seule perspective claire est que, de rancune tenace en compromis lénifiant, aucune organisation durable n'est trouvée.

L'image du hockey allemand a en outre été écornée cet été par ses soucis avec l'anti-dopage. Après l'affaire Busch, sur lequel le comité olympique n'a toujours pas statué, ce sont plusieurs internationaux qui ont raté des contrôles inopinés pour n'avoir pas averti de leur localisation. Des joueurs mécontents parce que les procédures pour indiquer leur emploi du temps ont changé et que le système fonctionne de l'avis général assez mal. Après avoir pris un avertissement, et pour pousser un coup de gueule, le vétéran Sascha Goc a annoncé sa retraite internationale pour sortir du système (qui ne concerne que les internationaux) et ne pas risquer une suspension comme celle qui a failli frapper certains de ses collègues.

 

La DEL

 

C'est une nouvelle ère qui s'ouvre avec le nouveau "O2 World" de Berlin, qui accueillera les matches à domicile des Eisbären Berlin et des basketteurs de l'Alba en plus d'autres manifestations (de Leonard Cohen au Dalaï Lama...). C'est sans doute le moment-clé de l'histoire de l'ex-Dynamo, qui a maintenant pour ambition de devenir le club de toute la ville. Il a quitté Höhenschonhausen, quartier symbole de l'est qui abritait le siège historique de toutes les sections sportives du Dynamo Berlin, pour emménager dans le quartier central de Friedrichshain-Kreuzberg. Il devra accueillir toute une nouvelle frange de public plus occasionnel, sans perdre ses supporters historiques habitués aux places debout. Que ceux-ci se rassurent, la filiation n'est pas rompue, puisque l'honneur de fouler en premier la nouvelle glace est revenu à Hartmut Nickel, figure historique du hockey en ex-RDA.

D'ores et déjà, l'implantation ne s'annonce pas simple. Le O2 World fait polémique, notamment parce qu'une portion historique de 45 mètres du Mur (transformée à cet endroit en œuvre d'art à ciel ouvert) a été abattue pour lui aménager un accès fluvial par la Spree. La salle est vue comme un symbole de l'embourgeoisement du quartier, qui attire tous les spectacles et les bénéfices dans une poche privée tandis que les autres salles communales et les contribuables subiront les pertes d'exploitation.

Une poche privée ? En l'occurrence, celle de l'ultraconservateur américain Philip F. Anschutz, qui finance des groupes chrétiens dont certains homophobes. C'est la raison invoquée par un appel au boycott. Anschutz n'est pas forcément en odeur de sainteté dans ce district berlinois dirigé par une coalition entre l'extrême-gauche et les Verts... Un boycott similaire avait déjà été lancé par certaines associations à Londres vis-à-vis la O2 Arena appartenant au même Anschutz (O2 n'est dans les deux cas qu'un sponsor qui a acheté le nom). Tout cela est certes sans grand impact sur les bénéfices. La réputation du O2 World n'est cependant pas très bonne avant même son ouverture. Le débat qui fait rage va en fait au-delà de la salle et concerne tout l'aménagement du quartier avec le projet "Mediaspree" contesté par un référendum populaire.

Et les Eisbären dans tout ça ? Ils minimisent l'effet du déménagement et, dans cette période de grands changements, se présentent en garants de la continuité sportive. L'équipe championne n'a presque pas changé. Elle a reçu le renfort notable de Richie Regehr (Francfort), attendu en défenseur offensif dans une équipe au style de jeu ambitieux. Cela ne change même pas le nombre d'étrangers puisque le gardien Rob Zepp a obtenu entre-temps la nationalité allemande. À égalité de passeport, le jeune portier Youri Ziffzer essaiera de prendre sa revanche sur la dernière saison où il avait perdu la concurrence interne.

Attention toutefois. Un exemple très récent prouve que garder l'effectif qui a remporté le titre n'est pas une garantie de succès...

 

Cet exemple, c'est Mannheim. Son équipe championne en 2007 a eu toutes les peines du monde à confirmer, mais les nombreux contrats longue durée empêchent qu'il y ait beaucoup de changement. Même les Adler n'ont pas connu un recrutement facile, alors qu'autrefois il suffisait que SAP sorte le chéquier.

L'entreprise de logiciels de gestion ne s'est pas retirée, qu'on se rassure. Mais le patron de Dietmar Hopp soutient aussi depuis longtemps le club de football de Hoffenheim, un village de trois mille habitants. Et il a accru son financement depuis deux ans. Après deux promotions en deux ans, la voilà équipe-surprise du début de saison de la Bundesliga footballistique. Une réussite qui crée des jaloux : le milliardaire a d'ailleurs porté plainte parce que son visage a été dessiné dans un viseur d'arme à feu sur une banderole des supporters de Dortmund. C'est plus sûr, le hockey, Dietmar ! L'ennui, c'est, pendant que son nouveau stade se construit (l'ancien portait le nom de Dietmar-Hopp-Stadion...), l'équipe de Hoffenheim joue à Mannheim.

L'ascension de Hoffenheim mobilise l'attention de tous les villages du coin, mais la ville de Mannheim reste attaché au hockey. Et si le père Hopp trouve ses joies dans le ballon rond, son fils Daniel Hopp, lui, est toujours le président du club de hockey.

Un club qui a donc pâti d'un marché en berne. Il a perdu deux attaquants allemands, Christoph Ullmann vers le concurrent direct Cologne et Eduard Lewandowski vers le Spartak Moscou. Et pour les remplacer, il n'a pu trouver que deux joueurs qui arrivent de deuxième division et qui ont d'abord été pris à l'essai, Peter Abstreiter (Landshut) et le centre germano-canadien Peter Flache (Regensburg).

La seule recrue offensive digne de la réputation de Mannheim se nomme Jason King, ancien rookie du mois en NHL quand il jouait sur la ligne des jumeaux Sedin à Vancouver. Il a ensuite eu une commotion cérébrale, s'est disputé sur le montant minimal de son contrat NHL/AHL et a passé un an en Europe. Il avait déjà signé en Allemagne avec Iserlohn l'été dernier mais avait été échangé à Anaheim et avait retenté sa chance sans succès (4 matches avec l'équipe NHL). King a toujours été un bon buteur en AHL mais ses seules performances européennes avec Skellefteå ont été peu convaincantes : transparent dans le jeu, avec sa qualité de lancer pour récolter quand même quelques buts. Une recrue-phare de Mannheim qui était un joueur convoité par Iserlohn il y a un an : si ça, ce n'est pas un signe de récession...

Déplorant la concurrence russe, le manager Marcus Kuhl a dû cibler un domaine pour vraiment se renforcer : les cages. Fred Brathwaite doit remplacer avantageusement Adam Hauser. En provenance d'Omsk et ex-champion avec Kazan, Brathwaite connaît déjà la Russie et souhaitait une autre expérience. Les Adler restent une des meilleures adresses à l'ouest, c'est déjà ça...

 

L'autre dépensier de ces dernières années, Düsseldorf, est lui aussi contraint aux économies avec un Dome à moitié vide et un budget en baisse de 10%. Comble de malheur, les soucis de contrôles inopinés manqués sont venus s'y greffer, avec des menaces de suspension pour les internationaux Robert Dietrich et Daniel Kreutzer. Sous contrat avec Nashville, Dietrich a anticipé son départ en Amérique du nord et passera probablement la saison en AHL, mais le capitaine Kreutzer s'est défendu et a obtenu la révocation de la sentence en appel. Il mène maintenant la troisième ligne dans une attaque renouvelée.

Avec une enveloppe plus modeste, le DEG n'a pas recherché des grands noms ou des passés en NHL. En défense, il a pris deux bons joueurs d'AHL de 27 et 26 ans, le solide Ryan Caldwell et l'Américain Chris Harrington, au style peu physique mais plus offensif.

En attaque, il a recruté chez les petites équipes de la ligue : le buteur Adam Courchaine (Duisburg) qui a défié les sceptiques en prenant vite place sur la première ligne, et le passeur Chris Joseph (Augsbourg) qui devrait former un des duos les plus techniques du championnat avec Brandon Reid.

Les Metro Stars semblent avoir recruté intelligemment. Il n'a joué que quatre rencontres de préparation, toutes remportées, mais a déjà montré un nouveau visage rajeuni avec des attaquants rapides en contre-attaque.

 

L'intersaison s'annonçait tranquille à Cologne, mais en juin, coup de tonnerre : la star de l'équipe Ivan Ciernik est recrutée par le Barys Astana, le nouveau venu kazakh de la KHL. Le Slovaque ne pardonne pas à son entraîneur Doug Mason d'avoir déclaré que le KEC aurait pu gagner la finale du printemps dernier si Ciernik avait été meilleur.

Cologne avait su négocier sans problème une indemnité de transfert avec un club russe réputé (Magnitogorsk) lors du transfert de Travis Scott en décembre dernier, mais n'a reçu aucune nouvelle d'Astana. Il a dénoncé les pratiques douteuses du novice et déclaré que son joueur sous contrat ne partirait pas comme ça. Le Barys s'est alors rétracté et a abandonné la piste Ciernik. L'international slovaque ne partira donc pas au Kazakhstan... Il ira en Sibérie, puisque le Sibir Novosibirsk, lui, a réglé le transfert en bonne et due forme. L'affaire a échaudé Cologne qui a refusé tout autre bon de sortie à Kamil Piros ou encore à Jerome Flaake qui voulait partir en junior majeur.

Le KEC peut donc repartir avec une équipe à peu près similaire. La star du recrutement est le vétéran de NHL (370 points en 640 matches) Mike Johnson. Il a connu une dernière saison tronquée à Saint-Louis, puisqu'il n'a plus joué depuis le 2 janvier après une opération de l'épaule, la deuxième de sa carrière. Johnson a surtout eu une carrière d'attaquant défensif, pas mal utilisé en infériorité. Sa seule expérience européenne en Suède avait duré deux mois, puisque Färjestad l'avait engagé en janvier 2005 avant de le virer juste avant les demi-finales pour apport insuffisant. Il est pourtant censé avoir des qualités de buteur sous-exploitées et un bon patinage, mais sans doute pas autant qu'un Ciernik.

La presse de boulevard, très influente à Cologne, s'acharne donc depuis le mois d'août sur l'entraîneur Doug Mason, jugé responsable du cas Ciernik. Et l'enchaînement des défaites pour commencer la saison lui a permis d'affûter la guillotine...

Elle en a oublié une nouvelle autrement plus inquiétante : le gardien Robert Müller doit subir une nouvelle intervention au cerveau pour prévenir une résurgence de sa tumeur. Un gardien d'AHL au style debout, Frank Doyle, arrive pour l'intérim.

 

Le deuil est porté par Francfort. Le président Gerd Schröder, qui avait racheté le club pour un mark symbolique et effacé ses dettes il y a dix ans, est finalement décédé après avoir passé trois mois dans un coma artificiel à la suite d'une attaque cérébrale. Sa succession est assurée puisque les Lions, après des années de turbulence et d'excès, sont aujourd'hui un club solide avec des performances constantes et des sponsors nombreux.

Le leader du vestiaire Jason Marshall a pris sa retraite, mais pour faire le ménage, il est remplacé par un autre recordman des pénalités (en Suède celui-là), Lance Ward.

Ce qui est beaucoup plus difficile à compenser, c'est le départ à Berlin de Richie Regehr. C'est grâce à lui et à l'attaquant Jeff Ulmer, aujourd'hui au Dynamo Minsk, que le jeu de puissance des Lions avait été si efficace la saison dernière. Les nouveaux défenseurs John Slaney et Mathieu Biron ont un bon slap, mais pas du même niveau.

Il faudra donc obtenir une bonne dose de buts des recrues Pat Kavanagh, auteur de 50 points avec Iserlohn, et Josh Langfeld. Cet ailier américain, frustré que la NHL ne l'ait jamais laissé jouer qu'en troisième et quatrième ligne, a faim de buts. Il a reçu des propositions de KHL, mais sa femme enceinte ne voulait pas accoucher en Russie.

Le petit souci du moment, c'est que le gardien Ian Gordon n'a toujours pas obtenu sa naturalisation. Il y a donc un étranger de trop, et un surnuméraire doit rester en tribune à chaque match.

 

Le succès sportif récent de Nuremberg a été construit autour des liens solides qui se sont tissés entre l'entraîneur Benoît Laporte et le manager Otto Sykora. La saison passée, les deux hommes ont toussé devant les humeurs du président Günther Hertel, l'homme qui a transformé le nom du club pour lui donner le nom de son remède pour la toux. Faute de visibilité, Laporte est allé voir ailleurs, et Sykora s'est posé des questions.

Mais il est finalement resté, et a donc pu travailler à construire la nouvelle équipe. Sykora a rappelé un principe : "aucun joueur de Nuremberg n'a jamais été payé plus de 120 000 euros, et on ne fera pas exception pour Ahren Spylo". Vu la cote du joueur qui a explosé l'an dernier, il savait donc d'avance qu'il ne le retiendrait pas, avant même les propositions russes. C'est en effet un prix minimum pour un joueur qui arrive à sortir du lot en DEL.

Le "remplaçant" Brad Leeb (Ingolstadt) n'a pas le même potentiel physique que Spylo, mais c'est aussi un buteur et son frère Greg est déjà dans l'équipe, ce qui doit garantir une complicité gagnante.

C'est la défense qui a été la plus remaniée. Rich Brennan et Sean Brown sont partis en Autriche, remplacés par Cole Jarrett (Berlin) et Martin Ancicka (Mannheim), tandis que le capitaine Christian Laflamme est rentré au Québec auprès de sa femme qui veut y accoucher. Après sa pige lors du tournoi de qualification - manqué - pour la Ligue des Champions, le staff reste néanmoins en contact avec Laflamme, qui a fait forte impression pour un joueur arrivé sans entraînement. Un retour est secrètement espéré. En attendant, le possible futur "joker" s'est occupé de tout en mettant le club en contact avec son successeur : il s'agit d'Alain Nasreddine, le physique défenseur des Pittsburgh Penguins qui a surtout joué en AHL.

La recrue qui a fait la meilleure impression, c'est cependant Frédéric Cassivi, le MVP des play-offs AHL 2006. Après ses performances en pré-saison, le Québécois, qui a repoussé des offres russes, est maintenant attendu pour conserver le titre de meilleur gardien de DEL remporté par son prédécesseur Kotschnew, justement parti pour Moscou.

La vraie surprise de l'intersaison est le choix du nouvel entraîneur : pour succéder au très coté Laporte, c'est le discret Andreas Brockmann qui a été retenu. L'ex-international, qui a arrêté sa carrière après trois opérations de l'épaule en 2001, a fait sa réputation aux commandes de Riessersee et de Landshut, mais ne connaît pas la DEL et s'est vu confier un effectif constitué par le duo Sykora/Jiranek.

 

Si certains pensent Ingolstadt capable de remonter la pente après une saison décevante, c'est justement parce que Benoît Laporte, tenu en haute estime, est arrivé comme entraîneur.

Il y a justement besoin de reconstruire une équipe profondément modifiée. Quatre Canadiens d'AHL tous passés en NHL (deux défenseurs de 28 ans, Bruno Saint-Jacques et Allan Rourke, et deux attaquants de 25 ans, Duncan Milroy et Matt Keith), débarquent en effet sans expérience du jeu européen. De leur intégration dépendra la réussite des panthères. Yves Sarault, qui fut l'étranger le plus rugueux de la LNA suisse, débarque aussi pour donner de l'impact physique.

L'autre changement a été impulsé par le manager Tobias Abstreiter : l'ancien capitaine de l'équipe nationale veut changer l'image d'Ingolstadt, longtemps associée aux renforts étrangers. Il a donc recruté de jeunes joueurs bavarois parfois dispersés dans le pays. Le symbole de cette nouvelle vague est le défenseur Tobias Draxinger, 23 ans et natif de Munich, qui recherchera un temps de jeu plus important qu'à Berlin afin de redevenir titulaire en sélection.

Le pari le plus étonnant concerne toutefois Thomas Greilinger. L'ex-espoir sujet à de récurrents problèmes de surpoids, avait quitté la DEL il y a trois ans mais s'est refait la cerise dans son club formateur de Deggendorf. Est-il encore capable de saisir cette dernière chance de jouer au haut niveau ? Il semble que oui. Parti en quatrième ligne, il s'est imposé sur le premier trio après la pré-saison !

 

Jere Karalahti à Hambourg ! La ville hanséatique, réputée pour ses bars, ses clubs et sa vie nocturne, accueille l'enfant terrible du hockey finlandais. Est-ce vraiment le lieu pour donner une "seconde chance" - selon la terminologie officielle du club - (il s'agit plutôt en réalité d'une seconde seconde seconde chance) à l'alcoolique pas vraiment repenti, emprisonné la saison dernière pour ses liens avec un gang de motards pratiquant le trafic de drogue ? Le club s'est empressé de préciser que son contrat était assorti de clauses interdisant tout écart. Un discours déjà entendu dans ses clubs finlandais précédents, HPK et Kärpät... Y a-t-il une clause lui intimant de rester à distance du Reeperbahn, le quartier rouge local ?

L'encadrement de Karalahti sera l'une des priorités des Freezers. L'autre consistera à restaurer les affluences, car le budget a été établi avec les mêmes moyennes prévisionnelles, ne tenant pas compte de la désaffection des spectateurs constatée l'an passé.

Après le départ des Québécois Marc Beaucage et Benoît Gratton, c'est également de Finlande qu'arrive la principale recrue en attaque. Clarke Wilm - que l'entraîneur Bill Stewart a déjà coaché il y a dix ans en AHL - a passé deux ans au Jokerit Helsinki, mais il est surtout un centre défensif. L'offensive a cependant été élargie par le recrutement des Germano-Canadiens Richard Mueller (Berlin) et Jason Pinizzotto (Düsseldorf).

Restent les cages, où Jean-Marc Pelletier est maintenant seul titulaire après avoir été relégué en tribune en début d'année. Le gardien canadien, conservé parce que rompre un contrat aurait été trop cher, est-il dans un bon état de confiance ?

 

La question du gardien se pose également chez les Scorpions de Hanovre, où Alexander Jung a été maintenu dans ses fonctions après de longs débats. La stabilité est de mise pour toute la partie défensive puisqu'il n'y a aucune arrivée et un seul départ, celui de Stéphane Robitaille à Bietigheim-Bissingen. Les lignes arrières dépendront donc comme d'habitude de l'état du genou de Sascha Goc.

L'attaque est en revanche nettement renforcée avec l'arrivée du duo Vikingstad-Kathan et du meilleur joueur d'Oberliga, Garrett Festerling, qui possède un passeport allemand. On a rarement vu un tel potentiel offensif dans une équipe entraînée par Hans Zach !

Il faudra du spectacle pour réellement se trouver un public. Les Scorpions ont lancé un nouveau slogan "We are family" et une campagne d'affichage dans Hanovre et sa région, présentant des photos-montages plus ou moins réussis de hockeyeurs prenant appui sur les monuments locaux les plus célèbres...

L'opération de promotion commence difficilement : alors que les deux clubs évoluaient à domicile le même jour, les Scorpions ont eu une affluence inférieure à l'équipe historique de la ville, les Indians, pourtant coincés dans leur troisième division et échouant à monter chaque année. Une famille, peut-être... mais pas la plus nombreuse.

 

La première qualification en play-offs est à peine archivée qu'Iserlohn a un statut à défendre. L'ancien "petit club" est désormais du bon côté du top-10, celui dont la présence en séries est maintenant attendue.

Il a augmenté son budget et conservé tous ses atouts : les buts de Michael Wolf, les passes de Robert Hock, les arrêts de Norm Maracle... Le gardien à la légendaire surcharge pondérale devra s'attendre cependant à plus de concurrence de la part du jeune Sebastian Stefaniszin, motivé par son camp d'entraînement NHL à Anaheim et qui voudra jouer plus.

Les modifications sont mineures. Pat Kavanagh (Francfort) a été remplacé par Ben Simon, un centre défensif d'AHL qui aura du mal à connaître la même explosion offensive que son prédécesseur pour sa première année allemande. En défense, Sean Blanchard est parti à Hambourg et a été remplacé par Marty Wilford qui a fait le chemin exactement inverse. Dans cet "échange", Iserlohn a gagné en impact offensif, pas forcément en solidité défensive. Or, cela reste le point faible de l'équipe.

Le facteur de changement permanent à Iserlohn se situe derrière le banc. Comme d'habitude, les Roosters doivent composer avec un entraîneur canadien qui découvre le championnat. Cela s'est plutôt bien passé pour Ward et Adduono, il reste à Steve Stirling (coach des New York Islanders de l'été 2004 à janvier 2006) à suivre le même chemin. Il a signé pour deux ans et sera le seul entraîneur de DEL à ne pas connaître le hockey allemand.

 

Nouvel entraîneur aussi à Krefeld, mais venu de division inférieure. Igor(s) Pavlov(s), ex-international letton né à Lipetsk en Russie, a été élu deux fois meilleur entraîneur de 2e Bundesliga à Bremerhaven, avant de tout gâcher en début de saison dernière avec des déclarations saignantes à l'emporte-pièce. En dépit de son nom, Pavlov ne fait pas dans le réflexe conditionné. Il est plutôt promoteur de méthodes d'entraînement originales, incluant des disciplines aussi diverses que le trampoline et le karaté. Une variété qui rompt la monotonie et qui est généralement appréciée des joueurs.

L'effectif de Krefeld perd en revanche son originalité. Maintenant que Jiri Ehrenberger s'est retiré du banc pour rester seulement directeur sportif, l'influence d'Europe de l'est est devenue négligeable. Les recrues sont canadiennes mais, faute de moyens, elles en sont souvent à leur première expérience européenne (le défenseur Jim Fahey et le centre Serge Payer, tous deux ex-AHL) ou arrivent de championnats d'un niveau moindre (l'ex-Milanais Shay Stephenson). Un temps d'adaptation, au minimum, sera donc nécessaire.

La seule "valeur sûre" déjà connue en DEL est Charlie Stephens, dont le contrat avec le voisin Düsseldorf a été désactivé après une saison décevante. Il devra pourtant retrouver la productivité offensive qu'il a connue pendant une demi-saison seulement sur les deux ans qu'il a passés en Allemagne car il doit remplacer le passeur tchèque Alinc et alimenter en palets le vénérable Herberts Vasiljevs.

Après les mésaventures de Reto Pavoni la saison dernière, il fallait amener plus de stabilité dans les cages. Mais le candidat Sébastien Charpentier s'est désisté pour retourner en Russie. Il a fallu se rabattre sur le voyageur Scott Langkow, ancien meilleur gardien d'AHL passé par la Finlande, la Suède, la Suisse et la Russie.

Le KEV n'a manqué le top-10 qu'une fois, au printemps, et si cela se reproduisait, le déclin serait avéré de façon un peu trop flagrante...

 

Dans une ville de Wolfsburg plus préoccupée par le devenir de Volkswagen et de son modèle de représentation des salariés dans les instances dirigeantes, après le rachat majoritaire prévu par Porsche (c'est-à-dire, en termes de hockey, par Bietigheim-Bissingen...), les "Grizzly Adams" - à l'origine le nom d'un fan club - passent toujours au second plan. Difficile d'attirer l'attention, sinon par l'ambition d'essayer d'accrocher les play-offs.

Pour atteindre cet objectif, le club a élargi son personnel (de quoi plaire aux syndicats de VW ?), y compris derrière le banc avec l'adjonction de Pavel Gross pour assister l'entraîneur Toni Krinner. L'effectif a plus de profondeur maintenant que Wolfsburg a visé des joueurs allemands intéressants en leur promettant plus de temps de glace qu'à Cologne : Sebastian Furchner, spécialiste reconnu des infériorités, et le jeune Kai Hospelt, qui vaut assurément mieux que de apparitions furtives en quatrième ligne. Pour Hospelt, fils d'un des fondateurs du KEC, il fallait donc quitter son club pour pouvoir progresser.

Après le ratage du duo Moravec/Hurajt, Wolfsburg n'acquiert plus de stars et a désigné comme leaders offensifs le fonceur Norm Milley et le créateur Justin Papineau, qui ont tous deux de très bonnes références en AHL. Mais Milley découvre les glaces européennes, et Papineau n'en connaît qu'une saison passée dans le marasme de Bâle qu'il n'a jamais été en mesure de sauver de la relégation.

Si l'attaque s'appuie sur de nombreux Canadiens, il n'y en a aucun derrière. Devant les gardiens allemands Jonas et Dschunussow, le défenseur offensif américain Marvin Degon est le seul représentant de son continent. Le recrutement s'est orienté vers le physique de l'international letton Arvids Rekis, et vers Jan-Axel Alavaara pour former une paire suédoise avec Fredrik Svensson. Ces deux Scandinaves ont eux aussi connu l'inconfortable pression du joueur étranger accusé de tous les maux en LNA suisse.

Il y en a moins à Wolfsburg, et c'est peut-être çà le problème, car il faut tout de même que des joueurs assument le statut de leader. Le capitaine Tim Regan, conservé depuis la 2e Bundesliga, l'a fait l'an passé, mais il n'est pas un joueur de première ligne.

 

Ces problèmes de leaders inconstants, Augsbourg les connaît. Les Souabes ont trop bien appris les défauts de leurs meilleurs marqueurs pour regretter leur départ. Mais cela implique, une fois de plus, de refaire l'équipe à l'intersaison.

Ce n'est pas ce qui fait peur à l'entraîneur Larry Mitchell. Il s'était fait connaître à Landsberg par la qualité de ses filières de recrutement en ECHL. Mais on n'est plus en Oberliga ni en 2e Bundesliga, et ce sont désormais des joueurs AHL qu'il faut viser. Il ne reste qu'à espérer qu'il les connaisse aussi bien. Cinq arrivants qui ne connaissent que la Ligue américaine, ça passe ou ça casse...

La remarque vaut aussi pour le gardien Dennis Endras, 23 ans, dont le parcours à Landsberg depuis l'Oberliga a exactement coïncidé avec celui de Mitchell. Et maintenant, le coach lui confie une place de titulaire en DEL alors qu'il y a joué en tout et pour tout 9 matches (dont 7 il y a trois-quatre ans avec Augsbourg). Son concurrent Leonhard Wild en a disputé quatre fois plus, mais il y a plus longtemps encore, comme doublure à Essen puis Cologne. Il arrive lui aussi du niveau en dessous, de Munich.

Qu'Endras soit bien le talent promis, que les recrues tiennent exactement le rôle espéré : tel est le double pari de Mitchell.

 

Dans le bas de tableau de DEL, Straubing détone un peu : environnement sain, projet porteur, jamais d'esbroufe... Tout allait sans doute trop bien. Un incendie s'est déclaré dans la patinoire fin juillet, rendant la piste impraticable et détruisant les écrans vidéo qui étaient propriété du club. Le feu ne s'est pas déclaré tout seul, car du matériel inflammable a été placé sur la dalle de béton de la glace, fissurée. Un incendie criminel s'est produit la même nuit dans un nouveau centre commercial de la ville. Se joignant aux primes promises par la municipalité, le club offre deux abonnements gratuits pour tout élément permettant d'identifier les coupables...

Straubing est du coup obligé de partir à Regensburg en bus pour aller s'entraîner et jouer. Une distance qui ne favorise évidemment pas le remplissage de la patinoire en ce début de saison, et qui induit pas mal de coûtés imprévus.

Dommage, car la saison s'annonçait bien. Straubing avait fait parler de lui en engageant Jon Klemm, joueur aux 878 matches de NHL et aux deux Coupes Stanley soulevées avec Colorado. Un vrai leader défensif qui doit amener des habitudes de travail et de victoire s'il en a encore le goût à 38 ans.

Avec l'énergique Ryan Maloney (ex-Krefeld) sur la deuxième ligne ou le duo de Schwenningen (Frosch-Whitecotton) sur le troisième trio, Straubing pense aussi avoir de quoi soulager offensivement ses deux vedettes Éric Chouinard et Éric Meloche. Encore faut-il que ces deux-là gardent la même forme que l'an passé. Ce n'est pas encore le cas. C'est encore moins le cas pour Tony Voce, recruté parce qu'il avait été leur coéquipier en AHL. Il s'est présenté dans une condition physique si déplorable que le club n'a finalement pas voulu dépenser une licence d'étranger pour lui.

 

Remonté en DEL comme "dernier promu" après deux années de consolidation mais aussi d'attente, Kassel espère avoir retrouvé le calme. L'ex-manager Simon Kimm ne devrait plus mettre des bâtons dans les roues pour cause de conflit de personnes, puisqu'il a loué la patinoire qu'il possède à un investisseur privé. Le projet de nouvelle salle devrait pouvoir se débloquer dans le même temps.

Pour re-payer les 800 000 euros de la licence de DEL (remboursés lors de la descente), Kassel a quand même dû avoir le soutien de la ville, et n'a pas les moyens de faire des folies. L'équipe a subi peu de changements. Ceci dit, on disait déjà que c'était un effectif de DEL quand il était en 2e de Bundesliga. On retrouve donc les mêmes vieux de la vieille (Boris Rousson dans les cages, l'ex-international belge Mike Pellegrims qui vient de fêter ses 40 ans en défense) et les jeunes du cru dont Manuel Klinge, déjà international et forcément attendu pour son retour à ce niveau après avoir explosé en deux ans au niveau inférieur.

Les renforts proviennent le plus souvent de 2e Bundesliga (l'arrière Dominic Auger de Schwenningen ou le meilleur marqueur Martin Bartek) ou de championnats peu cotés : le défenseur Ryan Gaucher arrive du Danemark, et le centre Alex Leavitt a été à la fois champion et meilleur marqueur en ECHL en 2006, puis en CHL en 2008... avec 128 points plus 30 autres en play-offs et un gouffre sur ses poursuivants !

Seuls deux joueurs, des ailiers, viennent de DEL : le vétéran Sean Tallaire (Cologne), réputé pour sa régularité, et Colin Beardsmore (Nuremberg), qui a surtout l'avantage d'être devenu allemand cet été. Le double passeport est une coutume locale. Hormis le second gardien Sebastian Elwing (Berlin) et le jeune attaquant - actuellement blessé à la main - Thorben Saggau (Timmendorfer Strand, ce qui en fait le meilleur joueur formé au Schleswig-Hostein, région ne comptant qu'un club), tous les joueurs sont originaires soit de Kassel, soit de l'étranger. On peut voir ça comme une confiance en sa propre formation des jeunes à l'exclusion de tout autre institution allemande (sauf les services d'immigration et de naturalisation)...

 

Quatrième année en DEL pour Duisburg, et toujours le même objectif désespéré : ne pas finir dernier. Ce n'est pas une question de budget, les moyens étant comparables aux autres clubs de bas de tableau. C'est juste que le club n'est pas pris au sérieux.

Comment voulez-vous qu'il le soit ? Prenez le cas de l'international norvégien Lars Erik Spets, la dernière rigolade en date. Recruté fin janvier, il a été mis à la porte début mars avant les deux dernières journées de saison régulière. Puis on s'est rabiboché avec lui parce que, mine de rien, son contrat court encore pendant un an. On l'invite au camp à contrecœur, il joue la pré-saison... Tout cela pour qu'on décide de ne pas lui donner de licence après une seconde volte-face, pour les mêmes motifs que la première.

L'entraîneur ? Pas mieux. Le président Ralf Pape avait viré deux coaches l'an passé avant de confier les clés au directeur sportif Karel Lang. Cet ancien international tchécoslovaque a pu se construire une équipe familière avec trois natifs de son pays, le triple champion tchèque Michal Sup et deux joueurs de Krefeld (sous contrat mais voulant partir, ce qui a animé l'intersaison), le passeur Jan Alinc et le rude défenseur Daniel Kunce. Il aura suffi de quatre défaites en ouverture de saison pour que Lang soit renvoyé à son poste d'adjoint technique...

Et devinez qui revient à sa place ? Dieter Hegen, viré un an plus tôt ! "Je connais l'environnement", annonce Didi. Effectivement, autant savoir où l'on met les pieds et connaître le bonhomme... Car le patron Pape est vraiment un drôle de zigue.

Si l'on fait abstraction du bordel ambiant (c'est dur), que vaut cette équipe de Duisburg ? Sur la valeur individuelle des joueurs, elle ne serait pas mal du tout. Elle a cependant deux défauts. L'un, c'est qu'elle est vieillissante, à l'instar du gardien naturalisé Ilpo Kauhanen. On espère qu'il n'a pas trop rouillé sur le banc de Mannheim.

L'autre, c'est qu'elle ressemble à une collection d'individualités peu commodes. Le retour d'AHL de Jean-Luc Grand-Pierre fait plaisir aux supporters, mais le nouveau capitaine est plus doué pour les mises en échec spectaculaires que pour l'application discrète de consignes défensives. Quant à l'attaquant russe Aleksandr Selivanov, c'est le premier nom qui vient à l'esprit quand on pense à un caractère difficile qui peut poser problème dans un vestiaire. Faire jouer tout ce beau monde ensemble ne s'annonce pas simple...

 

 

La 2e Bundesliga

Avec la certitude qu'il n'y aura pas de montée du champion (sauf dépôt de bilan d'un club de DEL), la saison de 2e Bundesliga s'annonce plus triste, avec peu de choses à vendre aux spectateurs et aux sponsors. Les premiers vont sans doute vouloir montrer leur fidélité en attente de jours meilleurs, et les seconds restent attirés par l'existence d'un magazine télévisé hebdomadaire sur une chaîne gratuite (DSF), magazine monté l'an passé à l'initiative et avec la collaboration d'une petite télévision bavaroise des bords du Danube (Donau TV). Mais cela ne peut pas durer éternellement. Le passage de 5 à 6 étrangers est contesté. Les clubs ont mis leur espoir dans le nouveau président de la fédération Uwe Harnos, remplaçant du très critiqué Hans-Ulrich Esken, pour que la situation s'améliore.

Parmi les clubs qui font ce pari sur l'avenir, Schwenningen. Le SERC avait connu neuf saisons de DEL avant de sombrer et projette toujours d'y revenir, mais cette fois avec une patinoire mieux adaptée. Les travaux de rénovation s'achèveront la saison prochaine, et on y sacrifie sans crainte le début de l'actuelle saison. Pour la bonne cause, les Wild Wings se préparent ailleurs et enchaînent d'abord les matches à l'extérieur. Le public prend son mal en patience et sait que la tradition de spectacle sera maintenue. Schwenningen a recruté l'entraîneur le plus offensif de la division, Jari Pasanen, qui a amené quatre joueurs avec lui de la faillite d'Essen. Qu'on se rassure, il n'a en revanche pas amené le trésorier...

Volonté de spectacle également maintenue chez l'autre favori Bietigheim-Bissingen, qui a remis les moyens après une saison d'économie. On a maintenant à la fois un entraîneur au style intensif et agressif (Christian Brittig) et des marqueurs potentiels pour l'appliquer. Parmi ces recrues, la curiosité est l'arrivée de l'international danois Kasper Degn, dont le but avait bouté l'Allemagne hors de l'élite mondiale en 2005.

Les équipes-surprises de l'an passé jouent profil bas. Le finaliste Landshut peine à trouver des sponsors et vise seulement les play-offs. Le demi-finaliste Heilbronn a joué son rôle d'équipe-ferme et vu ses meilleurs jeunes - dont le gardien Danny aus den Birken - être appelés à plein temps par Mannheim. Deux Canadiens qui ont fait l'université ensemble, Scott Mifsud et Jeff Miles, sont les nouveaux leaders, mais s'ils ont figuré parmi les meilleurs marqueurs d'ECHL, leur seule expérience européenne est la demi-saison de LNB suisse de Mifsud avant de se faire chasser de Thurgovie.

Il y a donc de la place pour les ambitieux. Bremerhaven espère se remettre d'une saison décevante en continuant à faire confiance aux jeunes, y compris au défenseur international junior Sören Sturm prêté par Cologne. Mais il faut toujours jouer dans une "ruine" - selon les banderoles des supporters impatients - en attendant que le projet de patinoire prenne enfin forme. Les infrastructures sportives sont déjà présentes à Ravensburg avec une patinoire de trois mille places qui date de 2003 et rend envieux ses concurrents, mais l'engouement est tel qu'on cherche toutes les pistes de restructuration pour augmenter la capacité. Après avoir joué les barrages de maintien à sa première saison, l'EVR vise déjà les sommets. Le recrutement du centre Scott May (qui a passé plus de temps en AHL qu'en ECHL) et de l'ailier Jeremy Adduono (ancien joueur de DEL dernièrement à Brunico en Italieà traduit cette nouvelle ambition.

La fin de carrière de l'ex-international Erich Goldmann, forcée par une blessure récurrente à la cheville, ternit le début de saison de Munich. Mais le club sait disposer d'un excellent entraîneur avec Pat Cortina, et il ne veut plus le laisser repartir. Il faudra pour cela le convaincre par un projet crédible et ambitieux, à même de conquérir un public. En Haute-Bavière, le contexte est différent de la capitale régionale, mais le public montagnard est exigeant et veut des résultats. Riessersee veut parvenir à une saison aussi belle que l'an passé avec un seul départ gênant, celui du combatif attaquant Ken Magowan à Wolfsburg. Le promu Bad Tölz veut poursuivre sur sa lancée avec un atout en plus : le gardien Steve Silverthorn, meilleur joueur des play-offs d'ECHL 2007 avec le champion Idaho. Le leader des Tölzer Löwen reste cependant Yanick Dubé, que son entraîneur a comparé à... Franck Ribéry. Il serait comme lui le leader dans les moments importants, mais comme le footballeur français, il est blessé en ce début de saison.

Comme il ne reste que 13 équipes dans la division, la formule a changé avec l'introduction de pré-play-offs à la mode DEL entre les équipes classées entre la 7e et la 10e place. Il n'y aura plus que trois équipes en poule de maintien.

Les clubs de l'est vont comme souvent se battre pour éviter d'en être. À Weißwasser on espère encore que la passion du hockey compensera le manque d'argent. En remplaçant un gardien nommé (Nolan) McDonald par un gardien nommé (Ryan) MacDonald, venu de Newcastle en Grande-Bretagne, verra-t-on plus de différence qu'entre deux enseignes de fast-food franchisées ? Crimmitschau n'est guère mieux loti. La bonne saison vécue a rendu confiance aux Saxons, mais l'effectif a pas mal changé est l'entraîneur est nouveau (le Russe Sergei Svetlov a remplacé le Suédois Gunnar Leidborg). C'est encore Dresde qui a le plus d'élan, comme c'est souvent le cas pour les promus qui partent avec une équipe déjà bâtie et sûre d'elle.

Il y a pourtant une exception à cette règle : Fribourg-en-Brisgau. Les gardiens et les défenseurs sont presque les mêmes, mais ils étaient le point faible l'an dernier. Et l'attaque dépend de joueurs nord-américains pris à l'essai avec des contrats de deux mois. Les loups font donc leur retour à ce niveau sur la pointe des pattes.

Marc Branchu

 

 

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