Russie 2007/08 : bilan

 

Résultats du championnat russe

 

La Superliga a plus que jamais confirmé qu'elle est le deuxième championnat au monde derrière la NHL. La difficulté grandissante des extérieurs pour s'y imposer, notamment des Russes qui reviennent d'Amérique du nord, est un indice clair de son niveau actuel.

Mais elle ne se contente pas d'être loin devant les autres : c'est avec la NHL qu'elle veut rentrer en compétition. Et pour cela, oubliant la maxime fondatrice du hockey russe selon laquelle "l'original restera toujours meilleur que la copie", elle tente de transposer le modèle nord-américain, avec une ligue fermée répartie en conférences, un plafond salarial, des règles sur les agents libres (les clubs ont la possibilité d'égaler l'offre d'un concurrent sur un joueur), des échanges, une draft (mais avec protection de trois joueurs formés au club par an), etc.

Le résultat sera la création l'an prochain d'une KHL (Ligue continentale de hockey) ouverte à des clubs étrangers, en l'occurrence de Lettonie, d'Ukraine et du Bélarus puisque les étrangers semontrent méfiants sans pouvoir non plus ignorer le géant en train de se former.

Les règles seront très clairement établies pour concurrencer une certaine ligue, puisque les clubs pourront déroger à la masse salariale dès lors que c'est pour recruter un joueur de NHL, ou pour répondre à une offre d'une franchise de NHL qui convoiterait un joueur. Bien sûr, la KHL ne va pas attirer les stars nord-américaines du jour au lendemain, mais elle défend déjà son propre panel : la balance départs/arrivées était déjà en sa faveur l'été dernier.

Si la KHL fait fi des spécificités du hockey russe, elle fait aussi semblant d'occulter la raison très particulière pour laquelle elle s'annonce si puissante : la hausse du prix du pétrole et du gaz a fait exploser les bénéfices des géants du secteur, en premier lieu Gazprom. Le président du conseil d'administration du mastodonte gazier, Aleksandr Medvedev, est l'initiateur du projet de KHL, et il a fini par faire plier la fédération russe qui avait un temps essayé de résister à ses ambitions. La nouvelle ligue, que nul n'aurait pu empêcher, sera donc bien officielle et couronnera un champion de Russie, de même que l'a fait la Superliga 2007/08, dernière du nom.

 

Premier : Salavat Yulaev Ufa. À l'occasion du 450e anniversaire de l'intégration de la Bachkirie à la Russie, en 2007, les investissements ont été nombreux dans la capitale de la République : routes refaites, centres culturels, zones commerciales, et enfin, en décembre, la Ufa Arena, une nouvelle patinoire moderne. Il ne manque que le métro, dont la construction a été arrêtée il y a trois ans. Il y a pourtant une motivation pour le reprendre : Kazan a construit un métro tout neuf pour son millénaire.

La rivalité avec la République voisine du Tatarstan est en effet l'aiguillon majeur des investissements sportifs d'Ufa. Elle va jusqu'à censurer des affiches d'une publicité nationale parce qu'elle représente des joueurs de "l'ennemi" Ak Bars. Le but de la saison était donc de répliquer à Kazan en devenant à son tour champion.

Le moyen le plus savoureux était encore d'aller chercher pour cela les joueurs chez l'adversaire. Si le Salavat Yulaev n'avait pas pris les très gros poissons dans ses filets, il avait par contre recruté des hockeyeurs un peu plus dans l'ombre qui sont devenus ses joueurs-clés. Le gardien Aleksandr Eremenko a ainsi gagné son troisième titre de champion de Russie, mais le premier comme titulaire. Le centre Aleksei Tereshchenko, rarement dans la lumière sur la deuxième ligne de Kazan, est devenu meilleur marqueur d'Ufa, avant de faire un bon travail sur la quatrième ligne au sein de l'équipe russe championne du monde.

Ce titre "programmé", Ufa a eu l'intelligence de ne pas le construire en recrutant de grandes stars. La plus célèbre des recrues, le gardien international tchèque Milan Hnilicka, n'a finalement joué que dix matches en six mois et a fini n°3 dans les cages derrières Eremenko et Tarasov. L'effectif a plutôt été conçu sur des joueurs moins médiatiques mais très expérimentés, qui ont amené toute leur science de la Superliga. L'entraîneur Sergueï Mikhalev, devenu grand-père pendant les play-offs, incarne ce métier du haut de ses 60 ans.

 

Deuxième : Lokomotiv Yaroslavl. Lors de son précédent passage au club en 2004/05, l'entraîneur finlandais Kari Heikkilä avait échoué en demi-finale sur le système très défensif du Lada Togliatti de Piotr Vorobiev. Il a sûrement retenu la leçon. Cette fois, c'est lui qui a écoeuré les adversaires (et leur public) en barricadant son équipe. Résultat, elle a gagné tous ses matches à l'extérieur en quart puis en demi-finale. Pour éliminer définitivement le champion en titre Magnitogorsk en trois manches sèches, il a suffi d'ajouter un autre ingrédient : la réussite aux tirs au but, où le Loko avait les deux meilleurs spécialistes de la ligue, le buteur tchèque Zbynek Irgl et le gardien Semion Varlamov.

Alors que les règlements pour protéger les gardiens russes vont se durcir l'an prochain (ils devront obligatoirement jouer plus de 50% du temps), le jeune Varlamov n'a pas été en mal de temps de jeu puisqu'il a joué 60 matches. Son club a pourtant essayé de recruter Aebischer, puis a engagé pour de bon un gardien finlandais (Juuso Riksman). Malgré un gros faux-pas et une sortie en cours de match lors de la première manche du quart de finale, Varlamov a réagi par un blanchissage le lendemain et a tenu sa place, jusqu'à provoquer un duel de portiers russes en finale. La hiérarchie nationale laissait alors Eremenko n°1 et Varlamov n°2. Il s'en serait contenté à 19 ans, malheureusement une blessure stupide dans un entraînement hors glace deux jours avant le Mondial l'a empêché de participer même depuis le banc à cette compétition historique pour la Russie.

Autre absence internationale, celle d'Aleksei Yashin, dont la saison a consisté en une suite de rendez-vous manqués avec la sélection, pour des raisons de forme, de passeport, de calendrier ou simplement de coaching. Il faut dire que Yashin n'a pas passé la saison à son poste habituel de centre. Il a évolué à l'aile gauche, mais avec des attributions défensives dans un système de type "left wing lock". Il a vécu un championnat en crescendo, peu convaincant au début puis décisif à la fin. Décidément, les perceptions de Yashin en Russie et en Amérique du nord ne se réconcilieront pas de sitôt : lui qui n'était absolument pas considéré comme un joueur de play-offs en NHL a été cette fois le meilleur marqueur des séries. Cependant, aucun de ses points n'a été inscrit lors des cinq rencontres de la finale.

 

Troisième : Metallurg Magnitogorsk. C'est sûr, cette 3e place ne va pas plaire au patron ! Juste avant Noël, Viktor Rashnikov, le président du combinat métallurgique de Magnitogorsk, avait décidé de changer d'entraîneur alors que le club occupait... la troisième position du classement. Un choix risqué à moins de trois semaines de la Coupe d'Europe des Champions (que Magnitka a quand même remportée), mais un choix qui ne se discutait évidemment pas, justifié par des performances un peu déclinantes.

Pour sa défense, l'entraîneur Fedor Kanareïkin faisait valoir que son équipe avait besoin que ses leaders soient à leur meilleur niveau pour être performante. Il visait ses deux attaquants tchèques Jan Marek et Ladislav Kudrna, qui calaient un peu après un excellent début de saison. La suite allait lui donner raison.

Son successeur Valeri Postnikov était en effet confronté à un problème encore plus épineux, puisque Marek et Kudrna furent carrément blessés. Puis ce fut au tour de Vitali Atyushov : celui qui formait avec Evgeni Varlamov la meilleure paire défensive de l'équipe, voire du championnat, fut victime d'une agression de Mark Giordano à la fin du quart de finale.

C'en était trop. Magnitogorsk n'avait pas du tout la même densité qu'Ufa. Sans ses joueurs-clés, la défense de son titre relevait de la mission impossible, et ces play-offs poussifs ont donc conclu une saison gâchée par les blessures.

 

Quatrième : Ak Bars Kazan. La deuxième ligne avait été pillée par... Ufa, mais Kazan a sorti le carnet des chèques en novembre. Les Tatars se sont constitués un trio 100% "étranger" (si on considère qu'Oleg Petrov a passé quinze ans loin du pays et parle maintenant russe avec un accent) en allant chercher Hentunen et Petrov en Suisse, Cajanek en NHL, à chaque fois en réglant une très coquette somme aux clubs d'origine en dédommagement. La nouvelle ligne avait tout à fait le niveau. Problème réglé...

La première ligne Zaripov-Zinoviev-Morozov avait été déstabilisée par les manoeuvres menées depuis... Ufa, et elle a connu une saison moins stable. Sergei Zinoviev a été gagné par le doute et surtout poursuivi par les blessures. Même Aleksei Morozov a été en proie aux interrogations existentielles. On l'a vu renoncer à son capitanat pour se consacrer à son jeu, donnant ainsi du grain à moudre à ceux qui décelaient des fissures dans le vestiaire. Mais dix jours plus tard, Morozov a repris le "C". Il l'a aussi porté à Québec pour amener la Russie au titre mondial, et a été élu meilleur joueur de Superliga pour la troisième saison consécutive. Problème réglé...

Le gardien russe Eremenko était parti à... Ufa, et Kazan a récupéré à la place un Vassili Koshechkin pas du tout prêt à affronter la pression d'un grand club après avoir quitté sa ville natale Togliatti. La liane de deux mètres, n°2 en sélection en mai 2007, s'est effondrée mentalement et est tombée dans l'oubli en quelques mois, perdant sa place, puis sa condition de jeu, puis toute confiance en lui, puis son contrat. Le recrutement de Robert Esche a toutefois permis à Kazan de compter sur quelques grosses performances du gardien international américain en play-offs. Problème réglé ?

Le titre est parti... à Ufa, et ce problème-là reste en travers de la gorge de Kazan. Pour beaucoup, la demi-finale opposant les deux clubs était la finale avant la lettre, entre deux capitales de républiques voisines, rivales et fortement liées (il y a presque autant de Tatars que de Bachkires au Bashkortostan). Mais ce n'était qu'une demi-finale, et Kazan a donc encore reculé d'une étape après un titre et une finale. C'est toujours mieux que l'avant-dernière place (!) occupée après seize journées, en pleine crise des gardiens (Noronen blessé et Koshechkin confronté à ses limites).

 

Cinquième : CSKA Moscou. Preuve que la demi-finale de l'an dernier n'était pas un accident, le CSKA a terminé cette année meilleure attaque de Superliga. L'international tchèque Ladislav Kohn, pas réputé pour son implication défensive, y a joué un rôle inattendu avec la meilleure fiche +/- de l'équipe (+22, à égalité avec le défenseur Andrei Shefer). Les jeunes Parshin et Shirokov, par manque de physique, se sont surtout fait remarquer pour leur talent offensif, mais ils aussi subi pas mal de critiques de leur entraîneur Slava Bykov, impitoyable éducateur.

Mais le vrai atout, c'était la première ligne, avec le buteur Oleg Saprykin et le petit Alexei Simakov sur les ailes. Malheureusement, la blessure du capitaine Vadim Epanchintsev a privé ce trio de son centre en fin de saison.

Avant même les play-offs, les observateurs signalaient cependant un point faible dans ce CSKA : son gardien. Cela s'est malheureusement confirmé lors du quart de finale trop vite perdu contre Kazan. Initialement, les Moscovites voulaient Eremenko, mais il avait préféré rejoindre ses potes Tereshchenko et Vorobiev qui l'avaient suivi du Dynamo à Kazan puis à Ufa (de titre en titre...). Ils s'étaient donc rabattus par défaut sur un gardien étranger, tâtonnant longtemps. Le meilleur candidat Jussi Markkanen avait préféré rentrer en Finlande, le Tchèque Hudacek avait connu un essai catastrophique, et le choix final se portait sur le Canadien Tom Lawson. Il était toujours meilleur que sa doublure Ivan Kasutin, qui n'a jamais gagné la confiance de son entraîneur, mais pas assez pour espérer aller loin. Les cages seront de nouveau le chantier prioritaire.

 

Sixième : SKA Saint-Pétersbourg. Maintenant qu'Aleksandr Medvedev a pris le pouvoir officieux dans le hockey russe (voire au-delà puisqu'il s'est déjà fait élire au Conseil de l'IIHF), on peut s'attendre à ce que son club devienne lui aussi un cador. Cela fait des années qu'il essaie, mais il n'y arrive pas.

On y a cru en début de saison, quand le SKA disputait la tête du classement à Ufa, mais les attaquants suédois Hannula et Johansson ont un peu décliné au fil du temps. Les Pétersbourgeois ont ensuite cherché à recruter des jokers au ban de la NHL à l'arrière. Le jeune Maksim Kondratiev, qui avait refusé d'être rétrogradé en AHL, n'a pas plus convaincu dans son pays de ses capacités sur le plan purement défensif (-10), et le vieux Darius Kasparaitis a été dans la lignée de sa réputation nord-américaine avec une suspension de cinq matches pour avoir démoli une mâchoire en play-offs, en précisant qu'il n'avait pas à s'excuser parce que ce n'était pas intentionnel...

De la décevante fin de saison, on ne retiendra que l'avènement d'une nouvelle ligne forte à l'offensive, celle du Canado-Russe Dave Nemirovsky avec le centre Gorovikov et le capitaine Sushinsky. Ces deux derniers sont devenus champions... du monde. Pour les titres du SKA, il faudra attendre. Une équipe encore plus alléchante se prépare l'an prochain.

Il y a une chose que l'argent de Gazprom ne change pas, c'est la hiérarchie des sports à Saint-Pétersbourg. Le club de football du Zénith, vainqueur de la Coupe UEFA, est plus que jamais le porte-flambeau de la ville. Le SKA avait lui-même déjà reconnu cette préséance en déplaçant l'horaire d'un match de play-offs pour ne pas se trouver en concurrence frontale avec le ballon rond. Cela aurait pourtant un intérêt : ne pas voir les hooligans du Zénith débarquer dans la patinoire, comme on l'a vu tout l'hiver en Superliga avec des incidents provoqués par des supporters de foot désoeuvrés en hors-saison à Moscou ou à Saint-Pétersbourg.

 

Septième : Dynamo Moscou. Vladimir Vujtek avait cessé d'entraîner pendant deux ans pour raisons de santé, mais le Dynamo l'a rappelé en Russie. Le Tchèque avait un style différent de son prédécesseur démissionnaire Krikunov, mais il n'a pas tardé à faire les mêmes constats que lui sur les limites de son effectif : il ne disposait d'aucun leader comme il avait pu en trouver avec Kovalenko à l'époque où il avait emmené deux fois le Loko a titre.

Ce leader ne pouvait pas être Aleksei Badyukov, meilleur marqueur et meilleur joueur de l'équipe mais naturellement discret. Cela ne risquait pas d'être Fedor Fedorov, à l'implication collective trop douteuse. Quant au vétéran de NHL Daniil Markov, il a connu un retour au pays difficile, coûtant beaucoup de buts par ses boulettes individuelles. Son erreur, c'est d'avoir cru se sentir investi de responsabilités plus offensives, alors qu'il reste un défenseur physique avant tout. Il a corrigé le tir pour devenir un membre utile de l'équipe nationale, en tenant son rôle plus traditionnel.

Les Dynamistes étaient conscients de leurs limites, et ils n'en menaient pas large à la fin de la saison régulière. Leur neuvième place les mettait face à un "gros", Omsk, et ce sont pourtant eux qui remportèrent ce duel. En poussant Magnitogorsk au cinquième match, ils ont même réussi à durer plus longtemps que le CSKA, défait de son côté en seulement trois manches. Être la dernière équipe moscovite éliminée est un orgueil qui suffit au bonheur du Dynamo.

 

Huitième : Severstal Cherepovets. Il y a des séparations douloureuses, brutales, qui font le malheur des deux parties. Celle entre Cherepovets et Aleksandr Astashev, mis à la porte alors qu'il était à l'hôpital, pouvait paraître assez cruelle pour s'inscrire dans cette logique conflictuelle. Et pourtant, Astashev a remercié son ancien club pour ce licenciement... après être devenu champion de Russie. Il a en effet été appelé comme adjoint à Ufa par son vieil ami Mikhalev, autre ancien coach de Cherepovets.

Le Severstal, lui aussi, a fini la saison avec le sourire. Certes, il n'a rien pu faire en quart de finale face à... l'équipe de ses anciens entraîneurs. Mais de toute façon, le système de play-offs russe ne permet guère à un mal classé d'enchaîner les exploits, en le confrontant chaque fois au mieux classé.

Après quatre saisons sans quart de finale, la qualification au premier tour suffit déjà au bonheur de Cherepovets et de son nouvel entraîneur Vladimir Yurzinov. Surtout par la manière dont elle a été obtenue : après quatre rencontres jouées aux prolongations, à douze secondes de la fin du cinquième match, sur la glace de Mytishchi, sur un but de la ligne bleue de l'obscur défenseur Mikhaïl Kuklev, qui n'avait marqué qu'une fois de tout le reste de la saison.

Cette saison aura aussi marqué la retraite de deux grands champions. Un arrêt soudain et dans des circonstances tragiques pour le défenseur Dmitri Yushkevich : l'ancien all-star de NHL est allé s'occuper de ses triplés à la mi-janvier après le décès de sa première femme. Une fin prévue et en douceur pour l'attaquant Andrei Kovalenko : le lendemain de l'annonce de sa retraite, le meneur de vestiaire a été élu président du nouveau syndicat uni des joueurs russes.

 

Neuvième : Khimik Mytishchi. Les changements d'entraîneur positifs, on en a rarement vu au Khimik. En trois ans, le directeur général Leonid Weisfeld a consommé six entraîneurs, pour un piètre résultat par rapport au budget du club. Cette élimination d'entrée contre Cherepovets était la pire de toutes.

Si les gros marqueurs d'AHL Martin St-Pierre puis Yannick Lehoux n'ont pas pu s'imposer en Russie, le Khimik disposait quand même d'une très forte attaque, la deuxième du pays. Sergei Mozyakin a terminé meilleur buteur de Superliga grâce aux passes de son compère Albert Leshchev, sur une ligne complétée par le rugueux Nikolaï Pronin. L'international tchèque Jan Bulis et l'international suédois Nils Ekman - qui avait fait une solide saison avant de beaucoup décevoir aux championnats du monde - étaient les deux autres membres du quatuor magique. Un quatuor qui a fait un flop en play-offs, avec un Ekman malade.

"Khimik" et "Mytishchi" sont des mots qui vont très mal ensemble. Le club de la banlieue de Moscou laissera finalement l'exclusivité de ce nom dont il n'a pas fait bon usage à son possesseur originel, le Khimik de Voskresensk. Après un sondage public, il a pris comme nouvelle dénomination "Atlant" pour la prochaine saison.

 

Dixième : Avangard Omsk. Depuis qu'on était entré dans le XXIe siècle, Omsk avait toujours fait partie du dernier carré. Cette saison presque anonyme constitue donc une sacrée chute, la saison même où l'Avangard a construit la plus belle patinoire de Sibérie.

L'équipe a pâti en premier lieu de sa faiblesse dans les cages. Après sa pré-saison encourageante, Maksim Sokolov n'a pas réussi son retour à Omsk et a été renvoyé chez lui au bout de trois mois. L'homme du titre 2004 a été remplacé par le champion 2006 (avec Kazan) Fred Brathwaite, mais le vétéran canadien n'a pas fait beaucoup mieux.

Il faut dire que la défense de l'Avangard était beaucoup trop dépendante de sa première ligne Anton Babchuk - Denis Denisov. Hors de ce solide duo, point de salut. Les entraîneurs se sont découragés à essayer de convaincre le très offensif arrière canadien Ross Lupaschuk de venir un peu défendre, et ils ont mis cette incompréhension tactique sur le compte de la barrière de la langue. Mais c'était pareil partout où il était passé...

Traditionnellement, l'Avangard a toujours eu une forte attaque. La greffe "physique" de l'intersaison n'a cependant pas pris. L'ancien joueur de NHL Evgeni Artyukhin a été envoyé en équipe-réserve puis écarté, avant d'essayer de pousuivre le club en justice et d'atterrir au CSKA. Les relations étaient meilleures avec Aleksandr Svitov, promu capitaine en cours de saison à la place d'Aleksei Kalyuzhny (qui s'est contenté de mener l'offensive sur la glace), mais il a connu en revanche des soucis d'adaptation à l'arbitrage.

Il restait du talent dans l'attaque sibérienne, mais il était restreint à tout juste trois lignes. Ce banc réduit implique un rythme de jeu plus soutenu que l'espoir Aleksandr Cherepanov a parfois peiné à suivre. Et surtout, lorsque les deux centres Anton Kuryanov et Artem Chubarov se sont blessés en fin de saison, Omsk était affaibli à la seule position où il avait de la profondeur. La conclusion était toute trouvée en play-offs.

 

Onzième : HK MVD. Le club du Ministère de l'Intérieur reste un cas un peu particulier dans le championnat russe. Il est plus un acte politique qu'un projet sportif. Il organise notamment des rencontres régulières entre son équipe de hockey et les blessés des "unités spéciales anti-terroristes", de sinistre réputation pour leurs (ex)actions en Tchétchénie.

Parallèlement, il se présente aussi comme société de sport-spectacle. Dans sa nouvelle patinoire de Balashika, il a installé le plus grand écran des salles sportives européennes (118 m²). Le public local a vite adopté l'équipe, notamment grâce à l'attaquant Artem Chernov dont les feintes étourdissantes emballent les spectateurs.

Le MVD a fait acte de patriotisme avec une équipe très russe. Les seuls étrangers viennent de pays voisins et sont des vétérans élevés du temps de l'URSS, le Biélorusse Oleg Antonenko et l'Ukrainien Vadim Shakhraichuk. Dans cette équipe d'expérience, dont le meilleur marqueur est l'ex-Lausannois Andrei Bashkirov, même les révélations sont tardives. L'homme de la fin de saison, Aleksei Krovopuskov, est en effet un joueur de 29 ans. Le meilleur marqueur de la réserve a longtemps attendu son heure, et lorsqu'il a enfin été promu, il a inscrit 7 buts en 15 matches, dont 2 en play-offs où le MVD a été balayé en trois manches par Kazan.

Le vrai pari du MVD était cependant de confier les cages à un jeune gardien russe, Mikhaïl Biryukov, qui n'avait pas joué un seul match à ce niveau. Sélectionné une seule fois en équipe nationale chez les moins de 18 ans, le temps d'un tournoi de préparation, Biryukov n'avait rien qui plaidait pour lui dans son parcours. Il n'avait joué qu'en troisième division avant de monter d'un cran en rejoignant Stupino en 2005, mais avait attendu six mois avant d'entrer en jeu... pour un 2-11. C'est son père qui l'a alors persuadé de ne pas arrêter sa carrière. Il a continué de s'entraîner comme un fou et s'est retrouvé à Perm. Après une présaison encourageante, il fut déprimé d'apprendre l'arrivée de Vladimir Kryuchkov, le même entraîneur qui l'avait écarté de son club formateur Yaroslavl. Il fallut un changement de coach pour qu'il obtienne sa chance, enfin. Un an et demi après ce déclic, Biryukov est passé du statut de gardien barré et dégoûté à... champion du monde.

 

Douzième : Spartak Moscou. Après une année sabbatique contrainte par l'état de ses finances, le Spartak a connu un retour aux affaires difficile. Mi-novembre, il occupait la dernière place. L'entraîneur Valeri Bragin avait déjà préparé ses valises. Son licenciement avait été annoncé en cas de défaite dans le match suivant... chez le leader Ufa. Les rouge et blanc ont bien sûr perdu, et la conférence de presse sur le sort de l'entraîneur était progammée... lorsque trois joueurs, les deux attaquants Aleksei Akifiev et Maksim Rybin (le premier a alors transmis le capitanat au second, plus impulsif) et le gardien Konstantin Simchuk, sont allés voir les actionnaires du club - le groupe bancaire Inkredbank - pour demander un sursis.

Un délai de grâce était accordé jusqu'à la trêve, mais avec trois défaites en quatre journées, le résultat était le même. Le répit donnait juste un peu plus de temps aux dirigeants pour trouver un nouvel entraîneur. Le Canadien Bob Hartley ayant des exigences financières trop élevées, c'est Milos Riha qui était retenu. Le Tchèque, qui présentait l'avantage d'avoir déjà travaillé en Russie, est ainsi devenu le premier entraîneur étranger de l'histoire du "club du peuple".

Le diagnostic de Riha était simple : le Spartak ne marquait pas assez. Privé juste avant les play-offs de son gardien Simchuk, qui avait fait des exploits en séries un an plus tôt avec le CSKA, il n'avait pas d'autre choix que de se ruer à l'attaque. Il a effectivement fait le spectacle à domicile, en enquillant les buts en supériorité. Mais il n'a pas existé à l'extérieur à Saint-Pétersbourg. Un "tout ou rien" un peu à l'image de l'attaquant Nikolaï Drozdetsky, arrivé en novembre et auteur de 15 buts, mais critiqué par son entraîneur pour sa propension à disparaître et à commettre des erreurs dommageables pour son équipe.

 

Treizième : Lada Togliatti. Le seul domaine où le Lada pouvait raisonnablement terminer premier, c'était dans la course à l'entraîneur le plus rapidement viré. Une fois que Yuri Novikov a été remplacé par Nikolaï Zazakov, les joueurs de Togliatti ont surpris en alignant six victoires en octobre et en intégrant le top-10. On sait que le Lada ne roule pas sur l'or - et à peine sur l'asphalte - mais avec deux tiers de joueurs formés au club, l'équipe de la Volga, rapide et disciplinée, fait preuve d'un excellent état d'esprit. Un des cadres, le vétéran Oleg Belkin, ne s'est cependant pas entendu avec le nouvel entraîneur et a quitté le club dans lequel il avait passé douze saisons.

Les points amassés à l'automne ont rendu la saison plutôt tranquille sur la glace, mais c'est en coulisses que le club s'inquiète encore pour son avenir. La nouvelle patinoire est toujours une Arlésienne. En octobre, un projet finlandais était annoncé bouclé avec début de construction en janvier, qui n'a jamais eu lieu. En mars, le projet d'une entreprise locale était approuvé, mais toujours sans date précise. Le Lada est admis dans la nouvelle KHL, mais on ne sait pas avec quelles promesses sur ses infrastructures.

Les dirigeants de la compagnie Auto-VAZ sont plus rapides quand il s'agit de congédier des entraîneurs. Fin mars, Zazakov a été brutalement viré à la surprise générale, sans avoir compris pourquoi. La réponse est simple : pour préparer le retour au pays de Piotr Vorobiev. On va donc bel et bien édifier des nouveaux murs à Togliatti... mais sur la ligne bleue.

 

Quatorzième : Traktor Chelyabinsk. Seuls 6 entraîneurs sur 20 ont réussi à survivre toute la saison. Ce sont Mikhalev chez le champion, Barry Smith au SKA, Slava Bykov au CSKA, Zinetula Bilyaletdinov à Kazan, et deux débutants, Andrei Khomutov au MVD et... Andrei Nazarov à Chelyabinsk, le plus jeune coach de l'histoire de la Superliga.

L'ancien "enforcer" de NHL a communiqué sa combativité à son équipe, mais elle a aussi payé son indiscipline. Les nombreux buts encaissés en infériorité en ont fait la plus mauvaise défense de Superliga. Elle a compensé par l'incroyable réussite d'Oleg Piganovich. Avec 22 buts, ce grand défenseur au lourd lancer, quasiment inconnu jusqu'ici, a tout simplement battu le record de buts d'un arrière en championnat ! Le précédent record (21) avait été établi par Nikolai Makarov en 1981/82 avec le... Traktor Chelyabinsk. Le record reste donc dans le club, même si Piganovich, contrairement aux frères Makarov, n'est pas un produit local. Il a été formé au Lokomotiv Yaroslavl avant de passer par les Krylia Sovietov.

L'école de Chelyabinsk est quand même encore vivace, et elle l'a prouvé. L'ailier Evgeni Dadonov, qui fait preuve d'une grande maturité technique à 18 ans, est déjà un cadre de l'équipe. Et tandis que le gardien Gelashvili était envoyé au Mechel (l'autre club de la ville) pour cause de dissensions avec le staff, un jeune homme de 17 ans faisait des débuts remarqués dans les cages : Danila Alistratov a joué une vingtaine de matches et a été élu plusieurs fois meilleur joueur du match lors de la belle série du Traktor face aux leaders en janvier. On peut s'étonner que le club n'ait jamais cherché à engager un gardien étranger et ait fait une telle confiance à un portier inexpérimenté, mais il faut savoir que ce Danila Alistratov n'est autre que le petit-fils du gouverneur de la province de Chelyabinsk...

Après une première saison difficile, le Traktor est donc pleinement revenu dans l'élite. Il a constitué son équipe au fil de la saison, avec la venue en novembre d'un vrai leader d'expérience, Andrei Nikolishin. Par contre, les autres anciens joueurs de NHL arrivés en décembre, Dmitri Nabokov (pas resté longtemps) et Ivan Novoseltsev, ont largement déçu.

 

Quinzième : Neftekhimik Nijnekamsk. Le second club tatar reste un petit poucet du championnat, qui se permet rarement des folies. L'été dernier, il avait voulu faire revenir son ancien joueur Evgeni Muratov, mais celui qui était devenu le plus gros salaire de l'équipe n'a marqué que deux buts et a été échangé au bout de deux mois au Sibir contre Ruslan Berdnikov, heureusement plus efficace.

Plutôt que d'investir dans des anciens joueurs, le Neftekhimik s'est rappelé avec nostalgie que c'est Vladimir Krikunov qui avait jeté les bases de ses meilleures années. Lorsque l'ex-sélectionneur s'est retrouvé sur le marché, la position de l'entraîneur actuel Gennadi Tsygurov devenait plus fragile. Mi-février, lorsque le club passa sous la barre après une défaite à Nijni Novgorod, le sort de l'entraîneur le plus expérimenté du championnat (48e saison) était réglé. Une décision directement prise par le président de la compagnie pétrochimique Vladimir Busygin.

Busygin a alors appelé sa vieille connaissance Krikunov, qui se préparait à partir à Paris pour des vacances mais a changé ses plans. En quelques semaines, il a été adopté comme au premier jour par Nijnekamsk. Il a remporté son premier match 5-0 à Novosibirsk, qualifié l'équipe en play-offs et poussé le champion en titre Magnitogorsk au cinquième match. Que demander de plus ?

 

Seizième : Amur Khabarovsk. Enfin une saison réussie sportivement dans la Platinum-Arena. L'objectif visé, les play-offs, a été atteint à la dernière journée. Anatoli Emelin, engagé comme manager en novembre et qui a remplacé Marinichev sur le banc au Nouvel An, n'a pas changé le style défensif de l'équipe (il était le disciple de Vorobiev à Togliatti...) mais il a redonné un peu de souffle à cette équipe sans génie.

Khabarovsk est pourtant connue pour être la ville natale d'un grand talent offensif, Aleksandr Mogilny, célèbre pour avoir été le premier fugitif de l'ex-URSS à rejoindre la NHL. Si sa vie est aujourd'hui en Amérique, il revient cinq ou six fois l'an chez sa mère, et a été officiellement nommé consultant pour son club d'origine. Il avait déjà participé à la venue de l'attaquant suédois Peter Nylander (le frère de Michael), qui amène un peu de vision offensive, et du gardien canadien Tyler Moss, chargé de voler quelques rencontres.

Si tant est que Moss soit en forme, affronter le leader Ufa en huitième de finale ne faisait pas peur. Les Tigres de l'Amour sont en effet la bête noire des Bachkires, qu'ils avaient déjà battu deux fois sur trois en saison régulière. Ils ont remis ça pour grappiller une manche en play-offs. Le lendemain de cette grosse performance, le gardien Tyler Moss se prenait trois buts en un quart d'heure et était remplacé par son collègue Andrei Malkov. Mais même cette défaite finale 2-7 n'affectait pas le moral des 7100 spectateurs qui continuaient de proclamer leur amour de l'Amour.

 

Dix-septième : Metallurg Novokuznetsk. Comme au Spartak, l'équipe était dernière en novembre. Comme au Spartak, les joueurs sont allés voir le décideur (le président du club et maire de la ville Sergei Martin) pour réclamer le maintien de leur entraîneur. Et comme au Spartak, celui-ci (Sergei Nikolaïev) n'aura eu que deux semaines de sursis.

Boris Mikhaïlov est alors arrivé, et il a réservé une surprise en ne prévenant même pas de son arrivée son fils Egor, le deuxième meilleur joueur de l'équipe. Le deuxième seulement, car le leader incontesté des Sibériens a été Viktor Aleksandrov. De retour à Novokuznetsk après deux années sans beaucoup jouer à Saint-Pétersbourg, il a vite assumé un rôle majeur, et a pris le capitanat dès début octobre après un match où le vétéran Krivokrasov avait commis une erreur fatale en prolongation. Technicien magistral, Aleksandrov (44 points, +10) a été convoité par les plus grands clubs russes (Omsk a remporté le morceau). Dommage pour le Kazakhstan que le fils de l'ex-international soviétique Boris Aleksandrov ne semble plus motivé par son équipe nationale...

Le capitaine était cependant trop seul. Le Metallurg confessait une faiblesse au centre. Il a essayé de la colmater avec un joueur d'AHL, mais après trois matches anonymes, le pauvre Justin Taylor s'est blessé aux ligaments du genou. Le club a aussi souffert de défenseurs à l'infirmerie et de son instabilité dans les cages. Nikolaïev (le gardien) vite écarté, le duo d'internationaux juniors Bobrovsky/Gaïduchenko était trop tendre. Le second est parti, et les expérimentés Langkow puis Sokolov (qui a mieux débuté avec un blanchissage) sont arrivés. Trois gardiens, cela fait beaucoup, et cela n'a pas empêché de perdre la qualification en play-offs au dernier match par un 0-8 chez le CSKA. Ce soir-là, le vieux lion Mikhaïlov semblait résigné à laisser la place à la nouvelle génération d'entraîneurs représentée par son vis-à-vis Bykov. Il a pourtant prolongé. Le club, deux fois 16e, ne lui a pas tenu rigueur de cette 17e place.

 

Dix-huitième : Vityaz Chekhov. Le virevoltant Aleksandr Korolyuk est toujours l'alpha et l'oméga sur le front offensif (malgré ses 20 buts, Oleg Kvasha n'a en revanche pas satisfait et a été viré dès la fin de saison), mais ce n'est pas lui qui a fait le plus parler de lui au Vityaz cette saison. Le recordman des pénalités Reid Simpson passait presque pour un joueur de hockey par rapport à son successeur Darcy Verot : 508 minutes de prison ! Une brute, une honte, un crétin... Tous les qualificatifs y sont passés pour décrire le joueur et pour critiquer l'initiative du manager, l'ex-joueur de NHL Aleksei Zhamnov. Mais celui-ci n'a pas l'intention de changer, et il a recruté un second boxeur occasionnel, Nathan Perrott, en cours de saison.

Sergei Gomolyakov, ancien hockeyeur au gabarit atypique (ses 120 kilos étaient une curiosité dans les grandes années de Magnitogorsk), n'avait que peu d'influence sur cette politique décidée plus haut. Il n'est qu'un entraîneur débutant qui a commencé sa carrière fin octobre et a fait avec ce qu'il avait. On l'a ainsi entendu s'excuser après un match parce que son équipe avait encore cherché la bagarre dès qu'elle était menée de quatre buts, ce que tous ses adversaires lui reprochent. Mais au fil de la saison, il a été excédé qu'on ne lui parle jamais de hockey et a défendu son équipe...

En tout cas, le Vityaz a prouvé qu'il n'y a rien de mieux que la pratique pour progresser : elle était une des meilleures équipes du championnat en infériorité numérique ! C'est bien le seul domaine où elle faisait partie des meilleures... du moins si on se limite au hockey.

 

Dix-neuvième : Sibir Novossibirsk. L'excellente saison 2006/07 n'a pas été digérée, et après avoir tutoyé les sommets du championnat, le contrecoup a été rude. Les Sibériens ont à peu près tout tenté pour se sortir de la nasse.

En décembre, ils se sont débarrassé de leurs deux gardiens, Vitali Evdokimov et Daniel Henriksson, qui connaissaient de grandes difficultés. Ils en ont alors recruté deux autres, Sergei Nikolaïev et l'ex-international Egor Podomatsky (blessé au genou à son premier entraînement et qui n'a donc pas été gardé). Et au milieu de tout ça, c'est... l'inexpérimenté Evgeni Tsaregorodtsev, prévu comme troisième gardien, qui s'en est le mieux sorti avec 93% d'arrêts sur ses 630 minutes.

Le 24 janvier, les dirigeants décidaient d'une nouvelle révolution : rétrogradation du capitaine Oleg Belov et du vétéran défensif Peshetnikov en équipe réserve, puis licenciement de l'entraîneur Sergei Kotov. On a évoqué des noms de remplaçants (le sélectionneur letton Znarok, ou celui des juniors russes Nemchinov), mais c'est finalement l'adjoint Vladimir Golts qui a fini la saison.

Il n'y avait plus rien à gagner de toute façon. Les problèmes défensifs ont fait oublier que Novosibirsk avait aussi la plus mauvaise attaque. Avec un ratio catastrophique de 7% d'efficacité aux tirs, les attaquants n'ont jamais trouvé la clé, et l'effectif n'avait pas de "blueliner".

On s'est beaucoup agité dans les coulisses du club. Cette fois la démission du président Nenakhov a été acceptée, et c'est un homme d'affaires de 38 ans, Aleksandr Kantsurov, qui a été désigné pour le remplacer. Il faut dire que le Sibit reste toujours aussi populaire, et que les défaites n'ont pas empêché la patinoire d'être pleine.

 

Vingtième : Torpedo Nijni Novgorod. Le promu a vécu un bon début de saison, emmené par l'homme des buts décisifs Mikhaïl Varnakov. Mais cette position restait fragile, tant elle dépendait de la santé de son gardien. Dès que Dusan Salficky était absent, le Torpedo ne gagnait plus. Le gardien tchèque était donc instamment prié par son entraîneur Vladimir Yurzinov junior d'arrêter de se plaindre de ses adducteurs...

Avec Yurzinov comme coach, et malgré les absences momentanées de son gardien, le Torpedo n'a jamais quitté les 16 premiers. Mais son début de saison était presque trop beau, et il s'est fait virer à la première occasion. Piotr Vorobiev a en effet été accusé d'avoir intrigué avec son vieil ami le gouverneur Shantsev pour briguer le poste. Il a obtenu un contrat jusqu'en 2010, mais avec un objectif fatalement plus élevé que le classement du moment, "être dans les 12".

En apprenant l'identitié de son nouvel entraîneur, le défenseur Mikhaïl Donika, qui l'avait connu quatre ans à Yaroslavl, a rendu son tablier sur-le-champ ! Les joueurs d'expérience ont souvent des réticences à travailler avec Vorobiev et fuient ses entraînements, or ils étaient nombreux dans l'effectif. Ce n'est cependant pas la fronde des joueurs qui aura eu raison de lui, mais celle des spectateurs ! Ils ont exprimé leur dégoût du hockey défensif de Piotr Vorobiev et réclamé le retour de Yurzinov. Six semaines après son embauche, Vorobiev a donc remis sa démission (voir top/flop de janvier).

Le troisième entraîneur Evgeni Popikhin n'avait même plus pour mission de rétablir l'équipe en play-offs. L'objectif était devenu trop lointain, et la saison déjà gâchée.

 

 

Et en Vysshaya Liga...

Le Khimik Voskresensk a remporté la Vysshaya Liga, mais pour rien. Avec la constitution d'une KHL en ligue fermée, le sort des clubs était déterminé avant même que le championnat se termine. Le finaliste battu, l'Avtomobilist Ekaterinbourg, avait déjà été admis comme 24e club de la nouvelle ligue. Les dirigeants de la KHL ont toutefois annoncé que Voskresensk est le premier club sur la liste d'attente.

Les trois autres nouveaux viendront d'Ukraine, du Bélarus et du Kazakhstan, et ce seront à chaque fois les représentants de la capitale. C'est donc le Barys Astana qui a été choisi pour le pays d'Asie centrale, plutôt que le Kazakhmys Satpayev, troisième de la Vysshaya Liga.

Très loin de pouvoir prétendre à une quelconque montée, que ce soir sur la glace ou sur le papier, les Krylia Sovietov ont pourtant envoyé leur dossier. La KHL était pleine, mais le quatrième club moscovite, sur la foi de son passé, a encore l'intention d'en faire partie en 2009/10... On a l'habitude des promesses des dirigeants, mais les Krylia ont encore vécu une saison houleuse. Ils ont dû s'exiler pendant plusieurs mois de leur patinoire de Setuni, interdite car elle est un des bâtiments les plus dangereux de Moscou en cas d'incendie, inadaptée à l'évacuation. Ce sont des villes de banlieue - dont les concurrents Voskresensk et Dmitrov - qui ont prêté leur patinoire pour que le club survive. 

Le reste des problèmes des KSM est plus "habituel" désormais, avec problèmes de financement et conflit entre propriétaires de la patinoire (l'usine VILS) et dirigeants du club. Le vétéran Andrei Potaichuk, qui était revenu dans son club formateur, a claqué la porte en cours de saison et est reparti à Dmitrov. Onze autres joueurs se sont adressés à la justice pour se faire payer leurs salaires en retard.

Marc Branchu

 

 

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