Bilan de la saison NHL 2006/07

 

Deux finalistes qui manquent les phases finales, des rumeurs de rachat de franchise et de déménagement, une suspension pour dopage, des joueurs issus de nouveaux pays (Danemark, Slovénie, Japon), un vainqueur inédit... La 2e saison de la "nouvelle NHL" a connu son lot de surprise mais aussi un constat majeur : le retour à l'ordre ancien, avec un plafond salarial en augmentation et un arbitrage moins sévère.

 

Premiers : Anaheim Ducks. On peut parler de saison parfaite pour la première équipe californienne à remporter le trophée suprême. Un début de saison convaincant, un rythme de croisière à peine perturbé par une série de blessures de joueurs majeurs en janvier : les Ducks remportent la division Pacifique et arrivent en playoffs en 2e position à l'Ouest. Le parcours n'aura guère posé de problèmes dans les phases finales, éliminant facilement Minnesota, Vancouver puis Detroit et survolant la finale face à Ottawa.

L'équipe se sera toute l'année appuyée sur un Jean-Sébastien Giguère retrouvé, un duo Scott Niedermayer - Chris Pronger solide à l'arrière, et des attaquants prolifiques à l'image d'un Teemu Selänne rajeuni aux côtés d'Andy McDonald. Au vu de la saison et de l'effectif, un succès logique pour une équipe bâtie avec intelligence, mêlant talents défensifs, joueurs revanchards, expérimentés ou jeunes talents.

 

Deuxièmes : Ottawa Senators. C'est l'année où on les attendait le moins que les Sénateurs atteignent leur première finale de Coupe Stanley. Le final en queue de poisson ne doit pas faire oublier leur remarquable saison. Après un départ poussif durant lequel l'entraîneur Bryan Murray fut menacé, ils ont su rebondir pour de qualifier sans trop de difficulté. Sans grandes attentes en playoffs, ils ont su balayer tous leurs adversaires, Pittsburgh puis New Jersey, avant de prendre leur revanche face au grand favori de l'Est, Buffalo. Une démonstration d'efficacité qui n'a pas pu se confirmer en finale.

Malgré tout, l'effectif est bien construit pour tenir sur la durée, notamment la prolifique première ligne Heatley-Spezza-Alfredsson. L'année aura même permis à Ray Emery de s'imposer comme le vrai gardien n1, car c'est sous sa conduite qu'Ottawa a su rebondir à mi-saison. Ottawa a enfin confirmé les espoirs placés en son effectif homogène, mais il faudra désormais s'inscrire sur la durée et résister à la pression d'une finale.

 

Troisièmes : Buffalo Sabres. Après une brillante performance lors des playoffs 2006, les Sabres de Buffalo ont confirmé d'entrée avec une série record de victoires. Tout au long de l'année, ils auront séduit le public par leur jeu vif et rapide, multipliant les exploits en remontant des handicaps de plusieurs buts en troisième période. Jusqu'à la dernière seconde, les attaquants des Sabres parvenaient à égaliser et renverser des situations compromises. Mais la troupe de Daniel Brière et Chris Drury, après avoir remporté le trophée du Président réservé à la meilleure équipe de la saison régulière, a fini par manquer de solutions, en passant complètement à travers la finale de conférence face à Ottawa.

Reste malgré tout une saison brillante, avec Ryan Miller solide dans les cages et quelques révélations avec Thomas Vanek - grâce à qui la série contre Ottawa a été diffusée en direct sur la télévision publique autrichienne - ou encore Derek Roy. Mieux, tous les jeunes appelés de ligue mineure ont su jouer comme des vétérans. L'équipe, avec plusieurs joueurs majeurs en fin de contrat, semble quand même avoir raté deux ans de suite des occasions en or de soulever le trophée.

 

Quatrièmes : Detroit Red Wings. Puissance traditionnelle de l'Ouest, les Red Wings de Detroit ont a nouveau fait parler la poudre cette saison. Bénéficiant d'une division Centrale assez faible et d'un jeu de puissance efficace, la légion suédoise du Michigan a surtout profité du retour en forme du gardien tchèque Dominik Hasek, aux statistiques encore impressionnantes. Les vétérans des Wings ont surtout été menés par le duo Henrik Zetterberg - Pavel Datsyuk, avant de se débarrasser de la défense de Calgary puis de celle de San José en playoffs. Malgré tout l'équipe est apparue plus limitée face à Anaheim.

Detroit aura donc tout manqué, en commençant par un trophée du Président parti à Buffalo au nombre de victoires, puis ces playoffs conclus sans briller. L'âge quasi canonique de la plupart des cadres (Lidström, Chelios, Hasek...) risque de finir par peser, après cette nouvelle occasion gâchée.

 

Cinquièmes : San José Sharks. Valeur montante de l'Ouest, les Sharks de San José ont une nouvelle fois joué les premiers rôles en accrochant les meilleurs toute la saison. Pourtant, la redoutable défense des Sharks comportait deux débutants, Matt Carle et le surprenant Marc-Édouard Vlasic. L'attaque a également fait la part belle aux jeunes, comme Joe Pavelski, Milan Michalek ou Steve Bernier, derrière les stars Joe Thornton, Jonathan Cheechoo et Patrick Marleau.

Toutefois, l'effectif a sans doute manqué d'expérience, s'inclinant au 2e tour, comme l'an passé, après avoir éliminé Nashville... comme l'an passé. Une nouvelle saison de promesses non confirmées par manque d'expérience. On peut quand même s'attendre, avec un tel potentiel, à voir San José rivaliser avec les meilleurs un bon moment.

 

Sixièmes : New Jersey Devils. Curieuse saison que celle des Devils du New Jersey. Alignant une équipe sans véritable grand nom, muselée par le plafond salarial, ils ont quand même réussi à terminer parmi les meilleures défenses de la ligue et à offrir à Martin Brodeur un nouveau record NHL, 48 victoires en une saison, ainsi que le trophée Vezina ! Réguliers, les Devils n'ont jamais brillé en attaque, et ne peuvent ainsi que se consoler avec le développement prometteur de Zach Parisé et Travis Zajac en attaque ou Andy Greene en défense.

En dépit du record de Brodeur et d'une saison finalement très bonne, Lou Lamoriello a quand même limogé l'entraîneur Claude Julien à trois journées de la fin de saison, mécontent après le rendement de l'équipe. Un mouvement qui n'est pas sans rappeler celui de 2000 où Larry Robinson avait remplacé Robbie Ftorek en fin de saison pour gagner la coupe. Mais cette fois, pas de miracles... Après avoir sorti Tampa Bay, New Jersey s'est montré transparent et trop lent face à Ottawa. L'intersaison s'annonce compliquée, avec un nouveau coach et de nombreux cadres agents libres... Sauf que cette fois, le plafond salarial sera enfin libéré.

 

Septièmes : Vancouver Canucks. Un joueur peut tout changer : telle est la leçon des Canucks de Vancouver cette saison. Après avoir volé Roberto Luongo aux Panthers de Floride dans l'une des transactions les plus déséquilibrées de l'histoire, les hommes de Marc Crawford ont réussi à remporter de haute lutte la division Nord-Ouest, la plus équilibrée de toutes. L'arme fut bien sûr la défense avec 47 succès pour Luongo. L'attaque, comme par mimétisme, étant d'ailleurs tout aussi poussive ! Hormis les deux frères Sedin, aux statistiques prolifiques, le reste de l'équipe a connu des difficultés à tenir son rang.

Vancouver a ainsi énormément souffert pour éliminer Dallas au premier tour dans le quart de finale le plus accroché, en sept manches, avant d'être sorti par Anaheim. Dans les deux cas, des matches au couteau, sur des petits scores et aux prolongations longue durée. Vancouver n'avait aucune marge cette saison et il faudra vite trouver une attaque pour aider Luongo.

 

Huitièmes : New York Rangers. Un recrutement ambitieux après avoir retrouvé les playoffs en 2006 : les Rangers de New York pensaient bien avoir déniché la recette magique. L'arrivée de Brendan Shanahan a permis à Jaromir Jagr d'être un peu plus libre et les résultats s'en sont ressentis... mais la qualification fut quand même compliquée, la faute à une équipe très inconstante. Henrik Lundqvist a en effet eu du mal à confirmer dans les cages, ses contre-performances coûtant des points précieux. Il aura fallu une dernière ligne droite irréprochable, avec le renfort inattendu de Sean Avery, pour obtenir le ticket pour les phases finales.

Le premier tour face à Atlanta fut une formalité avec un cinglant 4-0 face aux débutants. Le deuxième tour en revanche fut un échec face aux Sabres. Alors que le 3-2 leur tendait les bras, ils ont concédé une égalisation au buzzer, perdu en prolongation, puis se sont fait balayés au match 6. L'inconstance fut décidément la norme et, avec des stars vieillissantes, il va vite falloir trouver les armes pour se renforcer.

 

Neuvièmes : Nashville Predators. La saison fut assez étrange pour les Nashville Predators. Sportivement, l'équipe a réussi la meilleure saison de son histoire, lancé plusieurs jeunes très prometteurs dans le grand bain (Shea Weber, Alexander Radulov) et accroché Detroit toute l'année, ne cédant que dans les dernières journées. Un effectif homogène, mais qui est encore une fois passé au travers en playoffs. Pour la 3e qualification de suite, les Predators n'ont toujours pas franchi le premier tour et ont buté sur San José comme l'an passé.

Il est vrai que, hors glace, la saison ne fut pas de tout repos. Une affluence insuffisante, un propriétaire qui cherche à se débarrasser de l'équipe, un millionnaire canadien, Jim Balsillie, candidat à la reprise (après avoir échoué à reprendre Pittsburgh) mais si empressé de vendre les abonnements à Hamilton (Ontario) pour 2008/09 que la NHL s'oppose à ce projet de déménagement canadien trop voyant... Difficile de construire avec stabilité à l'orée d'un été difficile avec plusieurs joueurs phares agents libres. Nashville se développe, les jeunes progressent grâce à une bonne draft, mais il manque encore un petit quelque chose.

 

Dixièmes : Dallas Stars. Les Stars de Dallas auront encore réussi une bonne saison régulière, avec les mêmes arguments que les saisons précédentes : une défense solide devant Marty Turco. Cette fois en revanche l'attaque aura connu beaucoup de soucis, pénalisée par une série de blessures au centre. Toujours efficaces aux tirs au but, les Texans ont gagné des points précieux grâce à la vista de Jussi Jokinen et Sergei Zubov. La qualification n'a pas posé de problèmes, et le titre de division Pacifique n'était pas très loin.

Malheureusement, encore une fois, les playoffs furent une autre affaire. Contrairement aux autres années Turco n'a rien à se reprocher, tenant la dragée haute à Roberto Luongo dans une série épique face aux Canucks. Mais au bout du suspense et du septième match, les Stars passaient encore à la trappe. L'attaque reste en chantier, et personne n'est là pour succéder à Mike Modano en tant que leader. Il reste du travail dans ce domaine...

 

Onzièmes : Pittsburgh Penguins. Passer de l'avant-dernière place à la 10e et atteindre les playoffs, voila un progrès rarissime dans la NHL. Les Pittsburgh Penguins ont séduit le public cette saison grâce à un trio de jeunes de moins de vingt ans de niveau exceptionnel. Sidney Crosby bien sûr, le prodige canadien étant élu MVP et meilleur marqueur pour sa deuxième saison, mais aussi Evgeni Malkin (rookie de l'année) et le surprenant Jordan Staal. Le frère d'Eric a inscrit 29 buts à dix-huit ans et a été un joueur-clé en infériorité numérique.

En alignant ses sept derniers choix de premier tour de draft, Pittsburgh a consolidé un futur particulièrement prometteur. Un public retrouvé, un nouvel avenir avec un nouveau propriétaire et une promesse de nouvelle arène : tout va bien pour Pittsburgh, avec un bémol : une défaite 4-1 nette et sans bavure au premier tour des playoffs face aux Senators. Les partenaires de Fleury doivent encore apprendre...

 

Douzièmes : Minnesota Wild. Minnesota a retrouvé les playoffs pour la 2e fois de son histoire, mais en dépit d'un recrutement ambitieux, n'a pas su faire la différence. À la peine dans une division extrêmement disputée, les hommes de Jacques Lemaire se sont appuyés sur sa tactique défensive traditionnelle. A la clé, le gardien "débutant" Niklas Bäckström, pour sa première saison NHL, a dirigé la meilleure défense de la ligue. L'attaque en revanche n'a pas été exceptionnelle, la faute à des blessures à répétition de Marian Gaborik et à la sacro-sainte tactique défensive de l'entraîneur Jacques Lemaire.

Malgré tout, la saison est quand même réussie pour une équipe au public toujours aussi fervent. On est encore loin du titre, mais les playoffs apparaissent comme une réussite dans une division très disputée. L'efficacité de Mikko Koivu et Petteri Nummelin dans les séances de tirs au but a il est vrai bien aidé en saison régulière.

 

Treizièmes : Atlanta Thrashers. Les Thrashers d'Atlanta ont enfin atteint les playoffs, laissant Columbus seul parmi les absents des phases finales. Mieux, ils ont remporté le premier titre de division de leur histoire... mais la faiblesse de leur division ne les classait que 12e bilan de la saison régulière.

Comme d'habitude, l'attaque a très bien fonctionné autour de Marian Hossa et Ilya Kovalchuk, mais la défense a mal protégé Kari Lehtonen. Mieux économisé, le Finlandais a pu faire juste ce qu'il fallait pour tenir l'historique qualification en dépit d'une saison en demi-teinte. Mais l'équipe était encore bien trop juste, malgré le sacrifice de choix de draft et d'espoirs en fin de saison pour attirer Keith Tkachuk et Alexei Zhitnik. Le criant manque d'expérience s'est ressenti face aux Rangers de New-York, faciles qualifiés 4 victoires à 0. Atlanta a appris, mais il reste beaucoup de travail pour imaginer la coupe Stanley en Géorgie.

 

Quatorzièmes : Calgary Flames. Les Flames de Calgary se seront diablement fait peur en fin de saison. Alors qu'ils disposaient d'une bonne marge à un mois de la fin, ils ont assisté avec frayeur au retour de Colorado. Il aura donc fallu attendre les derniers jours pour être officiellement en playoffs... Bien décevant pour une équipe que beaucoup voyaient jouer le titre.

Il est vrai que la défense fut moins bonne que d'habitude devant Miikka Kiprusoff, au moment même où l'attaque produisait enfin de manière spectaculaire. Un Jarome Iginla au sommet de son art a bénéficié de l'apport d'Alex Tanguay et d'un Kristian Huselius bien meilleur qu'en Floride. Mais cet ajustement a semblé briser l'équilibre de l'équipe, qui n'a pas su compenser défensivement une prise de risque supplémentaire du nouveau coach Jim Playfair. Le premier tour des playoffs fut une formalité pour l'armada des Red Wings. Il faudra encore ajuster les nouvelles consignes tactiques.

 

Quinzièmes : Tampa Bay Lightning. La saison du Lightning de Tampa Bay est pour le moins hybride. D'une part, un trophée de meilleur buteur pour Vincent Lecavalier, au delà de la barre des 50, et plus de 100 pts pour lui et Martin St Louis. Mais d'autre part, en dépit de cette attaque explosive, une défense passoire que le gardien Marc Denis, embauché à prix d'or, n'a pu consolider. Il a même été doublé par Johan Holmqvist, propulsé titulaire... mais la faiblesse d'une défense déséquilibré a failli coûter cher.

Tampa Bay a passé l'année sur le fil du rasoir, n'assurant la qualification que dans les derniers jours. Il est vrai que l'essentiel du budget de l'équipe concerne les trois stars offensives, laissant peu de place à des joueurs de qualité... Une équation que John Tortorella et son staff devront vite arranger face à l'émergence des équipes du sud-est.

 

Seizièmes : New York Islanders. Les Islanders de New York ont atteint les playoffs, et c'est en soi un petit exploit. À la bagarre tout au long de l'année, ils ont obtenu leur ticket au bout du suspense. Alors que Toronto avait le huitième billet en main après sa victoire sur Montréal, les Islanders jouaient tout au 82e match face aux Devils, avec dans les cages le remplaçant Wade Dubielewicz. L'illustre inconnu a qualifié son club aux tirs aux buts, mais cela n'a guère suffi pour aller plus loin. Buffalo n'en a fait qu'une bouchée au premier tour.

Pourtant, le recrutement avait été ambitieux, culminant par l'arrivée de Ryan Smyth, l'âme d'Edmonton, à la date limite des transactions. Une belle profondeur offensive toute théorique, une escouade défensive inconstante : même si le gardien Rick DiPietro a tenu la pression de son ridicule contrat de 15 ans, la franchise est encore loin de ses illustres prédécesseurs du début des années quatre-vingts. Pire, la fin de saison a été marquée par les 20 matches de suspension du défenseur Sean Hill, contrôlé positif... L'autre nouvelle, c'est le premier Danois en NHL, Frans Nielsen.

 

Dix-septièmes : Colorado Avalanche. C'est ce qu'on appelle une saison frustrante pour l'Avalanche du Colorado, qui, en dépit du 14e bilan de la ligue, rate les playoffs de peu. Une fin de saison en boulet de canon (15 victoires en 19 matches), un retour incroyable, mais il aura manqué un petit point... La faute à une inconstance dans les buts, où José Théodore n'aura jamais justifié son contrat avant que son collègue slovaque Peter Budaj ne s'impose, et à un manque de conviction défensive.

Seule l'attaque aura démontré de belles choses, à la surprise générale. En dépit du transfert de Tanguay et d'un Joe Sakic vieillissant, les filets ont tremblé toute la saison grâce à deux débutants : Wojtek Wolski et surtout Paul Stastny. Le fils du mythique Slovaque a époustouflé la ligue avec une série record pour un rookie (28 points en 20 matches). La relève est bel et bien présente pour l'Avalanche... une fois digéré cet échec au finish.

 

Dix-huitièmes : Toronto Maple Leafs. Etre doublé au 82e match... Voilà le triste sort des Maple Leafs de Toronto, qui tenaient le huitième poste à l'Est avant le succès des Islanders face aux Devils. Toronto termine ainsi une saison en dents de scie à la plus mauvaise place.

Le recrutement du gardien Andrew Raycroft a certes aidé en défense mais cela n'a guère suffi tant l'arrière-garde fut loin d'être au niveau. Une pléïade de débutants a servi à boucher les trous derrière les deux stars Bryan McCabe et Tomas Kaberle, les recrues Hal Gill ou Pavel Kubina se révélant des pièges dorés. L'effectif rajeuni, un Mats Sundin esseulé en attaque malgré la bonne saison de Darcy Tucker ou Kyle Welwood : trop peu d'éléments favorables pour une équipe qui a fini à sa place et qui devra travailler ses arrières.

 

Dix-neuvièmes : Canadiens de Montréal. Le CH n'aura pas confirmé les promesses de l'an dernier. L'effectif, rajeuni, a certes montré de bonnes choses mais la défense s'est montrée catastrophique. Pire, Cristobal Huet, blessé, a manqué une bonne partie de la saison et David Aebischer n'a pu assurer l'intérim, au point d'être doublé par le rookie Jaroslav Halak. Un Alexis Kovalev décevant n'a pas non plus permis de compenser le "flop" Sergei Samsonov.

L'équipe aura tenu une bonne partie de la saison grâce à ses équipes spéciales, efficaces en supériorité avec le slap de Sheldon Souray (excellent offensivement mais à la fiche catastrophique défensivement) comme en infériorité avec les rapides Chris Higgins ou Tomas Plekanec. Mais cela n'a pas suffi dans la dernière ligne droite. Il faudra en tirer les leçons pour l'an prochain avec un effectif qui devrait beaucoup bouger.

 

Vingtièmes : Carolina Hurricanes. Le tenant du titre a raté les playoffs à l'issue d'une saison noire. La chance insolente des Hurricanes n'a pas duré plus d'une année, et dès l'intersaison les blessures se sont multipliées. Les départs nombreux après le titre ont laissé l'équipe exsangue. Le débutant Cam Ward, héros de la coupe 2006, a vu le fardeau de titulaire bien lourd derrière une défense affaiblie. L'attaque a certes produit honorablement autour d'Eric Staal, bien moins bon que l'an dernier, Justin Williams ou Rob Brind'Amour, mais les autres, victimes de blessures, n'ont pas apporté autant que prévu.

Carolina devient donc le premier champion depuis les Devils en 1996 à ne pas atteindre les phases finales. La prochaine saison dira si le titre était un heureux accident de parcours ou bien une tendance réelle à la respectabilité dans la NHL.

 

Vingt-et-unièmes : Florida Panthers. Des progrès... mais encore raté ! Les Panthers de Floride accumulent les jeunes et les promesses mais ont encore manqué la marche cette saison. Il est vrai que le catastrophique échange Roberto Luongo a pesé sur la franchise toute l'année. Son responsable, le controversé Mike Keenan, a été rapidement limogé avec cette transaction douteuse. Bertuzzi blessé toute l'année puis échangé, Alex Auld décevant dans les buts doublé par le vétéran Ed Belfour, il n'est resté de l'échange que le défenseur Bryan Allen, l'une des bonnes surprises de l'année. Avec Ruslan Salei et Jay Bouwmeester, ils ont constitué un bon trio à l'arrière.

L'attaque a encore tourné autour d'Olli Jokinen et du jeune Nathan Horton, efficace. L'expérimenté Ville Peltonen a lui aussi convaincu. En somme, il faudra vite stabiliser le poste de gardien pour avoir une chance de remonter au classement... mais les Panthers se rapprochent.

 

Vingt-deuxièmes : Saint-Louis Blues. On savait que la saison des Blues de St-Louis serait difficile, un an après avoir terminé derniers. Finalement, c'est une saison en deux temps que la franchise du Missouri nous a offert. Englués dans les profondeurs de la ligue avec une équipe de bric et de broc, ils ont profité d'un changement salutaire d'entraîneur, en faveur d'Andy Murray, pour trouver soudain une cohésion et remonter à l'Ouest, au point de se faire peu à peu menaçants.

Malheureusement, la défense était trop courte devant des gardiens assez faibles, même si Manny Legace a bien fini l'année. Surtout, l'attaque s'est montrée bien trop poussive. Les jeunes, comme Lee Stempniak, David Backes ou Jay McClement, ont su briller avec quelques vétérans comme Bill Guerin qui ont surtout servi de monnaie d'échange pour des choix de draft en fin d'année. Quoiqu'il en soit, les Blues ont montré de bonnes choses en fin de saison et peuvent avoir de l'espoir pour le futur avec les arrivées de quelques jeunes très prometteurs comme le meilleur défenseur des championnats du monde juniors Erik Johnson.

 

Vingt-troisièmes : Boston Bruins. Les Bruins de Boston n'ont pas été aidés par leur division. Avec Buffalo ou Ottawa, voire Montréal, en fers de lance offensifs, la malheureuse défense a complètement explosé tout au long de l'année. Le gardien finlandais Hannu Toivonen a carrément déçu, le vétéran américain Tim Thomas a fait ce qu'il a pu. La défense a fait surjouer Zdeno Chara, trop seul au centre d'un groupe de jeunes.

L'attaque pour sa part s'est trouvée trop inconstante et a sérieusement manqué de passion. Seuls Marc Savard et Patrice Bergeron ont su produire avec régularité dans l'une des plus faibles offensives de la ligue. Un effectif bien trop juste pour faire quoi que ce soit... La consolation vient de la contribution du jeune Phil Kessel, bien intégré à 18 ans en dépit d'une absence assez longue lors d'une opération pour un cancer des testicules. Boston semble encore très loin des playoffs.

 

Vingt-quatrièmes : Columbus Blue Jackets. L'arrivée de Ken Hitchcock et une grosse fin de saison 2006 avaient donné beaucoup d'espoirs aux Blue Jackets de Columbus. Malheureusement, cela a rapidement tourné court. Un Rick Nash blessé, un Nikolai Zherdev touché par des problèmes personnels, un Sergei Fedorov transparent : au final, l'une des pires attaques de la ligue ! L'arrivée de Fredrik Modin n'a pas servi à grand chose dans ce contexte, d'autant que les jeunes espoirs comme Gilbert Brûlé ou Danny Fritsche n'ont jamais su produire convenablement.

Même si la défense n'a pas été catastrophique, malgré un Pascal Leclaire en difficulté mais bien secondé par Fredrik Norrena, l'effectif était bien trop juste. Il reste à espérer que les différents soucis s'estompent pour la prochaine saison, pour atteindre enfin les phases finales et oublier le triste honneur d'être la seule franchise des trente que compte la NHL à n'avoir jamais joué les playoffs...

 

Vingt-cinquièmes : Edmonton Oilers. De la finale aux profondeurs du classement... Triste destin des Oilers d'Edmonton qui ont vécu l'une des pires saisons de leur histoire. À la peine en attaque tout au long de l'année, les hommes de Craig MacTavish ont tenu le choc en début de saison dans la très équilibrée division Nord-Ouest, avant d'exploser en vol. Une série calamiteuse de défaites, une panne offensive incroyable : Dwayne Roloson ne pouvait pas tout faire dans les buts et les Oilers ont du se résoudre à brader leurs meilleurs joueurs.

Exit le "Capitaine Canada" Ryan Smyth, sacrifié aux Islanders à la date limite des transactions, faute d'avoir pu s'entendre pour prolonger son contrat. Une décision qui a scandalisé les supporters et n'a pas aidé sportivement l'équipe, qui n'a gagné ensuite que 2 matches sur 19 en encaissant 66 buts pour seulement 23 marqués ! La franchise de l'Alberta a subi l'humiliation de finir pire attaque de la ligue avec 195 buts, loin des statistiques de la grande époque de Wayne Gretzky ! Une véritable claque pour le finaliste qui n'a pas digéré le départ de Chris Pronger notamment et qui ne peut que se consoler avec une accumulation de jeunes espoirs prometteurs.

 

Vingt-sixièmes : Chicago Blackhawks. Les saisons se suivent... et se ressemblent pour les Chicago Blackhawks. La franchise de l'Illinois a encore terminé dans les profondeurs du classement et ne semble pas voir le bout de son infortune. Si Nikolai Khabibulin a mieux joué dans les buts, il n'a pas été aidé par une défense extrêmement jeune, renforcée (ou affaiblie !) par quelques vétérans en fin de cycle. Duncan Keith et Brent Seabrook s'imposent quand même comme deux futurs grands et donnent de bons espoirs aux supporters, avec les renforts de Cam Barker, Dustin Byfuglien ou James Wisniewski par exemple.

En attaque, ce fut plus proche de l'anémie, après un début de saison prometteur. Malheureusement, les Hawks, qui jouaient les premiers rôles en octobre, ne se sont jamais remis des blessures de Martin Havlat et Michal Handzus. Personne n'a pu réellement prendre la relève... pas même le nouvel entraîneur Denis Savard. Il faudra attendre l'éclosion des très nombreux espoirs de l'équipe, sans doute la mieux fournie en jeunes talents, pour remonter au classement.

 

Vingt-septièmes : Washington Capitals. Les Capitals de Washington y auront cru la moitié de l'année, portés par leur duo de choc Alexander Ovechkin - Alexander Semin. Les deux buteurs russes ont éclaboussé la ligue de leur talent et dynamité bien des défenses... mais ils étaient bien trop seuls dans une formation pauvre en vrais joueurs offensifs. Il aura donc fallu attendre des miracles dans les buts, avec un Olaf Kölzig encore très bon, mais ce n'était pas suffisant, la faute à une défense bien trop passoire (286 buts encaissés !).

C'est bien là que le bât blesse dans l'équipe de la capitale. Si le bilan était positif avant Noël, l'équipe n'a plus réussi à gagner après, chutant au classement. Le travail s'annonce de longue haleine pour se faire, en espérant que tous les composants finissent par se mettre en place.

 

Vingt-huitièmes : Los Angeles Kings. Les Kings de Los Angeles avaient assez peu d'attentes : heureusement, car la saison a vite tourné court. La blessure de Dan Cloutier a provoqué un véritable carrousel dans les buts, avec en point d'orgue le premier Japonais de l'histoire, Yukuta Fukufuji, pour une performance assez médiocre d'ailleurs. Comme les années précédentes, les blessures ont régulièrement plombé l'équipe, qui a puisé dans sa formation de ligue mineure avec toujours autant d'intensité...

Les seules satisfactions s'appellent donc Anze Kopitar, le jeune Slovène ayant porté l'attaque notamment en début de saison, ainsi que Mike Cammalleri et Alexander Frolov. Pour le reste, c'est une saison à oublier... en attendant les jeunes, comme beaucoup d'équipes.

 

Vingt-neuvièmes : Phoenix Coyotes. Difficile de viser les playoffs avec l'une des pires défenses et attaques de la ligue ! Les Coyotes de Phoenix n'ont jamais été en mesure d'approcher les phases finales cette année, témoignant encore une fois d'un effectif hétérogène et bien trop loin du haut niveau. Wayne Gretzky aura décidément bien du travail pour construire quelque chose dans le désert, le recrutement s'envolant régulièrement en une poussière !

Dans les cages, Curtis Joseph n'a pas pu tenir l'équipe. La défense a laissé des boulevards énormes que n'ont pu combler Zbynek Michalek et Keith Ballard, les deux jeunes sortant du lot. Pas mieux offensivement, où, avec un Shane Doan plus enclin à la défense, on a peiné à voir émerger des buteurs. Cela ne s'est pas arrangé à la date limite des transferts avec les départs des deux seuls autres vrais attaquants, Mike Comrie et Ladislav Nagy ! Il n'y a pas grand-chose d'autre à retenir de cette équipe, qui ne semble toujours pas trouver des jeunes prometteurs pour relever la franchise... La faute à un recrutement toujours aussi orienté vers des vétérans en fin de carrière.

 

Trentièmes : Philadelphia Flyers. C'est le fiasco de l'année dans la NHL : les Flyers de Philadelphie ont honteusement terminé derniers ! Après une histoire au sommet, après des années de playoffs, l'équipe a explosé dès le début de saison. Gardiens trop faibles, qu'il s'agisse de Robert Esche ou d'Antero Niittymäki (opéré de la hanche droite l'été dernier puis de la hanche gauche en cette fin de saison), puis de Martin Biron, acquis à prix d'or, défense calamiteuse avec les trop lents Derian Hatcher et Mike Rathje, au moment même où le jeune Joni Pitkänen passait à travers, une attaque où tous les joueurs auront connu une saison ratée à l'exception de Simon Gagné... Peter Forsberg blessé, les jeunes 2e année Jeff Carter, Mike Richards et RJ Umberger en plein doute...

Tout est allé de travers pour les Flyers, largués au classement dès le premier mois et distancés loin, très loin des autres, avec seulement 56 pts au compteur, soit 11 de moins que l'avant-dernier ! Consolation : cela pourra difficilement être pire l'an prochain.

Nicolas Leborgne

 

 

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