Russie 2006/07 : bilan

 

Résultats du championnat russe

 

Les relations entre le président de la fédération russe Vladislav Tretiak et les clubs sont revenues au calme. Les droits d'engagement de cinq millions de roubles ne survivront pas plus d'une saison, et avec le retour d'un sponsor général du championnat, on peut même espérer - comme du temps de la PHL - des sommes versées aux clubs. Ces derniers apprécient beaucoup plus les transferts d'argent qui se font dans ce sens-là... Les projets de règlement les plus étranges de la FHR (pénalités versées par les clubs mal classés aux mieux classés !) ont également été abandonnés.

Dans l'ensemble, on n'a quand même pas l'impression que Tretiak a réellement restitué un pouvoir fédéral fort. Les clubs continuent de dicter leur loi, surtout quand il s'agit de faire plaisir au plus grand nombre. À un an des élections, mieux vaut ménager les susceptibilités quand on est président de fédération mais aussi député. Tretiak a fait marche arrière sur les exclusions annoncées par le comité directeur contre ceux qui n'ont pas construit à temps de patinoire de 5500 places, à Togliatti ou à Chelyabinsk. Un délai de grâce supplémentaire d'un an a été accordé. Un relégué sportif, l'Amur Khabarovsk, s'est même engouffré dans la brèche réglementaire pour garder lui aussi sa place. À force d'élargir le championnat, certains sont même partisans d'une division en deux conférences géographiques. Au risque de se diluer ?

Les seuls domaines où la fédération semble garder la main et rester inflexible, ce sont les sujets à connotation politique, c'est-à-dire ceux qui concernent les pays voisins de la "sphère d'influence" russe. D'un côté, la FHR a réaffirmé que les joueurs non éligibles en équipe de Russie seraient comptabilisés comme étrangers, quitte en contrepartie à ce que la limite des importés passe de trois à quatre. Cette décision fait souvent un tollé, et les plus concernés sont les gardiens. Ceux du Kazakhstan, Vitali Eremeïev et Vitali Kolesnik, poursuivent même la fédération en justice pour discrimination, en se présentant comme citoyens russes de plein droit du fait de leurs passeports. Et de l'autre côté, Tretiak, reprenant l'idée de son supérieur hiérarchique (le directeur du comité des sports Fetisov), continue à promouvoir un championnat élargi aux nations de l'ex-URSS en leur offrant une place en division inférieure, mais avec droit de monter : si la piste biélorusse a échoué, le Sokol Kiev a fait acte de candidature, et même les Lettons du Riga 2000 ont été approchés.

 

Premier : Metallurg Magnitogorsk. Il y a un an, Magnitka avait écrasé la saison régulière pour échouer dès les demi-finales. Cette fois, il a réalisé le parcours exactement inverse : il a infligé au favori Kazan le même genre de leçon qu'il avait reçue l'an passé face à Omsk en demi-finale. On ne dira pas que c'est la victoire de la "patience", car cette qualité est absente dans le monde du hockey, selon les dires de l'entraîneur Dave King licencié après moins d'un mois de championnat. Mais son successeur Fedor Kanareikin a su incarner une nouvelle génération d'entraîneurs russes avoir été l'adjoint de trois techniciens étrangers en trois ans.

Ce titre doit beaucoup à Travis Scott : l'ancien concurrent de Huet en AHL n'a pas pris de but-casquette en play-offs ce coup-ci et s'est donc imposé sans discussion comme le meilleur gardien d'un championnat qu'il quittera pour Cologne et pour une vie plus agréable en Europe de l'ouest.

Pourtant, il y a désormais à Magnitogorsk une infrastructure digne des pays occidentaux : la nouvelle patinoire ultra-moderne a ouvert en janvier. Ce club de la "Russie profonde" avait surtout le meilleur trio d'étrangers du championnat, avec les Tchèques Marek et Kudrna en attaque. Jan Marek, recruté au dernier moment pour pallier les défections de Malkin et Kaigorodov (ce dernier est revenu début novembre sans avoir vraiment eu sa chance à Ottawa, loin de la deuxième ligne "promise"), a réussi à devenir tout de suite le nouveau leader offensif.

Mais le joueur qui a le plus impressionné est peut-être Nikolai Kulemin. Issu de la même génération que Malkin, il n'a jamais eu la même facilité : il y a quatre ans, pendant que son collègue était meilleur marqueur du tournoi final junior, Kulemin n'était même pas titulaire. Il a dû passer deux années anonymes en équipe-réserve avant que King remarque son jeu complet. Sa progression a peut-être été plus lente, mais Kulemin a travaillé tous les domaines et ses dix buts en play-offs sont une consécration de son travail. Et contrairement à Malkin, il a déjà gagné un titre au niveau senior. Autre différence, il a rapidement prolongé son contrat d'un an, sans y être forcé.

 

Deuxième : Ak Bars Kazan. C'est l'histoire d'une ligne que plus personne ne peut ignorer puisqu'on l'a retrouvé en haut du classement des marqueurs du championnat du monde, une position habituelle pour elle depuis deux ans en Superliga. Paradoxalement, les prémices de la formation de cette ligne remontent à 2004/05, l'année où Ak Bars a fait un flop en s'offrant plusieurs stars mondiales. En effet, aux côtés d'un Kovalchuk critiqué, une entente intéressante commençait déjà à poindre entre Aleksei Morozov et son centre Sergei Zinoviev. L'été suivant, les millionnaires partis, on leur adjoignit le jeune Danis Zaripov, qui parle un peu le tatar et constitue donc un peu la caution locale de l'équipe. Depuis, les trois hommes sont dominants, tout simplement. Morozov a tellement survolé le championnat qu'il a battu avec 83 points le record historique qui appartenait à Makarov.

Le défaut quand une ligne domine autant, c'est que les observateurs sont vaccinés. Blasés, ils s'étonneraient presque que Kazan possède aussi une aussi bonne deuxième ligne Stepanov-Tereshchenko-Vorobyev avec le défenseur offensif international Ilya Nikulin. Et pourtant, on retrouve Morozov, Zaripov et Zinoviev aux trois premières places des marqueurs des play-offs, alors qu'on les a dit fatigués, usés, presque au bout du rouleau. C'est que la barre était placée haut et qu'il aurait peut-être fallu un peu plus pour vaincre Magnitogorsk au cinquième match décisif de la finale. Depuis le retour d'une Coupe d'Europe des champions, aucun de ses vainqueurs n'a réussi à remporter ensuite le championnat. Mais cela ne fait que confirmer la valeur de la Superliga russe, même si la domination de Kazan semblait longtemps sans partage.

 

Troisième : Avangard Omsk. En saison régulière, en effet, une seule équipe parvenait à suivre le rythme de Kazan : il s'agit de l'Avangard Omsk, dont le meilleur marqueur est toujours le renégat de l'équipe nationale biélorusse Aleksei Kalyuzhny.

Mais le joueur dont tout le monde parle, c'est Aleksei Cherepanov, avec ses 17 buts à même pas 18 ans, battant le record pour un débutant qui était détenu par Pavel Bure. Cette éclosion de Cherepanov a été facilitée par ses compagnons de ligne Aleksandr Popov et Anton Kuryanov, deux maîtres techniciens aux mains d'or. Aux côtés de Popov et Kuryanov, Denis Tyurin était international en septembre. En novembre, séparé d'eux au profit du junior, il était viré avec trois petits points en vingt-huit matches. Cherepanov doit donc aussi prouver ce qu'il peut faire par lui-même, ce qu'il a fait en donnant à la Russie le Mondial 18 ans par ses buts décisifs au bon moment.

Le parcours des Sibériens s'est cependant arrêté en demi-finale, car le Metallurg Magnitogorsk, club dominant en Russie à l'époque où son entraîneur était Valeri Belousov, avait une revanche à prendre : depuis que Belousov avait rejoint Omsk, il n'arrêtait pas d'éliminer son ancienne équipe, une fois en finale, une fois en quart et une fois en demi. La demi-finale 2006 a donc été vengée, et plus qu'une subtile raison tactique, c'est tout simplement dans les cages que s'est faite la différence. Pendant que Scott était solide, Belousov tâtonnait avec ses gardiens : Aleksandr Fomichev confessait sa fatigue lorsqu'il enchaînait les matches, et son collègue Norm Maracle, testé deux fois comme titulaire en demi-finale, a été à chaque fois sorti en cours de match après avoir pris des buts successifs.

Malgré tout, cette demi-finale a été l'occasion d'un évènement important : pour la première fois depuis plus de deux ans, Roman Abramovich a fait un discret passage en tribune. Le milliardaire propriétaire de Chelsea ne devrait pourtant plus de lien avec le club puisqu'il a vendu la compagnie pétrolière Sibneft (sponsor de l'Avangard) à Gazprom il y a un an. Mais il devrait y revenir indirectement en tant qu'investisseur principal de l'Arena-Avangard, qui verra le jour en septembre.

 

Quatrième : CSKA Moscou. S'il n'avait pas échoué aux championnats du monde, victime en grande partie des blessures de joueurs-clés, il ne fait aucun doute que Vyacheslav Bykov aurait été élu entraîneur de l'année. Car avoir conduit le CSKA en demi-finale n'est pas un mince exploit, a fortiori avec un jeu ouvert. Il n'avait en effet pas de leader offensif de premier plan. Bykov s'est d'ailleurs plaint de voir ses attaquants viser sans cesse les estomacs des gardiens adverses. La ligne des jeunes Shirokov-Parshin-Nikulin fait beaucoup parler mais est encore un peu irrégulière. Ce sont des joueurs plus anciens qui ont tiré l'équipe en play-offs : le petit Aleksei Simakov et le centre Vadim Epanchintsev, qui s'est ainsi vu attribuer le rôle de capitaine.

Cette demi-finale a été extrêmement importante pour le hockey à Moscou. La victoire sur l'épouvantail Kazan, même si ce n'est qu'une manche sur quatre, a brièvement ressuscité une euphorie que l'on croyait perdue. Alors que ses homologues de football et même de basket savent capter les foules, le CSKA avait besoin de cette performance pour marquer les esprits et pour montrer qu'il peut lutter avec les cadors de province. Les Mondiaux vont-ils ramener la fièvre du hockey à Moscou, ou sanctionnent-ils la désaffection pour ce sport dans cette ville ? La saison prochaine le dira, avec également le retour du Spartak après son année blanche.

 

Cinquième : Salavat Yulaev Ufa. Les Bachkires se sont fait une place à la troisième place de la saison régulière, entre Omsk et Magnitogorsk, parmi les très grands. Et pourtant, ils ne jouissent pas encore d'un statut similaire. La bonne saison régulière a servi à peu de chose avec l'élimination en quart de finale face à l'envie débordante du CSKA. Il faut dire que le Salavat Yulaev a payé les efforts fournis : son meilleur marqueur Vladimir Antipov était blessé lors des play-offs, et d'autres joueurs-clés étaient touchés mais jouaient quand même, comme Konstantin Koltsov et Dmitri Mialeshka. Avec juste quatre lignes, l'entraîneur Sergei Mikhalev n'a pas eu la possibilité de faire souffler ses meilleurs éléments. Il faudra des renforts supplémentaires, et pas seulement quantitativement.

Les joueurs d'expérience recrutés l'an dernier, Antipov en tête, ne rentrent pas vraiment dans cette catégorie. Le grand défenseur de NHL Aleksei Semenov, arrivé des Florida Panthers à mi-saison, non plus. Cet été, Ufa sera sur toutes les pistes, en Russie ou en Amérique du nord, pour affirmer son statut de nouveau riche avec un peu plus de clinquant.

 

Sixième : Sibir Novossibirsk. Les Sibériens, eux, n'avaient aucun argument pour attirer de quelconques vedettes. Ils en avaient contacté quelques-unes l'été dernier (Schastlivy, Ling, Yakutsenia...) mais n'avaient essuyé que des refus. Les recrues effectives n'avaient rien de faramineux. L'attaquant slovaque Erik Weissmann, gêné par ses adducteurs et jugé trop juste pour jouer sur une des deux premières lignes, a été écarté dès octobre. Son compatriote, le champion du monde 2002 Robert Tomik, n'est resté que trois matches en décembre. Les autres Slovaques - Kovacik et Guren - ont bien tenu leur place.

Les deux meilleurs joueurs de l'équipe, le vétéran Andrei Subbotin et l'inconnu Denis Kochetkov, étaient déjà présents mais ont élevé leur niveau de jeu. La clé de la victoire du Sibir est à chercher dans ses équipes spéciales, parfaitement préparées par l'entraîneur Sergei Kotov. Un atout important à l'ère de la tolérance zéro.

Tutoyer le haut du classement monte parfois à la tête. Alors qu'une dixième place était considérée comme tout à fait normale en début de saison, le gouverneur de la région Viktor Tolokonsky, aveuglé par l'excellent départ en tête-à-tête avec Kazan, a fixé comme nouvel objectif le podium de la saison régulière. Une drôle de bonne résolution du Nouvel An : le premier match de 2007 s'étant soldé par une défaite 0-3 contre Magnitogorsk, le gouverneur s'est énervé. Le président du club Vladimir Nenakhov a alors cru bon de remettre sa démission. On lui a alors assuré qu'il n'était vraiment pas nécessaire d'en arriver à une telle extrémité, et il s'est ravisé.

Il fait dire que Magnitogorsk, c'est un morceau un peu trop gros. Le Metallurg a battu les Sibériens six fois sur six, trois en saison régulière et trois en quart de finale. Mais pour les supporters de Novosibirsk, connaître pour la première fois ce stade de la compétition était déjà un succès. Ils l'ont fait savoir en déployant une banderole suppliant l'entraîneur Kotov - évidemment courtisé notamment par le Khimik - de rester. Il leur a promis que oui. Un second cadeau pour le public après la crosse lancée par le solide gardien ukrainien (qui a renoncé depuis longtemps à la sélection) Aleksandr Vyukhin.

 

Septième : Lokomotiv Yaroslavl. La saison 2006/07 a été celle du crépuscule des géants pour le Loko. Et on ne parle pas là uniquement du fils de champion de lutte gréco-romaine Evgeni Artyukhin, revenu de NHL pour affirmer son potentiel de joueur de première ligne, mais qui a glissé sur la quatrième, voire en tribune pendant les play-offs. Il y a eu aussi le crépuscule de Vladimir Yurzinov, un des plus grands entraîneurs russes de l'histoire, usé et remplacé après seulement sept journées de championnat.

Son successeur Nikolaï Borshchevsky, l'entraîneur de la réserve, n'a pas fait mieux. Il ne s'est pas entendu avec l'international finlandais Sean Bergenheim, rapidement reparti, et la locomotive se traînant en fond de tableau. C'est pourquoi Borshchevsky a accepté en janvier de devenir simple adjoint et traducteur du nouveau sauveur Paul Gardner.

L'arrivée de Gardner, premier entraîneur américain (bien que né au Canada) en Russie, a donné des résultats miraculeux : une série de huit victoires au cours de laquelle tous les gros bras du championnat ont été battus. Il a amené un style direct et agressif qui a bien convenu au Lokomotiv, moins talentueux que par le passé pour pouvoir autant combiner en zone offensive qu'il le faisait dans ses grandes années. Il a manqué en revanche à Gardner l'expérience des play-offs, face à l'Avangard du vieux briscard Belousov. Une expérience qui a aussi fait défaut au prometteur gardien junior Semion Varlamov dans ces matches à enjeu, alors qu'il avait été excellent lorsque Yaroslavl avait battu tous les leaders à la suite.

 

Huitième : Khimik Mytishchi. L'été dernier, le manager Leonid Weisfeld avait jugé excessives les prétentions financières de son ex-entraîneur Milos Riha (engagé par Pardubice et finaliste du championnat tchèque), mais il avait fini par accorder des conditions supérieures à Piotr Vorobiev. Avec son caractère difficile, celui-ci s'est séparé de joueurs comme Aleksei Shkotov ou le junior Ilya Zubov qui ont été bien plus performants ensuite avec Ufa. On n'a vraiment pas reconnu le style Vorobiev, puisque le Khimik a eu la troisième meilleure attaque, portée par le duo Mozyakin-Leshchev, et seulement la sixième défense ex-æquo.

Est-ce de voir son équipe encaisser 2,4 buts pat match (son Lada en encaissait moins de deux avec une équipe a priori moins forte) qui a rendu Piotr Vorobiev malade ? En tout cas, il a attrapé une bronchite, il a fait de la tension et il a passé un temps à l'hôpital. Les dirigeants l'ont alors remplacé pour motifs de santé par Sergei Borisov, entraîneur de la réserve qui ne connaissait donc pas les joueurs. Déjà que la huitième place en saison régulière n'était pas brillante par rapport aux objectifs... Vorobiev, revenu en pleine forme mais sans emploi, pouvait observer de l'extérieur la chronique d'une fin de saison bâclée. Vitali Kolesnik, le gardien du Kazakhstan (qu'il n'a pas rejoint au Mondial chinois pour ne plus être considéré gardien étranger), a porté à bout de bras l'équipe en play-offs avec trois blanchissages à domicile pour éliminer un Severstal grippé, mais malgré le rhume de Morozov absent des deux premiers matches, Kazan s'est logiquement débarrassé du Khimik "bien portant" en quart de finale.

 

Neuvième : Severstal Cherepovets. Nanti d'une des plus petites patinoires du pays, le Severstal Cherepovets a emménagé à son tour dans une demeure plus moderne, inaugurée le 15 novembre, se conformant aux futurs règlements. Après un début de saison difficile en position de relégable, à force de collectionner les pénalités, il a profité du déménagement pour remonter à une bonne neuvième place, protégé par son gardien canadien Marc Lamothe. L'entraîneur Aleksandr Astashev, dont la rumeur annonçait déjà le licenciement début octobre, a donc été finalement prolongé pour l'an prochain.

Il lui aurait été difficile de faire mieux, malgré les 21 buts de l'inusable capitaine Andrei Kovalenko (36 ans). La poisse s'est en effet acharnée en fin de saison. Le défenseur Vassili Turkovsky (parti à Magnitogorsk mais revenu dès novembre à la place d'un autre futur retraité, l'Ukrainien Zavalnyuk) a terminé sa carrière prématurément sur blessure. La défense était réduite à quatre éléments valides, ce qui a obligé l'exemplaire centre Sergei Soin à se reconvertir pour le dernier match de la saison régulière. On a même intégré un débutant de seulement 16 ans et 11 mois, Maksim Chudinov, qui est resté en play-offs. Car la moitié de l'équipe jouait avec de la fièvre à cause d'une épidémie de grippe. Les "malades" ont tout de même poussé le Khimik jusqu'à un cinquième match...

 

Dixième : Dynamo Moscou. Les Dynamistes se sont surtout occupés à écluser les dettes de la saison précédente et ont vécu une saison anonyme en milieu de tableau. Dans une équipe moins dense, des joueurs comme Aleksandr Skugarev ont tenu un rôle beaucoup plus important. Igor Mirnov, que le club avait voulu mettre à l'amende en début de saison pour ses performances médiocres, a fait taire les critiques en terminant meilleur marqueur. Mais les huitièmes de finale ont été vite pliés, en trois manches face à Yaroslavl. Une illustration d'un premier tour de play-offs qui inclut presque tout le monde mais qui a été sans grand intérêt puisque tous les mieux classés ont gagné.

Vient ensuite le temps des séparations, et des propos toujours assassins de l'ex-sélectionneur Vladimir Krikunov. Celui-ci a ainsi qualifié d'erreur le recrutement du défenseur au lourd slap Denis Kulyash (fiche de -11 cette saison...) il y a deux ans. Voilà un point sur lequel il est sur la même longueur d'onde que son (ex-)joueur. Kulyash a en effet déclaré de son côté qu'il avait fait une erreur en quittant le CSKA.

Un point positif quand même, plusieurs joueurs de l'école du Dynamo (les attaquants Sergei Korostin et Vitali Karamnov et le gardien Vadim Zelobnyuk, qui ont tous quelques matches cette saison) sont devenus champions du monde des moins de 18 ans.

 

Onzième : Lada Togliatti. On l'a déjà dit, entre le Lada et Piotr Vorobiev, c'est l'équipe qui a gardé son style et pas l'entraîneur qui l'a transposé ailleurs. La tradition défensive a été maintenue, ce qui a mis en valeur trois internationaux, la paire défensive Emelin-Kondratiev et le gardien de deux mètres Vassili Koshechkin. Sa stature inhabituelle est parfois un handicap au niveau de la souplesse, surtout lorsque les déplacements dans certains hôtels du fin fond du pays le confrontent à des lits trop petits pour lui. Il a ainsi manqué un match à Nijnekamsk à cause d'un torticolis...

Ce n'est pas pour tentative d'anesthésie sur les spectateurs que le Lada a été menacé d'exclusion de la Superliga, mais parce que sa patinoire de 2900 places ne répond plus aux nouveaux canons édictés - par les clubs eux-mêmes - il y a plusieurs années : 5500 places minimum à l'horizon 2007/08. On a vu le parc de patinoires se renouveler - c'était le but - mais Togliatti, avec son changement de propriétaire et ses soucis financiers la saison dernière, n'a pas essayé. Lorsque la fédération a insisté pour que les règles soient respectées, les supporters du Lada ont adressé une pétition de près de douze mille signatures à Tretiak, où ils plaidaient pour leur club, sa tradition de hockey, ses tribunes pleines, les nombreux joueurs qu'il a formés... Alors, une dérogation d'un an a été accordée pour se mettre en conformité. Le gouverneur promet une nouvelle patinoire, mais certains sont sceptiques sur la réelle volonté de la construire.

 

Douzième : Neftekhimik Nijnekamsk. La stabilité, de mise depuis le départ de Krikunov, a pris fin en décembre au bout de deux ans et demi. Gennadi Syrtsov et son adjoint Vsevolod Elfimov, qui avaient échangé leur poste en janvier 2006, sont montés ensemble dans la charrette, remplacés par Aïrat Kadeïkin, autre entraîneur du club, et Aleksandr Sokolov (Kirovo-Chepetsk). Le nouveau duo a annoncé son intention de travailler l'efficacité offensive et le jeu de puissance.

Le Neftekhimik est quand même resté une équipe limitée offensivement, sans aucun attaquant étranger puisque le Slovaque décevant Juraj Stefanka a été écarté en novembre sans être remplacé. Sans aucun joueur à trente points, la menace était maigre pour surprendre en play-offs, même face à un Sibir plus aussi sûr de lui qu'en début de saison.

Le joueur le plus important a été le gardien finlandais Petri Vehanen. Après deux années à l'étranger, il rentrera raffermi dans son club formateur Lukko Rauma. Dans le même temps, le Neftekhimik a décidé de recourir à une vraie solution externe. Les entraîneurs Kadeïkin et Sokolov seront ravalés en simple adjoints de Gennadi Tsygurov, engagé pour deux ans pour incarner le changement.

 

Treizième : HK MVD. Encore une victime de la grippe. Le meilleur marqueur Aleksei Chupin était indisponible pour les play-offs, et contre Magnitogorsk, ça pardonne difficilement. La plupart des joueurs étaient malades... et l'entraîneur Nikolaï Soloviev aussi ! Celui-ci a remis sa démission puisqu'il n'a pas rempli les objectifs fixés, non sans avoir auparavant cité une phrase que lui a confiée Dave King : "un bon gardien fait un bon entraîneur". C'est une petite pierre dans le jardin du management, puisqu'au milieu de la saison, le gardien ukrainien Konstantin Simchuk a quitté la police (le MVD est le ministère de l'intérieur) pour l'armée (le CSKA était l'ex-club militaire).

Soloviev s'est retrouvé avec deux gardiens inexpérimentés incapables de miracles, Evgeny Konstantinov et Aleksei Anisimov. Entre des jeunes sans expérience des play-offs et des joueurs en fin de carrière, il n'y avait pas beaucoup d'éléments stables dans l'équipe. Soloviev s'est aussi plaint des tribunes vides à Podolsk, où le MVD a joué cette saison. Le soutien populaire sera-t-il meilleur à Balashika, où une nouvelle patinoire a été construite par la région de Moscou ?

 

Quatorzième : SKA Saint-Pétersbourg. Le SKA a changé de structure juridique et sa nouvelle direction, basée à Moscou, a revu tous les contrats en cours... sauf celui du défenseur Andreï Evstafiev, qui avait perdu un il dans un accident de jeu et qui a dû embaucher un avocat et engager une procédure judiciaire pour se faire régler sa dernière année de contrat. Une affaire symptomatique d'une relation étrange avec les joueurs, comme le prouve la mise à l'écart du robuste défenseur formé au club Roman Derlyuk, sans lui laisser le temps de se remettre d'une fracture de la main, alors qu'on lui avait promis une place de titulaire à l'intersaison pour le convaincre de ne pas partir au camp NHL de Florida.

Catastrophique en infériorité numérique, incapable de trouver des lignes stables, le SKA Saint-Pétersbourg a trouvé le moyen de perdre une place de plus par rapport à l'an dernier malgré le recrutement de stars. Il a fait office de cimetière des éléphants du hockey russe. L'ex-centre de NHL Andrei Nikolishin, qui a proposé ses services en décembre après plusieurs mois sans jouer, a été presque invisible. Le capitaine de l'équipe nationale Maksim Sushinsky, pour son retour dans sa ville natale, a totalement perdu sa place en sélection, faute de se faire opérer de son épaule fragile.

Mais le plus exemple de gâchis réside dans la gestion des gardiens. Vivant une situation personnelle difficile (un enfant malade qui a passé de longs mois à l'hôpital), l'ancien gardien de l'équipe de Russie, Maksim Sokolov, a été envoyé en tribune pour avoir exprimé son insatisfaction de se voir préférer Martin Prusek comme titulaire. L'entraîneur Boris Mikhaïlov - vice-champion du monde en 2002 grâce à Sokolov - a été remplacé contre l'avis des vétérans (voir top/flop de novembre) par Yuri Leonov, qui aurait peut-être mieux fait de rester entraîneur national des moins de 18 ans. Le cas Sokolov ne s'est pas plus arrangé que le classement de l'équipe. Celui du Tchèque Prusek, agacé par l'habitude russe de changer souvent de gardien en cours de match, non plus. C'est le troisième gardien Sergei Belov qui a vécu une belle histoire en étant titulaire même en play-offs. Mais dans quelle ambiance ? Au troisième match de la série contre Ufa, avec un score nul à la fin de la prolongation, le remplaçant Sokolov, fort de son expérience, a voulu se rendre utile en expliquant au jeune Belov les habitudes des tireurs adverses. L'entraîneur Yuri Leonov a alors lâché à son staff : "Et maintenant, voilà qu'il donne des conseils...". Cette amabilité a interrompu la conversation entre les gardiens, Belov a encaissé trois tirs au but sur trois, et le SKA a été éliminé.

 

Quinzième : Vityaz Chekhov. Le Vityaz a confirmé son statut de maison de retraite de la NHL. Cela n'a pas changé quand un jeune retraité de la ligue nord-américaine, Aleksei Zhamnov, en est devenu le manager général en octobre. Sa première action, outre le renvoi d'un des entraîneurs-adjoints (Aleksei Dementiev, remplacé par Aleksandr Kharkamov, fils de...), a été de recruter l'ex-Islander Oleg Kvasha. Mais cette équipe tient toujours essentiellement par deux leaders : Aleksandr Korolyuk en attaque et Andrei Skopintsev en défense, clairement la meilleure recrue de la saison à 35 ans.

C'est une équipe dont tous les leaders sont vieillissants, y compris les leaders des prisons que sont les ex-NHL Boris Mironov et Reid Simpson et l'ex-Gapençais Kozyrev. Car le style de jeu déjà rugueux n'a évidemment pas changé avec l'arrivée d'un entraîneur canadien. Et si Simpson n'a pas battu son propre record ("seulement" 231 minutes de pénalité, plus 25 minutes en play-offs), il a toujours nourri la polémique en déclenchant des bagarres clairement délibérées. L'entraîneur du CSKA et sélectionneur national Slava Bykov s'est joint à ses détracteurs : "Je considère le comportement de Simpson comme du pur hooliganisme, qu'il faut réprimer avec le code civil. Même les supporters de Chekhov sont venus vers nous pour nous dire qu'ils ne voulaient pas de ce hockey."

 

Seizième : Metallurg Novokuznetsk. Loin d'effacer une saison manquée qui n'a plus rien d'un accident, Novokuznetsk a au contraire terminé à la même place, celle de dernier qualifié en play-offs. L'entraîneur Aleksandr Kitov, menacé dès octobre par la rumeur Plyushchev, a finalement cédé son poste en décembre à Sergueï Nikolaïev, tout en conservant celui de directeur sportif. Nikolaïev, c'est l'homme qui avait créé un collectif efficace à Novokuznetsk entre 1997 et 2000, un collectif dissous lorsque Soloviev était parti pour Saint-Pétersbourg avec la moitié des joueurs il y a deux ans.

Il ne reste plus un seul joueur de l'époque, et Nikolaïev s'est appliqué à faire revenir des joueurs qu'il connaissait, comme le gardien letton Peteris Skudra, qui a ainsi supplanté le Biélorusse Sergueï Shabanov. L'attaque est cependant restée presque muette avec guère plus de deux buts par match, et même si sa ligne s'est réveillée en fin de saison, l'international slovaque Richard Kapus a déçu et n'a pas été prolongé.

En plus, les points marqués par le Metallurg Novokuznetsk n'ont pas toujours été glorieux. La Russie n'échappe pas au syndrome désormais mondial des magouilles sur les paris sportifs. Un très curieux match - télévisé - a eu lieu le jour de la Toussaint contre le Sibir : les bookmakers donnaient une cote incroyablement basse (1,15) à un résultat a priori rare, une victoire en prolongation de l'équipe locale... qui s'est "évidemment" vérifiée. Match arrangé, souligné avec fatalisme et dégoût par des supporters et journalistes, mais le sujet est couvert d'une chape de plomb.

 

Dix-septième : Traktor Chelyabinsk. Le club formateur de l'Oural a livré toute la saison une bataille acharnée pour le maintien, qui se jouait à quelques points pour éviter l'avant-dernière place. Il a notamment vécu une passe très difficile en janvier, en ne prenant que deux points sur neuf alors qu'il affrontait à la suite les trois autres équipes du bas de tableau. Dos au mur, l'entraîneur Gennadi Tsygurov a transféré le capitanat de Vorontsov à Aleksei Zavarukhin, et le Traktor a alors relevé la tête en battant 2-0 son adversaire favori (battu trois fois sur trois), le Vityaz. Il s'agissait du premier blanchissage de la saison pour le club, et en récompense de ce succès important, les supporters ont élu comme joueur de la saison le gardien formé au club Georgy Gelashvili, revenu de trois saisons au Kazakhstan. Un autre choix aurait pu être le jeune défenseur Denis Ezhov, sobre et bien placé, qui a réussi à cumuler une fiche de +6 dans une équipe aussi faible.

Malheureusement, l'entraîneur Gennadi Tsygurov a refusé la prolongation de contrat proposée en fin de saison. Il était peut-être incertain par rapport à l'avenir du club, qui comme Togliatti n'a pas de patinoire aux "normes". Le dossier est quand même plus avancé et une nouvelle enceinte de 7500 places devrait voir le jour au printemps prochain, grâce au délai finalement accordé par le vote des clubs. La patinoire actuelle doit également être reconstruite. Il est temps : une section de 40 m de son toit s'est effondrée en avril, démontrant l'urgence des travaux.

 

Dix-huitième : Amur Khabarovsk. C'est grâce à ces histoires de patinoire que le représentant de l'Extrême-Orient russe conservera sa place. À l'assemblée générale de fin de saison, il a usé d'un argument simple : si le Lada et le Traktor peuvent rester en Superliga en dépit des règlements, il n'y a aucune raison pour qu'il ne puisse pas lui aussi se maintenir même si les règles disent qu'il aurait dû descendre. Car, si ces clubs avaient été exclus, il aurait normalement pu être repêché à leur place. Imparable. Ce second maintien sur tapis vert de suite n'a pas fait un pli, et il n'y a même pas eu cette fois à verser une grosse somme en contrepartie de ce maintien sportivement indu.

Car sur la glace, Khabarovsk n'a toujours pas prouvé qu'il méritait la Superliga. Les Tigres de l'Amour avaient racheté leur place mi-juin (plus d'un million de dollars selon certaines sources), alors que les meilleurs joueurs étaient déjà partis après la descente. Ils avaient alors sauté sur tout ce qui se présentait, sans réfléchir, jusqu'à commencer le camp d'entraînement avec 16 défenseurs pour seulement 15 attaquants ! Et dans le lot, certains n'ont pas tenu : au bout de seulement un mois, Stanislav Timakov a ainsi demandé à rentrer chez lui à Voskresensk car il supportait plus les longs voyages en avion de l'Europe à l'autre bout de l'Asie.

La mission était impossible pour l'entraîneur Andreï Sidorenko, démis de ses fonctions dès la fin octobre sans avoir le temps de corriger le tir à la trêve. Il a cependant accepté de mettre en uvre un plan de développement et de s'occuper de la réserve pour structurer un peu plus le club. Pendant ce temps, son successeur Vladimir Marinichev, pour la troisième mission de sa carrière à Khabarovsk, ne tardait pas à tenir un constat identique : certains joueurs n'ayant pas le niveau de la Superliga, il n'était pas possible de faire mieux cette fois. La dixième place n'existait vraiment que dans les rêves du gouverneur Viktor Ishayev. À chaque fenêtre de transferts, les joueurs ont valsé dans tous les sens, mais à aucun moment Khabarovsk n'a trouvé un buteur : aucun joueur capable de passer la barre des 6 buts, cela tient d'un véritable record !

 

Dix-neuvième : Krylia Sovietov Moscou. 63. C'est le nombre d'anciens joueurs des KS qui évoluent en Superliga. La moitié d'entre eux ont été formés au club. Mais la plupart ont quitté le navire depuis longtemps. Il faut dire que le bateau ivre a tout d'une galère. Il a bien sûr vécu un changement d'entraîneur classique en bas de tableau (Vyacheslav Anisin a remplacé Yuri Novikov en janvier), mais ce n'est que broutilles. En décembre, il a aussi vu son meilleur défenseur Aleksei Petrov aller à Nijnekamsk et son meilleur marqueur Oleg Gubin partir non pas au Dynamo - où il avait donné son accord - mais à Cherepovets... où il n'a plus inscrit le moindre but ! À force de départs (destinés à récupérer de l'argent pour régler les dettes), il a aligné un effectif encore plus faible que celui de l'an passé en Vysshaïa Liga... Il faut dire que les primes coquettes promises pour la montée n'avaient toujours pas été versées. Les joueurs avaient même vécu une coupure d'eau chaude parce que le club n'avait pas réglé la facture, et après trois mois sans salaire, ils ont fini par faire grève (voir top/flop de février).

L'équipe-réserve a donc joué les cinq derniers matches, avec à sa tête l'entraîneur-adjoint Aleksei Tkachuk, puisque c'était le seul qui connaissait ces joueurs. Mais enchaîner à la fois la Superliga et les matches de la réserve est usant pour les organismes des jeunes joueurs, sachant que les calendriers des championnats russes autorisent déjà peu de répit. Après un 1-13 contre le Khimik, au cours duquel le junior Evgeny Korotkov s'est classé la clavicule, le président du syndicat des joueurs Anatoli Bardin s'est inquiété du traitement infligé à ces gamins. Le déplacement à Magnitogorsk s'est mieux passé (2-7) car les "titulaires" (de 20 ans) Georgy Popov et Egor Zharkov ont cessé la grève juste pour ce match face à leur club formateur. Mais pour sa dernière sortie à domicile, les "réservistes" des Krylia Sovietov ont encaissé un 1-17 face à Omsk, le score le plus large en championnat depuis la saison 1962/63 et un 0-16 du CSKA chez la réserve de l'armée à Kalinin.

Après avoir présenté de fausses cautions à la FHR, menti pendant des mois, abandonné les seniors et le hockey mineur, et promis de l'argent qui n'arrivait pas, le richissime président Rafil Safin, désormais accusé de tous les maux, a fini par passer la main. Un nouveau groupe de dirigeants s'est formé, autour d'Aleksandr Tretiak. Son objectif sera de redorer le blason des KS qui en ont bien besoin.

 

 

Et en Vysshaya Liga...

À force d'accorder des dérogations et de donner raison à tout le monde, la Superliga grossit et la Vysshaya Liga se dépeuple et perd de son intérêt. C'est sans grand suspense et sans grande difficulté que le favori l'a emporté.

Le Torpedo Nijni Novgorod remonte en effet en Superliga avec un soutien plus clair. L'entreprise GAZ et le gouverneur de la région Valeri Shantsev - copropriétaires avec la ville de la structure non commerciale qui sous-tend le club - travaillent en commun. La première a fait un chèque d'un million de roubles comme signe de bienveillance pour la montée. Le second a promis que l'équipe aurait une patinoire de 5500 places en septembre pour répondre aux critères de la Superliga. Il s'agit de rénover l'ancienne patinoire de l'époque soviétique, tandis que l'actuel palais de glace Konovalenko continuerait de servir en parallèle à un hockey mineur en mal d'heures de glace. Grand amateur de hockey y compris à l'époque où il était maire-adjoint de Moscou, le gouverneur Shantsev a mis en place un plan de développement du sport de quatre ans dans sa nouvelle province. Il a déjà inauguré la patinoire de la ville voisine de Bor et attend d'en faire de même à Sergach.

Même si son "faux" Khimik est désormais en Superliga, le gouverneur de la région de Moscou, Boris Gromov, a désormais assigné comme tâche au "vrai" Khimik survivant de remonter à la place dont il avait été dépouillé par son faux frère. Le Khimik Voskresensk, qui s'appuie sur des vétérans ayant une expérience en Suisse ou en Allemagne (Shamolin, Gordyuk, Cherbaev), a sorti un as de sa manche en play-offs : il a fait sortir de sa retraite Andrei Razin, l'ancien champion d'Europe 1999 et 2000 avec Magnitogorsk, qui avait raccroché les patins il y a plus d'un an. Ce passeur hors pair a vite retrouvé sa créativité, mais c'était insuffisant pour contrarier une équipe de Nijni Novgorod au-dessus du lot, où joue d'ailleurs le partenaire de ligne de Razin des grandes années, Aleksandr Golts. Mais ce sont plutôt les onze buts d'Egor Shastin (ex-Ambrì) qui ont porté le Torpedo en play-offs.

L'an prochain, les principaux concurrents du Khimik devraient être des équipes... étrangères. Vladislav Tretiak a en effet son feu vert à l'inclusion de représentants des pays voisins, sur un pied d'égalité avec les autres. Les plus heureux sont les clubs du Kazakhstan, qui se morfondaient depuis des années dans cette division sans pouvoir jouer les play-offs. Cette année, tout en se ménageant du temps pour leur rivalité interne dans leur championnat national, le Kazzinc-Torpedo Ust-Kamenogorsk et le Kazakhmys Satpayev, étaient pratiquement au niveau des deux leaders de la division est : les Oudmourtes de l'Izhstal Izhevsk et le tout nouveau club ouralien de l'Avtomobilist Ekaterinbourg, sorti de nulle part mais qui a repris le nom du club de la ville - qui s'appelait alors Sverdlovsk - à l'époque soviétique.

Plus bas au classement, un ancien pensionnaire de Superliga, le Molot-Prikamie Perm, a d'autres soucis. Parce qu'il n'a toujours pas honoré ses dettes envers deux anciens joueurs (Dmitri Khomutov et Dmitri Filimonov), malgré un jugement rendu en 2006, des officiers de la police judiciaire faire irruption dans les bureaux du club pour lister les ordinateurs et les véhicules de fonction à saisir s'il ne se mettait pas en règle très rapidement.

Marc Branchu

 

 

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