Bilan de la saison NHL 2005/06

 

Après une année noire de lock-out, la ligue nord américaine repartait avec une mission simple : reconquérir son public. Nouvelles règles, nouveaux joueurs, avec une cuvée exceptionnelle de rookies... et dès le premier jour, les 30 équipes opposées pour la plus grande nuit de hockey de l'histoire. À l'issue d'une saison de 82 matches, coupée par les Jeux Olympiques, la moitié des équipes accédaient aux playoffs pour des confrontations d'une intensité rare. Au final, un vainqueur inattendu : Carolina. Revue d'effectifs pour un bilan équipe par équipe de ces dix mois de compétition...

 

Premiers : Carolina Hurricanes. La franchise avait échoué à Hartford mais réussit dans un lieu improbable, Raleigh, patrie des courses automobiles NASCAR. Le manager Jim Rutherford l'avait annoncé il y a bien des années, n'éveillant que de discrets sourires, mais désormais le reste de la ligue prend enfin cette équipe au sérieux. Le gros début de saison de l'équipe a lancé la mécanique pour le reste de l'année, au point de remporter le titre de la division sud-est. La blessure d'Erik Cole à deux mois des playoffs fut compensée par les arrivées des vétérans Doug Weight et Mark Recchi.

Les playoffs démontraient le sérieux de l'effectif, avec un point fort : les équipes spéciales. Bousculés par Montréal au premier tour, les Hurricanes profitaient de la blessure de Saku Koivu pour effacer les Canadiens, avant d'éliminer New Jersey en supériorité numérique. La bataille contre Buffalo en finale de l'est fut mémorable et les blessures frappant les défenseurs des Sabres furent d'une aide précieuse. Puis, Edmonton fit vaciller le favori lors d'une finale en 7 manches, pour un titre historique, le premier de la franchise.

Carolina s'est appuyé toute l'année sur une solidité dans les cages, Martin Gerber en saison régulière puis le rookie Cam Ward en playoffs, ce dernier récoltant le titre de MVP des phases finales. La défense ne comportait aucun grand nom mais quatre joueurs avaient disputé la finale 2002 (Bret Hedican, Nicklas Wallin, Aaron Ward, Glen Wesley), un la finale 2004 (Mike Commodore, avec Calgary), Frantisek Kaberle complétant la liste. L'expérience et le sens du sacrifice de ces joueurs mobiles ont fait merveille. L'attaque regroupait de nombreux vétérans en quête du trophée suprême, des joueurs comme Rod Brind'Amour, capitaine exemplaire, Ray Whitney et Weight décrochant sur le tard la coupe Stanley, Cory Stillman et Recchi récoltant pour leur part un nouveau sacre. Les jeunes pousses ont parfaitement contribué : Eric Staal franchit les 100 points dès sa deuxième année, Matt Cullen, Cole, Justin Williams ou le rookie Andrew Ladd se montrant décisifs chacun leur tour, compensant la longue absence de Vasicek. Des joueurs de devoir comme Craig et Kevyn Adams ou le rookie Chad LaRose furent décisifs en infériorité.

 

Deuxièmes : Edmonton Oilers. Jamais dans l'histoire une tête de série numéro 8 n'a réussi à gagner la coupe Stanley. Edmonton a failli rentrer dans les mémoires avec le parcours improbable d'une équipe qui avait eu toutes les peines du monde à se qualifier... Elle a chassé toute la saison une place en playoffs dans l'ultra-compétitive division nord-ouest, alternant le bon et le moins bon. La faiblesse du trio Conklin-Markkanen-Morrison dans les buts avait plombé l'année et l'arrivée de Dwayne Roloson en fin de saison fit figure de bouffée d'air frais. Enfin solidifiés derrière, les Oilers exploitaient le talent de leur pilier Chris Pronger à l'arrière pour évoluer dans un système de contre-attaques rapides et de jeu de puissance efficace.

Secondé par des vétérans (Jason Smith, Steve Staios) et des jeunes (Marc-André Bergeron, Matt Greene), Pronger a aussi reçu l'aide de Jaroslav Spacek et Dick Tärnström lors de transferts bien réussis par l'équipe de Kevin Lowe. Le manager général peut se satisfaire de son équipe en dépit d'une attaque assez faible finalement. Si Ryan Smyth fut le leader naturel et le local Fernando Pisani le héros des playoffs, le reste de l'effectif fut très inconstant. Ales Hemsky, Jarrett Stoll et Shawn Horcoff font figure de grosses satisfactions, mais le manque de profondeur de l'offensive leur a peut-être coûté le titre après eux. L'apport de Sergei Samsonov en fin de saison a rendu service, mais sans plus, alors que Mike Peca n'a bien joué qu'en playoffs. Au final, l'équipe a dépassé les attentes mais échoue sur le fil.

 

Troisièmes : Buffalo Sabres. Comme Carolina, Buffalo était classé bien loin dans les pronostics d'avant-saison. Pourtant les Sabres ont toute l'année joué les premiers rôles, menaçant Ottawa pour le titre de division. Buffalo a sans doute proposé le hockey le plus spectaculaire des playoffs avec l'équipe la plus homogène. Six défenseurs interchangeables, 12 attaquants de niveau quasiment égal et deux gardiens de même... Les attaques par vagues et la vitesse de jeu ont constitué un réel plaisir pour le public comblé de Buffalo et ont manqué de peu d'y allier l'efficacité.

Les attaquants Daniel Brière, Jean-Pierre Dumont, Maxim Afinogenov, Ales Kotalik, Thomas Vanek, Chris Drury, Jochen Hecht, Derek Roy, Jason Pominville ont tous porté l'équipe chacun leur tour. Dominateurs face à Philadelphie et Ottawa lors des phases finales, Buffalo a manqué la dernière marche suite à l'incroyable hécatombe qui a frappé sa défense. Déjà privés du talentueux attaquant Tim Connolly au premier tour, Buffalo a perdu successivement Dmitri Kalinin, Henrik Tallinder, Teppo Numminen, Jay McKee... tout en restant compétitif ! La moyenne d'âge de l'équipe rend les Sabres favoris du titre 2007. Dans les cages Ryan Miller fut l'un des meilleurs gardiens de l'année. La défense, on l'a vu, a fait preuve de mobilité et d'efficacité, sans star. Un travail collectif sur la durée qui a payé.

 

Quatrièmes : Mighty Ducks d'Anaheim. Anaheim a joué avec les nerfs de ses supporters toute la saison, le nouveau manager multipliant les transferts tout au long de l'année. En se séparant de Sergei Fedorov, Petr Sykora, Keith Carney ou Steve Rucchin en quelques mois, Brian Burke a surpris mais pourtant équilibré son équipe en compensant avec des jeunes et quelques révélations.

Dans les cages, Jean-Sébastien Giguère et Ilya Bryzgalov se sont partagé le gâteau, le Russe brillant seul lors des playoffs. La défense fut incroyablement solide, autour du vétéran Scott Niedermayer, étincelant sur la fin de saison. Il fut bien aidé par l'inattendu transfuge de Columbus François Beauchemin, révélation de l'année. Derrière, du solide, avec les rugueux Vitaly Vishnevsky, Sean O'Donnell et Ruslan Salei. L'attaque s'est montrée explosive avec la résurrection de Teemu Selänne, les découvertes Joffrey Lupul, Andy McDonald, Chris Kunitz. Les deux rookies Ryan Getzlaf et Corey Perry ont montré de bonnes promesses, ainsi que l'inconnu Dustin Penner, phénoménal en playoffs. Enfin, les vétérans Sami Pahlsson, Rob Niedermayer et Todd Marchant ont su aussi jouer un rôle clé. Malgré tout, l'attaque s'est heurtée à un mur contre Edmonton, faute d'être efficace en jeu de puissance.

 

Cinquièmes : Ottawa Senators. Le grandissime favori de l'année est une nouvelle fois passé au travers en phases finales. Pourtant, le succès net au premier tour face à Tampa Bay avait laissé de gros espoirs pour les Ontariens. Et encore une fois, les Senators se sont fait piégés par une équipe qui en voulait plus, Buffalo... L'effectif paraissait pourtant taillé pour le titre. La meilleure attaque de la ligue se classait parmi les meilleures défenses. Ray Emery remplaçait avec sérieux Dominik Hasek blessé pendant les Jeux Olympiques. La défense était peuplée de all-stars potentiels avec Zdeno Chara, Wade Redden, Chris Phillips, Anton Volchenkov, Andrej Meszaros.

L'attaque abritait deux marqueurs de cent points, Dany Heatley et Daniel Alfredsson, alors que Jason Spezza n'avait manqué cette barre que sur blessure. Le nombre de buteurs au-delà des 20 réalisations frappait, avec Martin Havlat, Antoine Vermette, Mike Fisher, Brian Smolinski, Patrick Eaves... mais ça n'est pas passé, la faute à une équipe fébrile aux moments clés, sujettes aux erreurs de débutant, à l'image de ses buts quasi gags encaissés en prolongations face aux Sabres. Faute d'avoir su gérer leur avance, les Senators se sont complètement écroulés.

 

Sixièmes : New Jersey Devils. Les Devils étaient attendus au tournant après le chambardement de leur défense l'an dernier. Scott Stevens parti à la retraite avec Ken Daneyko, Scott Niedermayer parti à Anaheim... Le manager Lou Lamoriello, dont le souci d'excellence n'a d'égal que sa politique du secret, avait du pain sur la planche. Et il a dû se retrousser les manches sévèrement pour une saison à deux visages. Acte I : le fiasco. Les signatures des vétérans Dan McGillis, Vladimir Malakhov et Alexander Mogilny sont des échecs retentissants et coûteux, leurs erreurs et leur comportement plombant l'équipe et la classant hors des playoffs. Acte II, les mesures radicales. Aux alentours de Noël, Lamoriello vire les trois hommes vers la retraite et les ligues mineures, prend en charge le banc en remplacement de son coach quasi dépressif Larry Robinson, et récupère Patrik Elias, rétabli de son hépatite A. Acte III, le triomphe : les Devils terminent l'année en trombe avec l'un des meilleurs bilans de la ligue et volent au 82e match le titre de division Atlantique aux Rangers et Flyers médusés.

La clé, c'est l'explosion du duo Scott Gomez - Brian Gionta, ce dernier battant le record de buts de l'équipe (48) alors que le premier battait son record de carrière. Le travail et le sérieux de l'équipe, où chacun connaît son rôle, ainsi que le jeu de Martin Brodeur dans les cages ont suffit pour atteindre les objectifs minimaux, mais le manque de talent général de l'équipe fut criant face à Carolina. L'équipe manque de vitesse et d'efficacité, à l'image des très défensifs John Madden, Jay Pandolfo, Grant Marshall. La défense manque de relanceurs, Brian Rafalski et Paul Martin étant trop seuls.

 

Septièmes : San José Sharks. Après avoir chassé toute l'année une place en playoffs, les Sharks sont finalement déçus de s'être arrêtés en si bon chemin. Finalistes de conférence 2004, les Californiens faisaient partie des favoris du début de saison. Pourtant les premiers mois sont laborieux et l'équipe végète. Il faut le transfert spectaculaire du grand Joe Thornton de Boston pour relancer l'équipe vers la bonne direction. Sous l'impulsion du meilleur passeur de la NHL, les Sharks remontent vers la surface pour se poser, à l'image de Buffalo, en équipe jeune et talentueuse, complète et prometteuse.

San José disposait de trois gardiens de haut niveau, avec Vesa Toskala, Evgeni Nabokov et Nolan Schaefer. L'inconstance du début de saison a finalement profité à Toskala, titularisé pour les playoffs. La défense entière a moins de 30 ans, avec Kyle McLaren, Scott Hannan et une cascade de rookies, Rob Davison, Doug Murray, Josh Gorges puis Matt Carle, meilleur joueur universitaire, intégré en fin de saison. La politique de la franchise du développement interne (presque tout l'effectif a été drafté ou développé dans les ligues mineures) a porté ses fruits dès cette année. L'attaque a en effet suivi ce même précepte avec le brillant capitaine Patrick Marleau et ses deux ailiers rookies Steve Bernier et Milan Michalek, alors que le meilleur buteur de la NHL Jonathan Cheechoo fut le grand bénéficiaire des passes de Joe Thornton (presque 50 buts après son arrivée). Les progrès de Grant Stevenson, Pat Rissmiller, Nils Ekman, Marcel Goc furent tout aussi notables.

 

Huitièmes : Colorado Avalanche. La franchise n'a jamais raté les playoffs depuis son arrivée à Denver. 2006 n'a pas changé la règle mais l'année en dents de scie de l'équipe a failli mettre à mal ce précepte. Colorado a longtemps alterné le bon et le moins bon, avec de la peine à s'adapter aux nouvelles règles. David Aebischer n'a trouvé son rythme qu'à la mi-décembre avant d'être échangé contre le fantasque et médiatique José Theodore, le manager Pierre Lacroix espérant renouveler le coup de poker qu'il avait réussi avec Patrick Roy en 1995. La défense a souffert pour remplacer Adam Foote, parti à Columbus, et Rob Blake n'a pas vraiment brillé. Seul John Michael Liles est sorti du lot, le plafond salarial poussant l'effectif à une cure d'amaigrissement. La surprise Bret Clark et le retour en forme de Patrice Brisebois ont heureusement permis à l'équipe de tenir son rang.

En attaque, le capitaine Joe Sakic fut loin de son meilleur niveau, alors que Milan Hejduk a tout autant peiné sur les nouvelles règles. Seules l'explosion d'Alex Tanguay et la révélation Marek Svatos ont fait surnager l'Avalanche, alors que le vétéran Pierre Turgeon, la surprise Bret McLean et le régulier Andrew Brunette ont bien aidé. Mais la blessure de Svatos juste avant les jeux olympiques a plombé la fin de saison. Qualifié de justesse, Colorado a franchi le premier tour face à une très équipe de Dallas fébrile en prolongations mais l'Avalanche n'a pas fait le poids contre Anaheim, balayé 4 manches à 0.

 

Neuvièmes : Detroit Red Wings. Detroit a bénéficié d'une division très faible, la division centrale. Le nouveau système de calendrier a fait jouer aux Wings huit matches contre les faibles équipes de Chicago, Columbus et St-Louis. Réussissant un quasi sans-faute face aux petits, Detroit s'est propulsé vers le trophée du président (meilleure équipe de la saison régulière) grâce à un jeu de puissance efficace mené par sa légion suédoise. Pourtant, les Wings se sont crashés dès le premier tour des playoffs.

Manny Legace, auteur d'une bonne saison régulière, a flanché dans les moments clés. La défense, très âgée, a manqué de vitesse. Nicklas Lidström, une nouvelle fois meilleur défenseur de la ligue, Chris Chelios, doyen de la NHL, Jason Woolley, le prolifique Mathieu Schneider ont passé les 35 ans. L'attaque cardiaque de Jiri Fischer en cours de saison a traumatisé l'équipe et privé les Wings de l'un de leurs plus jeunes défenseurs, après la blessure de Nicklas Kronwall dès le camp d'entraînement. L'attaque n'est pas beaucoup plus jeune, Brendan Shanahan, auteur de 40 buts, Robert Lang, Steve Yzerman, qui a fini fort, Tomas Holmström, Kris Draper, Kirk Maltby étant plus près de la fin que du début de leur carrière. Satisfaction, Detroit s'est surtout appuyé sur les deux stars montantes Henrik Zetterberg et Pavel Datsyuk, mais ils sont une nouvelle fois passés à travers en playoffs, le Russe n'étant pas assez remis d'une blessure. Les recrues bon marché, Mikael Samuelsson, Johan Franzen, Jason Williams, Andreas Lilja ou Dan Cleary, ont apporté des dividendes inespérés mais ont tout autant disparu en playoffs. Le classement des Wings était probablement surcoté par la faute du calendrier trop facile de la saison régulière...

 

Dixièmes : Dallas Stars. Après avoir chassé Los Angeles une bonne partie de l'année, Dallas a finalement remporté la division pacifique assez facilement. La clé du succès : les tirs aux buts. Instaurés cette année pour éliminer les matches nuls, ces séances ont permis aux Stars de gagner une bonne douzaine de points au classement grâce au talent individuel de Sergei Zubov et Jussi Jokinen en un-contre-un, alors que Marty Turco gagnait ses duels. Ce phénomène a sans doute là encore surévalué le classement des Stars.

Si Mike Modano, Jason Arnott, Brenden Morrow, Jere Lehtinen ont fait le travail voire franchi leur record de carrière, le reste de l'équipe était quand même assez pauvre offensivement, à l'image d'un Bill Guerin fantomatique. La défense a profité du surcroît de supériorités numériques pour soigner ses statistiques, Zubov ou Philippe Boucher s'en donnant à cur joie, bien que l'apport de Willie Mitchell en fin de saison fut assez limité pour cause de blessures. Turco a poursuivi sa tradition de saison régulière solide avant, encore une fois, de s'écrouler en playoffs. Dallas a perdu 3 matches sur 5 en prolongations face à Colorado au premier tour, gaspillant des avances dans les dernières minutes. Un manque de force mentale symptomatique d'une équipe bien loin de ses exploits de 1999 et 2000...

 

Onzièmes : Calgary Flames. Le finaliste 2004 faisait partie des favoris au titre cette année et la troupe de Darryl Sutter a manqué de peu son objectif dans des circonstances étonnantes. Calgary disposait de la 27e attaque sur 30 équipes mais a réussi l'exploit de gagner la surpuissante division nord-ouest. Les Flames ont été portés à bout de bras par leur gardien Mikka Kiprusoff, étincelant vainqueur du trophée Vézina. La défense, plutôt jeune, s'est montrée très solide avec Robin Regher, le phénoménal rookie Dion Phaneuf, Jordan Leopold, Roman Hamrlik, Andrew Ference...

L'attaque en revanche a été invisible toute l'année. Jarome Iginla, capitaine courage, fut trop souvent esseulé, manquant du soutien de Daymond Langkow, Tony Amonte, Chuck Kobasew, Matthew Lombardi... l'arrivée de Kristian Huselius en cours de saison fut d'une bonne aide mais Calgary fut victime de son effectif en playoffs. Trop de joueurs similaires, un style de jeu stéréotypé, basé sur les équipes spéciales. Anaheim a su trouver la clé en gagnant des matches aux petits scores, paralysant une équipe bien trop faible offensivement pour gagner le titre. Une équipe de "grinders", de travailleurs de l'ombre, manquant probablement de talent pour l'attaque...

 

Douzièmes : Nashville Predators. Nashville a réussi comme Detroit à profiter de la division centrale pour se qualifier facilement pour ses deuxièmes playoffs consécutifs. Les Predators suivent un schéma de développement patient, basé sur la réussite à la draft et le développement des jeunes, comme San Jose ou Buffalo. Les quelques acquisitions calculées, comme Steve Sullivan en 2004 ou Paul Kariya avant cette saison, portent leurs fruits. Malgré tout, l'équipe reste très jeune et dépend encore un peu trop de ses cadres, Scott Hartnell, David Legwand (blessé une bonne partie de l'année) ou Adam Hall manquant de leadership.

La blessure de Sullivan, suivant celle de Scott Walker, a pénalisé la fin de saison, de même que celle de Marek Zidlicky pour le jeu de puissance. Ainsi, Kariya a été bien trop seul face aux Sharks et Kimmo Timonen a été trop surveillé en jeu de puissance. Les bonnes trouvailles Yanic Perreault puis Mike Sillinger ont permis de dominer les mises au jeu mais cela n'a pas suffi. Au final une saison pleine de promesse mais le jeu pratiqué une bonne partie de l'année avait laissé pensé que les Predators pourraient inquiéter leurs adversaires plus que cela en phases finales. En dépit des bonnes performances du remplaçant Chris Mason, la maladie subite du gardien Tomas Vokoun (caillot sanguin), impérial cette année, a bel et bien sonné le glas de leurs espoirs avant même la fin de saison.

 

Treizièmes : Philadelphia Flyers. Les Flyers avaient les faveurs de pronostics en début de saison après un gros recrutement : Mike Knuble, Peter Forsberg en attaque, Derian Hatcher et Mike Rathje en défense. Malheureusement l'impact des nouvelles règles a largement pénalisé l'équipe. Forsberg, fragile physiquement, a constitué l'une des rares satisfactions, alimentant Simon Gagné et Knuble en caviars... mais manquant trop de matches pour porter l'équipe plus que cela. Le fiasco fut en défense, les Flyers multipliant les pénalités stupides par indiscipline et se montrant incapables de les tuer. Cette faiblesse en infériorité, ainsi que les blessures successives d'Éric Desjardins, Kim Johnsson et Joni Pitkänen, a coûté le titre de division et permis à une équipe de Buffalo plus rapide et plus homogène de faire la différence assez facilement en playoffs.

Le duel entre Anttero Niittymäki et Robert Esche dans les buts n'a pas aidé, le coach Ken Hitchcock déstabilisant les deux gardiens en hésitant jusqu'au bout sur son numéro 1. Finalement, loin du recrutement exubérant, ce sont bel et bien les jeunes qui sont les grosses satisfactions de l'année. En attaque, Jeff Carter, Mike Richards et RJ Umberger ont bien souvent porté l'équipe orpheline de ses stars blessées. En défense, les rookies Pitkänen et Freddy Meyer se sont montrés bien plus efficaces que leurs aînés.

 

Quatorzièmes : New York Rangers. Absent des playoffs depuis 1997, New-York a réussi à retrouver les phases finales mais la saison a fini en queue de poisson. Après un début de saison brillant, les Rangers ont tout perdu en à peine quinze jours. Meneurs de la division atlantique pendant toute l'année, ils ont en effet cédé ce titre à leurs voisins des Devils au dernier match, gaspillant une avance de 19 points ! Portés par la légion tchèque, les Rangers étaient beaucoup trop dépendants de deux hommes : Jaromir Jagr et le gardien rookie Henrik Lundqvist. La blessure du second en fin de saison a fait chuter l'équipe au classement et il n'était pas assez remis pour les playoffs. Pire, Jagr s'est blessé bêtement dès le premier match, une aubaine pour les Devils qui ont alors balayé le reste de l'équipe, bien trop faible.

La Jagr-dépendance de ses compatriotes Martin Rucinsky, Martin Straka, Petr Prucha et du Suédois Michael Nylander fut criante. Pire, les acquisitions de la date limite des transferts n'ont pas du tout donné les résultats espérés, Petr Sykora manquant de précision et Sandis Ozolin multipliant les erreurs défensives que les bonnes saisons de Michal Rozsival ou des jeunes attaquants Jed Ortmeyer ou Dominic Moore en infériorité n'ont pu compenser. Si l'objectif playoffs fut atteint, les espoirs naissants d'une bonne saison se sont évanouis en fort peu de temps, laissant un goût amer aux supporters. Le tir au but spectaculaire de Marek Malik en début de saison restera finalement comme l'image de l'année...

 

Quinzièmes : Canadiens de Montréal. Difficile de trouver une équipe jouant autant avec les nerfs de ses supporters passionnés. La saison du canadien fut un savant mélange du PSG et de l'OM dans le foot français. Des déboires hors glace, des volte-face spectaculaires, un entraîneur limogé et un effectif en perpétuelle évolution. Rien que de très normal pour Montréal... Portant le jeune Guillaume Latendresse au camp d'entraînement avant de maudire le staff pour l'avoir renvoyé en junior, le public a ensuite porté son équipe lors d'un début de saison tonitruant... avant que l'équipe ne subisse un redoutable passage à vide dans l'hiver, menaçant sa qualification et poussant le public à brûler les joueurs portés aux nues deux mois plus tôt... Exit Claude Julien, arrivée du manager Bob Gainey sur le banc. Exit José Theodore dans les buts, victime d'affaires surréalistes : contrôle positif à cause d'un produit contre la chute des cheveux, talon brisé en chutant dans un escalier gelé pendant la pause olympique... Confiance à Cristobal Huet, l'oublié de la présentation de saison qui a bel et bien porté l'équipe depuis janvier vers les playoffs. Montréal est ainsi, bouillant...

Le potentiel est pourtant là. La défense n'est pas spectaculaire et concède beaucoup de tirs mais a finalement tenu son rôle autour d'un Sheldon Souray monté en puissance au fil des mois, d'Andrei Markov, de Francis Bouillon et de Mike Komisarek. L'attaque en revanche s'est montrée très inconstante. Le talent d'Alexei Kovalev a bien aidé mais les saisons en dent de scie de Saku Koivu, Michael Ryder, Mike Ribeiro, Jan Bulis ou Richard Zednik, ballotés de ligne en ligne par des entraîneurs hésitants, ont trop coûté en playoffs. Chris Higgins, qui a fini en trombe, Tomas Plekanec, Alex Perezhogin ont constitué trois bonnes surprises mais eux aussi ont alterné le bon et le moins bon et parfois commis des erreurs de débutant. Pourtant, Montréal a sérieusement menacé Carolina, manquant de mener 3-0 dans la série avant de s'incliner de peu, subissant la blessure à l'il de leur capitaine Koivu. Des promesses donc mais tant de débat autour de l'équipe et une pression énorme sur cette franchise historique pénalisent parfois les résultats.

 

Seizièmes : Tampa Bay Lightning. Le champion en titre était attendu au tournant avec une équipe modifiée. Des joueurs cadres du titre 2004 (Cory Stillman, Nikolai Khabibulin, Brad Lukowich, Jassen Cullimore) étaient partis et leur expérience a clairement manqué. En attaque, si Brad Richards a tenu son rang avec Vincent Lecavalier, les autres ont été en dessous de leur meilleur niveau, à commencer par Martin St-Louis. Pire, le capitaine Dave Andreychuk, trop lent pour la nouvelle NHL, a été poussé vers la retraite en milieu de saison. Fredrik Modin, Ruslan Fedotenko ont certes marqué mais sans jouer un rôle de meneur. Aucun jeune, à part Ryan Craig en fin de saison, n'a su compenser la perte d'efficacité des vedettes.

La défense fut tout aussi fébrile, Pavel Kubina et Darryl Sydor peinant à se mettre au niveau. Seuls Dan Boyle et l'inattendu rookie Paul Ranger ont stabilisé l'arrière garde, bien peu. Le plus gros souci a eu lieu dans les buts avec une alternance John Grahame - Sean Burke qui a poussé à bout l'entraîneur John Tortorella, pas vraiment adepte de la langue de bois. Ces tensions internes et cette inconstance ont manqué d'éliminer Tampa Bay de la course aux playoffs, pour une place arrachée de peu. Mais le premier tour ne leur a guère souri, Ottawa disposant facilement de cet adversaire trop fébrile et trop faible offensivement.

 

Dix-septièmes : Vancouver Canucks. La désillusion est assez intense en Colombie Britannique après l'échec cuisant des Canucks dans la course à la qualification en playoffs. Installés dans le top-8 une bonne partie de l'année, ils ont manqué la dernière marche en s'essoufflant dans les dernières semaines. La saison n'a il est vrai pas vraiment tenu ses promesses. La première ligne offensive Näslund-Morrison-Bertuzzi s'est montrée très loin de son meilleur niveau et a bien souvent été secondaire face aux progrès des frères Daniel et Henrik Sedin accompagnés d'Anson Carter. L'affaire Todd Bertuzzi (suspendu pour un mauvais geste sur Steve Moore en 2004) a empoisonné l'équipe tout au long de l'année. Le reste de l'effectif n'a malheureusement pas apporté grand-chose offensivement, à l'image d'un Trevor Linden transparent (après avoir beaucoup travaillé pour la nouvelle convention collective) ou d'un Matt Cooke trop souvent blessé. Ryan Kesler était pour sa part trop limité pour sa deuxième saison.

La défense a pour sa part accumulé les points en supériorité numérique mais les Canucks en veulent surtout aux Jeux Olympiques. La blessure d'Ed Jovanovski juste avant le tournoi a en effet été suivie par les blessures de Sami Salo et Mathias Öhlund, affaiblissant sérieusement l'arrière-garde. Les progrès de Bryan Allen ou Kevin Bieksa et l'installation de Nolan Baumgartner après dix ans de ligue mineure n'ont pas vraiment suffi, et les acquisitions de vétérans comme Keith Carney ou Sean Brown n'ont servi à rien. Pire, Vancouver avait perdu dès le début de saison Dan Cloutier, son gardien numéro 1. Le jeune Alex Auld a assuré un intérim de grande qualité mais ses multiples remplaçants n'ont eux jamais été au niveau, coûtant des points précieux. En somme, une saison à oublier pour une équipe manquant de profondeur d'effectif.

 

Dix-huitièmes : Atlanta Thrashers. Créée en 1999 la franchise pensait bien découvrir les playoffs en 2006. Mais après avoir chassé toute l'année la fameuse 8e place, Atlanta a encore une fois manqué l'objectif. L'équipe s'est montrée bien trop déséquilibrée toute l'année, avec une attaque exceptionnelle mais une défense passoire. Si Ilya Kovalchuk, Marian Hossa, Marc Savard et Slava Kozlov ont tous battu leurs records de carrière grâce au jeu de puissance, leur travail défensif a vraiment laissé à désirer et coûté des points. De plus Peter Bondra a manqué une partie de la saison sur blessure, privant l'équipe d'une arme offensive supplémentaire, que ni Bobby Holik ni le rookie Jim Slater n'ont pu compenser.

Car Atlanta a surtout manqué de constance dans les cages, avec un total hallucinant de gardiens à l'infirmerie. Les blessures récurrentes de Kari Lehtonen à l'aine ne manquent pas de susciter des interrogations sur le travail physique d'avant-saison, d'autant que Mike Dunham, Michael Garnett, Adam Berkhoel, Steve Shields n'ont pas apporté la même sécurité, alternant bonnes performances, fiascos et blessures. Au final de nombreux points perdus par faute de stabilité dans les cages. Comme la défense n'a pas vraiment brillé non plus, trop portée sur l'attaque (Jaroslav Modry, Greg De Vries) ou trop inexpérimentée (Garnett Exelby), ou trop fébrile (Andy Sutton, Steve McCarthy, Niclas Hävelid) aux moments clés, Atlanta devait plutôt gagner 6-5 que 2-1... dans ces conditions, on ne peut que rappeler l'adage NHL : l'attaque gagne des matches, la défense gagne des titres. Atlanta n'était pas loin mais a encaissé beaucoup trop de buts.

 

Dix-neuvièmes : Los Angeles Kings. Les Kings étaient parti tambour battant dans cette saison 2005-06, alignant les succès et prenant les commandes de la division pacifique. Malheureusement, la mécanique n'a pas tenu la distance. Pendant qu'Anaheim et San José montaient en puissance, Los Angeles a une nouvelle fois été victime de son mal récurrent : les blessures, pour la 3e saison de suite. L'infirmerie a encore affiché complet au pire moment, et les Kings ont été coiffés au poteau. Les problèmes ont été multiples. D'une part, le duo Mathieu Garon - Jason LaBarbera n'a pas tenu ses promesses avec beaucoup trop d'inconstances. La défense n'a pas su faire mieux, Mathias Norstrom et Aaron Miller passant trop temps sur la touche. Si Joe Corvo et Tim Gleason ont joué la meilleure saison de leurs carrières, secondant un Lubomir Visnovsky spectaculaire, les autres (Mike Weaver, Nathan Dempsey...) étaient trop faibles. L'attaque n'a pas su faire mieux. La ligne Frolov-Conroy-Demitra a allumé les défenses adverses pendant un mois avant que les trois hommes ne se blessent chacun leur tour.

Le reste de l'équipe a fait ce qu'il a pu. Mike Cammalleri a tiré son épingle du jeu, alors que Derek Armstrong a souvent été blessé, Luc Robitaille était trop près de la fin à l'image de son 600e but, Jeremy Roenick était blessé ou râleur, Sean Avery perturbait plus qu'autre chose par ses frasques sur et hors glace... Bref beaucoup de personnages médiatiques mais moins efficaces sur la glace. Les acquisitions de Mark Parrish et Brent Sopel en fin de saison contre les jeunes espoirs Jeff Tambellini et Denis Grebeshkov n'ont pas suffi à renverser la vapeur, Sopel se blessant d'entrée et Parrish manquant trop d'occasions. Une nouvelle saison à oublier et du travail à venir pour la nouvelle équipe dirigeante.

 

Vingtièmes : Toronto Maple Leafs. Dans l'une des villes-phares du hockey, l'échec de l'équipe locale a fait l'effet d'un tremblement de terre. Privés de titre depuis 1967, les fans n'ont pas vraiment digéré la prestation piteuse de leurs protégés cette saison. L'équipe s'est montrée trop faible à tous les postes et n'a jamais paru en mesure de décocher le sésame pour les phases finales. Dans les cages, le duo Ed Belfour - Mikael Tellqvist est passé complètement à travers en multipliant les erreurs, et finalement Toronto n'a bien fini que lorsque Jean-Sébastien Aubin a pris le relais dans les dernières semaines. La défense a été menée par un Bryan McCabe de feu en début de saison avant que ce joueur trop sujet aux mauvais choix défensifs ne disparaisse après des Jeux Olympiques ratés de sa part. Tomas Kaberle était alors bien trop seul aux côtés de défenseurs de troisième rang, comme Ken Klee (échangé en fin de saison), Alex Khavanov, Luke Richardson, Aki Berg ou Wade Belak.

L'attaque, orpheline de Mats Sundin blessé à l'il en début de saison, a fait illusion avec un Eric Lindros retrouvé, mais le fragile n88 a ensuite manqué trop de matches. Jason Allison s'est lui aussi retrouvé mais sa lenteur a coûté cher défensivement. Ni Jeff O'Neill, ni Nik Antropov n'ont eux trouvé le rythme, le premier perturbé par le décès de son frère avant la saison, le second manquant d'implication dans le jeu. Darcy Tucker a pour sa part assuré un bon travail offensif, aidé des jeunes Kyle Wellwood, Matt Stajan, Alexander Steen, Alexei Ponikarovsky, finalement les meilleurs joueurs de l'équipe cette année. Le reste de l'équipe a été bien trop indiscipliné, et dans un contexte où les équipes spéciales jouent un rôle clé, c'était un handicap bien trop lourd. L'arrivée dans l'effectif des Bell, White, Colaiacovo en défense et des jeunes en attaque a apporté bien plus de résultats en fin de saison qu'avec les vétérans...

 

Vingt-et-unièmes : Minnesota Wild. Si l'on regarde le bilan strict du Wild, il est plutôt positif, l'équipe terminant au-dessus de la barre des 50% de victoires. Malheureusement, Minnesota évolue dans la division nord-ouest et la compétition y est redoutable. Le Wild est une équipe patiemment construite, avec des jeunes et un effectif peu coûteux. Le système défensif de Jacques Lemaire permet régulièrement à l'équipe de faire jeu égal avec ses adversaires mais l'attaque reste un point faible. Minnesota a évolué tout le début de saison avec son traditionnel duo Dwayne Roloson - Manny Fernandez dans les buts, les deux gardiens ayant des statistiques similaires. Les deux devenant agents libres sans restriction en fin d'année, le Wild a décidé de garder Fernandez et d'échanger Roloson à Edmonton, avec la suite que l'on connaît. Le jeune Josh Harding est ainsi devenu le n2 par défaut.

La défense, sans vedette, a tenu assez bien le fort. Filip Kuba et Willie Mitchell, avant le transfert de ce dernier à Dallas, formaient un duo solide, bien secondé par Nick Schultz, Daniel Tjärnqvist, Andrei Zyuzin et la révélation Kurtis Foster, qui, après des années de ligue mineure, a su placer son shoot surpuissant en avantage numérique. L'attaque a beaucoup tourné autour de Marian Gaborik, blessé en début de saison. Alimenté par l'énorme Brian Rolston, impérial toute l'année, le jeune slovaque a fait trembler les filets de la conférence ouest avec une belle régularité. Les jeunes Pierre-Marc Bouchard, Brent Burns, Mikko Koivu ont su progresser, de même que les vétérans Wes Walz et Todd White, mais cela restait un peu léger. Minnesota a sans doute péché par timidité sur cette saison.

 

Vingt-deuxièmes : Florida Panthers. Privés de playoffs depuis 2000, les Panthers avaient misé gros sur cette saison 2005-06. L'effectif, jugé trop jeune, avait bénéficié de l'apport de nombreux vétérans (Joe Nieuwendyk, Gary Roberts, Sean Hill, Jozef Stümpel, Martin Gelinas...) mais cela n'a pas suffi. Après un début prometteur, les Panthers ont subi de plein fouet l'ouragan Katrina. Inquiets pour leurs familles et loin de chez eux pendant plus d'un mois (les matches à domicile ayant été reportés), les joueurs ont cédé 11 matches de suite en novembre, perdant souvent dans la dernière minute sur des erreurs de jeunesse. Le retard accumulé dans cette période n'a jamais pu être comblé, en dépit d'une excellente fin de saison et la meilleure série du club depuis des années.

Les vétérans ont eu un impact variable. Nieuwendyk et Roberts se sont montrés décisifs mais ont passé beaucoup de temps à l'infirmerie, alors que Stümpel et Gelinas ont commencé faiblement avant de terminer en trombe. Hill pour sa part fut loin de stabiliser une défense fébrile et qui a concédé beaucoup trop de tirs. Roberto Luongo a encore du faire des miracles dans les cages pour tenir les scores. Satisfactions, les progrès affichés par Jay Bouwmeester, auteur de 5 buts en fin d'année après plus de 60 matches sans marquer. Mike Van Ryn, Lukas Krajicek ou Joel Kwiatkowski ont aussi plu au staff mais la grave blessure à l'il de Branislav Mezei a privé les lignes arrières de l'aspect physique du jeu, que les recrues Steve Montador et Alexei Semenov n'ont guère pu compenser. En attaque, Nathan Horton s'en est très bien sorti avec Olli Jokinen, alors que la ligne Kolnik-Stümpel-Sim fut longue au démarrage avant de bien finir. Stephen Weiss et Rostislav Olesz, jeunes prometteurs notamment en infériorité, ont eux aussi connu plusieurs blessures qui ont handicapé les équipes spéciales. Kristian Huselius et Niklas Hagman, qui n'ont jamais pu rebondir après une première saison convaincante, ont en revanche été échangés en cours d'année. En somme, une saison en progrès sensibles mais l'équilibre reste fragile, la moindre blessure ayant coupé l'élan des Panthers.

 

Vingt-troisièmes : Boston Bruins. Le manager Mike O'Connell avait anticipé la nouvelle convention collective en élaguant sérieusement son effectif. L'objectif était de disposer d'une bonne marge pour signer de nombreux agents libres de valeur. Départ donc de Mike Knuble et Sergei Gonchar notamment, mais les signatures voulues firent long feu. Brian Leetch, plus tout jeune, compensait vaguement la production de Gonchar, et l'arrivée d'Alexei Zhamnov fut un bel échec, le Russe, inexistant, se blessant rapidement. Pour couronner les échecs, le rookie de l'année 2004 Andrew Raycroft passait complètement au travers de la saison. Ajoutons à cela une défense très inexpérimentée avec trois rookies (Andrew Alberts, Milan Jurcina, Kevin Dallman puis Mike Stuart), une attaque manquant de soutien autour de Joe Thornton... Après quelques semaines, O'Connell décidait donc de se séparer de son meilleur joueur, envoyant Thornton à San José contre Marco Sturm, Wayne Primeau et Brad Stuart. Une transaction sacrifice qui va vaguement relancer l'équipe pour la fin d'année mais laissera surtout un goût amer aux supporters lorsque l'ancien capitaine des Bruins récoltera le trophée de meilleur marqueur et meilleur joueur de la NHL !

En fait les Bruins vont aller mieux lorsque le vétéran Tim Thomas sera propulsé gardien n1 en janvier. L'ancien portier de SM-liiga allait parfaitement jouer son rôle et porter l'équipe vers de meilleurs résultats, aidé par les contributions offensives des valeurs montantes Patrice Bergeron et Brad Boyes, ce dernier étant élu dans l'équipe type des rookies avec Sidney Crosby et Alexander Ovechkin, rien que cela. Enfin, la page se tournait encore un peu plus avec l'envoi du fragile Sergei Samsonov à Edmonton... Une saison noire pour les Bruins, culminant avec l'éviction du manager général et de l'entraîneur...

 

Vingt-quatrièmes : New York Islanders. L'année 2006 restera comme un tournant dans l'histoire de la franchise. Le manager Mike Milbury a en effet quitté son poste en fin de saison pour monter dans la hiérarchie... Compte tenu de son bilan, les fans en étaient plutôt contents ! Milbury restera en effet comme l'auteur du plus grand nombre de transactions ratées : échange de Bertuzzi, Chara, Spezza, Brewer, Palffy, Luongo, Jokinen... tous avant qu'ils explosent dans la ligue. Cette saison fut tout aussi ratée pour cette équipe bien loin de son lustre d'antan.

Dans les cages Rick DiPietro a tenu le fort avec sérieux et de manière globalement satisfaisante, mais son remplaçant Garth Snow a déçu. La défense s'est séparée de ses meilleurs éléments, comme Adrian Aucoin ou Roman Hamrlik, mais a récupéré Alexei Zhitnik, très bon cette année, et a révélé plusieurs rookies, notamment Chris Campoli et Bruno Gervais, deux trouvailles dans les tours lointains de la draft. L'attaque a beaucoup dépendu du rendement du fantomatique Alexei Yashin, qui est toujours le boulet dans la masse salariale avec son contrat mirobolant de 10 ans. L'arrivée de Miroslav Satan a apporté un plus offensif mais il était bien seul. Jason Blake et Shawn Bates sont en effet passés souvent par l'infirmerie, Trent Hunter a décliné après une excellente première saison, Aaron Asham et Mark Parrish ont disparu avant que ce dernier ne soit échangé. Les deux débutants Robert Nilsson et Petteri Nokelainen ont eux aussi connu des pépins physiques et étaient sans doute un peu tendres. Pas mieux en défense pour le nouvel arrivant Brent Sopel, transparent et expédié à l'autre bout du pays, à Los Angeles. En somme, les Islanders peuvent se satisfaire d'avoir dominé New Jersey dans les duels directs, mais cela fait quand même pauvre pour une équipe qui a manqué d'un peu de tout cette saison.

 

Vingt-cinquièmes : Phoenix Coyotes. L'attraction principale de l'équipe cette saison a plutôt été son entraîneur que ses résultats. Wayne Gretzky a connu une année mitigée à la tête des Coyotes, alternant le bon et le moins bon, pour finir logiquement en dehors du top-8. Gretzky a longtemps bénéficié de la bonne saison de son gardien Curtis Joseph, malheureusement le poste de remplaçant n'a guère brillé avec le rookie David LeNeveu, Brian Boucher puis Philippe Sauve. Autant de points gaspillés, d'autant que Joseph n'a pas pu tenir la distance et s'est écroulé en fin de saison. La défense a également beaucoup tâtonné, avec des réussites (les rookies Keith Ballard et Zbynek Michalek), des départs (David Tanabe) et des joueurs inconstants (Derek Morris).

L'attaque pour sa part s'est montrée très pauvre. Brett Hull annonçant sa retraite après quelques matches, Phoenix a manqué d'un grand buteur. Ladislav Nagy a été remarquable mais encore une fois s'est blessé avant la fin d'année. Shane Doan a confirmé son talent de capitaine mais l'efficacité offensive n'était pas là, alors que Mike Comrie a été plutôt inconstant. Le manque de soutien des seconds couteaux, tels Mike Johnson, Fredrik Sjostrom, Oleg Saprykin fut aussi un déficit criant dans cette équipe, poussant le staff à acquérir Steven Reinprecht, efficace en fin d'année. Finalement, on a plus parlé de l'affaire des paris touchant l'assistant-coach Rick Tocchet et la femme de Wayne Gretzky que des succès sur la glace...

 

Vingt-sixièmes : Columbus Blue Jackets. Créée en 2000, la franchise n'a toujours pas découvert les playoffs. Un recrutement ambitieux centré sur Adam Foote laissait de bons espoirs à l'équipe pour cette saison 2005-06 malheureusement les blessures ont quelque peu coupé l'élan. Privés de Rick Nash pendant trois mois, les Jackets n'ont jamais décollé des profondeurs du classement. Seule l'arrivée de son prodige offensif a permis de relancer la mécanique, et Columbus a ainsi obtenu un bilan digne du top-8 dans la deuxième moitié de saison, mais bien trop tard. D'autant que l'autre prodige Nikolai Zherdev a mis du temps à se lancer, victime de problèmes personnels en début de saison.

L'arrivée de Sergei Fedorov contre Beauchemin et Marchant n'a pas vraiment permis de changer les choses, le vétéran russe se montrant particulièrement transparent. La faible attaque de Columbus manquait par trop de profondeur dans les premiers mois, David Vyborny se trouvant généralement esseulé et le tout jeune Gilbert Brûlé, brillant au camp d'entraînement, enchaînant les graves blessures (fracture de la cage thoracique...) et ne jouant finalement que 7 matches avant d'être retourné en juniors en janvier. En deuxième partie de saison en revanche, Jason Chimera, transfuge de Phoenix, Manny Malhotra (souvent blessé), Trevor Letowski et Mark Hartigan ont explosé, mais là encore trop tard. La défense n'a pas non plus assuré, Foote peinant avec ce statut de n1, Rostislav Klesla passant du temps à l'infirmerie et les autres joueurs manquant sérieusement de talent. Dans ces conditions, Marc Denis a du accumuler les matches, avec le soutien du rookie Pascal Leclaire, enfin installé dans la grande ligue.

 

Vingt-septièmes : Washington Capitals. Au début de saison, les experts positionnaient Washington 30e et dernier de la ligue. Terminer 27e est donc une réussite ! Washington s'est en fait montré bien plus compétitif que prévu grâce à un seul joueur : Alexander Ovechkin. Le prodige russe a éclaboussé la NHL de son talent et cumulé les performances historiques, succédant à Teemu Selänne parmi les rookies au-delà des 50 buts et des 100 points. Physique, rapide, puissant, constamment attiré par le but, "Alexander the Gr8t" a déjà rendu son numéro 8 célèbre. Le public est venu en masse pour le voir jouer, à domicile comme à l'extérieur, et Ovechkin leur a rendu leur confiance au centuple. Impliqué défensivement, il participe aussi à la vie de l'équipe par sa bonne humeur permanente, au point de venir lors de la draft annoncer le choix des Capitals, son probable futur coéquipier Nicklas Bäckström !

Une réussite totale qui ne doit pour autant pas masquer la faiblesse générale de Washington, en pleine reconstruction. Olaf Kölzig et Brent Johnson ont du batailler pour tenir les scores derrière une défense jeune et quasiment de ligue mineure. Brendan Witt échangé contre un premier choix, les Capitals ont fait tourner des espoirs prometteurs, Steve Eminger, Shaone Morrisonn, Nolan Yonkman, le tout derrière un vétéran venu d'Europe (Jamie Heward) et quelques joueurs de niveau modeste (Mathieu Biron, Brian Muir, Ivan Majesky). En attaque, personne n'a vraiment pu aider Ovechkin, livré à lui-même. Dainius Zubrus a connu une bonne année mais a marqué moitié moins de points que le rookie. Jeff Halpern fut transparent et l'essentiel des marqueurs secondaires était inattendu, avec Chris Clark, Matt Pettinger, Brian Willsie, Matt Bradley, Brian Sutherby, tous des joueurs de 3e ou 4e ligne partout ailleurs. Finalement, les Capitals peuvent applaudir leur équipe-ferme Hershey, qui a gagné la coupe Calder, le trophée de ligue américaine. Autant de promesses d'un meilleur futur mené par les Eric Fehr, Tomas Fleischmann, Jakub Klepis, Brooks Laich, Mike Green, Boyd Gordon, Chris Bourque et Dave Steckel, qui ont quasiment tous connu leur débuts NHL cette année avec plus ou moins de réussite...

 

Vingt-huitièmes : Chicago Blackhawks. Chicago pensait bien avoir relancé la machine avec un recrutement clinquant et coûteux. Malheureusement l'édifice s'est rapidement écroulé, les points faibles des nouveaux joueurs ressortant plus que leurs points forts. Le gardien recruté à prix d'or, Nikolai Khabibulin, a été très largement surpayé, passant du temps à l'infirmerie et multipliant les performances décevantes. Pas mieux pour ses remplaçants, Craig Anderson, Michael Leighton, Adam Munro ou Corey Crawford, voyageant entre NHL et AHL ou passant au ballottage pour les deux premiers. La défense s'appuyait sur l'arrivée d'Adrian Aucoin mais celui qui jouait 30 minutes par match aux Islanders a raté toute l'année sur blessure. Jassen Cullimore jouant aussi sur une jambe, ce sont les jeunes qui ont essayer de surnager. Duncan Keith et Brent Seabrook se sont établis comme un duo de très haut niveau, Jim Vandermeer, Dustin Byfuglien, James Wisniewski, Danny Richmond, Michal Barinka s'installant aussi peu à peu. Le manque d'expérience a cependant coûté cher.

L'attaque n'était pas mieux lotie, le meneur Tuomo Ruutu ratant quasiment toute la saison sur blessure au point de songer brièvement à la retraite à 24 ans. Eric Daze n'a lui pas joué de l'année, l'attaque a donc été portée par Kyle Calder et Mark Bell, pas de grands buteurs, et par des rookies comme René Bourque et Pavel Vorobiev, des joueurs recrutés en cours de saison comme Patrick Sharp, Radim Vrbata, Brendan Bochenski. Les joueurs d'expérience signés à prix d'or ont plutôt joué les boulets, qu'il s'agisse de l'indiscipliné Matthew Barnaby ou d'un Curtis Brown traumatisé par le décès de sa fille en septembre. Une valse hésitation et des mouvements constants entre NHL et AHL ont sérieusement perturbé le public, qui a déserté en masse l'arène pour aller voir les Chicago Wolves, l'équipe-ferme d'Atlanta ! Le management catastrophique de l'équipe depuis des années a fini par lasser les supporters de ce pilier historique de la NHL, pour une nouvelle année en bas de tableau...

 

Vingt-neuvièmes : Pittsburgh Penguins. Rarement un club n'aura été aussi médiatisé que Pittsburgh. Le club a reçu une pléiade de journalistes, entre les rumeurs de déménagement, les problèmes de la vieille Mellon Arena, la retraite de Mario Lemieux et de Zigmund Palffy et surtout, l'arrivée dans la ligue du prodige de 18 ans Sidney Crosby. Avec un recrutement prestigieux (Palffy, Gonchar, Recchi, LeClair) certains experts faisaient des Penguins un favori au titre... C'était vraiment négliger la catastrophique défense alignée. Sergei Gonchar agit plus comme un nouvel attaquant qu'un vrai défenseur et a vraiment peiné à s'adapter aux nouvelles règles. Derrière lui, Ric Jackman, Dick Tärnström ont le même profil. Du coup, il ne reste plus grand monde pour défendre... La recrue Jocelyn Thibault passant à côté avant de se blesser, les jeunes Sébastien Caron et surtout Marc-André Fleury ont vu souvent le palet cette saison, et souvent derrière eux. Fleury a finalement joué plus que prévu, obtenant un certain nombre de boni financiers que le staff avait hésité à lui verser compte tenu du déficit de l'équipe... La calamiteuse défense des Penguins s'est vue tout de suite, l'équipe mettant une bonne dizaine de matches avant de gagner pour la première fois.

L'attaque n'a pas non plus produit plus que cela, les vétérans n'étant pas au niveau. Mario Lemieux, victime de problèmes cardiaques, mettait un terme à sa carrière, transmettant le témoin à Crosby, bénéficiaire du "A" d'assistant capitaine quelques semaines après ses débuts. Palffy, pourtant encore efficace à un point par match, surprenait tout le monde en quittant le hockey à la mi-saison. Crosby était donc bien seul, ni Marc Recchi (finalement échangé) ni John LeClair ne parvenant à le suivre. Le jeune numéro 87 a donc tout fait tout seul, et plutôt bien fait, en étant le plus jeune joueur à franchir les 100 points. Il a aussi permis à ses coéquipiers de ligne de soigner leurs statistiques en multipliant les caviars, installant les jeunes Michel Ouellet et Colby Armstrong en buteurs NHL. Ryan Malone n'a lui pas confirmé après une bonne première saison, cantonné à un rôle de soutien. Les autres joueurs, Erik Christensen, Tomas Surovy, Maxime Talbot, Konstantin Koltsov n'ont pas trop suivi ou de manière temporaire. Finalement, Pittsburgh a commencé à gagner un peu plus après avoir changé d'entraîneur et lancé Ouellet, Armstrong, et les défenseurs Ryan Whitney ou Noah Welch, avec plus de sérieux dans le replacement défensif. Un phénomène qu'illustre la terrible mise en échec de Brooks Orpik sur Erik Cole de Carolina, envoyant le buteur à l'hôpital. Le chantier reste important mais, comme Chicago, le potentiel est énorme... sauf que Crosby, en dépit de son âge et de ses plaintes aux arbitres, peut à lui tout seul porter l'équipe vers les sommets, se lançant dans des duels très médiatiques avec Ovechkin et Kovalchuk...

 

Trentièmes : Saint-Louis Blues. Les pronostics étaient pessimistes, à juste titre. Les Blues ont raté les playoffs pour la première fois depuis plus de vingt ans, et c'était attendu. Les stars trop coûteuses ont dû partir (retraite de McInnis, départ de Demitra, échanges de Pronger puis de Weight), laissant un effectif vide de contenu. Le meilleur marqueur Mike Sillinger a lui aussi été échangé, autant dire qu'il ne restait pas grand-chose... Keith Tkachuk, seule star offensive restante, est arrivé au camp d'entraînement en surpoids notable, et ce manque de sérieux a probablement joué sur les nombreuses blessures tout au long de l'année. Petr Cajanek a aussi été blessé, laissant les commandes de l'attaque à des garçons comme Jamal Mayers, le quadragénaire Scott Young et des seconds couteaux comme Dean McAmmond, Dallas Drake, Mark Rycroft... Pas très efficace, d'autant que les rookies n'ont pas le calibre d'un Crosby ou Ovechkin. Jay McClement et Lee Stempniak ont su tirer leur épingle du jeu, de même que des joueurs de ligue mineure comme Mike Glumac, mais cela reste bien faible à ce niveau.

La défense n'a pas eu plus de chance, Eric Brewer se blessant d'entrée, Barrett Jackman passant un match sur deux à l'infirmerie, laissant les clés à Bryce Salvador et de nombreux rookies, Christian Bäckman, Kevin Dallman, Dennis Wideman. Les deux jeunes arrivés avec Brewer contre Pronger n'étaient pas prêts, contrairement à ce qui était prévu, Jeff Woywitka et Doug Lynch passant plus de temps en ligue mineure qu'autre chose... Enfin, ce n'était guère mieux loti dans les cages. Le malheureux Patrick Lalime n'était que l'ombre de la star d'Ottawa, en plus de se blesser fréquemment... au point de faire même des passages en AHL ! Une descente aux enfers vécue également par l'Autrichien Reinhard Divis, pour faire la place à un duo inexpérimenté Curtis Sanford - Jason Bacashihua, qui a fait ce qu'il a pu pour éviter la déroute à chaque match. Bref, une saison noire mais prévue, la franchise ayant mal préparée depuis plusieurs années le passage au plafond salarial.

Nicolas Leborgne

 

 

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