NHL 2005/06 : présentation

 

8 juin 2004 : Ruslan Fedotenko marque deux fois et Tampa Bay remporte la coupe Stanley en sept manches face à Calgary. Depuis, la NHL était restée muette. Après un lockout douloureux, le championnat nord-américain reprendra le 5 octobre 2005 avec une nuit historique, impliquant les 30 franchises. Un geste fort pour marquer les esprits : le hockey est de retour ! À grand renfort de campagnes publicitaires, certaines controversées (une plainte d'une ligue féministe visant même le dernier spot montrant un hockeyeur-guerrier revêtant son équipement avec l'aide d'une femme en vêtements de nuit), la NHL cherche à retrouver son public. Et depuis que Dave Andreychuk a soulevé la coupe, beaucoup de choses ont changé...

Tout d'abord, les règlements. Dans le but de favoriser le jeu offensif et le spectacle, plusieurs mesures ont été adoptées. L'équipement des gardiens a été réduit, de même que leur capacité à manier le palet. Une zone en forme de trapèze derrière le but est le seul endroit où ils peuvent utiliser leur crosse, zone testée l'an dernier en ligue mineure. Une mesure destinée à limiter le talent de gardiens comme Martin Brodeur, qui annulait par son jeu de crosse le pressing adverse... Le portier des Devils a déjà trouvé la parade en jouant la rondelle avant qu'elle ne franchisse la ligne de fond ! Exit également la ligne rouge, dans l'espoir de voir plus de passes longues et d'échappées, de limiter le système de la trappe. Un geste symbolique qui amuse déjà les Européens, qui savent bien que d'autres tactiques défensives peuvent être appliquées avec autant d'efficacité... La zone neutre est raccourcie, de même que la zone située derrière les buts. Ainsi, la zone offensive gagne quatre pieds, permettant théoriquement une meilleure circulation du palet en situation d'avantage numérique. La lutte contre l'obstruction et les accrochages est une nouvelle fois annoncée, bien que, tous les ans, elle s'éteigne au fil des rencontres. Les matchs de pré-saison illustrent cette tendance avec une dizaine de situations de supériorité par équipe à chaque rencontre... mais pour combien de temps ? Quoiqu'il en soit, les équipes spéciales joueront un rôle crucial en début de saison. Enfin, la mentalité nord-américaine s'accordant peu avec le match nul, un système de tirs aux buts (fusillade) est implanté. S'il y a toujours égalité après la prolongation à quatre contre quatre, les deux formations en découdront avec des efforts individuels, joueurs contre gardien, trois tireurs de chaque côté puis un par un. Le but est clairement de donner du spectacle aux fans, qui avaient montré leur passion pour cet exercice lors d'un récent All-Star Game en Floride.

Nouveaux règlements, nouvelle ère aussi. Les retraites se sont multipliées ces dernières semaines, quelques monstres sacrés disparaissant des alignements. En défense, Scott Stevens, recordman des matchs en défense, figure historique des Devils (trois coupes Stanley, un Conn Smythe) et terreur physique, prend sa retraite. Les attaquants adverses vont pouvoir souffler, notamment Lindros... Exit également Al MacInnis, dont le shoot surpuissant a fait trembler tous les gardiens depuis vingt ans. Les plexiglas survivront donc à la nouvelle saison ! Deux des trois meilleurs marqueurs de l'histoire s'en vont également. Le leader ultime Mark Messier est imité dans la discrétion par Ron Francis, deuxième passeur de l'histoire mais toujours dans l'ombre. Ce carré magique, qui devrait assurément entrer au Hall of Fame dès 2007, a ainsi éclipsé les retraites d'autres joueurs majeurs tels Vincent Damphousse, Trent Klatt, Stéphane Quintal, Adam Deadmarsh, Curtis Leschyshyn... ou encore Dan Blackburn, 22 ans, ancien gardien d'avenir des Rangers miné par des blessures à l'épaule qui le contraignaient, dans un ultime espoir, à évoluer avec deux plaques et sans mitaine...

La ligue accueille ainsi de nouvelles têtes, emmenées par les deux derniers n1 de draft, Alexander Ovechkin (Washington) et Sidney Crosby (Pittsburgh), deux prodiges précoces qui font figure de favoris pour le trophée Calder de meilleur débutant. Un trophée qui sera probablement le plus disputé de l'histoire compte tenu d'un nombre record de débutants...

Car la NHL a aussi adopté le système de plafond salarial, comme les autres ligues nord-américaines (NBA, MLB, NFL). Avec une masse salariale limitée à 39 millions, les équipes doivent faire des économies et devraient logiquement se tourner vers les jeunes, moins chers, pour combler les trous dans les effectifs. Si les joueurs ont accepté cette concession (avec une baisse générale de 24% en prime), c'est peut-être une victoire à la Pyrrhus pour les propriétaires. Ceux-ci ont effet re-signé leurs stars pour des sommes très élevées, similaires aux pratiques pré-lockout, contraints à cette extrémité afin d'éviter un statut d'agent libre sans restriction trop précoce... l'âge étant ramené de 31 à 28, puis 27 ans, ou sept ans dans la ligue. Certains joueurs peuvent ainsi signer où ils veulent dès 25 ans ! La flexibilité des effectifs sera très importante et toutes les franchises devront s'assurer de disposer d'un réservoir important de jeunes talents. Toutefois, les contraintes nouvelles sur les relations entre ligue mineure et NHL limitent aussi les mouvements de joueurs : plusieurs jeunes talents se sont vus assignés en junior ou AHL au profit d'un joueur plus expérimenté qui serait passé au ballottage (c'est-à-dire qu'il aurait pu être réclamé par une autre équipe) en cas de déclassement en ligue mineure. Un nouveau mode de fonctionnement qui a souvent influencé la construction des alignements à l'issue des camps d'entraînement...

Avec un nombre de joueurs en fin de contrat incroyable, le mois d'août fut ainsi particulièrement chargé. Pour qui n'a pas suivi la NHL depuis la victoire de Tampa Bay, voici une petite présentation division par division bien utile pour reconnaître des effectifs secoués... Une présentation d'importance, la NHL ayant remis au goût du jour les rivalités en multipliant les matchs intra-divisions.

 

Conférence est

Division nord-est

Avec quatre qualifiés en playoffs sur cinq membres en 2004, cette division est sans conteste la plus redoutable de la NHL. L'après-lockout ne devrait pas changer ce constat.

L'un des grands favoris de la conférence est fait déjà bonne figure en pré-saison. Régulièrement sorti par Toronto dans le derby lors des derniers playoffs, les Ottawa Senators ont effectué beaucoup de modifications depuis le doublé éliminatoire de Joe Nieuwendyk au premier tour 2004. Changement de coach, Bryan Murray (Anaheim) remplaçant Martin (Floride), changement de gardien aussi, Patrick Lalime étant prié de visiter le Missouri. Arrivée de Dominik Hasek donc, mais le quadragénaire a-t-il encore de l'essence dans le réservoir ? Avec le départ de Martin Prusek vers Columbus, le poste de n2 a aussi changé et est tombé entre les mains du bagarreur Ray Emery. En cas de coup dur, les Senators disposent de trois jeunes plus que prometteurs (Billy Thompson, Jeff Glass, Kelly Guard), autant dire que la concurrence devrait rapidement rendre les choses compliquées.

La défense a peu bougé, avec le départ des vétérans Leschyshyn (retraite) et DeVries (Atlanta). Le quatuor vedette est impressionnant avec Zdeno Chara, Wade Redden, Chris Phillips et Anton Volchenkov. La relève n'est pas loin avec Brian Pothier, Christoph Schubert et le jeune Andrej Meszaros, Slovaque de vingt ans.

En attaque, la principale nouvelle est l'échange Heatley-Hossa avec Atlanta. Le premier souffrait toujours moralement de l'accident de la route qui avait coûté la vie à son équipier Dan Snyder en 2003 ; le second s'était montré trop gourmand financièrement. Un échange finalement logique, difficile de dire qui sera gagnant. Dany Heatley a immédiatement été aligné aux côtés de Jason Spezza, ancien concurrent de Kovalchuk lors de la draft 2001. "The Kid" a survolé la ligue américaine l'an passé et semble parti pour devenir une star de la NHL. Il emmène dans ses bagages Brandon Bochenski, la révélation du camp d'entraînement. Si le speaker des Senators a encore du mal à citer son nom, il devrait avoir l'occasion de pratiquer au cours de la saison... L'ancienne star de North Dakota a mené les rookies de l'AHL en points et infligé un doublé puis un triplé aux Maple Leafs en pré-saison. Un sérieux outsider pour le Calder donc. La force d'Ottawa c'est sa profondeur de banc, avec le capitaine Daniel Alfredsson, le talent tchèque de Martin Havlat, les progrès d'Antoine Vermette et des attaquants complets comme Bryan Smolinski, Peter Schaefer, Mike Fisher, Chris Neil ou Chris Kelly. Le teigneux Brian McGrattan (551 minutes de prison l'an dernier !) apporte du muscle en attendant le rétablissement de Vaclav Varada, blessé. Avec des jeunes comme Patrick Eaves en réserve, tout va bien... si Hasek tient la distance ! La pré-saison s'est terminée avec une seule défaite, signe que les Senators sont un sérieux prétendant à la coupe.

Les troupes de Pat Quinn sont généralement âgées. Peu de place aux jeunes chez les Toronto Maple Leafs... mais les contraintes budgétaires pourraient changer la donne. Exit Joe Nieuwendyk et Gary Roberts (Floride) ou encore Alex Mogilny (New Jersey). Signe des temps, les Leafs n'ont pas pu attirer de joueur d'expérience... mais lanceront plusieurs rookies ! Mats Sundin doit donc se contenter d'un soutien incertain. Jeff O'Neill est arrivé de Carolina pour se rapprocher de sa famille, marquée par le décès de son frère aîné dans un accident de la route en août. Signatures aussi de deux gros talents, Eric Lindros et Jason Allison, mais encore faut-il qu'ils restent en bonne santé, ce qui est loin d'être gagné. On compte donc sur le développement de Nik Antropov, Matt Stajan ou des rookies Alexander Steen et Kyle Wellwood. Darcy Tucker et Tie Domi devront garder les gants et marquer plus car leurs anciennes qualités, accrochages et provocations, sont désormais des défauts.

La défense change assez peu, avec Tomas Kaberle et Bryan McCabe en têtes d'affiche, suivi de vétérans comme Ken Klee et Aki Berg. La mobilité n'est pas le point fort dans ce secteur et la lutte contre les accrochages pourraient bien gêner cette équipe vieillissante... Les jeunes Andy Wozniewski, Carlo Colaiacovo et Staffan Kronwall sont à suivre. Le camp d'entraînement fut disputé avec notamment la présence d'anciens en quête d'un dernier contrat, mais ni Steve Thomas ni Bryan Marchment n'ont réussi dans leur entreprise. Dans les cages, Ed Belfour devra tenir le fort avec Mikael Tellqvist comme second.

"Gui, Gui !" Non ce n'est pas Guy Lafleur qui revient... ces chants sont destinés au nouveau chouchou du public des Canadiens de Montréal, Guillaume Latendresse. Le choix de deuxième tour 2005 fut l'attraction du camp d'entraînement. Celui qui modèle son jeu sur Todd Bertuzzi (version pré-Steve Moore) a surpris tout son monde depuis le début du camp est semble destiné à une belle carrière. Il n'a pourtant pas gagné sa place car le nouveau système salarial freine les ardeurs des dirigeants sur les joueurs de 18 ans (sept ans de présence, agent libre à 25 ans), et il a été retourné en junior, divisant les passionnés en pour et contre... De plus, le camp fut sans doute l'un des plus compétitifs de toute la ligue. Derrière la première ligne Kovalev-Koivu-Zednik, et la seconde Ryder-Ribeiro-Dagenais (Pierre Dagenais étant même le bouc-émissaire du public), plusieurs jeunes ont séduit : Alex Perezhogin, Tomas Plekanec et Chris Higgins ont gagné leur place aux côtés des spécialistes défensifs comme Steve Begin, Nicklas Sundström et Jan Bulis (de plus en plus efficace après une grosse saison chez lui à Pardubice) ou les nouveaux comme Radek Bonk. Marcel Hossa, lui aussi à la lutte, a finalement été échangé aux Rangers contre le jeune Garth Murray. Pas moins de six rookies apparaissent dans l'alignement, avec notamment le bagarreur letton Raitis Ivanans.

La défense n'a pas échappé pas aux luttes internes. Patrice Brisebois éjecté (vers Colorado), le cinq majeur semble ciblé sur Andrei Markov, Craig Rivet, Mike Komisarek, Sheldon Souray et le nouveau venu Matthieu Dandenault. Pour le reste, Ron Hainsey et Francis Bouillon défendaient leur place face au Suisse Mark Streit... C'est ce dernier qui a gagné, poussant Hainsey au ballottage. Dans les cages la compétition fut brève. José Theodore sera secondé par l'ancienne star universitaire Yann Danis en attendant le retour de Cristobal Huet. Toute cette concurrence pourrait entraîner une série de transferts à Montréal.

Les Boston Bruins sont une équipe talentueuse mais toujours aussi étrangement gérée. Le propriétaire Jacobs avait fait le ménage dans son effectif, anticipant le plafond salarial : bien lui en a pris mais ses choix furent assez surprenants par la suite. Après le contrat record de Joe Thornton, les Bruins ont gardé des pièces majeures avec Sergei Samsonov (en fin de contrat en 2006), Glen Murray et le jeune Patrice Bergeron. Les arrivées de Shawn McEachern, Brad Isbister et Dave Scatchard compensent bien les départs de Brian Rolston (Minnesota) et Mike Knuble (Philadelphie), alors que l'arrivée de Alexei Zhamnov est un apport prometteur. L'attaque est donc intéressante avec les arrivées programmées de Brad Boyes ou Andy Hilbert (ce dernier ayant demandé un transfert), dominateurs en AHL. La défense en revanche est faite de bric et de broc... Le quadragénaire Brian Leetch rejoint ainsi Hal Gill et Ian Moran. Pour le reste, Nick Boynton n'est toujours pas signé, alors que Jonathan Girard n'a pas joué depuis 2003 (accident de la route) et a été assigné en AHL. La liste est complétée par un trio débutant, Kevin Dallman, Andrew Alberts et Milan Jurcina. Le prometteur Mark Stuart patientera.

La situation est encore plus confuse dans les cages. Hannu Toivonen a prouvé sa valeur mais Boston a signé Tim Thomas, l'enlevant du Jokerit Helsinki la veille du début de saison en SM-Liiga. Le tout pour mettre la pression sur Andrew Raycroft, dernier vainqueur du trophée Calder qui n'était pas signé... mais rempilait deux jours plus tard ! Un imbroglio à trois gardiens qui a finalement placé Thomas en AHL...

Dixièmes en 2004 dans la conférence est, les Buffalo Sabres n'ont pas démérité mais la compétitivité de leur division rend la tâche ardue. Ils n'ont pas encore démêlé l'écheveau dans les cages avec le trio Martin Biron, Mika Noronen et Ryan Miller. Ce dernier, qui a franchi les 40 victoires en AHL l'an passé, semble programmé pour être titulaire d'autant que ses statistiques de pré-saison sont convaincantes. L'un des deux autres sera sûrement échangé, d'autant que les Sabres ont acquis Michael Leighton (Chicago) contre Milan Bartovic. La défense a vu le départ de James Patrick (qui devait prendre sa retraite mais a tenu quelques semaines comme entraîneur-adjoint avant de se dire que ce n'était pas fait pour lui et de signer un contrat de joueur à Francfort à 42 ans) et d'Alexei Zhitnik (Islanders). La relève doit donc vite assumer ses responsabilités avec Jay McKee, Dmitri Kalinin, Henrik Tallinder, Brian Campbell. Le vétéran Teppo Numminen apporte son expérience, Toni Lydman arrive de Calgary pour compléter les équipes spéciales. Cette profondeur d'ensemble annonce ainsi de bonnes promesses.

L'attaque paraît aussi particulièrement homogène. Jean-Pierre Dumont et Daniel Brière doivent compenser le départ de Miroslav Satan (Islanders), meilleur marqueur de l'équipe depuis sept ans. Tim Connolly revient d'une commotion subie en 2003, Maxim Afinogenov doit enfin décoller et les nouveaux règlements peuvent favoriser sa vitesse. La star autrichienne Thomas Vanek, candidat au Calder, aligne les buts quel que soit le niveau. Derek Roy fait preuve d'un leadership étonnant vu son âge mais attendra en AHL. Taylor Pyatt doit aussi rebondir. L'expérience des Chris Drury, Jochen Hecht et Mike Grier sera nécessaire. Au final, une équipe bien équilibrée qui pourrait surprendre, en dépit de son inactivité ces dernières semaines.

 

Division Atlantique

Traditionnellement cette division est forte, mais les titres ne sont remportées que par deux équipes : Philadelphie et New Jersey. Seuls les Devils ont d'ailleurs réussi à gagner la coupe (trois fois) ces dix dernières années.

Grand ménage chez les Philadelphia Flyers en cette intersaison mouvementée. Finaliste de conférence, battue en sept manches par Tampa Bay en 2004, la franchise de Pennsylvanie a choisi d'écarter de gros salaires pour rentrer dans les nouveaux critères. Les départs de John Leclair, Mark Recchi, Tony Amonte, Daniil Markov et Jeremy Roenick rentraient parfaitement dans les calculs prévus, éloignant des stars des années 1990... mais peut-être plus des années 2000. Les Flyers ont ainsi pu mettre la main à la poche et amener Peter Forsberg et Derian Hatcher, deux valeurs sûres quand la santé suit. "Foppa" retourne donc dans la franchise qui l'avait drafté il y a quatorze ans, mais qui l'avait immédiatement échangé aux Nordiques de Québec lors de l'affaire Lindros. Hélas, les deux recrues étaient à nouveau blessées pour le camp d'entraînement et le bon coup des Flyers devient un peu un sujet d'inquiétude.

La caractéristique première de Philadelphie est sans conteste la taille. Outre Hatcher et Forsberg, les dirigeants ont ajouté d'autres grands gabarits avec Mike Knuble, Turner Stevenson, Mike Rathje et Chris Therien, en renfort d'Eric Desjardins et Kim Johnsson. Est-ce un bon choix alors que les nouveaux règlements mettent en avant la mobilité et la vitesse ?

Fort heureusement les Flyers possèdent un bon réservoir. L'équipe de ligue mineure, les Phantoms, a ainsi brillamment remporté la Coupe Calder 2005 d'AHL (la filiale ECHL remportant aussi son trophée, la Coupe Kelly !). La moitié de cette équipe championne va ainsi être promue en NHL. Le MVP des playoffs, le gardien Anttero Niittymäki, secondera Robert Esche. En défense, les vétérans s'appuieront sur Joni Pitkänen et Dennis Seidenberg. La blessure de Hatcher fait le bonheur de Randy Jones, désigné huitième défenseur en profitant de la blessure de son coéquipier et rival Freddy Meyer. En attaque, Patrick Sharp devrait jouer un rôle plus important, de même que Jon Sim, "journeyman" qui semble faire décoller sa carrière d'un seul coup grâce à sa bonne entente avec Knuble et Richards (huit buts en pré-saison). L'attention portera effectivement surtout sur les deux rookies, Jeff Carter et Michael Richards. Les deux champions du monde junior ont éclaboussé les playoffs AHL de leur talent, le premier terminant meilleur marqueur des phases finales et le second impressionnant par son leadership, comparé déjà à celui du capitaine des Flyers, Keith Primeau. Philadelphie est ainsi officiellement qualifié de favori à la coupe Stanley par les bookmakers de Las Vegas.

Dans le petit monde feutré des New Jersey Devils, peu de bruit. L'équipe s'est distinguée de ses concurrents pour plusieurs raisons lors de cette intersaison. Les départs ont été limités au seul Scott Niedermayer, parti rejoindre son frère à Anaheim. Un coup dur, d'autant que le capitaine Stevens a pris sa retraite. Pourtant, le manager Lou Lamoriello - qui a participé à la rédaction de la nouvelle convention collective comme en 1995 - n'est pas inquiet. Il a rapidement alimenté son escouade défensive avec de nouvelles têtes. Brian Rafalski, Paul Martin, Colin White et Sean Brown sont ainsi rejoints par Richard Matvichuk, Dan McGillis et Vladimir Malakhov, ce dernier ayant remporté la coupe avec les Devils en 2000. Sa signature est la conséquence du retour de Larry Robinson en tant qu'entraîneur, Pat Burns étant de nouveau victime d'un cancer. Retour vers le futur toujours pour Alex Mogilny, le buteur russe étant apparemment remis de sa blessure à la hanche. Du neuf avec du vieux pour les Devils, autant de mouvements discrets qui ont placé la franchise au-delà des limites du plafond salarial... Un phénomène inhabituel tant New Jersey a toujours été un modèle de gestion. Victime de cette situation, Jeff Friesen a dû faire ses bagages trente minutes après avoir emménagé dans sa nouvelle maison, direction Washington. En fait, les Devils ne changent pas tant que cela. C'est sans doute la franchise qui a eu le moins de décisions à prendre en camp d'entraînement puisque toutes les places étaient déjà distribuées.

La première ligne ressemble à celle de 2000-2001 avec Mogilny, le meilleur passeur de la NHL Scott Gomez, de retour après une pige dans son Alaska natal (meilleur joueur et marqueur de l'ECHL), et l'indispensable et polyvalent Sergei Brylin. Elias absent, la deuxième ligne accueille le lutin Brian Gionta, le géant Viktor Kozlov et le rookie Zach Parisé, impressionnant de facilité. Puis, John Madden, Jay Pandolfo et Jamie Langenbrunner enchaînent leur troisième saison sur la ligne d'échec. Les teigneux de quatrième ligne sont là, avec le retour du Polonais Krzysztof Oliwa, aux côtés de Grant Marshall ou Darren Landgon, Erik Rasmussen ou Pascal Rhéaume. La surprise du camp fut sans conteste le Suédois Nicklas Bergfors, signé et placé en AHL (il y sera le plus jeune joueur à 18 ans) au lieu de débuter en ligue junior majeur du Québec dans la nouvelle équipe de Terre-Neuve. Dans ces conditions, les Devils ont commencé leur pré-saison une semaine après tout le monde et disputent moitié moins de matchs de préparation... Un choix tactique pour permettre à tout le monde d'assimiler les nouveaux règlements, pour une équipe qui, traditionnellement, est la moins pénalisée de la ligue. Enfin, dans les cages, un certain Martin Brodeur vise un troisième Vezina de suite après avoir observé avec attention la seule bataille du camp d'entraînement, celle pour devenir sa doublure, gagnée par Scott Clemmensen devant Ari Ahonen. Le gagnant jouera moins que le perdant... mais en NHL. Malgré les départs de deux cadres présents au club depuis dix ans, les Devils restent les Devils et seront encore candidats au titre même si le meilleur marqueur Patrik Elias est absent et se remet d'une hépatite A contractée en Russie. Son retour en novembre va ajouter quatre millions à la masse salariale, Lamoriello devra alors déployer des trésors d'ingéniosité pour faire de la place à ce joueur... Les mouvements ne font que commencer.

"Mad" Mike Milbury est décidément le manager le plus imprévisible de toute la ligue. Après s'être mordu les doigts du contrat record d'Alexei Yashin (10 ans !), il a proposé un contrat de 15 ans au jeune gardien Rick DiPietro, proposition qui n'a pas abouti pour des raisons d'assurances. L'ancien n1 de la draft semble bien établi en titulaire aux côtés de Garth Snow. La défense des New York Islanders a en revanche connu des changements majeurs. Exit Adrian Aucoin (Chicago), Kenny Jönsson (resté dans son club formateur de Rögle), Roman Hamrlik (Calgary). Arrivées d'Alexei Zhitnik (Buffalo), Brent Sopel (Vancouver) et Brad Lukowich (Tampa Bay). Derrière l'inamovible Janne Niinimaa, la défense doit donc s'appuyer sur des joueurs de complément, comme Tomi Pettinen et Radek Martinek, ou des rookies comme Chris Campoli. L'attaque a obtenu quelques soutiens, Yashin, promu capitaine, disposant d'un pur buteur avec Miroslav Satan. Décisif pour sa première saison, Trent Hunter devra confirmer, de même qu'Oleg Kvasha et Aaron Asham, étonnants avant le lockout. Mark Parrish est toujours critiqué, Jason Blake et Shawn Bates complétant la liste. Le jeu des juniors Robert Nilsson et Petteri Nokelainen semble avoir séduit le staff. Globalement, l'équipe reste proche des saisons précédentes mais les incertitudes autour de la défense pourrait coûter cher. De même, si l'attaque ne se montre pas plus tranchante, les Islanders se heurteront encore au premier tour... Yashin pourra-t-il être un vrai leader ?

Reconstruction. Tel a été le leitmotiv des dirigeants des New York Rangers depuis le lockout. De reconstruction il n'y a guère, finalement, malgré quinze nouvelles têtes. Certes, l'équipe a accumulé les choix de draft, mais les jeunes ne sont pas encore lancés. Dans les cages, Kevin Weekes sera secondé par Henrik Lundqvist, star en Suède mais inconnu en NHL. En défense, Tom Poti, bien esseulé et critiqué, voit avec soulagement arriver Marek Malik. Darius Kasparaitis, promu capitaine, et Michal Roszival sont également présents. Fedor Tyutin complète la liste avec Maxim Kondratiev. Bien pauvre... L'attaque n'est guère mieux portante. Une armada tchèque autour de Jaromir Jagr (Martin Straka, Martin Rucinsky) mais l'âge est là. Michael Nylander et Steve Rucchin débarquent et donnent de la profondeur au centre. Pour le reste... Jamie Lundmark, Jason Ward et Ville Nieminen n'ont pas trop brillé en NHL, Jarkko Immonen et Petr Prucha viennent d'Europe (quelle adaptation ?) et les espoirs Jed Ortmeyer, Dominic Moore, Blair Betts, Jozef Balej, Nigel Dawes, Alex Giroux ou Ryan Hollweg se partageront les miettes. Espérer briser la spirale négative et atteindre enfin les playoffs semble bien utopique avec un tel effectif...

La "Steel City" est devenue soudainement le centre du monde médiatique du hockey cet été. Par le hasard d'une petite boule dans une loterie, les Pittsburgh Penguins ont gagné le gros lot : Sidney Crosby. À grand renfort de coups de presse, le prodige canadien auteur de trois cents points en deux saisons de junior majeur a paraphé son contrat rapidement. Accueilli par le propriétaire-capitaine Mario Lemieux dans sa propre maison, Crosby devra supporter la pression terrible sur ses épaules... mais il gère ceci depuis l'âge de douze ans ! Messie annoncé, il doit donc devenir le meilleur joueur de la NHL, le successeur de Gretzky, construire une nouvelle patinoire et rapporter la coupe à Pittsburgh. Rien que ça !

Sa sélection en n1 de draft cet été a fait boule de neige pour les Penguins. Après avoir sabordé leur équipe en éliminant tous les gros salaires (Jagr, Hrdina, Straka, Lang, Kovalev...) ils récoltent les fruits d'une politique éthiquement discutable : mettre en avant des soucis financiers pour élaguer l'effectif et terminer en bas de tableau, recrutant en trois ans trois prodiges, Marc-André Fleury, Evgeny Malkin et Crosby... Le second décidant de rester à Magnitogorsk, Pittsburgh a recruté en conséquence. Cette fois les gros salaires reviennent ! Sergei Gonchar en défense, Marc Recchi, John Leclair et Zigmund Palffy en attaque. Après avoir dégraissé et aligné des joueurs qui n'avaient pas le niveau, voilà soudainement que Pittsburgh a les moyens de ses ambitions... Mais ses signatures ne sont en fait que de la poudre aux yeux. L'équipe reste moyenne, surtout en défense. Jocelyn Thibault, en provenance de Chicago, sera titulaire dans les cages et secondé par Sébastien Caron, en attendant que Fleury soit prêt. La défense possède des atouts en supériorité avec Gonchar, Dick Tärnström et Ric Jackman, mais aucun de ces joueurs ne défend particulièrement bien. Et qui après cela ? Brooks Orpik, Rob Scuderi, Ryan Whitney ou Noah Welch ont peu ou pas d'expérience. L'attaque est un désert après ces vétérans fragiles physiquement, même si les progrès des Ryan Malone, Konstantin Koltsov ou Rico Fata peuvent aider. Le réservoir de jeunes est immense (Michel Ouellet, Maxime Talbot, Eric Christensen, Ryan Stone, Stephen Dixon, Ben Eaves, Shane Endicott) mais Pittsburgh paraît trop déséquilibré. Les playoffs sont certes possibles mais il faudra bien de la chance et une bonne santé... et surtout, surtout, défendre !

 

Division sud-est

Le désert de la NHL (tant en affluences qu'en résultats) prend soudainement meilleure tournure. Le succès du Lightning en 2004 a porté l'éclairage sur le hockey au soleil, et des années d'échec ont permis d'accumuler les choix de draft élevés. La division devient enfin compétitive et possède le plus gros potentiel de toute la NHL...

Le tenant du titre, le Tampa Bay Lightning, est un candidat crédible à sa propre succession. Il y a en effet peu de mouvements notables à repérer. Nikolai Khabibulin est parti à Chicago mais son remplaçant John Grahame avait prouvé sa valeur, y compris en playoffs. Sean Burke, lui, apportera son expérience. En défense, le départ de polyvalent Brad Lukowich est embêtant mais l'essentiel est là. Darryl Sydor, Pavel Kubina, Nolan Pratt, Dan Boyle et Cory Sarich forment une bonne unité. Le poste de défenseur n6 était le lot du gagnant du camp d'entraînement, il semble gagné par le Suisse Timo Helbling puisque le jeune Andy Rogers, mis sous contrat, a quand même été assigné en junior. En attaque, Dave Andreychuk, 42 ans, est encore là. Le capitaine, précieux en jeu de puissance, n'est plus la force offensive première de l'équipe. Le cur demeure en place avec le trio Brad Richards, Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis. Les deux derniers ont obtenu de gros contrats (cinq et six ans) cet été, mettant fin aux rumeurs. Fredrik Modin et Ruslan Fedotenko complètent l'armada offensive si impressionnante lors des playoffs 2004, Cory Stillman étant remplacé poste pour poste par un ancien de la maison. Vaclav Prospal. Tim Taylor, Dmitri Afanasenskov, Chris Dingman, Rob DiMaio et Martin Cibak sont installés et ne devraient pas souffrir du départ d'André Roy et Ben Clymer. Peu de changements donc, Tampa Bay apparaît bien comme le favori de la division.

Le duo magique Heatley-Kovalchuk a donc vécu. Les deux "franchise players" ne seront restés que trois ans ensemble... Dany Heatley a demandé à partir pour fuir les lieux du drame. Ilya Kovalchuk fait monter les enchères, mettant les Atlanta Thrashers en situation dangereuse : si "Kovy" joue en Russie après la date limite du 5 octobre, il devra passer au ballottage en cas de retour au bercail avant la seconde date butoir du 1er décembre... Les négociations sont au point mort et pourraient coûter cher aux Thrashers, économiquement comme sportivement. Consolation, Kovalchuk est en ce moment à New York auprès de sa compagne et de leur bébé, ce qui éloigne la menace Superliga... Si le co-meilleur buteur de la NHL en 2004 n'est pas là, les chances d'atteindre les playoffs vont sérieusement s'amenuiser. L'arrivée de Marian Hossa offre certes un pur buteur à placer aux côtés de Marc Savard, mais le reste de l'équipe est un désert. L'aboyeur Bobby Holik apporte de l'expérience mais le duo de vieille garde Peter Bondra - Slava Kozlov a-t-il encore le niveau ? Qu'en est-il de Patrik Stefan (blessé en pré-saison), Ronald Petrovicky, Jean-Pierre Vigier ? Le manque de profondeur d'Atlanta est criant, ce qui a poussé l'équipe à recruter le rookie Chris Kunitz (Anaheim) au ballottage. La défense est mieux lotie. Jaroslav Modry, Niclas Havelid et Greg DeVries renforcent bien l'arrière-garde aux côtés d'Andy Sutton, Shane Hnidy et Garnett Exelby, le favori du public. Ajoutez à cela le prodige finlandais Kari Lethonen dans les cages et tout est permis... sauf s'il se blesse, ce qui paraît arriver souvent ! Auquel cas Mike Dunham devra montrer qu'il est plus qu'un remplaçant.

La moyenne d'âge la plus basse de la ligue a finalement explosé cette année. Les observateurs critiquaient le manque d'expérience, la faiblesse aux mises au jeu et la friabilité de la défense des Florida Panthers : le duo Mike Keenan (manager) - Jacques Martin (coach) a immédiatement répondu aux problèmes point par point. Joe Nieuwendyk, Chris Gratton, Jozef Stumpel gagneront les mises au jeu. Ils apporteront leadership et expérience, avec en prime Gary Roberts, ami d'enfance de Nieuwendyk (coupe Stanley 1988 avec les Flames) et Martin Gelinas (monsieur playoffs, vainqueur en 1991 et trois fois finaliste depuis). Le capitaine Olli Jokinen apprendra sans doute beaucoup à leurs côtés. À l'arrière, les arrivées de Sean Hill, Eric Cairns et Joël Kwiatkowski renforcent un secteur qui a perpétuellement subi quarante lancers par match depuis trois ans. Roberto Luongo, vexé par l'arbitrage salarial cet été, reste le dernier rempart indispensable. Fort heureusement et malgré cette dizaine d'arrivées, le groupe des "jeunes" fait plutôt bonne figure dans ce camp d'entraînement. Jay Bouwmeester et Mike Van Ryn espèrent décoller, de même que Lukas Krajicek. En attaque, Juraj Kolnik, Stephen Weiss, Nathan Horton, Anthony Stewart et surtout Rostislav Olesz marquent des points. Kristian Huselius et Niklas Hagman sentent désormais la pression et doivent impérativement produire sous peine de se faire doubler, mais leurs saisons en Europe annoncent de belles choses. Ce savant mélange jeunesse-expérience paraît prometteur, mais sera-t-il suffisant pour retrouver les playoffs ?

Des buts, enfin ! Au pays du NASCAR, le spectacle sera impératif pour les Carolina Hurricanes, qui avaient la pire attaque de la ligue depuis la finale perdue en 2002. La retraite de Ron Francis (brièvement échangé à Toronto) et le transfert de Jeff O'Neill ne vont guère dans ce sens... Pourtant, les motifs d'espérer sont là. Cory Stillman et Ray Whitney retrouvent une division qu'ils ont déjà fréquentée, à Tampa Bay et Florida respectivement. Le jeune Eric Staal et Mike Zigomanis ont dominé le jeu en AHL. Josef Vasicek, Erik Cole, Justin Williams et Radim Vrbata peuvent exploser. Matt Cullen a bien rebondi en Italie avec Cortina et a repris confiance. Kevyn Adams et Rob Brind'Amour restent précieux sur le jeu défensif. Les performances d'Andrew Ladd, Chad LaRose, Niklas Nordgren laissent présager de bonnes choses pour ces trois rookies même si seul le dernier est pour l'heure titulaire. L'attaque pourrait donc bien progresser... La défense de son côté fait bonne figure. Oleg Tverdovsky revient en NHL et rejoint une escouade comptant Bret Hedican, Aaron Ward, Glen Wesley. Au rayon des renforts, Mike Commodore et sa finale perdue en 2004, Andrew Hutchinson, machine à marquer des points en supériorité (cinq assists en un match de pré-saison récemment) et Frantisek Kaberle rendent enfin compétitif le secteur défensif. Dans les cages, Martin Gerber, transfuge d'Anaheim, partagera le temps de jeu avec le très prometteur Cam Ward. Carolina doit retrouver ses vertus collectives pour remonter au niveau de 2002, mais il faut bien constater que, compte tenu de la force des autres divisions, ce sera dur pour les Hurricanes...

Las Vegas a sacré les Washington Capitals gagnants du trophée Kessel. Ils sont annoncés trentièmes et derniers de la ligue par tous les observateurs, ce qui leur donnerait la chance de choisir le prochain numéro 1 de draft, probablement le jeune Américain Phil Kessel. Il est vrai que les Caps font peine à voir. Alors que tous leurs rivaux ont recruté, Washington n'a pu amener que Andrew Cassels et Jeff Friesen... Ajoutons à cela l'inconstant Dainius Zubrus et le local Jeff Halpern, et on peut se dire que le favori du trophée Calder, Alexander Ovechkin, devra faire des prouesses pour se faire remarquer, à l'image de son triplé face aux Penguins en pré-saison ! Il est vrai que les autres lignes sont tristes : Chris Clark, Ben Clymer, Jared Aulin, Brian Sutherby, Stephen Peat, Matt Pettinger... Le jeune Russe Alexander Semin fait lui la pression en commençant la saison en Superliga avec Togliatti ! Il va donc falloir que des jeunes explosent, et vite : Eric Fehr et Chris Bourque (fils du mythique défenseur Ray) auront vite des responsabilités même s'ils débutent en AHL. La défense est encore plus désolante. Brendan Witt, dernier joueur d'expérience présent, a réclamé son transfert. Ivan Majesky n'a pas passé les tests physiques. Steve Eminger et Shaone Morrisonn, anciens premiers choix de draft, deviennent déjà leaders des lignes arrières. Brian Muir et Mathieu Biron n'ont jamais pu s'imposer nulle part alors que Jamie Heward débarque à 32 ans avec surtout un vécu international... Consolation, Mike Green, nouvel espoir défensif, sait ce que perdre veut dire, lui qui n'avait connu que 5 victoires en 70 matchs en juniors avec Saskatoon en 2003-2004 ! Dans les cages, Olaf Kölzig n'a plus grand-chose dans le moteur, reste à voir si le jeune Maxime Ouellet est prêt et battra Brent Johnson, pris au ballottage depuis Vancouver. La saison risque d'être longue, très longue dans la capitale américaine...

 

Conférence ouest

Division nord-ouest

Traditionnellement compétitive, cette division sera l'occasion de farouches batailles en 2005-2006. Vancouver a récemment mis fin à huit saisons de domination de Colorado...

La pré-saison fut mi-figue mi-raisin pour les Vancouver Canucks mais il n'y a pas lieu d'être inquiet. Ils ont en effet bénéficié de la clémence de la ligue et retrouvent ainsi Todd Bertuzzi, suspendu en 2004 pour une agression sur Steve Moore de Colorado. Le grand ailier droit espère reforger sa réputation même si le lockout a rendu la suspension virtuelle. "Big Bert" retrouve ainsi ses coéquipiers de ligne Markus Näslund et Brendan Morrison, reformant le trio le plus efficace de la NHL depuis plusieurs années... Les jumeaux Sedin sont toujours à la recherche d'un troisième larron, la signature d'Anson Carter paraissant aller dans ce sens. Le public attend toujours que les deux Suédois montrent enfin un peu plus. Après de dures négociations, le défensif Matt Cooke revient, accompagné du brillant espoir Ryan Kesler ou encore de Jarko Ruutu et Jason King. Le vétéran Trevor Linden, représentant du syndicat des joueurs et très actif pour la nouvelle convention collective, est rejoint par l'ancien du Wild Richard Park sur la ligne d'échec avec les anciens joueurs de ligue mineure Lee Goren et Tyler Bouck. Le reste du système est plutôt décevant, aussi Vancouver devra-t-il éviter les blessures. En défense, le départ de Sopel était prévisible mais il reste encore les deux piliers Ed Jovanovski et Matthias Öhlund. Sami Salo et Bryan Allen sont promus en deuxième ligne, le reste sera comblé par le transfuge des Hawks Steve McCarthy et le vétéran de l'AHL Nolan Baumgartner. L'invité Jason Doig n'a pas convaincu et les prometteurs rookies Kevin Bieksa (blessé), Tomas Mojzis et Brett Skinner patienteront. Le jeune Luc Bourdon, drafté en août, a surpris tout le monde avant d'être retourné en junior au dernier moment. Dans les cages la concurrence sera féroce : Dan Cloutier, critiqué en playoffs, est menacé par Alex Auld. Vancouver devrait tenir son rang, porté par la "West Coast Express" (Bertuzzi-Näslund-Morrison).

S'il n'en reste qu'un, Joe Sakic sera celui là. Les départs d'Adam Foote (Columbus) et Peter Forsberg (Philadelphie) transforment Sakic en dernier "éléphant" des Nordiques de Québec... Le capitaine des Colorado Avalanche reste malgré tout correctement entouré avec Milan Hejduk (absent les premières semaines suite à une opération au genou) et Alex Tanguay. En revanche la profondeur de l'équipe est assez inquiétante. Si l'acquisition d'Andrew Brunette est plutôt un bon coup, Pierre Turgeon est une inconnue, tant le jeu de l'ancien n1 de draft (1987) est en constante descente de saison en saison. Antti Laaksonen, Dan Hinote ou Cody McCormick fournissent des spécialistes en ligne d'échec, autour de l'excellent Steve Konowalchuk, alors que les dirigeants misent beaucoup sur le fragile Marek Svatos et révélation du camp d'entraînement Wojtek Wolski. Âgé de 19 ans, le Canadien né en Pologne bénéficie des éloges de Sakic lui-même. La défense est elle aussi dans l'inconnue. Rob Blake et John-Michael Liles mèneront le jeu offensif. Karlis Skrastins et Patrice Brisebois peuvent aussi compléter les équipes spéciales et ont beaucoup d'expérience. Bob Boughner apporte son physique, laissant peu de place à Ossi Väänänen et Kurt Sauer. La retraite de Leschyshyn (ancien Senator signé cet été) a au moins eu le mérite de clarifier les choses. Si David Aebischer est confirmé dans les cages, son remplaçant est inconnu. Sauvé transféré à Calgary, l'Avalanche a instauré un duel entre le Slovaque Peter Budaj, titulaire de la réserve, et l'invité Vitaly Kolesnik, gardien national du Kazakhstan. C'est le premier, plus coutumier du jeu nord-américain, qui a gagné.

Les Edmonton Oilers ont fait beaucoup parler d'eux cet été avec deux recrues de renom, Pronger et Peca. Chris Pronger a débarqué de Saint-Louis en échange d'Eric Brewer et des jeunes Jeff Woywitka et Doug Lynch. L'ancien MVP de la ligue reste une valeur sûre en défense, et ce mouvement est surtout la conséquence des nouveaux paramètres salariaux. Pronger complète un bel alignement avec le teigneux Jason Smith, le polyvalent Steve Staios, les vétérans Cory Cross et Igor Ulanov, l'offensif Marc-André Bergeron. Le dernier poste fait l'objet d'une lutte intense entre le géant mais décevant Alexei Semenov et le tranquille Danny Syvret. Ce dernier, oublié deux ans de suite à la draft, vient tout simplement d'être élu défenseur de l'année dans en junior majeur, en tant que capitaine de l'historique - par son record de victoires consécutives - équipe des London Knights. Il semble déjà avoir tapé dans l'il du staff des Oilers mais patientera en AHL. Son coéquipier à London, Robbie Schremp, a rendu de son côté les choix bien difficiles à ses dirigeants. À 19 ans, l'Américain mène le jeu de puissance avec l'aisance d'un vétéran et parait un apport sensible à un powerplay anémique (29e en 2004). Il n'a toutefois pas pu gagner sa place en tant que spécialiste et aidera London à défendre son titre junior majeur, offrant à Jani Rita une chance de briller. L'attaque s'appuiera la plupart du temps sur "Captain Canada" Ryan Smyth, Radek Dvorak, l'explosif Raffi Torrès et le technique Ales Hemsky dont on attend beaucoup. Shawn Horcoff est très attendu après une grosse saison en Europe, alors que l'arrivée de Mike Peca est un apport majeur dans les deux sens du jeu. Ethan Moreau, Marty Reasoner et Fernando Pisani constituent une troisième ligne particulièrement intéressante. Jarret Stoll et Todd Harvey sont aussi de gros travailleurs et d'excellents patineurs, Georges Laraque complétant l'équipe en tant que bagarreur. Dans les cages, le duo Ty Conklin - Jussi Markkanen manque certes d'expérience mais devrait tenir le fort. Le second blessé (clavicule), c'est Mike Morrison qui secondera provisoirement Conklin.

Le finaliste 2004 est pronostiqué vainqueur 2006 par le magazine Sports Illustrated. Une sacrée pression pour les Calgary Flames puisqu'aucune équipe canadienne n'a gagné la coupe depuis Montréal en 1993. Il est vrai que la franchise de l'Alberta possède un bel effectif composé de joueurs travailleurs et polyvalents. Dans les cages, Miika Kiprusoff va devoir confirmer, secondé par Phil Sauvé qui a battu Brent Krahn même s'ils furent auteurs tous deux d'un très bon camp. La défense est impressionnante avec Robyn Regehr, Roman Hamrlik, Jordan Leopold et Rhett Warrener. Andrew Ference et Steve Montador sont également de bons atouts. Ce top-6 a permis ainsi de se séparer de Gauthier (Phoenix) et Lydman (Buffalo), afin de faire de la place pour accueillir la merveille Dion Phaneuf. Le jeune défenseur champion du monde junior est déjà comparé à Scott Stevens, capable de marquer son lot de buts tout en punissant par des mises en échec mémorables ses adversaires. Un candidat au Calder déclaré qui n'a certes pas déçu au camp d'entraînement et a su tenir à distance la concurrence de Mark Giordano et Ritchie Regehr. L'attaque tournera autour de Jarome Iginla, capitaine au leadership reconnu. Il parait mieux entouré que pendant les playoffs 2004 puisqu'il jouera aux côtés de Daymond Langkow (Phoenix) et Tony Amonte (Philadelphie), ce dernier cherchant à relancer sa carrière. Steven Reinprecht est de retour de Mulhouse et jouera en deuxième ligne avec le jeune Chuck Kobasew, auteur d'un camp prometteur, et le teigneux Chris Simon. Le reste de l'équipe est dans le moule réclamé par Brent Sutter : travailleur ! Marcus Nilson, Matthew Lombardi, Shean Donovan, Darren McCarthy, Stéphane Yelle et Jason Wiemer sont parfaitement interchangeables, de même qu'Eric Nystrom, fils d'un ancien joueur NHL, ou encore que Byron Ritchie, Craig MacDonald ou Tomi Mäki. Les Flames sont peu spectaculaires mais brûlent d'impatience en dépit de "l'Iginla-dépendance".

Le Minnesota Wild jouera à guichets fermés pour la sixième année de suite. Dans l'état du hockey, le public est particulièrement remonté pour supporter la jeune franchise (créée en 2000) qui avait réussi l'exploit d'atteindre le carré final en 2003. "Minny", monté sur le modèle de New Jersey (avec l'ancien coach des Devils Jacques Lemaire), adopte les mêmes armes : jeu défensif, joueurs rapides, réussite à la draft. Ce n'est donc pas une surprise que de voir l'équipe peu renforcée cet été. Deux anciens de la maison, Brunette et Park, sont partis. Les rênes sont confiés à Marian Gaborik, avec des responsabilités accrues pour les jeunes comme Pierre-Marc Bouchard et les rookies Kyle Wanvig et Mikko Koivu, frère du capitaine de Montréal. Pascal Dupuis et Stéphane Veilleux poursuivent la tradition francophone. Seule acquisition notable, Brian Rolston apporte de l'efficacité dans les deux sens du jeu. Wes Walz et Todd White (Ottawa) centreront les premières lignes. Alexandre Daigle, dont la carrière est ressuscitée, complète parfaitement le jeu. Traditionnellement le Wild lance souvent ses jeunes premiers choix de draft, et le dernier, Benoît Pouliot, a manqué de peu ses débuts en NHL : il progressera à Sudbury. Avec les blessures de Koivu et Gaborik pour les premières semaines, le Wild a ajouté Randy Robitaille, mis au ballottage par Nashville. La défense se compose là encore de travailleurs peu spectaculaires mais efficaces avec Filip Kuba, Willie Mitchell, Andrei Zyuzin et le teigneux Alex Henry. L'international suédois Daniel Tjärnqvist est la seule arrivée dans le secteur, rejoignant Brent Burns, premier choix 2003 en tant qu'ailier droit mais reconverti défenseur. Dans les cages les troupes de Lemaire miseront à nouveau sur Dwayne Roloson et Manny Fernandez, qui joueront en alternance.

 

Division centrale

Le duel Saint-Louis contre Detroit pourrait prendre du plomb dans l'aile, les deux équipes paraissant affaiblies face à la montée en puissance de leurs trois concurrents...

Avec trois coupes en cinq ans (1997, 1998, 2002), les Detroit Red Wings font parler l'expérience. Mais la nouvelle réalité économique complique le travail. Le duo dans les cages est ainsi équilibré mais inquiétant avec Manny Legace et Chris Osgood, de retour au bercail. L'un des deux peut-il être un vrai numéro 1 ou faudra-t-il attendre l'éclosion du talent de Jimmy Howard, lancé dans le grand bain pendant la blessure d'Osgood ? La défense a peu changé. Nicklas Lidström reste une valeur sûre, tout comme Matthieu Schneider et le quadragénaire Chris Chelios. Niklas Kronwall était prêt à succéder à Lidström comme numéro 1, avec un trophée de meilleur défenseur de ligue américaine l'an dernier, mais sera absent six mois, touché au genou en pré-saison. Jiri Fischer et Andreas Lilja apportent une profondeur intéressante qui devrait permettre à "Hockey Town" de se rassurer. Brett Lebda bénéficie de la blessure de Kronwall pour faire ses débuts NHL. L'attaque possède de réels talents avec en premier lieu les deux jeunes merveilles Pavel Datsyuk - enfin signé après un long bras de fer qui a impliqué le Dynamo Moscou et l'Avangard Omsk - et Henrik Zetterberg. Tomas Holmström et le buteur Brendan Shanahan apportent taille et expérience, entourant l'efficace Robert Lang. Le jeune Jason Williams monte doucement les échelons vers les lignes d'attaque. Le capitaine courage Steve Yzerman a rempilé pour une dernière saison après une grave blessure à l'il, rejoignant sur la ligne défensive l'excellent duo formé par Kirk Maltby et Kris Draper, dernier vainqueur du trophée Selke. Des joueurs rapides complètent l'effectif avec Dan Cleary, Mark Mowers et Mikael Samuelsson. Deux rookies ont impressionné le staff : Johan Franzen et Valtteri Filppula, mais seul le premier débutera la saison en NHL.

C'est la saison des changements chez les Blues de Saint-Louis. Présent sans interruption en playoffs depuis 1979, cette équipe franchit pourtant rarement le premier tour. Cette saison, la série semble menacée tant l'effectif inquiète. Al MacInnis a pris sa retraite et son compère Chris Pronger a été envoyé à Edmonton. La défense est ainsi entre les mains d'Eric Brewer, du fragile Barret Jackman, de Christian Bäckman et Bryce Salvador. L'arrivée d'un rookie inhabituel, Andy Roach (32 ans, six saisons en Europe) pourrait rapporter gros tant ce joueur a brillé sous le maillot des États-Unis. Les deux espoirs arrivés dans les bagages de Brewer, Jeff Woywitka et Doug Lynch, paraissent eux aussi destinés à de belles carrières mais sont encore tendres. Le premier fera ses débuts cette saison. Malgré tout, l'escouade défensive paraît un peu juste. L'attaque n'est guère mieux lotie. Jusque là, les Blues dépensaient les deux tiers de leur budget sur six joueurs : Pronger, MacInnis, le gardien Chris Osgood et les attaquants Pavol Demitra, Keith Tkachuk et Doug Weight. Ce déséquilibre des finances a eu une conséquence radicale puisque seuls les deux derniers sont encore là. Et encore, Tkachuk est arrivé au camp d'entraînement avec un surpoids record, nécessitant une mise à pied et un régime draconien ! Autour de Weight, blessé pour le début de saison, c'est donc le désert. L'ancien buteur Steve Young est de retour mais sa carrière bat de l'aile avec un passage raté à Dallas. Le nouveau capitaine Dallas Drake sera accompagné de vétérans, Mike Sillinger et Petr Cajanek. Les joueurs de complément sont en fait nombreux, à l'image de Dean McAmmond et Eric Boguniecki, de Jamal Mayers, Ryan Johnson ou Mark Rycroft, Briançonnais de l'an passé. Cela ne fait guère rêver... Pire, le système n'est pas fourni en relève à court terme à l'exception de Jay McClement et de l'ancien buteur de Dartmouth Lee Stempniak, propulsé directement de l'université à la NHL. L'équipe fait peine à voir, et le golf risque de commencer plus tôt que d'habitude dans le Missouri...

Franchise critiquée pour cause de public peu nombreux, les Nashville Predators construisent patiemment une équipe dangereuse. Le coach des origines (1999) Barry Trotz est toujours là et a réussi à qualifier son équipe pour les playoffs en 2004. Forte de son expérience, l'équipe fait partie des sérieux outsiders en 2005-2006. Dans les cages, Tomas Vokoun est devenu all-star et champion du monde. Son remplaçant Chris Mason est lui plus modestement champion de Norvège... La défense est jeune, mobile et solide. Le duo Kimmo Timonen - Marek Zidlicky domine les jeux de puissance, secondé par Dan Hamhuis et Mark Eaton. L'arrivée de Daniil Markov (Philadelphie) accroît le talent des lignes arrières, d'autant que les meilleurs espoirs défensifs de la NHL sont tous chez les Predators : Shea Weber, Ryan Suter, Kevin Klein et Greg Zanon postulent tous à une place en NHL et ont clairement le niveau... Il n'y a que l'embarras du choix et c'est Suter, neveu du mythique Gary, qui a gagné. L'attaque est là encore jeune, rapide et particulièrement physique. Paul Kariya, ancienne star d'Anaheim, est le premier joueur reconnu signant dans le Tennessee. Il correspond parfaitement à la mentalité et aux caractéristiques techniques de l'équipe et complètera très bien l'efficace Steve Sullivan, le capitaine Greg Johnson, le buteur Steve Walker et les stars montantes David Legwand, Scott Hartnell et Adam Hall. Martin Erat progresse également, alors que Yanic Perreault a décroché un contrat après un bon camp. Scotty Upshall, Jordin Tootoo - premier Inuit de la NHL - et le buteur de ligue mineure Simon Gamache sont aussi des valeurs montantes. Les Predators cherchent à surprendre cette saison et la jeunesse de l'effectif pourrait bien poser des soucis aux adversaires pendant fort longtemps...

Abonnés aux dernières places, les Columbus Blue Jackets font pourtant salle comble depuis la création de la franchise (2000). Ambitieux, Columbus a suivi un chemin radicalement opposé de Minnesota, alors que les deux équipes apparaissaient en même temps en NHL. Aucune apparition en playoffs : le bilan est forcément négatif pour cette équipe qui a multiplié les signatures peu concluantes d'agents libres et les choix de draft moyens. Dans les cages, Marc Denis pourra souffler un peu avec l'arrivée de Martin Prusek. Les progrès de Pascal Leclaire, grand espoir du club, ont pourtant bousculé les choses puisqu'il a poussé le nouvel arrivant en AHL ! En défense, l'arrivée d'Adam Foote est un gros coup, il sera le mentor idéal de Rostislav Klesla... lorsque celui-ci sera rétabli de blessure. Luke Richardson et Radoslav Suchy forment un deuxième duo, et l'arrivée de Bryan Berard est un plus certain en avantage numérique. Duvie Wescott, François Beauchemin, Aaron Johnson et le Norvégien Ole-Kristian Tollefsen se partageront les miettes. La profondeur inquiétant, Columbus a ajouté Andy Delmore (Mannheim), mis au ballottage par Detroit. Si la défense est expérimentée, ce n'est pas le cas de l'attaque. Tout tournera autour de Rick Nash, meilleur buteur de la NHL à 19 ans, impressionnant avec Davos comme avec le Canada aux Mondiaux. À ses côtés, Nikolai Zherdev est un diamant brut. Les vétérans Geoff Sanderson, Jan Hrdina et David Vyborny encadreront les jeunes pousses, avec les grands débuts de Gilbert Brulé, seul joueur drafté au premier tour en 2005 à débuter en NHL cette saison (hormis Crosby). Todd Marchant, Trevor Letowski et Manny Malhotra sont solides sur les équipes spéciales, et Danny Fritsche revient après de brefs débuts d'une vingtaine de matches en NHL, fort d'un titre junior avec les London Knights. Jaroslav Balastik, deux fois meilleur buteur de l'Extraliga tchèque, s'est déjà illustré sur les tirs au but, et le buteur Alexandre Picard pourrait débuter au cours de la saison. Au final, un savant mélange jeunesse-expérience qui pourrait bien faire décoller les Blue Jackets, mais sera probablement trop juste. Avant-dernière attaque de la NHL en 2004, Columbus a-t-il trop de chemin à remonter ?

Absents des playoffs depuis trois ans, les Chicago Blackhawks ont purgé leur effectif avant le lockout pour se montrer très actif depuis la reprise. La situation au poste de gardien s'est stabilisée avec Nikolai Khabibulin, tenant de la coupe Stanley avec Tampa Bay. Michael Leighton et Craig Anderson ont lutté pour le poste de n2, le perdant, Leighton, quittant l'Illinois pour Buffalo. La défense était jeune et inexpérimentée, mais seul Jim Vandermeer reste. Jaroslav Spacek, "l'ironman" Adrian Aucoin et le vétéran Jassen Cullimore sont arrivés et encadreront les talentueux Cam Barker et Brent Seabrook, champions du monde junior, ainsi que Duncan Keith. En attaque, Kyle Calder et Eric Daze espèrent avoir mis leurs pépins physiques derrière eux. Tyler Arnason a fait la paix avec les dirigeants, Tuomo Ruutu devient un leader et Mark Bell un joueur complet. Pour aider les jeunes, Curtis Brown, Jim Dowd, Matthew Barnaby et Martin Lapointe font leurs débuts sous l'uniforme des Hawks. L'attraction sera René Bourque, rookie de l'année en ligue américaine. Ce chambardement d'effectif sera-t-il suffisant pour retrouver les phases finales ?

 

Division Pacifique

Cette division s'annonce de plus en plus serrée au fil des saisons...

Finalistes de conférence en 2004, les San José Sharks espèrent confirmer. En progression constante depuis sept ans (à l'exception d'une saison ratée en 2003), ils doivent gérer les départs de leurs joueurs les plus expérimentés : Vincent Damphousse (retraite), Mike Rathje (Philadelphie) et Mike Ricci (Phoenix). Pourtant, la richesse de l'effectif laisse présager une grande saison pour les Californiens. Dans les cages, Evgeny Nabokov et Vesa Toskala forment un duo équilibré. La défense est de plus en plus jeune mais n'a pas pu se renforcer avec Scott Niedermayer, un temps espéré. Brad Stuart et Scott Hannan en sont les piliers, secondés par Kyle McLaren et la trouvaille Tom Preissing. Les jeunes, comme Rob Davison, Jim Fahey et Christian Ehrhoff, ne sont plus des débutants. En attaque, plusieurs éléments arrivent à maturité. Patrick Marleau, promu capitaine, semble prêt à devenir le leader de l'équipe. L'appui de Marco Sturm est intéressant, et la révélation Jonathan Cheechoo devra confirmer. Alexander Korolyuk ayant choisi de rester en Russie, l'aile droite est affaiblie. Niko Dimitrakos et les rookies Milan Michalek et Ryan Clowe auront un grand rôle à jouer, avec en complément Steve Bernier, 20 ans. Dans l'axe, Alyn McCauley reste sur une nomination au trophée Selke, le jeu défensif étant bien complété par le grand Scott Thornton et le teigneux Wayne Primeau. Enfin, le centre allemand Marcel Goc devrait faire ses débuts en saison régulière, conséquence de sa performance convaincante lors des playoffs 2004. Les Sharks apparaissent comme l'équipe à battre à l'ouest avec sept victoires en sept matchs de pré-saison.

Champions en 1999 et finalistes en 2000, les Dallas Stars espèrent rebondir après une saison en demi-teinte. Les cadres avaient alors déçu pour une élimination sans gloire dès le premier tour. Marty Turco reste le titulaire indiscutable et, s'il a brillé en saison régulière avec des statistiques record, son efficacité en playoffs est plus contestée. Son back-up sera Johan Hedberg, qui fit les beaux jours des Penguins il y a quelques années. La défense a subi quelques changements majeurs. Sergei Zubov a rempilé pour cinq ans, mais paraît bien seul. Martin Skoula arrive d'Anaheim pour relancer sa carrière, Philippe Boucher est un élément solide et Stéphane Robidas a bien réussi son adaptation. Les jeunes John Erskine et Trevor Daley complètent un alignement qui paraît pourtant un peu juste. L'attaque pose aussi question. Mike Modano restait sur la pire saison de sa carrière avant le lock-out, mais le capitaine a re-signé pour un contrat long terme, écartant finalement une offre des Bruins. Il aura pour rôle d'alimenter en caviars le buteur Bill Guerin, toujours efficace, et la valeur montante Brenden Morrow. Jere Lehtinen demeure un brillant avant défensif et le jeune Steve Ott pourrait franchir un palier. La filière nordique de Dallas a parfaitement bien fonctionné cet été pour compléter le banc avec plusieurs jeunes talents finlandais (Jussi Jokinen, Antti Miettinen) ou suédois (Yared Hagos). Vojtek Polak et le Hongrois Janos Vas ont aussi brillé au camp d'entraînement, de même que l'ancienne star universitaire Junior Lessard, mais ils attendront en AHL.

Les Mighty Ducks d'Anaheim ont fait l'actualité du marché des transferts en attirant dans leurs filets Scott Niedermayer, dernier vainqueur du trophée Norris de meilleur défenseur de la NHL. L'ancien des Devils a tout gagné dans sa carrière (Coupe Mémorial, Mondial junior et senior, Jeux Olympiques, trois coupes Stanley) et l'expérience avec son frère Rob aux championnats du monde 2004 l'a particulièrement motivé. Scott a donc rejoint son frère, afin d'éviter le "drame familial" de 2003 quand l'aîné avait battu le cadet en finale. Il est même d'entrée nommé capitaine ! Ce renfort défensif de poids transforme radicalement l'apparence des lignes arrières. Sandis Ozolinsh et Keith Carney sont les autres points forts, avec Vitaly Vishnevsky, en progrès constant, et Ruslan Salei. L'une des valeurs montantes du système, Aaron Rome, pourrait lui aussi faire ses débuts aux côtés du vétéran Jason Marshall et de l'ancien Hurricane Bruno Saint-Jacques. Le départ de Niclas Havelid vers Atlanta n'a donc pas vraiment pesé sur l'effectif. Autant dire que le gardien Jean-Sébastien Giguère sera bien protégé, ainsi que son nouveau remplaçant, le jeune Russe Ilya Bryzgalov. L'apport de Scott Niedermayer devrait aussi jouer sur les équipes spéciales. Sergei Fedorov et Petr Sykora prendront les rênes du jeu de puissance pour alimenter le revenant Teemu Selänne, de retour au bercail après des intermèdes décevants à San José et Colorado. Le jeu offensif sera aussi entre les mains des jeunes stars Joffrey Lupul, Ryan Getzlaf et Corey Perry, les deux derniers débutant en NHL après un titre mondial en junior. Perry, deux fois meilleur marqueur de la ligue de l'Ontario, a déjà régalé le public de buts spectaculaires en pré-saison. Le travail défensif sera assuré par Rob Niedermayer, Todd Fedoruk, Samuel Påhlsson et Andy McDonald. Travis Moen et Jonathan Hedström devraient compléter l'alignement. Au final, une équipe assez jeune, qui devra malgré tout assumer le départ de Mike Leclerc (Phoenix) et de Steve Rucchin, capitaine de toujours (NY Rangers), deux joueurs échangés dans le but clair de donner la main au duo Getzlaf-Perry.

Les Los Angeles Kings seront-ils en bonne santé ? Une question qui pourrait s'appliquer à toutes les franchises mais qui devient critique pour les Californiens. Avec près de 600 matchs manqués sur blessure en cumulé lors de la saison 2003-2004, les Kings ont fait plus travailler l'infirmerie qu'autre chose... Pour améliorer cela, Los Angeles a dit au revoir à Jason Allison (Toronto), Adam Deadmarsh (retraite), Zigmund Palffy (Pittsburgh). Le trio magique si efficace a finalement peu joué ensemble, chacun se blessant à tour de rôle. L'attaque repose donc sur "Lucky Luc" Robitaille, Alexander Frolov et deux nouveaux venus : Pavol Demitra, ancienne gâchette des Blues, et Jeremy Roenick, dont le bagout plaira sans doute beaucoup au public d'Hollywood... sauf si les commotions (sa onzième a été recensée en pré-saison face à Phoenix) viennent mettre un terme prématuré à l'aventure. Les apports en deuxième ligne sont aussi prometteurs avec Valeri Bure, qui rejoint un environnement favorable à son épouse actrice, ou encore Craig Conroy, récent finaliste de la coupe avec les Flames. Le reste de l'effectif sera composé de jeunes joueurs, avec Mike Cammalleri, deuxième marqueur et meilleur buteur de l'AHL l'an passé, le teigneux Sean Avery (qui s'est attiré les foudres des francophones qu'il a qualifiés de "porteurs de visière qui n'assument pas leur jeu rude" à la suite de la commotion de Roenick sur une charge de Denis Gauthier) ou le jeune Dustin Brown. Les expérimentés Jeff Cowan et Derek Armstrong auront aussi un rôle important. La défense devra éviter les blessures avec les fragiles Matthias Norström et Aaron Miller. Lubomir Visnovsky mènera le jeu de puissance en compagnie de Nathan Dempsey et Tim Gleason. Joe Corvo, Denis Grebeshkov et Mike Weaver se relaieront en complément. Dans tous les cas, la liste des blessés devra rester modeste pour espérer les playoffs, mais la pré-saison est sur ce point inquiétante : Roenick, Armstrong, Gleason, Miller, Bure sont déjà sur la touche...

La principale actualité des Phoenix Coyotes est bien évidemment l'arrivée du "Great One" Wayne Gretzky en personne en tant que coach. Déjà dirigeant, le célèbre numéro 99 prend le risque de descendre dans l'arène, au risque d'écorner sa légende. Sera-t-il aussi bon coach que joueur ? Le challenge s'annonce coriace avec une franchise de l'Arizona faite de bric et de broc. La plupart de l'effectif regroupe des joueurs dont personne ne voulait plus, Gretzky étant chargé de remotiver les troupes et de faire décoller la carrière d'anciens espoirs déçus... Dans les cages, Curtis Joseph a ses meilleures années derrière lui et sa doublure Brian Boucher s'est blessé en pré-saison lors d'une séance de tirs aux buts. Arrivée dans le grand bain de l'ancienne star universitaire David Leneveu, qui avait égalé le record du mythique Ken Dryden à Cornell il y a deux ans. La défense possède quelques atouts. Paul Mara est une valeur montante de la ligue et sera secondé par Derek Morris, viré de Colorado, David Tanabe, rejeté de Carolina, et Denis Gauthier, coupé de Calgary... Cale Hulse et Brad Ference ont eux aussi beaucoup voyagé, alors que l'espoir Keith Ballard percera en NHL après être passé dans trois équipes. Zbynek Michalek est aussi arrivé récemment, faute de s'être imposé à Minnesota. L'attaque n'est pas plus convaincante avec à nouveau des joueurs décevants ailleurs. À l'exception du capitaine courage Shane Doan, du buteur Mike Johnson et de l'efficace Ladislav Nagy, on ne peut pas dire que les autres joueurs, Petr Nedved et Brett Hull en tête, arrivent sans question. Mike Comrie, Mike Leclerc, Mike Ricci, Oleg Saprykin, Jason Chimera, Boyd Devereaux ou Mike Rupp ont tous été éliminés de leurs anciennes équipes faute de résultats convaincants et constants. Pour couronner le tout, Phoenix a multiplié les fiascos à la draft, se privant de toute relève sauf Kris Kolanos, qui a subi de sérieuses blessures et serait transférable, et Fredrik Sjöström. L'incroyable défi de Wayne Gretzky sera donc de faire en sorte que la mayonnaise prenne pour cet assemblage hétéroclite : une mission qui s'annonce très délicate...

 

Pour ces trente équipes, c'est donc l'inconnu. Sans saison de référence l'an passé et avec de nouveaux règlements, impossible de définir un favori. Quel sera l'impact de la lutte contre l'obstruction ? Un an sans jouer accéléra-t-il les blessures ? Quel impact pour les rookies, notamment pour l'incroyable génération 1985 (29 des 30 joueurs draftés au premier tour en 2003 sont déjà sous contrat) ? Réponse après 82 matchs afin de dégager un top-16 pour des playoffs très serrés...

Nicolas Leborgne

 

 

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