Bilan de l'Élite 2001-02

 

Sept équipes. Il fallait remonter à la saison 1991-92 pour voir une Élite avec aussi peu de participants (il y en avait six cette année-là, 1992-93 avait fini à quatre mais avec plusieurs phases préliminaires). Sept équipes, cela signifiait aussi qu'il était impossible d'organiser des quarts de finale à la fin de la saison régulière. Et donc comme lors de cette fameuse saison 1991-92, la fédération et les clubs décidèrent de sacrer le champion de France à l'issue de la saison régulière et de supprimer les play-offs. Une révolution dans le monde du hockey national et pas forcément une bonne nouvelle pour l'intérêt de la compétition. Mais le calendrier de l'équipe nationale passablement chargé (Jeux Olympiques en février, Championnats du monde de Division 1 en avril) ne donnait pas beaucoup de marge de manuvre pour le calendrier de l'Élite et donc il n'y avait guère d'autres possibilités. Afin de pimenter malgré tout la fin de saison, il fut décidé de partager les points à l'issue de la deuxième phase. Une décision bien controversée pour un championnat qui de toue façon l'était encore plus. Car lorsque Viry et Caen durent jeter l'éponge à la fin de la saison régulière, on se demanda bien quel avenir avait l'Élite. La montée de Mulhouse n'y changea pas grand chose car avec sept clubs l'Élite faisait peau de chagrin. Certains évoquèrent (déjà !) la possibilité de fusionner Élite et D1 mais il était sans doute trop tard d'autant plus que les Etats Généraux avaient permis de mettre en place une nouvelle formule en D1 et en D2.

C'est donc dans ce contexte passablement incertain que ce championnat Élite 2001-02 débuta. Pourtant le championnat fut passionnant quasiment de bout en bout : on se rendit compte que les équipes étaient très proches les unes des autres (rencontres équilibrées et pas de scores "fleuves"), haut et bas du classement serrés jusqu'au bout. Quatre équipes (Rouen, Reims, Amiens et Grenoble) luttèrent pour le titre jusque dans la dernière ligne droite, la division des points à l'issue de la deuxième phase ayant eu l'effet escompté de relancer complètement le championnat (au détriment de Reims qui avait fait le trou il est vrai...). Comme il fallait une morale, ce furent tout de même les Flammes Bleues qui furent récompensés par la Coupe Magnus à la fin de la saison. Pourtant, on ne put s'empêcher de ressentir un gros vide à la fin de la saison : les play-offs, ce traditionnel sommet final de la saison, ont quand même terriblement manqué.

Petit retour sur les parcours des uns et des autres lors de cette saison 2001-02 (dans l'ordre d'arrivée) :

1) Les Flammes Bleues de Reims

Nicolas Pousset

À tout seigneur tout honneur, commençons par le champion sortant. Les Flammes Bleues avaient connu une fin de saison 2000-01 difficile. Alors qu'ils défendaient leur titre, ils avaient été éliminés à la surprise générale par Anglet en demi-finale (dans un contexte très spécial) avant de perdre la troisième place aux mains des Brûleurs de Loups. Reims se présentait donc cette saison avec une grosse envie de reconquête mais aussi l'effectif le plus stable du championnat (le seul nouveau venu étant Miikka Rousu). Le début de saison, plutôt laborieux, avec notamment un gros passage à vide entre la quatrième et la neuvième journée (quatre défaites en six matches) allait même remettre en cause le statut de favori des rémois : à une période où la stabilité de l'effectif aurait dû être un atout, Reims accumulait les contre-performances. Beaucoup de questions qui trouvèrent leurs réponses avec le retour de quelques blessés (Aimonetto, Hätinen notamment). Une belle revanche à Rouen (4-1) allait relancer la machine rémoise. Et quelle relance ! À partir de ce match les Flammes Bleues allaient aligner une série impressionnante de onze victoires et un match nul en douze matches ! 23 points pris sur 24 possibles. Une telle cadence eut bien sûr pour effet de les propulser largement en tête du championnat à Noël. Mais un relâchement coupable et une division des points plus tard, ils avaient vu fondre sur eux leurs principaux rivaux (Grenoble, Rouen et Amiens) qui se remirent à croire au titre. Ce fut la trêve des J.O. qui les sauva. Malgré un retour raté à Rouen (défaite 3-4), les Flammes Bleues étaient repartis dans la sens de la marche et gagnèrent ensuite tous leurs matches à l'exception du dernier à Amiens alors que le titre était déjà joué.

Pour leur parcours exemplaire, les Flammes Bleues ont mérité leur titre : avec vingt-quatre victoires en trente-six matches, Reims a été l'équipe la plus performante et la plus régulière cette saison. Outre la stabilité de l'effectif, les raisons de ce succès viennent très certainement du fait que Reims a été la seule équipe de l'Élite capable d'aligner trois lignes parfaitement homogènes. Le succès de Reims est aussi celui de la formation avec l'intégration réussie de Nicolas Pousset (photo, déjà présent l'an dernier), Bouché et Carrara pour ne citer qu'eux. Succès enfin d'une équipe très française (trois étrangers seulement), ce qui montre qu'on n'a pas besoin de monter une armada d'étrangers pour conquérir le titre de champion de France. Reims est d'ailleurs le principal pourvoyeur de l'équipe de France avec six internationaux présents aux Pays-Bas (Aimonetto, Zwikel, Pousset, Bachet, Y. Sadoun et Mortas). Anthony Mortas, meilleur compteur du club (5e du championnat), symbolise à lui seul la réussite rémoise cette saison. La reconquête du titre effectuée, un page se tourne peut-être en Champagne avec les départs en retraite annoncés de deux piliers de la défense : Christophe Marcelle et Gérald Guennelon...

2) Les Dragons de Rouen

Champions sortants, les Dragons ne pouvaient avoir d'autre ambition que de conserver leur titre. Pourtant un effectif un peu moins complet que la saison précédente (départs de Jokiharju et Amar notamment) laissait entrevoir une saison plus difficile. Rouen ne devait pas tout écraser cette saison. Le départ tardif de Genest et la vraie-fausse arrivée de Roger n'était pas de matière à donner de la sérénité au collectif rouennais en début de saison. Et si l'entame allait être satisfaisante (avec notamment de convaincantes victoires à Grenoble 4-1 et à Reims 5-0), la première phase devait être particulièrement laborieuse pour des Dragons qui finirent à la cinquième place derrière Angers avec un bilan très mitigé de cinq victoires pour cinq défaites. Ce n'était certainement pas le parcours d'un champion et les Rouennais semblaient déjà voir la Coupe Magnus s'envoler. Le retour des blessés ramena une dynamique sur les bords de Seine lors de la deuxième phase et Rouen put recoller au peloton de tête in extremis au moment d'aborder la troisième phase décisive. Une troisième phase menée tambour battant par les Rouennais ponctuée par huit victoires en douze matches. Malgré un match perdu sur le fil à Grenoble dans des conditions "particulières", les Dragons se payèrent luxe de disputer une "finale" à Reims lors de la 38ème journée. Une défaite 3-6 qui signifiait pour eux la perte de la Coupe Magnus mais il ne s'en était fallu que d'un cheveu.

Les Dragons auraient pu conserver leur trophée mais ils se sont inclinés face à des Rémois à l'effectif plus fourni et donc plus réguliers. Pourtant Rouen n'a cessé de monter en puissance (5e à l'issue de la première phase, 4e après la deuxième pour finir 2e après la troisième) et le résultat final devait sans doute être inespéré certains soirs d'octobre. À noter que Rouen termine avec la meilleure attaque (145 buts), une réussite offensive principalement due à deux joueurs qui ont connu une saison exceptionnelle : Guillaume Besse et Eric Doucet respectivement premier et deuxième buteurs du championnat avec 33 et 28 buts. Rouen pourra tout de même se consoler avec la Coupe de France acquise de belle manière face à Besançon (8-1). À Rouen aussi une page sera tournée la saison prochaine puisque Guy Fournier devient manager général pour laisser la place à... Franck Pajonkowski, qui met ainsi un terme à une brillante carrière française.

3) Les Brûleurs de Loups de Grenoble

Miraculeusement troisièmes la saison précédente (ils avaient fini la saison régulière à la sixième place pour leur retour en Élite), les Brûleurs de Loups avaient à cur de confirmer le résultat pour cette première saison dans leur toute nouvelle patinoire. Et les résultats ne tardèrent pas à venir puisque Grenoble pointait tout simplement en tête du championnat au terme de la première phase (sept victoires en douze matches). Un bon bilan principalement dû à un sans faute à... l'extérieur ! Car sur leur glace les Brûleurs de Loups étaient bousculés : trois défaites et une victoire in extremis face à Amiens en prolongation après avoir été menés 0-3. Le début de deuxième phase fut plus délicat. Deux contre-performances consécutives à domicile contre Amiens puis Mulhouse firent naître un début de crise vite interrompue par un succès convaincant face à Rouen. Sans vraiment baisser de rythme, les Brûleurs durent se contenter de la deuxième place à la fin de la deuxième phase, victimes comme les autres prétendants de la grande forme rémoise. Un succès face à Reims en début de troisième phase leur permit même de remonter au niveau des leaders et donc d'entrevoir le titre. Mais le retour de la pause olympique fut rude (après un programme chargé) : une cinglante défaite face à Amiens (2-7) fit rentrer les Grenoblois dans le rang. Le tournant de la saison se situa très certainement lors de la trente-sixième journée à Reims, où les Brûleurs de Loups laissèrent échapper une avance au score de 3-0 pour s'incliner 3-5, abandonnant ainsi toute idée de titre.

Finalement les Brûleurs de Loups terminent à la troisième place en ayant reculé d'un rang après chaque phase. Les pessimistes diront que Grenoble n'a pas fait mieux que l'an dernier, les optimistes que Grenoble a gagné trois places en saison régulière car ils n'avaient dû leur troisième place l'an dernier qu'aux play-offs... qui n'existent pas cette année ! L'objectif était une place dans les trois premiers, le contrat est donc rempli mais de justesse. Pourtant les Brûleurs de Loups avaient les moyens de mieux faire et d'aller chercher le titre. La faute à une certaine irrégularité dans les résultats, Grenoble ayant toute la saison alterné les bonnes et les mauvaises périodes. De plus avec sept défaites et un nul concédés à domicile, Grenoble est l'équipe parmi les quatre prétendants à avoir laissé le plus de points sur sa glace. La nouvelle patinoire d'agglomération était loin d'être une citadelle imprenable et les Grenoblois devront sans doute se faire respecter un peu plus chez eux s'ils veulent (cette fois) conquérir le titre de champion de France l'an prochain. Sur le plan individuel on ne peut que saluer l'excellente saison du toujours jeune Christian Pouget, élu meilleur joueur de l'Élite et qui termine troisième compteur en ayant pourtant joué... en défense !

4) Les Gothiques d'Amiens

Éliminés rapidement en quart de finale après pourtant une bonne saison régulière (3èmes), les Gothiques avaient, à l'instar de Reims, raté leur fin de saison dernière. Un bon recrutement d'étrangers (Bergqvist, Kulmala et Lechtaler) faisait renaître Amiens à l'ambition et les Gothiques se positionnaient en candidats potentiels à l'obtention de la Coupe Magnus. Après une entrée manquée à Angers, les Gothiques signaient d'ailleurs quelques performances retentissantes comme un succès 4-2 à Rouen et un "carton" à domicile contre Reims (6-1). Les Amiénois avaient donc tout lieu d'être satisfaits de leur première phase qu'ils terminaient en deuxième position à une longueur de Grenoble. La deuxième phase des Amiénois fut dans la même veine (en particulier grâce au duo Lechtaler-Kulmala qui marquait but sur but) et des victoires sur Rouen (3-2) puis Reims (4-3) leur permirent de démarrer la troisième phase sur la même ligne que Grenoble et Rouen et à deux points seulement de Reims. L'écrasante victoire à Grenoble (7-2) juste après la pause olympique fut pourtant un trompe-l'il car les Gothiques allaient complètement s'écrouler par la suite, réalisant une troisième phase catastrophique : quatre victoires en douze matches dont la dernière dans un match sans enjeu face à Reims.

Les Gothiques ont donc terminé cette saison 2001-2002 au pied du podium, bien en deçà des espoirs que le début de saison avait fait naître. Pourtant la défense a tenu bon : Mindjimba, Bergqvist (sans doute le meilleur défenseur du championnat), Perez et consorts ont permis à Amiens d'avoir la meilleure défense du championnat (96 buts, seule équipe à moins de 100). Autre indice significatif, les résultats enregistrés face à Reims : avec trois victoires (dont un 6-1 et un 7-2) et un match nul, Amiens est la seule équipe à présenter un bilan positif face aux nouveaux champions de France. Alors que s'est-il passé en troisième phase ? Difficile de trouver des explications à une telle baisse de régime. Toujours est-il qu'Amiens, comme l'année dernière, a raté sa fin de saison laissant ses supporters sur leur faim. Amiens exclu du podium deux années de suite : voilà des résultats bien indignes du club picard et qui préfigurent peut-être de changements plus importants pour la prochaine saison.

5) L'Hormadi d'Anglet

Anglet, l'invité surprise de la saison dernière. Avec un titre de vice-champion acquis l'an dernier, l'Hormadi avait réalisé le meilleur résultat de son histoire. Faire mieux cette année signifiait tout simplement ramener le titre de champion de France. Mais les Angloys étaient bien loin d'afficher une telle ambition en début de saison. La faute à une intersaison particulièrement agitée avec un vent de révolte qui souffla contre l'entraîneur Karlos Gordovil et qui conduisit les cardes de l'équipe (Perez, Bilbao, Carry, Baldris, Larroque...) à aller voir ailleurs. Comme Vorobel, suspendu, ne pouvait être conservé, c'est quasiment toute l'équipe qu'il fallut reconstruire. Bien que certains jeunes de talent (Daramy, Maréchal) ou des grands noms (Ouellet, Filippin, Dubois...) soient arrivés, on comprend que l'homogénéité de l'équipe était loin d'être effective en début de saison. C'est donc par cinq défaites en six matches que l'Hormadi débuta le championnat. Les Angloys se retrouvèrent ainsi scotchés à une dernière place avec laquelle ils allaient se familiariser pendant les deux tiers du championnat : trois victoires en première phase, quatre en deuxième phase, rien de quoi s'enflammer. Il fallait se rendre à l'évidence, Anglet vivait une saison difficile. Heureusement la division des points permit à l'Hormadi de se relancer pour la troisième phase et trois succès dans les quatre derniers matches de la saison (dont un très important à Mulhouse) leur permettait d'obtenir une inespérée cinquième place.

Sur le plan purement comptable, le bilan d'Anglet n'est pas catastrophique. Une cinquième place, c'est le même résultat que l'an dernier en saison régulière. Toutefois cette saison qui devait être celle de la confirmation vit au contraire Anglet retrouver les profondeurs du classement. La défense fut le gros point noir de la saison : avec 151 buts encaissés Anglet évite de justesse la place de plus mauvaise défense du championnat (grâce au 8-0 encaissé par Angers lors de la dernière journée). Mais cela ne masque pas les problèmes rencontrés toute la saison : Smidriak était très loin de remplacer Vorobel, Filippin et Dubois ont connu une saison décevante et ont tous deux été écartés de l'équipe de France. L'absence de Perez se fit grandement sentir. Côté effectif la bonne surprise fut l'émergence d'espoirs du hockey tricolore : Gillet en défense, Maréchal et Daramy en attaque, ce dernier obtenant la récompense de meilleur espoir. Enfin gageons que les Angloys préféreront garder comme souvenir de cette saison 2001-02 l'excellent résultat obtenu en Coupe Continentale : l'Hormadi remporta en effet avec brio ses trois rencontres dans le deuxième tour qu'il organisait face à Grenoble, Herning et Sheffield pour ensuite tenir son rang à Oslo au troisième tour. Une expérience européenne réussie que les Angloys voudront certainement renouveler le plus tôt possible...

6) Les Ducs d'Angers

Drôle de saison que celle des Ducs d'Angers. Après avoir une nouvelle fois raté le rendez-vous des quarts de finale la saison précédente, les Ducs attaquaient cette saison en position d'outsider. De très grosses pointures étaient parties (Rodrigue, Dubé, Kaukiainen, Vogin, Martineau entre autres) et pour les remplacer, des inconnus (Bordeleau, Peter) et des espoirs (Burnet, Leroy, Rousselin) avaient tout à prouver. Pourtant les Ducs sans complexes ont déjoué tous les pronostics en début de saison : une première phase explosive avec des succès à Rouen (4-3) et Grenoble (2-1) ainsi que face à Reims (3-2) et Amiens lors de la journée inaugurale (3-2 également). Tous les ténors du championnat avaient plié face aux Ducs qui se mêlaient tout simplement à la course pour le titre (quatrièmes à l'issue de la première phase). Pourtant la suite fut nettement moins rose : les Angevins allaient connaître un gros passage à vide en deuxième phase avec une série de huit défaites consécutives et seulement trois victoires ajoutées au compteur. Dès lors la lutte pour le titre n'était plus qu'un souvenir et les Ducs en étaient réduits à batailler avec Anglet et Mulhouse pour éviter la dernière place. De bons matches nuls décrochés à Grenoble et Rouen firent naître l'espoir d'une cinquième place mais les Ducs finiront sixièmes après une déroute lors de la dernière journée face à Mulhouse (0-8).

Les Ducs terminent finalement à une place conforme aux prévisions après avoir caressé l'espoir d'un meilleur résultat. La fin de saison fut difficile mais objectivement les Ducs n'avaient pas les moyens de lutter avec les ténors sur l'ensemble de la saison. L'une des satisfactions de la saison fut l'éclosion de Burnet qui se vit confier pour la première fois un poste de titulaire. Un jeune gardien français dans les cages d'un club d'Élite, voilà un bel exemple à suivre ! D'autres jeunes comme Jestin et Rousselin semblent avoir également un avenir très prometteur. Et son capitaine international Benoît Pourtanel a connu également une excellente saison. Comme chaque année à l'intersaison, le défi d'Angers sera de conserver ses meilleurs joueurs pour ne pas avoir à tout reconstruire l'an prochain. En souhaitant aux Ducs d'avoir un plus de profondeur la saison prochaine pour pouvoir tenir toute la durée du championnat...

7) Les Scorpions de Mulhouse

Mulhouse, après une ascension fulgurante dans la hiérarchie du hockey français, atteignait cette saison le dernier échelon : l'Élite. Un promu bienvenu compte tenu des défections de Caen et de Viry. Pour aborder cette saison les rênes de l'équipes furent confiées à Christer Eriksson qui avait déjà fait ses preuves par le passé à Lyon. L'effectif était bien sûr revu de A à Z pour combler la différence de niveau entre Élite et Division 1 et seuls quatre joueurs présents cette année étaient de la finale perdue contre Villard (Prunet, Dumesnil, Vaillant et Faith). Les premiers pas en Élite furent très satisfaisants avec une défaite en prolongation contre Reims et un large succès à Anglet (8-3). Par la suite les Scorpions eurent du mal à suivre le rythme des meilleurs et à enchaîner les résultats. Ils durent se contenter de trois victoires seulement en première phase, devançant Anglet d'une courte tête. Fidèle à ses habitudes lyonnaises, Eriksson décida alors de faire un peu le ménage dans l'équipe. Pazak, Määttä et Hitze étaient débarqués tandis que Jimmy Provencher, Nicolas Carry et Olivier Dimet étaient appelés en renfort. Un nouvel élan qui se traduisit notamment par deux victoires face à Grenoble et un joli nul ramené de Reims (5-5). La troisième phase fut un peu plus poussive et Mulhouse ne put éviter la dernière place malgré une fin de saison en apothéose à Angers (8-0).

Pour un promu, les Scorpions ont finalement connu une bonne saison. La dernière place n'est pas très significative car Mulhouse termine tout près d'Anglet et d'Angers. Mulhouse en tout cas n'a pas connu de saison "galère" comme ce fut le cas pour Anglet à sa première saison en Élite ou Viry ces dernières saisons. Gageons que cela va donner confiance aux Mulhousiens pour l'avenir et qu'ils pourront s'appuyer sur cette base solide. Sur le plan du jeu, Mulhouse n'a certes pas développé un jeu flamboyant tourné vers l'offensive (plus mauvaise attaque du championnat avec 103 buts) mais le système d'Eriksson a fait parfois ses preuves notamment face à Grenoble (trois victoires). En plus les Scorpions pouvaient s'appuyer sur un gardien d'exception : Fabrice Lhenry. Ce dernier a tout à fait mérité le titre de meilleur gardien de l'Élite, ayant sauvé la mise bien des soirs à ses coéquipiers. Désormais les Scorpions peuvent entrevoir un nouveau palier afin d'aller titiller les favoris au classement. C'est tout le mal qu'on peu souhaiter aux Mulhousiens.

 

Cette saison fut donc, malgré les conditions difficiles, une réussite. On craignait le manque d'intérêt sans les play-offs et avec seulement sept équipes, la saison fut passionnante et son issue incertaine, les scores serrés et tous les publics de France ont dû à un moment ou un autre y trouver leur compte. N'imaginons pas pour autant qu'il s'agit là d'une formule idéale à reconduire tous les ans... L'Élite ne peut pas continuer éternellement en vase clos avec un nombre d'équipes de plus en plus réduit. Les play-offs sont nécessaires car ils font monter le niveau et l'enjeu d'un cran, remplissent les patinoires et attirent les media. Pour l'an prochain, la première chose à souhaiter est déjà que les sept clubs présents cette année se retrouvent sur la ligne de départ. Les défections par dépôts de bilan ont été bien trop nombreuses ces dernières années et deviennent une triste habitude : Bordeaux et Grenoble en 1999, Lyon et Chamonix en 2000, Caen et Viry en 2001. À qui le tour ? Personne, espérons-le. Bien sûr, au-delà de ces sept équipes, on peut espérer que d'autres suivent l'exemple de Mulhouse dont l'intégration réussie cette saison pourrait donner des idées à des équipes qui ont sportivement un niveau proche mais qui butent sur des contraintes financières et humaines pour franchir le pas. L'Élite devra donc leur tendre la main et créer les conditions de leur montée. Le tout en restant l'Élite, c'est-à-dire un championnat de bon niveau qui permet aux internationaux de jouer un nombre de matches suffisant pour être compétitif sur le plan international et aux jeunes espoirs de s'aguerrir. Pas facile à concilier, c'est tout le difficile challenge du hockey français qui par le biais de son Élite doit retrouver sa crédibilité sportive aux yeux des media et du public.

Christophe Laparra

 

Les résultats du Championnat de France Élite

 

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