Présentation des JO 2002

 

Calendrier et résultats des Jeux Olympiques

 

Après la déconfiture de Nagano, les Nord-Américains n'attendent qu'une chose : prendre leur revanche sur leur sol pour ce tournoi regroupant à nouveau les meilleurs joueurs de la planète.

Si les formidables émotions apportées par le tournoi olympique de Nagano ont fait une merveilleuse publicité au hockey sur glace, on sait que les dirigeants de la NHL ne voient pas les choses de cette manière. L'impudence des Tchèques qui ont éliminé les Etats-Unis et le Canada a privé les téléspectateurs nord-américains de leur finale tant attendue et NBC des chiffres d'audience qu'elle comptait atteindre. Les Jeux Olympiques d'hiver, où le hockey sur glace est le seul sport collectif (avec le curling), sont une formidable aubaine pour l'exposition de ce sport, et tout le monde aurait à gagner à pérenniser ce genre de rendez-vous au sommet. Mais on sait qu'on ne voit les choses de la même manière du petit bout de la lorgnette NHL, où l'on ne prête attention qu'aux retombées à court terme et à l'intérêt économique de la chose. La participation des pros à Salt Lake City n'a pu être assurée qu'après de longs débats, alors qu'en sera-t-il dans quatre ans à Turin, où la ligue nord-américaine ne sera plus "à domicile" ?

Mais nous n'en sommes pas encore là, alors savourons l'occasion qui nous est donnée de goûter aux affrontements entre les meilleurs joueurs de la planète. La finale "obligée" entre Canadiens et Américains aura-t-elle lieu ? Force est de constater que ces deux nations semblent pour l'instant avoir les faveurs des pronostics.

 

Les six grands

Après la gifle de la Coupe du Monde remportée par les Etats-Unis, le Canada avait tendu l'autre joue aux Tchèques à Nagano. Désormais, il n'est plus question de laisser quiconque voler la vedette aux maîtres du jeu. Le hockey sur glace, patrimoine national, est menacé. Le tournoi olympique a donc été élevé au rang de cause nationale. Avec le meilleur joueur de tous les temps, Wayne Gretzky, comme manager, et le joueur le plus talentueux en activité, Mario Lemieux, comme capitaine, le Canada a mis toutes les chances de son côté pour récupérer l'or olympique. Cette fois, contrairement à 1998, nul ne s'est risqué à mettre Kariya hors d'état de jouer par une mise en échec trop violente. Nul ne s'est mis en travers de la route de l'équipe canadienne. Et il est vrai que la simple lecture de l'effectif qui portera la feuille d'érable parle de soi. Il est parfaitement pourvu dans tous les secteurs du jeu et ne compte aucun point faible. C'est un savant dosage d'expérience (Blake), de vitesse (Niedermayer), et de solidité (Pronger) en défense, un parfait mélange de joueurs complets (Sakic), tenaces (Peca), puissants (Lindros) ou "tout simplement" légendaires (Lemieux), une combinaison idéale de puissance de tir (Shanahan), de fraîcheur (Iginla) et de magie (Kariya). La vraie force de cette équipe canadienne est d'avoir su réussir ce juste équilibre, ce qui est loin d'être évident quand tant d'immenses stars sont de légitimes candidats à la sélection.

Pourtant, le Canada doit vivre avec de nombreux points d'interrogation : d'une part, l'état de forme de ses gardiens. Le pays est pourtant très richement pourvu à ce poste, et trois excellents spécialistes ont d'ailleurs śuvré au All-Star Game... mais aucun d'entre eux ne fait partie de l'équipe, ni un José Théodore qui explose enfin au plus haut niveau, ni un Sean Burke plus en forme que jamais dans ses primes années, ni bien sûr Patrick Roy. Comme quoi un unique refus de sélection, celui du gardien du Colorado, peut placer le pays dans une situation inextricable. Plus personne ne fait figure de titulaire incontesté. Ed Belfour s'étant fait signifier qu'il sera le troisième gardien, et Martin Brodeur ayant connu un début de saison extrêmement décevant à New Jersey (ce qui a même failli remettre en cause sa sélection) on peut penser que c'est à CuJo que reviendra l'honneur de garder les cages, juste récompense de sa fidélité aux franchises canadiennes. D'autre part, l'état de santé de Mario Lemieux. Pour préserver son maudit dos qui le fait tant souffrir, il ne joue qu'avec parcimonie avec Pittsburgh et évite les tournées trop longues ou les enchaînements de match. De plus, Lindros et Fleury ne sont plus l'assurance qu'ils étaient il y a quelques mois, quant la ligne "FLY" qu'ils formaient avec l'Américain Mike York aux New York Rangers époustouflait la ligue. Une légère commotion cérébrale a de nouveau réveillé les craintes sur la carrière du premier. Quant au second, s'il semble pour l'instant avoir oublié ses problèmes de dépendance, il en a d'autres plus personnels et s'est fait surtout remarquer ces derniers temps parce qu'il accumulait les minutes de pénalité. Pour ne rien arranger, un troisième centre a lui aussi connu des problèmes puisque Steve Yzerman a été légèrement blessé au genou. Décidément, la voie du succès est semée d'embûches.

Gardiens : Ed Belfour (Dallas), Martin Brodeur (New Jersey), Curtis Joseph (Toronto).

Défenseurs : Al MacInnis (Saint Louis), Eric Brewer (Edmonton), Rob Blake (Colorado), Scott Niedermayer (New Jersey), Chris Pronger (Saint Louis), Adam Foote (Colorado), Ed Jovanovski (Vancouver).

Attaquants : Paul Kariya (Anaheim), Owen Nolan (San José), Jarome Iginla (Calgary), Brendan Shanahan (Detroit), Steve Yzerman (Detroit), Simon Gagné, (Philadelphie), Joe Nieuwendyk (Dallas), Mike Peca (New York Islanders), Mario Lemieux (Pittsburgh), Theoren Fleury (New York Rangers), Eric Lindros, (New York Rangers), Joe Sakic (Colorado), Ryan Smyth (Edmonton).

Entraîneur : Pat Quinn.

 

Tout comme les Canadiens, les Etats-Unis n'affichent qu'un seul objectif : l'or. Fait inhabituel, ils ont pour cela fait appel à leur histoire. Tout est fait pour rappeler le "miracle sur glace" de 1980, quand une escouade de collégiens américains avait mis à terre le géant russe, sous fond de guerre froide : c'est pour cela que l'on a confié les rênes de l'équipe au même entraîneur, Herb Brooks, et c'est en quoi le choix du dernier porteur de la flamme est un symbole fort. Pour la première fois de l'histoire, ce n'est pas à un individu, mais à une équipe entière, celle des vainqueurs de Lake Placid, qu'est revenu l'honneur d'amener la flamme olympique sur le stade de Salt Lake City. Tout cela est destiné à montrer l'unité d'une nation qui ne connaît que l'exaltation patriotique comme moyen de soigner ses meurtrissures. L'attentat sur le World Trate Center n'a fait que renforcer l'esprit américain, et les Jeux Olympiques devraient donc être aussi nationalistes qu'à Atlanta. En tant que sport collectif, le hockey ressentira plus qu'aucun autre cette ferveur. Mais une équipe de stars saura-t-elle être aussi soudée qu'une formation universitaire ? Sur son sol, on ne lui pardonnerait pas son comportement de Nagano. Les Américains disposent de sérieux arguments : des centres de qualité (Modano, Weight et Roenick), de vrais buteurs (Hull, Amonte, Guerin), une grande présence physique et beaucoup d'expérience. En puissance offensive, elle n'a rien à envier à personne. Mais le bon mot du chroniqueur Bill Clement résume le problème : "Il ne manque aucun joueur à la défense américaine, il manque seulement ce que ces joueurs étaient." En effet, les lignes défensives conduites par Brian Leetch ont une moyenne d'âge de 33 ans et comprennent un quarantenaire en la personne de Chris Chelios. Sauront-ils trouver la fontaine de jouvence qui leur ferait retrouver l'allant et l'insouciance d'une bande de collégiens ? La même question se pose au sujet des vieux Barrasso et Richter, qui forment avec Dunham un trio de gardiens certes bon, mais pas excellent. Et Nagano a prouvé combien ce poste était la clé du succès.

Gardiens : Tom Barrasso (Caroline), Mike Dunham (Nashville), Mike Richter (New York Rangers).

Défenseurs : Chris Chelios (Detroit), Phil Housley (Chicago), Brian Leetch (New York Rangers), Aaron Miller (Los Angeles), Tom Poti (Edmonton), Brian Rafalski (New Jersey), Gary Suter (San José).

Attaquants : Tony Amonte (Chicago), Adam Deadmarsh (Los Angeles), Chris Drury (Colorado), Bill Guerin (Boston), Brett Hull (Detroit), John LeClair (Philadelphie), Mike Modano (Dallas), Jeremy Roenick (Philadelphie), Brian Rolston (Boston), Keith Tkachuk (Saint Louis), Doug Weight (Saint Louis), Mike York (New York), Scott Young (Saint Louis).

Entraîneur : Herb Brooks.

 

Les attentes sont grandes également en République Tchèque, mais chacun sait, Hašek le premier, qu'il est très difficile de répéter un exploit de l'envergure de celui de Nagano. Le contexte est bien différent de 1998 : à l'époque, les Tchèques avaient choisi de panacher leur équipe en sélectionnant une moitié de joueurs évoluant en Europe. Il y a deux ans, ils croyaient encore pouvoir montrer une équipe semblable. Mais aujourd'hui, l'exode s'étant accentuée, Josef Augusta n'a retenu qu'un joueur évoluant au pays, Petr Cajánek, dont le duo avec Újcík s'était révélé aux derniers Mondiaux. L'atout principal des Tchèques, leur collectif à toute épreuve, ne sera pas acquis. Seule une partie des triples champions du monde seront sur la glace, et il faudra observer avec attention la façon dont des stars comme Patrik Eliáš ou Petr Sýkora s'intégreront à ce groupe, de même que le duo de Pittsburgh Lang-Hrdina, ce dernier devant sa sélection à sa bonne entente sur la glace avec Jágr. Malgré l'absence de Martin Straka (fracture de la jambe) et du buteur de la finale de Nagano, Petr Svoboda (dont la carrière est en suspens après une commotion cérébrale), malgré les interrogations autour de Jaromír Jágr, dont le transfert à Washington est jusqu'ici un flop complet, les Tchèques peuvent toujours compter sur le meilleur trio de gardiens du tournoi, emmené par un Dominik Hašek dont le nom suscite toujours autant de respect.

Gardiens : Roman Cechmánek (Philadelphie), Dominik Hašek (Detroit), Roman Turek (Calgary).

Défenseurs : Roman Hamrlík (New York Islanders), Jaroslav Spacek (Chicago), Pavel Kubina (Tampa Bay), Tomáš Kaberle (Toronto), Michal Sýkora (Philadelphie), Martin Skoula (Colorado), Richard Smehlík (Buffalo).

Attaquants : Martin Havlat (Ottawa), Pavel Patera (Avangard Omsk, RUS), Petr Cajánek (Zlín), Petr Sýkora (New Jersey), Radek Dvorák (New York Rangers), Robert Lang (Pittsburgh), Robert Reichel (Toronto), Milan Hejduk (Colorado), Patrik Elias (New Jersey), Martin Rucinský (Dallas), Jirí Dopita (Philadelphie), Jan Hrdina (Pittsburgh), Jaromír Jágr (Washington).

Entraîneur : Josef Augusta.

 

Avec un petit détail en plus (Peter Forsberg comme leader), la Suède aurait vraiment eu tout pour plaire. Ce tournoi est l'occasion pour elle de revenir sur le devant de la scène par un coup d'éclat, alors qu'elle était souvent passée à côté des grandes compétitions ces dernières années. Mais l'homme qui lui avait offert le titre olympique en 1994 est blessé à le cheville, et son aura fera sans doute défaut à l'équipe des trois couronnes. Entraîneur comblé et dont le contrat a récemment été prolongé jusqu'en 2006, Hardy Nilsson sait toutefois qu'il n'aura pas la partie facile. Il ne pourra pas rassembler son équipe qu'au dernier moment, et il n'aura donc pas le temps de mettre en place son système "Torpedo" en 1-2-2, conçu à Djurgården avec son assistant Mats Waltin (dont on murmure qu'il pourrait ensuite remplacer le manager Anders Hedberg, qui quittera son poste après les Jeux). On s'oriente donc vers un système moins risqué, qui s'appuiera sur des joueurs à vocation défensive. Dans les cages, l'habituel titulaire Tommy Salo, victime d'une grippe, pourrait être mis en balance avec Johan Hedberg, qui s'est imposé comme un des meilleurs gardiens de NHL en termes de vitesse de placement. Même si elle peut compter sur deux excellents défenseurs offensifs avec Niklas Lidström et Kim Johnsson, la défense est surtout composée de joueurs passés maître dans l'art de neutraliser l'adversaire, qui, comme Mattias Norström, savent à merveille bloquer joueurs et tirs adverses. Le fait de donner de sa personne a d'ailleurs failli coûter cher à Marcus Ragnarsson, qui s'était cassé un doigt en essayant de s'opposer à un tir de Pavel Bure, mais sa participation n'est pas compromise pour autant. Cette arrière-garde très expérimentée devra en outre bénéficier du concours de ses attaquants. C'est ce qui explique que Hardy Nilsson ait accordé sa confiance à Mathias Johansson, joueur peu flamboyant mais vrai travailleur de l'ombre. Le gros problème des Suédois risque néanmoins d'être l'efficacité offensive et la capacité à lancer l'accélération décisive. Faute de Forsberg, il faudra attendre de Mats Sundin et Markus Näslund qu'ils se comportent en leaders et permettent à ce collectif de concrétiser son indéniable talent par des résultats probants.

Gardiens : Johan Hedberg (Pittsburgh), Tommy Salo (Edmonton), Mikael Tellqvist (St. John's, AHL).

Défenseurs : Kim Johnsson (Philadelphie), Kenny Jönsson (New York Islanders), Nicklas Lidström (Detroit), Mattias Norström (Los Angeles), Mattias Öhlund (Vancouver), Fredrik Olausson (Detroit), Marcus Ragnarsson (San José).

Attaquants : Daniel Alfredsson (Ottawa), Magnus Arvedson (Ottawa), P.J. Axelsson (Boston), Ulf Dahlén (Washington), Tomas Holmström (Detroit), Mathias Johansson (Färjestad), Jörgen Jönsson (Farjestad), Michael Nylander (Chicago), Markus Näslund (Vancouver), Mikael Renberg (Toronto), Mats Sundin (Toronto), Niklas Sundström (San José), Henrik Zetterberg (Timrå).

Entraîneur : Hardy Nilsson.

 

S'il y a une formation qui doit envier le collectif suédois, c'est bien la Russie. Une collection de stars n'a jamais suffi à faire une équipe, et les Russes en ont fait l'amère expérience à Saint-Pétersbourg. Mais ils préfèrent sans doute se souvenir de la place de finaliste à Nagano, preuve qu'ils seront cette année encore candidats à la victoire. L'ordre de mobilisation générale est venu de haut, et le président Vladimir Poutine (qui saura le rappeler en cas de victoire et se faire oublier en cas d'échec, comme aux Mondiaux 2000), est personnellement intervenu pour que Boris Mikhaïlov, contesté par les stars de NHL pour cause de méthodes de travail trop exigeantes, soit finalement remplacé par Slava Fetisov, peut-être le meilleur défenseur de l'histoire du hockey, seul capable de réaliser l'union sacrée entre les intérêts des joueurs millionnaires de NHL et ceux de la fédération russe. Même les plus réticents comme Fedorov seront du voyage. En qualité offensive, l'effectif russe est sans égal avec les Bure, Yashin, Kovalev et bien sûr le déjà star Kovalchuk, qui seront de plus relayés par des défenseurs offensifs de la trempe de Gonchar ou Tverdovsky. Mais il faudra que toute l'équipe sache également s'atteler à des tâches défensives. Les centres expérimentés Igor Larionov (qui sera à 41 ans le joueur le plus âgé des Jeux), Sergueï Fedorov et Andreï Nikolishin devraient à cet égard montrer l'exemple. Mais le principal changement est que les Russes n'auront plus de faiblesse, traditionnelle ces derniers temps, au poste de gardien. S'ils n'ont pas réussi à faire qualifier Igor Nabokov (qui a joué en juniors avec le Kazakhstan et qui ne peut donc changer de maillot, comme vient de le confirmer le Tribunal Arbitral du Sport auprès duquel la fédération russe avait déposé un recours), ils tiennent en Nikolaï Khabibulin un des meilleurs gardiens de NHL du moment, qui a mis les choses au point la semaine dernière en réussissant un blanchissage sur le dernier tiers-temps du All-Star Game (quatrième gardien de l'histoire à blanchir une période dans cette "journée portes ouvertes" qu'est le match des étoiles), offrant la victoire aux Européens.

Gardiens : Nikolaï Khabibulin (Tampa Bay), Igor Podomatski (Lokomotiv Yaroslavl), Ilya Bryzgalov (Cincinnati, AHL).

Défenseurs : Sergueï Gonchar (Washington), Darius Kasparaitis (Pittsburgh), Vladimir Malakhov (New York Rangers), Daniil Markov (Phoenix), Boris Mironov (Chicago), Oleg Tverdovsky (Anaheim) + un poste à pourvoir pour remplacer Dmitri Yuchkevitch forfait (caillot de sang dans la jambe).

Attaquants : Maxim Afinogenov (Buffalo), Pavel Bure (Floride), Valeri Bure (Floride), Sergueï Fedorov (Detroit), Alekseï Kovalev (Pittsburgh), Ilya Kovaltchouk (Atlanta), Viktor Kozlov (Floride), Oleg Kvasha (New York Islanders), Igor Larionov (Detroit), Andreï Nikolishin (Washington), Sergueï Samsonov (Boston), Alekseï Yashin (New York Islanders), Alekseï Zhamnov (Chicago).

Entraîneur : Vyacheslav Fetisov.

 

Parmi les six grands, la Finlande paraît en retrait. Mais c'est dans la position d'outsiders que les Finlandais se sentent le mieux, comme ils l'avaient prouvé à Nagano en décrochant le bronze. A l'époque, leur éclat offensif avait compensé leur faiblesse dans les cages. Comme Myllys il y a quatre ans, Hurme et Nurminen ne sont pas au firmament des gardiens. Sans Saku Koivu (dont on vient d'apprendre qu'il ne présente plus de cellules cancéreuses), sans Ville Peltonen (l'attaquant du Jokerit Helsinki dont la saison vient de se terminer pour cause de blessure à l'épaule), sans la ligne HPK, qui avait été éclipsée par d'autres aux derniers Mondiaux, il ne faudra pas penser aux absents, mais bien à ceux qui sont présents, en particulier Teemu Selänne, qui aimerait retrouver son meilleur hockey un peu perdu depuis son passage à San José, et le duo Sami Kapanen - Juha Ylönen, qui devra lui continuer sur la lancée de ses derniers championnats du monde. L'aura de Raimo Helminen, qui rentrera dans l'histoire du sport en participant à ses sixièmes Jeux Olympiques, devra permettre de décupler les forces d'une équipe physiquement inférieure à ses rivales. Les Finlandais peuvent toutefois compter sur une défense sûre qui a fait ses preuves. Ne manquera à l'alignement classique de ces dernières saisons que Petteri Nummelin, meilleur défenseur des derniers Mondiaux mais flop de l'année du championnat suisse à Lugano. Le bon équilibre entre travail défensif et possibilités de contre sera la clé d'une éventuelle surprise finlandaise.

Gardiens : Jani Hurme (Ottawa), Jussi Markkanen (Edmonton), Pasi Nurminen (Chicago).

Défenseurs : Aki-Petteri Berg (Toronto), Jyrki Lumme (Toronto), Janne Niinimää (Edmonton), Teppo Numminen (Phoenix), Sami Salo (Ottawa), Kimmo Timonen (Nashville), Ossi Väänänen (Phoenix).

Attaquants : Antti Aalto (Jokerit Helsinki), Mikko Eloranta (Los Angeles), Niklas Hagman (Florida), Raimo Helminen (Ilves Tampere), Olli Jokinen (Floride), Tomi Kallio (Atlanta), Sami Kapanen (Caroline), Jere Lehtinen (Dallas), Juha Lind (Södertälje, SUE), Ville Nieminen (Colorado), Jarkko Ruutu (Vancouver), Teemu Selänne (San José), Juha Ylönen (Tampa Bay).

Entraîneur : Hannu Aravirta.

 

 

Avant d'en découdre dans la cour des grands, les autres nations devront passer par un tour préliminaire, pour lequel elles devront le plus souvent se passer de leurs joueurs évoluant en NHL, la ligue nord-américaine n'ayant consenti comme à Nagano qu'une trêve la plus courte possible, juste pendant la durée du deuxième tour. Cette situation a soulevé l'indignation de beaucoup, et Wayne Gretzky lui-même avait appelé les clubs à la raison et les joueurs à rejoindre coûte que coûte leur sélection compte tenu de l'importance de l'évènement. Se refusant à trancher, la NHL s'est déchargée du dossier et les clubs devaient décider au cas par cas. Le dossier s'est néanmoins compliqué quand certains clubs ont menacé de porter plainte si certains de leurs rivaux devaient affronter une équipe légèrement affaiblie par la perte de quelques joueurs, puisque cela nuirait à la régularité de la compétition. Décidément, l'Amérique du Nord a encore du chemin à faire pour reconnaître à sa juste valeur la place des sélections nationales dans le sport.

 

Tour préliminaire : le groupe A

L'équipe la plus handicapée par l'absence de ses joueurs de NHL est la Slovaquie. Oubliant que le tour préliminaire lui avait déjà fatal il y a quatre ans, tout le pays s'attend à une possible médaille, mais le vrai défi de cette équipe, que certains considèrent supérieure à la Finlande, sera de passer le premier tour, ce qui ne sera certainement pas une partie du plaisir. Par rapport à Nagano, il y a bien plus de Slovaques évoluant en NHL et il a fallu tout l'art de la négociation du manager Peter Stastny, rayé des tablettes du hockey tchécoslovaque dans les années 80 pour cause d'exil et devenu héros de la jeune république naissante après la partition de 1993, pour faire libérer les joueurs. Mais la question est de savoir si l'arrivée des joueurs de NHL sera ou non un bénéfice. Hans Zach, l'entraîneur de son premier adversaire, l'Allemagne, estime que cela pourrait causer des problèmes dans l'équipe. De plus, le pari des Slovaques est très risqué : ils ont tout misé sur le deuxième match contre la Lettonie, et dans une moindre mesure sur le match d'ouverture contre l'Allemagne. En effet, l'effectif ne peut pas être modifié entre les rencontres du tour préliminaire, et ils doivent donc faire avec un groupe de 23 joueurs, dont beaucoup ne sont libérés qu'une seule fois, entre deux avions et deux rencontres de NHL. Ainsi, Handzuš, Nagy, Šatan, Petrovický et Bartecko ne pourraient disputer que le premier match face à l'Allemagne, et Demitra, Bondra, Palffy, Hossa, Chara et Stumpel le deuxième face aux Lettons. Les Slovaques joueront ainsi à effectif réduit, et pourraient ne se retrouver qu'à douze pour le dernier match contre l'Autriche ! Ils tablent en effet sur le fait qu'ils soient déjà qualifiés à cette heure, mais dans le cas contraire, une sévère déconvenue les guette. Aurait-il plutôt fallu s'appuyer sur un groupe moins riche en stars mais fixe pour toute la durée du premier tour ? L'avenir le dira... Il semble que Ján Filc estimait que le réservoir de joueurs évoluant en Europe n'était pas si important que ça, en raison du grand nombre de joueurs de joueurs qui tentent leur chance dans les ligues mineures. Un joueur comme Slavomir Vorobel (actuellement à Košice mais qui évoluait l'an passé à Anglet) figurait ainsi dans la présélection de 44 joueurs et n'a été écarté que le 24 janvier dernier.

Gardiens : Ján Lašák (Milwaukee, AHL), Pavol Rybár (Slovan Bratislava), Rastislav Stana (Hartford, AHL).

Défenseurs : Petr Smrek (Hartford, AHL), Jaroslav Obsut (Hershey, AHL), Lubomír Visnovský (Los Angeles), Ivan Majeský (Ilves Tampere, FIN), Richard Lintner (Modo, SUE), Richard Pavlikovský (HV 71 Jönköping, SUE) + une ou deux places laissées libres pour des jokers *

* à trouver parmi Zdeno Chára (Ottawa), Lubomir Sekeráš (Minnesota), Robert Svehla (Floride) ou Radoslav Suchy (Phoenix).

Attaquants : Miroslav Šatan (Buffalo), Rastislav Pavlikovsky (HV 71 Jönköping, SUE), Lubos Bartecko (Atlanta), Ján Pardavý (Djurgården, SUE), Michal Handzuš (Phoenix), Zigmund Palffy (Los Angeles), Robert Petrovický (Ambrì-Piotta, SUI), Richard Sechný (Zvolen), Jaroslav Török (Zvolen), Richard Kapuš (Slovan Bratislava) + deux ou trois places laissées libres pour des jokers *

* à trouver parmi Marian Gáborík (Minnesota), Ronald Petrovický (Calgary), Peter Bondra (Washington), Jozef Stumpel (Los Angeles), Richard Zedník (Montréal), Vladimír Országh, (Nashville), Ladislav Nagý (Phoenix), Pavol Demitra (Saint Louis) ou Marian Hossa (Ottawa).

Entraîneur : Ján Filc.

 

La Lettonie goûte enfin aux Jeux Olympiques où elle n'avait fait qu'un bref passage par trois défaites en 1936. A Lillehammer et à Nagano, elle n'avait pas réussi à se qualifier, et avait ainsi laisser passer de belles occasions de réussir le coup d'éclat que le talent de cette équipe mérite. Capable de se hisser sur un match au niveau des meilleurs, elle n'a jamais concrétisé par un exploit qui la ferait rentrer dans l'histoire. Ces Jeux sont ainsi un peu ceux de la dernière chance pour une équipe en fin de cycle. C'est pourquoi la fédération a mis les moyens en engageant pour la première fois un entraîneur étranger, et pas n'importe qui : Curt Lindström, l'homme qui avait amené la Finlande à son premier titre de championne du monde en 1995. Mais le renom ne suffit pas et le Suédois sait que tout un peuple attend de lui des résultats. La Lettonie a pour habitude d'être très dépendante de son gardien talentueux mais irrégulier Arturs Irbe, mais même en cas d'absence de ce dernier retenu par les Carolina Hurricanes en NHL, Sergejs Naumovs semble en mesure d'être un digne suppléant. Tout est par conséquent possible pour une équipe toujours excellente contre les meilleurs, mais qui ne devra pas connaître de moment de relâchement, notamment en ouverture contre l'Autriche.

Gardiens : Sergejs Naumovs (Djurgården, SUE), Edgars Masalskis (Liepaja) + une place à pourvoir pour un joker (Arturs Irbe, Caroline).

Défenseurs : Rodrigo Lavins (Molot-Prikamie Perm), Viktors Ignatjevs (Severstal Cheropovets, RUS), Igors Bondarevs (Saipa Lappeenranta, FIN), Kaspars Astasenko (Lowell, AHL), Atvars Tribuncovs (Berlin Capitals, ALL), Olegs Sorokins (Molot-Prikamie Perm), Andrejs Maticins (Nyköping, SUE) + une place à pourvoir pour un joker (Karlis Skrastins, Nashville, et Sandis Ozolinsh, Floride).

Attaquants : Vyacheslavs Fanduls (Berlin Capitals, ALL), Aleksanders Belavskis (Björklöven, SUE), Sergejs Senins (Herning, DAN), Aleksanders Macijevskis (Odense, DAN), Gregorijs Pantelejevs (Södertalje SK, SUE), Leonids Tambijevs (Rodøvre, DAN), Aleksanders Nizivijs (Dynamo Moscou, RUS), Harijs Vitolinsh (Thurgovie, SUI), Aleksandrs Kercs (Berlin Capitals, ALL), Aleksanders Semjonovs (IFK Arboga, SUE), Aigars Cipruss (IFK Helsinki, FIN) + une place à pourvoir pour un joker (Sergejs Zoltoks, Minnesota).

Entraîneur : Curt Lindström (SUE).

 

L'Allemagne pourra-t-elle continuer sur la lancée de ses deniers Mondiaux et réussir un exploit olympique ? Comme d'habitude, l'entraîneur Hans Zach dévoile des pronostics très pessimistes, expliquant que son équipe n'a que 1 % de chances de passer le premier tour. Il a eu pour politique de faire confiance aux joueurs qui ont qualifié l'équipe, et n'a donc pas voulu bouleverser l'effectif pour un passage-éclair de Jochen Hecht, qui aurait été contraint à un périple entre deux avions pour lequel il n'était pas très chaud, ni même pour une rentrée d'Olaf Kölzig au troisième match. Pourtant, le poste de gardiens pose toujours problème : il est difficile de s'y imposer pour des joueurs qui sont remplaçants en club et qui n'ont pas la chance d'enchaîner des matches de haut niveau, à moins de bénéficier de la blessure d'un titulaire, comme Marc Seliger à Nuremberg qui avait ainsi brillamment suppléé Frédéric Chabot et pu retrouver sa place en équipe nationale. On devrait assister comme d'habitude à une rotation "à la Zach" entre les différents gardiens. Mais c'est la défense qui cause le plus de soucis : Heiko Smazal et Jochen Molling manquent à l'appel à cause de blessures à la main et, surtout, Mirko Lüdemann (Cologne), dont le but à huit secondes de la fin contre l'Italie avait sauvé l'Allemagne de l'élimination dès un tournoi de pré-qualification pour les JO, a dû renoncer en raison d'un problème musculaire. Il faudra donc compter sur la polyvalence du globe-trotter Jan Benda pour faire le huitième défenseur. Il a été formé à ce poste jusqu'à quinze ans et y dépanne parfois sa sélection nationale. L'attaque sera conduite par trois centres vétérans naturalisés, Soccio (qui a porté Hanovre à bout de bras ces derniers temps), Hynes et MacKay. Pour ce dernier, qui prendra sa retraite cet été, comme pour Rumrich, ce sera la dernière grande compétition avant un rajeunissement de l'équipe prévu pour les prochains championnats du monde. Même l'espoir Marcel Goc devra attendre jusque là : il est resté jusqu'à la veille des Jeux mais Zach lui avait bien expliqué qu'il ne jouerait qu'en cas de blessure d'un titulaire. Abstreiter, Kreutzer (privés de leur compagnon Thomas Daffner blessé) seront les leaders offensifs, tout comme Marco Sturm, qui sera probablement le seul joueur de NHL de l'effectif car il a prouvé aux Mondiaux qu'il pouvait réellement apporter un plus.

Gardiens : Marc Seliger (Nuremberg), Christian Künast (Munich) + une place à pourvoir, a priori pour Robert Müller (Mannheim) et non pour Olaf Kölzig (Washington).

Défenseurs : Jörg Mayr (Cologne), Christian Ehrhoff (Krefeld), Christoph Schubert (Munich), Andreas Renz (Cologne), Erich Goldmann (Essen), Daniel Kunce (Krefeld), Dennis Seidenberg (Mannheim).

Attaquants : Wayne Hynes (Mannheim), Andreas Loth (Kassel), Stefan Ustorf (Mannheim), Jürgen Rumrich (Nuremberg), Martin Reichel (Nuremberg), Daniel Kreutzer (Kassel), Tobias Abstreiter (Kassel), Len Soccio (Hanovre), Klaus Kathan (Kassel), Mark MacKay (Schwenningen), Jan Benda (AK Bars Kazan, RUS), Andreas Morczinietz (Augsbourg), Marco Sturm (San José).

Entraîneur : Hans Zach.

 

L'Autriche a elle aussi peu d'ambitions dans ce groupe très relevé, dont elle vise la deuxième ou la troisième place. Elle ne déplore que l'absence du défenseur Herbert Hohenberger, blessé. Cette formation qui s'est appuyée ces derniers temps sur des naturalisés comme Dominic Lavoie, Simon Wheeldon, et maintenant l'Italo-Canadien Kent Salfi, paraît maintenant capable de compter dans un avenir proche sur une excellente nouvelle génération qui commence à pointer le bout de son nez en équipe nationale, comme André Lakos, qui sera à Salt Lake City comme chez lui puisqu'il joue pour les Utah Grizzlies, et surtout le tout jeune et extrêmement prometteur Oliver Setzinger, qui a passé un an en Finlande avec Ilves Tampere à 17 ans et est revenu au pays pour exploser avec le surprenant leader Linz. Les Autrichiens auraient les moyens de suivre l'exemple français et de se passer des naturalisés, car ils disposent de joueurs évoluant dans les clubs de pointe de l'Elitserien (Kalt et Trattnig) et d'un véritable leader offensif avec Christoph Brandner. C'est un véritable bouillonnement de jeunesse qui a atteint le championnat autrichien depuis sa réfection il y a deux ans, la limitation des étrangers ayant permis l'éclosion de nombreux talents.

Gardiens : Claus Dalpiaz (Innsbruck), Reinhard Divis (Worcester, AHL), Michael Suttnig (Klagenfurt).

Défenseurs : Gerhard Unterluggauer (Schwenningen), Dominic Lavoie (Hanovre, ALL), Thomas Searle (Villach), Robert Lukas (Linz), Peter Kasper, (Innsbruck), André Lakos (Utah, AHL), Martin Ulrich (Düsseldorf, ALL).

Attaquants : Christoph Brandner (Krefeld, ALL), Gerald Ressmann (Klagenfurt), Matthias Trattnig (Djurgården), Oliver Setzinger (Linz), Thomas Pöck (Univ. Massachusetts, USA), Kent Salfi (Villach), Mario Schaden (Klagenfurt), Martin Hohenberger (Oberhausen, ALL), Gunther Lanzinger (Villach), Simon Wheeldon (Munich, ALL), Wolfgang Kromp (Villach), Christian Perthaler (Linz), Dieter Kalt (Färjestad, SUE)

Entraîneur : Ron Kennedy (CAN).

 

 

Tour préliminaire : le groupe B

Comme la Slovaquie, la Suisse est la favorite de son groupe, même si le Belarus lui paraît proche. Elle comptera en effet sur un atout de poids en la personne de David Aebischer, qui vient de quitter Colorado sur un blanchissage (6-0 contre Minnesota) et fait figure d'idole au pays des Helvètes. Avoir obtenu la libération de la doublure de Patrick Roy est ainsi un succès non seulement sur le plan du jeu (car Martin Gerber, époustouflant pour sa première saison d'Elitserien, l'aurait très bien suppléé), mais également sur le plan psychologique. La Suisse se sent pousser des ailes, ce qui implique aussi que la pression monte sur Ralph Krueger, dont la sélection avait été contestée (absences de Riesen, Bezina, Demuth et Ziegler). La défaite est interdite dans les trois rencontres préliminaires qui ont tout de matchs-pièges, surtout que la Suisse a l'habitude des faux-pas contre des adversaires présumés plus faibles, par exemple leurs chers voisins français. Ne s'enflamme-t-on pas un peu trop à l'avance dans la confédération ? En effet, une équipe qui n'était pas qualifiée aux dernières éditions a encore tout à prouver. Elle est sans plus de doute possible une des huit meilleures nations mondiales sur le plan de son réservoir de joueurs de qualité, mais doit encore prouver sa capacité à assumer son nouveau statut et à le traduire dans les faits.

Gardiens : David Aebischer (Colorado), Martin Gerber (Färjestad, SUE), Lars Weibel (Davos).

Défenseurs : Julien Vauclair (Grand Rapids, AHL), Patrick Sutter (Lugano), Mark Streit (Zurich SC), Martin Höhener (Kloten), Martin Steinegger (Berne), Olivier Keller (Lugano), Edgar Salis (Zurich SC), Mathias Seger (Zurich SC)

Attaquants : Flavien Conne (Lugano), Patric Della Rossa (Zurich SC), Reto von Arx (Davos), Gian-Marco Crameri (Zurich SC), André Rötheli (Lugano), Jean-Jacques Aeschlimann (Lugano), Patrick Fischer (Davos), Martin Plüss (Kloten), Marcel Jenni (Färjestad, SUE), Ivo Rüthemann (Berne), Sandy Jeannin (Lugano), Björn Christen (Davos).

Entraîneur : Ralph Krueger (CAN / ALL).

 

La relégation en division I mondiale du Belarus, due à un tirage difficile et au favoritisme dont bénéficie le Japon, ne trompe personne : l'ancienne république soviétique est toujours une nation d'élite, et les Jeux Olympiques sont pour elle d'une extrême importance pour retrouver la même exposition qu'à Nagano, où les Biélorusses avaient très bien tenu tête aux meilleurs, notamment dans un match face aux Etats-Unis où seul le jeu de puissance américain avait fait la différence. Mais en attendant que les prodiges de 16 ans vus aux championnats du monde juniors arrivent à maturité, la formation actuelle est très vieillissante. L'effectif n'a pas changé depuis l'an passé, contrairement à l'entraîneur : jugé trop naïf et peu apprécié par les joueurs, Anatoli Varivontchik a été remplacé par Vladimir Krikunov, qui a ramené dans son club de Kazan un des piliers de l'équipe, Vladimir Tsyplakov. Il ne reste donc plus qu'un seul joueur de NHL, Ruslan Saleï. Celui qui s'était fait suspendre au bon moment grâce à une bagarre propice pour rejoindre son équipe nationale à Nagano ne pouvait cette fois être libéré que contre la France, et il semblerait que Krikunov renonce donc à l'aligner. Cette formation, qui s'appuie sur deux solides gardiens avec Mezin et Fatikov, veut léguer un beau cadeau aux générations à suivre avec une nouvelle qualification parmi les huit meilleurs.

Gardiens : Sergueï Chabanov (Metallurg Novokuznetsk, RUS), Andreï Mezin (Berlin Capitals, ALL), Leonid Fatikov (Kassel, ALL).

Défenseurs : Oleg Khmyl (Lada Togliatti, RUS), Aleksandr Makritski (Oberhausen, ALL), Oleg Romanov (Severstal Cherepovets, RUS), Igor Matushkin (Skellefteå AIK, SUE), Oleg Mikulchik (Khimik Voskresensk, RUS), Sergueï Stas (Krefeld, ALL), Aleksandr Zhurik (Krylia Sovetov Moscou, RUS), Vladimir Kopat (Neftekhimik Nijnekamsk, RUS).

Attaquants : Aleksandr Andrievski (Khimik Voskresensk, RUS), Vadim Bekboulatov (Ekaterinbourg, RUS), Andreï Kovalev (Oberhausen, ALL), Vassili Pankov (Augsbourg, ALL), Andreï Skabelka (Salavat Yulaev Ufa, RUS), Alekseï Kalyuzhny (Metallurg Magnitogorsk, RUS), Oleg Antonenko (Severstal Cherepovets, RUS), Dmitri Dudik, (HC Gomel), Konstantin Koltsov (Spartak Moscou, RUS), Vladimir Tsyplakov (AK Bars Kazan, RUS), Dmitri Pankov (Metallurg Novokuznetsk, RUS), Andreï Rasolko (Severstal Cherpovets, RUS).

Entraîneur : Vladimir Krikunov.

La France va devoir également dire adieu à quelques-uns de ces grands anciens : Denis Perez, qui dispute ses cinquièmes Jeux Olympiques, et bien sûr Philippe Bozon. Ils arrêteront tous deux après les JO mais sont animés par la même volonté de partir avec les honneurs. Une belle prestation serait prometteuse pour la suite, et cette formation qui ne compte pour la première fois aucun naturalisé veut montrer qu'elle a de l'avenir. Pour exorciser le souvenir des derniers Mondiaux, on a rappelé les anciens (Bonnard et Pourtanel) pour sécuriser la défense. L'attaque n'est plus handicapée par les blessures comme elle l'était à Grenoble, et devra donc montrer que son efficacité ne repose pas que sur le seul Bozon. Meunier et Perez ont soigné leurs blessures, Bozon a récupéré ses bagages qu'une erreur d'aiguillage aérien avait envoyé à Santiago du Chili au lieu de Salt Lake City, bref, tout le monde est fin prêt. Néanmoins, les résultats des rencontres de préparation (deux nuls et trois défaites) n'incitent vraiment pas à l'optimisme. C'est peut-être un mal pour un bien : à Nagano, les Français, très confiants après d'excellents matches amicaux, avaient été douchés par le Belarus. Désormais, le mot "quart de finale" n'est plus clamé aussi fort qu'il y a quelques années. C'est avec modestie que les Bleus entrent dans ce tournoi, avec l'envie de bien faire d'une équipe qui n'a rien à perdre.

Gardiens : Cristobal Huet (Lugano), Fabrice Lhenry (Mulhouse), Patrick Rolland (Grenoble).

Défenseurs : Baptiste Amar (Mass Lowell, NCAA), Vincent Bachet (Reims), Jean-François Bonnard (Grenoble), Allan Carriou (Rouen), Karl Dewolf (Amiens), Denis Perez (Amiens), Benoît Pourtanel (Angers).

Attaquants : Richard Aimonetto (Reims), Benoît Bachelet (Grenoble), Stéphane Barin (Krefeld, ALL), Guillaume Besse (Rouen), Philippe Bozon (Genève-Servette, SUI), Arnaud Briand (Luleå, SUE), Laurent Gras (Amiens), Laurent Meunier (Mass Lowell, NCAA), Anthony Mortas (Reims), François Rozenthal (Björklöven, SUE), Maurice Rozenthal (Björklöven, SUE), Yorick Treille (Mass Lowell, NCAA), Jonathan Zwikel (Reims).

Entraîneur : Heikki Leime (FIN).

 

Comme la France, l'Ukraine arrive avec un statut d'outsider et fait peu parler d'elle. C'est une équipe très proche du Belarus, qui pratique le même style de jeu issu de l'école soviétique, et qui compte également sur un gardien renommé (Karpenko) et une doublure révélée aux derniers Mondiaux, en l'occurrence Konstantin Simchuk, qui a participé tout comme Savenko à l'excellent début de saison du Spartak Moscou fraîchement promu. L'inusable vétéran Dmitri Khristich conduira-t-il une dernière fois les Salnikov, Klimentiev, Chakhraitchouk et compagnie ? Pas sûr qu'il soit libéré par la NHL, tout comme Varlamov.

Gardiens : Konstantyn Simchuk (Spartak Moscou, RUS), Igor Karpenko (Metallurg Magnitogorsk, RUS), Aleksander Fedorov (Berkut Kiev).

Défenseurs : Dmitro Yakushin (Sokol Kiev), Sergueï Klymentiev (Metallurg Magnitogorsk, RUS), Andreï Sryubko (Syracuse, AHL), Dmitri Tolkonov (Norfolk, AHL), Valeri Chiriaïev (La Chaux-de-Fonds, SUI), Youri Gunko (HC CSKA Moscou, RUS), Vyatcheslav Timchenko (Weißwasser, ALL), Vyatcheslav Zavalnyuk (SKA Saint-Pétersbourg, RUS)

Attaquants : Vassili Bobrovnikov (Sokol Kiev), Vadim Slivchenko (Francfort, ALL), Vadim Chakhraïtchouk (Lokomotiv Yaroslavl, RUS), Ruslan Fedotenko (Philadelphie, AHL), Vitali Lytvyenko (Lada Togliatti, RUS), Igor Chibiriev (Hanovre), Valentin Oletsky (Füssen, ALL), Roman Salnikov (Krylia Sovetov Moscou, RUS), Vladislav Sierov (Greensboro, ECHL), Bogdan Savenko (Spartak Moscou, RUS), Alekseï Ponikarovsky (St. John's, AHL) + une place à pourvoir pour un joker (Dmitri Khristich, Washington, ou Sergueï Varlamov, Saint Louis).

Entraîneur : Anatoli Bogdanov.

 

Marc Branchu

 

Retour à la rubrique articles