La fin du règne tchèque

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Après deux titres consécutifs, l'équipe tchèque des moins de 20 ans a raté ses Championnats du Monde à domicile en terminant septième.

Il y a trois ans, l'équipe tchèque dirigée par Vladimír Martinec termina septième des championnats du monde junior à Winnipeg. Ce fut le signal du commencement d'une nouvelle ère, avec un nouvel entraîneur, Jaroslav Holík. Les deux années qui suivirent, il amena l'équipe tchèque à ses meilleurs saisons. Sa formation remporta ses deux premières médailles d'or dans l'histoire du hockey tchécoslovaque et tchèque. La septième place était la pire place dans l'histoire...

La génération 1982 avait également fait le pire résultat de l'histoire chez les moins de 18 ans. La formation menée par Stanislav Berger avait fini sixième. Mais cette année, l'équipe était composée de joueurs différents. Dans les buts, Lukás Hronek aurait dû étinceler. Il avait scotché le public tchèque par ses remarquables performances durant la blessure du gardien international Roman Malek. La défense aurait avoir pour leaders deux champions du monde juniors en titre, Libor Ustrnul and Filip Novák. On attendait beaucoup d'Ales Hemský, de TomᚠPlekanec, de Jirí Hudler ou de Martin Podlesák en attaque.

Les Tchèques ont commencé le tournoi par un match moyen contre l'équipe américaine et Ustrnul et Novák, notamment, firent de piètres performances en défense. Contre la Slovaquie, la domination fut inutile car Lukás Hronek laissa passer un tir lent et facile, et l'équipe tchèque sombra psychologiquement sans jamais s'en remettre.

L'entraîneur Jaroslav Holík, connu pour ses opinions peu orthodoxes, avait beaucoup critiqué la qualité de l'Extraliga tchèque et du championnat national junior avant le début du tournoi. Il avait critiqué plusieurs joueurs comme le défenseur de Vsetín, Ondrej Nemec (pas assez bon pour les rencontres internationales), Petr Puncochar (Karlovy Vary, jeu pas assez physique), et Miroslav Blaták (Zlín, ce qui est bon en Extraliga n'est pas suffisant partout ailleurs). Les deux premiers furent retirés de la liste des nominés, le troisième prit finalement part au Mondial où il devint le meilleur défenseur tchèque de la compétition. Dans ses discours, Holík s'appuyait beaucoup sur les joueurs venus d'Outre-Atlantique. Inimaginable il y a six ans. À l'époque, il reprochait aux joueurs de s'expatrier au Canada ou aux États-Unis et militait pour leur interdire de représenter leur pays aux Championnats du monde juniors. Six ans plus tard, il rappelait neuf joueurs d'Amérique du Nord et leur garantissait même leur place. Tous auraient dû jouer un rôle important dans la voie vers le succès final. La réalité fut bien différente. Jirí Jakes resta assis sur le banc pendant tous les matches de poule et ne participa qu'aux dernières joutes. Le défenseur Tomás Mojzís ne joua que le premier match parmi les rencontres importantes et les matches cruciaux contre la Suède et la Finlande furent également joués sans Frantisek Lukes et Martin Podlesák. Quatre des neuf "étrangers" ont assisté depuis le banc aux moments décisifs ! Les entraîneurs argumentèrent qu'ils n'avaient discuté que sur un ou deux noms quand l'effectif avait été finalisé et qu'aucun de ces joueurs n'était destiné à devenir une force décisive dans l'équipe. Mon opinion est que ces "un ou deux noms" ont joué tout le tournoi alors que les joueurs d'Outre-Atlantique ne furent pas des pierres angulaires (Ustrnul ou Chvojka) ou firent partie des cinq joueurs mis de côté (Mojzís, Jakes, Lukes, Podlesák). C'était en contradiction avec les déclarations préalables de Jaroslav Holík.

Les Tchèques ont joué à trois lignes tout le tournoi, à l'unique exception du match de classement sans beaucoup d'enjeu contre les Etats-Unis. Quand une équipe joue mal, on répartit habituellement le jeu entre les quatre lignes pour essayer de trouver de nouveaux leaders. Cela n'arriva pas. Même contre le Belarus, les Tchèques sont restés à trois lignes jusqu'au coup de sifflet final. Les entraîneurs expliquèrent que, l'année dernière, ils avaient joué à trois lignes, et que ça avait été la principale raison de leur victoire. À mon avis, ils auraient dû utiliser quatre lignes plus tôt, après leur mauvaise performance du match d'ouverture contre les États-Unis, ou au moins pendant la deuxième période de leur match gâché contre la Slovaquie. L'équipe manquait de précision dans ses tirs et avait besoin de se calmer, et de nouveaux joueurs auraient pu améliorer l'efficacité.

Holík a également sévèrement critiqué ses joueurs au cours du tournoi. Il a commencé avec le niveau des championnats tchèques et les capacités de ses joueurs, puis a stigmatisé leur manque de cœur et leur mauvaise attitude. Mon opinion est que la provocation est une bonne chose et que la critique aide parfois à rendre les performances meilleures. Mais il n'est pas juste de reprocher aux joueurs de ne pas avoir mouillé le maillot contre la Suède et la Finlande.

Avant d'en finir, il y a une dernière remarque à faire, pour la régularité de la compétition. L'entraîneur Jaroslav Holík en parle beaucoup, mais il n'a pas appliqué le fair-play cette fois-ci... Après la première rencontre, il s'est passé des choses ténébreuses dans l'équipe tchèque. On prétendit que le gardien Petr Sulan était blessé, et il fut remplacé par Lukas Hronek qui avait la grippe avant le tournoi et n'avait pu faire partie de l'effectif de départ. Petr Sulan n'avait pas quitté l'entraînement sur blessure comme le manager tchèque l'avait affirmé. Il a participé à l'entraînement jusqu'à son terme et a été vu après coup en bonne forme. Hronek devint le gardien n°1 pour le reste du tournoi...

Cette compétition, qui n'eut rien à envier aux Championnats du monde seniors en Allemagne sur le plan de l'organisation, amena pour la troisième fois de suite l'équipe qui recevait à rater son tournoi. L'heure du retour d'une nouvelle équipe tchèque avec Jaroslav Holík, confirmé pour une année supplémentaire, est prévue pour Halifax dans un an.

David Schlegel, avec Mishanek

 

 

Three years ago the Czech squad, led by a coach Vladimir Martinec, ended up 7th at the WJC in Winnipeg. That position became a signal for commencement of a new coach - Jaroslav Holik.

In the next two years he carried the Czech team through its best season in history of Czechoslovakia and the Czech Republic. His team won its first two gold medals in the Czech(oslovakian) history! However, the third World Junior Championship ended in a big disappointment for the national team. The 7th place is equal to the worst position in a history...

The same age-group 1982 made the worst result ever in Czech and Czechoslovakian hockey history at WC Under '18'. The squad led by Stanislav Berger finished 6th. This year's team mostly consisted of different players though. In goal Lukas Hronek should have starred. He stunned the Czech audience with a remarkable performance during, national team's goalie, Roman Malek's injury. The defence should have been led by world champion from last season Libor Ustrnul and Filip Novak. A lot was expected from Ales Hemsky, Tomas Plekanec, Jiri Hudler or Martin Podlesak on offense.

The Czechs started the tournament with a questionable game against the U.S. team and mainly Ustrnul and Novak showed poor performance in defence. The dominance in the game vs. Slovakia was spoiled when Lukas Hronek could not save an easy slow puck and then the Czech team went down psychologically and never got back again.

Coach Jaroslav Holik who is known for his unorthodox opinions, criticized a lot the quality of the Czech extraliga and the highest Czech junior competition before the tournament started. He criticized seveal players like Vsetin's defenceman Ondrej Nemec (not good enough for international games), Karlovy Vary's Petr Puncochar (his play is not enough physical) and Zlin's Miroslav Blatak (what is good in Czech extraliga does not mean it is enough anywhere else). First two players were cut off the nomination, the third eventually made it and later became the best Czech defenceman in the tournament. In his speeches he relied a lot on the players coming from overseas. Six years ago it was something unheard of. At that point of time he blamed Czech hockey players for their leavings to Canada and USA and fought for the restriction not to allow them represent at WJC. After six years he recalled nine players from North America and for the first time he guaranteed them safety of their nomination. All of them should have played a key role on their way towards the final success. However, the reality was very different. Jiri Jakes sat on the bench the whole prelimination group and quarterfinals and played only in the games during the latter stages. Defenceman Tomas Mojzis played only in the 1st game from the important ones and the crucial games were played vs Sweden and Finland also without Frantisek Lukes and Martin Podlesak. Four out of nine 'foreigners' sat on the bench during the crucial moments! The coaches reasoned that they discussed only one or two names when the final roster was being completed and none of these guys should have became a deciding force for this team. My opinion is that these 'one or two names' played in the line-up for the whole tournament and most players from overseas were not corner-stones (Ustrnul or Chvojka) or were sidelined among five non-playing players (Mojzis, Jakes, Lukes, Podlesak). That was in contrast with what Jaroslav Holik said earlier.

The Czechs played the whole tournament with just three lines (the only exception was the unimportant game vs. USA for 5.-8. position). When the team does not play well, it is usual to spread out the play in four lines and try to find new leaders. That did not happen. Even against Belarus the Czechs have played with three lines till the final whistle. The coaches argued that last year the Czechs played the whole tournament only with three lines and it was the main reason the Czechs won it. My opinion is that the coaches should have used four lines not later then after bad performance against the USA in the opener or at least during the second spoiled game against Slovakia. The team was lacking sharp shooting, needed to calm down and new players could be improve the shooting percentage.

Coach Holik also sharply criticized its players during the tournament. He started with the level of Czech hockey leagues and abilities of the players, then he blamed players that lacked heart and shun off hard work and showed a bad attitude. My opinion is that provoking is a good thing and critics often helps to make performance better. But it is not good to blame players that they did not put their heart in the game against Sweden or Finland.

Before end of this story there's one more note to make, to the fairness of the tournament. Coach Jaroslav Holik always speaks about it, but fair-play cried this time... After the first Czech game a very shady thing happened in the Czech team. A goalie Petr Sulan was claimed to be injured and was replaced by Lukas Hronek who had a flu before the tournament and was initially not in the roster. Petr Sulan did not leave practice because of the injury as the Czech PR manager said. He finished the whole practice until it it ended and could be seen after the practice in a good shape. Hronek became No.1 Czech goalie for the rest of the tournament.

A well-organized tournament, which was, considering the level of organization, no worse than World Senior Championship 2001 in Germany, brought a bad result for the home team for the third time in a row. The time for comeback of a new Czech team with Jaroslav Holik, who was confirmed to stay a coach for one more years, is scheduled to Halifax.

David Schlegel, with Mishanek

 

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