Bilan des championnats du monde 2001

 

Aux abords de la patinoire de Cologne, un étudiant en marketing sportif distribuait un sondage destiné à comprendre pourquoi le hockey sur glace allemand, autrefois le deuxième sport le plus populaire derrière le football, s'est peu à peu enfoncé jusqu'à la sixième place des sports d'hiver (derrière la luge ou le ski de fond), selon un sondage qui a fait grand bruit cet hiver. Il n'est pas difficile d'anticiper les réponses aux questions posées : trop d'étrangers, la logique économique qui prend le pas sur la logique sportive, etc.

Dans la grande décennie de la Bundesliga, dans les années 80, les matches attiraient en moyenne plus de 5000 personnes, qui s'entassaient dans les places debout de patinoires au confort modeste mais à l'atmosphère inégalable. Aujourd'hui, malgré la construction de nouvelles enceintes ultra-modernes à grande contenance, comme la magnifique Kölnarena, cette moyenne atteint péniblement 4500. Autant de dire que Cologne et ses 11000 personnes fait figure d'arbre qui cache la forêt. Le noyau de fidèles, même s'il est souvent très critique envers certaines évolutions, est resté par passion pour ce sport, et les campagnes de marketing ont attiré quelques nouveaux curieux, mais, plus que l'érosion des affluences, le problème se situe au niveau du grand public. L'homme de la rue a tourné le dos au hockey sur glace, lassé des affaires à répétition, du "zoo de la DEL" (allusion aux noms d'animaux - modernes pour les uns, ridicules pour les autres - qui ne sont pas de simples surnoms mais ont remplacé officiellement les appellations traditionnelles des clubs, sauf à Düsseldorf où on ne touche pas au DEG). Il est en manque d'identification, les grandes figures charismatiques d'autrefois étant remplacées par des Canadiens interchangeables. La presse a suivi le mouvement, et des journalistes ont ainsi affirmé s'être désintéressés de ce cirque, lorsque leurs collègues spécialisés se sont étonnés du faible retentissement de la qualification de l'équipe nationale pour les Jeux Olympiques.

La réponse à la deuxième partie du sondage est plus difficile à deviner : le hockey allemand pourra-t-il retrouver sa gloire passée ? Il y a des signes positifs : le retour au premier plan de l'équipe nationale, une génération montante prometteuse, un accord enfin signé entre la DEL et la fédération, une réduction programmée du nombre d'étrangers. Mais les vieilles habitudes n'ont pas changé : on a appris quelques semaines avant le début du Mondial que 70 % des clubs de DEL fraudaient l'administration fiscale. De plus, le congrès de la DEB, la fédération allemande, s'est terminé dans le chaos, avec un président incapable de donner les chiffres précis que les clubs lui réclamaient au sujet de l'accord passé avec la DEL, et une décision stupide d'autoriser six étrangers dans les divisions inférieures (finalement remise en cause plus tard). Le problème est que, toutes divisions confondues, les clubs sont sur la corde raide financièrement : perdus dans une course à la surenchère, la moindre diminution des recettes leur est fatale. D'où, en DEL, le refus catégorique de réduire un calendrier surchargé pour ne pas perdre des recettes au guichet, et la réduction de la masse salariale par la limitation du nombre de contrats, dont les joueurs allemands seront les premières victimes, alors que ceux-ci, qui avaient vu leurs salaires divisés par trois et avaient dû s'exiler en masse vers les divisions inférieures dans les premières années de la DEL, reprenaient enfin espoir. Le hockey allemand vit au-dessus de ses moyens, et c'est toute une culture de rigueur de gestion qu'il lui faudrait enfin trouver.

Saisira-t-il l'occasion du championnat du monde, ou celui-ci ne sera-t-il qu'un feu de paille ? Au moins, on aura parlé du hockey sur glace pendant quinze jours. Le téléspectateur n'en aura cependant pas vu grand-chose. Pour les rares rencontres de l'Allemagne diffusées parallèlement sur une chaîne non payante, 1,8 million de personnes ont suivi le match contre la Suisse, 600 000 celui contre le Belarus. A titre de comparaison, les audiences du biathlon culminent généralement à 3 millions de téléspectateurs. Les résumés quotidiens d'une demi-heure étaient diffusés à 23h30 sur DSF, vers 1 heure du matin sur SAT1. Quant aux chaînes publiques, le groupe Kirch leur a fait payer pour leurs émissions sportives 4000 marks la minute de hockey, contre 1500 d'habitude pour le sport-roi, le football. De quoi refroidir les bonnes volontés. Seuls les rares privilégiés ayant eu un décodeur Premiere World auront pu bénéficier d'une couverture complète de la compétition et voir tous les matches. Reste à savoir si les nouvelles des performances de l'Allemagne auront suffi à rappeler au plus grand nombre l'existence et l'intérêt du hockey sur glace. Les joueurs, en tout cas, veulent profiter de la reconnaissance qu'ils ont ainsi obtenue pour enfin montrer aux clubs de DEL qu'ils méritent leur place.

Mais la DEL est agacée par leurs critiques insistantes pour obtenir la révocation de la règle des 14+4 et son directeur Gernot Tripcke a même demandé aux Barons de Munich de punir leur gardien Christian Künast pour avoir déclaré : "Les gens de la DEL n'ont aucune idée et ne font que des erreurs." Soutenant son joueur, l'entraîneur national Hans Zach n'a pas l'intention de se marcher sur les pieds : "La DEL doit montrer qu'elle est intéressée par le hockey allemand et pas par un hockey pour des intérêts privés. Les responsables de la ligue doivent chercher le dialogue avec moi. On ne peut atteindre notre but qu'ensemble. Ils peuvent m'appeler, même quand je pars à la pêche l'été. Je reste à disposition pour des conseils et des actes. Je tends la main à monsieur Tripcke, mais si je remarque que l'on ne me témoigne aucun respect, alors je resterai le Hans Zach que l'on connaît."

Quant à l'organisation, avouons qu'on en attendait mieux : pour qu'un Tchèque (Dopita) en vienne à déclarer que c'était mieux en Russie, c'est vraiment que les fautes ont été nombreuses. Les transports ont notamment été la cible des critiques, par la faute de personnes désignées par l'organisation ne connaissant pas les lieux. Mais les critiques ne sont pas venues que des délégations étrangères : l'entraîneur national allemand Hans Zach est entré dans une colère noire en découvrant que son équipe évoluerait devant une moitié de patinoire à Hanovre, une tribune restant pratiquement vide alors que les matches de l'Allemagne sont soi-disant complets depuis longtemps. Après avoir refusé de reconnaître sa faute, l'organisation a plaidé l'erreur informatique. C'est en tout cas très dommageable.

Beaucoup d'observateurs se sont étonnés du choix de Hanovre comme site principal, alors que Cologne, de par sa situation géographique, peut attirer un bassin de population plus important et remplir ses 18000 places. En fait, Hanovre présentait de meilleures conditions d'accueil et devait en outre être récompensé du contrat de longue durée passé avec la fédération pour l'organisation de la Deutschland Cup en novembre. On remarquera tout de même que le tableau avait été pensé pour faire jouer à Cologne un éventuel quart de finale de l'Allemagne (pour lequel on aurait pu vendre 90000 billets !) et pour que les deux nations aux supporters les plus nombreux, la Finlande et la Lettonie (malheureusement éliminée), y disputent leur deuxième tour. De même, les Tchèques et les Autrichiens ont disputé leurs premiers matches près de chez eux, à Nuremberg, ce qui facilite le déplacement de leurs supporters.

Bilan équipe par équipe

Premier : République Tchèque. Envers et contre tout, les voilà pour la troisième fois consécutive champions du monde. Si la demi-finale et la finale se sont jouées à peu de choses, il faut rappeler qu'ils ont été invaincus tout au long du tournoi (ce qui ne fait que renforcer l'exploit des Allemands qui leur ont arraché le nul). Les Tchèques possèdent des ressources impressionnantes : on connaissait les références de leurs trois premiers blocs, et c'est le duo de la quatrième ligne Cajánek-Ujcík qui s'est révélé au grand jour. Ils ont de plus réussi l'exploit de remporter le tournoi malgré leur inefficacité chronique en jeu de puissance. Augusta se prépare un joli casse-tête en prévision des Jeux de Salt Lake City : le gardien Hnilicka, qui a parfaitement répondu aux attentes, mériterait sa sélection, mais Turek et Cechmánek sont également candidats aux côtés de Hašek présélectionné. Il va falloir pourtant en éliminer un.

Deuxième : Finlande. Décidément, la Finlande peut s'estimer maudite. S'il n'y avait eu ce titre de 1995, elle pourrait croire que cette fichue deuxième place lui colle à la peau. A part un trou contre les Etats-Unis, elle n'a pourtant vraiment rien à se reprocher. Elle a aligné quatre lignes offensives équilibrées qui ont toutes eu un temps de jeu comparable et apporté leur part de travail. Le sens du jeu du capitaine Nummelin et la présence dans l'enclave de Juha Ylönen auront été appréciées. Quant à Nurminen, il a gagné sa place et ne l'a ensuite plus lâchée.

Troisième : Suède. Malgré son point faible en défense qui l'a conduit à abandonner trop facilement la bleue à ses adversaires, ce dont les Finlandais et les Russes ont bien profité, la Suède aurait très bien pu aller au but. Il a manqué quelques centimètres pour que le tir au but de Modin rentre dans la cage de Hnilicka en demi-finale. Mais on ne passe pas si facilement d'une tactique défensive à un jeu plus offensif. Néanmoins, l'an prochain, le Mondial aura lieu en Suède et ce sera sûrement son année, d'autant que Hardy Nilsson va quitter Djurgården pour se consacrer intégralement à la sélection. L'entraîneur suédois a semblé connaître des difficultés pour assembler des blocs offensifs efficaces, les changeant à de nombreuses reprises, parfois en cours de match, hormis l'indiscutable première ligne Johansson-Jönsson-Renberg. Il a fallu l'arrivée de Sundin pour qu'un deuxième bloc se stabilise avec Alfredsson et Modin. Les stars de l'Elitserien comme Huselius ont parfois vu la réussite les fuir, et c'est ce qui a coûté une demi-finale où ils ont eu (comme les Finlandais en finale) les occasions pour plier le match.

Ces trois équipes étaient vraiment au-dessus du lot et forment un podium indiscutable. Ce n'est pas non plus un hasard si elles alignaient les trois meilleurs gardiens du tournoi.

Quatrième : Etats-Unis. Cette demi-finale récompense le travail accompli durant deux beaux championnats du monde. Les gardiens Esche et DiPietro ont fait le spectacle, Tanabe, même encore un peu tendre, et Gionta, même si son gabarit ne le prédestinait pas pour la NHL, ont montré leur potentiel, mais c'est un collectif qui s'est imposé. Ce formidable motivateur qu'est Vairo a essuyé une quarantaine de refus et sait qu'il n'a rassemblé que des joueurs ayant à cśur de défendre leurs couleurs. La stratégie élaborée par ses adjoints, qui a déstabilisé plus d'un adversaire, a fait le reste. Beaucoup auront usé leurs forces sur le solide verrou défensif américain, à commencer par les Canadiens. Il serait juste que certains de ces joueurs soit récompensé de leur esprit d'équipe par une sélection olympique.

Cinquième : Canada. Ils avaient annoncer la couleur : l'or, sinon rien. Selon leur manager Wayne Gretzky, le pays d'origine du hockey ne peut pas se permettre autre chose. Un tirage facile et une victoire trompeuse face à la Russie les avaient propulsés dans un statut de favori. Ils l'ont justifié face aux Suisses, mais ont ensuite montré leurs limites déjà entrevues face aux Italiens. Elle peut stigmatiser son problème de gardien : la blessure à un doigt de Luongo a fait du modeste Brathwaite un titulaire qui n'était pas au niveau des meilleurs. Le Canada a aussi perdu son attaquant défensif Mike Peca, qui s'est fracturé la pommette face aux Russes. Mais il serait trop facile de croire que ces absences sont l'unique raison de leur échec : cette équipe avait beau posséder de rapides patineurs, elle était trop indisciplinée et son potentiel était inférieur aux Suédois, aux Finlandais ou aux Tchèques. A Salt Lake City, la formation présentera un tout autre visage. Seul Lecavalier, d'ailleurs pas très convaincant, risque d'être du voyage.

Sixième : Russie. Ils ont retrouvé leur honneur perdu l'an dernier quand leur équipe était devenue la risée de la planète hockey. Les Russes ont beau être les moins bien classés du top six, ce tournoi en serait presque une satisfaction. Ils sont passés à un souffle d'éliminer les Suédois, mais ils avaient perdu leur tournoi avant, lors d'un match à l'envers face au Canada qui les a contraints à ce quart de finale trop difficile. Ils visaient pourtant une place dans le dernier carré, d'autant que l'Allemagne, où ils avaient conquis leur dernier titre mondial en 1993 (sans jamais remonter sur le podium depuis). La ligne Gusmanov-Razin-Golts a répondu aux attentes, le reste de l'équipe, dont les joueurs de NHL réduits à un nombre minimum, un peu moins. En se refusant à sélectionner de joueurs issus d'autres championnats européens, Mikhaïlov s'est privé du meilleur joueur de la saison de DEL, le gardien Andreï Trefilov, qui aurait pu être un bel atout aux côtés d'un Sokolov inconstant.

Septième : Slovaquie. Les voilà revenus à leur vraie place dans la hiérarchie mondiale, ce qui constitue en soi une grosse déception. Quand on a goûté au podium, on a envie d'y retourner. Mais cette équipe n'a enthousiasmé personne et n'a jamais mis en danger les gros. Le problème récurrent du gardien (Rybár et Lašák ne font pas partie des meilleurs spécialistes) n'a été qu'un facteur parmi d'autres. Malgré quelques satisfactions individuelles, la Slovaquie attend maintenant l'apport de ses expatriés de NHL à Salt Lake City pour refaire parler d'elle (en bien, cette fois, et pas par son élimination prématurée comme à Nagano).

Huitième : Allemagne. Elle n'a pas eu besoin d'Olaf Kölzig, retenu semble-t-il contre son gré par ses employeurs de Washington. Hans Zach a fait jouer l'alternance parfaite entre Künast et Müller, et si ni l'un ni l'autre n'est particulièrement sorti du lot, sans doute cela n'aurait-il rien changé, tant se faire une place parmi les meilleurs mondiaux est un exercice très difficile (demandez aux Slovaques...). L'Allemagne, selon son entraîneur la nation techniquement la plus faible après le Japon, s'est positionnée derrière les meilleurs grâce à un engagement irréprochable. Elle a menacé tous ses adversaires, même si les défaites face au Belarus et à l'Italie prouvent que sa nouvelle place dans la hiérarchie est loin d'être acquise. Après ce Mondial de rêve, cette jeune équipe a de l'avenir. Si Sturm a été impressionnant, d'autres joueurs ont fait un bon tournoi, à l'instar de l'excellent trio de Kassel, Daniel Kreutzer, Thomas Daffner (quelle progression depuis un an !) et Tobias Abstreiter, ou même de Jan Benda, habituellement attaquant mais qui peut jouer défenseur pour les besoins de l'équipe, et qui poursuivra sa tournée des grands championnats européens l'an prochain en passant du Jokerit Helsinki à Kazan en Russie. Quant à Seidenberg et surtout Goc (bientôt premier tour de draft ?), ils sont sur les tablettes des scouts de la NHL. Par contre, l'autre grand espoir allemand, Thomas Greilinger, a singulièrement déçu.

Neuvième : Suisse. Comme l'Allemagne, elle savait que son championnat du monde serait conditionné par le match d'ouverture. La Suisse peut toujours ressasser les moments où son Mondial a basculé (l'incroyable erreur de Salis contre l'Allemagne, le but - injustement ? - refusé de Demuth face aux Tchèques), il est trop tard. Cependant, cela ne doit pas remettre en cause le travail de Ralph Krueger, car on devrait retrouver les Suisses en quarts de finale très bientôt.

Dixième : Ukraine. Une des bonnes surprises de ces championnats du monde, tout cela grâce à une magnifique victoire contre la Lettonie. Si elle a battu l'Autriche pour rentrer dans les dix premiers mondiaux, elle sait qu'elle a atteint là le maximum de ses possibilités, car elle n'a pas paru en mesure d'inquiéter les meilleurs. Le gardien Konstantin Simchuk, qui a réussi à déboulonner Karpenko, est en tout cas une des révélations de ce Mondial.

Onzième : Autriche. Elle a parfaitement su profiter du tirage et a assuré son maintien en battant le Japon, même si cela a été dans la douleur. Ensuite, elle a tenu à prouver qu'elle méritait d'avoir sa place dans la compétition en réalisant un superbe exploit contre les Etats-Unis. Avec une nouvelle génération de jeunes qui pointe son nez, et un superbe leader en la personne de Gerald Ressmann, qui a conclu en beauté une excellente saison avec Klagenfurt, cette équipe a maintenant un objectif : les Mondiaux 2005 qui auront lieu à Vienne et Innsbruck.

Douzième : Italie. Là encore, le contrat a été rempli grâce à un bon tirage qui a valu à l'Italie de devancer d'un rien la Norvège (pour un petit but), même si elle n'a pas toujours donné une très bonne image avec une équipe très physique, coupable de mauvais gestes (la charge avec le genou de Chitarroni sur Sturm et le coup de poing de Iob sur Aeschlimann), qui a subi quelques lourdes défaites. Le rêve des quarts de finale n'aura duré qu'un temps : après avoir laissé filer face aux Tchèques, les Italiens ont été incapables de remettre la gomme face aux Suisses. Cela fait dix ans que l'Italie est dans le groupe A, mais son avenir n'y est toujours pas assuré. Avec une moyenne d'âge de trente ans, elle se repose toujours essentiellement sur ses naturalisés, sans lesquels elle évoluerait sans conteste au niveau inférieur. Parmi les jeunes, seul Lino de Toni a montré qu'il était de niveau international. C'est sur des garçons comme lui qu'il faudra s'appuyer pour préparer les JO de Turin en 2006.

Treizième : Lettonie. Poussée par d'incroyables supporters, très fervents mais aussi très chauvins, la Lettonie s'est vue trop belle après sa victoire contre les Etats-Unis. Elle a déchanté après que son tournoi a basculé en un tiers-temps contre l'Ukraine. La petite blague de son entraîneur, qui donnait rendez-vous aux Américains en finale, s'est ainsi transformée en mauvaise plaisanterie. Le fait d'avoir dû lutter jusqu'au dernier match pour se maintenir incitera sûrement les Baltes à plus de modestie. Son principal atout est aussi son talon d'Achille : il s'agit de son gardien Arturs Irbe, capable du meilleur (un exceptionnel blanchissage contre les Etats-Unis) comme du pire (sa fébrilité face à l'Ukraine et sa bourde en quarts de finale l'an dernier face aux Tchèques). Si elle arrête de prendre de haut les nations plus faibles, elle doit maintenant viser les quarts de finale.

Quatorzième : Belarus. Le piège s'est refermé. Le maintien économique du Japon a fait une victime de choix : le Belarus. Celui-ci ne méritait assurément pas de descendre (victoire contre l'Allemagne, nul contre la Lettonie), et va maintenant jouer les terreurs dans le groupe B, malheureusement pour la France. Il est à noter que, comme pour l'Ukraine, le gardien titulaire très coté (Mezin) n'a pas franchement convaincu, et que sa doublure (Fatikov et son blanchissage contre l'Allemagne) s'est révélée. Est-ce que cette relégation va marquer la fin d'une époque et l'éclatement d'un collectif de qualité ? L'avenir le dira, mais le rajeunissement semble programmé...

Quinzième : Norvège. Il y a au moins trois Norvégiens contents : Espen Knutsen (Columbus), Anders Myrvold (Springfield) et Tommy Jakobsen (Augsbourg). Tous trois boycottent la sélection et obtiendront sans doute ce qu'ils voulaient, à savoir le licenciement de l'entraîneur Leif Brook. Mais à quel prix ? Eliminée des JO, reléguée en division I mondiale, la Norvège ne pourra cette fois pas être repêchée par l'organisation des championnats du monde comme cela avait été le cas en 1999. Néanmoins cette équipe est jeune et devrait retrouver l'élite. Reste à savoir à quelle échéance.

Seizième : Japon. L'année dernière, après la cruelle descente des Français malgré un bon tournoi, l'IIHF avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus et que le Japon serait désormais traité comme les autres. En septembre, elle signait un contrat garantissant à la meilleure équipe d'Extrême-Orient une place dans l'élite jusqu'en 2005, au détriment de la parole donnée et de toute logique sportive. Le Japon ne pourra toujours pas connaître sa vraie place dans la hiérarchie mondiale faute de pouvoir évoluer avec des équipes de son niveau. Pendant que les autres équipes asiatiques progressent, le Japon stagne dans un groupe A où il n'a rien à faire. Le point pris face à une Norvège en crise ne constitue pas un signe probant d'un avenir meilleur.

Marc Branchu

 

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