Février 2021 : anecdotes

 

Le câlin collectif proscrit

En SDHL, MODO, l'équipe des joueuses françaises Marion Allemoz et Lore Baudrit, s'est fait taper sur les doigts en janvier, comme l'a relaté l'Örnsköldsviks Allehanda en février. Wilma Sundin avait inscrit son premier but de la saison contre Djurgården, ce qui a valu un câlin collectif pour célébrer ce but bien mérité. Une proximité qui n'a pas été du goût du corps arbitral, en ces temps de pandémie. Cela a valu au club d'Örnsköldsvik un rapport de la part de la fédération suédoise avec en conséquence un avertissement.

La couleur à la mode

Des supporters adverses, improvisés juristes, ont réclamé qu'Ingolstadt se voit infliger une défaite sur tapis vert en DEL pour un motif pour le moins étonnant : la couleur du maillot ! La règle 32 interdirait en effet les couleurs fluorescentes. Or, le club étrenné le 26 janvier contre Nuremberg (8-0) un troisième maillot jaune/vert fluo. L'attaquant international Mirko Höfflin, qui a participé à leur conception, a expliqué que le fluo était à la mode dans les nouvelles collections printemps/été. Mais la ligue a évacué la polémique en expliquant que ces maillots avaient été autorisés et que la règle en question visait principalement l'utilisation d'éléments réfléchissants qui gêneraient les caméras de télévision.

Il reste que ces maillots ont suscité la controverse, ce dont le club se doutait. Il avait déjà fait polémique l'an passé en utilisant un camouflage militaire qui lui avait valu des critiques de militarisme. Il y a quinze ans, les maillots turquoise fluo de Rapperswil avaient déclenché une indignation similaire en Suisse (voir anecdotes de septembre 2005). Cette fois, les avis esthétiques se sont rangés du "absolument génial" à "accident nucléaire". Par rapport à Rapperswil, à vrai dire, ces maillots paraissent presque sobres... Mais dans un club qui a des couleurs très traditionnelles - le bleu et le blanc qui figurent à la fois sur les armes de la Ville et sur le drapeau de la Bavière - le changement était choquant. À défaut de pouvoir entrer actuellement dans la patinoire, qui leur est interdite pendant la pandémie, les ultras ont déployé des banderoles autour de l'enceinte, écrivant notamment "Nous ne sommes pas une équipe de carnaval".

Le secret financier du Mondial : l'annulation !

La pandémie ne fait pas que des perdants. Parmi les gagnants : les organisateurs des championnats du monde 2020 en Suisse... qui ont été annulés. Le bilan financier de la (non-)compétition fait en effet apparaître un bénéfice de 13,4 millions de francs suisses (12,4 millions d'euros). Soit le deuxième plus haut total de l'histoire. Seul le Mondial 2003 en Finlande avait enregistré un bénéfice légèrement supérieur. Par comparaison, le dernier Mondial effectivement organisé en Suisse (2009) avait rapporté plus de quatre fois moins, 3,1 millions de francs.

Pourquoi ce si bon bilan ? Grâce à l'assurance annulation que l'IIHF impose depuis 2013 à tous les pays organisateurs de championnats du monde. La prime d'assurance s'élevait à 350 000 francs suisses, soit un peu moins de 1% du budget prévisionnel. L'assureur a largement couvert les coûts engagés. Pour l'IIHF, l'annulation de 2020 est neutre : l'agence Infront lui verse 15 millions de droits télé et publicitaires comme chaque année, mais cette fois c'est l'assurance qui en a couvert une partie. Ces bénéfices de 13 millions sont répartis entre Infront et la fédération suisse, organisatrice.

Pas sûr que le Mondial 2021 aboutisse à un bilan financier aussi satisfaisant, notamment parce qu'il faudra sans doute indemniser le Bélarus pour l'organisation retirée et les frais engagés.

Des primes très caloriques

Quelques jours après avoir battu Nuremberg 6-5 en prolongation le 26 janvier dernier, les joueurs d'Augsbourg ont reçu un cadeau inattendu : des barres chocolatées. Elles ont été offertes par un supporter de 8 ans nommé Emil, comme son père l'a expliqué au Augsburger Allgemeiner : "Il était vraiment en colère [quand son équipe était menée 0-3] et a dit : s'ils parviennent encore à gagner, je fais cadeau d'une barre chocolatée à chaque joueur". Son joueur préféré T.J. Trevelyan l'a remercié au nom de ses collègues par un message sur un réseau social.

Un match marathon pour la bonne cause

Depuis 2003, l'organisation "World's Longest Hockey Game" met au défi des hockeyeurs pour la bonne cause : comme son nom l'indique, il s'agit de réaliser le match le plus long afin de récolter des fonds pour l'Université de l'Alberta et la recherche contre le cancer. Le match de cette année aura duré 252 heures, soit une dizaine de jours 24 heures sur 24. Outre la difficulté de la situation, les 40 joueurs ont dû s'adapter aux conditions extrêmes puisque la rencontre s'est déroulée sur une patinoire extérieure en Alberta avec une température atteignant parfois -55°C. En dépit du climat virulent au Canada, ce sont tout de même 1,8 million de dollars qui ont été récoltés pour la recherche.

 

 

Les citations du mois

"Je suis venu en touriste pour connaître le pays et le championnat."

Mario Richer n'avait signé que pour un an comme entraîneur de Crimmitschau et met la pression par cette phrase alors que le club veut prolonger son contrat. L'ancien entraîneur d'Amiens a plutôt l'habitude des mandats assez longs dans ses clubs et ne se comporte généralement pas en touriste mais se sent en position de force dans les négociations après avoir conduit son équipe à un record de victoires consécutives.


"Peut-être que le Corona pourrait nous aider à pouvoir faire une petite pause."

Une phrase moins heureuse du même Mario Richer dans une conférence de presse d'après-match, alors que son équipe n'avait plus que 10 attaquants et 5 défenseurs valides dans une DEL2 au calendrier très dense : la ligue a ouvert une procédure en exigeant que l'entraîneur canadien s'explique sur ses propos.

 

 

Les vidéos du mois

Quand l'arbitre doit interrompre le jeu en Extraliga tchèque parce que quelque chose est tombé sur la glace en plein match (Plzeň-Vítkovice). Découvrez quoi...

Cette vidéo montrant un homme enseigner la bagarre à de jeunes hockeyeurs de moins de 8 ans - les 2013 de l'école de hockey des Lvy CHM à Moscou - a fait scandale en Russie et au-delà. Le club concerné a précisé que l'homme en question (Andrei Studenikin, 26 ans) n'est pas un entraîneur du club mais qu'il a été engagé ponctuellement pour l'occasion à la demande... des parents des joueurs. Pendant que les experts du hockey russe voyaient dans cette vidéo le symbole de la déchéance de la formation en Russie, où l'on pense enseigner à "se protéger en cas de bagarre" à des enfants qui n'ont même pas encore maîtrisé le patinage, les parents défendent cette nécessité.

 

 

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