Mars 2006 : anecdotes

 

Fantômas fantomatique

Cet étrange supporter tchèque portant un masque de Fantômas (les films de De Funès étaient très populaires en Tchécoslovaquie), qui n'a pas manqué d'être repéré par les caméras de télévision aux Mondiaux de Vienne puis aux Jeux Olympiques de Turin, ne vous a sans doute pas échappé. Mais savez-vous qui a initié cette curieuse mode ?

Il s'agit de Michal Mikeska, qui avait terminé meilleur compteur du dernier championnat tchèque, notamment grâce au travail mésestimé de Jan Bulis. Après le titre obtenu par Pardubice, il s'était affublé d'un masque de Fantômas, qu'il était allé chercher à l'usine en raison d'une rupture de stock. Mais cette saison, moins bien entouré, Mikeska n'a marqué que sept buts et le champion Pardubice ne s'est même pas qualifié pour les play-offs. Fantômas est devenu... fantomatique.

Kim privée de dessert

Une des grandes héroïnes est des Jeux Olympiques de Turin est incontestablement Kim Martin, la sur du gardien de Gap, Kristoffer Martin. C'est elle qui a bouleversé pour la première fois la hiérarchie du hockey féminin en éliminant les États-Unis pour empêcher l'habituelle finale nord-américaine.

Cette popularité nouvellement gagnée, Kim Martin a tenté de s'en servir pour réaliser un de ses rêves, être la première Suédoise à jouer un match masculin de haut niveau, en Allsvenskan, la deuxième division du pays. Malmö, qui a bien besoin de tout évènement médiatique aidant à accroître l'intérêt pour le hockey en Scanie, était ravi de l'accueillir le temps d'un match sans enjeu face à Bofors, les deux clubs étant déjà qualifiés pour la poule de promotion. Mais la présence de Martin a finalement été annulée au tout dernier moment. En effet, la gardienne a prévu de rejoindre l'an prochain l'Université de Minnesota-Duluth, qui a pris l'habitude d'accueillir quelques-unes des meilleures hockeyeuses européennes. Or, les règles de la NCAA, qui régit le sport universitaire américain, sont strictes : aucun athlète qui a déjà joué dans un championnat professionnel ou semi-professionnel n'est éligible. Il n'a jamais été question que Kim Martin soit payée pour ce match, et sa future université avant indiqué dans un premier temps que cette pige ne contrevenait pas aux règles, mais au fur et à mesure que la nouvelle du match faisait le tour des agences de presse, on n'était plus très sûr des conséquences, d'où l'annulation de dernière minute, au grand regret de la gardienne.

Malmö, de son côté, est déjà passé à autre chose : les Kvalserien - la poule de promotion/relégation - battent leur plein, et les MIF Redhawks sont engagés dans une lutte serrée avec Södertälje pour la dernière place qualificative. C'est là que se jouent les matches les plus intenses en Suède, éclipsant même les play-offs d'Elitserien.

Une affaire de penalty

Quelques jours avant l'affaire du penalty de Maurice Rozenthal lors du premier tour des play-offs de Ligue Magnus (le Villardien n'aurait jamais dû tirer car il avait pris une prison à la fin de la prolongation, mais le Mont-Blanc a préféré jouer la carte de la sportivité et retiré sa réclamation, une décision ensuite désavouée par ses joueurs), une affaire similaire avait éclaté en Autriche, et pour un motif a priori plus véniel : l'arbitre slovaque Peter Jonak avait noté que le n54 de Villach (Dany Bousquet) avait tiré le penalty à la place du n24 (Günther Lanzinger) indiqué sur la feuille transmise par l'entraîneur Greg Holst, qui demanda pour quelle raison saugrenue il n'aurait pas laissé tirer Bousquet, le buteur n1 du championnat.

Vienne déposa un recours, et la séance de tirs au but fut donnée à rejouer deux jours plus tard, une décision d'abord annulée par une cour civile viennoise. Jim Boni, à la fois sélectionneur national et entraîneur des Vienna Capitals, rua dans les brancards en mettant sa démission dans la balance, pour mettre sous pression la fédération qui avait le dernier mot. Elle choisit finalement de faire rejouer la séance... mais uniquement à partir du penalty incriminé, qui devait être transformé pour que les tirs au but de poursuivent. C'est donc à un des spectacles les plus brefs de l'histoire du sport (six secondes !) que sont allés voir 1000 spectateurs le 2 mars dernier : Lanzinger échoua là où Bousquet avait réussi, et Vienne se qualifia ainsi pour les play-offs (Villach l'était déjà).

Derby à l'italienne

Avant un derby, il est d'usage de distiller quelques provocations bien senties avant de faire monter la pression. Mais dans le Südtirol, on est peut-être allé un peu trop loin... Pour la phase finale du championnat, où les huit équipes étaient réparties en deux poules de quatre, la fédération avait émis un premier projet de calendrier qui obligeait Bolzano (et Asiago) à se déplacer trois fois de suite, avant de le corriger pour publier une version définitive deux jours avant le début de la compétition. Plutôt que de l'incompétence, Ron Ivany, l'entraîneur de Renon, décida de voir là de la manipulation. Il dénonça une fédération aux ordres de Bolzano et décidée à favoriser ce club à tout prix. Le problème, c'est qu'Ivany est lui-même employé de ladite fédération en tant que sélectionneur national adjoint ! Le directeur du hockey Franz Sinn n'a donc pas laissé passer de son propos et a annoncé qu'il le démettrait de ce poste.

La tension était donc montée d'un cran avant le 47e derby Renon-Bolzano de l'histoire, et la banderole "Renon contre le HC Mafia" déployée dans les tribunes donnait le ton. Même le score nul 4-4 n'apaisa pas les esprits, et une charge en retard dans les dernières secondes d'Alex Egger (Renon) dans le dos de Florian Ramoser (Bolzano) mit le feu aux poudres. Après la sirène finale, le gardien Jason Muzzatti, jamais bien loin dès qu'une échauffourée éclate, déclencha une bagarra générale... dans laquelle son collègue Günther Hell se blessa aux ligaments croisés du genou droit. Avec Muzzatti suspendu pour deux matches (dont la revanche contre Renon !) et Hell blessé, Bolzano dut aligner son troisième gardien Thomas Commisso, qui s'en sortir honorablement mais ne put empêcher deux défaites et l'élimination. Renon s'est ainsi qualifié en demi-finale pour la première fois de son histoire. Et l'Italie, dans la perspective de son retour dans le groupe A mondial en mai prochain, a déjà perdu un de ses gardiens et un de ses entraîneurs...

 

 

Les citations du mois

 

"C'est un excellent entraîneur et connaisseur, c'est le chef, soit. Mais pourquoi n'écoute-t-il pas de temps en temps ses leaders? Pourquoi veut-il systématiquement autant modeler les joueurs selon son système ? Ne se rend-il pas compte que ses étrangers deviennent tous frustrés et perdent leur hockey ?" Avant de quitter Genève-Servette, Andreas Johansson a adresse un message à son entraîneur Chris McSorley dans la Tribune de Genève.

 

 

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